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Full text of "Revue générale des matières colorantes de la teinture, de l'impression et des apprêts"

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Berlin S.Û. lô. 



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UEVUK GÉNÉRALE 



MATIÈRES COLORANTES 



DE LA TEINTURE, DE L'IMPRESSION et des APPRÊTS 



1 6' ANNÉE 

TOME XVI 



LILLE, IMPRIMERIE G. SAUTAI 



DES 



MATIERES COLORANTES 

DB LA TEINTURE DE l'impression et des APPRÊTS 



(Parait le /<■'■ de rliaque mois) 



Dlrecreur général : 

LÉON LEFÈVRE 



FORMANT 

L'ANNÉE 1912 



PARIS 

Alx BijHKAix DU Journal: 4, ri'r de Stockhcilm (\'III'' 



1912 



REVUE GÉNÉRALE 



MATIÈRES COLORANTES 

DE LA TEINTURE, DE LTMPRESSlOiN ET DES APPRÊTS 



16" Année 



N" 181. — Tome XVI 



1" Janvier 1912 



LA METHODE SPECTROPHOTOMETRIQUE DE LA DÉFINITION DES ALVriÈRES 
COLORANTES SUR LES FIBRES TEXTILES (i). 

Par MM. A. PORAÏ-KOSCHITZ et J AUSCHKAP. 



Depuis les récents et brillants travau.v de F"or- 
manek, la détermination spectroscopique des 
matières colorantes, en solution, a acquis une cer- 
titude qui en fait maintenant une méthode qui 
conduit au but plus sûrement et plus rapidement 
que la méthode chimique. Pour déterminer les 
matières colorantes sur les fibres, c'est-à-dire pour 
définir les teintures toutes prêles, on les extrait à 
l'aide d'un dissolvant convenable et l'on soumet 
cette solution à l'examen spectroscopique. Cette 
méthode de travail n'est pas très sûre et elle offre 
de grandes difticultés: on ne peut pas toujours 
trouver un dissolvant convenable, et s'il est autre 
que l'eau ou l'alcool, ordinairement employés par 
Formanek, le spectre d'absorption des matières 
colorantes peut varier beaucoup sous l'influence 
de ce dissolvant; puis l'extraction même de la 
matière colorante (en la chauffant à l'ébullition 
par exemple) peut changer sa nature chimique ; 
tout cela indique la nécessité de s'adresser pour la 
définition qualitative des matières colorantes sur 
les fibres aux méthodes chimiques qui, en ces der- 
niers temps, se sont développées de plus en plus. 
Aucune tentative, à notre connaissance, n'a été 
faite pour définir les teintures sur les fibres, et 
cela peut-être parce que cette tentative, à priori, 
ne devait avoir aucun succès, car il ne s'agissait 
pas ici de l'épreuve de la lumière absorbée, mais 
de celle réfléchie à la surface du tissu par suite de 
l'opacité des fibres. 

11 esta remarquer qu'il n'existe que très peu de 
travaux sur « les spectres de réflexion » : cette 
méthode ne fut employée que pour l'étude des 
terres rares, étendues en poudre fine sur les 
plaques de porcelaine et éclairées par une source 
puissante de lumière. La lumière réfléchie par ces 
plaques, réunie par un objectif, était envoyée dans 
le spcctroscope. Cette méthode de travail donne 
des résultats suffisants pour les terres rares, dont 
les spectres se composent de bandes fortement 
prononcées, et dont la surface, sur les plaques de 

(1 Communication préalable du Laboratoire des matières 
colorantes de l'Institut Technoloijique de l'Empereur Nico- 
las I" à Saint-Pétersbours. 



porcelaine, peut être rendue aussi unie qu'il est 
désirable. Mais cette méthode, appliquée aux tissus 
colorés, est condamnée à l'insuccès par les raisons 
suivantes : les spectres d'absorption des matières 
colorantes se distinguent par cette propriété, que 
leurs raies sont très peu prononcées et très mal 
définies, ceci s'observe même quand on examine 
les solutions d'après Formanek. Mais dans ce 
dernier cas on réussit tout de même à fixer, à vue 
d'œil,les limites des bandes, ne fût-ce qu'approxi- 
mativement, et à déterminer la position du maxi- 
mum de l'obscurité, car l'observation n'est déran- 
gée par aucun ravon de lumière étrangère (seule 
la lumière, qui a traversé la solution de la matière 
colorante, peut atteindre la fente du spectroscopej 
et, de plus, on peut toujours amener la solution 
à une concentration telle que les bandes soient les 
plus prononcées. 

Le phénomène qu'on obtient, en examinant la 
lumière réfléchie du tissu coloré, est beaucoup plus 
compliqué. Premièrement, le tissu, grâce à son 
inégalité, disperse la lumière qui tombe sur la 
surface, de sorte qu'il n'en parvient au spectroscope 
qu'une très petite partieseulement: deuxièmement, 
une partie de la lumière qui tombe sur le tissu est 
réfléchie sans aucun changement et passe dans le 
spectroscope sous forme de lumière blanche ; une 
autre partie traverse le tissu sans être réfléchie et 
ne parvient pas du tout à l'appareil ; seule une 
troisième partie, après avoir traversé la couche du 
tissu coloré (ou de la matière colorante!, estréfléchie 
et arrive dans le spectroscope sous forme de lu- 
mière privée de tous les rayons qui sont absorbés 
par la matière colorante {i). 

Il) Sans parti pris sur la nature même du teint, nous 
devons néanmoins reconnaître que la matière colorante se 
trouve sous une autre forme dans les libres textiles que 
quand, par exemple, elle est en poudre fine, et qu'en étu- 
diant, à l'aide du spectroscope. les fibres colorées, il serait 
plus juste de parler de la définition des teints et non des 
matières colorantes. Par le mot « teint » nous désignons 
le comple.xe composé par la matière colorante et la fibre 
te.xtile indépendamment de ce qui a lieu : combinaison chi- 
mique ou adsorption, solution solide ou tout simplement 
dépôt réellement mécanique de la matière colorante. 



DEFINITION DES MATIERES COLORANTES SUR LES FIBRES TEXTILES 



Seule, la dernière partie donne, dans le spectre. 
les bandes sombres caractéristiques pour le« teint», 
qui sont, grâce à une grande quantité de lumière 
étrangère, beaucoup plus claires et, par suite, 
moins prononcées que celles qu'on obtient, quand 
on examine les matières colorantes en solution. 
De plus, en étudiant les « teints », nous n'avons 
pas le moven de changer la concentration de la 



matière colorante selon notre désir, car nous 
avons affaire à un échantillon du tissu donné. 
Aussi est-il difficile d'entrevoir la possibilité de 
définir, par cette méthode d'e.xpérience, la position 
des maximums d'absorption des rayons du spectre. 
Plusieurs essais, que nous avons faits dans ces 
conditions, confirmèrent cette supposition : ou les 
bandes d'absorption sont tout à fait invisibles 




Fig. 1. 



dans le spectroscope, ou elles sont si pâles et si 
mal définies, qu'il n'y a aucun moyen de fixer 
leurs limites ou le maximum d'obscurité à vue 
d'œil. 

Néanmoins, ces essais nous ont clairement 
montré que les spectres de différentes teintures 
diffèrent l'un de l'autre, et aussi du spectre du 
tissu non coloré. Cela nous a mené à l'idée de 
définir la position des maximums d'absorption 
des rayons par la méthode specirophotoméirique, 
c'est-à-dire en comparant systématiquement l'in- 
tensité de la lumière dans les différentes parties 
du spectre de réflexion du « teint » donné et du 
spectre du tissu non coloré. 

Comme objet de comparaison avec le tissu co- 
loré, on pourrait employer, certes, toute surface 
blanche, mais nous nous sommes arrêté au tissu 
blanc pour éliminer l'influence, que pourrait avoir 
sur le « teint » la matière colorante naturelle de 
la fibre, dans le cas où elle ne serait pas parfaite- 
ment éliminée par le blanchiment, La compa- 
raison avec une lumièrequelconque non réfléchie, 
mais venant directement d'une source de lumière, 



est impossible à cause de la trop grande difl'érence 




en intensité qui existerait alors entre les deux lu- 
mières. 
Pour la comparaison même des deux spectres 



DEFINITION DES MATIERES COLORANTES SUR LES FIBRES TEXTILES 



on peut employer tout appareil spectral à tente 
double de Vierordt. Nous nous sommes servi, 
pour nos observations, de l'appareil spectrosco- 
pique universel à l'échelle de Formanek livré par 
la fabrique Schmidt et llaensch, à Berlin, muni 
d'une fente oculaire et d'une armature micromé- 
irique pour manier le tube oculaire. Le pouvoir 
dispersif du prisme était égal à i°56 (de C à Fl. 

Après plusieurs essais préliminaires, qui nous 
ont montré la justesse de nos déductions, nous 
avons construit un appareil particulier, qui, ajouté 
au spectroscope, permettait de placer des échan- 
tillons du tissu à essaver. pour les éclairer unitor- 
mément et en diriger la lumière réfléchie dans les 
moitiés différentes de la fente double du spectro- 
scope. 

Cet appareil est représenté par les figures i et 2. 

On ajuste sur le cadre s, que renferme la fente 



double j-, le crampon c portant en haut deux ou- 
vertures qu'on passe sur les tiges a et a', qui sont 
munies de ressorts pour tirer le crampon en haut. 
Ce crampon peut être fixé immobile à la hauteur 
voulue par les vis b et b'. Sur le crampon sont 
ajustés les prismes p et p', destinés à diriger les 
rayons réfléchis vers les fentes de l'appareil spec- 
troscopique et une boite de cuivre m avec châssis n 
pour les échantillons de tissu qu'on veut exami- 
ner. Les prismes p et p', rectangles et équilaté- 
raux (prismes à réflexion interne complète), sont 
placés l'un sur l'autre de telle sorte que les hypo- 
ténuses de leurs bases se croisent et un côté de 
chacun d'entre eux adhère intimement à la moi- 
tié correspondante de la fente double : à la moitié 
supérieure ou à la moitié inférieure. En manœu- 
vrant les vis b et b'., on peut donner au cram- 
pon c une telle position, que la surface du contact 




des prismes soit en coïncidence avec la surface 
tracée à travers la ligne de séparation des deux 
fentes et l'axe du collimateur. 

La boite de cuivre m a la forme d'un prisme 
dont la base représente un trapèze régulier. La 
petite base du trapèze adhère aux ventaux de la 
fente du spectroscope, et de ce côté-ci la boîte est 
ouverte. Les deux côtés attenants sont percés, à la 
hauteur du prisme correspondant, par deux fentes 
t à coulisses n qui servent à poser les châssis k 
contenant le tissu exposé à l'épreuve, tendu sur 
une plaque de cuivre g. Le côté de devant de la 
boite, tourné vers la source de la lumière, a, vis-à- 
vis des châssis, deux ouvertures et 0', pour éclai- 
rer le tissu. Ces ouvertures sont de telles dimen- 
sions, que le tissu seul est éclairé et que le spec- 
troscope ne reçoit point, autant qu'il est possible, 
de rayons étrangers, réfléchis de quelque autre sur- 
face. 

Nous avons employé, dans nos essais, comme 
source de lumière, la lampe de Nernst à 400 bou- 
gies enfermée dans une lanterne magique ordi- 



naire: pour, premièrement, préserver nos yeux de 
la forte lumière de cette lampe, ce qui empêcherait 
l'observation, et, secondement, pour donner aux 
rayons qui tombent sur le tissu le plus de parallé- 
lisme possible. 11 n'y a pas nécessité à chercher à 
obtenir un parallélisme complet pour ces rayons, 
car le tissu les disperse fortement. L'installation de 
l'appareil tout entier est représentée par la figure 3. 
Passons maintenant à la description de la ma- 
nière dont nous avons fait nos essais. Après avoir 
réglé le spectroscope à fente double, on place, sur 
le collimateur, le crampon décrit ci-dessus, avec 
les prismes et la boite aux châssis et on le fixe par 
les vis b et b\ à une telle hauteur, que la surface 
du contact des prismes se trouve sur la ligne de 
séparation des fentes du spectroscope. La précision 
de cet ajustement peut être vérifiée de la façon sui- 
vante : on met dans les châssis deux morceaux 
de tissu blanc ; on les éclaire avec la lampe de 
Nernst et l'on observe, dans l'oculaire, les images 
spectralesobtenues. La lumière réfléchied'un échan- 
tillon de tissu passe dans l'un des prismes diri- 



DÉFINITION DES MATIÈRES COLORANTES SLR LES FIBRES TEXTILES 



geaat (celui d'en haut, par exemple), subit une 
réflexion interne complète et gagne la moitié supé- 
rieure de la fente double. La lumière réfléchie du 
second échantillon de tissu gagne, de la même 
manière, la moitié intérieure de la lenie. Si la 
position des prismes est juste, la lumière qui vient 
de chaque prisme ne gagne que la fente qui lui est 
destinée, les spectres ne se couvrent point l'un 
l'autre, et l'on voit, dans l'oculaire, une seule ligne 
de séparation des spectres, et non deux, comme 
cela arriverait si les prismes étaient mal ajustés. 

Cela fait, il faut placer la source de lumière de 
telle sorte, que l'éclairage des deux échantillons 
soit tout à fait identique. Dans ce but, on ouvre 
les deux fentes d'une même largeur, aussi petite 
que possible, mais qui permette cependant de voir 
les spectres avec précision, et on examine, dans 
l'oculaire, si les deux spectres (le spectre supérieur 
et le spectre inférieur sont également éclairés. Si 
l'un des deux parait plus sombre, il faut déplacer 
conformément la source de lumière. 

Il ne suffit pas de constater l'égalité de l'inten- 
sité de la lumière par l'observation des deux 
spectres en entier, il faut la vérifier sur les parties 
isolées du spectre. On v parvient en plaçant la fente 
oculaire au milieu du champ visuel et en l'armant 
de façon que l'œil puisse commodément compa- 
parer la moitié supérieure de la partie donnée du 
spectre à sa moitié inférieure, puis, à l'aide de la 
vis micrométrique, on déplace le tube oculaire en- 
tier, avec la fente à droite et à gauche, tout le long 
du spectre, on en découpe ainsi les parties diffé- 
rentes et on vérifie partout l'égalité de l'intensité 
lumineuse. 

Ce point obtenu, on commence l'essai même. 
On remplace l'un des deux échantillons du tissu 
blanc par un échantillon coloré. Les spectres sont 
alors inégalement éclairés, quoique les deux moi- 
tiés de la fente double présentent la même ou- 
verture, les diff'érentes parties du spectre du tissu 
coloré, qui correspondent aux raies d'absorption, 
se détachent par leur couleur sombre, quelque- 
fois du premier coup d'oeil. 

La fente oculaire étant ouverte d'une largeur 
suffisante pour l'observation, mais toujours aussi 
petite que possible, on place le tube oculaire de 
façon à diriger la fente sur la partie rouge extrême 
du spectre. Supposons que le spectre supérieur 
appartient au tissu coloré. Si la raie, que la fente 
découpe de ce spectre, semble plus sombre que la 
raie du spectre inférieur, alors on ouvre à l'aide de 
la vis micrométrique la moitié de la fente double 
qui correspond au spectre supérieur, jusqu'à ce 
que les deux raies soient également éclairées. 
Comme l'intensité de la lumière réfléchie du tissu 
varie en raison inverse de la largeur des fentes, le 
rapport entre le degré de l'ouverture de la fente 
supérieure et celui de la fente inférieure doit être 
pris pour mesure d'obscurité dans la partie donnée 
du spectre (pour les rayons d'une longueur d'onde 
designée). .\près cela, on déplace le tube oculaire 
à droite d'une distance égale à la largeur de la fente 
oculaire et on détermine, pour la partie nouvel- 



lement découpée, le rapport sus-dénommé. On 
opère de même pour toute la longueur du spectre, 
du rouge au violet, et on obtient ainsi une série de 
nombres qui expriment le degré d'absorption des 
ravons de différente longueur d'onde par le tissu 
coloré comparé au tissu incoloré. 

En notant sur l'axe des abscisses les longueurs 
d'onde et sur l'axe des ordonnées les nombres ob- 
tenus lou tout simplement les grandeurs des ou- 
vertures d'une des fentes, si la grandeur d'ouver- 
ture de l'autre demeure constante, on obtient une 
série de points qui permet de tracer la courbe d'ab- 
sorption de la lumière pour un « teint » donné ( i . 
En ce qui concerne nos diagrammes, nous avons 
trouvé préférable, pour économiser la place, de no- 
ter sur l'axe des ordonnées non les grandeurs 
mêmes de l'ouverture de la fente, mais leurs lo- 
garithmes. 

Ces courbes, comme on peut le voir dans nos 
diagrammes, ont toujours au moins un maximum 
qui correspond au maximum d'absorption des 
rayons de lumière, et qui. combiné avec la forme 
générale de la courbe, est aussi caractéristique 
pour chaque « teint ». que les courbes et les maxi- 
mums de F^ormanek le sont pour les solutions des 
matières colorantes. 

On peut demander maintenant quel est le degré 
de précision de ces essais et quelles sont les condi- 
tions dont il dépend. 

En premier lieu l'intensité de la source de lu- 
mière joue un grand rôle : plus elle est intense, 
plus il devient facile et commode de faire les 
observations et les résultats gagnent en exactitude, 
et grâce aussi à cette circonstance on peut tra- 
vailler avec une très petite ouverture de la fente. 
Cette dernière condition est d'une grande impor- 
tance, car Ia« netteté » du spectre varie en raison 
inverse de l'ouverture de la fente : plus la fente 
s'approche de la ligne mathématique, plus les 
ravons deviennent homogènes dans chaque partie 
du spectre, qui. comme on le sait, n'est rien autre, 
qu'une série d'images de la fente même, dont les 
unes couvrent en partie les autres. En outre, en 
élargissant la fente du spectroscope nous dimi- 
nuons la « permanence » du spectre à cause du 
déplacement et du changement d'un de ses élé- 
ments caractéristiques. Quand la diflérence entre 
la largeur des deux moitiés de la fente double est 
trop grande, une même partie du spectre peut ob- 
tenir, dans les moitiés diverses, des nuances diffé- 
rentes, ce qui diminue certainement la sensibilité 
de l'ceil pour la distinction de lintensité de la lu- 
mière. Généralement, il ne faudrait pas que l'ou- 
verture des fentes dépassât o mm. 3, ce qui n'est 
pas toujours possible. 

De plus, il est très important que la source 
de lumière reste constante sans « clignements »i 
pendant toute la durée d'un essai, car l'intensité 
de la lumière, dans une partie donnée du spectre, 

(i) On peut, bien entendu, noter sur l'a.ve des abscisses 
non seulement les longueurs d'onde, mais les divisions de 
chaque échelle de l'appareil spectral: l'échelle à millimètres, 
celle de Formanek, etc. 



DÉFINITION DES MATIERES COLORANTES SUR LES FIBRES TEXTILES 



n'est point simplement proportionnelle à l'intensité 
absolue de la lumière réHéchie du tissu, mais sa 
relation, au contraire, est très compliquée. 

L'aspect extérieur de la surface du tissu étudié a 
aussi une i;rande importance. Nos essais nous ont 
montré que l'observation devient plus exacte, si 
la surface du tissu est unie et même éclatante : ce 
sont les tissus de soie et les tissus de coton merce- 
risés Jt apprêtés qu'il est le plus facile d'étudier, à 
la condition, toutefois, que l'apprêt ne contienne 
aucun corps coloré, qui puisse modifier le spectre 
du « teint ». 

L'e.xactitude de l'observation n'est pas la même 
dans les différentes parties du spectre, car la partie 
violette est plus « étendue » que la partie rouge, 
et, par suite, la première permet de faire, en don- 
nant à la fente oculaire la même largeur, plus 
d évaluations que la seconde. 

En général, l'erreur possible, dans la détermina- 
tion de la position des ma.ximums, ne surpasse 
point 5-10 ;j.a pour la partie rouge du spectre, 
et en tout cas n'est pas plus grande que 5 aa pour 
ses autres parties. 

Il faut remarquer, cependant, que l'intensité de 
la lumière est beaucoup moindre dans la partie 
bleue et violette du spectre que dans sa partie 
jaune et rouge, et l'observation y est, par suite, 
plus difficile, les vacillations dans les nombres des 
évaluations séparées étant plus considérables. 

Ce sont les teintes movennes, qui sont les plus 
favorables pour la détermination exacte des maxi- 
mums (pour la plupart ces teintes sont obtenues 
avec 0,4-0,5 p. 100 de matière colorante par rap- 
port au poids de l'étoffe) : les teintes trop claires 
donnent une courbe d'absorption très plate et les 
maximums sont indistincts; avec les teintes som- 
bres on reçoit bien une courbe raide, mais les raies 
elles-mêmes sont larges et l'exactitude de l'obser- 
vation en souffre. 

Il est tout à fait indispensable de mener chaque 
observation le long de tout le spectre en une seule 
fois, sans interruption : car la sensibilité de l'œil 
de l'observateur se modifie dans des intervalles de 
temps plus ou moins considérables. Il nous est 
arrivé de constater à deux époques différentes une 
différence visible ne dépassant pas 10 p. 100 d'ail- 
leurs 1 en grandeur absolue des évaluations obte- 
nues dans la même partie du spectre, toutes les 
autres conditions étant les mêmes. La grandeur 
relative des évaluations, pour les différentes par- 
ties du spectre, ne change point, de sorte qu'on 
obtient une courbe « parallèle » à la première, 
avec les mêmes maximums, mais disposée plus 
bas ou plus haut que la première. 

La détermination d'une courbe, quand on a 
quelque pratique, demande environ trois quarts 
d'heure. 

Nous avons étudié, par la méthode décrite ci-des- 
sus, près de 70 différents teints sur laine, coton, 
soie, lin, sur tissu et sur fil. 

Le choix des matières colorantes était plus ou 
moins accidentel. La plupart d'entre elles apparte- 
naient à la série du triphénylméthane, mais nous 



avons aussi étudié plusieurs azines, thia/.ines, 
phtaléines, indanihrènes, amino-antraquinones, 
dérivés de l'indigo, et du thio-indigo, et, enfin, 
quelques matières colorantes sulfurées. Quelques- 
unes des teintures furent préparées par nous ad hoc, 
d'autres furent empruntées aux fabriques, et enfin 
une troisième série aux circulaires des fabriques 
des matières colorantes. Nous devons en particu- 
lier une grande collection de teintures à l'amabilité 
de la Radische Anilin tend Soda Fabrik à laquelle 
nous exprimons ici notre vive reconnaissance. 
Nous n'avons pu profiter jusqu'ici, du reste, que 
d'une très petite partie de cette collection. 

Pour faire nos ob.servations, nous avons dé- 
coupé des morceaux de tissu de 3 à 4 centimètres 
carrés environ (grandeur de nos châssis;; pour le 
fil il fut dévidé en une couche unie sur la plaque 
de cuivre du châssis. Quelques-uns des échantil- 
lons étaient apprêtés, les autres non apprêtés. 

Nous avons pris soin de choisir, comme objets 
de comparaison avec les échantillons colorés, les 
échantillons incolorés de la même étoffe, mais 
quelquefois (pour l'étude des échantillons des fabri- 
ques ou des circulaires) nous dûmes nous conten- 
ter de ceux qui étaient les plus convenables. Nous 
ne pouvons pas, par suite, garantir que, dans tous 
les cas, l'influence de la matière colorante natu- 
relle était totalement éliminée; cette influence, du 
reste, n'est que tout à fait insignifiante. 

L'ouverture de la fente correspondant àTéchan- 
tillon incoloré était, dans le plupart de nos essais, 
de o m. 002; dans quelques cas seulement, quand 
le champ visuel du spectroscope se montrait trop 
sombre, cette largeur de la fente fut portée à 
o mm. o3-o mm. 04. La largeur de la fente ocu- 
laire était toujours de o mm. i5 à mm. 20. 

Le tableau ci-joint contient les résultats de quel- 
ques-uns de nos essais, les nombres de colonnes, 
qui se trouvent sous les noms des matières colo- 
rantes, désignent (en centièmes parties du milli- 
mètre) les grandeurs de l'ouverture de la fente, 
correspondante à l'échantillon coloré dans les dif- 
férentes parties du spectre, l'ouverture de la fente 
correspondante à l'échantillon blanc étant d'une 
grandeurconstante de o mm. 02. Les positions des 
maximums sont désignées en caractère gras. Les 
quantités des matières colorantes employées pour 
la teinture étudiée sont données en p. 100 relative- 
ment au poids de l'étoff'e, à côté de chaque nom 
des couleurs. 

Les diagrammes que nous donnons présentent 
les courbes d'absorption de la lumière par ces 
mêmes « teints,» tracées d'après les données de la 
table. Les longueurs d'ondes y sont prises pour 
abscisses, et les logarithmes des grandeurs de l'ou- 
verture de la fente, correspondante à l'échantillon 
coloré, pour ordonnées. Les numéros des courbes 
correspondent aux numéros des teintures dans la 
table. 

Essayons maintenant de tirer quelques conclu- 
sions des observations que nous avons faites. 
Avant tout, les tables et les diagrammes montrent 
que toutes les teintures étudiées donnent des 



DEFINITION DZS MATIÈRES COLORANTES SUR LES FIBRES TEXTILES 



TABLE D'ABSORPTION DE LA LUMIERE PAR LES DIVERSES 



PARTIE 


















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16,22 


475 


















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2.2 




2.8 


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3.2 


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470 


















3,2 


2.1 












2.8 
















17,13 


465 


















3,1 


2.0 




























61 


460 
















































1S,10 


455 
















































64 


450 
















































19,16 


445 

















































courbes (d'absorption caractéristiques, qui sont 
constantes pour la forme et la position de leurs 
maximums d'absorption pour chaque combinaison 
(matière colorante -f- fibre textile) dans toutes les 
conditions de l'essai et à différentes concentra- 
tions de la matière colorante sur la libre. 

Ainsi par exemple, les deux courbes du violet 
Guinée 4 3 X i^N°* i5 et 16; sur laine ont la 
même forme et montrent deux maximums coïn- 
cidant (dans les limites de l'erreur artribuable à 



l'expérience) : à À = 5go et à ),i =; 56o-565, 
quoique ces courbes furent déterminées à plusieurs 
époques différentes et pour les teintures de di- 
verses intensités (0,2 p. (00 et 0,1 p. 100 du poids 
de l'étoffe . Il en est de même pour les teintures 
sur laine suivantes : violet acide 6 B N [B] iN°' 17 
et 18 avec un seul maximum à À =r 620, vert 
d'antliracyanine Z G L By (N°* 3o, 3i et 32': avec 
un maximum à ), — 63o, malgré la grande dif- 
férence de concentration des teintures essavées 



DÉFINITION DES MATIÈRES COLORANTES SUR LES FIBRES TEXTILES 



MATIÈRKS COLORANTES SUR FIBRES TEXTILES 













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13,3 


2,8 


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2,9 


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15,2 


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13.9 


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3,2 


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3,4 


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17.2 


2.0 






4.5 


7.2 


2,9 


71,2 


39,8 


14,9 


53.2 


22,0 


23,8 


9.7 


3,0 


33,7 


41.5 


26,4 


17,7 


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6,2 


12,3 


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4,2 




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70,0 


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14,1 


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11,2 


3,4 


34,5 


40,5 


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16,6 


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3,4 


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30,6 


13,6 


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19,0 


16,0 


12,4 


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33,8 


38,5 


17,8 


15,6 


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16,1 


5,1 


4,0 




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15.0 


12.9 


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28,0 


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i3 p. 100, 1,5 p. 100 et 0,5 p. 100); al!:;arine- 
tu-anole R [By] (N"* 33 et 34) avec deu.K maxi- 
mums à À = 63o et à À = SSS-Scjo; et pour les 
teintures sur coton tanné: vert brillant crist. extra 
fiMj iN"' 3 et 4) avec un maximum à À ^= 63o, 
fuschine extra jaunâtre petits crist. 'M] (N"* 9. 
10 et 1 1) avec un maximum à X ^ 555. 

Ces courbes caractéristiques des teintures sont 
tout à fait indépendantes des hasards de la fabrica- 
tion de la matière colorante, comme nous le montre 



l'exemple du vert acide concentre' D (MJ et du 
vert lumière S F jaunâtre |B| (,N« 7 et 8) qui 
sont chimiquement identiques, mais qui sont pré- 
parés par deux fabriques diverses, et qui furent 
étudiés sur des teintures de diverse intensité 
(0,2 p. 100 et 0,4 p. 1001 : les deux maximums 
(X^ 640, et X = 590-595) coïncident parfaitement 
et les courbes se ressemblent à un haut dei;ré. 

Il ne nous est pas arrivé de constater une seule 
exception à cette règle et nous nous croyons en 



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N° I . — Vert brillant crist. cxt.. 

sur laine. 
N" 2. —Vert brillant crist. ext., 

sur soie. 
N 3. — Vert brillant crist. ext.. 

sur coton (0,4 0/01. 

N° 4. — Vert brillant crist. ext.. 

sur coton (0,2 0/0 . 



Vert Guinée B, sur 

soie. 
Vert Guinée B. sur 

laine. 



.N ' 7. — Vert acide conc. D, sur 

laine. 
N" .S. — ^'ert lumière SF jau- 
nâtre sur laine. 



N» 9. — Fuchsine extra Jaunâ- 
tre, sur coton 0.4 o> 

N" 10. — Fuchsine e.xtra jaunâ- 
tre, sur coton (0,2 0/0 . 

N° II. — Fuchsine extra jaunâ- 
tre, sur coton ,0,1 0/0'. 



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N- 12. — Fuchsine acide 0. 



N" i3. — Violet cristallisé, sur 

laine. 
N° 14. — Violet cristallisé, sur 

coton. 



N i5. — Violet Guinée 4 B. 

sur laine (0,2 0/0). 
N° 16. — Violet Guinée 4 B, 

sur laine (o.i 0/0). 



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N- 17. — Violet acide 6 BS. 

sur laine (0,4 0/0'. 
N ,8. — Violet acide 6 B.\. 

sur laine (0.1 0;0i. 



N 19. — Bleu de Septune BG, 
sur laine. 



N 20- — Bleu breveté A', sur 
laine 



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!<' 21. — Bleu pur double conc, S 2?. — Vert brillant -i- aura- y- 2.^. — Rhodamine 3 B conc , N- 26. — Safranine F extra, 

sursoie. mine, sur coton. sur laine. sur laine. 

S' 22.— Bleu pur double conc, N' 25. — Rhodine 8 G conc, 

sur coton. sur laine. 



Courbes d'absorption de la lumière, des matières colorantes n" 1 à 20 du tableau de la page 6. 

















































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S' i-j. — Bleu méthylène Bli N° 29. — Roiiffe de cochenille A, 

conc. sur coton. sur laine. 

N° 28. — Bleu méthylène BG, 
sur coton. 



N" 3o. — Vert d'anlhracvanine 

3 GL, sur laine 3 o^'o). 
N»3i.— Vert d'anthracyanine 

3 GL, sur laine ! i ,5 0/0 . 
N» 32. — Vert d'anthracyanine 

3 GL, sur laine 0,5 6/0). 



N" 33. — Ali^arine uranol R, 
sur laine 1 r,5 o o;. 

N" 34. — Ali^arine uranol R, 
sur laine (o,5 0,0). 



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N" 35. — Vert katigu'ene 2 S, 
sur coton. 



N° 36. — Violet katiguéne. sur 
coton. 



N" 37. — Pourpre immédiat, sur 
lin. 











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N° 38. — Bleu pur immédiat. 
sur coton. 



N" 39. — Noir immédiat, sur 
coton. 



N" jo. — Indigo, sur coton. 

M» ^1. _ Indigo .\ILBi6 B, sur 

coton. 



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N°42. — «oug-e thioindigo, sur N'44 — Violet algol B en pâte. S' J\i. — Rouge indanthrène R. s." .if).— Bleu indanthreneOCD, 

coton. sur coton. sur coton. sur coton. 

N» 43. — ftowg-e hélindone 3 B 
en pâte, sur coton. 



Courbes d'absorption de la lumière, des matières colorantes n- 27 à 46, du tableau de la page 7. 



DÉFINITION DES .MATIERES COLORANTES SUR LES FIBRES TEXTILES 



droit de supposer qu'elle est valable pour toutes les 
teintures. Puis les matières colorantes différentes 
donnent, pour la plupart des cas. sur la même Hbre 
textile des courbes différentes et les positions de 
leurs ma.ximums dans le spectre diffèrent d'une 
grandeur plus considérable que l'erreur maximale 
attribuable à l'expérience :5 aa'i. Citons comme 
exemple quelques matières colorantes, qui se rap- 
prochent en structure chimique : violet Guinée 
4 B [\\ et violet acide 6 B .V :B" sur laine (N°^ i 5, 
i6, 17 et iSi, rhodamine 3 B conc. BC F] et rho- 
dine 8 G 'B C F' sur laine (N"* 24 et 25). bleu mé- 
thylène BB conc. ;B C F' et bleu méthylène B G 
[B] sur coton tanné (.\°^ 27 et _'8). 

Ainsi suffit-il, pour la plupart des cas, d'une 
seule analyse spectrophotométrique pour consta- 
ter l'identité de deux matières colorantes sur la 
fÎDre ou pour les distinguer l'une de l'autre avec 
le même succès qu'emplovant la méthode de For- 
manek pour les solutions. Parmi les teintures que 
nous avons étudiées, nous n'en avons pas trouvé 
deux qu'il soit impossible de distinguer par la 
méthode spectrophotométrique. Il doit, cepen- 
dant, exister des matières colorantes, dont les 
maximums sont très rapprochés les uns des autres. 
Il est possible que l'étude d'un grand nombre de 
teintures nous fournissent, par la suite, beaucoup 
d'exemples de telles coïncidences. Dans ces cas. le 
choix entre les deux ou trois matières colorantes, 
doit être basé sur la forme générale de la courbe 
d'absorption, et si les courbes slles-mèmes sont pa- 
reilles, nous avons toujours, à notre disposition, 
une série de réactions chimiques que nous pou- 
vons appeler à notre aide, de même qu'on v a 
recours quelquefois dans l'analvse spectrosco- 
pique de matières colorantes en solution. 

D'autre part, il arrive souvent que nulle réaction 
chimique ne permet de distmguer deux matières 
colorantes, d'un même groupe chimique, dont les 
nuances se ressemblent, tandis qu'on v arrive faci- 
lement et avec une parfaite précision à l'aide de la 
méthode spectrophotométrique. Citons comme 
exemple le vert malachite ci-ist.[W, et le vert bril- 
lant crist. extra [Mj sur laine, dont les maximums 
se trouvent à X = 610 et À = 620, 

La méthode spectrophotométrique a encore cet 
avantage, comparée avec la méthode chimique, que 
l'échantillon étudié n'est pas détruit par les réac- 
tifs chimiques. 

Comparée à la méthode spectroscopique de For- 
manek pour l'étude des matières colorantes en 
solution, notre méthode est moins précise et plus 
compliquée, car chaque essai prend plus de temps, 
et, en outre, il faut se procurer un appareil à double 
fente et lui ajouter les prismes et les châssis. Mais 
cette méthode permet l'étude de matières colo- 
rantes qui ne peuvent que très difficilement ou 
seulement en modifiant leur composition chi- 
mique, être mises en solution comme, par exemple, 
les matières sulfurées, plusieurs colorants d'indigo, 
et, probablement, aussi les laques des matières co- 
lorantes avec des mordants. 

.Nous devons cependant remarquer que les ma- 



tières colorantes de la série « azo » nous ont 
donné jusqu'ici des courbes assez « plates » avec 
des maximums indistincts, comme, par exemple, 
le j-ouge de cochenille A "B.1 sur laine i^n" 29). 

De plus, la plus grande partie des matières colo- 
rantes jaunes et brunes est exclue de l'étude spec- 
trophotométrique 'comme du reste les solutions 
de ces matières le sont de l'étude spectroscopique , 
car les maximums de ces matières se trouvent dans 
le violet extrême ou même dans l'ultraviolet du 
spectre, et, par conséquent, sont inaccessibles à 
l'œil de l'observateur. 

Le nombre de teintures que nous avons étu- 
diées n'est pas assez grand pour nous permettre de 
dire, avec certitude, qu'il ne se trouve point 
encore d'autre cas, où la méthode spectrophoto- 
métrique sera encore inapplicable. Il nous semble 
cependant que cette méthode peut nous rendre 
service dès à présent en facilitant l'identification 
ou le discernement des matières colorantes sur les 
fibres. Si, par exemple, l'aspect extérieurde l'échan- 
tillon permet de faire une supposition plus ou 
moins probable sur la matière avec laquelle il est 
teint, cette supposition peut être facilement vérifiée 
par la méthode spectrophotométrique. Il suffit de 
teindre une étoffe pareille à celle qu'on a dans 
l'échantillon avec la matière colorante supposée, 
en tâchant, si c'est possible, d'atteindre la même 
intensité, et de comparer par la méthode spectro- 
photométrique, tour à tour, les deux morceaux 
avec une autre d'étoffe incolorée. S'ils sont teints, 
tous les deux, avec la même matière colorante^ 
leurs courbes d'absorption doivent coïncider, dans 
I les limites de l'erreur attribuable à l'expérience, 
ou, du moins si l'intensité des teintures n'est pas 
la même , ce sont les positions de leurs maximums 
qui doivent coïncider. 

La définition serait considérablement facilitée, 
s'il existait des tables contenant les spectres d'ab- 
sorption de la plus grande partie des matières colo- 
rantes les plus usitées : c'est l'affaire d'un avenir 
plus ou moins proche. Il serait désirable, cepen- 
dant, de ne point se contenter de l'application de 
notre méthode pour l'identification seulement, 
mais d'en faire une méthode réelle de l'analyse 
systématique des matières colorantes sur la fibre. 
Dans ce but, il faudrait, premièrement, faire l'étude 
des spectres de la plus grande partie des teintures 
connues et, secondement, les diviser en plusieurs, 
catégories, selon le nombre de leurs maximums, 
et la forme de leurs courbes, comme l'a déjà fait 
Formanek pour les solutions des matières colo- 
rantes. 

Nos essais peu nombreux ne nous permettent 
pas, certainement, défaire une classification quel- 
conque, mais il v a quelques régularités que nous, 
avons pu constater: comme il était facile de le 
prévoir, les matières colorantes ayant même carac- 
tère chimique donnent, sur une même espèce de 
fibres, des courbes qui se ressemblent de forme, 
comme, par exemple, vert brillant et vert Gui- 
née B sur laine et soie (i, 2, 5 et 6), violet cris- 
talliséei violet G'-iinée 4 5sur laine (1 3, i5et 16),. 



EXPOSITION INTERNATIONALE DE ROUBAIX kii i 



indigo et indigo MLB, ô B sur coton (40 et 
41,, thioindigo et rouge liélindone 3 B sur coton 
(42 et 43'!. 

La classification de Fornianek, comme on le 
sait, repose aussi sur la conformité des courbes 
d'absorption, qui appartiennent aux matières colo- 
rantes d'un même groupe chimique. S'il était pos- 
sible d'envisager toutes les teintures à un seul 
point de vue (par exemple, comme solutions 
solides ou comme précipités colloïdaux), on 
pourrait espérer alors que les courbes de For- 
manek, convenablement corrigées, et par consé- 
quent, sa classification aussi, seraient applicables 
à notre but : il serait tout à fait naturel de sup- 
poser, dans ce cas, que les matières colorantes 



conservent, sur les fibres textiles, leurs propriétés 
optiques et que la forme des courbes ne fait que 
se modifier un peu sous l'influence de la fibre et 
cela dans un sens qui est commun à toutes les 
teintures sur la même fibre. 

L'expérience n'a pas confirmé cette supposition ; 
bien que la plupart des matières colorantes mon- 
trent quelque ressemblance de propriétés optiques 
sur la fibre et en solution, nos courbes d'absorp- 
tion sont néanmoins tort modifiées en comparai- 
son avec celles de Formanek. 

La table suivante donne les positions des maxi- 
mums de quelques matières colorantes sur diffé- 
rentes fibres comparées aux maximums de leurs 
solutions. 



M.VÏIÉRE COLOR.VNTE 


SOLUTIO.N DANS 


TEI.VÏ SUR 


L'eau 


L'alcool 
éthylique 


Lalcool 
amylique 


Coton 


L.uinc 


Soie 


Violet cristallisé (Bi 

Vert brilltint crist. extra [M] . . 
Vert malachite crist. [MJ . . . 

Vert acide conc. D. [M] .... 

Vert Guinea B. [A] 


541.3 
625,5 
6i8,i5 

636 » 

622,3 


593,3 
547,25 
629 » 
622,95 

636 » 
627,3 


594,6 
549,3 
630,75 
625,5 

637,75 
63o,75 


58o 
555 
635 


5Ko 
555 
620 
610 
640 
595 
63o 


620 
63o 



Cette table nous montre qu'il existe des matières 
qui sur la fibre ont un maximum supérieur à ce- 
lui qu'elles ont quand elles sont en solution (les 
cas inverses arrivent aussi) ; pour quelques-unes 
de ces matières colorantes, étudiées sur la fibre, 
les maximums se trouvent à droite et pour les 
autres à gauche des maximums de ces mêmes ma- 
tières mises en solution, etc. Il est possible que 
l'on arrive à trouver une régularité quelconque 
dans ces écarts. Nous espérons consacrer à cette 
question et à l'essai de cette classification des ma- 
tières colorantes un travail spécial. Mais quelques 
particularités peuvent êtreconsidérées,dès à présent 
comme établies : i" les fibres différentes, comme il 
était àsupposer. exercent différentes influences sur 
les propriétés optiques des matières colorantes: 
2" la laine et la soie montrent une grande ressem- 
blance sous ce rapport fvoir 1 et 2, 3 et 6); 3° les 
teintures sur coton avec colorants substantifs se 
rapprochent le plus, dans les exemples étudiés, des 
solutions neutres de cesmèmes matières colorantes. 

Il semble très intéressant, au point de vue de la 
théorie de la teinture, de rechercher jusqu'à quel 
degré ce rapprochement existe pour toutes les tein- 
tures. 



En dernier lieu, nous voudrions encore parler 
d'unequestion que nous ne sommes pas en état, ce- 
pendant, de résoudre à présent. Comme on le voit 
dans les courbes d'absorption et comme on pou- 
vait le prévoir, dans les maximums, le degré d'ab- 
sorption des rayons par la teinture croît avec 
l'accroissement de la concentration des matières 
colorantes sur la fibre (avec l'intensité de la tein- 
tures c'est-à-dire que les ordonnées de ces points 
des courbes s'accroissent. Si on réussissait à trou- 
ver une relation entre ces deux grandeurs, cela 
donnerait la possibilité de définir quantitativement 
les matières colorantes sur la fibre. Nous n'avons 
pas encore fait des essais dans ce sens, mais nous 
comptons le faire dans un avenir proche. 

Il va sans dire que notre méthode s'applique 
non seulement aux fibres, mais tout aussi bien à 
d'autres corps solides colorés. 

Il nous est un devoir agréable de témoigner notre 
vive reconnaissance à nos collègues, M. Guéor- 
guiewskv et Al. Blumbach, pour les conseils qu'ils 
nous ont donnés pour la disposition de notre ap- 
pareil et la conduite de nos essais. 

Saint-Pétersbourg, le 4 novembre 191 i. 



LE BLANCHIMENT, 



LA TEINTIRE, L'IMPRESSION ET LES APPRÊTS .\ L'ENPOSITION 
INTERNATION.\LE DE ROUBAIX 1911(1)- 
Par M. ÉmUe DUHEM (3' article). 



Les industries textiles se localisent el. rcslent à 
demeure fixe dans certaines villes. C'est ainsi 
qu'.\miens a acquis et retenu une supériorité in- 
discutable pour la fabrication. la teinture et les 

(1) Voir liev. Gén. Mal. color.. mil. pp. 2r,j et 309. 



apprôls des velours de coton. Les hivers très 
humides de ces dernières années ont augmenté la 
vente des velours, mais celle industrie, où tout se 
tient, depuis le tissage, jusqu'à la coupe, jus- 
qu'au finissage, ne s'est pas déplacée. 



EXPOSITION INTERNATIONALE DE ROUBAIX igi 



1. La CoHeclii'ité d'Amiens nous monlre des 
velours à cotes, des velours unis, des imprimés 
dont les coloris sont forcément peu variés mais 
qui marquent bien, à ceux qui regardent de près 
et comparent, ([ue les fabricants et teinturiers de 
cette ville ont acquis par la lon;ïue pratique une 
suprématie qui n'est pas près de leur être enlevée. 

Amiens fait surtout le velours pour vêtements 
de travail et de chasse, c'est-à-dire l'article or- 
dinaire: quelques maisons, entre autres Cesserai, 
font également le velours coton fin pour vêle- 
ments de dames, en nuances plus vives, et plus 
riches comme il convient du reste pour ce genre. 

2. Molle, Bossiil et Mengers (Roiibaix, Amiens) 
font également les deux genres de velours et les 
leinles exposées sortent de la série acanthe, 
marron, loutre, bleu et noir qui forment le fond 
de la fabrication amiénoise. Leur vitrine gagne 
ainsi en vigueur par la variété et la disposition 
heureuse des teintes. Des réductions bien faites 
de leurs diverses usines, marquent et fixent aux 
visiteurs l'importance réelle et croissante de celte 
firme qui non contente d'entreprendre et de me- 
ner à bien toute l'industrie du velours colon, 
présente et lance un tissu de tenture le Sanitapis, 
obtenu en tous coloris, fait avec fibres de bois. 

3. Benoisl frères i Amiens i présentent des ve- 
lours avec toutes filtres: velours de coton demi- 
simili, velours de colon, jule el ramie, velours de 
lin de toute beauLé comme tons, brillant el ap- 
prêt. Ces velours sont en unis, en gaufrés et so- 
lides à la lumière. Nous apprenons que ces mes- 
sieurs font aussi le velours d'Ulrecht. MM. Emile 
et Charles Benoisl ne sont du reste pas des novices 
dans celle partie si spécialisée du velours d'ameu- 
blement. 

^. Alb. Denis i /{otibciix\ Celle ancienne maison 
a une vitrine variée où les velours unis el gau- 
frés sont bien présentés. A signaler tout particu- 
lièrement les impressions à la main el grand teint 
1res réussies, tpii font honneur au chef (l'impres- 
sions de celle usine, M. Buiirev. 

Comme autres imprimeurs sur tissus, riions : 

5. Indienneries Birrinyer-Guth, d'Epinal. C.elle 
fabrique, de réputation universellement connue, a 
une vitrine d'impressions sur coton qui confond 
les visiteurs surpris par le fini des dessins, la 
netteté de l'impression, les tons heureusement 
choisis des nuances, la variété des articles. A ces 
qualités toutes d'apparence, il faut joindre l'excel- 
lente solidité à la lumière et aux lavages des im- 
pressions de cette maison; l'ensemble explique 
du reste la pros|)érilé de cette usine oii la valeur 
techni(iue du chimiste qui dirige, complète la 
puissance du malériel coûteux nécessaire pour 
blanchir, iuqtrimer, apprêter tous les genres tissés 
en coton. 

(i. Besseiièvre filsel C'" [Maromme] cxposenl éga- 



lement des impressions colons qui prouvent à 
tous l'heureux elTel, le stimulant de la concur- 
rence. La région rouennaise qui compte de nom- 
breux élablis-sements d'indiennes, lutle contre 
l'étranger et soutient la lutte, maintient, aug- 
mente son chiffre d'affaires en fabriquant du 
beau el du bon ; ce qui n'est pas si simple qu'on 
se le figure lorsqu'il s'agit d'impressions. Les 
veloutines sont les articles en vogue en ce mo- 
ment; les impressions geni-e kimonos, cachemires 
sont aussi 1res demandées, et la maison Besse- 
lièvre nous présente un choix de ces cotonnades 
où le plus difficile même trouverait à son goût. 
M. Michel, chimiste-diiecleur de celte maison, 
n'est plus du reste, dans les débuts ni les tàlonne- 
menls, en ce qui concerne l'impression. 

7. Anciens élMissemenls Girard [Deuille-les- 
Roiien). A côté des articles nouveaux el demandés 
déjà cités, cette usine présente des genres clas- 
siques el de vente toujours courante tels que che- 
mises, rayures, pointillés, rongés, où la solidité 
au lavage, même au lavage intensif el brutal 
prime la variété des dessins. Cette indiennerie, 
pour prouver qu'elle ne se spécialise pas, expose 
aussi des impressions meubles qui Iranchenl jus- 
tement par la diversité el le bon choix des coloris 
avec la simplicité des chemises. En tous ces 
genres, les établissements Girard peuvent pré- 
tendre au premier rang. 

8. Keltinger et fils (Lescure el Rouen . Cette 
troisième maison rouennaise fait le colon el la 
laine en impression, el tous savent que la laine 
est une fibre ingrate pour la netteté des dessins 
imprimés. M. Kopp, chimiste et administrateur 
de cet établissemenl,a,en sa vitrine. groupé un en- 
semble merveilleux de veloutines, cachemires, 
kimonos, meubles, chemises, robes, prouvant que 
la diversité d'articles n'excluait pas la supériorité 
d'exécution, Si 1911 a été pour les indienneurs 
une meilleure année que les précédentes, cela 
tient non seulemenl à la mode el à des causes di- 
verses dont le détail nous enlraîncrait hors de 
notre cadre, mais plulôl à ce que le public ache- 
teur reconnaît chaque jour davantage l'excellenle 
solidité des teintes et la supériorité de l'indienne 
sur certains tissés camelote. C'est par l'union in- 
time de la science chimique à l'industrie que les 
hommes de valeur qui dirigent ces quatre indien- 
neries citées ont lutté viclorieusement, avec 
leurs confrères non exposants, contre le boycot- 
tage de l'impression, el porté leur industrie à 
l'apogée, facile à constater en celte Exposition. 

<). L. Boiiixsi 'rue du Mail. Paris) expose des 
impressions parisiennes, faites à la main el à la 
machine, qui ne manquent ni de cachet, ni de 
fini. Nous retrouvons ici des velours imprimés el 
gaufrés qui sont de fabrication Benoisl, Denis 
el, je crois, ^"anackère. 



EXPOSITION INTERNATIONALE DE ROUBAIX u)m 



i3 



Nous avons i» énuinôrcr les exposants du : 

10. Syndical cotonnier de l'Esl qui comprend 
les maisons Ed. Pinol à Mupl, tissus pour expor- 
tations en blancs, couleurs el fantaisie; Ch. Wdin 
à Saulxures, Zici/lcr el C'' , ainsi que cahiers et 
travaux de l'École lliêorifjuc el pralique de fda- 
liire et tissage d'Épinal. La Société anonijme des 
tissus de laine des Vosges (Le Thillot) expose 
blanchis el rayés couleurs sans spécialité mar- 
quante. 

11. Le Syndicat normand du lissage de colon, 
en une seule vitrine nous présente les lahrications 
lissés couleurs de MiM. Ouesnel, Petit, Birière, 
André Forlhomnw, Leroux Eude, Manchon Le- 
mattre, Rog frères, Berlhcl, Ozanne, Manchon 
frères. Je ne retiens comme spécial ou saillant 
que les fantaisies chemises et llanclles imitation 
laine de MM. Manchon frères, ainsi que les 
zéphyrs et rayés de M. Ozanne en teintures grand 
leint au lavage. 

12. Desgenelais iBolbec) expose, seul, ses cre- 
tonnes blanches lissées à la marque « Locomo- 
tive » renommée par sa qualité. 

Sa vitrine est toutefois d'une monotonie, d'une 
uniformité tranchante comparée à celles des fa- 
bricants du Nord, ou même à celle des filateurs 
de Tourcoing, située juste en face. 

i3. Société anonyme de Blanchiment, Teinture, 
Apprêts de Tarare. Les gazes, singalettes, tarla- 
tanes forment la base de la fabrication classique 
de Tarare ; cette exposition nous présente des 
blanchis et des teintes très vives : roses, ciels, 
verts, courantes pour la gaze. 

i'i. David Maigrel-Donon [Paris) a des succur- 
sales à Épinnl, Saint-Quentin, Tarare et s'occupe 
surtout des articles colons de ces trois places. 
L<>s plumetis, étamines et guipures rideaux de 
Saint-Ouentin voisinent avec les doublures et 
broderies des ^'osges et le tout, de fabrication 
soignée, est bien présenté. 

Les filateurs et syndicats de filateurs allonge- 
raient outre mesure ce résumé, (citons la vitrine 
Alexandre .loire, de Tourcoing, présentant une 
reproduction de leur filature entièrement faite 
avec carton recouvert de fil blanc, vitrine qui 
attire les curieux par son originalité. 

En fils à coudre, rubans, lacets, ganses, serges, 
et fils fantaisie, citons la fabrication si intensive 
et si spéciale de Comines iNord), c'est-à-dire i5. 
Joseph Deruille, 16. Gâteau Ilassebrouci],i'j. Cou- 
sin frères et iS. Charles Catteau, puis les maisons 
U). Wallaerl frères,-20. Thiriez,-Ai. Boulry Drouters 
de la région de Lille. Le fil ù coudre est une in- 
dustrie particulière, el la teinture et le glacé ont 
pour chaque marque une importance dont on ne 
se doute guère. Le noir au campéche et les noirs 
diazotés sont toujours les plus répandus chez les 
filliers qui ne veulent rien connaître des noirs au 



soufre et du noir d'aniline contre lesquels exis- 
tent des préventions pas toujours justifiées. 

■2-2. Frings et C"' {Paris et ]'ilry-sur-Seine) (fils 
L. V.) font le blanchimenl el la teinture el se 
rangent aussi dans les fabricants de fils à broder. 
Les câblés, les retors, les fils d'Alger et merce- 
risés de Frings et Viarmé ont une réputation jus- 
tifiée. 

2."3. IJoll/us (Belforl) expose des cotons perlés 
et des mercerisés très réussis. 

a',. Gronier [Saint-Ouentin, Origny-Sainle-Iie- 
noile) se classe à part pour ses fils fantaisie, 
retors, moulinés, à 2, 3, /| brins pour cfTets de 
tissage, broderies, passementeries. Il est extra- 
ordinaire de voir la quantité de fils bouclés, bou- 
tonnés, avec contraste de couleurs, relief de fil 
métallique intercalé, etc., el cette vitrine montre 
la variété que peut créer la spécialisation inlelli 
génie d'un article. 

Les groupements, œuvres de M. Gaucher sont 
nombreu.x pour tous les genres de l'industrie 
textile dans le Nord. Pour le lin, voici : 

3Ô. Exposition plurinominale des Crémeurs el 
Blanchisseurs de lin. Charles Sander, président, 
nous montre le lin filé en ses diversétats, crémé, 
demi-blanc et blanc. Le rouissage du lin fait dans 
la Lys, et particulièrement après la jonction de la 
Ueule el de la Lys, a une supériorité reconnue 
par les étrangers qui appellent la Lys, la rivière 
du lin d'or. Je me suis laissé dire par un spécia- 
liste de valeur que les matières organiques ame- 
nées par les eaux polluées de la Deule avaient une 
action très marcpiée et avantageuse pour le rouis- 
sage du lin, mieux réussi en aval de Deulemonl. 

■->6. Syndicat des Blanchisseurs et Apprèlcurs 
des toiles fines. Président : Gagedois de Don .Sain- 
ghin. 

27. Syndicat des Blanchisseurs et Apprèlcurs de 
toiles fortes. Président : Barbry Flamenl, à Sailly- 
sur-la-Lys. 

Cesdeuxgroupements nous font voir de près le 
blanchiment si particulier du lin, avec l'antiipie 
blanchiment sur pré encore employé aux envi- 
rons de Lille el dans la région d'Armenlièrcs. 

28. Georges Ovigneur [Halluin) n une exposition 
réellement intéressante comme grand blanc sur 
fil de lin et de colon. Des gammes de crémés et 
blanchis font suivre les dilTérents étals du lin de 
son arrivée à la sortie de l'usine. C'est surtout |)ar 
l'action étudiée des lessives, plutôt que par lellet 
brutal du chlore, qu'est obtenu ici le blanc par- 
fait dû surtout à l'élimination complète des ma- 
tières gommeuses et pectiques qui enrobent le 
lin. Toutes les nouvelles teintures giand teint sont 
pré.sentées ici. M. Ovigneur s'étanl surtout spé- 
cialisé aux teintures solides au blanchiment in- 
dustriel, el résistant également à la surleinle et 
au foulon sur fils de lin ou de coton. 



"4 



EXPOSITION INTERNATIONALE DE ROUBAlX 191 1 



Du lin nous passons au linge de table, sans énu- 
mi^rer les lîlateurs de lin et de chanvre qui tou- 
chent peu aux industries qui nous intéressent. 

■2(\. André Huel Lille el Ifalluin expose linge 
blanc et linee de table à bordures couleurs. 

;to. Ed. Defrelin [Halluin) fait tissage et tein- 
ture. En cette \itrine un panneau décoratif tissé 
lin écru et blanchi représente la Vicloire coa- 
ronnanl Marie de Médicis. d'après Rubens. Des 
coutils divers, du linge de table, des serviettes à 
liteaux complètent le cadre où se détachent des 
mouchoirs lins avec sujets tissés en nuances vives, 
mouchoirs fantaisies sortant de Tordinaire. 

3i. Les établissemi^nts Agache I Société anonyme 
de Perenchies ont des tissus lins, des toiles, 
nappes, serviettes, torchons avec el sans teintures 
mais son originalité est marquante. 

3->. Le Syndical des fabricants de toile d'Ar- 
mentières ne nous montre guère d'articles teints, 
cependant les bâches et stores rayés orange, 
rouge et noir pour garde-soleils sont fabriqués à 
Armentières ainsi que certaines toiles cachou et 
indigo. 

33. Les Teinturiers en toiles bleues de Lille, 
Dedondère. Delcourt.Delfortrie Gastrique. A. Du- 
hem C" et Levasi froid. Paul Montpellieret K. Sla- 
lars fils exposent en collectivité. Les toiles sont 
en bleus pâles, moyens, foncés jusqu'en bleu 
Villette. bleu noir si apprécié par les campagnards 
el marchands de bestiaux. Le bleu noir Villette, 
spécialité de Lille, a détrôné les rayés pour 
blouses de la région de Condé. A la coupe, à la 
déchirure, le fond d'indigo se distingue et en est 
la garantie: de plus au lavage la gaine de la tein- 
ture noire qui protège l'indigo se dégrade lente- 
ment laissant ensuite après 3o à 40 lavages la 
belle teinte de l'indigo. Lille est en partie concur- 
rencé par Valenciennes pour les bleus 6, bleus 7, 
mais pas pour le bleu noir Villette qui de plus 
est indégorgeable au frottement. 

Pour le jute nous rencontrons trois maisons 
dont deux font leur teinture: ce sont : 

84. Vancauwenberghe et Davenport Saint-Pol- 
sur-Mer qui utilisent le jute teint en nuances 
vives pour rayures de sacs, el 

35. Carmichael d'Ailly -sur- Somme dont la 
gamme de nuances est plus variée mais est utilisée 
pour des articles plus spéciaux, toiles diverses, 
lentes. La maison Carmichael a eu grand pris en 
1900 à Paris, el en 1910 à Bruxelles. 

Pour la soie, la reine des dbres comme beauté, 
comme richesse, que nous regrettons de placer 
après le jute, mais que nous classons d'après son 
importance, ici citons : 

■%. (iillet et fils Lyor.i. Celle usine colossale, 
dont la réputation est mondiale, nous présente 
des teintures, impressions et apprêts sur tissus 
soie, et soie el coton, des filés soies en noii's 



I chargés et non chargés, du crêpe anglais, des ru- 
bans ravissants et des salins liberly merveilleu- 
sement réussis. Toutes les teintes possibles avec 
le chatoiement de la soie sont exposées en leur 
vitrine, mais c'est toutefois le noir qui domine, et 
qui. sur coton et soie, salins façonnés, brochés, 
polonaises, austrias, serges, montre bien la supé- 
riorité acquise par celle maison. Hors concours, 
membre du Jury en 1900 (Paris), la maison Gillet 
occupe 4-200 ouvriers, possède 83 chaudières el 
dispose d'une force de 8.000 chevaux-vapeur et 
800 chevaux hydroélectriques. 

37. Société industrielle pour laschappe de Bàle, 
\Roubaix . Ici pas de teinture, mais une exposi- 
tion intéressante par la variété des cocons pré- 
sentés, el les difTérents tons de schappe, écrue et 
blanche, placés de manière à frapper l'oeil par le 
contraste. 

L'ameublement, la tapisserie sont dignement 
représentés par les principales maisons de Tour- 
coing, RoubaLx. Aubusson. 

38. \ anoutryvei Boubaûn. Cette ancienne mai- 
son conserve, augmente sa réputation dans les 
tissus d'ameublement par le choix et la qualité 
des matières employées, le fini et la solidité des 
teintes utilisées. Laine, coton, soie, jute sont tra- 
vaillés, teints, tissés en leurs usines, el leur expo- 
sition qui s'adresse aux connaisseurs el présente 
la fabrication courante, est en tous points réussie. 

39. De/frennes. Duplouy Lannoy^ ont en leur 
vitrine des tapis de table, des couvre-lits, courtes- 
pointes piquées, panneaux, tableaux très artisti- 
ques et très décoratifs du plus heureux effet. 
Font des couvre-lits lavables, c'est-à-dire avec 
teintures solides. 

40. Dubar et Declercq Roubaix) font rideaux, 
tapis de table. étolTes pour ameublement. 

41. Eugène Basson Roubaix) teint et tisse lapis, 
moquettes de dessins et de Ions réussis el bien 
présentés. 

42. Vanackère et Compagnie Roubaix) fontl'ar- 
ticle ameublement et teintures, apprêts, impres- 
sions. Leur exposition est variée et dénote un 
goùl artistique indiscutable. 

^3. Jules FI ipo 'Tourcoing K ^^. Lorthios Leu- 
rent et fils Tourcoing) exposent tapis divers et 
carpelles représentant bien l'article courant spé- 
cial à Tourcoing. 

45. H et Ch. Herbaux Xeuville-en-Ferrain, 
près Tourcoing \ ont lapis de soie, lapis de laine, 
moquettes jacquard en tous genres, el insistent 
comme Defrennes-Duplouy sur leui-s lapis lava- 
bles de nuances harmonieusement combinées. 

46. J. Pansu Paris montre des panneaux déco- 
ratifs el reproductions de tapisseries anciennes 
qui frappent les visiteurs par le fini, la richesse 
des teintes, el font de ces tentures de véritables 
œuvres d'art. 



EXPOSITION INTERNATIONALE DE ROUBAIX 1911 



47. Braqiienié et Compagnie . Aubasson) ont 
dans le Coniilé Parisien un salon merveilleux 
cnlièremenl drapé, orné, tapissé de leurs fabri- 
cations. Aubusson, qui lient de vieille date le 
premier ran^ pour les tapis ras et veloutés, ino- 
queltes, siamoises, ne pouvait èlre mieux et |)Ius 
dignement représenté. II y a ici des reproduc- 
(ions de tapis d'Orient et de la Savonnerie qui 
imitent les tableaux et peintures à un point tel que 
de nombreux visiteurs s'approchent de très près 
pour discerner si ce .sont des peintures ou des 
lentiu-es. Après les manufactures nationales des 
Gobelins et d'Aubusson, ce sont les maisons Bra- 
quenié et autres d'Aubusson qui travaillent le 
plus artistiquement et le plus scientifiquement ; 
leurs teintures sont choisies, sélectionnées parmi 
les plus .solides, les plus durables à la lumière, et 
les grands prix obtenus aux expositions de 1878, 
1889 et 1900, Paris, sont la juste récompense des 
efforts et résultats de la maison Braquenié. 

Nous n'avons plus à signaler pour les industries 
([ui nous intéressent, que : 

^8. Derriider, Lacroux el Compagnie [Boubaix) 
traxaillent le Kapok el présentent cette fibre 
végétale en tous ses états: brut, filé, tissé et 
teint. Le Kapok est insubmersible, ne se mouille 
pas facilement el supporte dix fois son poids sur 
l'eau. Je doute fort que la teinture en soil aisée, 
et la seule teinte rouge exposée laisse sceptiques 
ceux qui connaissent ce textile. 

49. Léon Depres fils el Compagnie ^ Hem près 
Roiibaix] ont une vitrine ùq pelleterie qui a pour 
nous plus d'allrait que les fourrures de Revillun 
frères en ce sens que la maison Léon Despres fait 
la teinture des peaux et fourrures en noir, loutre 
et toutes nuances. L'ensemble de leur exposi- 
tion dénote une connaissance parfaite de ce mé- 
tier si spécial et si ingrat comme travail. 

Les cuirs teints sont représentés par six mai- 
sons, notons particulièrement : 

50. Masitrel et Caen. Croix (Nord) et 

5i. Combe et fils (Saint-Denis, Paris). Ces usi- 
nes de réputation établie font peaux pour chaus- 
sures, pour bourrellerie, maroquinerie fine, en 
toutes nuances, sur tannés à l'écorce et tannés au 
chrome, et les articles présentés, par l'uni des 
teintures, si difficile à réaliser, dénotent à quel 
degré de perfection ces deux établissements ont 
poussé le travail de préparation, tannage, teinture, 
el finissage-glaçage. 

Comme Papiers teints, nous trouvons : 

02. Dalle frères et Leromle {Bousbecques], qui 
font teintes de tous genres, paies, moyennes, 
foncées, vives ou rabattues. Ceci nous indique 
<iue celte papeterie travaille pailles, bois et ma- 
tières premières diverses, mais fait en même temps 
le blanchimenl. 

53. Failliot el fils {Contg, Sommejne travaillent 



que matières premières conununes et pailles, 
font surtout nuances moyennes et foncées, bleus 
pour papiers d'emballages, bruns pâles el bois 
genre lioîles à sucre. Il y a dans cette industrie, 
où le bas prix ne permet pas beaucoup de dé- 
pense en colorants, un réel mérite à établir 
teintes exactes, suivies et bon marché, quand 
l'échantillonnage doit se^aire sur matières brutes, 
de tons variables, et de jour et de nuit. 

54. Ubel et Compagnie (Besançon-Movillars) 
font la pfite de bois pour papiers et teintes de 
tous genres. 

Comme exposants étrangers, nous avons |)our 
tissus : 

55. Les successeurs de Juan Tomasy Vullvé 
[Barcelone) font teinture du coton en pièces ar- 
ticle fantaisie en nuances vives, en rouge et en 
noir sans rien de particulièrement saillant. 

Dans le palais de la Belgique, les teinturiers et 
fabricants sont groupés. 

Verviers nous présente les maisons (56) -1/- 
phonse Pellzer cl 

57. Lamboray fis, qui font lavage el épaillage 
des laines ainsi que teinture. 

58. Société de Xeffe-Dinanl expose des mérinos. 

59. Albert Oudin el Compagnie 1 Z>/«a«/ ), Société 
anonyme manufacture de tissus, font plus de 
teintures que de blancs. 

(50. Jules Veesaert (Genlbruggc-les-Gamh faljri- 
quent des flanelles colon et laine et colon, ainsi 
que des rayés bleu el blanc, noir et blanc. Celte 
maison fait la teinture. 

()i. Fernand Hanus, Garni, ont des toiles de \'i- 
chy, cotonnades genre Roanne et aussi quelques 
lainages. 

(12. Ferd. Lousbergs, Société' anonyme [Gand) 
font la teinture des écheveaux et des tissus. 

Pi'.i. Philip Gloser- et fis { Termonde) expot^enl 
des couvertures rayées genre Orléans, et imprcs' 
sions façon Cours (Rhône). 

(j'c Léonard Dekien el fis (Courtrai). comme 
toute la région de Courti-ai, fabriquent des toiles 
el coutils, articles blancs et couleurs. 

05. Félix Coppens (Courtrai). Le genre d'É- 
vreux, pour coutils corset ; de Mayenne pour 
mouchoirs, ainsi que l'article literie sont très 
bien présentés par ce fabricant. 

65. Veuve José de Ven ilngelmunsler) expose 
des toiles écrues el teintes, des jutes teints, et 
des nuances appropriées à la fabrication de 
Cand, de Courtrai sur coton filé. Les chinés de 
cette vitrine ont également bel aspect comme 
netteté d'impression et de blanc. 

Pour le linge de table, nappes, mouchoirs avec 
rayiu-es el liteaux en couleurs bon et grand teint 
nous remarquons spécialement les maisons (67) 
Julien VerdoncU iGandi cl (tiS) Abbeloos et fis 
I Gand). 



EXPOSITION INTERNATIONALE DE ROUBAIX 19 ii 



69. La Colleclivilé Gantoise de Blanchiment. 
Teinture et Apprêts expose des tissus colon pour 
resportalion, du shirting, des rayés, servielles- 
éponges el doublures, c'est-à-dire les genres les 
plus divers en colon et en lin, démontrant ainsi 
l'importance industrielle de celte région au point 
de vue textile. 

L'ensemble de rExposilion belge est réelle- 
ment intéressant et comprend tout particulière- 
ment les toiles el cotonnades, on ne perd pas son 
temps en s'y arrêtant et comparant. 

La partie comprenant les produits chi- 
miques n'a pas l'ampleur, la valeur ([u'on pouvait 
espérer en une région aussi industrielle, ("omme 
faliricants de colorants, nous ne trouvons que : 
Watriganl usine à Loos), qui fabrique les extraits 
de bois tannants et tinctoriaux utilisés pour les 
cuirs el les tissus. Le campèche, le bois jaune, le 
sumac, le quebracho, le châtaignier sont exposés 
sous les différentes formes marchandes, extraits 
pâteux el secs. Des écheveltes tissus et cuirs 
teints nous montrent les variétés de nuances ou 
plutôt une partie des nuances que peuvent don- 
ner ces produits en combinaison avec les sels 
métalliques, cuivre, fer, chrome et alumine. 
C'est une industrie qui tend à disparaître, mais 
qui lutte malgré tout contre les colorants de la 
houille ou produits d'aniline, que la maison 
Watriganl présente ici, malheureusement en une 
vitrine un peu trop étroite pour la quantité et la 
diversité des colorants el des applications. 

Eycken el Leroy • Wasquelrah ont une vitrine 
qui mérite de retenir un moment l'atlention des 
blanchisseurs et teinturiers. Des flacons élégants 
renferment les principaux produits fabriqués en 
cette usine de produits chimiques. Citons, sans 
vouloir tout énumérer: les acides sulfurique, 
cidorhydrique, nitrique et acétique, les sels de 
.soude, sulfate, sulfures, hyposulfites employés 
industriellenieat. les sulfates et acétates d'alu- 
mine, l'acide oxalique el ses dérivés, les benzines 
pour dégraissage, peintures et l'industrie du 
caoutchouc, la nilrobenzine employée en parfu- 
merie, l'aniline utilisée en teinture ainsi qu'une 
liqueur spéciale pour épaillage, et leurs eaux 
oxygénées industrielles et médicales. Comme 
cette série de flacons aurait seule peu d'attrait 
pour les visiteurs même intéressés, et serait plu- 
tôt d'aspect rébarbatif, la vitrine est très heureu- 
sement complétée par des échantillons montrant 
l'application de leurs produits et particulièrement 
de l'eau oxygénée au blanchiment des os, nacre, 
ivoire, corne, brosserie, tissus laine, laine et soie 
et tresses de paille. Pour marf|uer la différence, 
l'intensité du blanchiment, à côté des articles 
blanchis, on a placé pour contraster les mômes 
articles avant traitement. Les teintes pures et 



vives obtenues sur tissus prouvent le degré de 
blanchiment obtenu avant la teinture. 

L'ensemble de la vitrine est à ce point de vue 
une très intéressante leçon de choses. A signaler 
également leur oxydrogénérateur pour la soudure 
autogène et le découpage desmétau.x. 

L. Descamps [Lille . L'inventeur des hydro- 
sulfites stables, connu des lecteurs de cette Revue, 
expose ses Redos (procédés Louis Descamps el 
Joseph Harding brevetés) employés en teinture- 
rie et en sucrerie. La réduction de l'indigo, la 
teinture des couleurs à la cuve s'obtiennent aisé- 
ment el économif[uement avec le Redo qui est un 
hydrosulfitc calcique nullement caustique et tout 
à fait inolTensif pour l'cpiderme comme pour les 
textiles. M. Descamps présente aussi des gélali 
nés arlificielles A, B, C, GF, qui conviennent pour 
l'apprêt, l'encollage des cotons, lins, laines, don- 
nent une certaine main, une hygrométrie avanta- 
geuse et nullement dangereuse, s'associent bien 
aux fécules et autres produits sauf aux sulfori- ' 
cinates et composés similaires. Bien entendu, 
on diminue le prix de revient des apprêts, si on 
sait utiliser, comme l'indique l'inventeur, ces gé- 
latines en combinaison avec des quantités réd\iiles 
d'épaississants. Les blocs gélatineux qui se trou- 
vent en vitrine ont un bel aspect marchand, sans 
traces de fleurage cristallin à la surface et sans 
apparence de moisissure. 

Société des Colles du \ord ( Wattrelos). Les 
colles fortes et collettes employées journellement 
pour l'encollage el les apprêts, tant pour cotons 
que pourlainesdans le rayon Lille-Roubaix-Tour- 
coing, sont fabriquées sui)érieurement par cette 
usine. Les colles d'os et la gélatine de peaux, 
qui conviennent pour des usages dillérents, se 
préparent à l'état de gelées ou de plaquettes sui- 
vant les dislances, exigences de clientèle, etc. Les 
gelées sont plus économiques, mais ne convien- 
nent pas lorscpi'on veut les expédier au loin; de 
plus elles fermentent el se putréfient plus vile. Les 
plaquettes demandent plus de travail pour la 
préparation des bains d'apprêts, mais sont de 
conservation indéfini(>. L'usine de Waltrelos 
extrait la matière grasse des os par les dissolvants 
volatils el par son outillage perfectionné peut 
fournir des colles parfaites, capables de donner 
satisfaction aux plus difficiles. 

L'exposition de cette Société nous montre 
toutes les colles, gélatines et engrais de sa fabri- 
cation, c'est-à-dire les colles spéciales pour l'en- 
collage des fds, l'apprêt des tissus el lapis, les 
gélatines pour papiers couchés, cartonnages, 
sculptures, baguettes, el même gréuétines. géla- 
tines blanches pour l'alimenlalion. Leurs mar- 
ques déposées « le Buffle » et « l'Étoile » sont, 
comme il convient, en vedette, el nous remar- 
quons également la colle en poudre, et les colles 



EXPOSITION INTKRNATIONALF. DE ROfBAIX i. 



>7 



fortes lie nerfs pour la mi-iiiiiseric i-l l'cbéiiislo- 
rie. 

Sleuerli/ncl{ Lille), Guslaue MauOec {Elbeiif), 
sont deux excellents fabricants de savons indus- 
triels, li'ès réputés snrlonl pour les savons desti- 
nés aux lavages et aux apprêts des laines. A base 
d"oléiiie, de beurre de coco, de suif, de beurre de 
])aline, suivant les désirs des blanchisseurs, tein- 
turiers, appréteurs, ils ont nne neutralité ([ui n'al- 
laque pas la laine. C'est la connaissance parfaite 
de leur métier qui permet à ces deux fabricants 
de livrer des savons ne laissant pas de matière 
grasse libre, ni d'alcali libre dans les fibres et 
lissus. L'huile ou la graisse libre laisse toujours 
aux étoffes une odeur, qui s'accentue au magasi- 
nage par le rancissement. Le choix d'un savon 
ne devrait pas se faire à la légère dans certaines 
industries. Ayant été ;i même dejiigei la fabrica- 
tion de ces deux savonniers, je puis affirmer que 
ce n'est pas dans leurs produits, destinés aux 
textiles, qu'on rencontrera : silicate de soude, 
charges métalliques et autres produits d'ajouté 
que la majorité des savonniers ne considèrent pas 
comme falsifications et qui sont puurl.inl très 
pri'judiciables aux fibres textiles. 

Cette honnêteté commerciale est le fait même 
de la spécialisation et de la connaissance parfaite 
des exigences de l'industrie textile en matière de 
savons. 

La vitrine de la maison Maubec contient savons 
durs et mous pour le dégraissage des laines, les 
tissus peignés et cardés, le foulage des draps, les 
llanellcs et bonneterie, le blanchiment, la teinture 
et les appi-êts du colon, du lin, de la ramie, de la 
soie, etc. 

Celle de Steverlynck renferme, outre les sa- 
vons, les huiles solubles dont l'emploi tend à se 
répanilre dans l'industrie textile. 

Itithter [Lille). L'outremer, les ocres et toutes 
les la(|ues colorées sont fabriqués en leurs usines 
<le Lille et de Loos. Les produits exposés et 
échanlillons des azurages obtenus marquent la 
perfection acquise par cette industrie, relative- 
ment nouvelle dans la région. Les outremers 
extra-fins pour l'azurage, les ocres pour le nuan- 
i-age ou crémage des rideaux, le bleu de cobalt 
résistant aux acides et sels acides, sont pai'ticu- 
iièrenient en celte vitrine les articles inléi-essani 
uoire industrie. 

Kulhmann Lille-La Madeleine). La plus impor- 
tante rabri([uc de produils chimiques du Nord ne 
I>ouvait se dispenser de participer à cette expo- 
sition; ses acides industriels et les superphos- 
phates de sa fahricatioii sont présentés d'une 
façon agréable. 

Nous remarquons dans la même vitrine : le 
nitrate de chaux de la Société Norvégienne de 
l'Azote, à Noltoden, et les produits chimiques 



divers de la maison Lamberl, Rivière et Com- 
pagnie, agents généraux des établissements Kulh- 
mann. 

MarcItL'L'illc. l>i((/uin el Conipar/nie {Pai-i.f) expo- 
sent le sel gemme, les sels raffinés, le carbonate 
de .soude, cristaux de soude et chlorhydrale 
d'ammoniaque de leur fabrication. Celte Sociélé 
possède ] usines : Salines de Saint-Nicolas et 
soutlière de la Madeleine (Mcurlhe-et-iMoselle) 
Laverie de Batz (Loire-Inférieure), Saline de la 
\';dduc (Bouches-du-Hhônc) Saline, de Mongueire 
(liasses Pyrénées t. 

La Sociélé anonyme Raffinerie du Nord {Petile- 
Sipitlie, Nord) montre savons, soufre en poudre, 
soufre en canons et glycérines de sa fabrication, 
peu connue, même dans la région. 

La Sociélé anonyme française des Ocres du 
Boulonnais se spécialise rien (|u'à ses ocres, qui 
intéressent les papeteries et quehpies appréteurs 
de rideaux et articles crémés. 

La Sociélé Induslrielle des Produils chimiriues 
(Paris et Lamolhe-Llreail) a eu grandement raison 
de faire connaître ses fabrications dans la région 
du Nord. Nous remarquons en leur viti-ine leur 
cidorure de chaux, les chlorates de soude et île 
potasse, les soudes et potasses caustiques, ainsi 
ipu^ le tétrachlorure de carbone, qui intéresse le 
dégraissage par son ininflammabilité. Cette So- 
ciété utilise totalement l'électrolyse. 

La Sociélé des Produils alumineux à Bruxelles, 
Usine française à Meunessis (Aisne), expose 
comme produits l'alumine calcinée, l'hydrate 
d'alumine, le sulfate d'alumine, l'aluminate de 
soude, bref lous les composés d'alumine et aussi 
des acides industriels. 

Signalons aussi comme intéressants: les fontes 
émaillées de Danlo Lioqeat el Cie {Lyon), résistant 
aux acides chauds, ne se fendillant pas aux hautes 
températures et à conseiller à toutes usines em- 
ployant les acitles. 

Pour laboratoires, la \ilrine de Poulenc frè/x-s 
i Paris) peut renseigner les intéressés sur tout ce 
qui a rapport aux analyses industrielles et livr(; 
des boîtes spéciales pour acidimétrie, alcalimé- 
trie, chloromélrie, essais de savons, essais d'hui- 
les, etc. ainsi ipie litpieurs titrées et produits clii- 
luicpies purs pour préparations de solutions nor- 
males nécessaires aux analyses. L'ensemble de 
Ictu- exposition constitue un petit musée où cha- 
cun peut trou ver au moins une partie qui l'intéresse. 

Kallembach, i2.'i, rue Longchamp. Paris-.W'I, 
expose creusets, capsules, coupelles, tubes, etc. en 
quartz fondu, suppoi-tant sans dangcrloutes tem- 
pératures et tous les acides ou alcalis, ainsi que 
les brusques variations de température. Il e.>:l 
regrettable que ce quartz soit encore .si cher et 
par cela môme peu abordable pour les laboratoires 
modestes. 

2 



FABRICATION DU BLEU D'OUTREMER 



Pour lermiacr, comme je n'ai pas qualité pour 
louer, juger, ou critiquer cerlaines parties de 
l'exposition, qu'il me soit simplement permis de 
constater la valeur des stands, pavillons: i" de 
y Ecole yationale des A ris indiislriels de Jioii- 
baix, où l'art se marie toujours et grandement à 
la partie industrielle; 2» de YEcole de filature et 
lissage d'Epinal; 3" de V Institut Technique rou- 
baisien, ces deux derniers plus spécialisés à 
l'industrie textile, et laissant de côté la partie 
artistique. 

Je m'excuse d'avoir retenu trop longtemps le 



lecteur. .J'ai cherché à être complet et impartial: 
malheureusement, dans un ensemble si vaste et 
si divisé qu'une exposition, il y a forcément des 
choses qui échappent et paraissent oubliées. Je 
prie le lecteur de m'excuser. 

Constatons toutefois l'importance et la valeur 
réelle de l'Exposition de Roubaixau point de vue 
des industries qui nous occupent. Cette exposi- 
tion affirme à nouveau et consacre la puissance 
de travail, l'énergie de l'etrort de la région indus- 
trielle du Nord en particulier et de la France 
textile en général. emile duhem. 



FABRICATION DU BLEU D'OUTREMER 
Par M. J LUCIANI 



Jusqu'à ce jour, dans la fabrication du bleu 
d'outremer ou de tous autres produits analogues 



devant subir une oxvdation par l'air au cours de 
leur préparation, on a placé les matières premières 




FIG.2. 




riG.5_ 




Four et appareil pour la fabrication du bleu d'outremer. 
Fi{;. I, Elévation, coupe: tig. 2, Vue perspective dune brique: fig. i. Appareil pour mettre la pâte. 



dans des cornues, des cazettes, des pots ou des 
creusets en terre réfractaire. Ce mode de travail 
présente un grave défaut : même en opérant sur 



des masses très faibles par exemple, dans le pro- 
cédé Guimet, sur 4 et 5 kilogrammes dans chaque 
pot) la masse subit dune façon très lente et très 



FABRICATION SYNTHÉTIQUP: DES OUTREMERS 



incomplète l'action île l'oxvi^ène. On a donc une 
fabrication irréij;ulière et des bleus imparfaits ou 
incolores. En outre, la terre rétractaire dont sont 
faits les pots ou cornues devient rapidement fraj^ile, 
sous l'elfet de l'oxydation, et les récipients se 
cassent fréquemment. On a bien essayé de répar- 
tir les matières dans des sacs en papier ou en 
ctclle, mais l'expérience a démontré que dans ce 
cas la transformation des matières se fait aussi de 
manière inégale : l'oxydation est trop énergique à 
la périphérie et elle n'est pas suffisante au centre 
de la masse. 

Pour éviter ces inconvénients, l'auteur répartit 
les matières premières dans des appareils en 
terre rétractaire comportant une base, carrée ou 
ronde A traversée en son centre par un tube 
ou cheminée en terre réfractaire B. Au lieu d'un 
seul tube B, il peut en exister plusieurs disposés 
concentriquement. Autour de la base A est enrou- 
lée une feuille C de papier ou d'autre matière 
analogue: la matière première à traiter est placée 
dans l'intérieur D du tube B, ainsi qu'à l'extérieur 
de ce tube, entre sa paroi et la feuille C espace D 
de la figure 3). Le trou E est terme, soit par un 
bouchon de papier, soit par une simple feuille de 
papier F figure 3i collée sur le fond. Grâce à l'in- 
terposition de ce tube ou de ces tubes elle se trouve 
soumise à la chaleur d'une manière tout à tait 
régulière et elle est transformée dans toute sa 
masse avec une très grande homogénéité, résul- 
tat qui ne pouvait pas être atteint par les procédés 
essavés jusqu'à ce jour. 

Le four est construit au moyen de briques spé- 
ciales que représente la figure 2. Ces briques com- 
portent des tenons i et des mortaises 2 destinés à 



permettre de les emboîter les unes avec les autres. 
En effet, on a reconnu que les joints ordinaires 
en usage avec les briques à surface lisse ne tien- 
nent pas bien dans les fours soumis à des varia- 
tions importantes de température, ainsi que cela 
a lieu dans les fours pour la fabrication du bleu 
d'outremer: grâce à l'emboîtement réalisé au 
moyen des tenons et des mortaises, les dilatations 
et les contractions successives qui se produisent 
au cours de la fabrication n'exercent aucun effet 
nuisible sur la solidité de la maçonnerie. On peut 
ainsi faire subir au four un refroidissement rapide 
dans les conditions indiquées au cours de ce mé- 
moire, refroidissement qui permet d'accélérer la 
fabrication sans qu'on risque la destruction du 
four. 

Dans ces briques sont ménagés : 
1° Un conduit cylindrique 3 traversant la brique 
d'avant en arrière: 

2" Des conduits de section moindre 4 commu- 
niquant avec ledit conduit 3 et débouchant sur 
l'une des faces de la brique (voir figure 2 ; 

3° Un conduit vertical 5 ménagé dans la brique 
et la traversant de haut en bas. 

Les conduits 3,4 et 5 communiquent entre eu.x. 
Dans le conduit 5 est disposée une cloison mé- 
diane. 

Au moyen de ces briques on construit des fours 
comportant un nombre variable d'éléments de 
deux chambres ou cornues chacun. La figure 1 
montre à titre d'exemple un four comprenant six 
éléments. Un four ainsi constitué permet de tra- 
vailler commodément, trois éléments étant en 
période de chargement pendant que les trois autres 
sont en période de déchargement. 



FABR1C.\T10N SYNTHÉTIQUE DES OUTRE.MERS 
Far MM. LOUIS ROYER et D. LANCE. 



Si on mélange de l'alumine fraîchement préci- 
pité, à une solution de bisulfure de sodium (Na-'S-), 
il se produit même à froid une fixation du bisul- 
fure de sodium sur l'alumine (.Al- O'iqui se colore 
en vert foncé. II y a en quelque sorte laquage du 
bisulfure sur l'alumine avec formation d'un corps 
de composition .Al-O', S-.Na-, corps qui s'oxyde 
très rapidement à l'état humide au contact de l'air. 
Le terme ultime de l'oxydation régénère le sulfate 
de soude avec élimination d'hvdr.^gène sulfuré. 

La masse verte devient complètement blanche 
en passant toutefois par une suite de colorations 
fugaces où l'on distingue le vert bleuâtre, le bleu 
verdàtre, le bleu violacé, le violet, le lilas, le rose, 
et enfin le blanc. 

Si le produit est séché rapidement à l'abri de 
l'air, il constitue une masse verte sur laquelle l'air 
n'a pas d'influence, à moins que l'on n'élève la 
température aux environs de 800". 

Dans ces conditions, les mêmes phénomènes 
d'oxydation se produisent avec une grande rapi- 
dité, mais l'eau étant absente, le soufre éliminé 
précédemment sous forme d'hydrogène sulfuré l'est 



maintenant sous forme d'acide sulfureux, si l'oxy- 
dation est poussée jusqu'à obtention de sulfate. 

Si on effectue l'analyse quantitative des produits 
de nuance bleuâtre, on trouve qu'ils correspon- 
dent à la formule Al'O'Na'S-O', 

(NaS-). 

Le principe déterminant la coloration bleue des 
outremers apparaît dans ces conditions comme un 
sesquioxvde de bisulfure double d'alumine et de 
sodium, le pouvoir colorant bleu appartenant à la 
molécule simple S-'O', c'est-à-dire au sesquioxyde 
de soufre, corps éminemment instable s'il est seul, 
mais qui Wxc d'une façon indubitable les molécules 
Al- etNa". 

Toutefois, celte fixation est d'autant plus stable 
que le composé Al-'O'Na-S-'O' s'allie lui-même à 
de la silice. 

La formulegénérale : SiH-'O'Al-O'.Xa'S-O' donne 
en quelque sorte la composition de l'outremer syn- 
thétique type. 



FABRICATION SYNTHÉTIQUE DES OITRE.MERS 



De ce qui précède, on voit que l'opération 
usuelle du grillage en présence du soufre se trouve 
supprimée. 

On notera que la formule mentionnée plus 
haut peut être modifiée par addition d'alumine, 
comme de silice libre, le sel produit, c'est-à-dire 
l'outremer, se rattachant par suite àl'acide silicique 
normal SiO'H' à l'acide métasilicique SiO'H-) 
ou à des acides condensés acide disilicique Si-0' 
H'', trisilicique SiO^^'H*. etc.). La teinte comme la 
résistance au.x acides de ces différents outremers 
se modifie selon que prédomine l'alumine ou la 
silice. On est donc en présence d'une méthode 
générale de fabrication synthétique des outremers 
de toutes teintes. 

Le procédé, d'après l'invention, consiste donc, 
après avoir calciné le kaolin de façon à lui faire 
perdre son eau de constitution, ainsi qu'il est 
connu, à décombiner ce silicate d'alumine : kaolin 
par l'action, à une température modérée, d'un 
acide tel que l'acide sulfurique. en sulfate d'alu- 
mine et en silice, à précipiter au moyen de carbo- 
nate de soude le sulfate d'alumine ainsi obtenu en 
alumine gélatineuse et en sulfate de soude, et tina- 
iement à transformer par des procédés connus le 
sulfate de soude en bisulfure de sodium capable 
de se fixer sur l'alumine gélatineuse décombinée 
pour donner de l'outremer vert. 

Ce procédé s'applique industriellement de la 
manière suivante : 

On calcine sur la sole d'un four à réverbère ou 
de tout four approprié le kaolin de façon à lui faire 
perdre son eau de constitution. Il y a avantage à 
opérer sur du kaolin finement divisé et maintenu 
dans cet état pendant l'opération par un malaxage. 
Le chauffage nécessaire pour éliminer complète- 
ment celte eau de constitution doit être poussé aux 
environs de 700". 

Le malaxage a pour but de ne pas permettre 
l'agglomération de la masse. Après cette calcina- 
tion, un broyage peut être effectué à sec dans des 
appareils de préférence clos. A la fin de ce brovage, 
on introduit dans la masse pulvérulente une quan- 
tité d'acide sulfurique nécessaire pour fixer sous 
forme de sulfate dalumme le poids de cette der- 
nière que l'on veut libérer. La décomposition du 
silicate d'alumine est favorisée d'une part par la 
porosité de la masse due à l'eau de constitution 
qui a été chassée, et d'autre part à une légère élé- 
vation de température qui n'a pas besoin d'ailleurs 
de dépasser So~ 1 quatre-vingts degrés). 

Si Ion veut faire prédominer dans le mélange la 
silice, on ajoute à la masse calcinée avant la pul- 
vérisation du silicate de soude, mais dans ce cas 
on doit proportionner la quantité d'acide sulfu- 
rique non seulement à l'alumine que l'on veut 
libérer, mais encore à la silice que l'on veut ap- 
porter par la décomposition du silicate de soude. 
Ces opérations étant terminées, on délaie la masse 
dans de l'eau et on neutralise l'acide sulfurique au 
moven de soude ou de carbonate de soude. Le 
carbonate de soude réagit sur le sulfate d'alumine 
pour libérer l'alumine àl étatgélatineu.xet donner 



du sulfate de soude comme précédemment l'acide 
sulfurique avait réagi sur le silicate de soude pour 
donner de la silice gélatineuse et du sulfate de 
soude. 

On se trouve donc en présence d'une masse con- 
tenant à côté du kaolin non décomposé, de l'alu- 
mine et de la silice précipitée, le tout en suspen- 
sion dans une lessive de sulfate de soude. Toute- 
fois, si la quantité d'acide sulfurique employé a 
été très considérable, il peut ne pas rester de sili- 
cate d'alumine. Un passage en filtre-presse suivi 
d'un lavage donne d'une part un tourteau de kaolin 
silico-alumineux, et d'autre part une solution de 
sulfate de soude. Cette solution est concentrée jus- 
qu'à cristallisation, puis calcinée grâce aux cha- 
leurs perdues des fours, nécessaires tant à la calci- 
nation du kaolin qu'aux opérations ultérieures. 

Le sulfate de soude calciné, mélangé de charbon 
finement pulvérisé, est traité sur la sole d'un four 
à réverbère ou de tout autre approprié de façon à 
obtenir du sulfure de sodium monosulfure). Ce 
monosulfure anhvdre est transformé par lixivia- 
tion en monosulfure hvdraté dans lequel on dis- 
sout à chaud 1 1 20° > la quantité de soufre nécessaire 
pour transformer le monosulfure en bisulfure. 

Toutefois, comme la solution aqueuse de bisul- 
fure se décompose assez facilement au contact de 
l'air, il est bon d'ajouter un léger e.xcès de soufre 
sans toutefois que cet excès dépasse 1 à 2 p. 100 
de la quantité réclamée pour la réaction. La solu- 
tion de bisulfure ainsi préparée est mélangée en 
proportion définie avec le kaolin précédemment 
préparé, c'est-à-dire que la quantité de bisulfure 
mis en présence du kaolin est d'autant plus grande 
que l'on a libéré une plus grande quantité d'alu- 
mine et de silice. 

La silice intervient comme agent de fixation 
mécanique du bisulfure et plus tard pendant la 
cuisson comme modificateur de teinte. La masse 
de kaolin avant été saturée de bisulfure et séchée 
rapidement dans des appareils clos à l'abri de l'air, 
puis elle est finement pulvérisée. Cette pulvérisa- 
tion est d'ailleurs très facile puisque la réaction de 
sulfuration s'est accomplie soit à la température 
ambiante ; soit à une température qui n'a pas 
atteint 100". La masse verte pulvérulente ainsi 
obtenue est chargée sur les tablettes d'un four à 
moufle chauffé aux environs de 800° et on rin- 
garde la masse fréquemment jusqu'à ce qu'elle ait 
pris d'une façon uniforme cette température, .\lors 
s'opèrent les réactions d'oxydation dont on a parlé 
au début et la masse se colore uniformément en 
bleu verdàtre qui passe franchement au bleu si les 
grains de la composition enfournée sont assez fins 
pour que l'action de l'air puisse pénétrer jusqu'à 
leur centre. 

Si la pulvérisation est insuffisante, il y a lieu 
d'étonner la masse bleu verdàtre par une précipi- 
tation dans de l'eau froide et de la broyer quelques 
heures. Dans ces conditions, non seulement on 
change les surfaces de contact avec l'air, mais 
encore on diminue le diamètre des grains qui de- 
viennent par suite plus pinétrables à l'oxygène de 



NOUVELLES COULEURS 



l'air. Si la masse verte contient jn excès de bisul- 
fure, une partie du soufre s'élimine sous forme 
d'acide sulfureux et après la première cuisson, 
lorsqu'on précipite la masse dans l'eau le bisulfure 
non oxydé se dissout. Les eaux provenant de cette 



opération peuvent ainsi servir au lavage du sul- 
ture anhydre. Dans tous les cas on surveille la 
cuisson en prenant de petits échantillons de façon 
à limiter l'oxydation à la formation du bleu que 
l'on désire obtenir. 



NOUVELLES COULEURS 



BeNZO-VIOLET BBlLL.\N'r 2 BH 

[Farbenf. v. F. Bayer). 
[Fch. n" 5.1 

La solidité à la chaleur et au repassage de cette 
nouvelle marque est supérieure à celle des ancien- 
nes. La nuance est plus bleue que celle de l'an- 
cienne marque B (voir Rev. gén. Mat. col., t. 11, 
p. 35 1 i; les propriétés, exception faite des qualités 
ci-dessus, sont les mêmes. 

La résistance au lavage, en teinte claire, est sa- 
tisfaisante. Sur soie, la teinture ne tient pas à 
l'eau. Les métaux n'ont pas d'action nuisible. Sur 
mi-laine on a des doubles teintes. Procédé de tein- 
ture habituel. 

Benzo-violet BKiLL.xNT 4 BL et 5 RH 
(Farbenf. v. F. Bayer:. 

(Ec/i. «"* I el 4.) 

La nuance de la marque 4 BL est violet bleuâ- 
tre pur, celle du 5 BH est d'un violet plus rouge 
que l'ancienne marque 2 RL. Les deux colorants 
sont bien solides à la lumière, ils résistent bien 
aussi aux alcalis, à l'acétique et au frottement. La 
résistance au lavage est satisfaisante dans les tons 
clairs. Le violet 5 BH résiste mieux au repassage 
que la marque 2RL (voir Rev. gén. Mat. color., 
t. 13, p. 45) : le violet 4 BL est modifié passagère- 
ment. 

La rongealitc C fournit des enlevages blancs 
purs. On teint en présence de carbonate et de sul- 
fate de sodium. 

Benzo-violet O {Farbenf. v. F. Bayer u C"). 
{Ecfi. n- 3.) 

En teinture directe, ce colorant fournit un vio- 
let vif, qui. diazoté et copule, se transforme en 
bleu marine solide à l'eau et au lavage. Comme 
colorant direct, le ben^o-violel O est recommandé 
pour la teinture des pièces ; les teintures diazotées 
conviennent au coton en bourre et en écheveaux. 

La mi-laine se teint en un seul bain; sur mi- 
soie, la soie reste à peu près blanche, dans les 
tons clairs. 

La rongealite C ronge en blanc le bcn^o-piolet O. 
La solidité à la lumière des nuances directes est 
modérée. Procédé de teinture habituel. 

Benzo-vert FFG (Farbenf. F. Bayer t,- C . 
{Ec/i. >i" 5.) 

Ce colorant direct a les mêmes propriétés que le 
ben^o-vert FF (voir Rev. gén. des Mat. color., 



t. 14, p. 261', mais sa nuance est plus pure et plus 
jaunâtre. .Même procédé de teinture, 

Brln jaune katiguène RL Farbenf. 
V. F. Bayer). 
{Ech. H"-.) 

Les propriétés de ce colorant au soufre sont les 
mêmes que celles du bronze kaliguène GL ivoir 
Rev. gén. Mat. color., t. 15, p. 289), mais la 
nuance est plus rouge. Il convient pour la teinture 
grand teint du coton, du lin et du mi-lin. Même 
procédé de teinture avec carbonate, sulfate et sul- 
fure de sodium. 

DiAZO-OBANGÉ BRILLANT GR EXTRA (Farbenf. 
V. F. Bayer I. 

{Ech. n" S.) 

C'est un colorant diazotable, dont les propriétés 
sont, en général, les mêmes que celles de l'ancienne 
marque G ivoir Rev. gén. Mat. color., t. 13, 
p. 23 1 '. La teinture se fait comme pour le dia^o 
écarlate brillant, en traitant par le développa- 
teur R. La résistance aux alcalis est très bonne ; 
celle au lavage et aux acides est bonne. Quant à 
la solidité à la lumière et à la surteinte, elle est 
modérée. Les métaux sont sans action. La rongea- 
lite C ronge la nuance en blanc, il en est demême 
du sel d'étain. 

Alizarine LiRANOL R [Farbenf. v. F. Bayera) C"). 
(Ech. n" 2.1 

Ce nouveau colorant d'alizarine donne, sur 
laine, un bleu vif d'une pureté encore plusgrande 
que celle des alizarine saphirol B 1 voir Rev. gén. 
Mat. color., t. 3, pp. 78 et 179) et alizarine bleu 
ciel B [voir Rev. gén. Mat. color., t. 5, p. 104). 
La teinture s'effectue en présence de 10 à i5 p. 100 
sulfate de soude et i à 3 p. 100 sulfurique, on 
entre à 60-70" C. Le chromatage ternit la nuance, 
il n'est pas à employer. 

La solidité aux alcalis, à la lumière, au sou- 
frage, au décatissage est bonne, la résistance au 
lavage est modérée. Le colorant est recommandé, 
pour les articles laine, pièces, fils ou peignés exi- 
geant une grande pureté de ton jointe à une bonne 
solidité à la lumière. 

Be.nzo-bronze GC (Farbenf. v. F. Bayer 9 C°). 
[Ech. n" 16.) 

Le ben:;o bronze GC est un colorant direct parti- 
culièrement recommandé pour la teinture du 



NOUVELLES COULEURS 



coton en bourre et en filés et le nuançage des 
tons mode. Il supporte un traitement au fluorure 
de chrome, ce qui le rend solide au lavage. On 
teint comme d'habitude en présence de 20 à 40 
p. 100 sulfate de sodium. 

Avec la mi-laine, on a des doubles teintes, la 
laine restant plus claire et plus rouge que le coton; 
avec la mi-soie, la soie reste plus claire et plus 
jaune Le cuivre rend les teintes plus brunes. La 
rongealite C ronge les nuances en blanc pur. 

Benzo-brun 2 GC [Farbcnf. v. F. Baye)- ù' C"). 

Le ton de ce colorant substantif est plus rou- 
geàtre que celui de l'ancienne marque D3G voir 
Rev.géii. Mat. color.. t. 5. p. 227). Pardéveloppe- 
ment à la jo-nitraniline on a un brun rouge vif so- 
lideau lavage. Les nuancesdirectes résistent au.x al- 
calis, l'acétique les rend ternes. La résistance à la 
lumière est modérée. On teint en présence de sul- 
fate de soude (20 à 40 p. 100;. 

Di.ivzo-BBUN .\R et 3 G (Farbenf. 

V. F. Bayer ô; C"). 

(Ech. n" 9.') 

Le dia;o-b?-un NR se teint en présence de 10 à 
40 p. 100 de sulfate et 1 à 2 p. 100 carbonate de 
sodium seci. Par développement avec le dévelop- 
pateur H. on obtient des bruns solides au lavage, 
aussi le colorant est recommandé pour la tein- 
ture des articles lavables:bonneterie. tissés de cou- 
leurs, etc. Les métaux sont sans action. Des blancs 
purs sont obtenus avec la rongealite C. 

Le dia^obrun 3G présente une très bonne soli- 
dité au lavage. au.\ alcalis et à l'acétique ainsi qu'au 
frottement. La résistance à la lumière est modé- 
rée. Avec le développateur H, on a un brun jaune 
nourri, avec le développateur Z un jaune rou- 
geàtre. 

La rongealite. la poudre de zinc et le chlorate 
donnent des enlevages blancs sur tissus de coton. 
• Combinés ensemble, on a d'autres produits 
diazo, les deux colorants permettent d'obtenir 
une série de tons brun cuir. 

Gris d'anthracyanine GL Farbenf'. v. 
F. Bayer ç/ C"). 

[Ech.jf 18.) 

Ce gris présente de l'intérêt pour les articles de- 
mandant à être solides à la lumière et ne devant 
pas être lavés : ameublement, draps pour da- 
mes, etc. Les effets de coton sont réservés. On 
teint la laine en présence de 10 à i5 p. 100 sul- 
fate de soude et 3 à 5 p. 100 sulfurique. Le cuivre 
ternit la nuance, le fer la verdit. 

OlIVK ALGOL R EN PATE. — OraNGE ALGOL BRILLANT 

FR E.N PATE [Farbenf. v. F. Bayer ly C"). 
{Ec/i. n" 10.) 

La très bonne solidité de ce colorant au lavage 
et au foulon, à la sueur, au frottement et à la lu- 



mière le rend intéressant pour la teinture grand 
teint du coton, du lin et du mi-lin. 

La teinture se fait à froid ou à 60" C. à volonté. 
Seul il fournit desteinles allant du réséda à l'olive; 
son bon unisson permet de le combiner aux au- 
tres colorants algol se teignant à froid ou à chaud. 

Ses propriétés sont en général, celles des gris 
algol B et 2B yow Rev. gen. Mat. color.. t. 14, 
p. 3i5). La rongealite donne des blancs sur les 
teintures faites au foulard ou au jiggen. 

Pour teindre, on mêle le colorant empâté avec de 
l'eau tiède, à 25-3o" C., à la quantité nécessaire de 
soude caustique etd'hvdrosulfitcAprèsun repos de 
un quart à une demi-heure, la solution est devenue 
claire. Les quantités de soude caustique et d'hy- 
drosulfite dépendent de l'intensité de la nuance 
et du volume du bain. 

Par litre de bain, on prendra : 



Olive algol R en pâte . 


5 P- '03 


10 p. 


100 


20 p. 100 


Soude caust.à 3o' B. . 


3 ce. 5 


5 ce. 




7 ce. 


Hvdrosulfile conc. B. 










A. S. F. poudre . . 


2 gr. 


3sr. 




4gr. 


Sulfate de soude crist. 


»o - 


60 — 




100 — 



Avant de verser la solulion-mère, dans le bain 
de teinture, on l'additionne, par 10 litres de li- 
quide, de : 

I ce. 6 — 5 ce. 6 soude caustique à So" B. 
I gr. 2 hvdrosulfite conc. B. A. S. F. poudre. 

Après avoir ajouté la solution-mère, on remue, 
laisse quelques minutes au repos et entre la mar- 
chandise. 

On teint sous le bain ou en dehors pendant 
trois quarts à une heure, à froid ou à 60° C. On 
exprime bien, après teinture, tord à la cheville, 
étend un quart d'heure environ, rince et acidulé 
avec 1 à 2 centimètres cubes sulfurique à 66" B., 
par litre d'eau. Après avoir acidulé, on rince à 
nouveau et savonne au bouillon. 

On abrège ce procédé, en entrant immédiate- 
ment la marchandise essorée, après teinture, dans 
un bain étendu, à tiède, auquel on ajoute i,5 à 
2 p. 100 bichromate de potasse et 3 à4 p. 100 acé- 
tique calculés sur le poids de la marchandise : on 
traite un quart d'heure environ. L'oxydation du 
colorant se fait rapidement et de manière très 
égale. Ce traitement ultérieur est particulièrement 
à" recommander pour les teintes produites par 
combinaison. 

Après chromatage, on rince à fond et savonne, 
le cas échéant, au bouillon. 

L'orange algol brillant FR en pâte présente une 
nuance plus pure et plus vive que celle de l'an- 
cienne marque R. La teinture à chaud fournit des 
tons plus ternes que la teinture à froid. Les autres 
qualités sont les mêmes. La rongealite C donne 
des blancs purs, surteintes foulardées. 

Noir au chko.vi; a l'acide N \ Farbenf. _ 
V. P. Bayer ^i C"). 

Ce noir est recommandé pour la teinture de la 
laine en peigné, en bourre ou en filés destinée au 



REVUE GÉNÉRALE DES MATIÈRES COLORANTES 
DE LA TEINTURE, DE L'IMPRESSION ET DES APPRÊTS 



Tome XVI. — N" 181. 



CARTE D'ÉCHANTILLONS N" 1 



i"' Janvier I91'2 




N" ly — Bordeaux solide au ctirome N-iii.— Erwecoalizarine rougeàlaci- .N* -I — Violet solide au chrome R 

A 3 Oi I .A. . de S ( H e<;.]. sur aiordant J alumine <■< H l-l-]- 




N» ii. — Noir universel B 

(7 0'0)[By.]. 



.N i:i. — Erweco aazarine rouge à 

l'acide S ; WeJ.). sui luonlant île cliroiiie. 



.N- ii. — Noir au soufre A'WL 

l^ U) [A.]. 



Sui plément. 



NOUVELLES COULEURS 



23 



foulon, ou à la teinture des étoiles pour hommes. 

On teint, à l'ébuUition, avec lo p. loo sulfate 
de sodium et 2 à 3 p. 100 sulfurique, après trois 
quarts d'heure, on ajoute encore 2a 3 p. 100 sul- 
furique et continue rébuliition pendant trois 
quarts d'heure. On ajoute alors i à 2 p. 100 de 
bichromate de potassium et fait bouillir une demi- 
heure. 

La solidité est très bonne aux divers agents chi- 
miques et phvsiques ; toutefois un fort décatissage 
fait verdir la nuance. Le coton blanc est très peu 
coloré. 11 faut éviter les vases en cuivre et en fer. 

En impression Vigoureu.x, le Huorure de chrome 
donne un noir plus vert que l'acétate de chrome. 

Noir lnivehsel B \Farbenf. v. P\ Bayer ., C"). 
Ech. n" 22. 

La propriété saillante de ce noir est de teindre 
à la même intensité les tissus mi.xtes : laine, coton, 
soie et soie artificielle, il convient aussi à la re- 
teinte des etfcts usagés. On teint avec du sulfate de 
soude. 

Violet algol brilla.nt R en pâte et 2 B en pati; 

(Farbenf. v. F. Bayer s^i C"\. 

Ech. n" i.) 

Les nuances obtenues avec ce colorant vont du 
lilas tendre au violet vif, leur solidité au.x diffé- 
rents agents est celle des colorants de ce groupe, 
c'est-à-dire très bonne. La teinture s'ertectue 
comme celle des autres couleurs de cette série 
(voir olive algol). 

Le violet algol brillant R en pâte peut être com- 
biné au.x autres produits algol, se teignant à froid 
ou à chaud. 

Vert katiguène GK extra {Farbenf. 

V. F. Bayer h' C"). 

[Ech. n" 12.) 

L'avantage de ce nouveau colorant soufré est 
d'être très solide au lavage et beaucoup plus résis- 
tant au bouillon, que les autres verts katiguène. Le 
chromatage faisant virer la nuance, n'est pasà em- 
ployer. On teint comme d'habitude avec du sulfure 
de sodium (deux à deux fois et demie le poids du 
colorant), du carbonate de sodium calciné. On 
entre le coton dans ce bain bouillant et après une 
demi-heure, on ajoute 10 à (3o p. 100 de sulfate de 
sodium et teint ensuite comme d'habitude. 

Le violet algol brillant 2 B en pâte possède une 
nuance plus pure et plus bleue que celle du vio- 
let R. Lesalcalisetle bouillon bleuissentlégèrement 
la nuance ; le repassage la rougit un peu et le 
chlore l'éclaircit faiblement. 

Cvananthbol RT [Badische Anilin 
und Soda Fabrik . 

La nuance de ce bleu pour laine est plus rou- 
geâtre que celle de la marque BGA, plus verdàtre 
que celle du cyananthrol R ; et plus terne que 



celle de la marque RB. Il est bien soluble, unit 
bien, et ne colore pas le coton. Sa résistance à la 
lumière, au décatissage, carbonisage ; aux acides, 
aux alcalis, à la boue, au frottement et au repas- 
sage est bonne. Au lavage, à l'eau, à la sueur et au 
foulon, sa résistance est assez bonne. 

Le chromatage n'augmente pas la solidité des 
teintures, lesquelles deviennent plus ternes. 

Bleu Nepiune RB {Badische .\nilin und 
Soda Fabrik.) 

La caractéristique de ce bleu est sa très bonne 
solidité à l'eau. Sa nuance est intermédiaire entre 
celle du bleu Neptune B et celle du bleu Nep- 
tune R. La solidité des teintures à la lumière et 
aux divers agents chimiques et physiques est modé- 
rée ; le chromatage ne l'améliore pas. Le coton 
n'est pas teint. Imprimé sur laine, il se laisse ron- 
ger assez bien par la rongealite ; le blanc se colore 
en magasin. 

Bleu marine solide acide HBB [Badische Anilin 
und Soda Fabrik.). 

Ce bleu résiste bien à la lumière et à l'eau, il est 
supérieur sous ce rapport à l'ancienne marque 
BBT. Sa solidité au décatissage, au carbonisage, 
au repassage, au frottement, aux acides, aux al- 
calis est bonne. Pour la solidité au lavage, au fou- 
lon, à la sueur, et à la boue, elle est ordinaire. Le 
chromatage n'augmente pas la solidité. 

Le coton n'est pas teint, l'unisson est bon. 

Bleu au soufre V extra, BD extra et PR 
[.Act. Gesell.fûr Anilinfabrik.). 
[Ech. n"' i3, 14 et i5.) ' 
(Voir Rev. gén. Mat. color., lyi i, p. 35i.) 

Bordeaux soLiDEAU chrome A. — Violetsolide au 
CHROME B {Act. Gesell. fiir Anilinfabrik.). 

[Ech. «"' 19 et 21. ) 
(Voir Rev. gén. Mat. color., it)i 1, p. 35i ) 

|Er\veco-alizarine rouge a l'acide s 
{R. Wedekind çy C"). 

{Ech. n'" 20 et 23.) 

Cette couleur est un dérivé sulfurique de l'ali- 
zarine, spécialement destiné à la teinture grand 
teint de la laine et à son impression. 

Avec les mordants d'alumine et émétique, on 
obtient un écarlate solide et vif, et sur mordant 
de chrome, un brun bordeaux solide. 

La couleur s'emploie pour la teinture et l'im- 
pression de la laine sous tous ses états : laine en 
bourre, peignée, filée ou en pièce, laine renais- 



24 



NOLVELLES COULEURS 



sance, chapeaux de laine, etc. On l'utilise aussi 
pour la teinture et l'impression de la soie. 

Teinture : r' sur aluminium. 

Mordancer la laine avec : 

8 p. loo sulfate d'alumine exempt de fer et 

4 — tartre avec addition de 

2 — oxalique comme d'habitude et teindre au 

bouillon avec 

3 — Erweco-ali^arine rouge à l'acide S 

5 — acétate de chaux 

1 — tannin et 

2 — acétique 6" B. 

2" Sut c/i?-ome mordancer la laine avec : 

1,5 p. 100 bichromate de potasse et 
1,5 — formiqne comme d'habitude et teindre au 
bouillon pendant une demi-heure avec 

2 — Erweco-ali^arine rouge à l'acide S avec ad- 

dition de 

3 — acétique 6° B. 

Impression Vigoureux sur laine. 
1" Mordant d'aluminium. 



Faire bouillir : 

3o gr. Erweco-ali^arine rouge à l'acide S 
3oo gr. British gum ec 
36o gr. eau. ajouter 
loo gr. acide acétique 6" B. 3o p. looi 
20 gr. acide oxalique, ajouter après refroidissement 
l 40 gr. sulfate d'alumine dissous dans 
( i5o gr. eau. 
1.000 gr. 

2° Mordant de chrome. 
Faire bouillir : 

3o gr. Erweco-ali\arine rouge a l'acide S 
3oo gr. British gum et 
470 gr. eau. ajouter 
\ 20 gr. oxalique dissous dans 
' 100 gr. eau après refroidissement 
80 gr. acétate de chrome 20° B. 
1.000 gr. 

Dans les deu.\ cas, on vaporise une heure avec 
une demi-atmosphère, lave, savonne, lave et 
sèche. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



Nous rappelons que l'ordre pour ces e.xtrails est le 
suivant : 

1. — .\N-\LYSE. 

II. — Produits chimiques. — a) Généralités \ b) Mi- 
néraux ; c) Organiques. 

\\\. — .Matières colorantes. — a) Théorie et géné- 
ralités; b) Minérales ; c Organiques; d) 
Organiques artificielles. 

W . — Fibres te.xtiles. — a) Généralités : b| Xalu- 
relles ; c) Artificielles. 

V. — Blanchi.ment. — a) Théorie et généralités ; 

b) Procédés; c] Machine et appareil. 

VI. — .Mordants. — a Théorie et généralités ; b': 

Procédés ; c) Machine et appareil. 
VII. — Teintuue. — a) Théories et généralités ; bl 
Procédés ; c) Machine el appareil. 
VIII. — Impression. — a) Théorie et généralités ; 
bl Procédés ; c) Machine et appareil. 
IX. — Apprêts. — a) Théorie et généralités ; b) Pro- 
cédés ; c) Machine et appareil. 
X. — Divers. 

I. — ANALYSE 

^ a . — Généralités. 

1 a). — LIQUEURS DE BL.VXCHIMEXT (Dosage 
rapide du chlore dispouible daus les — 1, par 

M. A. GRASZ Fcïrb. Zeit., p. 229;). 

L'essai des hypochlorites dans les usines doit être 
à la fois précis et rapide. L'aréomètre ne donne pas 
d'indications suffisamment exactes. La méthode iodo- 
métrique de Baur et la méthode gasométrique de Lunge 
et Rind sont abandonnées par l'auteur en faveur du ti- 
trage plus simple par l'acide arsénieux. 

On se sert d'une solution N 10, préparée en dissol- 
vant 4 gr. q5 d'acide arsénieux pur dans l'eau addition- 
née de 10 grammes de bicarbonate de soude : après dis- 
solution, on ajoute encore 10 grammes de bicarbonate 



et dilue à I litre. Le papier iodo-amidonné sert d'indi- 
cateur. 

Lorsqu'il est nécessaire d'effectuer un grand nombre 
d'analyses, on se sert avantageusement de la burette de 
Goldschmidt: cette burette est munie d'un robinet à 
trois voies qui permet de la mettre en communication 
avec un flacon réservoir d'acide arsénieux. 



IV. — FIBRES TEXTILES 
.Se. — Artificielles. 

IV c). X A.\THATE DE CELLULOSE (Prépara- 
tion du — , par .M. A.-J. BURETTE (b. f. 430221). 

On sait que les viscoses préparées d'après les mé- 
thodes connues ne peuvent pas se filer immédiatement 
mais doivent être soumises, au préalable, à un mûris- 
sement, dont divers modes sont connus et plus parti- 
culièrement décrits dans les brevets français numéros 
330.753, du 3i mars iqo3 ; 334.636, du 14 août iqo3, 
et 374.123, du Q avril 1Q07. 

Il résulte que le processus suivi jusqu'ici, consiste à 
combiner l'alcali-cellulose avec un excès de sulfure de 
carbone, puis à ramener la combinaison aux proportions 
convenables pour la filature, par dissociation d'une 
partie du sulfure de carbone. 

Cette marche indirecte est nécessitée par les condi- 
tions dans lesquelles on opère jusqu'à présent. 

Ces conditions sont telles, en effet, que la matière 
acquiert, au cours de la sulfuration. une consistance 
plastique, et que. sous l'action du barattage qu'on lui 
fait subir pour en mélanger les éléments, elle s'agglo- 
mère en masses compactes plus ou moins volumi- 
neuses. 

En conséquence, on ne peut assurer une sulfuration 
suffisante delà partie centrale des masses agglomérées, 
qu'en exagérant celle des parties extérieures qui restent 
naturellement plus exposées à l'action du sulfure de 
carbone. 

Il résulte donc que les viscoses ainsi produites par 
la dissolution de ces .xanthates ne sont que des mélan- 
ges indéterminés de matières combinées, avec un excès 
plus ou moins grand de sulfure de carbone. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



25 



L'autour remédie à cet inconvénient par une méthode 
plus rationnelle et plus avantageuse, qui consiste à 
préparer directement un xanthate homogène donnant, 
par simple dissolution, une viscose propre à la fila- 
ture. 

1" On e.vprime l'alcali-cellulose bien uniformément 
jusqu'au poids de 220 p. 100 de cellulose mise en œu- 
vre, environ. 

Dans cet état de dessiccation, il n'y a plus tendance à 
l'agglomération, pendant la sult'uralion. 

2" L'alcali-cellulose déchiqueté en flocons légers est 
préservé de tout tassement pendant la sulfuralion. 

Pour cela il est soumis à l'action du sulfure de car- 
bone, sans malaxage et en couches minces, par exem- 
ple, dans des casiers de tôle perforée, de 5 à 10 centi- 
mètres de profondeur. Ces casiers sont eux-mêmes 
étages dans un récipient approprié de manière à ne pas 
s'obturer mutuellement. 

3° On ne fait réagir le sulfure de carbone, sur l'al- 
cali-cellulose, qu'à l'état de vapeurs, ce qui en assure 
la répartition uniforme. 

.\ cet efl'et, le récipient contenant les casiers indiqués 
précédemment, est muni d'une fermeture étanche et de 
canalisations pour le vide, la rentrée d'air et l'arrivée 
du sulfure de carbone. Cette dernière canalisation dé- 
bouche à la partie inférieure du récipient où le sulfure 
de carbone liquide peut ainsi se répandre, sans attein- 
dre le niveau des casiers et d'où il passe, en vapeurs, 
sous l'influence du vide produit, dans le récipient. 

4° Enfin on ne fait réagir, sur l'alcali-cellulose, 
qu'une quantité de sulfure réduite, de i 5 à 20 p. 100 
environ du poids de la cellulose. 

Le xanthate de cellulose ainsi obtenu par le procédé 
ci-dessus est facile à dissoudre par suite de la contex- 
lure spongieuse qu'il présente. Il contient, relativement 
peu de sous-produits, et donne, par dissolution dans 
une lessive alcaline, une viscose claire qui, après fil- 
tration et extraction des bulles d'air par le vide ou par 
d'autres movens appropriés, est immédiatement propre 
à la filature, sans mûrissement. 



I\' c). — .\.V.\TH.\TE DE CELLULOSE (Traite- 
ment des solutions de — ), par la SOCIÉTÉ DE SOIE 
DE CIIARDO.WET B. F. 430445). 

fne des difficultés rencontrées dans l'emploi indus- 
triel du produit connu sous le nom de viscose, qui 
peut être défini succinctement comme étant une disso- 
lution alcaline d'un xanthate double de cellulose et 
d'une base (la soude en particulier) vient de ce que ce 
produit n'est pas employable immédiatement après sa 
fabrication, pour en obtenir les produits de cellulose 
régénérée sous la forme désirable et notamment les 
fils destinés aux usages textiles. 

Il faut en efl'et soumettre le produit à l'opération de 
« mûrissement », qui consiste k abandonner la solu- 
tion de xanthate à elle-même pendant un temps déter- 
miné, variable lui-même avec la température à laquelle 
est soumise la solution de xanthate. 

Il en résulte de grandes difficultés dans l'emploi in- 
dustriel provenant, d'une part, decel emmagasinement 
obligé du produit et, d'autre part, de la nécessité de 
maintenir très exactement la température à la valeur 
voulue, afin que le produit soit dans les bonnes con- 
ditions d'emploi, au moment exact où il doit être em- 
ployé. 

On peut obvier à ces inconvénients en produisant 
immédiatement une solution de xanthate à l'état voulu 
pour en obtenir les produits désirés et notamment les 
fils textiles. 



Ce procédé consiste, non pas à attendre que la trans- 
formation moléculaire se fasse d'elle-même plus ou 
moins rapidement selon la température, par un pro- 
cessus physique, mais à opérer de suite celte transfor- 
mation par voie chimique. 

A cet effet, aussitôt que la dissolution de xanthate 
est obtenue par les moyens ordinaires, on lui incor- 
pore une substance coagulante, à dose assez faible pour 
l'amènera l'état moléculaire voulu, mais de façon à ne 
pas opérer la coagulation complète. 

Tous les produits coagulants, inorganiques ou orga- 
niques peuvent être employés, mais les sels ammonia- 
caux présentent cet avantage que la réaction provo- 
quée par eux ne produit au sein de la solution que de 
l'ammoniaque libre dont une partie se dégage immé- 
diatement. 

Toutefois, on ne se limite pas aux seuls sels ammo- 
niacaux et il est évident que l'on peut employer égale- 
ment les sels d'une base solubleou non dans la soude, 
les sels formés au cours des différents traitements du 
xanthate pouvant être eux-mêmes solubles ou non dans 
l'eau. 

Le mode opératoire suivant peut être indiqué sans 
qu'il soit d'tiilleurs limitatif. 

.\prés que la dissolution de xanthate a été obtenue 
suivant les procédés connus et immédiatement après sa 
formation, on incorpore dans un malaxeur, opérant 
un brassage énergique, la quantité nécessaire d'une 
solution de sulfate d'ammoniaque, environ 3 p. 100 
de sel, pour amener la solution à un état moléculaire 
caractérisé par le fait que la formule du xanthate 
dissous soit environ C-^H^''0-''CS"-Na. 

Si l'on dit environ, c'est que le xanthate passant 
par diverses compositions définies par les formules 
C'^H''O^CS2NaC'2...Ci8... C^^.. C'^ il n'est pas néces- 
saire que toute la masse soit exactement à l'état carac- 
térisé par la forme C-"*, et elle peut être formée, au 
moins en partie, par exemple par un mélange de xan- 
thates des formes C'*... C^'*... ou C-"=. 

IV c). — SOIE ARTIFICIELLE (Éliiiiinatioii de 
l'air (les solutions employées pour la Tabrica- 
tion «le la — ) par M. A.IIEUXSTEIX b. f. 424.796). 

Dans la figure 1 : A désigne un tambour centrifuge 
pourvu, au milieu de sa partie supérieure, d'une ou- 
verture que l'on peut fermer au moyen d'un couvercle 
B. C désigne l'arbre vertical du centrifuge, lequ^larbre 
est monté et actionné de la manière usuelle. D est un 
vase vertical dans lequel la solution est recueillie 
avant d'être refoulée, au moven de l'air comprimé, à 
travers le tuyau E, dans les machines à filer. Le vase 
ou récipient vertical présente, en outre, le tuyau F qui 
est recourbé de bas en haut et qui peut être relié, par 
un ajutage horizontal, au moven d'un raccord amo- 
vible G, au tuyau 11 du fond du tambour centrifuge. 
Tous ces tuyaux sont pourvus de robinets. 

Le conduit J renferme l'air comprimé, et un branche- 
ment de ce conduit, qui est pourvu d'un robinet, mène 
au couvercle du vase D lequel est muni d'un robinet AT 
pour l'élimination de l'air. Une autre tubulure du con- 
duite, qui est également pourvue d'un robinet, est re- 
liée par un tuyau souple L au couvercle B du centri- 
fuge. Dans ce couvercle se trouve, en outre, un tuyau 
vertical M qui descend presque jusqu'au fond du cen- 
trifuge, porte une soupape à flotteur à sa partie infé- 
rieure et est ému, à sa partie supérieure, d'un sillet. 

Pour éliminer l'air de la solution et amener celle-ci, à 
l'abri de l'air, dans le récipient vertical D, on procède 
de la manière suivante : on enlève le raccord G, ainsi 
que le couvercle B du centrifuge, et on emplit le lam- 



26 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



bour .1 de solution, jusqu'au milieu environ, le robinet 
du tuvau H restant, bien entendu, fermé. 



On met alors le centrifuge en rotation et la solution 
prend une position verticale qui est indiquée sur le 




Fig. I. — Schéma d'un dispositif à action discontinue pour l'élimination de l'air dans les solutions de soie artificielle. 



1^1^.3. 




Fig. 3. — Dispositif à action continue. 



dessin par un pointillé. L'air se dégage vers l'intérieur 
et, au bout de peu de temps, la solution est absolument 
exemple de bulles d'air. 

On laisse le centrifuge s'arrêter et la solution reprend 
sa position horizontale initiale. .Au moyen du raccord 



G, on met le centrifuge en communication avec le ré- 
cipient vertical D. On visse le couvercle B et on établit 
la communication avec la conduite d'air comprimé ./. 
On ouvre ensuite le robinet de la tubulure H, tandis 
que le robinet Q de la partie horizontale du tuvau F 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



27 



reste fermé ; le robinci /' de la partie verticale étant, 
au contraire, ouvert. De cette manière, on élimine l'air 
du raccord du tuyau en faisant entrer la solution, et 
on ferme le robinet P de la partie verticale du tuyau F 
dès que la solution s'échappe par là. On ou\ re le robi- 
net fj de la partie horizontale du tuyau F et le robmet 
d'échappement d'air K. La solution est, alors, envoyée, 
sous l'action de l'air comprimé, du tambour dans le 
vase ou récipient vertical. 

Toutefois, pour éviter l'arrivée d'air dans ledit \ase, 
lors de la vidange du tambour, ou applique le tuyau 
vertical A/ sur le couvercle B. Dés que la soupape à 
flotteur n'est plus supportée par la solution, de l'air 
entre par le bas, dans le tuyau A/ et un sifflement in- 
dique qu'il faut interrompre la communication avec 
l'air comprimé. 

IV c . — .SOIE .VKTIFICIEM.i:(Filîèi-e|»oui-— ), 

par .\l. A. L.VTAPIE (b. f. 431096). — Celte filière 
se compose d'une série de tubes capillaires en verre, 
englobés dans une masse qui fait corps avec eu.x et 
qui peut être en ciment, gutta, caoutchouc, ciment 
d'amiante, ou alliage de plomb. 

IV c- . — SOIE AltriFICIELLE (l'rooédé de 
précipHation de la —1, par M. ^U. l'AWLI- 

KOWSKI I B. F. 431074). — Lorsque, en employant 
les bains de précipitation connus (par exemple une 
lessive de soude, concentrée ou étendue, ou une solu- 
tion de soude ou de sel de cuisine avec de ia les- 
sive de soude, etc.), on désire décuivrer les fils arti- 
ficiels, ceux-ci doivent d'abord être débarrassés presque 
totalement des alcalis du bain de précipitation ; à 
défaut de quoi l'acide, qui dissout le cuivre ren- 
fermé dans la soie artificielle, neutralise également les 
alcalis qui sont demeurés à l'intérieur du fil. Ceci tou- 
tefois nuit énormément à la solidité du fil. Il est donc 
indispensable de laver abondamment et longtemps la 
soie artificielle après sa sortie du bain de précipita- 
tion. On peut abréger de façon connue ce lavage de 
longue durée et nécessitant beaucoup|d'eau, par l'addi- 
tion de sulfate de magnésium. 

Or, des essais ont permis de constater qu'en em- 
ployant une solution aqueuse d'aluminate alcalin 
comme liquide de précipitation, il n'est plus besoin de 
rincer la soie que pendant une durée relativement 
courte et avec peu d'eau, avant de pouvoir les traiter à 
l'acide en vue du décuivrage. 

Le besoin d'une quantité d'eau abondante et, 
d'autre part, le lavage antérieur au sulfate de magné- 
sium sont donc supprimés. Il est bon de chautfer la 
solution d'aluminate alcalin lors du filage. Toutefois, 
comme l'air cède facilement de l'acide carbonique à 
l'aluminale alcalin, il se recommande de mélanger 
cette solution avec de petites quantités d'hydroxvde 
alcalin libre, afin d'éviter une décomposition partielle; 
en même temps le pouvoir précipitant du bain aug- 
mente de ce fait, et l'on peut filer à une température 
plus basse. 

Pend.mt la précipitation, il s'introduit également de 
l'aluminium dans le fil, ce qui en expulse une partie 
notable du cuivre. Les fils sont donc plus pauvres en 
cuivre qu'avec les biiins de précipitation connus, qui 
ne renferment pas d'autre métal, en dehors de l'alcali 
ou du sucre, et ils peuvent être séchés même avant le 
décuivrage sans préjudice pour la solidité elle brillant, 
de sorte que le cuivre peut être enlevé seulement de 
l'écheveau fini. 

Lj, présence de composés d'aluminium dans le fil 
avant le décuivrage présente en outre cet avantage 



remarquable, que ledit décuivrage peut se faire en 
très peu de temps et à l'aide d'un acide plus faible, 
moins nuisible à la solidité du fil. Les composés d'alu- 
minium constituent avec l'acide sulfurique de dccui- 
vrage, à l'intérieur du fil, une espèce d'alun qui pré- 
sente une grande solubilité à l'eau, ce qui hàie 
sensiblement l'élimination par lavage, hors du fil, du 
sulfate de cuivre formé simultanément. 

Du fait de l'absorption d'ammoniaque hors de la 
solution de filage pendant la précipitation, il se pro- 
duirait la séparation d'hvdrowde d'aluminium, ce qui 
réduirait la qualité du bain de précipitation. On évite 
cet inconvénient en ajoutant audit bain de précipita- 
tion une faible quantité de 1 à 5 p. 100 d'acide tar- 
trique ou de tartrate alcalin. 

On obtient le même résultat si, au lieu d'acide tar- 
trique, on ajoute d'autres oxacides organiques et 
composés renfermant de l'oxygène (comme l'acide 
malique, l'iicide citrique, les sucres, l'amidon, la dex- 
trine, la glvcérinei. 



IV c). — SOIE .VKTIFICIKLEE préparée au 
nioven de lail, par X.V.V^IK. VEXX. IIOL- 
LA.\US(;ilE ZI.IDE MI.I B. F. 43io52. — On 
ajoute lentement au lait, de préférence du lait écrémé, 
une solution de pvrophosphate, de manière à avoir, 
pour un litre de lait, au moins 3 grammes de pyro- 
phosphate de soude sec ou la quantité équivalente 
d'un autre pyrophosphate. Le lait se coagule, dans 
ce cas, et forme, au début, une sorte de gélatine. 
Après un court repos, particulièrement au chaud, le 
corps solide se détache suffisamment du petit-lait 
pour permettre une séparation de ces deux matières. 
Le produit albuminoïde de séparation qui se trouve 
en solution est séparé du pétillait par des acides dilués 
ou l'un quelconque des autres agents de précipitation 
connus et. après qu'on l'a pressuré pour en extraire le 
liquide qui v adhère, on le convertit en une matière 
plastique tenace, en ajoutant de légères quantités 
d'ammoniaque ou d'alcali. Si on veut transformer la 
matière en fils, la substance albuminoïde précipitée 
par des acides est, tout d'abord, lavée avec de l'eau, 
dissoute encore une fois, d'une façon complète, dans 
une solution alcaline diluée, 'puis précipitée, après 
fillration delà solution, par des acides dilués. Le pro- 
duit ainsi épuré est débarrassé, par compression, de 
l'humidité, puis amené à l'état plastique par addition 
de faibles quantités d'ammoniaque ou d'alcali. Cette 
masse, dont on peut faire les fils les plus fins, est 
étirée de la manière connue et durcie sous l'action de 
la formaldéhyde ou de tout autre agent. 

IV c . — PAIIXE ARIIEICIELLE à base de 

eellulose, par M. 1*. GIH.VKU (b. k. 43oq3o). — 
Cette paille artificielle se distingue du crin ou crinol 
creux employé dans l'industrie de la passementerie et 
de la chapellerie, en ce qu'étant creuse elle présente 
une aspect différent, une couverture supérieure sous une 
densité moindre et se rapproche ainsi beaucoup plus 
de la paille naturelle, paille de Florence ou paille fan- 
taisie. 

Celte paille artificielle est à base de cellulose ou de 
ses dérivés : nitro-cellulose, cellulose dissoute dans la 
liqueur cupro-ammoniacale, xanthate de cellulose, 
acétate et phospho-acétale de cellulose, etc. Elle est 
obtenue en filant sous pression les filaments de cellu- 
lose sous une forme tubulaire, et la caractéristique de 
l'invenlion réside dans le fait que les parois intérieures 
des petits tubes de cellulose ainsi formés sont immé- 



28 



BREVETS FRANÇAIS 



diatemenl coagulées afin d'éviter tout collage ou apla- 
tissement au sortir des filières. 

On peut employer à cet effet tout moyen conve- 
nable, par exemple une âme provisoire qui se dévide- 
rait au fur et à mesure du filage de la cellulose, à une 
vitesse égale ou différente à celle de cette dernière, 
âme qui serait ensuite supprimée, ce qui faciliterait le 
décollement de la cellulose. On peut utiliser également 
la propriété que possède la cellulose de se coaguler 
sous l'action de la chaleur, en portant à une tempéra- 
ture suffisante, au moyen de l'électricité ou de toute 
autre façon, la gaine et la broche intérieure qui sert à la 
formation du tube de cellulose, ou seulement ladite 
broche. On obtient ainsi simultanément ou successi- 
vement la coagulation des parois intérieures du tube 
de cellulose par la chaleur, et la coagulation de la sur- 
face e.xtérieure dudil tube, soit par la chaleur, soit par 
les coagulants habituels. 

I.X. — .APPRÊTS. 

S b''. — Procédés. 

IX b . — AKROI>L.\XKS .Vppi-êt des (issus 
pour ailes d' — ou dii'iu:e:iiilesi, par .\l.\l. LEDIT., 
IIEITZ etCie. 

Les tissus de toile ou autre matière actuellement 
employés déjà pour la construction des aéroplanes 
étant tendus à la manière ordinaire sur la membrure 
ou ossature des ailes, on imbibe les tissus d'une solu- 
tion d'éthers de cellulose: il en résulte une augmenta- 
tion considérable de la résistance de ces tissus, et 
encore un rétrécissement de ceu.\-ci. ce qui a pour 
effet de leur donner une tension beaucoup plus forte 
que celle qui leur a été déjà donnée lors de la cons- 
truction des ailes. Il en résulte que les ailes de l'aéro- 
plane acquièrent ainsi une rigidité et une régularité de 
surface e.xtérieure, qui conviennent tout particulière- 
ment pour le but auquel doivent satisfaire les surfaces 
portantes desdits appareils. 

Les propriétés d'imperméabilité et d'étanchèité que 



les tissus acquièrent par l'application des solutions 
d'éthers de cellulose sont également très avantageuses 
pour cette application nouvelle, parce que les ailes 
d'aéroplanes résistent mieux ainsi aux influences 
atmosphériques, à l'humidité des couches aériennes et 
même à la pluie. 

Les solutions d'éthers de cellulose ainsi appliquées 
sur les tissus des ailes d'aéroplanes n'ont pas seule- 
ment pour effet de raidir ces surfaces, par suite du lé- 
trécissement dont il vient d'être parlé et de fournir des 
surfaces très uniformes, elles donnent encore des sur- 
faces absolument lisses, présentant à l'air une résis- 
tance aussi réduite que possible, ce qui est extrême- 
ment favorable au vol des aéroplanes, sans que 
cependant l'élasticité de ces tissus se trouve modifiée 
ou altérée. 

En raison de l'augmentation de tension et de résis- 
tance que les tissus acquièrent ainsi par l'application 
des solutions d'éthers de cellulose, en même temps 
que ces tissus deviennent complètement hydrofuges, 
des tissus ainsi préparés en soie, en toile, ou autre 
matière textile, sont utilisables avec avantage pour la 
construction des ballons dirigeables et autres, ces 
tissus pouvant ainsi être confectionnés dans des con- 
ditions spéciales de légèreté, puisque l'application des 
solutions d'éthers de cellulose a pour eft'et de produire 
le rétrécissement du tissu et de réaliser des conditions 
hydrofuges recherchées qu'on ne pouvait atteindre 
qu'avec des tissus présentant une certaine épaisseur et 
exigeant des précautions spéciales de fabrication. 

Les solutions d'éthers de cellulose employées ainsi 
pour la préparation des tissus constituant les surfaces 
des ailes d'aéroplanes ou destinées à la construction 
des ballons peuvent être des solutions concentrées 
d'éthers de cellulose, d'acides de la série grasse, tels que 
de l'acétate de cellulose dans l'acétone, ou mieux 
encore les vernis plus économiques obtenus en diluant 
ces solutions concentrées avec un mélange de benzène 
et d'alcool èthvlique, dont la préparation a été décrite 
dans le brevet des demandeurs en date de ce jour. 



BREVETS FRANÇAIS PUBLIÉS JUSQU'AU lo DÉCEMBRE 1911(1) 



Les titres de ces brevets seront classés dans le même 
ordre que celui adopté pour la Reuue des Journaux 
^p. 20 . Les brevets particulièrement intéressants seront 
analysés dans la Rei'ue des Brerets: dans ce cas. une 
indication suivra le titre du brevet et renverra à la page 
voulue. 

II. — IMSODIITJS CIII.MIQIES 

S b). — Minéraux. 

Système «le chambre pour la Tabrication du 
chlorure de chaux ou poudre à blauchir 

[Hooker Eleclro-chemical i.^ Cy . b. f. 43i3g8, du 
21 juin-Q nov. igi i.) 

Procédé de préparation du perborate de 
sodium en partant du peroxyde d'hydro- 
gène Consortium fur elektro-cheinische Industrie]. 
(b. F. ^SiSgS, du 24 juin-14 nov. 191 1.; 

S c). — Organiques. 

Procédé de préparation de la pinacone en par- 
tant de l'acétone [F. Bayer], ib. f. 431 i85, du 
17 mai-4 nov. 191 1.) 

(i) Pour se procurer l'un quelconque de ces brevets, il 
suffit d'envoyer à la Reinte 1 fr. 5o en mandat-poste, en 
timbres français, ou timbres-coupons internationaux. 



Procétlé pour la Tabrioation de nouveaux 
étiiers de la cellulose et de leurs produits de 
transTormation [H. Dreyfus], {b. f. 432046, du 
? juil.-25 nov. 191 1 .1 
.Vction de l'anhydride acétique ou du chlorure d'acé- 

tyle sur les celluloses, en présence ou non d'un diluant 

et d'un agent de condensation. 

CAOUTCHOUC. — Procédé de fabrication du 
caoutchouc au nioyeu de l'isoprène [A. Heine- 

niann]. ;b. f. 43o65S, du 7 juin-21 oct. 191 1.) 

111. — »ATIÈRES COLOR.*\TES 

^ b). — Minérales. 

Perfectionnement à la fabrication du bleu 
d'outremer \J. Luciani] (b. f. 4255S5 du 7 avril 
1910-14 juin iqii (analysé p. iS). 

d). — Organiques artificielles. 

.AZOÏQL'ES. — Procédé de production de cou- 
leurs azo'iques [F. Bayer], (b. f. 43 1543, du 
i3 nov. 191 1.) 

Copulation de la mononilrobenzidine avec la »!-phé- 
nylène-diamiiie sulfonique. 



BREVETS FRANÇAIS 



29 



Le colorant teint directement le coton en orangé 
après traitement à la diazoparanitraniline. 

l'rrti't'dé (le ralirjratioii «le Inqiics de couleur 
roiijîe hordeaux , Wtd/ing, Dahl i|- C"]. (b. k. 
431420, du 21 juin 10 nov. iqii). 

Obtention de laques solides à la lumière et insolu- 
bles dans l'huile avec la couleur: 7.-naphtylamine -^ 
a-naphtol 4 sulfonique. 

Procédé pour la production de nouvelles ma- 
tières colorantes azoïques et les produits 
qui en résultent \F. Rayer]. (3' ad. 14314, du 
24 mai-17 nov. 191 I , au B. V. 414294.) 

CombinLiison du diazode 4 toluidine 2 sulfo-o-ani- 
side avec le 2 acétvl-amino 5 naphtol 7 sulfo. Le co- 
lorant teint la laine en orangé solide au foulon. 

TRIPHÉNVLMÉTHAXF.. — Procédé de produc- 
tion de colorants au dirouic de la série du 
tripliénvlinéllianc F. liaycr. b. f. 432234, du 
21 juin-i'^'' déc. 191 1. 

On condense les aldéhydes o. substituées ou les;7-ami- 
no-benzaldéhydas dialcoylées (b. f. 3S4979 et 404800) 
avec I mol. salicylique ou o. crésotique et i molé- 
cule des mêmes acides substituées en m de l'hydro- 
.xyle. 

Les nuances des colorants obtenus sont beaucoup 
plus bleues, après chromatage, que celles obtenues 
avec 2 molécules salicylique. 

IXDOPHÉNOLS. — Procédé pour I 1 production 
de nouveaux intlopliénols et «le nouveaux 
colorants soufrés en dérivant [Ad. Gesel. . 
B. F. 432440, du 21 juil.-û déc. 1911.'; 

La périmidine et ses dérivés [Ann., 1909, p. 83) se 
transforment facilement en indophénols. Il en est de 
même d'autres corps dérivés du 1.8. naphtylène-dia- 
mine. 

Les indophénols formés, chauffés avec des polysul- 
fures, donnent des colorants verts solides. 



COLOR.\NTS SOUFRES. — Procédé pour la pro- 
«luction de colorants sulfurés bleus [Bli- 
iii.'iche . IB. F. 43i'i8i, du ig mai-24 nov. 1911.) 

On chauffe à l'ébullition, pendant quarante à cent 
heures, un polysulfure riche en soufre, en milieu al- 
coolique ou aqueux : 

1° Les;;-amino;7-o.\vdiphénvl->Tmine dialcoylées sub- 
stituées ou non ; 

2° Les indophénolthiosuifo ; 

3° Les colorants sulfurés obtenus en partant des 
indo-phénols, solubles et insolubles dans le sulfure. 

Les nouveaux colorants, puriliés. s'il v a lieu, des pro- 
duits solubles dans les sulfures, sont solides à la les- 
sive, au potting, à la surteinture, au chlore et à la 
lumière. 

.\NTHK.\CÈNE. — ProL-édé de fabrication de 
colorants pour cuves ^^feisler]. a. F. 431122, 

i5 juin-3 nov. 191 1.; 

Action de l'i-naphtylamine sur les benzoquinones 
halogénées. .\vec le chroranile, on a un colorant qui, 
_sur cuve à l'hydrosuUite, teint le coton et la laine en 
jaune clair, virant au brun, à l'air. 



ProcéiU' pour la fabrication de nouveaux 
«lérivt'-s (le l'aiillir:t<|uinone et leurs applica- 
tions en teinture et eu impression | Client, l'ab. 
Griesheim F.leklron . b. f. 431176, du 8 mai- 
4 nov. igi i.l 
Les f!-diazo-anthraquinone, |s-naphtylamine sont 

transformés par oxydation en dérivés de l'anthraqui- 

none. 

Le type le plus simple : 

.N ~; 



|COj 

'co! 



N — N 



teint le coton, sur cuve à l'hvdrosulfite, en violet brun, 
devenant jaune par oxydation; solide au savon et au 
chlore. 

Procédé pour la préparation de colorants de 
cuve [Cassella . {\"' ad. 14332, du 22 août 1910-17 
nov. 1911, au B. F 427268.) 

En chauti'ant, à 240° C, l'a-ï-dianthraquinonyl. i. 
5 diaminoanthraquinone avec 5 p. chlorure d'aluminium, 
on obtient un colorant teignant en orangé le coton; 
avec 2 p. de chlorure d'aluminium, on a un colo- 
rant brun jaunâtre. .\u lieu des imides 1-7., on peut 
prendre les imides a-,^. 

Procédé de production de dérivés d'antlira- 
quinone \F. Bayer]. < b. f. 432279, du 17 juillet- 
2 déc. 1911.) 

La 1.2 diamino-anthraquinone et le chlorure de ben- 
zoyle, chauffés dans du nitrobenzène, se transforment 
en dérivé benzoyié, lequel, chauffé une demi-heure, à 
iSo» C, avec 10 p. sulfurique à 66° B., devient jaune 
brun. Le colorant formé, probablement un imidazol, 
teint le coton, sur cuve, en rouge brun. 

Procédé p«»nr la fabrication de colorants de 
la série de ranllira(|uinoue destinés à la 
teinture en cuve F. Ullmann]. (b. f. 432323, 
18 juil.-4 déc. 191 1.) 
Les dérivés bromes des anthraquinone thioxan- 

thones, obtenus par l'action directe du brome se com^ 

binent aux amino-anthraquinones en donnant de 

nouveaux colorants teignant, sur cuve, en brun rouge 

vif. 

Procédé de production de colorants teiurnant 
sur cuve de la série de 1 antbracène [F. 
Bayer], b. f. 432449, du 21 juillet-6 déc. 1911.) 
En déshydratant les dianthrimides ou leurs dérivés 

ayant pour formule: anthra — N.H — anthra, il se 

forme vraisemblablement des acridines. 

L'i-?-dianthrimide obtenue avec l'a-amino-anthra- 

quinone et la [î-chloranthraquinone chaufTée huit 

heures, à 1 30-140° C, avec 20 p. sulfurique à 90 p. 

100 SOHl-, fournit un colorant teignant le coton, sur 

cuve, en jaune solide. 

!V. - l'IBKES TEXTILES 

SOIE ARTIFICIELLE. — Perfectionnements dans 
la préparation du xanthate de cellulose 

[A. J. Buretie]. (b. f. 430221, du 22 mai-i 1 oct. 
191 r.) (Analysé p. 24.) 
Perfectionnements dans le traitement des so- 
lutions de cellulose [Société de la soie de Char- 
cVo)î?ie(l- (b. F- 430443, du 10 août- 16 CCI. 1911.) 
(Analysé p. 2 5. ,1 



3o 



SOCIETES INDUSTRIELLES 



Procédé pour la préparalion. jni inoveii de 
lait, d'une matière |ilasti(|ue destinée à la 
Talirication de la soie artifii-ielle et autres 
produits moulés [Naaml. venu. HoUandsche 
Zijdemij]. (B. F. ^3io52,du 14 juin-3i octobre ign.' 
(Analysé p. 27.) 



Proi'édéde précipitation de la soie artificielle 

7^. Pau'likoii'.tki]. (b. f. 431074, du 14 juin-3i oct. 
191 1. ' (Analysé p. 27.) 



Filière pour fabrication de sole artilicielle 

.1. Latjpie]. b. f. 431096, du i3juin-3i oct. 1911.) 
(Analyse p. 27.) 



I'r<»eédé de fabrication de paille artificiclb* à 
base de cellulose, de ses dérivés ou de ma- 
tières analo;urues 'P. Girard], (b. f. 430939, du 
26 août 1910-27 oct. 191 1.) (.Analysé p. 27. > 

Kliininafion de l'air des solutions employées 
pour la fabrication de la soie artificielle 

A. Bernstein]. [b. k. 424796 ; (.Analysé p. 25.) 



IX. — APPRÊTS. 

>; b). — Procédés. 

-Vpprêt pour tissus intacbable à l'eau M. E. 

Watreme^]. (b. f. 432013, du 6 juiIlet-25 nov. igi 1 .) 
(Voir Rev. du blanchissage, du blanchiment et des 
apprêts, janvier 1912. p. 7.) 

Pro<-édé de préparation des tissus pour ailes 
d'aéroplanes, diriij^eables et autres applica- 
tions [Leduc, Heit^ et Cie. b. f. 431692, du 
17 mai-i6 nov. 1911.; (.Analysé p. 28.1 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



Comité de chimie. 

MULHOUSE. — Séance du i" novembre igii j i ). 

La séance est ouverte à 5 heures et demie. 

Présents : MAL Ferd. Oswald, Ch. Weiss, Léon Bloch, 
Th. Haumann, Alph. Brand, C. Favre, Eug.- Wild: 
total : 7 membres. 

En l'absence de AL Albert Scheurer, AL Oswald pré- 
side la séance. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

I. Gravure des rouleaux de cuivre. Enduit résistant 
à la morsure de l'acide nitrique. — M. Charles Weiss 
tait la communication suivante : 

En 1874, je reçus de .\L l.aucher, graveur, un pro. 
cédé pour ronger à l'acide les fonds hachurés sur rou- 
leaux de cuivre rouge consistant en une dissolution de 



(ij Cette séance qui porte la date du rr novembre, a été 
tenue le 3i octobre. 



bitume de Judée dans l'essence de térébenthine. Cet 
enduit était résistant à l'acide nitrique. 

Je n'ai jam;iis réussi ce procédé, l'enduit se détachait 
dans l'acide, cependant AL Laucher réussissait tou- 
jours. 

Ln fabriquant des draps de rouleaux au caoutchouc, 
je dus me servirde térébenthine rectifiée sur l'eau bouil- 
lante, et alors en employant cette térébenthine recti- 
fiée je réussis complètement avec le procédé Laucher 
et n'ai plus eu d'accident. 

J'appris plus tard que pareille chose était arrivée à 
d'autres graveurs, qui furent obligés de rectifier leur 
térébenthine ou de la remplacer par de la benzine. 

On voit comment une circonstance accessoire a per- 
mis de résoudre le problème de la dissolution parfaite 
du bitume de Judée. 

2. Colorants rouges et jaunes dérivés des couleurs 
du groupe du rouge du Congo. Pli cacheté n" 623, du 
9 septembre rSgo.de M. Jean Burda. — Traitement de 
ces colorants par l'acide sulfurique. Obtention de cou- 
leurs pour laine. 

L'e.xamen de ce pli est renvoyé à M. Nœlting. 

3. Colorants a^o'iques dérivés de la diamidonaphta- 
line sulfoconjuguée. Pli cacheté n" 624, du 9 sep- 
tembre 1890, de AL Jean Burda. — Traitement de la 
diamidonaphtaline i : 2 par l'acide sulfurique fumant. 
Copulation avec les dérivés diazoïques des aminés 
aromatiques donnant des colorants bleus ou diazotage 
et copulation avec les aminés, phénols, naphlols ou 
leurs dérivés. 

■M. Nœlting est chargé de l'examen de ce pli. 

4. Colorants dérivés de la nilroben^idine sulfocon- 
juguée. Pli cacheté, n" 626, du 9 septembre 1890, de 
AL Jean Burda. — Traitement du produit brut de sul- 
fonation de la benzidine par l'acide nitrique fumant. 
Le sel. alcalin de l'acide ainsi obtenu peut servir directe- 
ment à la production du dérivé tétrazoïque que l'on 
copule avec des phénols, naphtols ou aminés. On ob- 
tient des colorants teignant le coton en orange, rouge 
et violet, et la laine en cramoisi. 

Ce pli est remis à l'examen de i\L Nœlting. 

5. Colorants polva^oïques dérivés de la benzidine et 
de la toluidine et nouveaux colorants a'^oïques. Pli ca- 
cheté n° 62Ô, du 9 septembre 1890, de AL Jean Burda. 
— Réduction de la nilrobenzidine par la poudre de 
zinc en milieu alcalin, diazotage et copulation de la 
base ainsi obtenue avec des phénols, des naphtols, des 
aminés ou leurs dérivés. 

L'e.xamen de ce pli est renvoyé à AL Nœlting. 

6" Colorants bleus de la série des induiines. Pli ca- 
cheté n° 644, du 12 janvier 1891, de AL Jean Burda. — 
Le tétraméthyldiaminoazoxvbenzéne est chauffé avec 
une base et son chlorhvdrate, traité par l'acide chlorhy- 
drique bouillant, filtré et précipité par le chlorure de 
zinc. 

Ce pli estrenvovéà l'examen de .M. Nœlting. 

7. Colorant bleu vcrddtre dérivé de l'acétamidooxy- 
a\odiéthylaniline. Pli cacheté n° 645, du 12 janvier 
1891, de AL Jean Burda. — .M. Nœlting est chargé de 
l'examen de ce pli. 

8. Mercerisage après teinture, son application pour 
obtenir des unis bleu cuvé et autres sans défauts. 
Plis cachetés n"' 1167 et 1280, des 19 février 1900 et 
19 août 1901, de .M. AL Freiberger. —L'auteur a cons- 
taté que le mercerisage des pièces de colon teintes en 
bleu indigo pratiqué après teinture jouit de la pro- 
priété de faire disparaître les plis, les poux blancs et les 
irrégularités. Dans son pli n" 1280. du 19 août 1901, il 
constate que le mercerisage peut sans inconvénient 
suivre immédiatement la teinture en indigo avant la- 



QUESTIONS COMMERCIALES 



vage et acidage. Il applique éfjalement avec succès le 
mercerisage à des articles dili'ércnts et à des pièces 
imprimées en blanc enlevage et vaporisées. 

L'examen de ce pli est confié à .NL Michel. 

9. Réser]>e l'jpeur au tcinnin sous bleu indigo cuvé à 
teindre en colorants basiques arec surimpression de 
blanc enlevage au chlorate-prussiate. Pli cacheté 
n" 1191, du 9 juillet 1900, de M. Piétro Gadda. — Im- 
pression d'une couleur au tannin, acide acétique et 
acétate de zinc, teinture en bleu indigo clair. La cou- 
leur réserve à peu prés. Laver et sécher: 

1° Imprimer un enlevage vapeur au chlorate-prus- 
siate avec citrate d'ammoniaque, vaporiser, passer en 
soudé caustique et laver. Teinture en vert malachite, 
laver et savonner. 

2° En sortant de la teinture en indigo, on peut teindre 
immédiatement en colorant basique. Impression de 
l'cnlevage vapeur déjà indique, vaporisage, passage en 
soude caustique. Lavage, acidage, savonnage. 

Ce pli est renvoyé à l'e.xamen de .\L Stalder. 

10. Aminés substituées. Remplacement d'un atome 
d'azote par de t'oxygène ou du soufre. Pli cacheté 
n" i2o3, du i'"' août 1900, de .\L A. Fries. -- L'exa- 
men de ce pli est confié à M. Nœlting. 

11. Optique physiologique. Xoui'cl appareil rotatij 
pour observer la nuance donnée par un mélange de 
couleurs, .\pptication à la fabrication des Ji lés couleur, 
de .\1. Paul Bourcart. Rapport de .\L .Mbert Sche'.-rer. 
— Le rapporteur, ne disposant pas de l'appareil 
de ^\. Paul Bourcart et se trouvant dans l'impos- 
sibilité de contrôler la communication dont l'exa- 
men lui a été renvoyé, propose au Comité, en con- 
sidération de l'intérêt qui s'attache à cette tentative, la 
publication de la lettre de .M. Bourcart au Bulletin. 
avec la reproduction du croquis qui l'accompagne. — 
Adopté. 

12. Formaldéhyde {trithio-\ réaction de la formal- 
déhyde sur le sulfure de .'sodium. Application de ce 
corps insoluble à la réduction, sur tissu, des couleurs 
au soufre. Pli cacheté n° 181 1, du 17 février 1908, de 
M. Jules Brandt. Rapport de .M. .M. Battegay. — 
M. Battegay conclut à la publication de son rapport et 
au dépôt du pli aux archives. — .\dopté. 

La séance est levée à b heures et demie. 



ROUEN. — Séance du 17 novembre 1911. 
Présidence de M. E. Blondel, Président. 

La séance est ouverte à 5 h. 20. 

Membres présents : .\1.\L Lailler. Lafosse, Gascard 
père, .Masure, Baumann, Ch. Brioux, R. Blondel, 
Ch. Reber, Gaslv. 

Absents et excusés : M.\L Le Roy, .Michel. 

.\L Blondel souhaite la bienvenue à notre nouveau 
collègue \\. Brioux, successeur du regretté .\L Houzeau 
à la Station agronomique de la Seine-Inférieure. 

M. Blondel donne quelques renseignements sur la 
souscription pour la glorification de SchiJtzenberger, 
qui est déjà fort avancée, et fait appel aux retardataires. 
Toute l'industrie de la teinture et de l'impression en 
Normandie tiendra à s'associer à cette intéressante 
manifestation. 

Un travail de .\1. Dubosc sur la Décoloration des vins 
et la revivification du noir animal a été confié à l'exa- 
men de M. Brioux, qui en fera la lecture en séance 
générale et en demandera l'impression au Bulletin et 
un tirage à part de 25 exemplaires. 

Le Comité adresse ses remerciements à .\1. Dubosc. 

La séance est levée à 6 heures et demie. 



QUESTIONS COMMERCIALES 

L'INDUSTRIE DENTELLIÈRE SUISSE 

La caractéristique de l'industrialisme helvétique était 
jusqu'à présent le travail à domicile. La majeure partie 
des produits était exécutée par des agriculteurs qui 
emploient les loisirs de l'hivernage à une occupation 
lucrative. La matière première est fournie par le patron 
qui rétribue le travail au moment de la livraison, soil 
d'après un prix stipulé d'avance, soit à la pièce suivant 
un tarif. D'après un rapport consulaire américain, on 
compte encore une population ouvrière de io3,ooo 
individus engagée dans ce genre de travail. La broderie 
est la plus importante des industries. La quasi totalité 
de la population des cantons de Thurgovie, de Saint- 
Gall etd'.Appenzelly est occupée, ce qui donne un effec- 
tif de quelque 76.000 individus. 

L'introduction des machines à broder n'a pas dimi- 
nué l'elTectif ouvrier, mais a considérablement grossi 
la puissance de production. Cet accroissement se 
chiffre par 25 p. 100 environ, notamment dans le canton 
de Saint-Gall. 

Les commandes des Etats-Unis ont quelque peu 
diminué, mais celles de l'.AIlemagne, de l'Angleterre et 
du Canada se sont considérablement accrues. 

D'après les documents officiels récents, la valeur des 
exportations de broderies suisses fut de 20 millions de 
francs en 191 o, en augmentation de i.5oo.ooo francs 
sur 1909. 

On compte dans le canton de Saint-Gall, seul, 7.000 
machines à moteur et plus de 20.000 machines à main. 
(Lf Travail national. Jean sayge. 



SOCIETES 
Société des Indienneries françaises de Bolbec. 

L'Assemblée générale annuelle a eu lieu le 4 no- 
vembre. 

Le bilan, au 3o juin 191 1. fait ressortir un bénéfice 
de 42 1 .868 fr. 70. 

Le Conseil proposerai de prélever tout d'abord 
155.991 fr. 35 pour amortir complètement le compte 
Immeubles et Matériel, qui représente une dépense dé 
un million. Il ne restera plus au.x comptes amortis- 
sables que le compte « Rouleaux ^ pour 275.586 francs, 
et ce n'est pas là, à proprement parler, une immobili- 
sation. 

Un dividende de 1 2 p. 100 a été proposé, contre 
8 p. 100 précédemment. 



Teinturerie et blanchisserie de Thaon. 

L'.-Vssemblée annuelle a eu lieu le 28 octobre. Le bi- 
lan, au 3o juin, présente un bénéfice de 1 .695.908 fr. 24. 

En voici la répartition : 
.Amortissements extraordinaires . . . 440.i5:< fr. 66 

Réserve extraordinaire io5.555 55 

Compte à disposition (institutions 

ouvrières 52.777 79 

Dividende et tantièmes 897.222 24 

Le dividende a été maintenu à son chiffre de 5oo fr. 
nets. 

Les immobilisations s'élèvent à 24.8o5.6z5 fr. 26 ; 
elles se trouvent ramenées, par les amortissements, à 
5.6:56.021 fr. 74. 

Les réserves de toute nature atteindront le chirtre de 
2. •^65. 744 fr. i3, non compris le compte à disposition, 
destiné à alimenter les o:uvres ouvrières. 



32 



BIBLIOGRAPHIE 



BIBLIOGRAPHIE 

Allen's commercial organic Analysis. Vol. V. ; Tannins. 
Analyse du cuir. Teintures et matières colo- 
rantes. Analyse, etc. 4'' édition, écrite à nouveau en- 
tièrement, par W.-A. D.wis et Samuel S. Sadtler. 
London, J. et A. Churchill, éditeurs, 191 [. 
Cette édition contient les études suivantes : 
Tannins, par iVl. vV. P. Dreaper, pp. i à 102; 
Analyse du cuir, par M. \V. P. Dbeaper, pp. io5 à 

109 ; 

Teintures et matières colorantes, par .MM. W. P. 

Dreapeb et E. Feil.mann, pp. 116 à 227 ; 

Teintures des groupes 6 à 12, par M. J. T. Hewitt, 

pp. 23i à 38o; 

Matières colorantes d'origine régclale, par M. W. 

M. Gardner, pp. 384 à 433 ; 
Analyse des matières colorantes, par MM. W. P. 

Dreaper et E. Feilmann, pp. 435 à 539; 

Origine des matières colorantes, par M. Albert 

F. Seeker, pp. 625 à 640; 

Encres, par M. Percv H. W'ai.ker, pp. 600 à GSq, 



Kompendium der Farberei Chemie anf wissenschaft- 
licher und praktischer Grundlage fur Studierende 
und Industriell, von prof. Antonio Sansone; r vol. 
de 333 pa.yes, avec 53 figures et 168 échantillons. 
Librairie A. Hartleben, W'ien et Leipzig, 1912. 
Le chapitre premier (pp. i à o) est historique. Le cha- 
pitre II (10 à 55) traite des fibres textiles; le chapitre 
ill est consacré aux produits chimiques, le chapitre 1\' 
(]38 à 208) aux couleurs; le chapitre V (2og-238) au 
blanchiment des fibres textiles ; le chapitre VI (23q- 
272) aux applications des couleurs, le chapitre VII 
{ay:-2jb) donne quelques indications sur les essais de 
solidité. Le chapitre VIll (276-278) indique l'état des 
théories de la teinture. Dans le chapitre IX (279-299I, 
on trouve une rapide description des machines et ap- 
pareils. Le chapitre X (3oo-3i9) renferme les formules 
des échantillons des planches. Des tables de? poids 
atomiques, densité, etc., terminent le volume avec une 
table alphabétique. 

Traité complet d'analyse chimique appliquée aux 

essais industriels, par J. Prost et B. Neumann, 

2' édition française, refondue, traduite, d'après la 

3'' édition allemande, par G. Chenu et M. Pellet. 

Tome III, I"' fascicule: Engrais, terre, huiles, cuirs, 

colle, tabac, caoutchouc et gutta, matières explosives, 

allumettes, i vol. de 46S pages : 160 •< 245, avec 56 

figures. L'brairie Hermann, 6, rue de la Sorbonne, 

Paris. Prix : i5 francs. 



Chemisc4E FABRikEN V. Weiler-ter Meer. — Tein- 
ture sur soie filée. — Farbitngen auf Seidemtrang . 
Dveings on Silk Yarn. Carte de 3o échantillons 
doubles. 

La vie et les travaux du professeur-docteur 
£t. de Kostanecki, par E. Xoeltino. Brochure de 
55 pp. Conférence faite le 1" août inii, à la So- 
ciété suisse de Chimie, à Soleure. 



Fortschritte der Farbenchemie von 1908- 

1910, von professor-doctor E. Gram>moi;gin. Une 
brochure de 48 pp. Chemiker Zeitung, Cothen, 
1911. 



CORRESPONDANCE 
Teinture de l'alizarine en présence de son. 

Nous avons reçu la lettre suivante : 

Paris, le 11 novembre 191 1. 
Cher Monsieur Lefèvre, 

En complétant, si à propos, ma réponse à l'article de 
M. Villalonga, vous avez fait allusion au brevet qui 
vient d'être pris, au nom des « Farbwerke de Hoechst- 
s.-AL « pour donner aux nuances teintes sur laine à 
l'alizarine artificielle, une solidité approchant de celles 
teintes à la garance. 

Je crois utile de faire connaître, pour l'historique de 
la question, que ce brevet repose sur un fait qui n'est 
pas nouveau, tout au moins en ce qui concerne le co- 
ton ; car, en 1876 déjà, à la blanchisserie et teinturerie 
de Thaon-les-Vosges, on teignait le rouge turc en aliza- 
rine artificielle additionnée d'une assez forte quantité 
de son (2 kgr.de son pour i kgr. d'alizarine calculé à 
100 p. 100). 

Il avait été reconnu que les nuances teintes en pré- 
sence du son, était bien plus corsées et, en effet, plus 
solides que celles dont les bains n'en contenaient 
point. 

Ce n'estqu'en i885, lorsqu'on teignit le rouge ,\ndri- 
nople par le procédé dit « rapide », c'est-à-dire en bain 
concentré et alcalinisé d'alizarine, qu'il fal'ut suppri- 
mer le sou. parce qu'il était devenu gênant dans des 
bains de teinture trop courts et aussi parce qu'il ne 
produisait plus guère d'eflet utile dans une teinture 
menée si rapidement. 
Veuillez recevoir, etc 

p. momtavon. 



CONSERVATOIRE N.VTIONAL DES ARTS ET METIERS 

COURS DE TEINTURE ET D'IMPRESSION 

Par M. le Professeur Rosenstiehl. 

Les lundi et jeudi à 8 heures du soir 
(.amphithéâtre B.i 

Leçons à partir du 14 décembre 1911, jusque lin 
janvier 1912 : 

Les fibres minérales, végétales, animales. 

La cellulose, propriétés chimiques, mercerisation, 
oxvcellulose, nitrocellulose, coton-poudre, collodion, 
soies artificielles, éihers cellulosiques, les fibres. 

Le coton, blanchiment, saponification des corps gras, 
les agents décolorants ; eau oxygénée, bioxyde de so- 
dium, chlore, chlorure de chaux. 

Accidents du blanchiment. Organisation des ateliers 
de blanchiment. 

Procédés simplifiés. Blanchiment en écheveaux. 
Bleutage. 

Chanvre, lin, jute, ramie. 

Les corps pectiques. 

Fibres animales, laine, soie, plumes, cheveux, peaux, 
poils. 

Le suint. Sous-produits qu'on en retire. Potasse. La- 
noline. 

Dégraissage à la benzine. 



Le Directeur-Gérant : Léon Lefèvre. 
Tours. — Imprimerie E. Arradli et C'*. 



REVUE GÉNÉRALE 



MATIÈRES COLORANTES 

DE LA TEINTURE, DE L'IMPRESSION ET DES APPRÊTS 



16" Année 



N" 182. — Tome XVI 



1" Février 1912 



CONTRIBLTIOX A L'IIISTOIRh; DE LA TEINTURE EN ROSE DES TISSUS DE COTON 

Par M. P. MONTAVON. 



Avant la découverte des couleurs de résorcine, 
on ne connaissait qu'un seul produit pouvant 
teindre le colon en un rose assez ^if pour que Ton 
pût en comparer la teinte à celle de la fleur dont 
elle porte le nom. 

Ce produit, constitué par de l'acide carthamique 
(C"H'"0' , était e.\trait de la fleur du carthame 
(ou cartamei, appelé aussi safran bâtard. Il était 
livré au commerce, sous le nom de carmin de 
safranum, à l'état de flocons rouge écarlate dilués 
dans de l'eau que contenaient des litres en verre. 

L'acide carthamique est insoluble dans l'eau et 
dans les acides faibles; il forme avec les alcalis des 
carthamates solubles dont il peut étie reprécipité 
par les acides. De ces propriétés découle la méthode 
qui était employé en teinture. 

Rose franc. — On procédait généralement sur 
jigger : dans l'eau nécessaire : 70 à 80 litres) chauff'ée 
à 5o° C, on versait, en deu.x fois, les quantités 
prescrites de colorant et de solution de cristaux de 
soude. On v passait les tissus jusqu'à épuisement 
du colorant (quatre passages sullîsaient ; puis. 
après y avoir ajouté 1 acide tanrique. on donnait 
encore deu.\ passages dans ce bain, avant le rin- 
çage linal à grande eau. 

Il en résultait un rose pur d'une intensité en 
rapport avec la quantité de carmin emplovée. 
On trouvera dans le tableau suivant les proportions 
de colorant, de soude et d'acide qui étaient néces- 
saires pour obtenir une gamme de trois teintes 
correspondant, comme intensité, aux nuances 
C. C. 02 1 .C. C. 2 1 et C. C. 16 du Code des couleurs 
de P. Rlineksieck et Th. Valette (i). Avec ces pro- 
portions, on pouvait teindre un rouleau d'environ 
45 kilogrammes de tissu aux nuances indiquées. 



ROïF.S X'' 


C. C. 021 


c. c. il 


C. C. 16 


Carmin de safranum. .Litres 
Cristaux de soude. Grammes. 
Acide tartrique. . — 


','4 
10 
5o 


Ko 


1 
20 

120 



(i( Les teintures roses du Code des couleurs manquent 
quelque peu de vivacité; aussi je ne les indique ici que 
comme type d'intensité. 



Rose de Chine. — Pour les nuances roses, de 
tons plus jaunâtres, il fallait d'abord donner au 
tissu une teinte saumon plus ou moins intense, au 
moyen d'une couleur qui ne ternit point l'acide 
carthamique. Pour celle-là non plus il n'y avait 
pas de choix : seul, le rocou répondait à cette 
exigence. 

Les fonds saumon pour rose de Chine se tei- 
gnaient sur foulard par deux ou trois passages en 
solution de rocou (1); puis, après rinçage, on les 
remontait, sur jigger, en carmin de safranum 
auquel on ajoutait de l'acide tartrique, suivant les 
proportions décrites ci-dessus pour la teinture du 
rose franc. 

Les nuances produites par cette méthode avaient 
bien l'éclat et la fraîcheur de celle de la fleur; mais 
elles n"ofl"raient qu'une solidité médiocre à la 
lumière. De plus, le prix de revient de cette teinture 
était assez élevé, à cause du prix du carmin qui ne 
tut jamais moindre de 25 francs le litre. Cepen- 
dant, grâce au fond rocou, le rose de Chine, à 
intensité égale, en consommait bien moins que le 
rose pur et, du fait, le coût de la teinture s'en trou- 
vait d'autant plus diminué. 

A noter aussi que, pour ne pas ternir les nuances 
à l'extrait de carthame, on devait éviter de les 
sécher par contact, à une température trop élevée. 

Je devrais maintenant décrire le procédé à l'éo- 
sine qui fut le remplaçant immédiat de la vieille 
méthode à l'acide carthamique; mais, ayant été 
amené à parler de nouveau de rocou, je crois devoir 
d'abord ouvrir une parenthèse, pour donner la rai- 
son de l'emploi, assez fréquent autrefois, d'un colo- 
rant aussi fugace que le rocou. Je dois cette expli- 
cation à ceux de mes collègues qui en ont marqué 
de l'étonnement à propos des articles que j'ai pu- 
bliés dans les n"* 172 et 177 de cette Revue. 

C'est qu'il ne faut pas oublier qu'avant la décou- 
verte des couleurs d'aniline, la palette des teintu- 
riers était très restreinte; on ne donnait pas à 
volonté de la vivacité à certaines nuances; et, on 
devait forcément recourir au rocou comme ét;mt 

1; Voir la prépaiaiioii de rocou déjà décrite dans les 
no' 172 et 177, pages yS et 254, de cette Revue 1911. 



34 



LI.MITATION DE L'ARTICLE BROCHE SUR DOUBLURES 



la seule couleur orangée de l'époque i) qui ne 
ternissait point en présence d'un sel de fer. Les 
anciens teinturiers savent bien que, sans le rocou, 
il n'eut guère été possible de produire des teintes 
mastic, beige ou mode assez vives, par les anciennes 
méthodes au.x couleurs végétales li.xées par des sels 
de fer: ils ne connaissaient non plus d'autre pro- 
duit pouvant aviver le chamois à l'oxvde de 
fer. Il est d'ailleurs notoire que le rocou com- 
biné à d'autres matières colorantes, se montrait 
bien moins instable que lorsqu'il était employé 
seul. 

Rose à féosine. — C'est en 1873 que IVosine fit 
son apparition dans l'industrie. Avec un premier 
échantillon de 100 grammes livré par la firme 
Meister, Lucius et Brûning, au pri.x de i franc le 
gramme, j'ai pu établir aussitôt sur coton, des 
nuances roses aussi pures de teinte, quoique légè- 
rement plus jaunâtres, que celles produites par le 
carmin de safranum. On reconnaît aussi que le 
rose à l'éosine est plus résistante la lumière. Néan- 
moins, ce n'est guère que deu.x ans plus lard, 
lorsque le pri.x en fut devenu plus abordable, que 
l'on commença à substituer l'éosine à l'acide car- 
thamique. La découverte de l'érythrosine, surve- 
nue dans l'intervalle, permit alors d'obtenir par des 
mélanges, des teintes suffisamment violacées. 

De tous les procédés que j'ai essayés pour fi.xer 
les couleurs de résorcine sur tissus de coton, celui 
qui est de beaucoup le meilleur consiste : 1° a 
imprégner les pièces sur foulard en dissolution de 
ces colorants chaufiée à 5o° C. ; 2" à les passer 
ensuite sur jigger en bain froid de sous-acétate de 
plomb: 3" à les laver à grande eau. 

Pour reproduire la gamme des trois teintes roses 
ce 021, ce. 21 et ce 16, j'employais les 



( Eosine J. . . 
Erythrosinc J. 
{ Eau .... litres 
i Sous-acétate de plomb 
50- (2) . . . litres 
'Eau ... . 



ce. Oii 


C. C.2I 


4 

I 


18 


5o 


x> 


2/5 

5o 


34 

3o 



bains colorants et fi.xateurs décrits dans le tableau 
ci-contre. 

Rose de Chine. — Je le teignis par un procédé 
identique, en milang2ant de l'orangé II au bain 
d'éosine. La variété de ces nuances étant e.xtrème, 
je me bornerai à indiquer dans le tableau suivant 
trois formules avec lesquelles j'obtenais les teintes 
qui correspondent (comme intensité seulement > à 
C. C. 071, C. C. 71 et C. C 66. 



ROSE DE CHINE X> 


C. C, o:[ 


C. C. ;i 


C. C. 66 


. . Eosine J. . . gr. 

i"bam Orangé II . . — 
' Eau .... litres 
( Sous-acétate de plomb 

2' bain , 5o" B. . . . litres 
(Eau ... . — 


5 
5^ 

2,5 

5o 


i5 

6 

5o 

3/4 

5o 


45 
18 

5o 
I I 4 

5o 



Cerise, écarlate, capucine, etc. — Les produits 
de résorcine permirent en outre de produire des 
teintes plus nourries, d'une vivacité et d'un éclat 
qu'il n'avait pointété possibled'obtenir jusqu'alors. 

J'en décrirai trois comme exemples : 

Pour le cerise de l'intensité de C. C. 11, les tis- 
sus secs étaient foulardés en solution d'éosine 
iioo; passés ensuite sur jigger, à froid, en 3 litres 
sous-acétate de plomb 5o° B.. puis rincés à grande 
eau. 

Un rouleau de tissu, pesant environ 45 kilo- 
grammes, teint en cerise comme il vient d'être 
dit, puis remonté avec 25o grammes de phosphine 
donnait l'écarlate C. C. 36. En forçant la dose 
de phosphine jusqu'à 38o grammes, on obtenait 
le capucine C. C. 61. Plus tard la phosphine, dont 
le prix est resté assez élevé, fut remplacée par 
l'orangé II et le ponceau R. 

Depuis lors, le nombre des colorants aptes à 
donner de jolis roses sur coton n'a fait qu'augmen- 
ter : on produit successivement la phlosine, le 
rose Bengale, la lutécienne, la rhodamine, les diffé- 
rents roses diamine, et plus récemment, les roses 
dits* à la cuve ». C'est-à-dire que le coloriste n'a 
plus que l'embarras du choi.x. 

Paris, décembre 1911. 

P. .MONTAVON. 



LIMIT.\T10N DE L'ARTICLE BROCHE SUR DOUBLURES 

Par M P MONTAVON. 



M.M. J. Heilmann et Cie, J. A. Liff et Martin 
Battegav ont fait connaître dans le n" 178 octobre 
1911) de cette Revue un procédé d'impression des 
plus remarquables pour imiter l'article broché. 

Depuis fort longtemps déjà, on imite cet article 
par impression de couleurs plastiques, appelées 

1 1 Le curcuma et son extrait, la curcum'ine, donnaient 
également des teintes jaune-orangé assez vives ; mais 
comme leur application en teinture nallai! pas sans incon- 
vénient, l'emploi en l'ut toujours assez restreint. D'ailleurs 
les nuances au curcuma ne sont pas moins instables que 
celles au rocou. 

(2) VoirU préparation du sous-acétate de plomb à 5o° B., 
décrite dans le n° 177 (page 255 de cette Revue. 



gouache. Les effets obtenus sont tout aussi jolis, 
mais ils ne résistent point au lavage. Il est vrai 
qu'il ne s'agit en l'occurrence que d'articles de dou- 
blures pour lesquels la n:cessité d'un lavage ne 
.s'est jamais fait sentir. Je crois donc intéressant 
d'indiquer un procédé qui m'a servi longtemps 
pour donner l'aspect broché à différents articles : 
doublures imprimées et envers noir. 

Gouache. — Cette couleur d'impression était 
préparée en délayant 800 kaolin blanc i et 
1.400 blanc de zinc avec 2200 eau chaude ajoutée 

(ij .\voir soin d'employer le kaolin le plus blanc, celui 
qui sert pour l'apprêt de l'article blanc. 



L'IMITATION DE L'ARTICLE BROCHÉ SUR DOUBLURES 



peu à peu; puis, lorsque la masse était devenue 
bien homogène et sutfisamment refroidie, on y 
incorporait 5. 600 eau de caséine. 
Voici une formule pour préparer un épaississant 



de caséine qui permet de conserver assez longtemps 
les couleurs d'impression à l'abri de la putréfac- 
tion. 
Haii de casai?ie. — Dans un baquet taré, 10 kilo- 




Doublure imprimée à la gouache. 



- Doublure envers noir imprimée 
à la gouache. 




Jaune permanent R. >ur pni.icr [.1 ]. 



N -28. — Cachou immédiat OG [C 



Jaune permanent 4 R. 



[..1.1. 






N" 31. — Lanafuchsine brillante GG ['. 



Jaune vert immédiat G [C.]. 



grammes de caséine en 
poudre sont lavés, par 
décantation, deux fois 
à l'eau bouillante et 
une fois à l'eau froide ; 
on y ajoute ensuite 
4 litres alcool déna- 
turé, une dissolution 
de 600 grammes bo- 
rax, puis suffisam- 
ment d'eau froide pour compléter le contenu à 
49 kg. 3oo. On y mélange ensuite 700 grammes 
ammoniaque que l'on ajoute peu à peu en ma- 
laxant bien. 

Si l'on veut que la couleur gouache s'imprime 
facilement au rouleau, on doit lui faire subir un 




broyage. Je me servais 
à cet effet, d'une excel- 
lente machine cons- 
truite par la maison 
Rolls Schweizer et C" 
de Londres. Celle-ci 
tenait également lieu 
de tamiseuse car, cha- 
que fois que l'on de- 
vait imprimer du 

gouache, on préférait passer la couleur à la broyeuse 

au iieu de la tami.scr. 

L'impression gouache se fait le plus souvent sur 

des tissus teints préalablement en nuances pâles. 

Et afin que l'effet de brochage ressorte bien, on 

colore légèrement la couleur d'impression avec une 



36 



LA SOIE ARTIFICIELLE DANS LART DÉCORATIK 



ouleur vive, de ton opposé à la teinte du fond. 
Ainsi, pour surimprimer les fonds blancs, crème, 
mastic, paille et vert d'eau, la couleur gouache 
était colorée avec du violet de Paris : les fonds sau- 
mon, rose pâle, mauve, etc., avec du vert brillant; 
les fonds lilas, azur, topaze, gris argent, gris 



perle, etc., avec de l'orangé II de Saint-Denis, etc. 
Le gouache simprime également sur des fonds 
teints en nuances plus intensives et dans ce cas il 
imite assez bien les articles réservés ou rongés. 
Paris, décembre 191 1. 

P. MO.NTAVON. 



LA SOIE ARTIFICIELLE DANS L'ART DÉCORATIF 

La soie artiticielle a trouvé, comme on le sait, un — large débouché en particulier dans les tissus d"a- 



^•è^ 




Dentelle en soie artificielle viscose. — Dessin de M. Mazzara. —Cliché de V Art décoratif. 





Paravent brodé en soie an. 



-e. — Dessin de M. Karbowsky. — Cliché de VArt décoratif. 



LA SOIE ARTIFICIELLE DANS L'ART DÉCORATIF 



37 



meublement; à la récente exposition de Turin, 
l'année dernière, on a pu admirer quelques appli- 



cations des plus artistiques, dans le pavillon fran- 
çais des Arts décoratifs. 




Portière en soie artificielle viscose, exposée à Turin, d'après le dessin de M. Lalique. — Cliché de l'Ail décoratij. 



Nous reproduisons ici, quelques-unes des pièces 
qui furent exposées et qui retinrent l'attention des 
visiteurs. Une portière d'après un dessin de M. La- 



lique, un paravent brodé, dessiné par M. Kar- 
bowsky, et une dentelle dont le dessin est dû à 
M. Mazzara. 



38 



FOLR POUR LA FABRICATIOX DU BLEU D'OUTREMER 



PRÉPARATION DE L'INDIGO SOUS UNE NOUVELLE FORME (i). 



Le procédé consiste à séparer l'indigo de ses sels ou 
de ses dérivés leuco en présence d'acides aromatiques 
sulfoniques ou carboxyliques. 

Dans le b. f. 430634, les Farbw. v. Meister, Lucius 
& Brûning indiquent le procédé suivant : 

Exemple l. — On introduit 200 parties d'indigo dans 
2.000 parties d'acide sulfurique de 60° B., dans lequel 
on fait dissoudre environ 5o parties d'acide benzyl- 
sulfanilique ou de benzylsulfanilate de sodium. On 
remue pendant un temps prolongé et on verse ensuite 
la masse sur de la glace. On peut aussi opérer en ordre 
inverse en refroidissant bien le mélange composé de 
sulfate d'indigo, d'acide benzvisulfanilique et d'acide 
sulfurique et en y introduisant très lentementde l'acide 
sulfurique dilué ou de la glace. On peut aussi effectuer 
a décomposition dudit mélange d'acide benzylsulfani- 
lique, de sulfate d'indigo et d'acide sulfurique au 
Imoyen d'eau en présence d'autres corps, par exemple 
d'une certaine quantité d'amidon ou d'autres hvdrates 
de carbone insolubles ou solubles, ou de corps analo- 
gues, comme par exemple la glycérine, ou en présence 
de corps volumineux, tels que les hydrates, de l'acide 
silicique, etc. 

La pâte acide finement divisée ainsi obtenue est 
envoyée au filtre-presse; on peut la laver jusqu'à ce que 
les eaux soient presque neutres ou on peut la traiter 
par de la soude caustique, de l'ammoniaque ou un 
autre agent de neutralisation jusqu'à ce que la masse 
soit neutre ou faiblement alcaline. Le produit ainsi ob- 
tenu possède la propriété d'être réduit très facilement, 
même par des agents réducteurs d'une action très 
faible : ainsi il se réduit dans la cuve à glucose (cuve 



de fermentation) beaucoup plus vite et beaucoup plus 
facilement qu'aucun autre indigo synthétique déjà 
connu. 

L'indigo ainsi obtenu se distinguerait de l'indigo 
décrit dans les b. f. 2g6o36 iyon Rei'. Gén. Mat. color., 
t. 4-, p. 239I et B. F. So-iSSg. 

L'addition 14300 étend, à tous les acides aroma- 
tiques, l'action que le brevet principal réservait aux 
sulfoniques renfermant du benzyle. 

Exemple ff. — On introduit doo parties d'indigo dans 
2.000 parties d'acide sulfurique de 60° B. dans lequel 
on a préalablement fait dissoudre ou mis en suspension 
environ 5o parties d'acide 1.2-naphtolsulfonique ou 
par exemple d'acide p-sulfobenzoïque ou d'acide phta- 
lique ou d'acide phénanthrène-sulfonique, etc. Après 
avoir remué pendant un temps prolongé, on verse la 
masse en petites portions sur de la glace. 

La pâte acide finement divisée ainsi obtenue est 
envoyée au filtre-presse; on peut la laver jusqu'à ce 
que les eaux soient presque neutres, ou on peut la 
traiter par de la soude caustique, de l'ammoniaque ou 
un autre agent de neutralisation jusqu'à ce que la 
masse soit neutre ou faiblement alcaline. Le produit 
ainsi obtenu possède la propriété d'être réduit très faci- 
lement même par des agents réducteurs d'une action 
très faibles, ce qui est d'une grande importance techni- 
que, ainsi il se réduit dans la cuve à glucose (cuve de 
fermentation) beaucoup plus vite et beaucoup plus faci- 
lement qu'aucun autre indigo déjà connu. Les autres 
propriétés sont essentiellement les mêmes que celles 
décrites dans la demande de brevet principal. 



FOUR POUR LA FABRICATION DU BLEU D'OUTREMER (2). 
Par M. D. BOURDET. 

Les types de fours habituellement employés | dans la fabrication des bleus d'outremer, laques. 



Fcô 1 




Fig. !, coupe en plein. 



vernis, etc., ne sont pas disposés pour assurer une 

(i) Voir /?ev. Gén. Mat. color., septembre 1911, n- 177, 
p. 267. 



cuisson égale dans toute la masse, ce qui fait que 

(2) Voir aussi Rey- Gén. Mat, color., 1912, pp. iS 
et ig. 



FOUR POUR LA FABRICATION DU BLEU D'OUTREMER 



39 



te produit est inégalement cuit, présentant des 
parties trop ou pas assez cuites. 

Le résultat de ce mode de travail est que les 
déchets sont importants et le rendement mauvais. 

Le four Bourdet permet d'arriver à un résultat 



beaucoup plus satisfaisant comme produits et de 
réaliser une économie très sensible 'en réduisant 
des deux tiers environ le temps nécessaire ;i la 
cuisson. 

Le four affecte, en plan, une forme rectangulaire, 




Fig. 2, coupe A 



la grande dimension étant la largeur; il se termine 
à la partie supérieure par une voûte très surbais- 



sée, qui facilite le rayonnement du foyer vers les 
parois latérales (fig. 3). 



Fid 5 




Fig. 3, coupe C D. 



Sur la façade avant est une porte de fover a, 
ouvrant sur une grille b, laquelle est placée au 
milieu et un peu en contre-bas de la sole du four c; 
un cendrier d complète l'installaiion génératrice 
de chaleur. 

Les murs, soles, carneau.x, sont construits 



comme d'habitude, avec de la brique ordinaire et 
les revêtements en briques réfractaires dans les 
parties exposées à l'action du feu. 

Une ouverture e placée au-dessus de la porte du 
foyer sert à l'introduction des pots contenant la 
matière à cuire. Lorsque la sole est suffi.samment 



40 



NOUVELLES COULEURS 



garnie, l'ouverture est fermée avec des briques et 
iutée ensuite. 

Une ouverture f avec porte est pratiquée sur 
la face arrière pour permettre de prélever des 
pots échantillons pendant la marche de l'opéra- 
tion. 

Quatre regards g. deux placés sur la face avant, 
deu.x sur la face arrière, à hauteur d'homme et 
obturés habituellement par des tampons, permet- 
tent de surveiller la marche du four pour le réglage 
du feu. 

La sole e porte au droit des parois latérales, 
cinq ouvertures de chaque côté ^ (fig. i)de dimen- 
sions appropriées qui font communiquer l'intérieur 
du four avec les carneaux /. Ces derniers commu- 
niquent à leur tour par les conduits /, avec les 
carneaux k placés de part et d'autre de la grille et 



qui se réunissent en /, pour passer dans le conduit 
de la cheminée m. 

Un registre n sert à régler le tirage et par suite 
la combustion sur la grille b. 

La disposition des ouvertures h et y et des car- 
neaux /" et A- font que la chaleur dégagée par le 
loyer est également répartie dans toute la masse 
du four: cette chaleur est ainsi plus complètement 
utilisée en assurant une température égale dans 
toutes les parties. 

Le résultat de cette nouvelle disposition est que 
la matière contenue dans les pots est portée à la 
même température partout. 11 n'y a par conséquent 
ni coup de feu ni insuffisance de cuisson. La 
marche du four est facile à régler, grâce aux regards 
et à la faculté que l'on a de prélever des échan- 
tillons en cours d'opération. 



NOUVELLES COULEURS 



Bleu au méthyleSB [Badische Anilin 
;î Soda-Fabrik . 

L'avantage de ce nouveau bleu sur le bleu mé- 
thyle alcalhi ou bleu méthyle 3S est de se prêter 
à la teinture de la soie en bain acide ou en bain 
alcalin, la soie étant chargée ou non. 

En bain acide la nuance est plus foncée et plus 
violette. 

La solidité à la lumière est bonne. 

Par un traitement au tannin, après teinture, les 
nuances résistent bien à l'eau et au lavage. 

Cachous im.médiats OG et OR L. Cassella 

et Manuf. Lyonnaise). 

[Ech. n" 28 et 3o.) 

La nuance de ces nouveaux colorants au soufre, 
est plus jaunâtre que celle des anciennes marques 
de cachou immédiat. Leur bon unisson permet de 
les employer mélangés aux autres colorants im- 
médiats pour l'obtention de "couleurs mode. 

Le procédé de teinture est le même. 

La solidité au lavage et aux acides est très bonne: 
la laine blanche n'est pas colorée en bain acide 
bouillant. La résistance à la lumière est satisfai- 
sante. 

On peut se servir de ces colorants pour la tein- 
ture en appareils. 

Jaune pebmane.st R et 4 R, en pâte ou en 
MORCEAUX Actiengesellschaft fur Anilinfabri- 
kation). 

'Ech. n"' 27 et 29.) 

Ces deux colorants, insolubles dans l'eau, sont 
destinés à la préparation des couleurs à l'huile, 
pour le bâtiment, pour l'impression tvpographi- 
que et pour les papiers peints. 

Pour préparer les pigments, il n'est pas néces- 
saire de précipiter les colorants, il suffit de les 
mélanger, à la température ordinaire, avec le 
substratum : sulfate de baryte, blanc fixe, hydrate 



d'alumine, blanc de zinc. etc. Le mélange est 
séché et broyé. " 

Lt jaune permanent R est solide aux acides et à 
la lumière ; sa résistance à la chaux est modérée. 
Quant au jaune permanent Ji R, il résiste parfai- 
tement aux acides, aux alcalis, à la chaux et à la 
lumière. 

Les deux couleurs sont stables jusqu'à unetem 
pérature de 140 à 150" C. 

Jaune vert immédiat G (L. Cassella 
et Manuf. Lyonnaise. 

[Ech. n" 32.; 

Ce colorant soufré est recommandé pour son 
excellent unisson et sa nuance jaunâtre particulière 
qui permet de l'employer pour obtenir des tons 
verts, olive ou khaki. ou encore pour nuancer les 
couleurs mode. 

On teindra sur des bâtons coudés, dans des 
cuves en bois, d'après la méthode bien connue 
utilisée pour les colorants immédiats. 

Lanafuchsine brillante GG [L. Cassella 
et Manuf . Lyonnaise. 

[Ech. «■' 3r. 

La nuance de cette nouvelle marque est plus 
jaunâtre que celle de l'ancienne marque BB. 

La solidité à la lumière, aux alcalis et au fer 
chaud est bonne ; il en est de même pour le déca- 
tissage. Au carbonisage, la nuance bleuit légère- 
ment, la résistance au lavage et au foulon est 
modérée. Le coton blanc n'est pas coloré, la soie 
est légèrement teinte. 

La teinture s'effectue en présence de sulfate de 
soude (10 p. tooi et de sulfurique (4 à 6 p. 100). 

Nigrosines solubles a l'eau AD, AR et A2 
[Act. Gesell. fiir Anilinfabrikation.) 

Ces produits, bon marché, sont destinés à la 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



préparation des crèmes à chaussures ; ils sont so- 
lubles dans l'eau, rendent bien, résistent aux 
alcalis et n'ont pas d'odeur. 

On peut aussi s'en servir pour l'apprêt des 
cuirs. 

Noir au chrome a l'acide N [Farbenf. v. 

F. Bayer ly C"). 

(Edi. 71" 33.) 

{Voir Rev. gén. ?na!. color., n" iSi, i"'- janvier 

l(_)12, p. 22.) 

Rouge Indanthrkne BN extra pâte (Badisc/ic 
A ?H7/«-çy Soda-Fabrik] . 

Ce nouveau rouge pour cuve, donne des nuances 
sensiblement plus vives que la marque ancienne 
rouge indantlirène R, sans toutefois arriver à la 
vivacité du rouge d'.\ndrinople. 

Le rouge indantlirène RN extra pâte convient 
aux mêmes emplois que les autres colorants in- 
dantlirène et, comme tous les rouges pour cuve, 
surtout pour l'obtention de nuances roses. 

Pour la teinture du coton, on opère à froid 
avec : 

env. 1/4 de litre de lessive de soude 3o° B. 

100-200 gr. Hydrosulfite conc. B. A. S. F. 

par 100 litres d'eau, et 

5o p. 100 du poids de la marchandise, 

sulfate de soude anhydre. 

Si le bain tend à se ternir, on lui ajoute de la 
lessive. 



Le rouge indantlirène BN extra pâte est très 
solide à la lumière ; il résiste très bien au lavage, 
à l'eau, au poiting, au chlore et à la surteinture. 
La solidité au soufre, aux acides, aux alcalis, au 
frottement, au repassage et au vaporisageest satis- 
faisante, le rouge résiste mal au débouillissage. Il 
est insensible à l'action de la chaux. 

Impression; — Avec le rouge indantlirène BN ex- 
tra, les impressions les meilleures s'obtiennent par 
le procédé de vapori sage avec addition de rcngeali te. 
On obtiendra encore de meilleurs résultats avec 
une couleur d'impression composée de : 

3oo parties rnuifi.' indanlIiriiiL' BN exlra pâte. 

3o — H''>''^'-'r'"6. 

170 — british gum solidifié. 

i3o — eau. 

faire chauffer et, après refroidissement, ajouter: 

100 parties rongeaiite C. 
20J — sullite de potasse 45" B. 

70 — lessive de soude 45" B. 

Les couleurs d'impression, obtenues de cette 
manière, se conservent bien. 

A la lumière, les impressions au rouge indan- 
tlirène BN extra sont très solides à la lumière et 
dépassent, à ce |)oint de vue, le rouge indantlirène 
R, et même les impressions à l'alizarine qui s'en 
approchent comme nuance. 

Les teintures par foulardage (procédé 107g) ron- 
gées à la rongeaiite CL fournissent des blancs 
purs. 

Le rouge indantlirène BN extra pâte convient 
aussi pour l'impression par pulvérisation. 



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II. — PRODL ITS CHIMIQUES 

% b). — Minéraux. 

II b). — HYPEROL (Son usage), par M. .1. MIL- 

BAUER [Chem. Zeit., p. 871, 191 0. 

L'hyperol, introduit sur le marché par G. Richter. de 
Buda-Pest, est constitué par une combinaison d'eau 
oxygénée et d'urée décrite parTanatar) avec une petite 
quantité d'acide citrique. L'analyse d'un échantillon de 
ce produit a donné les résultats suivanis : 

• Urée 65,70 p. 100 

H202 34 » — 

Acide citrique 0.08 — 

qui se rapprochent sensiblement de la formule : 

CO,NN2r.H-'02. 

L'hyperol se trouve dans le commerce sous la forme 
d'une poudre cristalline agglomérée en tablettes de 
i gramme. Il se dissout facilement dans l'eau et dans 
ralcool; traité par l'élher, il abandonne son eau oxy- 
génée. Chauffé à 60°, il se décompose avec dégagement 
d'oxygène. Ce composé peut avantageusement rem- 
placer l'eau oxvgénée dans un grand nombre de ses 
usages, et en particulier dans l'analyse. 

p. CARRÉ, 



H b). — SULFATE DE SOUDE ET CHLORURE 
DE SODIUM (Leur usage en teinture) par M. E. 
KRAUS (Fiirb. Zeit., t. 22, p. 333; 1911). 

Dans la teinture du coton au moyen des colorants 
directs on emploie indifféremment le chlorure ou le sul- 
fate de sodium, tandis que pour la teinture des tissus 
mi-laine on utilise généralement \o sulfate de soude. 
Cependant on devrait préférer les sels d'acide fort mo- 
nobasique, comme le chlorure de sodium, car le sulfate 
de soude est hydrolyse à la température ordinaire selon 
l'équation : 

SO'Na'- -I- H'-O = NaOH 4- SO^NaH 

(Arndt, Zeit.f. anorgan. Chem., t. 28, p. 365; 1901'. 
Il en est de même à l'ébulliiion, les liqueurs de sulfate 
de soude sont notablement plus riches en ions 01 1 que 
les solutions de chlorure de sodium. On remarque que 
l'altération des tissus mi laine, lors d'une teinture au 
bouillon, est plus marquée en bain de sulfate de soude 
qu'en bain de chlorure de sodium. On doit aussi 
tenir compte de ces phénomènes pour la leinlurede la 
laine. Cette hydrolyse du sulfate de soude explique 
l'altération de certaines teintures en bain de sulfate de 
soude, alors qu'elles sont insensibles à l'eau pure. Dans 
la teinture du coton par les colorants sensibles aux al- 
calis on obtient de meilleurs résultats en bain de chlo- 



42 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



rure de sodium qu'en bain de sulfate de soude, tou- 
jours pour la même raison. 



g c). — Organiquex. 

II c). — TOLUÈXE (Siilfonalion «lu — ) par 
MM. A. F. HOLLEMAXX et P. CALAXD (fie/7. 

Ber., l. 44, p. 2604; 191 1). 

Les auteurs ont préparé, à l'étal de pureté, les trois 
acides monosuUoniques du toluène et leurs chlorures. 

Les dérivés ortho et para s'isolent facilement des 
produits de sulfonation du toluène, par cristallisation 
fractionnée de leurs sels de baryum ; le meilleur mode 
d'obtention de l'acide para consiste à faire réagir le 
chlorure de sulfurvle commercial sur le toluène. L'acide 
meta s'obtient par o.wdation du î»-thiocrésol au moven 
du permanganate de potassium. 

Afin de déterminer les proportions de ces trois com- 
posés qui se forment dans la sulfonation du toluène, les 
auteurs ont fait l'analyse thermique des chlorures cor- 
respondants. Ils ont trouvé que la proportion des dé- 
rivés para et meta augmente quand la température 
s'élève, tandis que celle du dérivé ortho diminue. La quan- 
tité m<i.i;imum de l'acide para se produit à la tempéra- 
ture de 75°; à 100° les proportions des trois acides sont 
sensiblement les mêmes. La réaction repasse de même 
façon avec l'acide sulfurique à q6p. 100 et avec l'acide 
à 100 p. 100 ; mais elle est largement intluencée par la 
quantité de cet acide; la proportion de dérivé para aug- 
mente quand la quantité d'acide sulfurique diminue, 
pour toutes les températures ; en présence d'un grand 
e.xcés d'acide sulfurique elle est plus faible à 0°, sensi- 
blement la même à 35°, tandis qu'elle est plus grande 
à yS" et à 100°. 

Lorsqu'on remplace l'acide sulfurique par l'acide 
chloro-sulfurique, on trouve qu'il se forme plus de 
dérivés para et meta et moins de dérivé ortho qu'avec 
l'acide sulfurique. L'addition de sulfate de potassium, de 
mercure ou d'argent à l'agent de sulfonation n'e.verce 
aucune influence sur la nature des produits formés. 
Les auteurs pensent que, à 100°, les acides ortho et para 
se transposent l'un dans l'autre. 

p. CARPE. 

II c). — ACIDE ISATOÏQl'E (Produits de con- 
densation de r — aveo l'oxytliionaphtène, l'in- 
dandionc et l'Indanonei, par MAL E. XOELTI.XG 

et A. HEKZBAOI [Berl.Ber., l. 44, p. 2585; 191 1). 

La condensation de l'isatine avec l'oxythionapbténe, 
en liqueur alcaline, conduit à l'acide ihioquindoline- 
carbonique 




Celui-ci teint la laine et la soie, en bain acide, en jaune 
pâle. Chauffé au-dessus de son point de fusion, il se 
décompose, avec production de thioquindoline. 

L'indandione a fourni, d'une manière analogue, 
l'acide quinolvlène-phénylène-cétone-carbonique: 



CH 



— C = N • 

I 



'::C°H^ 



CO- C=C(CO'-^H;' 



composé perd également du gaz carbonique sous l'in- 
fluence de la chaleur. 

L'indanone a donné l'acide quinolylène-phénylène- 
méthane-carbonique : 



CH 



^CH'--C = C (CO-H)/ 



qui est jaune pâle, mais n'a pratiquement aucune affi- 
nité pour les fibres. 

On peut remarquer que, parmi les composés du 
type : 

- C= N 



\ 



X.C = C(CO-H) 



dans lesquels X = NH (flavindine), S, CO et CH°, la 
coloration de l'acide libre et de ses sels et l'affinité pour 
les fibres et pour les mordants décroissent de NH à CH^ 
dans l'ordre donné. 

p. C,\RRÉ. 

m. — MATIÈRES COLORANTES 

^ a). — Théorie et généralités. 

111 a). — CIIRO.MOPHORES (Contribution à 
l'étude des — ), par M. II. KAUFJklANX (Chem. Zeil., 

p. 1 089 ; 191 i). 

L'auteur étudie l'influence delà position des groupe- 
ments chromophores dans le noyau benzénique, sur la 
couleur et la fluorescence. Pour un même groupement 
le phénomène est en général plus intense pour la posi- 
tion para que pour les positions ortho et meta. Les 
recherches ont porté plus spécialement sur les dérivés 
benzéniques renfermant des méthoxylescommegroupes 
auxochromes. 



0CH3 

/\chr 

OC H» 



OCH3 

•^NocH^ 



0CH3 



\/0CH3 
chr 



Chr. désignant un chromophore du type C=:C 



qui teint la laine et la soie en un jaune très pâle. Ce 



-Rj. 

Rj et R,, étant aussi variés que possible (NO-, CN, 
CO-H, CO^CTF", CH-, CH^i. 

Tous ces composés ne sont pas fluorescents, mais ce 
sont les dérivés para qui présentent le plus souvent la 
fluorescence. Ce sont encore les dérivés para dont la 
coloration est la plus intense. Il est important de re- 
marquerque la règle précédente ne s'applique que si le 
groupe chromophore est directement attaché au noyau 
benzénique; c'est ainsi que les trois isomères (o, m et 
p){CWOfC<'W. CH=N— N = CH - C^'Ha (OCH»)^ 
ne présentent pratiquement pas dedilïèrence de couleur; 
tous trois sont jaunes comme la benzylidéne-azine elle- 
même. Elle ne s'applique pas non plus si les groupes 
auxochrome et chromophore se trouvent dans des 
noyaux difl'érents. C'est ainsi que, si l'on introduit des 
groupes auxochromes dans le noyau C^H^ du dinitro- 
stilbène C^H^ CH= CH. C^H^ (NO*)^,, ils sont à peu 
prés sans influence. 

On observe en outre que la fonction cliromophore 
semble aller de pair avec le caractère acide. Plusieurs 
des substances examinées existent sous deux formes 
chromo-isomériques, c'est ainsi que l'éther diméthoxy- 
2-5-a-cyano-cinnamique existe sous les modifications 
jaune et orangé. La chromo-isomérie se rencontre éga- 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



43 



lement dans le cas du dimcthoxy-2.5-diniiro-2'.4'-stil- 
bène et dudiméthoxy-2.5-nitro-2'-cyano-4'-s:ilbène. 

p. CARRÉ. 

III n). — MATIKÎÎES COLOR AXTES (Leur dé- 
veloppenieiit siii- la fibre par l'aotioii de la lu- 
mière), par M. C.B.Vl'liIS<;illC/!eM!. Zeit., p. 1141: 
191 1). 

Lorsqu'on imprègne la laine ou la soie avec une solu- 
tion du sel d'ammonium de l'a-nitrosonaphtylhydroxy- 
lamine.et qu'on vaporise, la fibre acquiert une couleur 
jaune clair ou brun foncé ; si l'on expose ensuite à la 
lumière solaire, le tissu se trouve teint en un rouge so- 
lide ; celui-ci est plus clair si le vaporisage est fait en 
présence d'aldéhvde formique. 

L'a-nitrosonaphtylhvdroxylamine s'obtient ainsi : on 
fait passer un courant de gaz ammoniac dans une so- 
lution benzénique d'a-nitrosonaphtylhydroxylamine re- 
froidie à 0° ; à la solution claire (contenant un excès 
d'ammoniaque) on ajoute rapidement un léger excès 
de nitrite d'amvlela théorie exige i molécule); il se sé- 
pare alors des cristaux blancs, qui sont essorés et lavés 
à l'éiher. 

La production de la matière colorante rouge est expli- 
quée par l'auteur de la façon suivante : l'a-nitroso- 
naphtylhvdroxvlamine primitivement fixée sur la fibre 
est transformée par le vaporisage en n-nitrosonaphta- 
lène, lequel serait réduit par la fibre en azoxynaphta- 
lène; enfin, ce dernier, sous l'influence de la lumière, 
subirait une transposition moléculaire pour donner 
ro-oxyazonaphtalène. 

p. CARRÉ. 

§ d). — Organiques] artificielles. 

ni (i\ — COLORANTS AZOÏQLES (Action du 
suinte et du bisulfite de soude sur quelques — ), 

par iNLNL R. LEPETIT et E. LEVI [Ga^. Cliim. Ital.. 
t. 41, p. 675 ; 191 1). 

Il a été montré précédemment (Chem. Ind., p. 411, 
igro) que les colorants azoïques de formule générale 
NO-.C'^H^.N^ N. R sont facilement réduits par le bi- 
sulfite de soude, dans les dérivés aminés correspon- 
dants, qui peuvent ensuite être diazotés et copules avec 
différentes substances pour donner des colorants tétra- 
zoïques. 

Les auteurs se sont proposé de rechercher s'il était 
possible de réaliser les mêmes réactions avec le sulfite 
de soude. Par une longue ébullition avec le sulfite ou 
avec le bisulfite de soude, l'acide benzène-azo-salicylique 
ou son dérivé p. nitré est décomposé ; on introduit dans 
sa molécule un ou plusieurs groupes sulfoniques ; il 
se produit aussi une réduction avec dégagement d'am- 
moniac. IJacide ;?-nitrobenzène-azo-salicylique {jaune 
d'ali^ariiie R){oucn'a de l'acide aminobenzene-azo-sali- 
cylique, de la /;-nitraniline et un dérive sulfonique de 
l'acide aminosalicylique. Ce dernier acide s'obtient éga- 
lement à partir de l'acide benzène-azo-salicylique, en 
même temps qu'un dérivé hydrazoïque de constitution 
probable: 

C«H^N"H.N S03H).C''H^(OH)C02H 

L'action du sulfite de sodium sur l'acide ji'-nitroben- 
zène-azo-salicylique, à température relativement basse 
(environ 600), fournit presque uniquement le dérivé 
aminé correspondant, sans rupture sensible de la 
chaîne azo'i'que. 

p. CARRÉ. 



III d). — rOLORAMTS OXYAZOIQLES (Sur les 
eoniposés du bisulfite avee les - ), par ^\. \. i\. 

VOROZT.SOV Joiirn. Soc. Pliys. Chim. Russe, t. 43, 

p. 771 ; 1911). 

L'auteur étudie la constitution des composés formés 
par le bisulfite de soude avec les ben^ène-a^o-p- et 0- 
crésols,el les beii^ène-a^o-%e\. [^-naphtols. Il trouve que 
tous les oxy-azoïques ne réagissent pas à la manière ordi- 
naire sur le bisulfite. Ainsi le p et l'o-oxyazobenzéne, et 
les benzène-azo-o-et;;-crésols ne sont pas modifiés par 
une ébullition prolongée avec la solution alcoolique de 
bisulfite de soude, tandis que les dérivés azoïques de 
l'a- et du li-naphtol réagissent facilement dans les mêmes 
conditions pour former des composés cristallisés so- 
lubles dans l'eau. Les dérivés acétylès de ces deux azo- 
naphtols réagissent aussi sur le bisulfite ; les substances 
obtenues, décomposées par l'ammoniaque diluée à 
froid, ou par la solution de soude caustique, fournissent 
l'oxy-azoïque correspondant, ainsi que cela se produit 
pour les dérivés non acéivlés ; il semble donc que les 
groupements acétylès soient hydrolyses lors de la réac- 
tion du bisulfite. La facilité avec laquelle ces dérivés 
bisulfitiques sont décomposés, même par les alcalis 
dilués, rapprochée du fait que l'acide hydrazobenzéne- 
X-sulfonique donne seulement de l'azobenzène par ac- 
tion de la soude (Bucherer et Sonnenburg, Journ. /• 
pralit. Chem., t. 81, p. i, lyio), est en désaccord avec la 
façon de voir de Spiegel {Berl. Ber., t. 18, p. 1479, 
i8-5) suivant laquelle ces combinaisons bisulfitiques 
seraient des dérivés N-sulfoniques d'hydrazoïques. 

Les amino-azoïques réagissent sur le bisulfite pour 
donner des produits identiques à ceux formés par les 
oxy-azoïques correspondants. Ainsi, les traitements suc- 
cessifs par le bisulfite de soude et par l'ammoniaque 
permet de passer d'une manière simple des amino- 
azoïques aux oxy-azoïques dans la série du naphta- 
lène. 

L'auteur envisage les composés formés par le bi- 
sulfite avec les oxy-azoïques de la série du naphtalène 
comme des sels d'éthers sulfureux; ceux formés par les 
benzène-azo-naphtols par exemple, répondraient à la 
formule : 

C«H5 - N = N — C'»H6.0S02Na 

Bien que les phénols de la série du naphtalène se 
transforment facilement en dérivés aminés correspon- 
dants, lorsqu'on les chauffe avec l'ammoniaque ou le 
sulfite d'ammoniaque sous pression 

R.OH — R.O.SO-NH^ — R.NH- 

le benzéne-azo-»-naphtol ne se comporte pas de ma- 
nière analogue. Il fournit, sous l'influence des mêmes 
réactifs, surtout de l'a. a-dinaphtylamine-bis-azoben- 
zène : 

C^H^N = N.C'»H«.XH,C"'H«.N = N-CH^ 

p. CARRÉ. 

III d). — APOSAFR.VXIXE (l'ii isomère de 1'—, 
et un troisième isomère de la phénosafranine) 
par M.\l. F. KEHRMAXX et J. RIERA Y PUXTI 

[Berl. Ber., t. 44, p. 2G22 ; 191 1). 

Un nouvel isomère de la phénosafranine, le rf/am!«o- 
2. 6-phénylphénazonium a été préparé de la manière 
suivante: Le chlorure de picryle chauffé avec la nitro- 
4-amino-2-diphènylamincen solution alcoolique fournil 
la tètranitro-2 . 4. 6. 3'-phcnylamino-2-diphénylamine 

r/'II2 (N02)3. Nil. CHP (NO-;. NH. C» H^ 
qui forme des cristaux brun jaunâtre se décomposant 



44 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



vers 174». Ce composé mis en suspension dans l'alcool 
et traité par la soude concentrée donne la trinitro-i.3. 7- 
phényl-io-dihydrophénazine, cristallisant en aiguilles 
d'un noir violet, qui se décomposent vers 265°; par 
réduction il est transformé en dérivé triaminé corres- 
pondant, lequel chauffé en solution alcoolique perd de 
l'ammoniac, et par addition de chlorure de sodium 
précipite le chlorure d'une nouvelle matière colorante 
de formule. 

N 



NH2^ 



y%/\/ 

N 
/\ 

Cl aw 



Ce colorant teint le coton mordancéau tannin en bleu 
verdâtre et devient rouge par l'action des acides dilués; 
la couleur primitive revient par le lavage ; les alcalis et 
le savon sont sans action sur la teinture. Le dérivé 
diacétylé de ce colorant teint le coton en rouge violet 
et le dérivé monoacétylé en violet Lorqu'on traite ce 
dernier par l'alcool et l'acide azoteux, on élimine le 
groupe aminé, et après hydrolyse du groupement acé- 
tylé on obtient le chlorure de l'iso-aposafranine 



/\/-^./\NH= 




qui n'a pu être purifiée, car ses solutions sont très in- 
stables. 

p. CARRÉ. 

III rf).— APOSAFRAi\IIVE (Un troisième iso- 
mère de 1' — ) par MMF.KEHR.MAXIV et A.MASS- 

LEXIKOFF (Ber!. Ber., t. U, p. 2628; 191 1). 

L'aposafranine (I) a été transformée en un nouvel 
isomère de l'aposafranine (11). 

N NH2 




\/\/\/NH 
N 
/\ 
Cl CH^ 

(I) 

A cet effet, on la transforme en dérivé mono-acétylé' 
élimine le groupe aminé resté libre par l'intermédiaire 
du diazoïque correspondant, puis hydrolyse le groupe- 
ment acéty lé. L'aposafranine (11) se purifie facilement 
parl'intermédiaire de son bromure qui se dissout dans 
l'eau en donnant une solution bleu verdâtre. 



III rf). — FLAVANTIIRÈNE (Nouvelle syutlièse 

du — ) par M. E. BE.XECII {Mon. f. Chem., t. 32. 
p. 447; 1911). 

Le flavanthréne a été obtenu, en petite quantité, par 
la série des réactions suivantes : l.a méthoxy-2-an- 
thraquinone est transformée successivement en dérivé 
nitré-i puis aminé-i. Ce dernier, par l'intermédiaire de 
son diazoïque, conduit à riodo-i-méthoxy-2-antraqui- 
none, qui, chauffée avec la poudre de cuivre, est trans- 
formée en diméthoxy-2.2'-dianihraquinonyle-i.i', qu'il 



suffit de saponifier pour obtenir le dioxy-2.2'-dianthra- 
quinon} le-i'.i'. Ces deux derniers composés, chauffés 
à 270», en tubes scellés avec une solution concentrée 
d'ammoniaque donnent de très petites quantités de fla- 
vanthréne. Le diméthoxy-2.2'-dianthraquinonyle-3.3', 
isomère obtenu d'une manière analogue au moyen de 
la nitro-3-méthoxy-2-anthraquinone, ne donne pas trace 
de flavanthréne quand on le chauffe avec l'ammo- 
niaque. 

p. CABRÉ. 

m d). — COLORANTS POUR CL'VE (Synthèse 
de — , déhydroii^énation catalytique et forma- 
tion de noyaux eondcnsés par l'action du 
chlorure d'alumininni), par M. R. S<:lIOLL (Zeit. 
f. angew. Chem., t. 24, p. 1844 ; 1911). 

L'élimination de l'hydrogène des noyaux aromatiques 
qui exigeait une température voisine du rouge, peut 
s'effectuer vers 100°, en présence du chlorure d'alu- 
minium anhydre. Cette nouvelle réaction est suscep- 
tible de diverses applications synthétiques. L'a-na- 
phtylphénylcétone, par exemple, chauffé à 140° avec le 
chlorure d'aluminium est transformée en ben\anlhrone, 
substance voisine de colorants pour cuves importants, 
la violanthrone et Visoviolanthrone. Ce mode de 
condensation parait général pour les mono- et les poly- 
cétones aromatiques ayant au moins une position péri libre 
par rapport au groupement cétonique. La violanthrone. 
obtenue par Bailly en fondant la benzanthrone avec un 
alcali peut aussi se préparer en chauffant le dibenzoyl- 
4.-4'-dinaphtyle-i. r, avec le chlorure d'aluminium. 

Les noyaux héiérocycliques peuvent être condensés 
d'une manière analogue. Le di-a-thénoyipyrène par 
exemple chauffé avec le chlorure d'aluminium, fournit 
une substance dont le noyau rappelle ceux du thiophène 
et de la pyranthrone, brun rouge, et de propriétés analo- 
gues à celles des colorants pour cuve de la série dp 
l'anthraquinone. 

p. CARRÉ. 

III rf). — PYRANTIIROIVE (Les collo'ides chimi- 
ques et la cuve de — ), par M. R. SCHOLL {Berl. 
Ber., t. 44, p. 1450; 191 1.) 

L'auteur s'est proposé d'élucider les deux propriétés 
curieuses suivantes de la pyranthrone : r ce colorant 
donne deux cuves diversement colorées suivant la 
température à laquelle elles ont été préparées ; à froid, 
on obtient une cuve rouge cerise pâle ; à chaud, la 
cuve est rouge-magenta ; 2° le tissu teint avec une cuve 
de pyranthrone faite à froid ou à chaud prend un ton 
beaucoup plus brillant par ébullition avec le savon. 

Il a déjà montré que la cuve de pyranthrone à l'hy- 
drosulfite, préparée à chaud, traitée par le chlorure de 
/^-bromobenzoyle donne un précipité de di-jt;-bromo- 
benzoyllétrahydropyranthrone ; ce dernier est facile- 
ment saponifié pour donner les sels alcalins de la 
télrahydropyranthrone. Si l'on applique la même réac- 
tion à la cuve préparée à froid on trouve que cette 
cuve renferme également comme produit principal de 
la téirahvdropyranthrone. Cependant le précipité formé 
pur le chlorure de /j-bromobenzoyle n'est pas pur, et le 
composé non-purifié soumis à l'hydrolyse par la potasse 
alcoolique, communique à la solution la couleur rouge 
cerise de la cuve. La substance associée à la télrahy- 
dropyranthrone dans la cuve préparée à froid, parait 
être de la pyranthrone non réduite à l'état de solution 
colloïdale, formant une combinaison d'adsorption ou 
un complexe colloïdal avec une partie du composé dis- 
sous dans la cuve. Cette façon de voir est justifiée par 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



45 



l'expérience suivante : Lorsqu'on prépare une cuve de 
pyrantfirone avec la soude caustique et la poudre de 
zinc, on obtient également, à froid, une cuve rouge- 
cerise, et à chaud, une cuve rouge-magenta ; après fil- 
tration la première de ces solutions passe au rouge- 
magenta par l'action de la chaleur en même temps 
qu'il se forme un précipité de pyranthrone. 

En ce qui concerne l'action du savon sur la teinture 
en pyranthrone, l'auteur a montré qu'il s'agit d'un 
phénomène d'oxydation. Le même changement s'ob- 
serve en effet, lorsqu'on abandonne le tissu teint pen- 
dant 4S heures, à la température ordinaire, dans une 
solution qui renferme i p. 100 de soude caustique et 
I p. 100 de ferricvanure de potassium, ou même par 
simple immersion dans l'eau pure durant 8314 jours. 
De plus si le tissu soumis à l'action du savon est traité 
par une solution alcaline d'hydrosullite il reprend sa 
teinte primitive. 

Il existe entre la pyranthrone et la tétrahydropyran- 
throne, un composé intermédiaire, la dihydropyran- 
throne, qui se dissout dans les alcalis en donnant une 
solution opalescente brun foncé. 11 est très probable 
que le ton foncé des teintures de pyranthrone non 
savonnées est diî à la dihydropyranthrone qui forme 
avec la fibre un composé d'adsorption. 

La stabilité des hydropyranthrones aux agents oxy- 
dants, relativement aux hydro-indanthrènes et hydro- 
flavanthrènes peut être attribuée à la présence de grou- 
pements basiques dans le complexe de la pyranthrone. 

p. CARRÉ. 



IV. — FIBRES TEXTILES 
§ a). — Géiicra!itc\<!. 

IV a).— .VCÉTATES l)K <;ELLlI-OSE(Sui- l'his- 
torique ^\es — ),pir^\.n.OST{Zeit.f.angell'. Chem., 
l. 24, p. 1304; 191 1). 

L'auteur fait l'historique de la préparation et de la 
fabrication des acétates de cellulose. Il rappelle qu'il 
a été le premier à signaler que le produit obtenu par 
le procédé de Bayer et de Lederer (Brer.al!., 159924) 
est un iriacétate. Rappelons que c'est ce triacétate qui 
a été proposé pour la fabrication de succédanés du cel- 
luloïd, sous le nom de Cellite; il a l'avantage de donner 
des produits ininflammables, mais il est, jusqu'à pré- 
sent, beaucoup plus coûteux. 

IV a). — ACÉTATES DE CELLULOSE iSiir Ihis- 
torique des ~), par M. A. EICIIEXGIÎUN {Zeit.f. 
angew. Chem., t. 24, p. i3o6; 191 1). 

Voir ci-dessus. — L'auteur réclame à son tour la part 
qui lui revient dans la préparation des acétates de cel- 
lulose. Il discute en outre les phénomènes d'hydrolyse 
qui se produisent lors de l'acétylation de la cellulose; 
il trouve qu'on ne peut encore dire à quel stade de 
l'acétylation cette hydrolyse a lieu. 

p. CABRÉ. 



M') 



Sdlurcllcs. 



IV b). — CELLILOSE .Volioii «le l'aeiile for- 
mique sur la — ). par MAL C. 1'. CiSOSS et E. J. IJE- 

VAN {Chem. Soc., t. 99, p. 1460; 191 1). 

Les auteurs ont étudié les produits résultant de Tac- 
lion de l'acide formique sur la cellulose, avec ou sans 
l'intervention d'un agent calalylique. Les solutions 



visqueuses peuvent être précipitées par l'eau, ou aban- 
données à l'évaporation sur une surface de verre en un 
film transparent. La substance précipitée, lavée et 
séchée à l'air, est soluble dans la pyridine et le nitro- 
benzéne; elle se dissout aussi dans la solution de 
potasse à 20 p. 100 ou dans le thiocyanate d'ammo- 
nium. Elle retient 8 à 9 p. 100 d'humidité. Sa saponi- 
fication semble indiquer qu'elle est constituée par un 
diformiate, alors que l'analyse correspond à un mono- 
formiate de cellulose. Après une conservation de 
4 mois dans un flacon fermé, le produit renferme de 
l'acide formique libre; si l'on entraîne ce dernier par 
l'eau, on en trouve alors une quantité correspondant à 
une molécule. Les auteurs en concluent que le produit 
en question est un monoformiate d'une cellulose modi- 
fiée, et que la seconde molécule d'alcali employée lors 
de la saponification a été consommée par un acide 
résultant de la réaction de l'alcali sur la cellulose; de 
plus cette seconde molécule d'acide n'est pas de l'acide 
formique, mais probablement de l'acide acétique. L'acé- 
tylation de cette substance fournit un diacétylmono- 
formiate. 

La cellulose résiduelle obtenue par la saponification 
du formiate primitif présente les signes de modifica- 
tions profondes dans sa constitution; elle donne un 
pourcentage élevé et anormal d'hydrogène, et par acéty- 
lation elle fournit un produit renfermant plus de trois 
molécules d'acide acétique, ainsi que cela est le cas pour 
le triacétate caractéristique de la cellulose. L'examen 
du film obtenu par dessiccation de la solution formique 
du produit primitif de la réaction montre qu'il s'agit 
d'une cellulose modifiée insoluble dans la pyridine, 
retenant i3 à 16 p. roo d'humidité. 

Lorsqu'on prolonge l'ébullition avec la soude alcoo- 
lique aqueuse, on observe une séparation progressive 
de substances acides. 

Lorsque la cellulose est traitée par l'acide formique 
en présence d'un catalyseur (chlorure de zinc ou acide 
phosphorique), elle forme peu à peu une solution vis- 
queuse; lorsqu'on verse dans l'eau, une certaine pro- 
portion des produits de la cellulose modifiée reste en 
solution; l'augmentation de poids des produits soluble 
et insoluble est relativement faible; la partie insoluble 
possède un indice de saponification plus élevé que si, 
étant donnée sa composition élémentaire, on l'envisa- 
geait comme un éther-sel. 

Les auteurs ont aussi étudié, par analogie, les pro- 
duits de condensation de l'acide formique avec les 
dérivés polyhydroxylés de la série aromatique. La 
résorcine, traitée par l'acide formique, en présence 
d'acide chlorhydrique, fournit du tétra-oxyben\hydrol 
CHOH[Cf'H'(ÔH)-J-. Ce mode particulier de conden- 
sation parait seulement se produire lorsqu'il se trouve 
une position para libre par rapport à l'un des oxhy- 
driles phénoliques; ainsi l'hydroquinone ne réagit pas. 



|\ |f,). _ CELLILOSE (Oiielques nouveaux 
solvants de la — et leur action sur cette sub- 

stanoe),par AL II. G. DEiMIXG {Joiirn. Amer. Chem. 
Soc, t. 33, p. i5i 5 ; 191 1 '. 

La cellulose, sous la forme de papier-filtre, se dissout 
dans les solutions aqueuses concentrées de certains 
sels, comme le trichlorurc d'antimoine, le chlorure 
stanneux et le bromure de zinc. Les solutions de ces 
sels dans l'acide chlorhydrique ou dans l'acide brom- 
hydrique aqueux, et beaucoup d'autres, ainsi que les 
solutions de certains sels dans l'acide formique et dans 
l'acide irichloracétique dissolvent facilement la cellu- 



46 



REVL'E DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



lose. 11 est probable que la solubilité delà cellulose es: 
due, dans ce cas, à une affinité de la cellulose pour le 
sel métallique, variable avec le degré d"hvdratalion et la 
structure mécanique de la cellulose: cette aflinilé résulte 
d'un partage du sel entre la fibre et la solution. Le 
complexe d"adsorption peut alors, ou bien s"hydrater, ou 
bien passer en solution. Ce dernier effet ne se rencontre 
que si l'on élève suffisamment la température, ou que 
si l'on se trouve en présence d'un agent, comme les 
acides, qui puisse provoquer l'union avec l'eau. Cette 
manière de voir est confirmée par ce fait que la cellu- 
lose modifiée par un traitement aux acides devient so- 
luble dans certains réactifs, le chlorure de calcium par 
exemple, dans lesquels elle était précédemment inso- 
luble. 

Les acides chlorosulfonique, arsénique et sélénique 
possèdent aussi la propriété de dissoudre la cellulose. 

La précipitation de la cellulose de ses solutions dans 
les liqueurs salines acides fournit des produits amor- 
phes qui jouissent de propriétés réductrices marquées 
et qui sont facilement hydrolyses. Ces produits sont 
des « celluloses modifiées ». Un des formiates de cellu- 
lose avant été hydrolyse par l'acide chlorhydrique con- 
centré donne une cellulose modifiée semblable. De 
plus, l'action de l'acide chlorhydrique transforme la 
cellulose en produits solubles dans l'eau et finalement 
en dextrose. 

p. CAPRE. 

IV b). — CELLULOSE (Action des sololions 
salines sur la — >, par M. B. RASSOW (Zeit. f. an- 
gew. Chein., t. 24, p. 1 137; 1911). 

Lorsqu'on plonge la cellulose dans la solution diluée 
d'un sel de cuivre, elle fixe une petite quantité de 
cuivre, alors que l'acide correspondant reste entière- 
ment en solution. Le coton non blanchi absorbe plus 
de métal que le coton blanchi. La fixation du cuivre 
est réduite au minimum lorsque la fibre a été purifiée 
au moyen de la soude caustique et de l'eau chaude. 
Cette diminution de l'absorption du métal est due, 
suivant l'auteur, à la présence de l'oxycellulose. Les 
hvdrates de cellulose et l'hydrocellulose n'enlèvent pas 
le cuivre de ses solutions salines. On pourrait donc 
adjoindre à l'indice de cuivre proposé par Schwalbe, 
l'indice de sulfate de cuivre, pour la caractérisation des 
celluloses. Le sulfate de nickel, le sulfate d'aluminium 
et le chlorure de poiassium se comportent de même 
façon que les sels de cuivre envers le coton blanchi. 
Les soies artificielles qui renferment de l'oxycellulose 
fixent mieux ces métaux que le coton ordinaire. La 
fixation est indépendante de la concenuation des solu- 
tions, de la température et du temps. Le nitrate d'ar- 
gent est réduit par les différentes celluloses. Les cou- 
leurs basiques sont aussi fixées par la cellulose comme 
les sels métalliques. 

p. C.VRRÉ. 

iV b). — CELLULOSE La — an snlfate), par 
.M.\i. P. KLASOX et B. SEGERFELT iPapierfa- 
brikant, t. 9, p. loqS, lyii.- 

Le procédé au sulfate présente sur le procédé au 
sulfite l'avantage de permettre la régénération des agents 
chimiques employés, au moven seulement des matières 
organiques éliminées du bois, sans autre consomma- 
tion de combustible. L'analyse du résidu sec de l'évapo- 
ration a donné: carbonate de soude, ôi gr. 73; sulfure, 
21, 5 ; sulfite et hyposulfite, 7, 33: soude, 3.5; silicate, 
1.22; sulfate, 2. 78; oxyde de fer, o. 04, insoluble et 
perte, 1.9. Les lessives introduites dans les bouilleurs, 



d'une densité de ;6 à 2ùB., renferment 90a 100 grammes 
de soude caustique, 25 à 3o grammes de sulfure et 
10 grammes de carbonate par litre; on emploie envi- 
ron 207" d'alcali par rapport au poids du bois sec. On 
fait digérer le bois avec cette lessive à 150-170» pen- 
dant 3 à 6 heures. Le rendement en cellulose varie de 
44 à 5o p. 100 suivant la variété du bois; il est plus 
élevé, d'au moins 10 p. 100, que lorsqu'on emploie la 
soude caustique seule. 

Le gros inconvénient de ce procédé est la production 
de mercaptan méthylique et de sulfure de méthyle, 
d'odeur très désagréable; la proportion de mercaptan 
diminue lorsqu'on augmente la proportion de soude 
caustique, elle peut varier de 100 grammes à i kilo- 
gramme par tonne de bois sec: elle dépend également 
de la nature du bois, le pin est l'un de ceux qui en 
fournissent le plus. 

Les lessives noires sortant des digesteurs renferment 
pour i.ooo grammes de matières organiques, 342 gr. ode 
lignine, 24 gr. 7 d'acides gras et de résines, 3ô gr. 9 d'acide 
formique, 5i gr. 6 d'acide acétique et 3o3 gr. 4 d'acides 
lactoniques. Sur le soufre introduit à l'état de sulfure, 
5i, 8 p. 100 se sont combinés à la lignine, i5 p. 100 
se sont échappés à l'état de composés organiques 
volatils, 16, 8 p. 100 restent sous la forme de sulfure, 
16, 4 p. I 00 disparaissent sans doute par oxydation. 
Lors de la digestion du bois les hydrates de carbone 
gommeux sont transformés en acides sacchariques ; ils 
donnent probablement aussi de l'acide formique et de 
l'acide acétique, ce dernier provenant des pentosanes. 
La molécule de la lignine est scindée en composés ana- 
logues de poids moléculaire plus faible, solubles dans 
les alcalis, en même temps elle se combine au soufre 
et perd environ i 5 de ses méthoxyles; ces derniers 
sont hydrolyses avec production d'alcool méthylique et 
de ses dérivés sulfurés. La combinaison d'une moiiié 
environ du soufre avec la lignine et la réaction entre 
l'alcool méthylique et les sulfures alcalins fait penser 
que la causticité de la lessive augmente progressive- 
ment, ce qui éviterait une action trop vive de la soude 
caustique sur la cellulose. Cependant il est préférable 
de ne pas mettre plus de 25 p. 100 de l'alcali sous la 
forme de sulfure, sans quoi on augmente la propor- 
tion de mercaptan dégagé. 

p. CARRÉ. 



IV b). — CELLIXOSE La — au sulfate : ti- 
trage des liqueurs de digestion), par .M. B. LIXD- 

QUIST \Papierfabrikant, t. 9, p. 1127 ; 191 1). 

Les liqueurs employées pour le traitement du bois, 
dans le procédé au sulfate, renferment principalement 
de la soude caustique, du sulfure de sodium et du car- 
bonate de soude. La proportion de sulfure dépend de 
la quantité de sulfate ajoutée aux cendres lors de la 
régénération, et cependant cette proportion est à peu 
près constante. .Mais les proportions de soude et de 
carbonate dépendent de la façon dont la causiification 
est conduite ; on doit la rendre aussi complète que 
possible, car le carbonate est à peu près inactif. 

Le titrage de ces divers éléments se fait ordinairement 
au moyen de l'acide sulfurique en présence d'acide 
rosolique comme indicateur, ce qui donne toute la 
soude et le carbonate et la moitié du sulfure, mais il 
n'indique pas le degré de caustification des liqueurs. 
.\fin de remédier à cet inconvénient, l'auteur propose 
la méthode simple suivante : 

La liqueur est additionnée d'une cenaine quantité de 
chlorure de baryum qui précipite le carbonate ; après 
filiraiion on litre au moyen d'acide chlorhydrique N/2, 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



4/ 



en présence de phlaléine du phénol, ce qui donne la 
soude et la moitié du sulfure, et comme la quantité de 
sulfure est constante et connue, il est facile de calculer 
à 0,5 p. 100 près la proportion de soude libre qui se 
trouve dans les lessives. 

p. CABRÉ. 

I\' bt. — .StUK.S (llcoliorches sur la ooiiiposi- 
(iun (les dinërcnles variétés de — ). par .\1. E. 
ABDERIIALDEXiZt//. physiol. Chon., t. 74, p. 427; 
1911). 

L'auteur a examiné les produits de l'hydrolyse totale 
d'un échantillon de soie anaphé. Ils renferment une 
proportion relativement grande de tyrosine, avec des 
quantités considérables de glycocolle et d'alanine ; la 
présence des acides aspartique et glutamique a été 
reconnue, ainsi que celle de traces de leucine et de 
proline. La composition de cette soie est identique 
ou très voisine de celle des autres soies e.xaminées, 
comme les soies Bombyx mori et les soies Tussah 
d'origine africaine. 11 semble que toutes les soies déri- 
vées des Pinna iiobilis possèdent une certaine analogie 
de composition. La tyrosine, Talanine et le glycocolle 
sont toujours prépondérants, tandis que les autres cons- 
tituants ne s'y trouvent qu'en faible proportion. 



iV *). — <:OTOX (Sur les coiistitiiauts «lu — 

brut), par AL E. KAECIIT {Jount. Soc. Dyers and 
Col., t. 27, p. 255; 191 l'j. 

En soumettant à l'extraction systématique par des 
solvants volatils des cotons d'origines diverses, l'auteur 
a obtenu les résultats suivants : 

I. Coton égyptien. — La matière grasse de ce coton se 
compose de 70 parties d'une cire A, soiuble dans 

■ l'éther de pétrole, et de 3o parties d'une cire B, inso- 
luble. L'extrait alcoolique donne 0,68 p. 100 d'un 
résidu solide, amorphe, brun et très hygroscopique. 
L'extraction par leau fournit 1.46 p. loo d'une sub- 
stance brune, hygroscopique, ressemblant à l'extrait 
alcoolique. L'ammoniaque (26 cmc. d'ammoniaque 
concentrée par litre) enlève 0,45 p. 100. L'acide for- 
mique dilué (25 cmc. par litre) enlève 0,46 p. 100 d'une 
substance brune solide, non hvgroscopique, qui est 
formée en majeure partie de matières minérales. 

II. Coton du Te.xas. — Le benzène extrait o,55 p. 100 
d'une matière grasse semblable à celle du coton égyp- 
tien. L'extraction par l'alcool donne 0,90 p. 100 d'une 
substance d'aspect analogue à celle fournie par le coton 
égyptien, qui absorbe 19 p. 100 d'eau à l'air humide et 
qui renferme 1,07 p. 100 d'azote ; elle réduit la liqueur 
de Fehiing; ce pouvoir réducteur peut dans certains 
cas présenter une certaine importance pour le bUnchi- 
ment et la teinture. L'extrait aqueux est de 1,61 p. 100; 
il est plus foncé que celui du coton égyptien ; il absorbe 
9 p. 100 d'humidité; sa réaction est acide au tourne- 
sol, il renferme 0,37 p. 100 d'azote et réduit la liqueur 
de Fehiing. L'extraction par l'ammoniaque donne 0,39 
p. 100 d'une substance semblable à celle fournie par le 
colon égyptien. L'acide formique enlève 0,46 p. 100 
de matières minèr-iles. L'acidechlorhydrique enlève 0,43 
p. (00 de substances formées surtout de matières miné- 
rales et renfermant 9,8 p. 100 d'azote. 

ill. Coton du Bengale — La proportion de matière 
grasse est de o,38p. 100 ; cette matière grasse comprend 
une partie soiuble dans l'èther de pétrole et une partie 
insoluble. Les autres extraits n'ont pas été étudiés. 



Le coton du Texas est donc celui qui, parmi les 
cotons étudiés, donne, au total, l'extrait le plus élevé. 



IV b). ~ FIBRE TEXTILE [L'industrie de la — 
au Brésil) [Journ. Royal Soc. Arts, t. 59, p. 920 ; 

1911}. 

11 semble que le Brésil soit décidé à développer dans 
l'avenir son industrie cotonniére. Il possède en effet 
des arbres cotonniers qui sont dignes de retenir l'atten- 
tion. On rencontre au Brésil deux arbres indigènes, 
qui poussent à l'état sauvage dans certaines régions, et 
qui sont capables de produire du coton. 

L'un de ces arbres, connu sous le nom de Barraguda 
(à cause de la forme en baril de son tronc), pousse jus- 
qu'à une hauteur de 25 à 35 pieds ; il prend au-dessus 
de la partie la plus large de son tronc une forme de 
cône très élancé qui porte des branches ayant jusqu'à 
12 pieds de long. Les gousses dans lesquelles le coton 
se développe ont de 5 à 8 pouces de long et 2 à 4 
pouces de diamètre. La fibre est grossière, blanche, 
longue et résistante ; elle est trop grosse pour servir à 
la fabrication des textUes d'un certain degré de finesse, 
mais elle convient très bien pour la confection des 
couvertures, du gros fil de coton et de bien d'autres 
substances. 

Un autre de ces arbres, appelé Iinbirussu, fournit 
un coton beaucoup plus fin, de couleur brune, extrê- 
mement léger, mais qui n'est pas assez long pour être 
bion filé, et ressemblant au duvet. 11 est si léger et si 
floconneux que le contenu entier d'une cellule peut en 
être chassé par le vent. La fibre présente une solidité 
remarquable ; une bande d'un demi-pouce de large, 
n'ayant subi aucune préparation spéciale, peut suppor- 
ter un poids de 5o à 100 livres. L'arbre possède une 
écorce particulière et caractéristique. 11 se rencontre 
dans le centre de Bahia et dans le nord de Ninas 
Geraes, où il est particulièrement abondant. 



IV b\.— SOIE (Théorie de la charge de la — ;, 

par M. P. IIEEIOLVJVX [Chem. Zeit., t. 34, p. 629; 

191 1). 

L'auteur discute l'opinion de Sisley, d'après laquelle 
la charge de la soie au chlorure stannique se produit 
par l'imprégnation du tissu lorsque celui-ci est plongé 
dans la solution. 11 maintient sa première façon de 
voir (Chem. Ind.,p. 820, 1904) et montre que la théo- 
rie ionique est en accord avec les faits. Dans la charge 
par le chlorure stannique, on trouve en effet que la 
moitié seulement de l'oxvdc stannique fixé est directe- 
ment adsorbé par la fibre, le reste de la solution qui 
adhère mécaniquement se trouve fixé lorsqu'on lave 
le tissu; la diminution de concentration du bain cor- 
respond seulement à la moitié environ de la quantité 
d'étain fixée sur la fibre. L'auteur affirme également 
l'exactitude de ses observations {Chem. Ind., p. 1224. 
1905) sur le procédé au phosphate d'étain. 



§ c). — Artificielles. 

IV c . — VISCOSES de cellulose et d'amidou, 
par .\1M. II. OST, F. WESTIIOFF etL. GESSXEU 
{Lieb. ,\nn. Chem., t. 382, p. 340; 191 1). 

L'amidon fournit une viscose analogue à celle de la 
cellulose, plus stable. On prépare cette viscose de la 



48 



REVLE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



façon suivante : io grammes d'am.j^>n de pomrce de 
terre sont agités avec 20 à 25 centimètres cubes de sul- 
fure de carbone, en vase clos, on ajoute ensuite en une 
seule fois deux raoiécules au moins de soude caustique 
sous la forme d'une solution aqueuse à 10-20 p. 100. 
Au bout de quelques heures on obtient une gelée 
jaune qui peut être mise sous la forme de filaments 
très tins. Ce santhate se dissout dans l'eau en un liquide 
visqueux duquel lalcool ou les solutions salines satu- 
rées le précipitent sous la forme d'une masse avant l'as- 
pect du cuir. Les acides minéraux et l'acide acétique le 
décomposent en amidon, sulfure de carbone et hydro- 
gène sulfuré. Par la consenation, la viscose devient 
moins visqueuse, elle mûrit, mais, même après plu- 
sieurs mois, elle ne se coagule pas. La viscose ne se 
forme pas avec les alcalis dilués, ni avec les alcalis 
concentrés 5o p. 100). Le produit formé a été analysé 
après purification par dissolution dans l'eau et précipi- 
tation par l'alcool : le sodium a été dosé à l'état de sul- 
fate de so«de. le soufre par la méthode de Carius et 
Pamidon par h\drùlvse en dextrose que l'on dose avec 
la liqueur de Fehiing. La Cfmposition de différentes 
préparations varie d'une manière appréciable, en raison 
de l'hvdrolyse qui se produit lors de la dissolution et 
de la précipitation. Dans la plupart des cas, on trouve, 
pour une molécule d'amidon, i.35 à i,2i< atomes de 
soufre et 1,3 à 1.2 atomes de sodium. La formule pro- 
bable du santhate est donc (NaO.C*H'CK).CS.SNa)», 
mais, par suite de l'hydrolyse qui se produit suivant 
les équations : 



(XaOC^H'^Oî.OCSSNa»- — nH*0 - 

— nNaOH 

et (C«HsO*OCSSXa - -+■ 

_ (CiiH"0*OCSSNa;i'' * 4- n/: 



z(C*H*0»O.CSSN!a)- 

n 2H'0 
iCS» -^ n/2\aOH 



les p. 100 de soufre et de sodium sont un peu trop 
faibles. 

Pendant la maturation, la viscose devient de moins 
en moins visqueuse : c'est ainsi qu'un échantillon pu- 
rifié par trois précipitations à l'alcool, dissous dans 
l'eau, et examiné au viscosimélre d'£ngler, voit sa vis- 
cosité tomber de i3o à oen 25 jours. La maturation est 
accompagnée d'une hydrolyse analogue à celle qui se 
produit lors de la purification, mais qui est beaucoup 
plus prononcée. Une viscose conser\-ée 12 jours et pré- 
cipitée par lalcool ne renferme plus t;ue 0,84 atome 
de soufre et 0.20 atome de sodium pour une molé- 
cule d'amidon, alors que les chiffres correspondants 
de la viscose fraîche étaient de 1,77 et 1.82. La dimi- 
nution de la viscosité n'est pas due à cette hydrolyse, 
mais à l'action des alcalis sur l'amidon qui provoquent 
une dépolymérisaiion ; cette façon de voir est confir- 
mée par ce fait que l'amidon soluble et les dextrines 
donnent des xanthates relativement mobiles. 

La viscose de cellulose s'hydrolyse également pen- 
dant la purification et la maturation ; pendant la ma- 
tur<ilion la viscosité augmente de nouveau après avoir 
diminué, cet accroissement est dû à la séparation de 
cellulose libre sous la forme colloïdale. La cellulose 
précipitée d'un vieil échantillon de viscose par l'acide 
chlorhvdrique parait être identique à celle qui se sépare 
d'une cellulose sodique. et lorsqu'elle est séchée à 120- 
125*. sa composition est identique à celle de la cellu- 
lose. Lne érvthnîdextrine obtenue par action de rexirait 
de malt sur une pâte d'amidon, à 70». nest pas réduc- 
trice, sa composition diffère peu de ctlle de l'amidon ; 
à 5o° on obtient une achrodextrine C*H'"0^)'H-0. 



v;. — MORDANTS 
S j . — Théorie et généralités. 

VI a). — LAOIES COLORÉES Sur la constî- 
tation de quelques — ). par M. P. PFEIFFER 
(Chem. Zeit.. p. 899 : 1911). 

L'auteur a préparé un certain nombre de laques 
colorées d'oxycétones et d'oxyquinones, à l'étal chimi- 
quement pur: il les regarde, conformément à la théorie 
de Tschugaeff-Werner, comme des sels complexes in- 
ternes. Leur couleur est due à des phénomènes halo- 
chromiques intramoléculaires. 

L'o-oxyacètophénone fournit avec le chlorure stan- 
nique le composé presque incolore 




CH» 



tandis que les oxyacétophénones meta et para ne se 
combinent pas au chlorure stannique. ainsi que le veut 
la théorie. Le composé analogue de la rèsacétophé- 
none 

HO/'X/^X Sn CP 
I I ô 

. \/\:^ 

est jaune, ainsi que celui de la quinacêtophénone. 
Celui de l'eu-^aothone 



HO/\/\/\ 
III 




est orangé, et celui de l'alizarine est noir violet. Ce 
dernier, exposé à l'air, se transforme en hydrate jaune 
orangé duquel dénve la laque scannique d'alizarine 
rouge orangée, exempte de chlore. Le composé d'étain 
formé par la gallacètophénone 'jaune d'alizarine B. .A. 
S. F. 



OH 



O 



\Sn Cl- 
/ 



\/\o 

C o 

I 
CIP 

îune intense, et celui de la gallobenzophénone 

.0 



I 1 

C=^ 



\ 



SnClî 



C*H' 

qui est orangé ont été caraciérisés comme produits 
désubstituès. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



49 



VII. - TEINTURE 
^ a). — Théories et généralités. 

VII c7). — SOIE (Xouvelle méthode «le teinture 

de la — ), par M. L. PAl'L (Zeit. f. angew. Chem.. 
l. 24, p. iSSy ; iqi i). 

La soie, traitée par une solution d'un diazoïque 
ou d'un tétrazoïque absorbe ces composés et ne les 
abandonne plus par lavage; lorsqu'on la met ensuite 
en contact avec la naphtylamine ou un phénol, il se 
forme les azoïques correspondants, à l'état de teintures 
très solides au lavage et à la lumière. 

Ce procédé a été découvert en étudiant certains colo- 
rants obtenus par action de l'acide sulfurique sur la 
résorcine. Lorsqu'on traite cette dernière par une quan- 
tité d'acide sulfurique insuffisante pour une sulfonalion 
complète, de façon à obtenir un mélange de résorcine 
et de ses dérivés sulfoniques, il se forme deux matières 
colorantes, que l'auteur désigne par Ri et FI ; la pre- 
mière est une poudre rouge ; la seconde, qui ;possède 
une fluorescence verte, teint le colon en tons plus 
jaunes que Ri. Ces substances se combinent facilement 
avec les diazoïques et les tétrazoiques, et cela spécia- 
lement lorsqu'ils ont d'abord été fixés sur soie ; déve- 
loppéesautétrazodiphényle, elles donnentdestons bruns 
à brun bleuâtre. 

L'acide ^-naphtoldisulfonique se condense également 
avec la résorcine à i5o° pour donner un composé phè- 
nolique qui présente les propriétés de la résorcine et 
du ji-naphtol. De même que les phénols, [ce composé 
est fixé par la soie et donne des colorants variés par 
copulation avec les diazoïques. 

p. CARKÉ. 



s*). 



Procédés. 



VII *). — TEIXTITUE iSur la — du coton), par 

M. A. SCHAEFER (Zeit./. Farb. hid., t. 10, p. 225 ; 
igii;. 

Chacun connaît l'importance prise par les colorants 
directs dans la teinture du coton. Afin d'augmenter la 
solidité à la lumière et au lavage, on est souvent amené 
à faire suivre la fixation du colorant d'un traitement 
par un sel métallique, ou une diazotation et une copu- 
lation. 

Les sels métalliques les plus employés sont le sul- 
fate de cuivre et le bichromate de potasse; le premier 
augmente la solidité à la lumière, et le second la solidité 
au lavage ; on se sert aussi parfois du bichromate de 
soude, du fluorure de chrome et plus rarement du 
sulfate de nickel. Dans tous les cas le colorant forme 
ou bien une combinaison saline, ou bien subit une 
réaction d'oxydation. 

Le tissu bien lavé est traité, à 6o-8o°, pendant 20 à 
3o minutes par un bain renfermant i à 3 p. 100 de 
sulfate de cuivre et i à 3 p. 100 d'acide acétique; ce 
traitement convient particulièrement bien pour les 
bleus substantifs, comme la beiigai^urine G,de nuance 
verdàtre ; d"autres, comme le bleu cupramine brillant 
RB, prennent un ton bleu vif et deviennent plus so- 
lides à la lumière. Une plus grande solidité au lavage 
s'obtient avec un bain renfermant 2 à 3 p. 100 de 
chromate alcalin ou de fluorure de chrome et 2 à 
3 p. 100 d'acide acétique. Pour obtenir simultanément 
la solidité à la lumière et au lavage, on prendra un 
bain renfermant 2 à 3 p. 100 de sulfate de cuivre, i à 
2 p. 100 de chromate alcalin et 3 à 4 p. 100 d'acide 
acétique. Les eaux employées seront corrigées au 



moyen d'acide acétique lorsqu'elles seront trop dures. 
Pour augmenter la solidité au lavage, les chromâtes 
alcalins peuvent être remplacés par l'aldéhyde for- 
mique. 

Après avoir été rincé une demi-heure à la tempéra- 
ture ordinaire, le tissu est plongé dans un bain à 60", 
renfermant 2 p. 100 d'aldéhyde formique et 2 p. 100 
d'acide acétique; ou si l'on veut en même temps aug- 
menter la solidité à la lumière, dans un bain à 40° 
renfermant i,5 p. 100 d'aldéhyde formique, 1 p. 100 
de sulfate de cuivre, i à 2 p. 100 d'acide acétique. Mal- 
heureusement les bains à base de cuivre ne peuvent 
être employés dans des appareils en fer. 

La maison Cassella et C'" a trouvé que les sels de 
nickel, et en particulier le sulfate de nickel, augmen- 
tent également la solidité à la lumière, et de plus peu- 
vent être utilisés dans des appareils en fer. On prend 
alors un bain renfermant 2 à 3 p. 100 de sulfate de 
nickel et 2 à 5 p. 100 d'acide acétique, ou bien i à 
1,5 p. 100 de sulfate de nickel, i à i,5 p. 100 de chro- 
mate alcalin et 2 à 5 p. 100 d'acide acétique. 

La diazotation suivie d'un développement convenable 
est aujourd'hui très employée dans la teinture du 
coton, car ce traitement présente de multiples avan- 
tages : il augmente l'intensité de la couleur, la solidité 
à la lumière, aux acides, au lavage et au foulon. Pour 
ce traitement, la constitution chimique du colorant 
fixé sur le coton présente naturellement une grande 
importance. 

Le tissu teint avec un colorant direct diazolable est 
lavé, puis traité par un bain de: 2,5 p. 100 d'azotite 
de soude, -,5 p. 100 d'acide chlorhydrique à 20° B. 
et 5 p. 100 d'acide sulfurique à 66° B., pour les tons 
foncés; et i,5 p. 100 d'azotite de soude, 5 p. 100 
d'acide chlorhydrique et 3 p. 100 d'acide sulfurique 
pour les tons clairs. On ajoute d'abord l'azotite à froid, 
puis l'acide dilué; la diazotation dure de 10 à i5 mi- 
nutes, on rince et passe aussitôt dans le bain dévelop- 
pateur, à froid, et qui renferme, suivant le ton à obte- 
nir : 0,3 à I p. 100 de Ji-naphtol dissous dans une 
lessive de soude à 0,6-2 p. 100 de soude à 22° B. ; 0,26 
à I p. 100 de résorcine, dissous dans la soude à 
1-4 p. 100 ; 0,25 à I p. 100 de phénol ; o,5 à i p. 100 
de développateur Bordeaux dissous dans l'acide chlor- 
hydrique à 0,1-0,2 p. 100 d'acide à 20° B. ; o,3 à 

1 p. 100 de ;«-phényIènediamine dissous dans l'eau ; 
0,3 à I p. 100 de Mi-toluylènediamlne dissous dans 
l'eau; o, 3 à i p. 100 de naphtylamine dissous dans 
l'acide chlorhydrique à i-3 p. 100. Les bains peuvent 
renfermer un excès de développateur ; il faut avoir 
soin de bien laver. 

On arrive au même résultat en diazotant directement 
le développateur, qu'on fixe ensuite sur la fibre. Ce 
procédé convient particulièrement bien dans le cas de 
la /^-nitraniline (rouge azophore, nitrosamine, nitrazol. 
benzonitid). On fait alors une solution de/7-nitraniline 
avec 1 kilogramme de ;t7-nitraniline, 7 1. 5 d'eau et 

2 I. 5 d'acide chlorhydrique à 20° B.; après refroidisse- 
ment et dilution avec 17 I. 5 d'eau, on ajoute 625 gram- 
mes d'azotite de soude dissous dans 3 I. 5 d'eau, on 
agite i5 minutes et dilue à 100 litres d'eau: pour la co- 
pulation on prend ensuite, selon la teinte à obtenir, pour 
100 kilogrammes de tissu: 5o à 100 litres de la solu- 
tion diazoïque, 5oo à i.ooo grammes de carbonate de 
soude et 3oo à 400 grammes d'acétate de soude; on 
laisse en contact i5à 3o minutes et lave. Si l'on se 
sert du nitrazol C on prendra: 234 kilogrammes de 
nitrazol C, 5oo à 1.000 grammes de carbonate de soude 
et 200 à 400 grammes d'acétate de soude. Ce procédé 
a l'avantage de n'exiger qu'un seul bain. 



5o 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



Dans le cas des colorants sulfurés il est souvent 
avantageux de passer dans un bain oxydant, à base 
d"eau oxygénée ou de bioxvde de sodium. K.alle et C''' 
se servent, pour leur bleu thionine B de l'hypochlorite 
de soude moins coûteux. Le développement de la cou- 
leur peut encore se faire, dans le cas du brun violet thio- 
nine R, des bleus marine thionines et du bleu thio- 
nine B au moyen d'un bain de bisulfite de soude 
renfermant i à i 1. 5 de bisulfite de soude à 38° B. par 
loo litres d'eau. Le vaporisage est également favorable, 
mais il ne faut pas le prolonger trop longtemps, sans 
quoi la teinture devient moins solide au lavage. 

p. CABRÉ. 



VII*). — MI-LAINE (Teinture des tissus—), par 

M. A. SCHAEFER (Zeit.f. Farb. Ind., t. 10, p. 265; 
octobre 19 m). 

Durant ces temps derniers il est apparu sur le marché 
de grandes quantités de tissus, qui, en dépit de la grande 
proportion de coton qu'ils renferment, présentent l'as- 
pect de lainages purs. Un tissage habile recouvre le 
coton de laine, et c'est atîaire au teinturier de lui don- 
ner par la teinture une apparence uniforme, opération 
assez difficile à réaliser et qui exige un personnel 
exercé. 

Celte teinture se fait en bain simple pour les couleurs 
claires; pour les couleurs foncées, le bain simple n'est 
employé que si une longue ébullition n'altère ni l'as- 
pect ni le toucher du tissu. Dans le cas où l'on tient à 
conserver le brillant de la laine, il ne faut pas teindre 
en bain simple, mais en bain double, car le brillant 
s'altère fortement en bain neutre. 

Pour la teinture en bain simple on emploie des colo- 
rants directs pour coton qui teignent également la laine 
et le coton ou plus fortement ce dernier. On opère en 
bain neutre au sulfate de soude, aussi concentré que 
possible. Les couleurs navhtamine,diamine etilianile- 
bé^os se fixent de préférence sur la laine à l'ébullition 
et de préférence sur le coton à température peu élevée; 
il suffit de régler convenablement la température pour 
teindre l'une ou l'autre fibre. Il faut se rappeler que 
pour les nuances claires on doit teindre le coton plus 
fortement que la laine, car les tissus chez lesquels le 
coton est moins foncé que la laine possèdent une 
valeur moindre. Il n'est pas toujours possible de teindre 
les deux fibres avec des colorants substantifs, il faut 
alors nuancer la laine. On utilise à cet effet des colo- 
rants pour laine, qui se fixent en bain neutre, comme 
l'orangé II, le bleu neutre R, le vert solide B pour laine, 
le violet acide 5 BK, le rouge dra/j B, l'a^ocyanine GR, 
5/J, etc. Parmi les colorants naphtamines qui teignent 
plus fortement le coton que la laine, on peut citer les 
jaunes naphtamines BN et. GN, les orangés naphtamines 
Ret2R,\es bleus naphtamines, le violet naphtamine 
B E, les noirs naphtamines RE et CE, les noirs naphta- 
mines directs EF,B, etc. On peut même combiner les 
colorants directs pour coton avec les colorants neutres 
pour laine. 11 n'est pas toujours facile d'obtenir la teinie 
voulue et cela exige souvent l'addition de plusieurs 
matières colorantes. 

Pour la teinture en bain double on peut utiliser divers 
procédés. La laine sera teinte avec des colorants d'un 
bon unisson, qui seront fixés à la manière ordinaire 
dans un bain à 10 p. 100 de sulfate de soude et 4 p. 
100 d'acide sulfurique ou 10 p. 100 d'acide tartrique, 
au bouillon pendant une heure. Knsuile on lave très 
soigneusement et on teint le coton dans un bain de 
colorant directsc fixant à froid seulement sur le coton, 
on opère en bain concentré ; on évite que la laine ne 



prenne trop de colorant pendant cette seconde phase de 
la teinture en ajoutant au bain une petite quantité d'al- 
cali faible, carbonate de soude ou phosphate de soude. 
Les opérations peuvent se faire dans l'ordre inverse, 
mais il faut alors teindre le coton avec des couleurs 
solides aux acides ; les colorants directs ne peuvent 
plus être utilisés: on s'adresse à des colorants très 
solides au lavage et à la lumière, en général, des colo- 
rants qui se laissent diazoter et développer sur fibre, 
comme les noirs naphtamines CE elRE,\es noirs naph- 
tamines solides 5 E et VE, eic. Parfois le coton est 
teint avant le tissage avec la laine; dans ce cas on se sert 
généralement de colorants sulfurés, qui résistent très 
bien aux bains acides. 

Une autre méthode consiste à commencer par teindre 
la laine en bain acide et à teindre ensuite le coton 
avec des colorants basiques. Après teinture de la laine 
il faut alors laver très soigneusement. Ensuite un 
mordance, au tannin pour les nuances claires et à 
l'extrait de sumac pour les nuances loncées (30° B.), 
on renforce aux sels d'antimoine pour les nuances 
claires et au nitrate de fer pour les nuances foncées; on 
lave avec soin avant de passer dans le bain de colorant 
basique. Comme il se produit toujours, même à froid, 
une absorption plus ou moins prononcée de ce colo- 
rant par la laine, il faut avoir soin de teindre celle-ci en 
une nuance un peu moins foncée que celle qu'elle doit 
posséder finalement. 

L'obtention de nuances vives et claires exige un blan- 
chiment qui se fait au moyen de l'eau oxygénée, du 
sulfite de sodium ou du gaz sulfureux ; dans le cas des 
deux premiers de ces agents le blanchiment doit être 
fait avant la teinture, tandis qu'il peut l'être après dans 
le cas du gaz sulfureux. Dans ce dernier cas on procède 
de la manière suivante : on fait un bain du colorant sul- 
furé avec 2 à 5 grammes de savon et 2 à 5 grammes de 
sel de Glauber par litre, on y plonge le tissu trois quarts 
d'heure à 60°, l'essore et l'abandonne une nuit dans la 
chambre sulfureuse ; le lendemain on [expose à l'air. 
Lorsque le tissu est préalablement blanchi, lateinturese 
fait en général en bain double ; la laine se teindra de 
préférence avec des colorants basiques et ensuite le coton 
avec des colorants directs à froid ; le mordançage au 
tannin ou à l'émèlique n'est pas à conseiller, car il 
tache facilement. 

Les réserves en blanc sur coton sont faciles à réaliser; 
il suffit de teindre en bain acide avec un colorant acide 
qui n'est pas fixé par le coton. Les tissus bigarrés 
s'obtiennent facilement, soit par la teinture du coton 
avant tissage, soit par la teinture en bain double, dans 
les teintes choisies. 

Dans la teinture du coton, avec effets de laine, on se 
sert beaucoup des colorants sulfurés. Mais, l'alcalinité 
du sulfure de sodium employé pour la dissolution du 
colorant sulfuré peut nuire à la solidité du tissu. On a 
proposé, pour éviter cet inconvénient, d'ajouter au 
bain différentes substances ; les Hochster Farbwerke se 
servent de bisulfite cristallisé ; Cassella et C'"= de glu- 
cose, etc. Le procédé suivant dû à Cassella parait bien 
convenir : 

1 00 kgr.de tissu mi-lainesontsoumis une demi-heure 
au bouillon, ou à une température voisine, avec un 
bain renfermant 5 kgr.de tannin et 2 kgr. 5 de sulfate de 
zinc, ou 5kgr.de tannin et 2 kgr. 5 de lungstate de soude. 
On essore et passe à 25-3o° dans une cuve renfer- 
mant 5 kgr. de vert thiogène GL, 7 kgr. 5 de sulfate de 
soude cristallisé et 7 kgr. 5 de bisulfite de soude dans 
1.000 litres d'eau. Ensuite on essore, lave avec soin 
et teint la laine à la manière ordinaire, au pouceau par 
exemple. ?• carré. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



VU b\. — FIBRE (Teinture directe sur —), 
par la BAD^^SC1I^: A\ILIiV-& SODA-F.VBKIK (b. k. 

^333i3). Exemple i : On fait dissoudre lo kilo- 
grammes du colorant préparé par combinaison du dia- 
zobenzène avec le m-aminophénol en solution alcaline, 
dans environ 200 litres d'eau chaude et 10 litres de 
soude caustique 340" B., on ajoute 20 litres d'huile pour 
rouge turc, -puis porte à i.ooo litres avec de l'eau 
froide. 

Foularder dans cette solution, à la température 
ambiante, le tissu de coton blanchi, puis développer, 
soit à l'état humide, soit de préférence après séchage 
préalable dans une solution de yt7-nitraniline diazotée. 
Rincer, savonner légèrement, puis faire sécher. On peut 
ensuite produire des enlevagcs à l'aide de la couleur 
rongeante usuelle à base de rongealite. 

Les teintures ainsi obtenues se distinguent par une 
belle nuance brun rouge vif, par une grande résistance 
à la lessive, par la faculté de fournir un blanc pur par 



enlevageà la rongealite, ainsi que par une excellente soli- 
dité à la lumière. 

Exemple 2 : Faire dissoudre, de la manière décrite à 
l'exemple i, 10 kilogrammes du colorant obtenu par 
combinaison du tétrazoïque de la 4. 4'-diaminodiphé- 
nylurée avec 2 molécules de ;»-aminophénol en solu- 
tion alcaline. Foularder le coton dans cette solution, 
puis développer de la façon usuelle par la jt)-nitraniline 
diazotée. On obtient ainsi des nuances brun foncé d'une 
résistance tout à fait remarquable ù la lumière. 

VII. — TEINTURE 
^ c). — Machines et appareils. 

Vil c). — TEINTl RE (DiNpositir pour la — j, par 
MM. HOSSITEU et M. SIEI>ERMAI\.\ (b. k. 433254). 
— (]e dispositif comporte une cuve, des cylindres de 
commande et une série de cylindres transporteurs mon- 




ésdans la pariie supérieure de cette cuve, un moteur 
actionnant les cylindres décommande, un tuyau d'ali- 
mentation relié audit moteur, un conduit de décharge 
partant de ce moteur, et dont l'extrémité inférieure porte 
un raccord et une soupape, des tuyaux bifurques de 
décharge qui partent dudit conduit et dont une partie 
s'avance dans la cuve, une soupape qui régie le passage 
du liquide du moteur dans lesdits tuyaux bifurques, 
et un tuyau à vapeur qui s'introduit dans la cuve, 
s'étend en ondulations sur le fond de la cuve et se 
rend de cette dernière au tuyau d'alimentation du 
moteur. 

Une paire de clapets pivotants constituant une auge 
sont disposés à chaque côté de la cuve dont ils occu- 
pent la longueur: css clapets s'appuient contre un 
cylindre transporteur, tandis que les tuyaux d'amenée 
d'eau s'avancent dans la cuAe à l'une de ses extrémités, 
chacun d'eux notamment entre une paire de clapets et 
au-dessus d'un cylindre transporteur, l'un de ces cla- 
pets s'appuie notamment en vertu de son propre poids 
contre ledit cylindre, contre lequel l'autre clapet est 
pressé par un ressort. La cuve comporte des côtés en 
bois et des extrémités en métal qui s'élèvent au-dessus 
desdits côtés; lesdits côtés et extrémités sont renlorcés 
par des bandes métalliques, tandis que les cylindres de 
commande et la série de cylindres transporteurs sont 
montés à leurs extrémités dans les parois extrêmes de 
la cuve; lesdits cylindres de commande sont actionnés 



par le moteur auquel est relié le conduit d'alimentation 
tandis que le tuyau à vapeur qui s'étend en ondulatious 
sur le fond de ladite cuve relie ledit tuyau d'alimenta- 
tion au moteur; d'autre part, des tuyaux bifurques de 
décharge sont connectés audit moteur et à la cuve de 
même que, comme il vient d'être dit, en un endroit 
d'évacuation. 



VI 



§è). 



I.MPRESSION 
— Procédés. 



Vlll b). EXLEVAGE BLANC sur iiiordaut de 
eluonie au moyen de lactate stanuique, par 

M. ALBERT SCIIEURER (Pli de la'Soc. ind. Mul- 
house, 1910 p. 228, pli cacheté du i3 août 1900). 

Le tissu est mordancé, pour la teinture, soit en mor- 
dant de chrome alcalin iméthode d'Horace Kœchlin), 
soit en sous-sulfate de chrome obtenu par la réduction 
du bichromate par l'acide sulfureux, dans ce dernier 
cas on dégomme en sel de soude bouillant— 100 gram- 
mes par litre. — On peutappliquer l'enlevagesur toute 
autre préparation en chrome, alumine, etc. 

Le mordant étant fixe, on imprime du lactate stan- 
nique à 20" B., épaissi à l'amidon grillé sec. 

On vaporise, lave et teint. Le blanc est d'une netteté 
parfaite. 



52 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



Ce procédé s'applique très bien à l'enlevage sur 
mordants concentrés. Quand le blanc est insut'tisant, 
en raison de la force du mordant, il suffit d'y ajouter 
la quantité voulue d'acide citrique. Sans cette précau- 
tion, on obtiendrait un demi-enlevage très uni et dont 
on pourrait, au besoin, tirer parti. 

Rapport sur le travail de M. ALBERT SCHEU- 
RER par M. MARTIX BATTEUAY. 

La littérature qui traite de l'emploi du lactate stan- 
nique ne signale que son application comme mordant 
tixaieur. 11 s'agit d'un travail de F. Osvvald de 1897 
^Bulletin, 1900, p. 343) et où ce lactate, mélangé à 
ceux de l'alumine et de la chau.x, est employé pour 
fixer du rouge d'alizarine. 

Par le présent pli, nous apprenons un nouvel emploi 
qui, en apparence, est en contradiction avec la méthode 
d'Oswald, car le lactate stanniquc produit ici, au con- 
traire, un enlei'age sur mordants métalliques déjà fixés 
el destinés à retenir la matière colorante au moment de 
la teinture. 

Le lactate stannique agit alors probablement par son 
acide lactique qui, après s'être emparé des mordants 
métalliques (alumine ou fer), a une action analogue à 
celle de l'acide'' tartrique. Lorsque cet acide se trouve, 
par rapport à l'alumine el au fer, en grande quantité, 
les tarirates acides perdent complètement leur caractère 
de mordant, tandis qu'en petite quantité les sels corres- 
pondants et basiques n'empêchent pas la fixation de la 
laque d'alumine et d'alizarine, par exemple. 

N'ayant pas d'antériorité à cette méthode d'enlevage, 
je vous propose d'en demander la publication dans 
notre Bulletin, suivie du présent rapport. 

VIU b). — BAXDES. — Impressiou des — de 
tissu, par M.\L C. WEXTER.MTZ et P. ZAESLÈ 

(b. F. 432809). — L'impression des bandes de tissu a 
lieu, comme on le sait, en ajoutant aux couleurs em- 
ployées à l'impression, un agent épaississant, pour pro- 
voquer l'adhérence de la couleur sur le fond; cet épais- 
sissant est alors enlevé par lavage une fois l'impression 
terminée. 

Commeagent épaississant, on peut employer diverses 
substances, et en premier lieu la gomme, les amidons, 
la gomme adragante anglaise. L'emploi de ces sub- 
stances est, d'une part, très coûteux, et donne, d'autre 
part, des résultats très imparfaits, parce que le lavage 
présente des difficultés, exige une manipulation com- 
pliquée et, malgré cela, n'est pas suffisamment parfait. 

Le présent procédé consiste donc dans l'utilisation 
commeaddition aux couleurs d'impression, d'un épais- 
sissant non encore employé dans ce but. On délaie les 
couleurs d'impression avec de l'amidon ozonisé, par 
exemple de l'amidon de pommes de terre, de froment, 
de maïs, de riz, et toutes autres sortes d'amidons. L'o- 
zonisation des amidons en question peut être réalisée 
par tout procédé connu. 

On obtient avec cet amidon ozonisé un épaississant 
qui est très soluble dans l'eau chaude. Si, à l'aide de 
cet épaississant, on prépare une couleur d'impression, 
il en résulte que, lorsqu'on traite les bandes de tissu 
ainsi imprimées dans l'eau chaude, l'épaississant peut 
très facilement être enlevé par lavage, sans compter que 
l'on obtient des teintes beaucoup plus nettes, plus pro- 
fondes et résistant mieux aux lavages que dans le pro- 
cédé dans lequel on emploie les moyens connus. 

En outre, d'après le présent procédé, le travail est 
incomparablemant moins coûteux et la résistance au 
lavage des étotîes imprimées est très augmentée, parce 



que les couleurs préparées avec l'épaississant pénètrent 
bien plus facilement dans les fibres des bandes de 
tissu. 



IX. — APPRETS 



S*). 



Procédés. 



IX b). — PAPIER. — Couchage des — géla- 
tines, par AL S. KATZ ^B. f. 433470). — Ce pro- 
cédé de couchage consiste essentiellement à appo- 
ser sur l'une des faces du papier en bobines ou en 
feuilles), par les moyens mécaniques ordinaires, deux 
couches successives d'une solution de sulfate de baryte, 
c'est-à-dire que, la première couche étant sèche, la 
seconde couche est superposée à la première. Puis, 
quand cette seconde couche de sulfate de baryte est 
elle-même séchée, on enduit cette surface barvtée d'une 
troisième couche d'une solution de gélatine extrême- 
ment pure et neutralisée par l'addition de bromure de 
potassium dans la proportion d'une partie de bromure 
de potassium pour cent de gélatine. On laisse sécher et, 
pour donner le brillant à la surface ainsi gélatinée, il 
suffit de la mettre en contact, suivant les moyens habi- 
tuels, avec une surface lisse convenable, soit de verre, 
d'ébonito ou toute autre matière. 

IX b:. — BAS (Mercerisation des — •), par M. 
BRl-AO-.Ml'LLER(B. f.433ii5 et 433 1 16. — L'auteur 

a réalisé une combinaison d'éléments mécaniques con- 
nus, dans laquelle les bas parcourent en une succession 
ininterrompue, le cycle entier des phases de la merce- 
risation. 

Les bas tendus sur des formes sont accrochés à un 
transporteur, portés par lui à travers les divers organes 
de mercerisation, puis retirés des formes après rinçage; 
les formes sont ensuite décrochées, mises sur des rubans 
transporteurs de retour, garnies d'autres bas, achemi- 
nées jusqu'à l'appareil de suspension et enfin accro- 
chées de nouveau. 

Le système transporteur est sans fin et peut être 
aménagé suivant l'agencement avec deux, trois ou 
quatre poulies pour une ou deux installations ou sui- 
vant les conditions spéciales d'emplacement. 

Il consiste en deux parties : organes porteurs, et 
organes d'entraînement. 

Les premiers comprennent un chemin a, un câble 
porteur avec galets, qui portent de nouveau les formes 
des bas avec les bas c. 

Les seconds, d, peuvent comprendre un câble ou un 
ruban mis en mouvement par une poulie motrice. 

Pour l'immersion des bas dans la lessive, comme pour 
éliminer la lessive, on emploie des pompes et des tuyaux 
d'arrosage entre les cloisons en tôle de ter. 

Le ch.tmp de mercerisation, qui est parcouru par les 
bas après l'accrochage jusqu'au nouvel accrochage, 
consiste dans les zones de lessivage, d'égouttement et 
de décrassage ou rinçage. 

Suivant la répartition de ces zones et la disposition 
des poulies, tout le chemin de transport peut compor- 
ter une ou plusieurs séries de mercerisation. 

Dans une installation double avec seulement deux 
poulies de roulement, les formes sont décrochées, mises 
sur un ruban transporteur de retour, regarnies avec 
d'autres bas et, à l'extrémité du ruban transporteur de 
retour, raccrochées de nouveau. 

Dans le cycle de décrassage il existe plusieurs com- 
pariiments,'de sorte que les bas sont traités, dans le 
dernier compartiment, avec de l'eau de rinçage n'ayant 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



53 



pas servi, et, dans les comparlinienls antérieurs, avec 
de l'eau de rinçage ayant déjà servi. 
Cette dernière eau contient donc, dans le comparti- 



ment situé derrière l'égouttoir, une plus forte propor- 
tion de lessive et peut être réemployée. 
Pourcette mercerisation des bas et des tissus à mailles 




Appareil pour la mercerisation des bas. 
Fi-'. I, vue d'ensemble ; fig. 2, vue de côté les bas accrochés; fig. 3, dispositif d'aspersion; fig. 4. égouttoirs. 



fermées, le système de fixation des bas présente une 
importance particulière. 

Les dispositifs connus jusqu'ici ont tous des incon- 



3^£-i 




Fig. I, vue de face d'une forme; fig. 2, vue de côté: 
fig. 3, vue de face de la partie supérieure avec bande de 
fixation en forme de brosse; fig. 4, coupe de cette par- 
tie supérieure: fig. 5, vue en dessus. 

vénients sérieux qui nuisent au bon aspect et aux autres 
propriétés essentielles du bas confectionné. 

C'est pour éviter ces inconvénients que l'auteur dis- 
pose un appareil composé de deux parties avec res- 



sort de réglage intérieur et qui se termine par une 
lame a. 

Sur cette lame est fixée, par une bande b, une brosse 
qui peut être formée de tissus en fil de fer c superpo- 
sés. 

On engage dans le pourtour du bord du bas les 
pointes fines, élastiques et étroites de la brosse. La les- ' 
sive peut ainsi atteindre sans difficulté tous les fils. 

Dans les bords doubles on glisse une baguette rf qui 
s'applique derrière la brosse et produit un bord bien 
droit. S'il s'agit de bas à bords doubles, alors, par la 
combinaison et la coopération de la baguette avec un 
dispositif oblique, celui-ci prendra la forme d'une 
rangée rigide d'aiguilles et même d'une arête continue. 

En employant des aiguilles avec une baguette placée 
derrière, le nombre de ces aiguilles peut être moindre, 
de sorte que l'on aura moins de trous d'aiguilles et que 
ces trous, en raison de la pose sur la baguette, ne sont 
pas tiraillés. 

Dans cette forme en fils métalliques, ce qui aie 
caractère de nouveauté, ce n'est pas la mobilité, mais la 
fixation automatique de la forme sans poignée spéciale, 
qui a lieu Inrs de la tension même et empêche celle-ci 
de revenir en arriére. 

IX b). — JMPERMKABILISATIOX «les tissus 

et «les fils, par M. HAUT (b. f. 433oi3). — On 
fait dissoudre de la cellulose nitrée dans l'éther et 
l'alcool méthylique. Puis on traite le mélange de façon 
à l'amener à l'état d'une gelée lisse. 



54 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



On ajoute ensuite à cette gelée une petite quantité 
d'une huile dite « Lucrate » préparée par le procédé 
décrit dans le brevet anglais Hart, n" i 1840, du i3 mai 
1909. On dilue ce mélange avec de l'alcool méthvlique 
jusqu'à ce qu'on obtienne la consistance voulue. 

La gelée diluée est appliquée sur le tissu ou autre 
matière à traiter à l'aide d'une machine étaleuse, ou 
bien on plonge la matière dans la gelée et on fait en- 
suite passer entre des rouleaux ; lorsqu'il s'agit de 
traiter des fils ou des mèches, on les fait passer dans la 
gelée et on opère leur retordage, de préférence à la sor- 
tie du bain. 

Lorsqu'on désire rendre les matières traitées inin- 
flammables, on peut avoir recours au procédé suivant : 

On réduit du tungstate de soude à l'état de poudre 
très fine, que l'on mélange avec une petite quantité de 
l'huile dite « Lucrate » et on traite ce mélange de façon 
à l'amener à l'état de gelée, de préférence avant la di- 
lution. 

Lorsqu'on désire colorer la matière, on a recours au 
mode opératoire qui va être indiqué. 

On broie la matière colorante employée de façon à 
la réduire en poudre très fine que l'on fait bouillir dans 
l'eau. On écume et on laisse la matière colorante dé- 



poser ; on décante l'eau qui se trouve au-dessus, puis 
on sèche le résidu à une chaleur douce. On mélange 
ensuite le résidu sec avec une petite quantité d'alcoo| 
méthyliqucet on obtient une pâte lisse, qu'on ajoute à 
la gelée de nitro-cellulose avant d'y incorporer l'huile. 
On a reconnu que les proportions appro.ximatives ci- 
dessous indiquées donnent de bons résultats : 

Cellulose nitrée o kgr. 460 

Ether o 460 

Alcool méthylique 4I. 540 

Huile « Lucrate » o 420 

'l'ungstate de soude o kgr. 020 

Matière colorante o 460 

On dilue cette solution type, suivant les besoins, 
avec 4 I. 540 a 27 I. 26 d'alcool méthylique avant de 
s'en servir. 

IX b]. — ROULEAU ÉLARGISSEUR à grand 

reiulenieiit., par .M. C. MOIVTEL (b. f. 432933). — 
Ce rouleau est du genre dans lequel le mouvement 
d'élargissement est provoqué par deu.\ poulies à gorge 
a, disposées à chacune des extrémités du rouleau. Ces 
poulies qui pivotent chacune sur deux pointeaux b 




t I e ,9 

Rouleau élargisseur. 
Fig. I, élévation; fig. 2, profil; fig. 3, coupe 3-3; fig. 4, coupe 4-4. 



portés par une douille fixe c, peuvent être inclinées à 
volonté sur l'axe du rouleau au moyen de vis de ré- 
glage rf. Le rouleau est constitué par deux ou un plus 
grand nombre de tambours e dont les jantes, munies 
de rainures, servent de guides à des réglettes / qui, à 
cet effet, sont munies de galets g qui en rendent le 
glissement plus doux. Les réglettes /portent à une de 
leurs extrémités un galet sphérique h s'introduisant 
dans la gorge de l'une des poulies a. Les réglettes ont 
leurs galets alternativement engagés dans la gorge de 
l'une ou de l'autre poulie, et lors de la rotation du rou- 
leau par rapport auxdites poulies, qui sont fixes, on 
obtient un mouvement de translation alternatif des 
réglettes, deux réglettes consécutives devant toujours 
se déplacer en sens contraire et suivant une amplitude 



convenable, conditions que l'on détermine en réglant 
l'inclinaison des poulies a sur l'axe du rouleau, au 
moyen des vis (/. 

La caractéristique essentielle de l'invention réside en 
ce que, contrairement aux dispositions généralement 
adoptées, les réglettes sont recouvertes par des palettes 
en bois ; qui régnent uniformément sur toute la lon- 
gueur comme on le voit clairement sur les figures i etS 
du dessin ci-joint. Les pièces d'étoffe, en reposant sur 
plusieurs palettes successives sont soumises auxefl'orts 
de traction en sens inverses qu'engendrent leurs dépla- 
cements, et ces efforts produisent l'élargissement du 
tissu dans les mêmes conditions que dans les rouleaux 
élargisseurs ordinaires. 

Cette disposition permet d'utiliser toute la largeur du 



REVUE DES JOl'RNAUX ET DES BREVETS 



55 



rouleau; il en résulte un très grand avantage pour le 
travail des étoffes étroites telles que les rubans ou 
autres tissus dont on élargit simultanément plusieurs 
pièces. L'n tel travail qui nécessitait jusqu'alors des 
rouleaux de grande longueur, peut ainsi s'effectuer sur 
des rouleaux de dimensions très réduites et de fabrica- 
tion simplifiée. 

Pour faciliter la rotation du rouleau, celui-ci est 
m^nté sur des roulements à billes. .\ cet effet, l'axe / 
autour duquel il tourne, est fixé avec les douilles c qui 
supportent les pouliesa, et il porte des c6nes réglables A. 
Les moyeux des tambours c sont fixés sur des cuvettes / 
reliées par un corps tubulaire m. Ces cuvettes reçoivent 
des billes n qui sont maintenues par les cônes k. Tous 
les mouvements du rouleau s'effectuent sur des billesou 
des galets; les frottements de glissement sont remplacés 
par des frottements de roulements, de sorte que le rou- 
leau fonctionne dans des conditions de douceur incon- 
nues jusqu'à ce jour. 

IX b). — LIQUIDES INFLAMMABLES (Récu- 
pération «tes — employés par LA SOCIÉTÉ 

.MAHTIXI Kï llfiXEKE >. F.43325il. — Le dispositif 
de récupération pour machines et appareils opératoires 
fonctionnant avec des liquides inflammables, est caracté- 
risé par une enveloppe isolante, avec élanchéité, de l'ex- 
térieur la macfiinc ou l'appareil, avec des conduites 
d'adduction et des conduites d'évacuation pour un gaz 
protecteur non oxydant qui amènent constamment à 
un condenseur le liquide de dissolution inflammable 
se volatisant dans la capacité interne de l'enveloppe 
prolectrice l'enfermant et, après séparation du liquide 
récupéré, est ramené à l'enveloppe protectrice. 

En outre un régulateur à pression est relié à l'enveloppe 
enfermant l'appareil opératoire et qui coopère avec un 
dispositif d'embrayage et de débravage agissant sur le 
dispositif moteur de l'appareil de façon que, lorsqu'il 
se produit une diminution de pression dans l'enve- 
loppe protectrice par suite de l'absence ou de l'adduc- 
tion insuffisante du gaz protecteur, le régulateur à 
pression amène automatiquement à l'arrêt le dispositif 
moteur. 



X. — DIVERS 

X. — celluloïd (L'industrie (lu — au JaponI 

(Board of Trade Journ., août 1911). 

Il y a peu de temps encore, le Japon ne possédait 
aucune fabrique de celluloïd. En 1908, cependant, deux 
compagnies se formèrent et commencèrent la con- 
struction d'usines pouvant respectivement produire une 
et trois tonnes de celluloïd par jour. Les négociations 
engagées dans le but de réunir ces deux sociétés n'ont 
pas abouti. Les deux usines viennent d'être termi- 
nées et la fabrication du celluloïd va bientôt y com- 
mencer. 

La fabrication du celluloïd exige de la pâte à papier 
de bonne qualité, de l'acide nitrique, de l'acide sulfu- 
rique, du camptire et de l'alcool rectifié. 

De toutes ces substances, on ne trouve au Japon que 
le camphre, lequel est actuellement récolté à Formose, 
dans le Sud du Japon, le Sud de la Chine et les Indes 
hollandaises; yS p. 100 de la consommation mondiale 
de camphre naturel sont fournies par l'empire japonais. 
Jusqu'à présent, les consommateurs de camphre au 
Japon ne jouissaient d'aucun avantage sur ceux des 
autres nations ; mais les deux compagnies de celluloïd 
ont réussi à obtenir ce produit à des prix un peu 



moins élevés que les prix d'exportation. La pâte à 
papier se trouve bien au Japon ; mais les usines dans 
lesquelles on la fabrique n'obtiennent pas une pâte 
aussi fine que celle fournie par le chilTon, laquelle 
convient seule pour la préparation du celluloïd. Une 
grosse usine à papier d'Osaka s'efforce de diriger ses 
efforts dans cette voie, et l'on peut remarquer qu'elle fait 
des progrés constants. 

L'acide nitrique doit titrer au moins gS p. 100. Celui 
qui est fabriqué au Japon ne titre pas plus de gS p. 100 ; 
les usines qui le préparent devront encore réaliser quel- 
ques progrès. On trouve au Japon un alcool suffisam- 
ment pur pour la fabrication du celluloïd. Quant à 
l'acide sulfurique il est facile de s'en procurer. 

La production du celluloïd est limitée par la quan- 
tité de camphre disponible. Il n'existe actuellement que 
14 fabriques de celluloïd, dont 2 aux Etats-Unis, 7 en 
Allemagne, ?> en Angleterre et 2 en France. La con- 
struction, au Japon, de 2 nouvelles usines dont la 
production journalière serait de 4 tonnes est évidem- 
ment un fait important pour l'industrie du celluloïd. 

L'importation de celluloïd brut au Japon, en 1909. 
est estimée à 289 tonnes d'une valeur de 60. 353 1. st. 
et en 1910, à 270 tonnes évaluées 05.363 1. st. Si 
l'on déduit les 70 tonnes réexportées en Chine et dans 
les autres contrées voisines, sous la forme d'objets 
manufacturés, on voit que la consommation annuelle 
du Japon exige environ 200 tonnes de celluloïd par an, 
d'une valeur de 40.000 1. st. Si nous considérons le 
maximum de production possible des deux nouvelles 
usines, et si nous tenons compte d'un léger développe- 
ment de la consommation du fait de la production sur 
place, il sera encore produit au Japon un excédent de 
i.ooo tonnes environ de celluloïd, d'une valeur de 
200.000 I. st. 

La demande du celluloïd en Orient est relativement 
faible. L'importation totale en Chine ne dépasse pas 
annuellement 8.000 livres de celluloïd brut, et celle du 
celluloïd manufacturé est voisine de 12.000 livres. Le 
celluloïd brut y vient, pour moitié, d'.-Xllemagne qui 
importe également une grande partie des objets manu- 
facturés. La vente du celluloïd dans l'Inde a reçu un 
accueil peu encourageant- C'est aux États-Unis que les 
industriels japonais espèrent écouler leur excédent de 
fabrication. Il est vrai que les demandes de celluloïd y 
sont très importantes et ne peuvent être satisfaites 
par l'industrie locale. 

Le prix du celluloïd importé au Japon est en 
movenne de 2 sh. 5 d. par livre. Les usines japonaises 
pourraient produire le celluloïd au prix moyen de 
I sh. 10 d. par livre, ce qui les favoriserait considé- 
rablement sur beaucoup de marchés étrangers. Il 
semble probable qu'en raison des difficultés que ren- 
contrera la fabrication, cette estimation est un peu trop 
faible. Le prix de revient dépendra du reste beaucoup 
des conditions auxquelles les nouvelles usines pour- 
ront se procurer le camphre. 

p. CARRÉ. 

X. — IXDIGO (Le commerce «le 1'— dans l'Inde) 

{Review of the Trade oflndia, 1910-1911). 

La surface cultivée en indigo continue à décroître. 
Cependant le rendement de 1910 a été satisl'aisant. La 
graine de Java-Natal na pas donné tous les résultats 
attendus, mais cela parait tenir à ce que l'on a négligé 
un facteur essentiel : la nécessité de faire venir fré- 
quemment de la graine fraîche. La diminution de la 
récolte se traduit par une diminution de l'exportation. 
Elle paraît tenir aussi à la crainte d'un abaissement de 



56 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



prix de l'indigo synthétique. Les prévisions concernant 
la prochaine récolte sont en général bonnes, aussi bien 
en ce qui concerne la quantité que la qualité. 

Le tableau suivant indique les chiffres d'exportation 
de l'indigo en 1910-1911 et des cinq dernières années, 
avec leurs prix approximatifs à Londres. 





DE CALCUTTA 


DE MADRAS 


d'autres 

PORTS 


TOTAL 




cwts 


cwts 


cwls 


cwts 


1905-06 


19.062 


7.-56 


4.368 


'3i.i86 


1906-07 
1907-08 
1908-09 


19.309 


1 i.i5q 


4.634 
5.244 
2.612 


35.102 


16.627 
.7.69S 


10.619 
4.636 


32.490 
24.946 


1909-10 


11.221 


3.655 


3.185 


18.061 


I910-I I 


.o.qSS 


2.364 


3.590 


i6.5qo 



Les exportations en Angleterre sont en légère aug- 
mentation de 4,1 p. 100, avec 2.982 cwt., ainsi que 
sur le continent européen où elles sont passées de 
3.243 à 4.902 cwt., ce qui représente un accroisse- 



ment de 1.659 cwt. pour l'Europe. Les demandes de 
l'Egypte sont passées de 2.586 cwt. à 3.232 cwt. pen- 
dant l'intervalle 1909-1910 à 1910-1911, soit une aug- 
mentation de 2? p. 100: celles des États-Unis avan- 
cent de 1.027 à i.3i5 cwt. 





VALEUR 


PRIX MOYEN PAR CWTS 


iQo5-o6 


3qi.ooo L. 


19 L. 7 s. 4 d. 

20 L. 6 S. » 


I qoi.1-07 


467.000 L. 


iqo7-os 


025.000 L. 
327.000 L. 


20 L. I s. 4 d. 


1 qoS-oti 


20 L. 10 s. 8 d. 


1 goq- 1 


234.500 L. 


20 L. 1 s. 4 d. 


1910-1 1 


223. 5oo L. 


20 L. i5 s. 4 d. 



Par contre, la Turquie d'Asie a pris seulement 
2.671 cwt. contre 4.387 l'année précédente. Les de- 
mandes de la Perse ont également diminué de 2.730 
cwt. à 1 .504 cwt. Celles du Japon sont brusquement 
tombées de 1.012 cwt. à 68 cwt. 



BREVETS FRANÇAIS PUBLIÉS JUSQU AU lo JANVIER 1912 



n. — PRUDl ITS CHIMIQL1ES 

.S c). — Organiques. 

Nouveaux dérivés halogènes de iiaphtantlirn- 
quinones et procédé pour leur prociuollon 

[F. ('llmann].(B. F. 433076, du 8 août-23 déc. igii.) 

Action des halogénants (chlorate de sodium etchlor- 
hydrique) sur les naphtanthraquinones sulfonés dans 
le noyau naphtalique et loin du groupe CO. 

Procédé de production d'hydrocarbures chlo- 
rés [Badische]. (b. f. 433309, du 5 août 1911-4 jan- 
vier 1912.) 
Traitement des oléines par le chlorure de sulfurvle. 

Procédé de production de carbures d'hydro- 
gène alipliatiques à plus d'une double liaison 

[F. Bayer], {b. f. 433322, du 16 août 1911-4 janvier 
1912.) 

CAOUTCHOUC. — Procédé de production d'iso- 
prène à partir des hydrocarbures terpé- 
niques [Badische]. {i" add. 14542, du i5 juillet- 
3o décembre 1911, au b. f.) 

Application du brevet principal aux dipentènes , limo- 
nène, carvéne, etc.|. 

CELLULOSE. — Perrectionnenients apportés à 
la Tabrication de la cellulose nitréelVc Hart 
ly A. M. Roii'land]. (b. f. 433012, du 5 août-22 déc. 
1911.) 

La cellulose dégommée à l'eau froide, broyée et pres- 
sée, est traitée par le sulfurique dilué, lavée, séchée, puis 
nitrée. 



(i| Pour se procurer l'un quelconque de ces brevets, il 
suffit d'envoyer à la Rertie i fr. 5o en mandat-poste, en 
timbres français, ou timbres-coupons internationaux. 



Perrectionneinents dans le traitement de la 
cellulose [H. Peters et H. W. Cullum]. (b. f. 
432747, du 29 juillet-14 déc 1911.) 
Acétylisation de la cellulose. 

lU. — «ATIÈRES COLOR.IIVTES 

^ b). — Minérales. 

Disposition de four pour la fabrication du bleu 
d'outremer, des laques et des vernis [D. Bour- 

del'. (B. F. 433586, du 22 août iqi 1-10 janvier 1912). 
(Analysé, p. 38.1 

SJ c). — Organiques. 

COLORANTS AZOÏQUES. — Procédé de produc- 
tion de couleurs azoïques [F. Bayer], (b. f. 
432729, du 28 juillet 191 1-14 déc. 191 1). 

Combinaison du tétrazo : 



HO'S 



NH.COHN(^ y NH-2 



avec 1 mol. 2 amino 8 naphtol 6 sulfo ou ses dérivés 
et 1 mol. ^-naphtol amino-sulfo ou ses dérivés. 

Procédé de production d'une couleur disa- 
z.oi'que [F. Bayer], (b. f. 432783, du 3i juillet-i5 déc- 
1911.) 

Combinaison du tétrazo ci-dessus avec 2 mol. ;«-phé- 
nylène diamine. Le colorant teint le colon en brun 
rouge. 

Procédé de production de couleurs azoïques 

[F. Bayer], (b. F.433oi5,du 5août-22déc. 1911.) 

Combinaison de 1 ou 2 mol. des diazo des 1 ou 2 
amino 5 naphtol, 7 sulfo ou 1 amino 6 naphtol 3 sulfo» 
avec le 5. 5' dioxy. 2. 2' dinaphtvlamine 7. 7' disulfo. 

Les nuances vont du violet au bleu; traitées par la 
nitraniline, elles deviennent plus b leues et plus sclicts 



Procédés. 



Blanc rongeant 

Hydrosulfite NF conc. (1:1) . . 
Epaississant d'amidon et d'adragante 

Oxyde de zinc. (1:1) 

Eau 

Anthraquinone en pâte 



I 


Il 


III 


160 g 


300 g 


400 g 


500 g 


450 g 


400 g 


150 g 


150 g 


150 g 


190 g 


100 g 


20 g 


- 


- 


30 g 



1 k 



Rongeants colorés Brun G Rose B 

Brun Hélindone G pâte brev. . . . 300 g — 

Rose Hélindone BN pâte brev. . . — 100 g 

Indigo MLB/5B pâte brev — — 

Ecarlat Hélindone S pâte brev. . . — — 

Glycérine 80 g 80 g 

British-gum en poudre 200 g 165 g 

Sel pour dissolution B (1:1) . . . . 60 g 60 g 

Soude caustique à 40° Bé .... 80 g 40 g 

Hydrosulfite conc. poudre 40 g 15 g 

Eau 150 g 310 g 

Chauffer à 60" C jusqu'à réduction du 
colorant, refroidir et ajouter 

Huile d'olive 30 g 30 g 

Hydrosulfite N F conc. (1:1) .... 60 g 200 g 

Anthraquinone en pâte — — 

1 



Bleu B Rouge S 



150 g 



250 g 



80 g 


80 g 


200 g 


170 g 


60 g 


60 g 


80 g 


80 g 


15 g 


40 g 


55 g 


90 g 


30 g 


30 g 


300 g 


200 g 


30 g 


— 



Après l'impression la marchandise est vaporisée 3—5 minutes dans le 
lV\ather-Platt exempt d'air à 101 ° C en vapeur humide, ensuite on lave et 
savonne. 



Revue générale des matières colorantes 
de la teinture, de l'impression et des apprêts 

Couleurs Hélindone pour rongeants à l'hydrosulfite colorés 



So/o Bleu Diazanile 2B diazoté et développé au |5-naphtol 
Blanc-rongeant I Brun-rongeant O 




Poularde avec 13 g de Brun Paraphore S K par litre et développé à la diazo-p-nitraniline 
Blanc-rongeant II Rose-rongeant B 




Grenat d'a-Naphtylamine 
Blanc-rongeant I Bleu-rongeant B 




Poularde avec 15 g de Brun Paraphore RK brev. par litre et développé 
Blanc-rongeant I Rouge-rongeant G 



1 la diazo-p-nitraniline 




Supplément des 

Farbwerke vorm. Meister Lucius & Brûning, Hoechst s. M. 

Concessionaire pour la France; 

Compagnie Parisienne de Couleurs d'Aniline 

9 Rue de Faubourg Poissonnière 
PARIS. 



BREVETS FRANÇAIS 



Procédé de production de colorant!» azoïques 

[F. Bayer], {b. f. 433049, du 7 août- 22 déc. 191 1.) 

On fait agir le phosgène ou le thiophosgèiie sur les 
azoïques résultant de l'union des diazoamino naphtols 
ou sul'o avec des aminés aromatiques. 

Le colorant : 

1. 6 amino naphtol 3 sulfo ~ crésidine, traité par le 
phosgène donne un orangé sur coton qui devient brun 
rougeàire, par développement à la paraniiranilins. 

Procédé de fabrication de couleurs azoïques 

\F. Bayer ]. b. k. 433499, du 21 août 191 1-8 janvier 

Combinaison du diazo de la ^i-amino-benzophénone 
avec le 2 naphtol 6, sulfo ou 3. 6 disulfo. 

Le colorant sert à former les laques : celle du 6 sulto 
est orangée, celle du 3. 6 disulfo est rouge bleuâtre. 

.•\CRIDI.\E. — Procédé pour la production de 3.6 
dianiiuoacridiiie et de s«»s dérivés alcoylés 

[L. Casselia]. (b. t. 433079, du 18 oct. 1910-23 déc 
191 i.i 

On chauffe à i33" C. avec du sel d'étain une solution 
acide de tétramino-diphénvlmélhane. 

On peut employer directement la solution obtenue en 
réduisant l'o-o'-dinitro /7-/)'-diaminodiphénylméthane 
par le sel d'étain acide. 

La diaminoacridine obtenue est très soluble, ce qui 
la rend supérieure au jaune d'acridine. 

ANTHRACÈXE. — Production de dérivés de 
l'anthraquînone [F. Bayer] (2° add. 14421, du 
i4Juin-i3 déc. 191 1, au b. f. 362140). 

Colorant du type : 

Cm\ XH. Anihra. 

I 
X 

I 

C«H^ NH. Anthra. 
X = O, Sou NH. 

Enchauffant, huit heures au bouillon, 10 kilos d'éther 
phénvlique dibromé et 17 kilos d'a-amino-anlhraqui- 
none, 20 kilos d'acétate de sodium anhydre, i kilo CuCl- 
et 170 kilos nitrobenzéne, le colorant teint, sur cuve, 
le coton en rouge bleuâtre; avec la /-benzoylamino-4- 
amino-anthraquinone on a un bleu. 

COLORANTS SOUFRÉS. - Procédé de produc- 
tion de couleurs sulfurées vertes teignant 
directement le coton [F. Bayer]. ;b. f. 433o88, 
du 8 aoùt-23 déc. 191 1.) 

Chauffage, avec des polysulfures alcalins et du cuivre 
ou un de ses sels, des indophénols obtenus par o.xyda- 
tion des mono ou dialtry-a-naphtylamine. 

Les colorants teignent en vert le coton. 

Colorants sulfurés [Badische]. (b. f. 433323, du 
16 août 191 1-4 janvier 1912.1 

Traitement par le soufre et les sulfures des nitrophé- 
nanthrènequinones ou de ses dérivés substitués. 

Les couleurs foncées teignent le coton en nuances 
allant du jaune au brun. 



Procédé de production de nouveaux acides 
aniinuautlira<|iiiiioncs carboniques, de leurs 
produits de substitution et de colorants qui 
en dérivent [Badische]. W'" add. 1450, du 3o juin- 
10 déc. 1911, au B. F. 426859.) 

Remplacement des groupes aminogènes des colorants 
du brevet principal par des groupes soufrés en partant 
des arylthio-i-anthraquinones carboniques (action des 
mcrcaptans sur les anthraquinones-2 carboniques ayant, 
en 1, un groupe négatif). 

THIOINDIGO. — Procédé de fabricalion de 
colorants pour cuve bleu violet [Meisler]. (a. 
F- 432791, du II oct. 1910-15 déc. 1911.) 



Le colorant : 

Cl. CH' t^n 

/~\ch/ \ 
\— / \ s^ 

R.O ^ 



,C0 



H3C Cl 



C = C 



/- \ /- 

\c/\- 



OR 



teint sur cuve en bleu violet, alors que son isomère 



CH^ 



,CO, 



H^C 



Cl_(_>CH<pC = <_>CI 



R.O 



OR 



teint en rouge bleuâtre. 

On part, pour le préparer, du thioglycoliquc 



VU. — TEIiVTUKE 

§ b). — Procédés. 

Procédé pour la production de teintures sur la 
flbre [Badische]. {b. f. 4333i3,du 7 aoiit 191 1-4 janv. 
1912.) (Analysé p. 5i.) 

§ c). — Machines. 

Dispositif de teinture [W. M. Rossiter i.{ M. Sie- 
permann]. (b. f. 433254, du 16 aoùt-29 déc. 191 1.) 
(.Analysé p. 5i.) 



VIII. — 1.UPKES.S10X 

i b . — Procédés. 

Procé<lé pour imprimer des bandes de tissu 

[C. Winlerniti y P. Zaeslè]. (b. e. 432809, du 
19 juillet-16 déc. 191 1.) (Analysé p. 52). 

L\. — .%PPKÉTS 

§ b). — Procédés. 

4:omposi(ion nouvelle ]iour l'iniperméabili.sa- 
lion des lils et tissus ^£^.-1'. Dic^ison] (b. k. 
431348, du 8 sept. 19 10-8 nov. igi i). 

(Voir Rev. du blanchis., du blanchim. et des apprêts 
déc. 191 1, p. i3i, I 

Perfecliouncmcnts dans le blancbiment des 
libres vcj^étales des pulpes végétales et leur 



58 



SOCIÉTÉS INDUSTREILLES 



équivalent [C.-A. Meygret]{B. F. 432552, du 25 juil.- 
II déc. igi i). 

(Voir Rei'. du blanchis., du blanchim. et des ap- 
prêts.) 

Procédé a'imi>erinéal)ilisatioii et «le tixaMoii 
«les nuances, applicable aux l)à«>lies et toiles 
eu tous j^eni-es, aux toiles denilialla^e pour 
sacs, aux toiles imprimées, etc. [Delannoy et 
Boute] (B. F. 43o6oi, du i6 août 1910-2 cet. 1911). 

PAPIER. — Procédé de fabrication, par cou- 
chage, des papiers gélatines, et, éventuelle- 
ment, de toutes autres matières telles que 
tissus, etc. |.S. A:a/^].(B. F. 43347odu27 0cl. 1910- 

8 janv. 1912.) 

IMPERMÉABILISATION. — Perfectionnemenls 
apportés à rimperméabilisalion des tissus, 
des (ils et autres matières [ VVt Harl\. (a. F. 
43301 3 du 5 aoùt-22 déc. 1911. (Analysé p. 53 ) 

§ c). — Machines. 

Appareil de chauffage pour le séchage des 
étoffes sur les métiers d'appi-ètcurs [M. Vas- 
seton] (b. F. 432494, du 20Juillet-7 déc. 191 1). 

(Voir „i^e!'. du blanchis., du blanchim. et des ap- 
prêts.) 

MERCERISAGE. — Dispositif pour la merceri- 
sation des bas [B. Muller]. (b. f. 433ii5 du 

9 aoùt-25 déc. 191 1.) (Analysé p. 52.) 

Forme à bas avec dispositif d'arrêt pour les 
bords [B. Muller]. [b. f. 433ii6 du 9 aoûl-25 déc. 
191 1. (Analysé p. 52.) 

Rouleau élargisseur à grand rendement [C. 

Montel\. (B. F. 432933 du 28 juillet-20 déc. 1911.) 
(Analysé p. 53.) 

Dispositif de récupération pour machines et 
appareils opératoires fonctionnant avec des 
liquides inflammables [Maschinenbau gesel Mar- 
tini çt Hâneke]. (b. f. 43323i du 16 août-29 déc. 
191 1 .) Analysé p. 55.) 

Perfectionnements aux pinces des machines 
textiles [J. J. Hoey]. (b. f. 432857, du 1" août- 
18 déc. 191 1.) 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



MULHOUSE. — Séance du 6 décembre 1911. 

La séance est ouverte à 6 heures. 

Présents : M.M. Albert Scheurer, secrétaire, Alph. 
Brand, Camille Favre, Th. Baumann, Ch. Vaucher, 
Ed. Bourcatt, Ch. Weiss, E. Keller, Eug. Jaquet, F.- 
H. de Niederhaiusern, Alph. Wehrlin, Gus. Schœn, 
Félix Binder, Ferd. Oswald ; total : 14 membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

I. Extraits tannants et colorants. [Procédé de déco- 
loration et purification d' — ). Pli cacheté Lepetit, 
DoUfus et Gansser, n° i2i3,du 26 octobre 1900, de 
M. E. Tagliani. — Addition, à l'extrait, d'un savon de 



résine et d'un corps inerte pesant pour faciliter et 
dépôt. 

Pour décolorer complètement, on ajoute à l'extrait 
une petite quantité de nitrate ou chlorure de plomb, 
avant d'y introduire les autres corps. 

Application du procédé aux extraits de châtaigner. 

M. Rod. Geigy est prié d'examiner ce pli, principale- 
ment au point de vue de l'antériorité. 

2. Ënlevages blanc et couleur sur fond rouge 
mélange d'éosine et de rhodamine. Pli cacheté n" 12 16, 
du 29 octobre 1900, de M. Casimir Bukowiecki. — On 
plaque en rhodamine-éosine, acétate de chrome et am- 
moniaque et on imprime une couleur à l'acide citrique 
coloré avec diphénylechtgelb, bleu Chicago, diamine- 
reinblau, un noir au campèche. Vaporiser et savonner. 
L'article est solide au savon. 

M. Vernet est chargé de l'examen de ce pli. 

3. Enlei'ùges blanc et couleur sur naphtol à teindre 
en dia^o du rose-jaune naphtol (Cas.). Pli cacheté 
n" 12 17, du 29 octobre 1900, de M. Casimir Buko- 
wiecki. — Plaquage en naphtol. Impression de cou- 
leur au sel d'étain, acide citrique, chlorure d'ammonium 
avec graine de Perse, couleurs au tannin et passage en 
rose-jaune naphtol diazoté. 

M. Vernet est chargé de l'examen de ce pli. 

4. Damas. Effet obtenu par impression d'une cou- 
leur à la caséine sur uni de même teinte apprêté et 
gaufré. Pli cacheté n" 1218, du 3i octobre 1900, de 
M. Arthur Neuwirth. — L'échantillon qui accompagne 
ce pli est un noir uni surimpnmé avec un noir à la 
caséine. 

M. Vernet est chargé de l'examen de ce pli. 

5. Colorants immédiats. Procédé pour les rendre 
solides à la lessive et au savon. Pli cacheté n° 12 19, 
du 3 novembre 1900, de M. Edm. Bourcart. — On 
épaissit les couleurs (Benzoreinblau, rouge Congo et 
rouge Congo brillant R) à l'amidon, adragante, etc., et 
on ajoute du silicate de soude ou de potasse et un sel 
d'alumine (sulfate, etc.). 

Sur la demande du déposant, ce pli est déposé au.x 
archives. 

6. Colorants au soufre. Leur fixation par addition 
dans la couleur d'impression de silicates, phosphates, 
xanthates, savons, essence de térébenthine, sulfure de 
carbone, soufre, etc., avec ou sans alcalis. Plis cache- 
tés n"* 1243 et 124!-', des 18 avril et 5 mai 1901, de 
M. Edm. Bourcart. — Ces procédés peuvent aussi être 
employés en teinture. 

Ces plis sont renvoyés à l'examen de M. Battegay. 

7. Réserve sous couleurs au soufre, décrite dans le 
pli n° 1243, du 18 avril 1901, de M. Edmond Bourcart 
(voir ce même pli sous le titre : « Colorants au soufre ») 
Ces réserves sont obtenues par impression de sulfate 
d'alumine, sel ammoniaque, etc. 

L'examen de ce pli est confié à M. Battegay. 

8. Hypochlorite de sodium électrolytique. Nouvel 
appareil de production. Pli cacheté n° i25i, du 
11 mai 1901, deM. Henri Silbermann. — L'auteur fait 
passer le chlorure de sodium par une série de cuvettes 
de forme spéciale, qui permettent aux gaz de s'échapper 
pendant l'électrolyse et offrent des avantages écono- 
miques. 

M. Wyss est chargé de l'examen de ce pli. 

g. .laune de molybdène aux polyphénols teignant la 
laine. Pli cacheté n" 1261, du 10 juin 1901, de M. M.- 
E. Pozzi-Escot. — Le colorant s'obtient en mélangeant 
des solutions d'un molybdate alcalin et d'un poly- 
phénol. 

L'examen de ce pli est renvoyé à M. Alph. Brand. . 

10. Réserve rouge sous noir d'aniline. Nitrosamine 



BIBLIOGRAPHIE 



59 



de la paranitroorthoanisidine. Pli cacheté n» 2o53, du 
23 décembre 1910, des fabriques de produits chimiques 
de Thann et de .Mulhouse. — On incorpore du car- 
bonate de chau.\ à une couleur composée de la nitro- 
samine de paranitroorthoanisidine, de [i-naphtolate de 
soude, d'aluminate et sulforicinate de soude. Imprimer 
sur tissu blanc, développer le rouge dans un local 
chaud pendant quelques heures, plaquer en noir d'ani- 
line, vaporiser, laver et savonner. Cette fabrication peut 
être associée à un blanc réserve sous noir d'aniline. 
Ce pli est renvoyé à l'cvamen de M. Henri Schmid. 

11. Rouvre iie parjuitraniliiie. hîordançage par te 
nap/ilol en l'apeur. Fabrications diverses. Pli cacheté 
n" 1242, du i"' avril 1901, de MM. Etienne Schweitzcr 
et Camille Schœn. — Une pièce de coton vaporisée au 
contact d'un doublier préparé en naphlol condense une 
quantité suffisante de ce corps pour qu'un passage 
ultérieur en diazo donne du rouge. 

Les couleurs d'impression se comportent comme 
réserve mécanique sous ce mordançage. Ce fait per- 
met de réaliser des articles noir d'aniline, gros-bleu et 
gros-vert émétique et blanc au sel d'étain ou au sulfite, 
réserve sous rouge de paranitranilinc. 

On peut remplacer le doublier en entraînant simple- 
ment la vapeur de naphtol par un courant de vapeur 
ou d'air chaud. 

L'e.xamen de ce pli est confié à M. Henri Schmid. 

12. Teinture. Histoire de la ( — ). .Manuel du sei- 
zième siècle, intitulé : Plictho del arte de tentori », 
de Gioanventura Rosetti (voir séance du i'"' juin igio). 
Explication du mot « plictho ». AL Driessen nous 
écrit : « M. Rouffaer m'a donné la vraie signification 
du mot « plictho ». Ce mot, dans la deu.xième édi- 
tion, est devenu « Splico » et veut dire Esplicazione, 
c'est-à-dire explication. 

i3. Weharen der Stad Leidcn. — M. Félix Dries- 
sen a découvert un très curieu.x ouvrage du dix-sep- 
tième siècle concernant l'industrie de la ville de Leyde 
et dont il a fait une réédition. 11 en ofltre un exem- 
plaire à la Société industrielle. 

Le comité de chimie propose de renvoyer l'examen 
de cet ouvrage au comité d'histoire et de statistique. 
Des remerciements sont adressés à l'auteur. 

14. Échantillons de différentes fabrications japo- 
naises. Don de M. de Niederhœusern. — Le comité 
remercie vivement M. de Niederhœusern du don qu'il 
fait à la Société et le prie de rédiger une note explica- 
tive concernant ces fabrications. 

Cette note et les échantillons seront présentés à la 
prochaine séance de la Société industrielle. 

Renouvellement du bureau. — ,\L\L .Albert Scheurer, 
secrétaire, Emilio Nœlting, secrétaire adjoint, et Fer- 
dinand Oswald, sous-secrétaire, sont renommés. 

La séance est levée à 7 heures. 



BIBLIOGRAPHIE 

La chimie indastrielle moderne, par Francis J.-B. Bel- 
TZER, un vol. in-S", Paris, 191 1 , t. II. 

Ce deuxième volume est consacré aux métaux et à 
la chimie organique. 

11 arrive à son heure. 

La production économique de l'électricité a eu pour 
conséquence de nombreux progrès en métallurgie, et 
dans la fabrication des produits chimiques. Cette puis- 
sante forme de l'énergie intervient actuellement, soit 
pour produire de hautes températures, soit pour pro- 
voquer des réactions électro-chimiques. 



Des corps, qui naguère étaient difficiles à obtenir, et 
par conséquent rares et chers, sont f'abriqués aujour- 
d'hui, grâce à l'électricité, à des prix abordables, ce qui 
leur a créé de nouveaux emplois. Le chimiste dispose 
d'un plus grand nombre de réactifs qu'autrefois. L'in- 
dustrie chimique a reçu, de ce fait, une extension dont 
le livre de M. Beltzer montre l'importance. 11 décrit 
ces progrès, les réunit en un tout, méthodiquement or- 
donné; Oîuvre utile, car les données de la littérature sont 
actuellement éparses dans des mémoires, des brevets, 
des monographies. L'auteur les résume. Et pour com- 
penser la brièveté de son exposé, il a mis le lecteur à 
même de compléter les renseignements qu'il désire 
avoir, en lui indiquant la bibliographie des travaux ori- 
ginaux. 

[,e plan suivi est rigoureusement scientifique. Les 
métaux sont classés en groupes et en familles selon les 
tableaux dressés par MendeleefI'. L'auteur accorde 
quelques lignes à chacun d'entre eux, même aux plus 
rares, et mentionne leurs principales combinaisons. Il 
marque ainsi les divers jalons qui forment son cadre. 

Mais, conformément au titre de l'ouvrage, il s'arrête 
particulièrement aux corps qui ont reçu des applica- 
tions industrielles. Il en donne la provenance, le gise- 
ment. Il décrit la fabrication d'après les derniers tra- 
vaux, et chacune est illustrée par une Hgurc schématique, 
qui représente la suite des opérations et donne la 
coupe des appareils. Quelquefois une figure gravée 
d'après une photographie, montre l'aspect extérieur des 
installations. Dès le début, nous pouvons nous rendre 
compte du rôle considérable qui revient à l'éiectro-chi- 
mie dans la métallurgie moderne, et aussi à l'ingénieur 
qui a assuré par des installations appropriées la régu- 
larité de la production économique. 

On trouve dans ce volume tout particulièrement ce 
qui est nouveau : la fabrication des bioxydes et des 
hydrures des métaux alcalins, la description des terres 
rares qui ont trouvé pour l'éclairage des applications 
d'une si grande valeur économique; les emplois de 
l'aluminium en métallurgie; ses alliages; de même les 
alliages du fer, du nickel, du manganèse. 

A propos du chrome, l'auteur indique une industrie 
à créer en France ; c'est la fabrication des chromâtes 
par les minerais néocalédoniens. A propos de la mé- 
tallurgie de l'or, il décrit les nombreux procédés chi- 
miques, qui permettent aujourd'hui de traiter avec 
avantage des minerais trop pauvres, pour être exploi- 
table par les anciens procédés mécaniques. 

La métallurgie du platine et des métaux rares qui 
l'accompagnent forme de même un chapitre mis à jour. 

Le côté industriel n'est toutefois pas le seul qui ait 
été envisagé par l'auteur, le côté théorique est l'objet 
d'une certaine attention. C'est ainsi que la théorie des 
ions est exposée dans ses rapports avec la chimie ; un 
chapitre est consacré aux métaux radio-actifs. Et dans 
ses conclusions l'auteur nous fait admirer l'ordre dans 
lequel tous les corps simples se classent en familles et 
en groupes, reliés entre eux par- la progression des 
poids et des volumes atomiques. 11 nous montre l'état 
actuel de nos connaissances sur les relations entre ces 
poids atomiques et les propriétés physiques et chimi- 
ques des corps simples. Il fait ressortir la relation entre 
les affinités et les tensions électro-chimiques exercées 
par les éléments positifs et négatifs, qui déterminent le 
caractère acide ou basique des combinaisons. 

L'auteur ne cache pas les incertitudes qui existent 
encore sur ces relations ; il montre à côté des progrés 
obtenus, ceux qui restent encore à réaliser « pour coor- 
donner d'une façon plus complète et plus certaine les 
lois générales de la chimie ». 



6o 



SOCIETES 



M. Beitzer n'a accordé que 23o pages à la chimie 
organique. C'est peu. Mais il faut se souvenir qu'un 
précédent ouvrage, la Grande Industrie tinctoriale, a 
déjà traité des hydrates de carbone, et des matières 
colorantes. Il ne lui restait donc à traiter que des indus- 
tries non comprises dans cet ouvrage. 

Fidèle à son plan, que nous avons exposé pour la 
chimie des métaux, l'auteur suit une marche rigoureu- 
sement méthodique. 

Il nous montre la parfaite continuité entre la chimie 
minérale et la chimie organique. Il trace nettement son 
cadre qui comprend les combinaisons du carbone avec 
l'hydrogène, puis celles des hydro-carbures avec l'oxy- 
gène, et enfin celles qui compren nent l'azote. Dans ce 
cadre il décrit à leur place les industries correspon- 
dantes : celle des pétroles et de l'huile de schiste. Le 
gaz d'éclairage et ses sous-produits. Les industries de 
l'acétylène, des terpénes, du goudron de houille, des 
alcools, des éthers, la fabrication des bougies stéariques, 
des savons, de la glycérine. Il passe rapidement sur les 
sucres, la fermentation, la cellulose et les explosifs. Et 
c'est ainsi qu'il arrive à dire quelques mots sur les 
fibres artificielles, les soies Chardonnet, la soie au 
cuivre et particulièrement sur la plus récente des trois : 
la viscose. A propos des acides volatils, nous trouvons 
un chapitre sur la distillation du bois, la fabrication des 
acétates. Puis celle des tannins, de l'aldéhyde formique, 
des phénols, naphtols,dcs aminés de la série grasse qui 
toutes donnent lieu à des industries. 

Et en terminant son ouvrage l'auteur nous montre 
la matièi'e azotée albumino'ide comme base du tissu 
vivant. « L'évolution de la vie a été pour ainsi dire la 
conséquence des condensations successives des ma- 
tières albuminoides ou coUo'idales. » On voit par cette 
citation la pensée philosophique qui a présidé à la ré- 
daction de cet ouvrage: pensée tournée vers le but le 
plus élevé de la chimie : la synthèse. C'est là l'utilité 
des livres comme celui de M. Bellzer. Il nous renseigne 
sur ce qui est connu, et suggère les idées qui condui- 
sent, par leur développement expérimental à de nou- 
veaux progrès. a. r. 

Agenda Dunod pour 1911 : Chimie, à l'usage des chi- 
mistes, ingénieurs, industriels, professeurs, pharma- 
ciens, directeurs et contremi-itres d'usines, par 
Emile Javet, ingénieur chimiste, directeur du Labo- 
ratoire iVlunicipal de Bône. 

Un petit volume lo x i5, relié en peau souple, conte- 
nant environ 480 pages de texte et 32 pages blanches 
quadrillées à 2 millimètres pour notes et croquis. 
Prix net: 3 francs. (H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 
47 et 49, quai des Grands-.\ugustins, Paris-VI°.) 



.\L\NCF.\CTURE LYONNAISE DE .MATIÈRES COLORANTES. — 

Nuances cuirs Irèssolides au lavage sur coton filé pour 
bonneterie. Brochure 338 1, avec 40 échantillons. 
— Nuances nouvelles sur les tissus de laine avec effetsde 
soie artificielle. Brochure 3375 avec 24 échantillons. 



Société ANONYME des produits F. Bayer et Cie, Fiers, 
par Croix (Nord). — Les colorants pour laine del'an- 
née 1910. — Die Woll-farbstoffe des Jahres 1910. — 
Wool colours igio. i vol. n" i853, 1910, de loj pages 
avec 290 échantillons (reçu en janvier 19 12). 

— Les colorants pour coton de l'année 1910. — Die 
Baumwollfarbstoffe des Jahres 1910. — Cotton 
colours 1910. I vol. i833, 1910, de 376 pages avec 
376 échantillons (reçu en janvier 1912;. 



PARTIE COMMERCIALK 



SOCIÉTÉS 



Société des Anciens Établissements 
F. Keittinger et C'=. 

L'Assemblée générale a eu lieu le 25 octobre dernier. 

L'exercice finissant le 3o juin a été défavorable, nous 
avons déjà eu l'occasion de le constater pour les fabri- 
cants d'indiennes. 

Les amortissements ont été de 109.446 francs. Le 
bénéfice net s'est élevé à 145.30 i fr. 38. 

Le dividende, fixé à 5 p. 100, soit 25o francs par 
action de 5.000 francs, absorba 100.000 francs; le solde 
des bénéfices a été versé aux réserves. 

Les immobilisations ne figurent plus au bilan que 
pour 1.285. 119 francs. 



LA SITUATION DE L'INDIENNE A ROUEN 

Les affaires d'indienne pendant le 3= trimestre ont 
été très calmes par suite de la situation générale, du 
manque de confiance dans la tenue des prix, et prin- 
cipalement de la cherté de la vie. 

Les genres bon marché se sontpar conséquent vendus 
mieux, mais cependant avec une diminution très sen- 
sible sur les mois correspondants de l'année dernière. 

Les collections d'été sont soumises aux clients de- 
puis le i5 juillet dernier; ces clients se montrent très 
réservés dans leurs achats et il est probable que la 
diminution du chifi're des commissions initiales pourra 
être de i5 à 20 p. 100 sur la saison dernière. 

Les art'aires d'Algérie ont été normales; celles d'ex- 
portation peu actives, la clientèle attendant, pour 
acheter, la baisse du coton. 



GOFIRESFO JM DANGE 



Monsieur Léon Lefêvre, 
Directeurdela «Revue des Matières colorantes,» Par is . 

Je reçois à l'instant une lettre de M.\L Schmid frères, 
de Bàle, réclamant leur priorité sur un procédé de 
décreusage de la soieTussah à l'aide de la mousse de 
savon; procédé que je connaissais depuis longtemps 
sans savoir qu'il était breveté par M.\L Schmid frères. 

J'ai décrit ce procédé ou du moins j'ai indiqué dans 
mon article, sur le Blanchiment de la soieTussah, un 
procédé qui, parait-il, était breveté par M.M. Schmid 
frères sans que je le sache et basé également sur l'em- 
ploi de la mousse de savon. 

Ces .Messieurs me demandent de bien vouloir signa- 
ler leurs revendications et je m'empresse, en toute im- 
partialité, de le faire, en vous demandant de passer une 
note dans la Revue en indiquant que le procédé décrit 
dans mon article surle Blanchiment des soies Tussah, 
(pour ce qui est relatif seulement à l'emploi demousse 
de savon), était déjà revendiqué par un brevet de 
MM. Schmid frères, de Bâle. 

Veuillez agréer, etc. 

Fra.ncis Beltzer. 



AVIS 

Dans ce numéro se trouve un nouveau tirage des 
pagesy à 10 du derniernuméro ; ilestdestiné à remplacer 
ces pages dont la mise en page était défectueuse. 

Le Directeur-Gérant : Léon Lefêvre. 
Tours. — Imprimerie E. Arrauli et C". 



REVUE GÉNÉRALE 



MATIÈRES COLORANTES 

DE LA TEINTURE, DE L'IMPRESSION ET DES APPRÊTS 



16* Année 



N° 183. — Tome XVI 



1" Mars 1912 



DE L'EMPLOI DU 



VAPORISATEUR » DANS LA DECORATION DES TISSUS 
EN TOUS GENRES 

ParM. J. GAUDIT, 



Le vaporisateur improprement appelé aéro- 
graphe (celui qui écrit sur l'air, voir dictionnaire 
Larousse) et plus justement dénommé chromo- 
graphe (instrument qui permet de tirer plusieurs 
exemplaires d'un dessin, voir Larousse), est de- 
venu une petite machine à décorer les tissus dont 
les ressources sont incalculables. Sa prétention 
ne va pas jusqu'à vouloir remplacer nos belles 
machines à imprimer en couleurs multiples, mais 
elle peut prétendre lutter sans défaillance avec 
l'impression à la main ou à la perrotine. 

Ses débuts datent de quelque quarante ans. On 
trouve en effet, dans les annales de l'impression 
sur tissus, que la maison Ch. et Paul Depouilly 
fit en 1K69 l'application de la pulvérisation à l'air 
compriméde couleurs d'aniline, sur tissu de laine, 
dans le but d'imiter un autre article déjà en vogue 
et inventé par Vigoureu.x. 

Les résultats obtenus ne donnaient qu'un poin- 
tillé plus ou moin fin sans offrir la finesse et le 
fondu des nuances obtenues actuellement. 

Aujourd'hui, les appareils dont dispose l'indus- 
trie artistique sont de vrais petits bijou.x, élégants, 
simples et résistants. Ils permettent d'obtenir les 
dessins les plus variés, les teintes dégradées du plus 
clair au plus foncé, sur des surfaces assez consi- 
dérables puisqu'ils trouvent leur emploi dans la 
décoration murale de nos appartements. 

Leur usage dans la décoration des tissus pour 
corsages, jupons ou robes est donc tout indiqué. 

On a pu voir, en été 191 1, une de nos pre- 
mières maisons de couture de la place de Paris, 
maison citée à juste titre comme donnant le ton 
de la grande mode, signalant à sa clientèle que 
certains de ses modèles étaient décorés au vapori- 
sateur ! N'était-ce pas, en même temps que faire 
acte d'ingéniosité, montrer tout le parti intéressant 
et artistique que l'on pouvait tirer du vaporisa- 
teur chromographe. 

Instrument souple et docile, il devait tenter nos 
chimistes coloristes désireux de copier le plus 
fidèlement possible la nature ; c'est en eflet le seul 



instrument capable de donner l'illusion de la 
réalité. 

En un mot, manié par des mains délicates, avec 
des colorants appropriés et sérieusement étudiés, 
le vaporisateur chromographe fait des merveilles. 
Passons en revue les diverses catégories de tissus 
pouvant être décorés. 

La première catégorie est le tissu de soie sous 
toutessesformes,mousseline,crèpe de Chine, voile, 
salin, etc. ; des écharpes, des volants de jupons, 
des corsages furent décorés à l'aide du vaporisateur 
chromographe. D'abord on prit un tissu blanc et, 
à l'aide de découpages figurant fleurs ou sujets 
divers, on pulvérisa des couleurs tendres et vives, 
puis petit à petit le chimiste coloriste s'enhardis- 
sant, c'est sur des tissus d'abord à fonds légère- 
ment teintes qu'il fit l'application de dessins en 
cama'i'eu pour, ensuite, aborder franchement l'im- 
pression sur noir. 

C'est là où le vaporisateur chromographe peut se 
montrer fier, car grâce à sa constitution, il permet 
ce joli tour de force d'imprimer, sur fond noir, 
un dessin en couleurs vives entourées de blanc. 

Combien des nôtres ont pâli devant ce problème 
qui se trouve aujourd'hui si artistement résolu, 
grâce au vaporisateur chromographe! 

Les dentelles viennent ajouter une preuve de 
plus aux qualités du merveilleux appareil ; les 
résultats obtenus comme finesse et comme coloris 
dépassent tout ce que l'imagination peut entrevoir. 
Dans cet article, le vaporisateur chromographe est 
imbattable, car la machine à imprimer, pas plus 
que l'impression à la planche, ne permettent le 
raccord du dessin. 

Il ne faut pas croire que les effets artistiques 
obtenus le sont au détriment de la solidité, ce 
serait^'une grave erreur, une injure imméritée à 
faire à nos chimistes coloristes de croire qu'ils 
n'ont pas su trouver, dans la splendide gamme des 
colorants existant sur le marché, des couleurs 
donnant une absolue sécurité répondant en tous 
points aux exigences imposées. 



62 



EMPLOI DE LA MOUSSE DE SAVON 



La seconde catégorie est l'application sur tissus 
de laine. 

Les effets obtenus sur cette fibre ne laissent rien à 
désirer, soit sur fond blanc, fond couleur ou fond 
noir. Les résultats sont absolument concluants, 
artistement interprétés et savamment étudiés: les 
dessins, même lesplus fins, sont fidèlement rendus. 

La troisième catégorie est l'application sur tissu 
coton. C'est certainement la voie la plus large ou- 
verte aux chimistes coloristes, pour l'emploi du 
vaporisateur chromographe. 

Que de jolies choses à réaliser avec toute la sé- 
rie de ces magnifiques colorants à cuve nouvelle- 
ment apparus sur le marché 1 Les applications les 
plus diverses et les plus fantaisistes peuvent être 
faites avec le concours des colorants sulfines et des 
colorants directs. 

Les maisons de matières colorantes ont déjà 
compris l'importance et tout le parti que l'on pou- 



vait tirer de ce merveilleux instrument, car elles 
n'ont pas hésité à lancer des collections montrant 
l'emploi raisonné de certaines de leurs spécialités 
(voir collection Manufacture Lvonnaise. Couleurs 
immédiates, n* 128''). 

Une seule objection a été faite au sujet du va- 
porisateur chromographe, c'est celle de l'emploi 
obligatoire de plusieurs appareils ou de godets de 
rechange pour chaque coloration. Cette lacune 
n'e.xiste plus grâce au brevetde MM. Lebaron frères 
qui ont trouvé le moven de pulvériser, avec le 
même appareil, trois couleurs diffférentes sans 
que celles-ci se mélangent entre elles. C'est un in- 
génieu.x petit tour de main dont nous les félici- 
tons. 

Cet instrument devient de par ce fait très peu 
coûteux, très maniable et sa production est lar- 
gement aussi grande que celle obtenue par l'im- 
pression à la planche. j. gaidit. 



HYDROSULFITE DOUBLE DE SODIU.M ET DE ZINC A TITRE ÉLEVÉ, DIFFICILEMENT SOLUBLE 

ET TRÈS STABLE 



Divers procédés ont déjà été employés pour préparer 
des sels doubles d'hydrosulfite de sodium et de zinc. 

On a déjà mélangé par exemple des solutions d'hy- 
drosulfites de sodium avec des solutions de chlorure 
de zinc ; ou bien l'on a additionné des lessives d'hy- 
drosulfite de zinc, de sel marin. 

La patente allemande n" i3o4o3, du i3 mars 1901, a 
décrit également un procédé pour l'obtention d'un 
hydrosulfiie de zinc difficilement soluble. 

Le procédé breveté par la Chemische F.\BRik Grie- 
SHEi.M Elektron est ditférent des procédés indiqués ci- 
dessus (b. F. 43451 1). Ce procédé consiste à mélan- 
ger ensemble les lessives crues d'hydrosulfite de zinc et 
d'hydrosulfite de sodium. Au bout dun certain temps, 
un sel blanc cristallin commence à se séparer peu à peu : 
ce sel devient toujours plus abondant jusqu'à ce qu'en- 
fin toute la masse se soit prise en une bouillie blanche, 
épaisse. 

Cette réaction s'accélère encore, lorsque l'on chauffe 
dés le début le mélange et que l'on maintient une tem- 
pérature de ôo à ô5°. Le sel se sépare presque complè- 
tement et en toute proportion de l'eau mère et sans 
qu'il se produise d'autres composés. 

Comme des recherches l'ont établi, il s'est formé là 
un sel double d'hydrosulfite de zinc et de sodium avec 
de très légères impuretés de thiosulfates, sulfites et sul- 
fates. 

Le sel ainsi séparé peut être extrait de l'eau mère au 



moyen d'alcool étendu d'eau et être desséché ensuite 
dans le vide en le chauffant à 60-70°. 

On supposait que, d'après les indications de Bahen 
(rapports 38, igoS, I. S. loôo), on avait obtenu un sel 
double facilement soluble ayant pour formule Zn 
Na SO'O')-. .Mais il n'en est rien ; il se produit au con- 
traire une substance difficilement soluble, contenant 
environ deux parties d'hydrosulfite de zinc pour une 
û'hvdrosulnte de sodium. Si l'on emploie plus d'hvdro- 
sulfite de sodium, le surplus en reste dans la solution. 

On peut opérer, pour réaliser ce procédé, de la ma- 
nière suivante, donnée à titre d'exemple : 

On introduit 100 litres de lessive d'hvdrosulfite de 
zinc avec 74 kilogrammes deZnS-0* et i5o litres d'hy- 
drosulfite de sodium avec 33 kilogrammes de Na-S-0* 
dans un récipient préalablement chauffé et que l'on 
agite; on maintient dans ce récipient une température 
de ôo à 65°. 

On chauffe encore, en continuant à agiter, pendant 
une demi-heure environ, puis l'on filtre à chaud. .\prés 
lavage à l'alcool étendu d'eau, on dessèche le sel dans 
le vide à 60-70° et l'on obtient ainsi, avec un rende- 
ment excellent, un sel double absolument blanc, par- 
faitement stable, dont le titre correspond à une teneur 
de 90 p. 100 environ en ZnS-O^.Ce sel peut rester pen- 
dant des semaines à l'air sans que sa teneur diminue 
sensiblement. 



EMPLOI DE LA MOUSSE DE S.WON POUR LE S.WONNAGE DES M.\TIÈRES TEXTILES 



L'emploi de la mousse de savon a été préco- 
nisé pour la teinture de la soie par ^L^L Schmid 
frères, de Bàle. en 1904 voir b. f. 845172, du 
27 juillet 1904 i~i. Rev. gén. des Mat. col., i9o5, 
p. 58;. 

Existe-t-il des antériorités à ce brevet en ce qui 
concerne la teinture du coton, je l'ignore: en tout 
cas, dans les ouvrages antérieurs à 1904, je n'en ai 

{ I ) Procédé et appareil pour décreuser, blanchir et teindre 
la soie. 



pas trouvé ; mais la littérature des brevets relatifs 
à la teinture n'existe pas, c'est une lacune fâcheuse 
qui gêne beaucoup les chercheurs. Je sais que 
c'est une œuvre de longue haleine et qui ne pour- 
rait être entreprise que si elle était subventionnée 
par une société ou une académie. Quoi qu'il en 
soit, les mêmes .^L^L Schmid frères prirent, le 
4 janvier 1909, un nouveau brevet b. f. 407596. 
Voir Rev. gén. des Mat. color., 1910 pour le 
dégraissage et le dessuintage des laines. 



EMPLOI DE LA MOUSSE DE SAVON 



63 



Enfin, en 1910(8. r. 41895, 
du !"'■ avril 1910 : Procédé 
pour lainer le Jute et les 
matières fibreuses similaires. 
Voir Rei'. gén. des Mat. co- 
lor., 191 1, pp. 89 et 95), 
nouvelle application , par 
MM. Schmid frôres, de la 
mousse de savon au traitement 
du lin pour lui donner un as- 
pect plus laineux. 

MM. Guido Colombo et 
GiovANi Baroni ont exposé 
ici même (yo'w cette Revue, 
n° iSo du r'"' décembre 1911) 
les avantages de la mousse 
de savon pour le décreusage 
des soies. 

Dans un récent brevet (b. k. 
434.450, du 2r) novembre 1 9 1 0, 
rendu public seulement le 
2 février 19 m), M.M. Schmid 
exposent que dans les opéra- 
tions de teinture, de blanchi- 
ment et d'impression des ma- 
tières textiles sous toutes for- 
mes quelconques, c'est-à-dire 
sous forme de filés, de tissus, 
de tricots, de ruban de pei- 
gnés ou de cardés, etc., il est 
d'usage de passer parfois les- 
dites matières textiles dans 
des bains de savonnage, en 




•:::N^::::::N^://.:- 



vue de l'obtention de certains 
effets, soit par exemple dans 
la teinture en noir de la soie 
pour unir plus intimement et 
pour égaliser davantage les 
mordants et charges y appli- 
qués, ou par exemple dans 
la fabrication des indiennes 
et autres tissus de coton im- 
primés pour aviver les cou- 
leurs et rendre parfaits les 
blancs qui ont pu être ter- 
nis par les opérations précé- 
dentes. 

MM. Schmid font remar- 
quer que la durée du passage 
des matières textiles dans ces 
bains de savonnage pourrait 
être réduiteconsidérablement, 
si, au lieu de constituer ces 
bains par une solution savon- 
neuse liquide, on les constitue 
par un bain de mousse d'eau 
de savon. 

Cette diminution de durée 
atteint pour la teinture en 
noir des organsins 5o à 60 
p. 100 du temps employé or- 
dinairement. 

En outre, la substitution 
d'un bain de mousse de savon 
à la solution aqueuse de sa- 
von, procurerait d'autres a van- 



Bleu dauphin brillant B [S | 




N' :i.>. — Ecarlate azo diamine 6 BL extra [C.J (3 0/0). 



04 LES PRINCIPALES INDUSTRIES CHIMIQUES EN SUISSE PENDANT L'ANNÉE igio 



lages. comme dans la teinture des soies en noir 
une meilleure union et d'autre part moins de duvet 
sur la soie, celle-ci n'étant presque pas déplacée 
dans le bain de savonnage à l'état de mousse, con- 
servant par conséquent mieux son brillant et se 
dévidant aussi plus facilement, si elle est traitée 
à l'état décheveaux. 



S'il s'agit de tissus de coton imprimés, ceux-ci 
acquièrent un meilleur toucher ; il en est de 
même pour les autres tissus, tricots, filés, etc., 
qui par savonnage à la mousse d'eau de savon 
acquièrent un meilleur toucher qu'au savonnage 
avec un bain liquide. 

V. L. 



EMPLOI DU SULFOCYANURE D'ALUMINIUM EN IMPRESSION SUR LAINE 
SYSTÈME « VIGOUREUX » 

Par M J. GAUDIT. 



Le sulfocyanure d'aluminium, dont l'emploi est 
aujourd'hui généralisé comme mordant dans l'im- 
pression du rouge d'alizarine sur coton, n'a jamais 
été indiqué officiellement pour la composition des 
pâtes d'impression pour laine, principalement 
pour l'impression de la laine peignée système 
« Vigoureux». 

Dans ce dernier cas, le sulfocyanure d'alumi- 
nium donne avec l'alizarine rouge des nuances 
très vives et très solides au foulon qui ne tachent 
ni les buffles ni les parchemins des métiers à filer. 

Il faut bien remarquer que la pâte d'impression, 
qui se fait habituellement, pour le coton, avec 
l'alizarine rouge en pâte, doit être composée d'ali- 
zarine rouge en poudre parfaitement soluble. 



La recette suivante a toujours donné d'excel- 
lents résultats : 

On fait dissoudre 5 kilogrammes de rouge d'ali- 
zarine en poudre dans 5o litres d'eau bouillante, 
on ajoute 70 kilogrammes d'épaississant de Bri- 
tish Gum. Quand le mélange est bien homogène 
et complètement refroidi, on l'additionne de 
12 litres de sulfocyanure d'aluminium à 20° B., 
on imprime, vaporise et lave à la façon habi- 
tuelle. 

Il est bien entendu que cette pâte d'impression 
peut se mélanger en toutes proportions avec 
d'autres préparations contenant soit de l'acétate, 
soit du formiate, soit du fluorure de chrome, etc. 

J. GAUDIT. 



LES PRINCIPALES INDUSTRIES CHIMIQUES EN SUISSE PENDANT L'ANNÉE lyio 

Par M FRÉDÉRIC REVERDIN. 



Nous nous proposons, dans les lignes qui vont 
suivre, en nous basant sur les documents officiels 
et rapports (i) parus dernièrement, de rendre 
compte de la marche, en 1910, des branches les 
plus importantes des industries chimiques, au 
point de vue de nos exportations : l'industrie des 
matières colorantes artificielles, exclusivement 
exploitée à Râle, et les industries électro-chimique 
et électro-muiallurgique en activité dans plusieurs 
cantons de la Suisse. 

Matières colorantes artificielles dérivées du 
goudron de houille. — L'exportation des colorants 
artificiels s'est élevée en 1910 à 69.750 q. m., pour 
une valeur de 25.414.521 francs, ce qui représente, 
sur l'année précédente, une augmentation de 
285i q. m. et 1.228.672 francs. Les principaux 
clients de la Suisse pour ces produits continuent à 

(i) Statistique du commerce de la Suisse avec l'étranger 
en 1910, publiée par le Département fédéral des douanes, 
4 septembre 191 1 . 

Bericht liber Handel utid Industrie der Schmei^ im Jalir 
1910. ErstJttet vont Vorort des Schwei^erischen Handels- 
und Industrie-Vereins, Zurich. 

Jahresbericht der Schwei-^erischen Ilandelsslatislik, 
herausgegeben j'om Schuieii^erischen Zolldeparlement, 
Bern. 

35ler Jahresbericht der HandelsUammer iiber das Jahr 
1910. Basel. 

Voir aussi : Bulletin commercial et industriel suisse, du 
i5 avril 1910, p. i63. Die Chemische Industrie igio, p. 776, 
décembre 191 1. 



être l'Allemagne, l'Angleterre, les États-Unis, l'Ita- 
lie et le Japon. Pour ce dernier pays, l'exportation 
a cependant quelque peu diminué. 

Le prix moyen des colorants exportés s'est légè- 
rement relevé; de 362 francs qu'il était en 1909, il 
a passé à Stîq les 100 kilogrammes. 

La Suisse a importé en 1910 un peu moins d'in- 
digo et d'alizarine artificielle que pendant l'année 
précédente. 11 a été importé 788 q. m. (236.400 fr.) 
du premier et i.65o q. m. (23 1.000 francs) du 
second de ces colorants; ces importations pro- 
viennent exclusivement d'Allemagne. 

Les dérivés du goudron de houille et matières 
auxiliaires pour la fabrication des couleurs d'ani- 
line, tels que benzène, naphtaline, anthracène, 
phénol, toluène, acide benzoïque, etc., dont l'im- 
portation a atteint 25.711 q. m. (1.857.879 francs) 
sont pour la plus grande partie livrés par l'Alle- 
magne ^21.407 q. m.;. L'augmentation sur 1909 a 
étéde 7.906 q. m. et i.i6i:485fr., mais il faut noter 
que le chiftYe moyen d'estimation pour les produits 
de celte catégorie a passé de Sg fr. 1 1 les 100 kilo- 
grammes à 72 fr. 26. Notons encore que l'importa- 
lion de l'aniline est restée à peu près stationnaire 
7-058 q. m .); le prix ( i o5 francs > a baissé de 4 francs ; 
celle des combinaisons d'aniline pour la fabrica- 
tion des couleurs, telles que toluidine, diméthyla- 
niline.etc, a été de 8.263 q. m. (^2.024.435 francs), 
en recul de 3.2o5 q. m. Le prix moyen a passé de 



LES PRINCIPALF-:S INDUSTRIES CHIMIQUES EN SUISSE PENDANT L'ANNÉE 1910 G5 



i()3 francs à 245 francs. Il a été également importé 
de moins grandes quantités d'acide salicv'lique, de 
chlorure de benzyle, de nitrobenzène, de naphtol 
et dérivés, produits pour lesquels l'importation a 
été de t).i45 q. m. (i.3ob.(,oo fr.),en recul de 2.806 
q. m. L'acide phtalique et la résorcine ont été en 
revanche importés en plus grande quantité qu'en 
1909, soit 227 q. m. de plus. 

Si le développement de l'exportation des colo- 
rants artificiels n'a pas été aussi considérable que 
de H)o8 à i()0(). période pendant laquelle on avait 
noté une augmentation de 4 millions et demi de 
francs, les affaires, dans cette branche des indus- 
tries chimiques, se sont cependant poursuivies 
d'une manière normale. Il faut signaler que le 
marché des États-L'nis, bon au début de l'année, a 
été entravé ensuite par la crise du coton et les évé- 
nements politiques, pour reprendre vers la fin de 
l'année, grâce à de bonnes récoltes. 

La marche de l'industrie des colorants artificiels 
dépend naturellement beaucoup de celle de l'indus- 
trie te.xtile, mais elle dépend aussi de celle d'un 
grand nombre d'autres industries, dans lesquelles 
les produits en question jouent un rôle et s'im- 
plantent de plus en plus. Si l'industrie du coton, à 
l'exception de l'impression du calicot, a été moins 
active, celle de la laine a, au contraire, prospéré, 
notamment en .\ngleterre; l'industrie de la soie a 
été moyennement occupée et celle du papier l'a été 
très fortement. 

L'emploi des colorants artificiels dans un grand 
nombre d'industries d'ordres divers, rend la tâche 
du fabricant toujours plus astreignante et plus 
dillicile, car il s'agit de satisfaire des exigences 
très variées, ce qui demande du temps et des con- 
naissances spéciales de la part du personnel. 

Au point de vue technique, on ne saurait citer 
l'introduction de matières colorantes réellement 
nouvelles, on s'est plutôt appliqué à compléter des 
classes déjà connues par de nouveaux représen- 
tants ; c'est ainsi que la série des colorants au 
chrome, solides à la lumière et au lavage, celle des 
colorants diazotables et celle des colorants à cuve, 
ont été enrichies ; d'autre part, l'étude toujours plus 
serrée des anciennes méthodes de fabrication, au 
point de vue des rendements et du prix de revient, 
s'impose de plus en plus en présence de la baisse 
continuelle des prix de vente. 

Les fabricants de couleurs ont aussi cherché à 
répondre aux désirs des autorités militaires de 
presque tous les pavs, qui recherchent maintenant 
pour les uniformes des couleurs, non seulement 
solides à la lumière et aux intempéries, mais encore 
aussi peu visibles que possible pour l'ennemi. Les 
couleurs en question doivent être appropriées à la 
nature du terrain, elles varieront suivant les pays, 
mais c'est surtout dans les nuances grises et vertes 
ou vert gris, que l'on a cherché la solution du pro- 
blème. On peut citer, à cette occasion, qu'une mai- 
son bàloise a réussi à fabriquer un colorant au 
chrome de nuance vert foncé, qui est extraordi- 
nairement solide à la lumière. Les colorants à 
cuve, qui sont également fabriqués à Bàle, pour- 



raient aussi convenir pour cet emploi, étant donné 
leurs caractères de solidité, d'autant plus que la 
série en a été augmentée d'un jaune vert, dérivé 
de l'indigo et que l'on possède actuellement une 
variété de colorants à cuve permettant de repro- 
duire par mélange toutes les nuances désirées. 

Ce sont les colorants gris et verts, ainsi que les 
mélanges pour nuance mode, qui ont été le plus 
employés dans la teinture des tissus de confection 
pour hommes : le vert, d'autre part, a été très 
demandé pour le vêtement de touristes. 

Quoique les couleurs végétales et les bois de 
teinture donnent lieu à un trafic beaucoup moins 
considérable que les colorants artificiels, il n'est 
pas sans intérêt, quand cela ne serait qu'à litre de 
comparaison, de jeter aussi un coup d'oeil sur la 
marche de cette industrie en Suisse. 

La demande en bois de teinture a été plus grande 
qu'en 1909, par le fait de la meilleure marche des 
industries textiles. 

Pource qui concerne la Suisse, l'importation des 
bois de teinture en bûches a été presque exacte- 
ment la même, tandis que celle des bois de tein- 
ture travaillés a augmenté de 764 q. m. ; celle des 
feuilles, lichens, écorces et racines, etc., tincto- 
riaux, bruts, a augmenté de 7.193 q. m., tandis 
que celle des mêmes produits travaillés a diminué 
de 221 q. m. 

On note, pour l'importation de l'extrait des bois 
de campêche et des extraits liquides ou solides de 
matières colorantes non dénommées ailleurs et de 
la garancine, une augmentation de 855 q. m. et 
pour l'exportation qui est, à très peu de choses 
près, la même comme valeur (5 13.691 francs), une 
aumentation de 23o q. m. Enfin, il a été importé 
un peu moins de rocou, orseille préparée, car- 
thame, cochenille, etc. 

L'exportation des bois de teinture des pays 
d'outre-mer devient toujours plus difficile et plus 
onéreuse, à cause de l'augmentation du fret et des 
difficultés provenant de la main-d'œuvre, aussi la 
concurrence des couleurs artificielles poursuit-elle 
sa marche ascendante. 

La graine de Perse, qui provient exclusivement 
de la Turquie d'Asie, devient rare et chère; son 
prix a augmenté de 10 p. 100: il semble que son 
règne esta peu près fini et qu'elle doive, sous peu, 
complètement céder le pas au.x couleurs d'aniline. 

On peut se rendre compte, en examinant le 
petit tableau suivant, de la marche descendante que 
suit, depuis quelques années, avec des fluctuations 
sans doute, l'industrie des colorants végétaux. On 
y trouvera les quantités exprimées en tonnes, des 
différents bois de teinture importés à Hambourg 
de 1903 à 1910 : 



190J 1907 1908 1909 1910 

25.350 18.560 10.790 5.i35 8.695 

3.450 3.o5o 1.096 i.6i5 i.83o 

1.700 1.608 855 1.415 980 



Bois de campêche. 
Bois jaune . . . 
Bois rouge . . . 

Industries électro-chimique et électro-métallur- 
gique. — Nous passerons en revue les principaux 
produits provenant de ces industriesqui ont acquis, 



66 LES PRINCIPALES INDUSTRIES CHIMIQUES EN SUISSE PENDANT L'ANNÉE igio 



depuis quelques années, une grande importance 
au point de vue des échanges. 

Carbure de calcium. — La crise signalée précé- 
demment a continué jusqu'en automne : les prix 
ont continuellement baissé et sont même tombés 
jusqu'à II francs les loo kilogrammes, pris dans 
certaines usines suisses. Le prix moyen, indiqué 
par la « Statistique du commerce suisse» pour 1910 
est de i5 fr. 72, en diminution de 4 fr. 11. Il faut 
noter que le prix de carbure, avant la crise, avait 
atteint près de 26 francs. 

On évalue la production de la Suisse à 3oo.oooq. 
m. et comme l'exportation a été de 242.717 q. m., 
le stock, a dû augmenter dans les usines ; l'exporta- 
tion a aussi augmenté comme quantité de 41. 245 q. 
m., mais elle a été, au point de vue de la valeur, 
en diminution de iSo.ooo francs. La valeur totale 
de l'exportation du carbure a été néanmoins de 
3.815.820 francs. 

Un syndicat international, créé en automne 
iqio ( I ), relèvera le prix et assainira le marché en 
limitant la production. 

La consommation mondiale du carbure a aug- 
menté régulièrement; l'application, toujours plus 
répandue, de l'acétylène à la soudure autogène et 
au travail des métaux, a développé son emploi en 
Suisse. 

La fabrication de la cynamide consomme éga- 
lement une quantité importante de carbure: cet 
engrais est aussi transformé maintenant en sulfate 
d'ammoniaque et il était question d'introduire 
cette fabrication en Suisse, ce qui, indirectement, 
contribuerait à augmenter la consommation du 
carbure. 

On a continué à fabriquer en Suisse le carbure 
de silicium et les produits abrasifs analogues, mais 
leur application aux ciments ne s'est pas autant 
développée dans notre pays que chez nos voisins. 

Aluminium. — L'industrie de l'aluminium pra- 
tiquée en Suisse par les usines de Neuhausen, 
Chippis et Martigny, a pris, au point de vue de 
l'exportation, une très grande importance et il en 
est de même du travail de ce métal. 

Il a été, en effet, exporté en aluminium et alliages 
d'aluminium 38.432 q. m., pour une valeur de 
6.140.000 francs, ce qui représente, relativement à 
l'année précédente, une augmentation de 3 millions 
de francs. 

Le prix, à l'exportation, a été de i53 francs les 
100 kilogrammes, en avance de 4 francs sur 1909, 
pour ce qui concerne l'aluminium. Après avoir 
atteint le très bas prix de i fr. 3o le kilogramme, 
l'aluminium est remonté, les derniers mois, à 
2 francs, prix auquel il s'est maintenu quelque 
temps. Ces bas prix ont eu l'avantage de faire con- 
naître de plus en plus ce métal et d'en augmenter 
l'emploi. 

C'est en vain que l'on a cherché à reconstituer 
un syndicat international pour remonter les prix, 
mais en France, on a vu se créer un syndicat natio- 
nal. 

(i) Voir Bulletin commercial et industriel suisse du 
I" octobre 1910 : « Entente internationale du carbure ». 



Sodium. — La fabrication de ce produit se pour- 
suit à Martigny, ainsi qu'à Monthey où elle pren- 
dra sans doute de l'importance lorsque la prépara- 
tion synthétique de l'indigo sera en marche dans 
cette usine ; elle était encore à l'étude dans d'autres 
fabriques; quant à la préparation du calcium qui 
avait été pratiquée sur une petite échelle à Vallorbe, 
elle paraît avoir été abandonnée. 

Ferro-alliages. — Une crise analogue à celle du 
carbureaentravé cette fabrication ; \e/erro-silicium 
en a, en particulier, souffert, et les prix sont tom- 
bés à 200 francs la tonne, de 5o p. 100. La produc- 
tion suisse (Nidau, Courtepin, Martigny et Viège) 
peut être évaluée a 5. 000 tonnes au moins. Un 
syndicat international a été créé pour entrer en 
vigueur en 191 1. 

Le ferro-chrome est fabriqué à Martigny; les 
prix en ont baissé pour la qualité ordinaire, mais 
ceux de l'alliage affiné à o,5-io p. 100 de carbone 
se sont maintenus. L'usine de la Société « Meteor » 
à Martigny, dont la production est entièrement 
exportée, peut fournir annuellement 3. 000 tonnes 
en ferro-alliages et ferro-chrome ; elle emploie pour 
cette fabrication des fours électriques d'un système 
particulier, alimentés par le courant triphasé; la 
puissance utilisée est de 4.500 HP. 

Chlorates. — Les prix sont restés à peu près sta- 
tionnaires, grâce à une convention internationale 
et les débouchés sont restés normaux. Presque 
toute la production suisse est exportée et la plus 
grande partie du chlorate consommé en Suisse 
provient d'une maison étrangère qui est en dehors 
du syndicat. 

L'exportation en chlorate, perchlorale et persul- 
fate, produits qui se trouvent dans la même posi- 
tion du tarif douanier, a été de 19.147 q- m., 
représentant une valeur de 1.480.897 francs, ce qui 
constitue, sur 1909, une augmentation de i.i25q. 
m. Les principaux débouchés pour la Suisse sont 
le Japon (25.180 q. m.), l'Allemagne (1.598), l'Ita- 
lie (1.480), les Indes britanniques, la Confédéra- 
tion australe et la Suède. 

La production suisse en persulfate pour 1910 a 
été évaluée à 80-100 tonnes seulement et la con- 
sommation en a peu augmenté. Son emploi a 
donné cependant de bons résultats pour le blanchi- 
ment des savons et des essais ont été faits dans le 
but de désodoriser, avec ce produit, les huiles ani- 
males susceptibles de fournir des savons indus- 
triels. 

Soude caustique et chlorure de chaux. — La 
fabrication de ces produits de Félectrolyse du sel 
marin, installée en Suisse dans deux établissements, 
souffre de la baisse des prix dictée par le syndicat 
étranger Solvay, aussi l'importation de la soude 
caustique continue-t-elle à augmenter d'une ma- 
nière importante. Il a été, en effet, importé 
75.986 q. m. de soude caustique, pour une valeur 
de 2.127.608 francs, eq augmentation de i3.i35 q. 
m. : il faut noter que la potasse caustique est com- 
prise dans la même position du tarif douanier, 
mais son importation ne doit pas être considé- 
rable. 



NOUVELLES COULEURS 



67 



La même observation peut être laite pour le 
chlorure de chaux, dont l'importation a été de 
10.481 q. m. i'ii5.2()i) en aui^mentation de 2.046 
q. m. C'est l'Allemagne qui fournit presque tota- 
lement ce produit; la Suisse en a cependant aussi 
e.xporté pour 24.000 francs en Italie principale- 
ment, elle en avait exporté en 1909 pour 59.000 fr. 

Enfin \e chlore liquide, produit de la fabrication 
électrolytique également, est importé d'.Mlemagne, 



qui en a fourni à la Suisse 3.372 q. ni. 1 128.1 36 fr.), 
soit 405 q. m. de moins qu'en 1909. 

A^otc atmosphérique. — Les essais ont été pour- 
suivis entre autres à Chippis et à Gampel dans le 
Valais, ainsi qu'à Chèvres (Genève), pour l'utilisa- 
tion de l'azote atmosphérique, mais il ne paraît 
pas que l'on soit arrivé en Suisse et en 1910 à une 
production vraiment industrielle et régulière de 
Vacide nitrique. 



NOUVELLES COULEURS 



Bleu d.\upiiin brillant B et 3 G {Fab. de prod. 
ci-devant Somdo^). 

[Ech. >r 35 e/ 36.) 

Ob.-^ngé ANTHRAci:NE G [Man. lyonnaise de mat. 

color. et L. Cassella et C"'.) 

(Ech n" 37.) 

Ce nouveau colorant fait suite au jaune anthra- 
cène, et il convient comme eux à la production 
de nuances mode, grand teint, allant du brun au 
rouge. 

La solidité aux alcalis, au foulon, au la\age et 
à la lumière est très bonne. 

La résistance aux acides, au potting. au carbo- 
nisage, au soufre est bonne. 

Les nuances jaunissent un peu au décatissage. 

Le coton est complètement réservé, la soie est 
légèrement colorée en jaune. 

Teinture : a) Procédé par bichromatage après 
teinture : On commence à teindre, avec addition 
de 2-3 p. 100 acétique (et, pour les pièces, 10 p. 100 
de sulfate de soude); on entre à 45-5o" C., on 
chauffe au bouillon qu'en maintient pendant en- 
viron vingt minutes et on épuise le bain en y ajou- 
tant petit à petit 1-3 p. 100 sulfurique (suivant l'in- 
tensité de la teinte) ; on refroidit ensuite le bain et 
on ajoute une quantité de bichromate de potasse 
correspondant à la moitié ou aux deux tiers de la 
quantité de colorant employée et on porte au bouil- 
lon pendant trente ou quarante minutes. Pour 
épuiser le bain on peut aussi se servir d'acétique ou 
de formique. 

b Teinture sur mordant de chrome : On com- 
mence par mordancer la marchandise, pendant une 
heure un quart à une heure et demie, au bouillon 
avec : 

2 .^ _( p. 100 de bichromate de pot.nsse et 
I I 2 à 3 p. 100 de tartre 

suivant l'intensité de la teinte à obtenir, puis on 
rince et on teint au bain nouveau avec addition de 
1-2 p, 100 d'acétique. 

On commence à la température de 40° C. envi- 
ron, chaulle au bouillon, qu'on maintient pendant 
une heure un quart à une heure et demie pour 
épuiser le bain; on ajoute au préalable 2 à 3 p. 100 
d'acétique. 

c Procédé chromale : Au bain chauiVé à 70' C. 
on ajoute la quantité nécessaire de colorant bien 



dissous et, immédiatement avant d'y plonger la 
laine, la quantité nécessaire de bichromate de po- 
tasse (environ la moitié du poids du colorant) en 
solution. On entre alors la marchandise, vers 65- 
70" C, on manoeuvre pendant quelque temps à 
cette température, chauffe au bouillon et on teint 
pendant une heure un quart à une heure et demie 
en bain bouillant. Pour des teintes claires et 
movennes, le bain est suffisamment épuisé: pour 
des teintes foncées on ajoute tout au plus encore 
I à 3 p. 100 d'acétique après avoir fait bouillir pen- 
dant une heure. 

On peut aussi commencer la teinture en bain 
neutre et n'ajouter la quantité de bichromate né- 
cessaire, qu'après avoir fait bouillir pendant une 
demie heure. 

IMPRESSION VIGOUREUX 

100 à 400 gr. de colorant sont dissous dans 
6.o5o à 5.3oo ce. d'eau, puis on fait bouillir avec 

450 gr. de gomme Sennar ou une quantité corres- 
pondante d'un auire épaississant; après 
refroidissement, on ajoute : 
5o à 3oo » de fluorure de chrome 
100 à 3oo » d'acide oxalique et 

5o » de chlorate de soude dissous dans 
3.200 ce. d'eau, 
env. !0 kgrs. 

Après l'impression on vaporise deux fois pen- 
dant une heure ou une heure et demie avec de la 
vapeur humide et avec une faible pression (env. 
0,25 atm.l, puis comme d'habitude, on lave, on 
savonne, on sèche et on peigne. 

On peut aussi remplacer le fluorure de chrome 
par la même quantité de formiate de chrome ou 
de chromaline ou par un poids triple à quadruple 
d'acétate de chrome 20" B. Mais c'est avec le fluo- 
rure de chrome qu'on obtient les impressions les 
plus solides. 

ÉCARLATES AZODIAMINE 4 BL EXTRA, 6 B EXTRA ET 8 B 

EXTRA [L. Cassella et Manufacture lyonnaise 
de matières colorantes). ' 

(Ech. n'^ 38, 396140.) 

Ces nouveaux rouges sont diazotables, dévelop- 
pés avec le ;i naphtol, ils donnent des teintesccar- 
lates dont la solidité au lavage et aux acides est 
très supérieure à celles des anciennes marques. 

Leur solubilité est bonne, ce qui permet leur em- 
ploi pour la teinture en appareils. Comme ils tem- 



68 



NOUVPXLES COULEURS 



tent peu la laine et la soie on peut les employer 
pour la teinture de la mi-soie et de la mi-laine. 

La solidité à la lumière est modérée. 

L'hyraldite range les nuances en blanc légère- 
ment jaunâtre, il convient d'ajouter un rougissant 
2 à 5 grammes par litre d'outremer pour azurer. 

Teinture, coton : On teint comme pour les cou- 
leurs diamine, avec addition au bain, d'environ 
20 p. 100 de sulfate de soude calciné, on rince, 
diazote et on développe avec bain p-naphtol d'après 
les procédés connus. 

A^î-/a;>2e: On teint presque au bouillon, en bain 
neutre, avec addition d'environ 20 grammes de 
sulfate de soude cristallisé par litre de bain, on 
rince, diazote et développe comme pour le coton. 

Mi-soie : On teint de la manière habituelle, avec 
addition de sulfate de soude et de savon, on rince, 
diazote et développe comme pour le coton. 

Vert kbiogène G [Badische Anilin 
und Soda Fabrik). 

Les propriétés de ce nouveau vert au soufre 
sont : une bonne solidité à la lumière, au lavage, 
à l'eau, aux alcalis au frottement et au repassage, 
une assez bonne résistance au soufre, au potting, 
à la surteinture et aux acides. Le chlore altère la 
nuance. 

L'unisson et la solubilité sont satisfaisants. 

Les sels métalliques, après teinture, n'ont pas 
d'action utile 

On teint, comme d'habitude en présence de 
sulfure, de chlorure et de carbonate de sodium. 

Violet rouge indanthkène RRN pâte {Badische 
Anilin und Soda-Fabrik). 

Ce nouveau colorant, d'un rouge bleuâtre, con- 
vient surtout à la teinture du coton et autres fibres 
végétales. La teinture .se fait à froid, en présence 
de soude, d'hydrosulfite et de sulfate de sodium. 

Pour les nuances claires, il suffit de o lit. 200 de 
soude 40" B., par 100 litres de bain ; pour les 
nuances foncées, on prend o lit. 600. La quantité 
d'hydrosulfite varie de 100 à 200 grammes et le 
sulfate de 3oà 5o p. 100 du poids du coton. Pour 
plus de détails voir Rev.gén. Mat. color., 191 i . 

Pour bien développer la nuance, il faut savon- 
ner, au bouillon après teinture. L'eau calcaire alTai- 
blit la nuance. 

La solidité à la lumière, au lavage, au potting 
et au chlore est très bonne ; la résistance aux 
acides, aux alcalis, au soufre, au frottement, au 
repassage et au vaporisage est bonne. 

Le débouillissage altère la teinture. 



\'iOLET liNDA.NTHRÈNE B EXTRA PATE ET RN EXTRA 

PATE [Badische Anilin Soda-fabrik). 

Le violet indanthrene B extra pâte se rapproche 
beaucoup, comme propriété du violet indanthrene 
R extra, mais comme nuance il est moins rou- 
geàtre, il en diffère pour sa moindre sensibilité à 
la chaleur, et la possibilité de teindre en appa- 
reil. 

La solidité à la lumière, au chlore, au lavage, 
au foulon, au potting et à la surteinte est très 
bonne. La solidité au soufre, aux acides, aux 
alcalis et au frottement est bonne. 

L'unisson est médiocre surtout pour les tons 
clairs, la résistance au débouillissage est modérée. 
Au repassage la nuance bleuit, elle rougit par le 
lavage. 

En impression c'est le procédé 118/11 woir Rev. 
gén. Mat. col. juillet 191 1), qui fournit les nuances 
les plus nourries, le procédé 11 8/ 11 ne donne que 
des tons faibles. Le violet indanthrene B extra 
pâle ne se ronge pas bien. 

Le violet indanthrene RN extra pâte présente 
l'avantage sur le précédent, de ne pas changer, ni 
au repassage ni par l'eau; par, contre la solidité 
au débouillissage est médiocre ; l'unisson est pos- 
sible et meilleur que celui des autres marques. La 
résistance à la lumière et au chlore est très bonne. 
La solidité au lavage, au foulon, au potting, au 
soufre, aux acides, aux alcalis et au frottement 
est bonne. Pour teindre avec le violet indanthrene 
B extra pâte c'est le procédé 120 (lessive de soude 
et hydrosulfite) (voir Rev. gén. Mat. col., mars 
1911, p. 79) qui donne les nuances les plus nour- 
ries avec le procédé io38/5o [loc. cit., p. 78), les 
nuances sont plus bleuâtres et moins intenses, on 
peut ainsi teindre en appareil ou avoir recours à 
la cuve à la continue ou Champagne ou au fou- 
lardage. 

Il faut éviter l'eau calcinée et la corriger si elle 
l'est, par une addition, au bain de teinture, de 1 à 
2 grammes de carbonate de soude par litre d'eau. 

Les rendements comparatifs entre les violets 
indanthrene sont les suivants : 

20 parties RN extra pâte, correspondant à 
g parties R extra pâte et 

i5 parties RT pâte. 

En impression, on peut imprimer le violet in- 
danthrene RN extra pâte, d'après les trois pro- 
cédés de's colorants indanthrene (voir Rev. gén. 
Mat. color., juillet igi i). 

En ton clair, jusqu'à 100 grammes de colorant 
par litre d'impression, c'est le procédé 1 18/1 11 
qui est à employer. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



69 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



ANALYSE 



la). — COLOKAXTS XOins Leur i(leii(ili<-:i- 
tioii .sur In lil>ro nprès (railoinciit nii l>i<-liro- 
matei, par .I.-.V. W.VLUICU {.loiirn. Soc. D\-crs and 
Col., t. 28, p. 14, 1912). 

Afin d'établir la nature du colorant li.\c sur la tibre, 
après traitement au bichromate, l'auteur la soumet à 
l'action : de l'acide sulfurique concentré à froid, de 
l'acide sulfurique à 7,5 p. 100 à l'ébullition, de l'acide 
nitrique concentré à froid, et enfin d'une solution de 
chlorure stanneu.x rentermant des parties éf^ales de 
chlorure stanneu.x, d'acide chlorhydrique concentré et 
d'eau; dans ce dernier cas on soumet ensuite la fibre 
lavée à l'action d'une solution bouillante de bichromate 
de soude ou de potasse à 0,1 p. 100. Dans chacun de 
ces essais le contact avec le réactif est prolongé pen- 
dant cinq minutes. On examine ensuite la teinte de la 
liqueur et de la fibre. Les résultats obtenus avec un 
certain nombre de matières colorantes sont rassemblés 
dans le tableau de la page suivante. 



II. — PRODl'lTS CHI.MIQIES 

a). — Généralités. 

1! c!). — I.VDISTISIECniMIQrK 8iir la sfienec 
dans r — ,011 parliouliei- dans la ralti'icatloii 
des (■<>luraii(s dérivés du goudron . par le pro- 
fesseur C. ItllMBUHG d'ElîEUFEIJJ. 

En AUemai^ne, de toutes les industries chi- 
miques, c'est celle des matières colorantes dérivées 
du goudron de houille qui a pris l'extension la 
plus considérable ; la synthèse des produits phar- 
maceutiques vient après, puis la préparation des 
produits photographiques et des produits alimen- 
taires. Cette industrie des colorants fabrique elle- 
même les produits inorganiques qui lui sont 
nécessaires, elle tire son combustible de ses propres 
mines qui lui donnent également les produits de 
distillation des goudrons, sources des futures ma- 
tières colorantes. Chacune des grandes fabriques 
allemandes de colorants occupe plusieurs centaines 
de chimistes qui ont reçu une éducation scienti- 
fique et jusqu'à plus de cinquante ingénieurs. Par 
rapport à ces chiffres le nombre des ouvriers est 
petit, on ne compte guère plus de 4 à 3 ouvriers 
pour un de ces employés. Le produit principal 
inorganique employé dans une fabrique chimique 
est l'acide sulfurique. Comme autres produits de 
cette section il faut noter l'acide chlorhydrique et 
l'acide azotique. Les procédés qui consistent à 
chauffer le sel gemme ou le salpêtre avec l'acide 
sulfurique ont été peu changés et ils sont voisins 
des anciennes méthodes, la façon d'opérer a seule 
été perfectionnée. Quand on dispose de forces na- 
turelles comme les grandes chutes d'eau de Nor- 
vège, on transforme l'azote de l'air en oxyde que 
l'eau transforme ensuite en acide azotique étendu. 
Depuis cinq ans les fours Birkeland-Eyde fonc- 



tionnent à Nottoden et dépensent 4.000 chevau.x 
pour permettre d'obtenir des arcs voltaïques que 
des aimants puissants étalent en nappes de feu de 
2 mètres. Concurremment, à la Badische Anilin 
und Soda-I'"abrik fonctionne le four Schiinherr 
dans lequel l'arc qui jaillit dans un tube de fer est 
transformé en une flamme de 8 mètres de long 
par un tourbillon d'air. Une source importante 
d'engrais artificiels est fournie par la chaux-azote 
préparée par le procédé Franck-Caro qui consiste 
à faire réagir l'azote pur sur le carbone de calcium. 
On peut d'ailleurs la transformer en sulfate d'am- 
moniaque que ragricultu:e préfère et qui trouve 
un emploi de plus en plus considérable au fur et 
à mesure que s'élève le prix du nitrate. L'ammo- 
niaque se prépare synthétiquement par le procédé 
Fritz Haber qui consiste à unir l'azote et l'hydro- 
gène sous forte pression à 5oo" en présence de 
calahseurs comme l'osmium ou l'uranium, les 
brevets sont la propriété de la Badische Anilin und 
Soda-Fabrik. Enfin en ce qui concerne le chlore, 
on l'obtient en dehors des procédés anciens, par 
électrolyse des solutions de chlorures de sodium 
ou de potassium, avec, comme sous-produit de la 
préparation, l'hydrogène. Cet hydrogène a de mul- 
tiples applications, gonflement des ballons, emploi 
de concert avec l'oxygène, en particulier pour la 
préparation des pierres précieuses synthétiques, ce 
procédé emplové à Bitterfeld dans les ateliers élec- 
trochimiques G. m. b. H. est encore peu connu. 
Verneuil le premier a pu préparer le rubis au 
moyen de l'alumine et de l'oxyde de chrome, puis 
le saphir au moyen de l'alumine, de l'oxy-ie de fer 
et de l'acide titanique. Ces pierres précieuses que 
rien ne distingue des rubis et saphirs naturels 
n'ont pas encore fait baisser le cours de ces der- 
niers. L'auteur signale la production du fer élec- 
trolytique qui se montre le métal idéal pour faire 
des électro aimants. 

En ce qui concerne plus particulièrement l'in- 
dustrie dérivée du goudron, il rappelle la fabrica- 
tion de l'acide picrique et de l'acide salicylique à 
partir du phénol, puis celle des dérivés salicyliques 
(salicylates, aspirine) qui font qu'en comprenant 
en plus la fabrication des matières colorantes la 
consommation mondiale du phénol atteint 2 mil- 
lions de kilogrammes. Il a été possible à la Chimie 
de préparer à partir du goudrcn les matières colo- 
rantes que l'on demandait autrefois aux plantes. 
La première obtenue de ces matières fut l'alizarine 
de la garance. L'anthracène est la source de nom- 
breuses matières colorantes des nuances les plus 
diverses, qui comme pureté ne le cèdent en rien à 
l'alizarine. A côté de l'alizarine vient se placer l'in- 
digo préparé synthétiquement en 1880 par Bayer 
et que la Badische Anilin und Soda-Fabrik a 
rendu commercial en 1897. L'indigo artificiel a 
supplanté presque totalement le produit naturel si 
bien que l'Allemagne exporte environ pour 43 mil- 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



NATURE DU COLORANT 



Noir solide au chrome 
F. W. conc. (S.C.I 



Noir diamant F 
.Bayerj. 



Noir acide d'ali%arine 
SNT(M. L. & B 



Noir acide d'ali^arine 
SN (M. L. & B). 



Noir palatin au chro- 
me F (B. A. S. F.) 



Solution : Bleu violet 
devenant rouge par 
dilution. 

Fibre : Ne change pas 



Noir d'anthracène au 
chrome PPT extra 
(Cassella). 



Noir diamant PV 
(Bayer). 



Noir Eriochrome T 
(Geigy). 



Noir solide au chrome 
PW'RL (S. G. I.) 



Noir d'ali^arine W'R 
(B. A. S. F.). 



Noir diamant P2B 
(Baveri. 



Noir Eriochrome PB 
conc. (Geigy). 



SO'H- conc. froid 



Solution : Vert olive 
foncé, devenant bleue 



un tonrougeâtre. 



Solution : Bleu verdâtre 
devenant bleue, puis 
rouge pourpre, par di- 
lution. 

Fibre ; Devient pour- 
pre, couleur inoins al 
téréequela précédente 



Solution : Bleu violet 
devenant rouge violet 
par dilution. 

Fibre : comme le Noir 
solide au chrome FVV 



Solution : Comme le 

SNT. 
Fibre : Teinte plus fon 

cée, mais moins rouge 

que le SNT. 



Solution : Vert foncé, 
de venant gris bleu, puis 
pourpre par dilution 

Fibre : Beaucoup plus 
claireavecton pourpre. 



Solution : Brune; ne 
change pas par dilu 
tion.' 

Fibre : Plus claire et 
plus rouge. 



Solution : Noir bleu ver 
dàtre, devenant plus 
rouge par dilution. 

Fibre : Plus claire. Ton 
pourpre. 



Solution : Noir rougeâ 
tre; devenant pourpre 
puis plus rouge par 
dilution. 

Fibre : Beaucoup plus 
claire, rouge pourpre 



Solution : Brun foncé ; 
devenant plus bleue 
par dilution. 

Fibre : Ne change pra- 
tiquement pas. 



Solution : Brun olive 
pâle ; devenant plu: 
rouge puis violet foncé 
par dilution. 

Fibre : Devient plus 
claire et plus rouge 



Solution : Noir verdâtre ; 

devenant plus brune 

par dilution. 
Fibre : Beaucoup plus 

claire; passe du noir au 

rouge. 



Solution : Ne change pa 
Fibre : Devient plus 
claireavecton pourpre 



Solution : Nechangepas 

Fibre .-Prend une teinte 

pourpre plus foncée 

que dans le cas du Noi 

solide au chrome F\V 



Solution : Rouge violet 
Fibre : Se comporte 
comme avec le Noir 
solide au chrome FW 
plus pâle. 



Solution : Pourpre. 
Fibre : Comme le SNT 



Solution : Pourpre. 
Fibre : Plus claire avec 
ton pourpre. 



Solution : Nechange pra- 
tiquement pas. 

Fibre : Plus claire, avec 
ton pourpre. 



Solution : Légèrement 
teintée en pourpre. 

Fibre:Vn peu plusclaire 
avec ton pourpre. 



Solution: Ne change pra 

tiquement pas. 
Fibre : Légèrement plu: 

claire. 



Solution : Légèrement 

pourpre. 
Fibre : Plus claire ; avec 

teinte pourpre plus 

prononcée que dans le 

cas du PV. 



Solution : Nechange pas. 
Fibre : Devient plus vio- 
lette. 



Solution : Se teinte légè- 
rement en bleu. 

Fibre : Devient plus 
claire avec ton pour- 
pre. 



Solution: Bleu verdâtre. 
Fibre : Légèrement plus 
claire. 



NO-'îH conr. froid 



Solution : Rouge ambré; 

ne change pas par di 

lution. 
Fibre : Rouge brun. 



Solution : Rouge ambré , 
ne change pas par di- 
lution. 

Titre .'Teinte plus rouge 
que dans le cas du Noir 
solide au chrome FW 



Solution : Bordeaux. 
Fibre : Brun olive. 



Solution : Violette. 
Fibre : Plus bleue que 
le SNT. 



Solution : Brun foncé : 
ne change pas par di- 
lution. Fibre : Brun 
bleuâtre foncé. 



Solution : Orangé foncé. 
Fibre : Brun rougeâtre. 



Solution : Bordeaux 
foncé, nechangeant pas 
par dilution. 

Fibre: Plus rouge, passe 
du noir au brun cho- 
colat. 



Solution : Ambrée claire: 
ne changeant pas par 
dilution. 

Fibre : Jaunâtre. 



Solution : Jaune orangé, 
ne changeant pas par 
dilution. 

Fibre : Brun foncé. 



Solution : Brun olive 
Fibre : Brun foncé. 



Solution : Brun rou^ 
ne changeant pas par 
dilution. 

Fibre : Plus rouge ; perd 
sa teinte noire. 



So/«(!on .-Ambrée claire; 

ne changeant pas par 

dilution. 
Fibre : Plus verte que 

l'Erio T. 



Sncr; -f iici i l'Eb. 



Solution : Teinte bleue 

Fibre : Vert clair. Gris 

brun olive après pas 

sage au bichromate. 



Solution: Bleu verdâtre 
Fibre : Teinte plus verte 
que dans le cas du Noir 
solide au chrome FW ; 
mais teinte identique 
après traitement au bi- 
chromate. 



Solution : Magenta. 

Fibre: Rose, devient 
rouge brun après trai- 
tement au bichromate. 



Solution : Magenta. 

Fibre : Plus foncée et 
beaucoupplusbleueque 
le SNT ; Id. après trai- 
tement au bichromate. 



Solution : Violette. 

Fibre : Héliotrope clair: 
plus clair après traite- 
ment au bichromate. 



Solution : Teinte bleue 
Fibre: Couleur lavande. 
Devient plus loncée et 
plus grise après trai- 
tement au bichromate. 



Solution : Verte. 

Fibre : Verdâtre. Fonce 
et brunit par traite- 
ment au bichromate. 



Solution : Bleue. 

Fibre : Bleu clair. De- 
vient verdâtre après 
traitement au bichro- 
mate. 



Solution : Bleue. 

Fibre : Bleu moyen : de- 
vient plus foncée après 
traitement au bichro- 
mate. 



Solution : Jaune paille. 

Fibre .-Brun foncé. Passe 
au noir brun par le 
traitement au bichro- 
mate. 



Solution : Verdâtre. 

Fibre : Verdâtre : devient 
plus foncée par traite- 
ment au bichromate. 



Solution : Bleu moins 
foncé que l'Erio T. 

Fibre : Plus verte que 
l'Erio T. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



7' 



lions de marks de ce produit qui trouve son emploi 
jusqu'en Orient : Perse, Chine, Japon, etc. Un 
dibromindigo trouvé par Friedliuider il v a quel- 
ques années présente un intérêt spécial, par ce fait 
qLi'il est identique au pourpre antique et qu'il s'ob- 
tient facilement et en jurande quantité à partir du 
goudron. En dehors des chloro et bromo-indigo. 
le thio-indigo trouvé également par Friedlander a 
trouvé son emploi en teinturerie, de même qu'une 
série de colorants de cuve anthracéniques et azoï- 
ques remarquables par leur résisiance à la lumière. 
En ce qui concerne l'indListrie des produits phar- 
maceutiques, il faut rappeler d'abord la prépara- 
tion de l'acide salicvlique de RoUe, celle de 1 anti- 
pyrine de Knorr, du pyramiion. Les travaux 
d'Emile Fischer ont conduit à la préparation syn- 
thétique de la théobromine, de la caféine, de la 
théophylline. La glycérine permet par des trans- 
formations multiples d'obtenir l'alypine, anesthé- 
sique local bien connu. L'arsenic entre mainte- 
nant pour beaucoup dans la thérapeutique de 
certaines maladies infectieuses (atoxyl, salvarsan 
d'Erlich). A partir de l'alcool, on a préparé des 
soporifiques, sulfonal, trional, etc., et le véronal. 
La technique chimique est si perfectionnée que 
les ouvriers peuvent sans en être nullement incom- 
modés préparer le mercaptan dont l'odeur est si 
puissante que 1/400 millionième de milligramme 
est reconnaissable facilement à l'odorat. La racine 
d'hydrastis traitée chimiquement fournit aujour- 
d'hui un hémostatique de haute valeur, la décou- 
verte de l'adrénaline est également considérable. 
Dans d'autres régions du domaine chimique, la 
synthèse s'est exercée avec succès : la cournarine, 
la vanilline, i'héliotropine, l'ionone nous donnent 
les parfums des fleurs et la cornue du chimiste 
nous permet à l'imitation de la nature de préparer 
encore les parfums du muguet, de la rose, de 
l'oranger. La synthèse des camphres, à partir de 
l'essence de térébenthine, a permis de menacer le 
monopole si bien établi par les Japonais. 

A partir de la nitrocellulose ou coton-poudre, il 
est aujourd'hui possible de faire le celluloïd (par 
mélange avec le camphre) ou la soie artificielle. 
dont l'infîammabilité est bien diminuée par le 
traitement au sulfure d'ammonium. Grâce aux 
recherches de Eichgrùm, la cellite (acétvl-cellulose) 
de la Farbenfabrik d'Elberfeld permet de produire 
entreautres chosesdesfilmsde cinémaqui possèdent 
sur les anciens l'avantage d'être beaucoup moins 
inflammables. Un nouveau problème qui s'est 
posé à l'industrie est la préparation du caoutchouc 
synthétique. Les recherches d'Harries ont permis 
de condenser l'isoprène et ses homologues et d'en 
faire du caoutchouc. On se rendra compte de l'im- 
portance que peut avoir cette svnthèse quand on 
saura que la consommation mondiale du caout- 
chouc est d'environ 78.000 tonnes par an. A la 
vérité on ne saurait encore prévoir comment la 
technique résoudra le difficile problème de rendre 
industrielle la synthèse du caoutchouc, mais nul 
doute qu'un travail conscient permettra de trouver 
la solution. r. levallois. 



S c). — Organiques. 

n c).— CO.MI'OSKS IIYDRA/OIQUES (McMli.vI- 
li,v<lra/.o((>liièii<>, iiu-lli.vlloli<liiic et élli.vlhoii- 
/.Uliiiej, par MM. IJ. HA.SSOW et A. ItKCKElt 

Uourn.f. pralit. C/icm., t. 84, p. 329, 191 1). 

La méthyltotidinti 



NH2<^ 



CH3 CH3 



a été préparée en soumettant le méthylhydrazo-o-to- 
luène à la transposition benzidinique. 

Elle forme des cristaux incolores fusibles à 85". 
Le méthylhydrazo-o-toluène résulte de la méthvlation 
de l'hvdrazo-o-toluéne par le sulfate de méthyle. Traitée 
par l'acide azoteu.x, la méthyltolidine donne d'abord un 
diazoïque, puis un dérivé nitrosé de ce dernier ; chacun 
de ces composés se condense avec le [J-naphtol pour 
former un azoïque, qui, dans le cas du diazo-nitrosé, 
perd son groupe nitrosé quand on le chautTe avec 
l'acide chlorhydrique. La condensation avec la dimé- 
thylaniline et avec l'acide [î-naphtoldisulfonique (sel R) 
fournit des matières colorantes analogues. Lescolorants 
mono-azoïques préparés avec la méthyl-o-tolidine dia- 
zotée et avec les substances précédentes peuvent se 
condenser avec un diazoïque pour former des couleurs 
bis-azoïques. C'est ainsi qu'il a été préparé les colo- 
rants résultant de la condensation du chlorure de dia- 
zobenzène ou du diazoïque de l'acide sulfanilique avec 
la méthvl-o-tolidine-azodimélhylaniline et avec l'acide 
méthyl-o-tolidine-azo-|j-naphtoldisulfonique. 

Parmi les deux colorants obtenus avec ce dernier, 
celui qui est fourni par le chlorure du diazobenzéne 
teint le coton en un rouge violet foncé peu solide à la 
lumière ; celui qui provient de la condensation avec le 
diazoïque de l'acide sulfanilique teint le coton en bleu. 
Le diazoïque se fixe en ortho par rapport au groupe 
méthylaminé. 

L'action du sulfate d'éthyle sur l'hydrazobenzène, en 
présence de magnésie, fournit une petite quantité de 
monoéthylbenzidine fusible à 73-74». 

p. CARRÉ.- 



Il c). — AXILIXE (Sur lox.vilation de 1" — ), par 
MM. R. MAJIM.\ et Y. AOKI {Berl. Ber., t. 44, 
p. 3o8o, igi 1). 

D'après Bornstein {Berl. Ber., t. 34, p. 1268, 1901), 
l'oxydation de l'.miline en solution acétique par le 
bioxvde de plomb fournit une base C'H^N^. Les au- 
teurs montrent que celte base répond en réalité à la 
composition C'''H''"N' et qu'elle possède probablement 
la constitution d'une dianile d'amino-anilinoquinone 

C'H-'(NH-), (: N.CiH-'j-^j^ (NH.C^H^ ^ 

Elle cristallise dans un mélange de benzène et d'al- 
cool méthylique en prismes bleu rougeâtre fusibles à 
167" ; elle forme un monochlorhydrate peu soluble et 
un dichlorhydralc (:2-'ll2"X,' 2 HCI -f 3 H^O, plus so- 
luble que le précédent. Chaulfée avec l'anilineelle donne 
de l'azophénine. Les agents réducteurs la transfor- 
ment en une leucobase identique à celle décrite par 
Bornstein. 

p. CABRÉ. 



72 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



III. — MATIERES COLORANTES 
§ a). — Théorie et généralités. 

III (7). — FLUORESCENCE (La — ), par M. A. 

BEARDER {Journ. Soc. of Dyer.s and Col., t. 27, 
p. 270, igi i). 

La fluorescence peut être envisagée comme une lu- 
minescence particulière que présentent certaines sub- 
stances sous l'action de la lumière. On sait que ce plié- 
nomène appartient aussi bien au.x corps solides qu'au.x 
vapeurs et au.x solutions. D'après Stoke il est dû à la 
transformation d'une lumière de longueur d'onde don- 
née en une autre de longueur d'onde plus grande. La 
fluorescence ne parait pas cependant être une propriété 
inhérente des corps et peut disparaître ou apparaître 
suivant les conditions dans lesquelles ces derniers sont 
placés. C'est ainsi que la solution de tluorescéine dans 
l'acétone n'est pas fluorescente, tandis qu'en solution 
alcaline, elle possède une fluorescence intense. L'ne so- 
lution de sulfate de quinine est très fluorescente dans 
le champ des rayons émis par l'arc électrique, c'est-à- 
dire des rayons riches en ultra-violet, tandis qu'elle ne 
présente aucune fluorescence dans la partie moyenne 
du spectre ou dans le rouge. A côté du rôle important 
joué par le solvant, il faut aussi remarquer l'influence 
de la dilution des solutions sur la fluorescence qui 
augmente en général avec la dilution; c'est le cas des 
solutions alcalines de fluorescéine qui ne possèdent 
aucune fluorescence en liqueur concentrée et devien- 
nent fortement fluorescente en liqueur diluée. On a 
pensé que ces différences provenaient du degré de dis- 
sociation de la substance dissoute, mais cela est peu 
probable, car la fluorescence de l'èosine est six fois plus 
prononcée en solution alcoolique qu'en solution aqueuse. 
On sait enfin que la fluorescence dépend encore de la 
température; certaines substances, comme le sulfure 
de calcium, non fluorescentes à l:i température ordi- 
naire le deviennent à chaud; d'autres comme la benzo- 
phénone, l'asparagine, les acides urique et hippurique, 
l'acide salicylique, etc., le deviennent vers — 180°. 

Le phénomène de la fluorescence peut être envisagé 
à un point de vue différent des précédents, celui de la 
constitution chimiqueducomposé fluorescent. R. Meyer 
attribue la fluorescence visible à la présence, dans la 
molécule, de certains groupements qu'il nomme y7i(0- 
ruphores. C'est ainsi qu'il considère le noyau de la py- 
rone 

CO 

CH/\CH 

I I 

CII\/CH 

O 



comme un fluorophore très actif. La pyrone elle-même 
n'est pas fluorescente, mais le deviendrait par son asso- 
ciation avec d'autres noyau.x, des noyau.x benzéniques 
par exemple, comme dans le lluorane et la fluores- 
céine. 

La théorie du fluorophore est analogue à celle du 
chromophore de Witt. 

Le fait que la phtaléinc du phénol n'est pas fluores- 
cente alors que la fluorescéine est douée de cette pro- 
priété semble bien indiquer que le phénomène doit être 
rattaché à la présence du noyau de la pyrone. Cepen- 
dant cette théorie paraît en défaut dans le cas des trois 
diméthyldio.xyfluoranes suivants : 



/XCH^ 



lIO/\_o /\01I H0/\_o /\( 

Mil 

CH 

C'*LH — (io 

(■) (11) 



^O CH-' 



OH 



■0CH3 
C'H^ — CO 



CH3/N— O— /'"\CH3 
I l_ G — 

OH / \0 0H 

/ I 

C^H^ — CO 

(III) 

car le premier seulement est fluorescent en liqueur alca- 
line, bien que chacun d'eux possède deux noyaux ben- 
zéniques reliés au noyau de la pyrone. 

Une théorie plus générale de la fluorescence consiste 
à admettre que les corps fluorescents peuvent exister 
sous deux ("ormes tautomères et qu'il existe entre ces 
deux formes un état d'équilibre oscillant, résultat d'un 
mouvement vibratoire très rapide entre les molécules. 
Cette théorie peut se rapprocher de celle des électrons. 
Elle est parfaitement en accord avec les faits qui pré- 
cèdent. On conçoit mieux en effet que cette isomérie 
dynamique soit présentée par les corps qui possèdent 
une constitution symétrique. C'est encore le cas du 
jaune d'acridine (constitution symétrique), dont la fluo- 
rescence est beaucoup plus prononcée que celle de la 
chrysaniline (constitution dissymétrique), et de bien 
d'autres substances. Il est bon d'ajouter cependant'que 
cette théorie présente elle aussi quelques exceptions. 

Meyer et Stark ayant fait un examen systématique 
des composés aromatiques, les rangent en trois classes; 
I" ceux qui présentent une fluorescence visible ; 2° ceux 
qui présentent une fluorescence dans l'ultra-violet seu- 
lement ; 3° ceux qui possèdent les deux modes précé- 
dents de fluorescence. Ils ont trouvé que le benzène et 
ses dérivés sont en général fluorescents dans l'ultra- 
violet, et que l'introduction de groupes substituants 
dans le noyau benzénique ramène la fluorescence vers 
la partie visible du spectre. Le noyau de la pyrone est 
spécialement actif, ses dérivés sont fluorescents dans 
la partie visible du spectre ; la condensation de plusieurs 
noyaux benzéniques, comme dans le naphtalène, l'an- 
thracène et le phénanthrène, produit un résultat ana- 
logue. 

p. CARRÉ. 

III a). — FLUORESCEiXCE (La — dans la série 
;:;-C|uinoiii(|iic), par M. M. RICIITER {Bcr. Berl., 
t. 44, p. 3469, 191 1). 

Lorsqu'on traite le chloranile, ou l'acide chloranili- 
que par une solution aqueuse de cyanure de potassium 
on obtient une dicyano-3.6-di-oxy-2.5-quinone ou 
acide cyananiliquc 

O 



CN/\OH 
HO\/CN 



-I- 2 H^O 



O 



en cristaux bruns qui possèdent une fluorescence vert 
jaunâtre en solution aqueuse, verte en solution chloro- 
formique, rouge brique en solution ammoniacale, rouge 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



73 



en solution dans la soude ou la baryte, et verte dans 
les acides sulfurique, chlorhydrique et azotique con- 
centrés. 

On obtient également des substances fluorescentes 
en traitant par le cvanure de potassium les quinones 
monochlorée, dichlorce-2.5 et trichlorée. La trichloro- 
quinone parait aussi donner de l'acide cyananilique. 
Conformément à la façon de voir de K.aurtmann {Bcrl. 
Ber., t. 40, p. 838, igoy), l'auteur envisage, dans ces 
composés, le noyau hydroquinonique comme lumino- 
phore et le groupe CN comme fluorogène. 

p. c.\riRÉ. 



III a). — MATIKKES €<)l,OUAXTES (L'effet ilc 
certains corps s''*s sur la solidité à la lumière 

Ues — ), par M. II. lIAIVi\AY (./o!(ni. Soc. Dyers and 
Col., t. 28, p. 20, igi2). 

L'auteur ayant exposé à la lumière solaire un certain 
nombre de teintures préalablement traitées pardes émul- 
sions de corps gras divers a constaté que la solidité de 
ces teintures est ditïéremment affectée selon le corps 
gras employé. L'huile soluble et le savon monopole sont 
ceux qui produisent le ma.ximum d'altération ; le savon 
d'oléine est moins nuisible. Les huiles de colza et de 
noix de coco provoquent une altération plus grande 
que les huiles ordinairement employées, il en est de 
même de l'huile de castor qui doit être absolument 
bannie. Il est curieux de remarquer que dans le cas 
des colorants sulfurés l'altération provoquée parle mé- 
lange des huiles d'olive et d'arachide est plus prononcée 
que l'altération produite par chacune d'elle isolément; 
ce phénomène est peut-être dû à un produit de falsi- 
fication indéterminé. 

La matière grasse idéale, relativement à la solidité à 
la lumière, serait l'acide stéarique, malheureusement il 
n'assouplit pas suffisamment les apprêts. Dans cer- 
tains cas il est possible d'employer le stéarate d'ammo- 
nium. Les huiles d'olive, d'arachide et de maïs parais- 
sent les meilleures. L'huile d'olive a l'inconvénient 
d'être assez coûteuse. Elle peu très bien être remplacée 
par l'huile d'arachide qui, cependant, ne parait pas très 
employée. L'huile de maïs qui présente l'avantage d'être 
peu coûteuse a l'inconvénient de communiquer aux 
tissus une certaine odeur rance après la conservation. 

L'amidon soluble et la dextrine blanche n'affectent 
sensiblement pas la solidité à la lumière; il en est de 
même du glucose, tandis que le perborate de soude et 
les agents oxydants sont aussi nuisibles que l'huile de 
castor. 

On pourrait supposer que l'altération des colorants 
à la lumière en présence des corps gras est en rapport 
avec la proportion d'acides non saturés que renferment 
ces corps gras; mais cela est peu probable puisque 
l'huile de no^ix de coco qui ne renferme que io p. loo 
d'acides non saturés est aussi nuisible que l'huile de 
castor qui renferme 96 p. 100 d'acide ricinoléique. 

p. CABRÉ. 



§ c/). — Organiques artificielles. 

III J).— BEXZIMIDAZOLS ET BEXZOXA/OLS 
(Les matières colorantes dia^.o'iques dérivées 
des — ), par AL\I. O. KY.M et L. KOWAKSKY 

{Berl. Ber., t. 44, p. 2919, lyii). 

Les auteurs se sont proposés de rechercher l'influence 
de l'introduction d'un second groupe imidazol ou 
oxazol dans les amino-oxazoU et imidazols, sur les pro- 
priétés tinctoriales des azoïques dérivés de ces derniers. 



Le p.-p'-dianiiiio-di-x-phén}iben^odi-iinida^(jl 
/\/NII, 



i\H\/--- N 

I I 
NH2.C''H'.C = X 



^ 



C.O'H'.NH- 



s'obtient de la façon suivante : Lorsqu'on chauffe la 
nitro-/7-phénylène diamine avec le chlorure de ;;-nitro- 
benzoyle il se forme le dérivé dinitrobenzoylé corres- 
pondant ; la nitration de ce dernier fournit la dinilro- 
2.3-;7.^-'dinitrobenzoyl-/?-phénylènediamine qu'il suffit 
de réduire pour obtenir le p.p'-diamino-di-a-phényl- 
benzodi-imidazol, fusible à 255°, décomposé à 3oo; 
soluble dans l'alcool, l'acétone, sa solution chlorhy- 
drique possède une fluorescence bleu violet. 

Kn appliquant la série des réactions précédentes à la 
dinitro-4.r)-résorcine on obtient le p.-p'-diamino-di-i- 
phcnylben^odio.xa^ol : 



NH'^.C'H'.C 



< I I )c.CTn.Nll^ 



La diazotation du premier de ces composés fournit 
un bis-diazoïque qui donne, par condensation avec 
l'acide aminoiiaphtoldisulfonique H, un colorant azoï- 
que teignant le coton en violet foncé, avec l'acide [3- 
naphtoldisulfonique un colorant violet pâle et avec l'a- 
naphtol un colorant rose. 

Le bis-diazoïque du second, copule avec l'acide ami- 
nophtoldisulfonique H, fournit un colorant qui teint le 
coton en violet foncé ; avec l'acide ji-naphtol-disulfoni- 
que, un colorant bleu lilas, et avec l'i-naphtol un co- 
lorant rose. 

Si l'on compare ces teintures avec les teintures cor- 
respondantes préparées au moyen du mono-imidazol 
et du muno-oxazol : 



/X.-NH 



\c.C0H^NH2 



nh'-^x/^n' 



>C.C«H-'.NH2 



on trouve que la présence du deuxième groupe imi- 
dazol ou oxazol alfaiblit la couleur sans augmenter 
l'affinité pour la fibre. 

p. CARRÉ. 

IV. — FIBRKS TEXTILES 
§ a). — Généralités. 

IV II).— TEXriLIC.S (L'emploi des enzymes du 
ninli dans lindustric des — ), par .M. .M. IIA.M- 

Bl'lït; {.lourn. Soc. Dyers and Col., t. 28, p. 7, 19:2). 

L'emploi du malt dans Pinduslrie textile remonte 
assez loin. Son usage s'était peu répandu par suite de 
la difficulté d'en extraire convenablement les produits 
actifs et d'éliminer les matières résiduelles nuisibles. 
Les usines Diamalt, de Vienne, réussirent en igoS à en 
concentrer les enzymes sous la forme d'un liquide 
épais, facilement soluble, introduit dans le commerce 
sous le nom de Diastafor. Ce dernier donne de très 
bons résultats lorsqu'on l'ajoute à l'amidon destiné à 
coller les tissus; il donne un produit beaucoup plus 
adhérent et qui pénétre mieux la fibre. L'emploi du 



74 



REVLE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



diastafor exige dans ce cas l'addition d"une petite quan- 
tité d'un corps gras, ce qui est avantageux pour le blan- 
chiment du tissu. L'addition de diastafor au bain de 
lustrage dans la teinture de la soie en écheveaux aug- 
mente la solidité et l'élasticité des soies fortement char- 
gées (3o p. loo ; ce phénomène parait dû à l'absorp- 
tion des enzymes et du maltose par la soie. Un usage 
beaucoup plus important du diastafor consiste dans la 
préparation diastasique du blanchiment: il diminue 
dans une proportion considérable le temps d'ébulli- 
tion, il transforme en etTet l'amidon en maiiose soluhle 
en même temps qu'il désagrège les constituants inso- 
lubles de la charge et rend par cela leur élimination 
plus facile: cette diminution de la durée d'ébullition 
avec les alcalis constitue un avantage précieux pour la 
solidité de la fibre. Lorsqu'il suffit d'un demi-blanchi- 
ment la décharge des tissus au moven des diasiases 
permet de les passer immédiatement dans le bain de 
teinture après décharge et lavage. Le procédé est aussi 
particulièrement avantageux pour le dégommage des 
tissus colorés, car les enzymes travaillant à basse tem- 
pérature n'attaquent pas la couleur. 11 en est de même 
pour les tissus qui doivent être mercerisés ; lorsque 
ces tissus sont déchargés par les diastases, les lessives 
de mercerisation restent pures beaucoup plus long- 
temps. L'usage du diastafor dans les apprêts à l'ami- 
don a pris maintenant une grande extension: il leur 
communique en effet une solidité, un toucher et un 
brillant particuliers, il permet en outre d'augmenter 
la charge, et les rend beaucoup plus résistants à l'aciion 
de l'humidité. 

p. OkBBÉ. 

IV a). — CELLULOSE (Viscosité des solutions 

de — i, par .M. II. OST Zcit. f. augew. Chem., t. 24. 

p. 1892, iqi i'. 

L'auteur montre, par la détermination des viscosités 
des solutions cupro-ammoniques de celluloses de di- 
verses provenances (coton, pâte de bois, papier-fil- 
tre, etc.), que la mesure de cette viscosité fournit 
des renseignements précieux sur la valeur technique 
d'une cellulose. 

La liqueur cupro-ammonique employée était prépa- 
rée en précipitant une solution renfermant rç) grammes 
de sulfate de cuivre par l'ammoniaque, et en dissol- 
vant l'hydrate cuivrique obtenu dans un litre d'am- 
moniaque de densité 0,900. Il était dissous dans cette 
liqueur une proportion de cellulose telle que la solu- 
tion obtenue renferme I gramme de cellulose anhydre 
par 5o centimètres cubes. La viscosité a été déterminée 
au moyen du viscomètre capillaire d'Oswald. 

Le traitement de la cellulose par les agents de blan- 
chiment diminue la viscosité des solutions cupro- 
ammoniques de celluloseà une température de 120-1 25° 
pendant i5 heures environ. Le contact de la cellulose 
avec la soude à 5 p. loo (24 heures) ou avec la soude 
à 20 p. 100 (une heure) à froid, ne change pas la vis- 
cosité des solutions: ce fait semble indiquer que la cel- 
lulose ne subit pas de modification chimique à la mer- 
cerisation. La soude doit cependant réagir lentement 
sur le coton, car si on répète l'expérience avec une cel- 
lulose laissée plusieurs mois en contact avec la soude à 
20 p. 100, on constate que ce coton se dissout beau- 
coup plus rapidement dans la liqueur cupro-ammo- 
nique et que la viscosité des solutions obtenues est 
moindre. 

Les solutions cupro-ammoniques d'hydrocellulose 
(obtenue par action des acides minéraux dilués sur la 
cellulose) sont beaucoup moins visqueuses, pour une 



.même concentration, que les solutions d'une cellulose 
traitée par les agents de blanchiment. 

p. C\BRÉ. 

IV a). — L.VI.NE. FIBBES AXIM.VLES ET TEX- 
TILES VEGETAl'XtProcédé pour le dégraissasse 

des — , par .M. J.-F.-P.-M. IXERXY. Swansca (Bre- 

vet anglais 22.860. oct. loio . 

La matière à traiter est introduite dans un autoclave 
avec de l'eau et 5 p. 100 de pétrole brut. Lorsqu'elle 
est complètement immergée dans le liquide on ferme 
hermétiquement et on chauffe à 120-180* pendant 2 à 
ô heures, selon la nature de la fibre à traiter. Le pétrole 
peut être remplacé par tout autre hydrocarbure dissol- 
vant des corps gras. 

p. CAKRÊ. 

IV ji. — L.VIXE ET FIBRES AXWLOGIES (Ma- 
chine pour le lavage de la — . par .\1. AV.-R. K.\Y, 

Bingley, Yorks {Brev. angl. 2S1Q2, déc. 1910). 

Cet appareil comprend des cuves en forme de V ren- 
versé, ouvertes aux deux extrémités et disposées de 
telle façon qu'elles soient traversées verticalement par 
le liquide, alors qu'elles-mêmes se déplacent horizon- 
talement au sein du liquide. Les parois portent des 
dents placées les unes au-dessus des autres, ou aux 
parties les plus basses. Les cuves peuvent être rangées 
parallèlement ou perpendiculairement ou encore obli- 
quement par rapport à la direction du liquide. 

p. OUtRÉ. 



Vil. — TEINTURE 

§ i3 . — Théorie et généralités. 

Vil a) TEIXTIRE La théorie électrique île la 
— ), par W. HARRISOX iJourn. Soc. Dyers and 
Col., t. 27, p. 2-9, iQii . 

La théorie électrique de la teinture, imaginée par 
Perrin Journ. de Chim. Phys., p. 648, 1904 et p. 100, 
1905), est basée sur les faits suivants : deux corps mis 
en contact prennent des charges électriques de signes 
contraires ; deux corps chargés d'électricité de signes 
contraires s'attirent : deux corps chargés de la même 
électricité se repoussent. Elle a déjà été appliquée par 
un grand nombre d'auteurs à l'étude des phénomènes 
de teinture. L'auteur ayant mesuré les différences de 
potentiel entre le coton et les solutions de différentes 
substances comme le chlorure de sodium, le sulfate 
d'alumine, etc., montre que les nombres trouvés per- 
mettent d'expliquer l'influence de ces substances sur 
la teinture du coton par des colorants comme le bleu 
diamme 2 B, la benzopurpurine, qui, à Télat de 
pureté, ne se trouvent pas fixés. Une interprétation 
analogue est donnée du mordançage de la laine et de 
la soie. 

p. awBÉ. 



Vil a). — TEIXTl KE Quelques problèmes de 
la — et de l'apprêt des tissus de soie . par 
.M.-\V.-P. DRE.VPER Journ. Soc. Dyers and Col., 

i. 27. p. 291, iQi ] . 

L'auteur signale les principaux défauts de tissage et 
d'apprêt que peuvent présenter les tissus. 11 rappelle 
en particulier que les inconvénients dus aux irrégula- 
rités du tissage peuvent être évités par !e procédé de 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



75 



ChcJlow, Dreaperet ilalljSrfj'. .i»^'-/. iiSyS.igoy). llcsl 
difficile d'expliquer pourquoi certaines parties altérées 
des tissus refusent de fixer la matière colorante. Quant 
aux taches elles peuvent se ramener à deux catégories, 
celles qui se produisent durant la teinture ou l'apprêt, 
et celles qui se produisent pendant le magasinage. On 
sait que ces dernières proviennent souvent de la pré- 
sence de l'acide sulfurique libre qui produit une car- 
bonisation des tissus. On peut encore penser que cer- 
taines décolorations sont dues à la présence de l'acide 
chlorhydrique qui peut être décomposé par l'oxygène 
de l'air avec production de chlore, lequel réagirait à son 
tour sur les groupements aminés de la soie pour former 
des composés analogues à la chloramine. Dans le cas 
ou les teintures sont faites en présence de sulfate de 
soude, peut-être faut-il aussi tenir compte de l'hydro- 
lyse du sulfate de soude à chaud avec formation de 
sulfate acide de sodium. On voit par là combien est 
complexe la production des taches après teinture et on 
conçoit qu'une grande expérience soit nécessaire pour 
les éviter. 

p. CARRÉ. 



VII a). — COLOR.WT.S DIRECTS (CoiUribulioii 
à l'étude «le la (ciiitui'e au moyeu tics — ). par 
M. G.-W. SCII.Vl'OSJ:Hi\IKOFI''"(Zfi7. /. physik. 
Chem., t. 78, p. 209, 19 i 0- 

Des échantillons pîsés de colon ordinaire, de coton 
mercerisé et de soie artificielle ont d'abord été nettoyés 
au moyen de solvants neutres, puis teints dans des 
conditions bien déterminées de concentration, de tem- 
pérature et de temps par des solutions aqueuses de 
divers colorants directs du commerce : Vorangé coton 
h, le bleu oxamine pur XX, le grenat dianile B, le 
bleu ben\o pur 4 B et le bleu diamine pur. Ces colo- 
rants, préalablement purifiés par dialyse, ont été choi- 
sis en raison de leur teneur élevée en soufre qui per- 
met un dosage facile de la quantité de colorant fixé 
sur la fibre. Le bain de teinture n'était additionné ni 
de sulfate de soude, ni de chlorure de sodium. Des 
expériences eft'ectuées l'auteur tire les conclusions sui- 
vantes : 

Le phénomène de teinture peut être représenté par 
l'une des deux opérations : 

Q=[3CJ 

dans laquelle Q est la concentration du colorant sur la 
fibre, Cj la concentration du colorant dans le bain 
après teinture a et [3 des constantes! 



C.^ -h AC, 



A. 10 k. 



O 



dans laquelle 10 kilogrammes est le poids de colorant 
à mettre dans le bain de teinture par gramme de tissus 
à teindre, et A une constante. 

La teinture de la cellulose parles colorants substan- 
tifs obéit à cette loi, que la cellulose soit sous sa forme 
naturelle, mercerisée, ou à l'état de soie artificielle. 

Lorsque les conditions expérimentales de la teinture 
sont les mêmes, la proportion de colorant fixée sur la 
fibre mercerisée est de 10 p. 100 supérieure à celle qui 
est fixée sur le coton ordinaire. Cette difTérence peut 
servir de base à un procédé de détermination du degré 
de mercerisaiion du coton. 

Les quantités des difi'érentes matières colorantes 
fi.\ées sur la cellulose dans des conditions analogues 
varient approximativement comme les poids molécu- 
laires de ces colorants. 

p. CARRÉ. 



Vil c7). — TEI\TIIRE DU COTOX Rcclicrclies 

sur la — ), par AL iM. FORT (Journ. Suc. of. Dyers 
and Col., \.'H\, p. 25, 1912). 

On sait que la teinture du coton par les colorants 
directs est influencée par la nature des sels en présence 
desquels on fait la teinture et aussi par la quantité de 
ces sels. L'auteur examine spécialement l'influence du 
chlorure de sodium pur et ordinaire et du sulfate de 
soude. 

Le sel marin pur tend à faire passer la teinte au 
jaune ou au brun, tandis que le sulfate de soude favo- 
rise le passage vers le bleu. Les tons rouges sont ceux 
pour lesquels cette influence est la plus marquée. Les 
impuretés que renferme le sel marin exercent une 
influence considérable sur la teinture qui devient plus 
foncée et plus terne et un peu plus bleue qu'avec le sel 
pur; par contre la teinte est plus solide à la lumière. 
Les teintures au sel marin pur sont un peu plus solides 
que celles au sulfate de soude pur. La solidité au lavage 
est sensiblement la même que l'on emploie des sels 
purs ou des sels impurs ; les teintures faites en pré- 
sence de sel marin pur paraissent un peu plus solides 
au savon que celles qui sont faites en présence de sul- 
fate de soude. Le toucher du tissu ditîère également 
selon qu'il est teint en présence de sels purs ou impurs; 
dans le premier cas il est plus fin et plus doux. Les 
essais elfecluès avec un chlorure de sodium additionné 
d'une petite quantité de sulfate de chaux ont donné 
des résultats analogues à ceux fournis par le sel marin 
ordinaire; l'influence du chlorure de calcium est diff'é- 
rente et conduit à des tons plus clairs et plus pauvres. 

Il est à remarquer que la présence de groupements 
acides forts augmente la sensibilité des matières colo- 
rantes aux impuretés du sel marin. C'est ainsi que les 
teintures au jaune salicine sont beaucoup plus aft'ec- 
tées par ces impuretés que les teintures à la chrysa- 
mine G. 

Cette influence nuisible des impuretés que renferme 
le sel marin peut être évitée par l'addition de sub- 
stances qui les précipitent, comme le savon qui forme 
un calcaire insoluble ou le phosphate de soude qui 
précipite du phosphate bicalcique ; pour un bain ren- 
fermant 5 p. 100 de sel marin pur et 0,2 p. 100 de sul- 
fate de chaux il suffit de i p. 100 de savon, ou i p. 100 
de phosphate de soude. 

Lorsqu'on essaye de remplacer le sulfate de soude 
par d'autres sels on constate que le phosphate de 
soude est celui qui donne les tons les plus beaux; 
l'hyposulfite de soude est sensiblement équivalent au 
sulfate ; l'arséniate de soude se montre inférieur au 
phosphate. Tous ces sels donnent des tons plus bleus 
et plus beaux que le chlorure de sodium pur ou impur. 
Le chlorure de potassium est supérieur au chlorure de 
sodium. Ces résultats montrent toute l'importance du 
sel ajouté au bain de teinture. 

p. CARRÉ. 

VII a). — TEINTURERIE (Contrôle du travail 
en~),parALIIEI>:RICII KRAUSS {Farber-Zeitung, 

pp. 416-420, 1'='' novembre 1911)- 

L'exercice de la teinturerie a été très longtemps 
soumis à des réglementations, particulièrement en 
Allem.agnc. Ces réglementations étaient soit légales, 
soit édictées par les corporations ou confréries des 
teinturiers, et visaient plus particulièrement l'obli- 
gation de fournir un travail de qualité convenable; 
parfois elles fi.xaient la nature des colorants à em- 
ployer ou leur dose, ou la proportion des éléments 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



employés dans la teinture. L'emploi de telle ou 
telle matière colorante donnait lieu à de longues 
discussions, et dans chaque ville l'emploi ou la 
prohibition en était décidé soit par ordonnances, 
soit par délibération de la confrérie. Le remplace- 
ment du pastel par Tindigo donna lieu ainsi à de 
longues querelles, notamment à Cologne; à Muns- 
ter, le conseil détendit l'emploi de l'indigo et pres- 
crivit de plus que le pastel devait provenir d'Erfurt. 
Les mesures destinées à sauvegarder avant tout les 
intérêts du public avaient comme autreconséquence 
de maintenir la bonne renommée de la corpora- 
tion. 

F. LEVALLOIS. 

^"1. — Procédés. 

VII b). — FOIRISIRES Teinture des — ), 
par .M. ERICH SCHLOTIIAUER \Farber-Zeitung. 
pp. 397-400; octobre 1911'. 

La teinture des fourrures se propose un double 
but: d'une part, améliorer certaines fourrures de 
valeur; d'autre part, faire avec les fourrures plus 
communes une imitation des peaux les plus riches. 
La teinture des peaux était déjà pratiquée au début 
du quinzième siècle. On a peu de renseignements 
sur le sujet à cette époque, mais vers 1700 la docu- 
mentation se précise, et l'on commence à avoir des 
indications sur l'art et les procédés de teinture, sur 
les colorants emplovés, sur les peaux soumises à 
la teinture. Les meilleurs renseignements se trou- 
vent dans les ouvrages de Jacobson {Sc/iauphi^ 
der Zeugmanufakturen],de. Halle WerksUitte der 
heutigen Kiinste, 1762) et de Hanw'ig (S prenglers 
Kùnsie und Handwerke, 1782). Les matières colo- 
rantes utilisées à cette époque étaient : la noix de 
galle, le vitriol vert, le salmiac, la cendre de cuivre, 
i'orléans, l'indigo, le blanc d'argent, l'alun, etc. ; 
les principales peaux traitées comprenaient : la 
zibeline, la martre, riltis,la genette, la loutre, puis 
le murmel, le chat, le lièvre et le lapin. L'ouvrage 
de Strauss, paru en 1879, n'apporte rien de bien 
nouveau à notre connaissance. Aux matières colo- 
rantes employées aux environs de 1700, il ajoute : 
l'acide pyrogallique. le bois de campêche, le tan- 
nin, la fleur de soutre, le chlorure d'or, le nitrate 
d'argent et entîn le brun d'aniline. A signaler de- 
puis un petit opuscule d'Albert Mayer paru à Ulm 
et un ouvrage de Cubaus paru en iSqi comme à 
peu près seuls relatifs à la question. Plus récem- 
ment. Francis Beltzer a fait paraître dans la Revue 
des Matières colorantes ses remarquables travaux. 
11 traite des diflerentes méthodes de teinture, de 
la coloration par les matières minérales, parles ex- 
traits végétaux, par les colorants dérivés du gou- 
dron et par le noir d'aniline. Ce dernier chapitre 
est riche en indications sur la pratique de la tein- 
ture en noir. 

L'industrie de la teinture des fourrures est restée 
longtempsdansles mainsdes pelletiers, qui aujour- 
d'hui ne s'occupent plus guèrequede confection. Ils 
achetaient et tannaient eux-mêmes les peaux et les 
adaptaient aux usages auxquels elles étaient des- i 



tinées; il en résultait naturellement que dans un 
même vêtement entraient parfois plusieurs peaux 
de teintes assez dilTérentes. d'où l'idée bien natu- 
relle d'éviter cet inconvénient par la teinture. C'est 
grâce à l'extension considérable de cette industrie 
vers 1800 que se sont séparées deux branches de 
traitement des fourrures : la préparation et la tein- 
ture des peaux d'une part, et d'autre part la con- 
fection. Le principal centre de préparation, en Alle- 
magne, est Leipzig et ses environs, puis viennent ; 
Hambourg. Berlin et Chemnitz. Les usines s'oc- 
cupent généralement de teindre pour le compte de 
marchands; plus rarement, elles font elles-mêmes 
l'achat et la vente des peaux. Suivant le cas. les 
peaux sont soumises à un trempage général dans 
la teinture, à un traftement destiné à donner des 
teintes différentes aux poils de fond et aux poils 
longs, à un frottis, etc. Le premier procédé s'ap- 
plique surtout aux cas de la teinture au noir, ou 
du moins en teinte unique : Persianer breich- 
wanz, etc.. et dans ce cas on emploie presque exclu- 
sivement des colorants végétaux comme le noir de 
galle ; dans le cas où Ton teint le lièvre ou le Thi- 
bet, on emploie par contre un noir de curcuma. Si 
le haut de poil doit avoir une teinte différente du 
fond, on opère de même par trempage général, 
mais après coup on teint les extrémités par frottis. 
Ce même traitement par frottis s'applique égale- 
ment quand le fond doit conserver sa couleur 
naturelle. Les matières colorantes dérivées du gou- 
dron ont supplanté au moins partiellement les 
colorants végétaux pour toutes les couleurs sauf le 
noir, on cite comme colorants fréquemment em- 
ployés: le Nako. le Furrol, l'Ursol. La teinture au 
noir d'aniline commence à s'introduire et donne 
de bons résultats. Il va de soi que souvent, avant 
la teinture.il faut « tuer » le poil pour qu'il prenne 
le colorant. On emploie à cet efî'et la soude ou le 
carbonate et le lait de chaux. Par l'emploi de 
mordants appropriés : alun, vitriol bleu, vitriol 
vert, acétate de fer, bichromate de potasse, etc., en 
peut obtenir toutes les teintes désirables ; il ne 
reste au praticien qu'à combiner judicieusement 
le colorant et le mordant, ce qui n'est pas toujours 
facile et est souvent onéreux ; cela explique tout 
le mvstère dont les usines entourent leurs procédés 
de coloration. Une des difficultés principales est 
d'obtenir un bon cuir. Les principales méthodes 
sont: le traitement à l'acide sulfurique et au sel, 
le traitement à l'alun, au chrome et le chamoisage, 
chacun de ces procédés s'appliquant dans des cas 
bien déterminés. L'auteur a publié dans le Deiits- 
cher Fârberkalender de 19 n des indications à cet 
égard, il a trouvé par e.xemple : que le cuir traité 
à l'acide et au sel résiste moins au chauffage quand 
on le traite par plongée dans la teinture que le cuir 
préparé par chamoisage. Il y a lieu également de 
tenir compte de l'influence des traitements sur le 
rétrécissement à la teinture, de la température du 
bain de teinture, etc. 

Enfin il y a lieu de considérer que les produits 
emplovés non tant pour le tannage que pour la 
conservation s'éliminent par les traitements à Teau 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



77 



on évite un peu cet inconvénient par rimpréi,'na- 
tion au moyen de substances grasses ou iiuileuscs. 
L'auteur a trouvé que les peaux traitées à l'aldéhyde 
formique résistent fort bien à l'action de la cha- 
leur; il y a une véritable amélioration du cuir par 
ce traitement. 

!•'. LEVALLOIS. 

c). — Machines et appareils. 

VII c.— KCIIEVE.VIX (Teinture des lils en — , 

par M. H. dilESLEK (b. f. 438709 . — Les écheveaux 
sont suspend us sans élre serrés dans la cuve à leindre sur 
des baguettes 3 qui peuvent être glissées dans des rai- 
nures 4 ou posées sur les bords de la cuve, dans lequel 




Fig. I, appareil pour la teinture doi (.•chevcaux. 

cas leurs extrémités sont recourbées en forme de cro- 
chets 5. 

La position lâche des écheveaux est assurée d'abord 




Fig. 2, appareil avec modification. 

en ne serrant pas les baguettes les unes contre les 
autres, par exemple en les arrangeant de façon à pou- 
voir passer entre elles la main à plat. 

Suivant la nature des écheveaux, l'écartemcnt des 
baguettes sera utilement varié et pour conserver cet 
cartement on pourra disposer à cet effet des cales de 



formes et de dimensions appropriées, entre les extré- 
mités de chaque baguette, dans les rainures ou sur les 
bords de la cuve suivant le type de baguette employé. 

La circulation du liquide tinctorial, suivant la mé- 
thode préconisée, en vue de ne pas enchevêtrer les 
écheveaux suspendus librement dans la cuve, est obte- 
nue en principe de la façon suivante : 

Le liquide est amené sous une certaine pression par 
le fond de la cuve, au moyen de tubulures 6 branchées 
sur une conduite d'amenée 7. Les orifices de ces tubu- 
lures sont recouvertes dechapeau.x 8 qui contrarient la 
sortie du liquide et l'obligent à s'étaler radialement. 
L'ascension du liquide ainsi amené dans la cuve est 
successivement contrariée par desobstacles qui peuvent 
être variés suivant des combinaisons multiples et con- 
sister par exemple en des plaques perforées 9, dont les 
perforations vont progressivement en diminuant de 
dimensions ou bien en des volets ou chicanes 10, dont 
les lames sont disposées en sens contraire afin de con- 
trarier le plus possible le courant du liquide. 

On pourra encore employer, dans le même but, des 
claies en osier, en paille, des grillages, etc. 

Au-dessus de ces obstacles, on dispose une toile tex- 
tile ou métallique i i, une toile identique 12 étant dis- 
posée au-dessus des baguettes 3 de suspension des 
écheveaux i . 

La circulation du liquide est assurée par tous moyens 
en usage, tel que, par exemple, par une turbine i3 et 
un canal d'évacuation 14, le sens de la circulation du 
liquide pouvant être varié ou même alternatif. 

ÉCHEVEAUX (Appai-eil pour feindre, laver et 
défïorger les Hlés en — , par .M. J. SCHLIIMPE 

(b. F. 42 1 I83-I'''-' 14575;. — La machine représentée 
figures I et 2 comporte un moteur .M qui actionne un 
arbre 91 au moyen d'un engrenage. Cet arbre tourne 
dans le cadre de la machine 96 qui est disposé de ma- 
nière à pouvoir rouler sur des rails 82 au moyen de 
galets 80, 81. Sur l'arbre 91 sont fixées deux roues 
dentées 93 qui actionnent, au moyen de roues intermé- 
diaires 94, deux roues gS. Ces roues dentées 95 sont 
situées sur les deux côtés de la cuve T. Un asple de 
forme annulaire 97 est relié de manière rigide à la roue 
dentée 95. Cet asple comporte à intervalles réguliers des 
dents 98 qui, lors de la marche de la machine au-dessus 
de la cuve, soulèvent un à un les supports b du rebord 
de la cuve. Les supports b, soulevés par les asples 97, 
sont enlevés à ces asples au moyen de deux por- 
teurs u3. Les porteurs ii3, qui sont fixés sur deux 
bras m d'un arbre 112, oscillent dan le sens ver- 
tical suffisamment pour que la tige inférieure 4 d'un 
support b se trouve sur le chemin d'une des deux 
paires du levier 110 ou 110' fixées sur les arbres 106 
et 106'. Les arbres 106 et 106' tournent dans le cadre 
de la machine. Les leviers no saisissent les touril- 
lons 4 du support b et les maintiennent pendant que 
le porteur 1 13 redescend: le support b tombe alors en 
tournant autour des tourillons inférieurs 4. Ce faisant, 
la tige 3 se pose sur les asples 97 qui portent les toii- 
rillons 3 du support b sur deux crochets 1 18 disposés 
sur le cadre de la machine, de manière à pouvoir os- 
ciller. Dès que le support è repose sur les crochets 118, 
la ti"e 4. qui se trouve alors en haut, tombe en tour- 
nant'autour des tourillons 3, en sorte que le support b 
effectue une conversion complète. La conversion du 
support* se fait ainsi, comme il est décrit dans le 
mémoire annexé au brevet principal, toujours autour 
de l'axe de conversion inférieur. Lors de la suite de la 
marche de la machine, les supports b glissent hors les 
crochets 118 et sont de nouveau déposés sur le bord 



78 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



de la cuve. Si la machine avance dans un sens, ce se- 
ront par exemple les leviers i lo fixés sur l'arhre io6 
qui entreront en action ; si le sens de la marche change, 
ce sera farbre io6' qui entrera en action et avec lui les 
leviers no' se trouvant sur cet arbre. Les arbres io6, 
io6' sont actionnés par des manivelles situées sur 
l'arbre g I au moyen de bielles loi. Les bielles loi sont 



articulées à des bras 102 qui tournent sur des arbres 100. 
Pour relier le bras 102 à l'arbre 100 on a prévu un 
dispositif d'accouplement pouvant être débravé. La 
construction de cet accouplement, qui n'est pas repré- 
senté sur le dessin, est essentiellement la même que 
celle décrite dans le mémoire annexé au brevet pnnci- 
pal. Chaque arbre 100 est relié à l'un des arbres loô et 




TlEr.1. 



102 '\ 

" • ■ ^- ^"' ■ ,98 ! 



169 
168 
147 

155 T1B-. 3. 




Appareil à teindre, laver et dégorger les filés en écheveaux. 
Fig. I, coupe ; fig. 2, profil; fig. 3, profil : fig. 4, élévation coupe. 



106' au moyen d'un guide loy. Sur chaque arbre 106 
et 106' est fixé un bras: chaque bras agit sur une tige 
I iQ (fig. 2. Chacune des liges iigest articulée à un 
crochet 118 qui est articulé à un bras m. Au moven 
des tiges 1 19 et des tiges 106 et io5', les crochets iiS 
peuvent être mis sur le chemin ou écartés du chemin 
de tourillons fixés à des leviers ;i5. Les leviers ii5 
sont fixés dans le cadre de la machine en 116, de ma- 
nière à pouvoir osciller et montent et descendent au 
moyen de disques irrèguliers 117 fixés sur l'arbre qi. 
Le tout est disposé en sorte que lorsque les leviers iio, 
iio'ne travaillent pas, les crochets 118 ne sont pas 
entraînés et que par conséquent les bras m sont arrê- 
tés. 

Le changement du sens de rotation des asples 97 
peut se faire en renversant la marche du moteur .M. 
Pour déplacer la machine sur les rails 82, on a fixé 
sur ces rails des crémaillères qui sont en prise avec 



des roues dentées fixées sur un arbre 85 tournant 
dans le cadre. L'arbre 85 est actionné par le mo- 
teur M au moven d'un système d'engrenages, et on 
a prévu deux engrenages dont on utilise tantôt l'un, 
tantôt l'autre, au moyen d'un accouplement 90; on 
peut ainsi changer la vitesse de la marche. Le modèle 
da la machine représenté comporte un dispositif de 
levage pour enlever simultanément tous les supports b 
de la cuve T. Le cadre de la machine a de chaque 
côté de la cuve deux tiges de guidage verticales 121, 
l'une devant, l'autre derrière la machine sur lesquelles 
sont disposés des chariots 120 avec galets. Les cha- 
riots 120, se trouvant sur un même côté de la cuve, sont 
reliés entre eux par une tige 122 qui, lorsque les cha- 
riots 120 montent le long des tiges 121, saisissent les 
supports b par les tourillons 3 et peuvent les enlever 
du bord de la cuve. Pour soulever les chariots, on uti- 
lise le moteur M. L'arbre 91, actionné par le moteur, 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



79 



est relié, au movcn d'un engrenage i32,qui peut être 
désembrayé, à l'arbre i25 sur lequel sont fixés deux 
tambours 127. Sur ces tambours sont fixées des cordes 
i3o qui passent sur des poulies de guidage 126 et peu- 
vent être rattachées aux chariots 120. Pour enrayer le 
mouvement de descente des chariots 120, on a prévu 
un frein 121. 

Les figures 3 et 4 représentent une machine station- 
naire et ce sont les cuves disposées sur des chariots à 
galets 1 35 qui sont mobiles. 

\'ll c). — IMKCKS ,A|>i>!>i'<'il poui' In teinture 

en — ), par M. A. KrTLiai h. f. .(3 1514). — L'arbre 
principal 14 en tournant l'ait avancer le tissu 
de l'un des cylindres sur l'autre, pendant que la 
pompe travaille et remonte le bain de teinture de la 
cuve. Ce bain coule le long des tuvaux 40 et 41 et il 




Appareil à teindre les pièces. 

s'écoule sur le tissu en mouvement. On a réglé le mou- 
vement de la pompe de façon à faire passer sur le tissu 
beaucoup plus de liquide qu'il n'est nécessaire, c'est-à- 
dire que le tissu ne peut absorber tout le liquide y 
versé. Le liquide en excès s'écoule du tissu dans la 
cuve. 11 est important que le tissu ne trempe pas dans 
le bain contenu dans la cuve, et c'est pourquoi on a 
disposé les cylindres au-dessus du niveau du liquide 
dans la cuve. Le bain de teinture absorbé par le tissu 
est bien réparti lorsque le tissu passe sous le cylindre 5 
et il pénétre dans l'intérieur de toutes les fibres du 
tissu. On fait passer le tissu plusieurs fois à travers la 
cuve, en renversant la direction dans laquelle tournent 
les cylindres, ce qui est accompli simplement en dépla- 
çant le levier 19, le tissu étant arrosé par le bain de 
teinture s'écouiant des tubes 40 et 41 à chaque pas- 
sage. Il est nécessaire que l'on fasse passer le tissu à 
travers les jets de liquide un nombre pair de l'ois, au 
moins deu.x fois et généralement dix fois afin d'obtenir 
la teinte voulue. 11 est à remarquer que, si le tissu ne 
traversait les jets de liquide qu'une seule fois, la pre- 
mière partie du tissu se mouvant relativement lente- 
ment absorberait une grande quantité de liquide, 
attendu que le diamètre du rouleau de tissu enroulé 
sur le tambour 10 augmentant continuellement la 
vitesse avec laquelle le tissu passe sous les jets de 
liquide augmente également, la teinture devenant 



moins uniforme vers la fin du tissu. On obvie à 
cet inconvénient en renversant le sens du mouve- 
ment du tissu et en l'enroulant maintenant autour du 
tambour 7. Le cylindre 3 exercera la pression néces- 
saire pour répartir uniformément le liquide dans le 
tissu, môme si ce tissu se meut dans le sens opposé. 

De ce qui précède, on voit que la teinture du tissu 
se fait en puisant du bain de teinture dans une cuve 
et en \crsant ce liquide d'une façon uniforme sur le 
tissu; une quantité du bain de teinture beaucoup plus 
grande qu'il n'était nécessaire puisée dans la cuve étant 
versée sur le tissu et le surplus du liquide après avoir 
mouillé le tissu retournant à la cuve où il se mélange 
avec le bain resté dans la cuve. Le bain de teinture est 
ainsi maintenu aune puis^ance uniforme par suite de 
la circulation continuelle et du remuement du bain de 
teinture. Le surplus du bain de teinture s'écoule par- 
dessus les bords du tissu, et il ne reste sur le tissu 
qu'un film très mince de liquide. Ce film mince de 
liquide est pressé dans le tissu par les cylindres 3 et 5, 
de sorte que le tissu est bien imprégné de liquide. Il 
est encore à remarquer Ique la plus grande partie du 
bain de teinture versé en abondance sur le tissu re- 
tourne dans la cuve sans avoir subi un changement 
quelconque de son état original, le bain de teinture 
affaibli par son contact avec le tissu étant mélangé à 
la masse principale du bain de teinture, la cuve étant 
de dimensions suffisantes pour compenser la perte de 
liquide causée par l'imprégnation du tissu et pour ren- 
forcer le bain de teinture lorsqu'il devient faible. 

Le tissu étant tendu au-dessus de la cuve, ses pores 
s'ouvrent et sont ainsi prêts à recevoir le bain de tein- 
ture, pendant que le tissu se déroule de l'un des tam- 
bours pour s'enrouler sur l'autre tambour, étant sous 
tension tout le temps. 

S'il était possible de teindre le tissu en employant 
toujours du bain de teinture frais, il serait relativement 
facile à faire la teinture, mais une telle méthode serait 
bien trop coûteuse et il est absolument nécessaire de 
se servir du même bain de teinture un grand nombre 
de fois. A cet effet, le bain de teinture devrait toujours 
être d'une puissance uniforme et il ne devrait pas va- 
rier, et c'est pourquoi, suivant le procédé qui forme 
l'objet de la présente invention, on verse le bain de 
teinture en abondance sur le tissu pour le faire re- 
tourner à la cuve où il est mélangé à nouveau au bain 
de teinture y restant avant d'être employé encore. 
Cette circulation continuelle du bain de teinture, tout 
en le versant en abondance sur le tissu, assure que le 
tissu est toujours imprégné d'un bain de teinture de 
qualité uniforme, la formation de veines de couleur 
étant ainsi évitée. 

\ Il c). — HIACIIIM: a I.AVEIî, a teindre et si 
a<l«»iioir, par .\1. \\ .-(i. (illJBIXS. (Voir le Teinturier 
pratique.^ 

TEIM'l'HK UV.S .MATIÈKES TEXTILES, par 
ALIi.<;iESLEK (il. F. 434317). —Le liquide tinctorial 
arrive dans la cuve par la conduite 4, et en sort par /■ 
la conduite 5, la circulation étant assurée par une 
pompe 6, placée en un point convenable du circuit. 

Sur les conduites4et 5, sont disposées des soupapes 7 
et 8, et en communication avec l'intérieur de la cuve i, 
se trouve un manomètre, en l'espèce un tube gradué 9. 

La variation de la pression du liquide en circulation 
est obtenue en diminuant plus ou moins le débit de la 
soupape, détendeur ou autre organe qui se trouve en 
avant delà pompe 6, suivant le sens de circulation du 
liquide. 



8o 



REVUE DES JOL'RNAL'X ET DES BREVETS 



Par exemple, dans la figure du dessin, le liquide 



^ 



' b 






Appareil à teindre à circulation. 

circule de haut en bas à travers la matière 2 à teindre; 
dans ce cas on étrangle la soupape 8, ce qui amène un 



certain retard dans l'évacuation du liquide par le con- 
duit 5, alors qu'il arrive toujours en quantité cons- 
tante par la conduite 4 et la soupape 7 grande ouverte. 
Dans le cas de la marche de bas en haut, ce serait la 
soupape 7 qui serait étranglée. 

I.XDIGO (Cave à teindre 1" — ), par .M. A. ASH- 

WORTH (B. F. 43.1254). — La cuve possède deux 
fentes i et 2 qui occupent toute sa largeur afin de 
permettre l'entrée et la sortie du tissu à teindre. 
La fente d'entrée peut être munie de petits rouleaux 
3 recouverts de caoutchouc, placés au-dessous de 
la surface du liquide et maintenus en contact 
l'un avec l'autre ou mus par friction de façon à 
chasser l'air des interstices de l'étoflFe à son enirée dans 
le bain. .4 l'intérieur de celui-ci sont placés des rou- 
leaux de guidage 4. 5, 6, 7, 8, en nombre variable, qui 
maintiennent l'étolîe tendue pendant son passage à 
travers l'indigo complètement réduit ou toute autre 




! / \ / / ■ 

I i / \ .6 / 1 « I 





Cuve à teindre l'indigo. 



couleur. Si l'on emploie au moinstrois de ces rouleaux, 
l'avant-dernier de ceus qui se trouvent dans le liquide 
doit éu-e placé prés de la fente de sortie, et le dernier, 
placé au fond du bain, doit être plus gros que le pré- 
cédent, de façon que le tissu puisse passer verticale- 
ment à travers une paire de rouleaux presseurs q, dont 
l'un est préférablement couvert de caoutchouc et qui 
sont munis d'un dispositif permettant d'en régler la 
pression. Ces rouleaux presseurs sont placés l'un à côté 
de l'autre et non pas superposés comme cela s'est fait 
jusqu'à présent. 

La cuve doit être maintenue pleine jusqu'à mi-hau- 
teur des fentes 1,2; elle est alimentée d'indigo réduit 
ou d'autre couleur à travers un tuyau convenablement 
fixé Soit dans le dessus, soit dans un des côtés, et com- 
muniquant avec un réservoir de couleur; comme cer- 
taines couleurs demandent à être chauffées, un serpen- 
tin de chauffage 10 est disposé sur le fond de la cuve. 



L'étoffe, après avoir passé à travers la cuve close ren- 
fermant la matière colorante et finalement pressée en- 
tre les rouleaux presseurs 0. est exposée pendant quel- 
que temps à l'air: puis elle est o.xydée dans une cuve 
ouverte contenant des agents d'oxydation convenables, 
tels que le bichromate de soude, etc., et ultérieurement 
rincée. 

Vin. — LMPRESSÎOX 

b . — Procédés. 

\']U t . — FL.\MMÉ CAM-VIEl" obtena par chi- 
na^e et teintures en pièees, par .MAL ÉilILE 

KOrSSEL ET FIL.S b. f. 4343u4 . — Le procédé 
employé en vue d'obtenir ce résultat, consiste à chi- 
ner sur lin, coton, laine filée, etc., au moyen de la soude 
caustique avec un épaississant (gomme adragante par 
exemplel. 
La matière ainsi chinée est lissée, puis teinte après 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



lissage: on obiient ainsi dcselTets de llammcs camaïeux 
qui sont absolument nouveaux. 

Le degré de soude caustique peut varier suivant l'in- 
tensité que l'on veut obtenir après teinture. Cette varia- 
tion de soude varie également suivant les matières trai- 
tées. Sur laine, par e.xemple, le degré de soude doit être 
beaucoup moins élevé que pour le lin, dans le but d'évi- 
ter de brûler la laine. 

c). — Machines et appareils. 

VIII c). — BKO.SSK pour iniioliiiio à iiiiprinicr 

les iMolTos, par .\1. .1. /.OItKIt p.. f. 433386). — 
La ligure i représente une coupe longitudinale de 



^UXM^ 




'rrrtr 



l'ancien type de brosse. La ligure 2, une section trans- 
versale de cette même brosse. 

La ligure 3, une coupe longitudinale de la nouvelle 
brosse. La ligure 4, une section transversale de cette 
même brosse. 

Celle brosse a pour but d'uniformiser la couleur 
déposée sur le cylindre imprimeur. Elle est entraînée 
par simple adhérence de ses poils sur le rouleau impri- 
meur et elle est supportée par deux tourillons i placés 
à chaque extrémité. 

L'ancien type de brosse est constitué par deux demi- 
cvlindres qui sont accolés suivant un plan diamétral AB 
et maintenus en position par des boulons 2. Une fois 
la brosse construite, les extrémités sont fermées par des 

f'3 è 




UâUM^. 



iTtrinTir 



% -* 




n-y 



Brosse pour machine à imprimer. 
Fig. I et 2. ancien type de brosse; fig. 3 et 4, nouveau type de brosse. 



pièces à emboîtement 3 portant les tourillons i et main- 
tenues en place soit par vis, soit par goupilles. 

L'inconvénient d'un tel svsléme réside dans le fait 
que, le joint étant très difficilement étanche, la couleur 
pénètre à l'intérieur du cylindre et y forme des dépôts 
très durs et très difficiles à faire dispara-'tre. 
Le système nouveau se construit autrement : 
Le cylindre est fait d'un tube de cuivre étiré, dans 
lequel sont percés les trous nécessaires à la fixation des 
poils. Les deux extréinités dudit tube sont terminées 
aussi par deux boulons à emboîtements fixés par vis ou 
par goupilles et portant les tourillons 1 . In tel cvlindre 
est parfaitement étanche. 

IX. — APPRÊTS 
b). — Procédés. 

IX b). — MOrSSELIXE (Applioarion sur — 
de perles eristal ou gouttes d'eau), par 
M. J.-F. TRIBOULET. (B. F. 434569). — Les appli- 
cations de perles cristal ou gouttes d'eau se sont faites 
jusqu'ici avec une dissolution de gomme arabique ; 
or ce produit est toujours un peu coloré et possède peu 
de brillant, de plus, son prix a considérablement aug- 
menté. 

L'invention a pour objet une nouvelle composition 



donnant une application entièrement blanche et pour- 
vue de reflets brillants, tout en étant d'un prix de re- 
vient inférieur. 

La gomme arabique et le sucre mélangés par parties 
égales environ forment la base de cette nouvelle com- 
position, on y ajoute environ quatre blancs d'œufs par 
100 litres de dissolution. Ces proportions peuvent 
varier quelque peu, suivant les effets que l'on désire 
obtenir ; les blancs d'œufs peuvent être remplacés par 
une quantité équivalente d'albumine. 

Rien n'est changé dans les diverses méthodes en 
usage pour l'application des perles sur les tissus. La 
même composition présentant des avantages spéciaux 
pour l'application du paillon, de la paillette et de toute 
autre matière. 

1X6). — IIIPERMÉABILIS.VTIOX des (issus, par 
M. «. RIV.VT (B. F. 433727'!. — Ce procédé est basé 
sur l'emploi du blanc de baleine. Il otîre sur les nom- 
breux procédés connus à l'heure actuelle qui utilisent 
aussi ce produit, l'avantage de ne nécessiter aucun dis- 
solvant, coûteux ou dangereux. 

Pour obtenir l'imperméabilisation d'un tissu, on 
transforme tout d'abord le blanc de baleine en son 
dérivé sodique soluble, en chauffant vers 200" ce pro- 
duit au contact de soude concentrée. 



82 



BREVETS FRANÇAIS 



On fait alors une solution diluée du dérivé sodique 
ainsi obtenu, dans laquelle on immerge rapidement le 
tissu, que l'on plonge ensuite, après essorage, dans une 
solution d'acétate d'alumine à 5 p. roo. 

Le séchage du tissu ainsi traité termine l'imperméa- 
bilisation qui est absolument parfaite. 

c). — Machines et appareils. 

IX c). — SIOLLETOX.XAGE Maoliinc poiii). par 

M. M. G.\LY (B. F. 442393-14577 i"'. — Les organes 



iyç:J 




Fig. I, extracteurs montes sur un cylindre: 
fig. 2 et 'i, installation du cylindre. 

e.xtracteurs se composent d'un certain nombre de ré- 
glettes en acier a, taillées sur une de leurs faces en 
forme de lime à arêtes aiguës et tranchantes et plus ou 
moins saillantes suivant la nature du tissu à traiter et 



suivant l'ertet à obtenir. Ces réglettes sont fixées régu- 
lièrement et à distances égales, suivant les génératrices 
du cylindre /) (fig. i); elles sont d'ailleurs interchan- 
geables, afin de répondre à tous les besoins. 

Le tissu est S'iumis à l'action de ces réglettes dont 
les pointes suffisent à trancher plus ou moins profon- 
dément les filaments de la surface et à les relever pour 
former le moUetonnage. Cette action des pointes est 
limitée d'une façon très précise par des barres d'appui 
mobiles sur lesquelles le tissu se présente tendu et qui, 
suivant le résultat à obtenir, peuvent recevoir plusieurs 
dispositions dont les figures 2 et 3 donnent des exem- 
ples. 

Dans la figure 2, le cylindre b tourne avec ses ré- 
glettes à l'intérieur du tissu qui se déroulant du rou- 
leau e et s'enroulant sur le rouleau/ passe sur les 
barres d'appui c, Cj, rf, rfj, et reste en contact avec le 
cvlindre sur les segments c, c,, d, rf;, et s'en sépare 
sur les segments c, d, c,, rf^. Le cylindre marche en 
sens contraire du tissu ou dans le même sens avec une 
vitesse différente. Chaque barre d'appui est en contact 
avec le tissu par un angle légèrement arrondi qui livre 
le tissu à l'action des pointes sur une très petite surface. 
Un réglage très précis permet de rapprocher ces barres 
du cvlindre pour obtenir une pénétration plus ou 
moins profonde des pointes. 

On peut disposer en outre au-dessous du cylindre un 
rouleau g, qui peut s'approcher plus ou moins du 
cylindre et forme un nouvel appui au besoin pour le 
travail des pointes. 

Les deux séries de barres d'appui c, c, et d, rfj pour- 
ront être actionnées ensemble ou séparément, et leur 
déplacement aura lieu de haut en bas ou de bas en 
haut selon que le tissu devra recevoir sur une plus ou 
moins grande surface l'action des pointes. 

Dans la figure 3, le cylindre est fixe ; deux barres 
d'appui c. Cl, sont seulement utilisées et la plus grande 
surface du cylindre est enveloppée par le tissu k. Des 
poignées h, h permettent de déplacer de temps en 
temps le cylindre afin de nettoyer les réglettes. Dans les 
deux positions, figures 2 et 3, le cylindre pourra être 
animé d'un mouvement facultatif de va-et-vient le long 
de son axe. 



BREVETS FRANÇAIS PUBLIÉS JUSQU AU lo FÉVRIER 1912 



1) 



II. — PRODUITS CHI.MIQIES 

§ c). — Organiques. 

Xouveau procédé «le fabrication de la crème de 
tartre [Périgny-Chahert et O"] (b. f. 434223, du 
19 nov. 1910-27 janv. 1912. 

Procédé de production de bromodîétlivlacé- 
tyle urée [F. Bayer^ (1" add. 14669, du 11 août 
191 1-29 janv. 1912;. 

Procédé de production d'hydrocarbures ter- 
péni(|ues [Badisclie] [a. F. 4342S5, du 16 sept. 1911- 
3o janv. 1912:. 

Procédé pour la séparation des m. et p-crésols 

[F. Hoffmann Laroche et 0'\ (b. F. 434.S34. du 25 sept. 
191 1-6 févr. 1912). 

On sulfone à froid le mélange de crésols et sépare 
par cristallisation, les monosuifo formés. 

Il Pour se procurer l'un quelconque de ces brevets, il 
suffit d'envoyer à la Remie i fr. 5o en mandat-poste, en 
timbres français, ou timbres-coupons internationaux. 



Procédé de production du pinacone [F. Bayer 

iî' C"] (b. F. 434553. du 25 sept. 191 1-7 févr. 1912). 

Procédé et dispositifs pour la préparation in- 
dustrielle de la terpine par l'action des 
rayons ultra-violets [./.-B. Pougnct] (b. f. 433710, 
du 29 août 191 1-1 5 janv. 1912). 

Procédé de préparation du nitropliényl-nitro- 
niétlianc.scslionioloîïucset dérivés (Soc. c/n'm. 
des usines du Rhône] i^'' add. 145S5, du 24 juillet 
1911-11 janv. 1912, au b. f. 426635'. 

Mode de préparation de sels d'alcali com- 
plexes des phénols halogènes [P. Flemming] 
(B. F. 434548, du 25 sept. 1911-6 févr. 1912 . 

La formation des sels alcalins a lieu en présence d'un 
dissolvant organique (benzène, toluénel. 

Procédé de production de diolélines [Badische 
.\nilin çy Sodajabrik] (b. f. 434586, du 26 sept. 
1911-7 févr. 1912 . 



SOCIKTKS INDUSTRIKLLES 



83 



CAOl'TCHOl C. — l'i-océtU' |ioiir la |><>l,yin(-ri>!;.'i- 
(loii «les li.ydi-ocarhiirc.s non salures [C/ifO!. 
Fab. E. Scherinir] (n. f. 433825, du i''' sept. 1911- 
17 janv. 11)12). 

TraiteniLTit de l'isoprène par l'anhydride acétique. 

CELLl LOSK. — Profédé pour la raltrication <le 
uoiivcaiix t'dicrs «le la «•clluloso «'< It-iirs pro- 
(liihs (le (ransloi-inalioii .'[//. Iirc\-fiis\ (i"' add. 
1455s, du 7 juin. HHi-ii janv. i(|i2, 2" add. 14559, 
du i5 juin. 1911-11 janv. i(ii2, au n. v. 432046 . 
Procédés d'acét_vlalii)n. 

Emploide solutionsd'acétatede cellulose dans l'alcool 
dilué, pour la formation de lilins ou de soie ariilicielle. 

III. — M.VTIÈUES COLOK.VXTKS 

S d). — Organiques iirli/icicllcs. 

•AZOlQUliS. — Procédé de prodiieiion de eou- 

leui's axoï«nies [/*'. Bayer] d''' add. 14623, du 
i'^'' août-22 janv. 1912 au b. f. 43oo3o). 

Azoïques dérivés des amino-phényl-5 o.\y-l-2-naph- 
timidazol-7-sulfo ou napho.xazol ou naphtothiazol. Les 
colorants teignent le coton en nuances allant du roui^e 
au violet et solides au lavage après développement à 
la nitraniline. 

Nouveaux coloranls ilisazo'i(|ues et leur em- 
ploi Ji la production <le (eiuture [Badische] (b. 
F. 434152, du 12 sept. 191 1-26 janv. 1912). 

Colorants du tvpe : 

r, . ,. _^ 1-8 amino-naphtol-sulfo. 
Ben^idine ^ ,_g naphtylènediamine. 

Les colorants formés se combinent sur la libre en 
donnant des noirs. 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



Comité de chimie. 

.ML'LHOUSL. — Séance du 10 /anricr 1 gi2. 

La séance est ouverte à 6 heures. 

Présents: MM. Albert Scheurer, secrétaire ; Henri 
Schmid, .Mphonse Brand, Eug. W'ild, Th. Baumann, 
Eug. Stalder, Jos. Zubelen, Georges Wyss. Félix \\'e- 
ber, G. Jxglé, Louis Zuber, .^Iph. Wehriin, Gustave 
Schœn, Féli.x Binder, Ferd.Oswald ; total : i5 membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

I. Optique ph}'siologique. Toupie chromatique de 
M. Paul Dosne. (Construction Poulenc frères à Paris.) 
— La toupie chromatique de M. Paul Dosne ne diliere 
de l'appareil de .\L Rosenstiehl qu'en ce qu'elle est ac- 
tionnée par une manette qui se trouve placée sous la 
main de l'observateur, ce qui lui permet de travailler 
sans le concours d'un manœuvre dans toutes les e.xpé- 
riences où la nécessité de copier les tons obtenus ne 
s'impose pas. 

L'ne autre disposition du même appareil permet à 
l'observateur de faire tourner électriquement la toupie 
et de se passer complètement d'un manituvre. 

Le noir absolu est obtenu par un trou circulaire pra- 
tiqué dans la paroi d'une caisse tapissée de velours noir 
et traversée par l'axe de rotation dont l'extrémité, des- 
tinée à recevoir les secteurs colorés, affleure au centre 
du cercle noir. 

Jusqu'ici, rien n'est donc changé à la méthode de 
M. Rosenstiehl, sauf le mécanisme qui fait de la toupie 



de M. Dosne un petit meuble très maniable et que l'un 
peut poser sur une table quelconque. 

Au lieu de se servir dans toutes ses expériences du 
noir absolu, .\L Dosne opère avec un disque de velours 
noir. Cettesubstitution donne un peu moins de précision 
aux expériences, mais sans aucun inconvénient dans la 
majeure partie des cas. 

Cinq disques représentant les trois couleurs fonda- 
mentales, le blanc et le noir, perforés d'un trou central, 
permettent leur introduction sur l'axe de la toupie. 
Chacun d'eux porte une fente faite d'un coup de ci- 
seau donné suivant un rayon, comme l'a fait M. Ho- 
sentiehl. 

Dans le disque de \'elours noir est réservée une 
logette destinée à recevoir un secteur de 120" de la 
couleur à examiner. 

Comme on ne fait jamais intervenir plus des deux 
tiers de la surface du noir, cette disposition, en général, 
est avantageuse. 

Le type de gris neutre est fourni par un secteur de 
plus grand diamètre que les disques de couleur et qui 
tourne sur l'anneau de noir absolu régnant autour de 
la toupie colorée. 

2. Extraits tannants et colorants (Procédé de déco- 
loration et purification d' — ). Pli cacheté de MM. Le- 
petit, Dollfus et Gausser. N" 12 |3 du 26 octobre 1900. 
Rapport. — Le rapporteur, M. Rodolphe Géigy, pro- 
pose au comité l'impression au Bulletin du pli cacheté, 
suivi de son rapport. Adopté. 

3. Rouge de paranitraniline. Mordançage par le 
naphtol en vapeur. Fabrications diverses. Pli cacheté 
de .\1.\L E. Schweitzer et Camille Sd-:œn. N° 1242 du 
1''' avril iiioi. Rapport de M. Henri Schmid. — 
m; Henri Schmid conclut à l'insertion du pli cacheté, 
suivi de son rapport. — Adopté. 

4. Jaune de molybdène aux polyphénols, teignant 
la laine. Pli cacheté de M. M.-F. Pozzi-Escot. N" 1261 
du 10 juin 1901. Rapport de M. Alph. Brand. M. Alph. 
Brand lit au comité le rapport suivant : 

« J'ai examini le pli de M. M.-E. Pozzi-Escot du 
8 juin 1901. 

« L'auteur signale la coloration jaune obtenue par 
l'action du molybdate d'ammonium sur les polyphé- 
nols et en particulier sur le tannin. 

« Cette réaction est signalée dans le .lournal fiir 
praktische Chemie de l'année 1861, tome L.XII Bloms- 
trand). 

«Dans le même journal de l'année 1888, tome .X.XV'II, 
M. Cari Schindler décrit une méthode de titrage du 
molybdate d'ammonium et de l'acétate de plomb, en se 
servant comme indicateur d'une solution de tannin. 
On peut doser de cette manière l'acide molybdique 
ainsi que le plomb. Le molybdate de plomb est inso- 
luble dans l'eau acidulée avec de l'acide acétique; dés 
qu'il V a un léger excès de molybdate d'ammonium, 
une goutte du liquide donne, avec une goutte de la 
solution de tannin, une coloration rouge ou jaune, 
selon la concentration du molybdate. 

« Quant aux teintures obtenues sur laine, elles n'ont 
pas d'intérêt technique. 

«Je vous propose donc, messieurs, de déposer aux 
archives le pli de .M. Pozzi-Escot. 

5. Réserve rouge sous noir d'aniline, nitrosamine 
de la paranitroorthoanisidinc. Pli cacheté des Fabri- 
ques de produits chimiques de Thann et de Mulhouse. 
N" 2o53 du 23 décembre 1910. Rapport de M. H. 
Schmid.— M. H. Schmid propose au comité l'insertion 
au Bulletin du pli cacheté en question, accompagné 
de son rapport. — Adopté. 

6. Blanchiment des tissus de coton. Taches d'huile 



84 



BIBLIOGRAPHIE 



minëraic. Concours au prix. N- 41 . Devise : c Abeiiie ». 
Rapport de M. Ernesi Gilliéron. M. E.- Gilliéron pré- 
sente au comité le rapport suivant: 

« Les taches, dont il s'agit, sont celles dont s'occupe 
en ce moment une commission spéciale. Elles se carac- 
térisent soit par leur imperméabilité, soit par leur cou- 
leur jaune. 

«Celles dont traite le travail «.Abeille > ne répondent 
pas au.x données ci-dessus. Il s'agit d'autres taches, 
inconnues des blanchisseurs. 

« Le pris vise un procédé susceptible d'être adjoint 
aux procédés habituels de blanchiment sans grande 
augmentation de main-d'œuvre, ni dépense de drogues. 

« Le blanchiment avec addition de savon ne peut con- 
venir. Le pris a déjà été refusé de ce fait, par suite des 
inconvénients dans le blanc d impression. 

< Dans ces conditions, le travail «Abeille» ne répond 
pas à l'énoncé du prix. Nous vous proposons donc, 
Messieurs, son dépôt aux archives et rinsenion au 
procès-verbal du présent rapport. » 

7. Hvpochlorite de sodium électrolytique. Nouvel 
appareil de production. Pli cacheté de .\L Henri Siber- 
mann.X" i25i du 11 mai 1901. Rapport de .M.Georges 
Wyss. — .M. \Vyss a examiné ce pli cacheté auquel il 
dit n'avoir pas trouvé une nouveauté et un intérêt suffi- 
sants pour être publié. En conséquence, il propose le 
dépôt du pli aus archives. — Adopté. 

8. Souscription pour honorer la mémoire de Paul 
SchûLzenberger. — Le comité directeur du comité Schût- 
zenherger rend compte de son mandat. La souscrip»- 
lion a atteint le chiffre net de 6.8o5 francs qui ont été 
adressés au comité central d'organisation. 

La séance est levée à 7 heures. 



BIBLIOGRAPHIE 

L Industrie des matières colorantes, par .André Wahl, 
docteur es sciences, professeur de chimie industrielle 
à la Faculté des sciences de Nancv. Un vol. cartonné 
toile, de 400 pages avec 41 figures dans le le.xie. 
Pris : 5 francs. O. Doin et fils, éditeurs, 8, place de 
rOdéon, Paris (VI'). 

L'auteur, comme il le dit dans sa préface, « s'est 
proposé de montrer par quelles réactions nombreuses 
et variées l'industrie est parvenue à transformer des 
substances relativement simples, extraites du goudron 
de houille, tels que le benzène, le naphtaléne, l'an- 
thracène, le phénol, etc., en d'innombrables matières 
colorantes, édifice moléculaire complexe ». 

La première partie est consacrée aux matières pre- 
mières, à leur transformation en produits intermé- 
diaires par sulfonation, fusion alcaline, nitralion, réduc- 
tion, alcoylaiion. 

La seconde partie est consacrée à l'étude des ma- 
tières colorantes, on y trouve des données historiques, 
des indications pratiques pour la préparation des colo- 
rants tvpiques ainsi que le résumé des travaux théori- 
ques qui ont permis d'établir la constitution des divers 
groupes de colorants. L'étude de la constitution de 
l'alizarine, de la fuchsine, de l'indigo, de l'indanthrène, 
du flavanthréne, du noir d'aniline, a fait l'objet de 
chapitres spéciaux. 

Ce volume a été tenu au courant des travaux les plus 
récents, avec les nombreuses indications bibliographi- 
ques qu'il renferme, il sera d'un précieux secours aux 
étudiants de nos Instituts techniques désireux d'ac- 
quérir des connaissances dans cette branche spéciale. 
Le nom de l'auteur est une garantie du soin et de la 
compétence avec lesquels le volume a été rédigé. 



Cooleiu's et colorants dams l'industrie textile, par 
l'abbé V'assart. fondateur de l'Institut technique 
roubaisien. i vol. de 168 pp., 140 X 23o. avec figures, 
6 francs. H. Dunod et E. Pinat. éditeurs, 47-49, 
quai des Grands-.Augustins, Paris (VI*). 

Le travail de M. Vassart est destiné à ceux qui s'oc- 
cupent de la fabrication et du négoce des tissus, aux 
élèves des écoles professionnelles se rattachant à l'in- 
dustrie textile et à tous ceux qui s'intéressent aux 
beaux-arts. Il n'a d'autre prétention que de vulgariser 
des idées qui doivent guider ceux qui, sous une forme 
quelconque, ont à s'occuper d'objets pour lesquels la 
coloration jouerait un rôle important. 

Pour cela il est nécessaire de bien définir le mol cou- 
leur pvour éviter de perpétuelles confusions. En .effet, 
chacun passe d'une signification à une autre en em- 
ployant toujours le même mot, pour désigner des 
choses différentes, confondant ainsi à tout instant les 
couleurs avec les colorants et les sensations de cou- 
leurs. 

L'auteur s'est attaché à résoudre celte difficulté par 
des définitions claires, son livre est aussi agréable à 
lire qu'instructif. 



Industrie dn lactose et de la caséine végétale du soja. 

par FsANCis-J.-G. Beltzes. ingénieur, chimiste, ex- 
pert, professeur de chimie industrielle. — L"n volume 
de 144 pages et 84 figures. Librairie Bernard-Tignol, 
53 bis. quai des Grands-.Augustins. Prix : 5 francs. 

En écrivant ce traité. .M. Beitzer a eu pour but 
d'éveiller l'attention des industriels qui s'occupent de 
laiterie, sur l'utilisation des liquides résidus qui sont 
le plus souvent rejetés et qui contiennent encore un 
produit de grande valeur : le lactose, dont à présent la 
France est tributaire de la Suisse et de l'Italie. 

Dans la seconde partie, l'auteur a développé ses élu- 
des spéciales, relatives à la fabrication industrielle de 
la caséine végétale, retirée des graines de sofa venant 
de nos colonies indo-chinoises. 

L'industriel trouvera dans cet ouvrage de nombreux 
schémas pour l'insiallaiion des ateliers et des devis 
détaillés, lui permettant de se rendre compte de l'im- 
portance de ces sujets. 



Société anonyme des produits F. Bayer et C". 

Colorants acides sur tissus de laine. — Saur-Wolt- 
farbstoffe auf stûckware. — Acid-dyeing. Wool-Co- 
loun on Pièce Goods. 1 brochure cart., n" 1854, 191 1 
(reçue en février 1912), de 33 pages, avec 189 échantil- 
lons. 

Xuances de saison sur tissu de laine. Brochure 
n° ioo5, sans date, avec 216 échantillons. 



Chemische Fabriken vopm Weilerteb .\1eer. — 
Teinture sur tissu de laine.— Fârbungen auf W'olls- 
toff — Dveings on \\'oo/f;i-C/o/ A. Brochure S 594. avec 
140 échantillons. 

Le Direatur-GtraiU : Léon Lefévre. 

Tours. — Imprimerie E. Arraclt et C-*. 



REVUE GÉNÉRALE 



MATIÈRES COLORANTES 

DE LA TEINTURE, DE LTMPRESSION ET DES APPRÊTS 



16° Année 



N" 184. — Tome XVI 



1" Avril 1912 



L'INDIGO AURAIT-IL FAIT SON TEMPS ? 
Par M. LÉON LEFÈVRE. 



Notre collaborateur, M. Emile Blonde), dans 
une étude déjà lointaine (voir Revue générale des 
matières colorantes i8g8, p. 456), avec le sens pra- 
tique d'un technicien émérite, indiquait : combien 
la teinture en indigo, par le procédé à la cuve, 
constituait un moyen primitif de teinture, deve- 
nant de plus en plus incompatible avec les procé- 
dés modernes rapides. 

Il ajoutait qu'à côté de qualités très intéressâmes, 
l'indigo avait de graves inconvénients, comme de 
dégorger abondamment au frottement et de bais- 
ser de ton à chaque nouveau lavage. 

M. Emile Blondel exprimait l'espoir que la s\ n- 
thèse chimique doterait la teinture tôt ou tard 
d'un produit soluble, stable, pouvant se fi.xer soli- 
dement sur la fibre végétale. 

Car il s'agit ici seulement de cette fibre, l'indigo 
se comportant sur la laine tout autrement que sur 
le coton. 

Jenesaispas,siaujourd'hui notre distingué colla- 
borateur trouverait son desideratum dans la liste 
toujours s'allongeant des nouvelles couleurs, mais 
ce que l'on peut dire, c'est que la teinture à la cuve, 
pendant longtempsréservée uniquement à l'indigo , 
a soudain pris une grande extension, avec l'appa- 
rition d'une série importante de colorants désignés 
précisément sous le nom de colorants à la cuve, 
du fait de leur mode de teinture. 

Evidemment, dans le nombre déjà si grand de 
ces colorants, beaucoup n'ont qu'un intérêt secon- 
daire pour ne pas dire tertiaire ou quaternaire, si 
j'ose m'exprimer ainsi. Je ne dirai pas non plus que 
le procédé de teinture à la cuve soit l'idéal rêvé : 
quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, il n'offre pas 
la simplicité que l'on recherche aujourd'hui en 
teinture non sans raison, et en outre il possède 
d'autres inconvénients ne fût-ce que la difficulté 
d'échantillonner. Mais ceci n'est pas la question 
que je veux traiter aujourd'hui. 

J'en reviens au bleu indigo et aux colorants pro- 
posés, dans ces derniers temps, pour le remplacer. 
Sans en faire la liste, elle serait trop longue, on 
peut dire qu'elle comprend des colorants franche- 
ment mauvais, des médiocres et aussi des bons. 
Des premiers i! ^■aut mieux ne rien dire. Parmi les 
bons il faut citer quelques bleusdiazotés sur libre, 



les bleus au soufre, les bleus indanthrène et enfin 
en dernier lieu les bleus hydrones. 

Tous, bien entendu, ont des qualités dissembla- 
bles mais il semble que les derniers l'emportent 
sur les premiers. 

Les bleus diazotés, s'ils résistent au lavage, ne 
sont pas bien solides à la lumière et à la lessive. 

Les bleus au soufre offrent sous ces rapports une 
meilleure résistance, un de leurs points faibles est 
l'aciion destructive du chlore. 

Il est vrai que par remontage à l'indigo, on amé- 
liore leur résistance au blanchiment et la présence 
comme soubasement du bleu soufré, rend la nuance 
plus solide au frottement et au lavage que si elle 
était faite uniquement à l'indigo. 

Ce n'est encore là qu'un pis-aller, qui peut 
rendre cependant des services. 

De l'indanthrène il a été souvent question dans 
cette Revue ( i) 

Je ne crois pas que ce soit, malgré ses remarqua- 
bles qualités, un concurrent bien dangereux pour 
l'indigo, car son prix de 3o à 32 francs le kilo- 
gramme, et son faible rendement, limitent, pour 
l'instant et pour longtemps son emploi à des articles 
spéciaux exigeant unegrandesoliditéetpeu de cou- 
leur. Car l'indanthrène est actuellement de tous les 
bleus le plus solide. Outre son prix élevé, il a encore 
quelques petits inconvénients, qui nuisent à son 
emploi : commed'exiger un milieu alcalin un peu 

(i| Emile Bloxdel. Etude sur l'indanthrcnf, Rei'. giin. 
inat.color.,l. 6, 1902, p. 3X. — Kanfleh. Constitution de l'in- 
danthrène, Rey. gén. mat. color., t. 7, 1993, p. 174. — 
R. ScHOLL et P. Berblinger. Indanthrène et flavanthrène, 
Rei). gén. mat. color., t. 8, 1904, p. 385. — Re^hnald et 
Browne. Les colorants pour cuve de la série de l'indan- 
ihrène, Rev. gén. mal. color. .t. 10, igoD, p. Xo. — R. Scholl, 
H. Berblinger et J. .Massueld. Dérivés halogènes de l'in- 
danthrène, Rei'. gén. mat. color., t. 11, 1907, p. 143. — 
R. ScHOLL et J. .Massfield. .\ction de l'acide nitrique sur 
l'indanthrène. Rep. gén. mal. color., t. 11, 1907, p. 144. — 
R. Scholl et H.Berklin'ger. Action de la quinoléineet des 
chlorures d'acides sur l'indanthrène, Rev. gén. mat. color., 
t. 11, up-, p. 144, — Il BoH\. Sur les couleurs d'indan- 
thrène, «l'J'. gén. mat. color.. t. 13, 1909. p. 28. Les colo- 
rants indanthrènes, Rev. gén. mat. color., t. 15, 1911, p. 75 
et 200. Pour les dilVérents bleus indanthrènes voir éyaie- 
ment, Rev. gén. mat. color., t. 6, 1902, pp. 3S et 270: t. 8. 
1C104. p. 345; t. 11. 1907, p. 4S: 1. 12, ujoX, p. 74. 



86 SUR L'APPLICATION DES BLEUS HYDRONE EN TEINTURE ET EN IMPRESSION 



caustique et d'être si sensible à laréduction que les 
impuretés du coton suffisent aie réduire (commu- 
nication de M. Blondel). 

Comme le bleu d'indanthrène date déjà d'une 
dizaine d'années, on a pu apprécier ses qualités 
et connaître ses points faibles et on peut dire que 
sa situation est faite. Excellent colorant d'un prix 
élevé et d'une application qui j^agneraità être mo- 
difiée si cela était possible. Donc emploi limité à 
des usages spéciaux. 

Tout autre est le cas des bleus hydrones, qui 
ont fait leur apparition dans le courant de iqio 
(\o\v Revue générale des matières colorantes, 191 1 , 
p. 20). Ce sont donc des nouveaux venus dont la 
situation est à faire. 

Eh bien, si j'en crois les renseignements venus 
de divers côtés, cette situation pourrait devenir de 
premier ordre et il semble bien que ces bleus ont 
un bel avenir devant eux. 
Seront-ils les « tombeurs » de l'indigo ? 
Il serait prématuré de répondre à cette question, 
car les bleus hydrones n'en sont encore qu'à la pé- 
riode d'essais. 

Voyons donc les qualités de ces colorants pour 
les fibres végétales. 

Excellente solidité à la lumière et au lavage — 
supérieure à celle de l'indigo. — Les teintures au 
bleu hydrone résistent bien aux solutions bouil- 
lantes des carbonates alcalins, et au chlorure de 
chaux. Des fils, teints avec les bleus hydrones, peu 
vent être chlorés avec des fils blancs (voir nos 
échantillons) et même avec quelques petites pré- 
cautions (empbi d'huile. pour rouge turc, et d'hy- 
pochloriie de soudeçqmm^.ageûi de blanchiment), 
jétre-mi+rsés pour les articles tissés en écru, qui 
/sont, par la suite, blanchis en pièce. 

"Voilà certes des qualités des plus intéressantes. 
J'ai eu l'occasion personnellement, d'en contrôler 
quelques-unes, en particulier la résistance à la les- 
sive ménagère. Depuis un an. j'ai mis en service 
chez moi deux tabliers de cuisine, l'un tissé avec 
du fil teint en indigo, l'autre fait avec une étoffe 
tissée avec du fil teint avec le bleu hvdrone. Les 
deux tabliers ont fait le même service et supporté 
le même nombre de blanchissages. 

La difl'érence entre les deux élofies est frappante: 
le bleu hydrone n'a pas changé pour ainsi dire, 
l'indigo a fortement baissé de ton. 

Les bleus hydrones n'ont-ils que des qualités? 



Huml ce serait trop beau. Jusqu'à présent, au- 
cune couleur ne réunit en elle toutes les qualités 
que l'on recherche pour une teinture idéale : soli- 
dité à toute épreuve et à tous les agents chimiques, 
et physiques, beauté et fraîcheur de nuance, appli- 
cation facile et, si possible, prix modéré. Le prix 
évidemment pourrait être plus élevé si la couleur 
réunissait toutes les qualités requises que si elle 
n'en possédait que quelques-unes. 

Or le prix du bleu hydrone est actuellement de 
3 francs le kilogramme en moyenne — divers fac- 
teurs, dont la quantité font varier ce prix légè- 
rement, c'est un prix très intéressant si on le com- 
pare à celui de l'indigo à égalité de solidité et de 
rendement final — car l'indigo, comme on le sait, 
perd beaucoup au frottement et au lavage. 

Pour l'instant, comme je l'ai dit plus haut, le 
bleu hydrone en est encore à la période d'essai, en 
teinture, quant à sa fabrication, la mise au point 
ne paraît pas être terminée encore. Il en résulte, 
dans les applications, quelques tâtonnements qui 
disparaîtront le jour où le produit livré devenu 
bien homogène permettra une réduction régu- 
lière sans exiger une trop grande quantité d'hydro- 
sulfite. 

Car dans le prix de revient des teintures avec les 
colorants à la cuve, l'hydrosulfite entre pour une 
partie importante, vu son prix, qui actuellement 
varie de 2 fr. 5o à 2 fr. yS le kilogramme 

Je dois mentionner que pour la teinture avec les 
bleus hydrone en nuance moyenne et foncée, des 
cotons en bourre et en fils, il a été proposé récem- 
ment de remplacer l'hydrosulfite par le glucose, 
ce qui constitue une économie sensible. J'ignore 
les résultats obtenus, dans la pratique, par cette 
substitution. 

Quoi qu'il en soit, je suis persuadé — et mon 
avis est partagé par des teinturiers très expérimen- 
tés — que les bleus hydrones sont des colorants 
très intéressants qui ont un bel avenir devant eux. 
J'ai dit qu'il était prématuré d'indiquer leur in- 
fluence possible sur la consommation de l'indigo. 
Pour les uns les bleus hydrones remplaceront sur- 
tout les bleus diazotés et les bleus au soufre. Pour 
les autres les qualités et la réputation de l'indigo 
sont telles, qu'il restera encore longtemps le bleu le 
plus emplové. 
C'est le cas de dire qui vivra verra. 

LÉO.N LEFÈVPE. 



SUR L'APPLICATION DES BLEUS HYDRONE EN TEINTURE ET EN IMPRESSION 



Les bleus hydrone teignent le coton et toutes les 
autres fibres végétales par réduction à l'hydrosul- 
fite en milieu alcalin. 

La teinture peut être faite en cuve ordinaire ou 
en appareil à circulation, la matière étant à n'im- 
porte quel état de préparation. 

Nous prendrons comme exemple la 

TEINTURE DU COTON 

I " en bourre ; 

2^ en rubans de cardes et mèches : 



3" en fils ; 

a) chaîne. 

b) écheveaiix. 

c cannelles et bobines. 
4" en pièces. 

1" TEINTURE DU COTON EN BOURRE 

Cette teinture s'efiectue dans des barques ou- 
vertes en bois, en cuivre ou en fer, ou dans des 
appareils à circulation. 



SUL L'APPLICATION DES BLEUS HYDRONE EN TEINTURE ET EN IMPRESSION 87 



Teinture en barques ouvertes. — Le bain de 
teinture est monté de la façon suivante : 



l.VIRES KT MOYENNES 



Colorant poudre. . o,^ à 3 p. 100 0,4 à 2,4 p. 100 

— pâte. ..2A13 — 2 à 12 — 

Hydrosultite poudre 2 à 7,5 — 2 à 6 — 

Soude 40 • B. . . . • 2 à 7,5 — 2 à 4 — 



SUAN'CES FONCEES 



Colorant poudre. . 4 à 6 p. 100 3 à 4,4 p. \o> 

— pdte. . . 20 à 3o — [5 à 22 — 

Hydrosultite poudre ro à i5 — 7,5 à 1 1 — 

Soude 40" B. . . . 10 à i5 — 6 à S — 

On peut remplacer, pour les nuances moyennes 
et foncées, l'hydrosulfite par le glucose: ce qui 



Ble;ls HYDRONf: BG ei- R (L. C.\ssei.l.\ iV. G'" et Manuf.\cture Lyonnaise de M.vtières Golobantes) 



5! 



S* 

15 



s*» 






XX « .«! 



N» il — Tissu blanchi en pièces 




N- <.i. — Impression sur tissu de coton. 




N" 43. — Tissu pour habillement, fll teint et fll blanchi. 




N" 17. — Tissu confection teint avec 10 bleu hy- 
drone G. 




N" 4;i — Noir Colombie solide D extra nuance directe 

i 0/0 [..l.J. 



réduit notablement le pri.\ de la teinture. On pren- 
dra alors : 

NUANCES .MOYENNES ET FONCÉES 

i"^' bain 2« bain 

Colorant en pâte. . i5 à 3o p. loo lO à 20 p. 100 
— poudre. 3 à 6 — 2 à 4 — 

Glucose 3o à 45 — 7,.S à i5 — 

Soude 40° B. . . . 3o à 4,S — 7.5 à i5 — 

Pour les nuances claires, il est prétérable de 
teindre avec l'hvdrosulfite. 



Tissu blanchi en pièces 




N" ii. — Tissu pour tabliers, fll teint et fil blanchi 




i\" 4.->. — Tissu confection teint avec 12 bleu hy- 
drone G et 3 0/0 bleu hydrone R. 




Noir Colombie solide D extra 4 Oi traité par 
la formaldéhyde (.1 



La dissolution du colorant peut être effectuée 
directement dans le bain de teinture. 

Le colorant en pâte est délayé dans l'eau aussi 
peu calcaire que possible et ajouté au bain avec 
la quantité nécessaire de soude caustique. Puis on 
dissout l'hydrosulfite dans l'eau et on le verse dans 
le bain. 

Pour dissoudre les colorants en poudre on les 
délaye, avec cinq fois leur poids d'eau froide, ou 



SUR L'APPLICATION DES BLEUS HYDROXE EN TEINTURE ET EN IMPRESSION 



tiède, aussi peu calcaire que possible, et contenant 
par litre, 5o à loo centimètres cubes d'alcool dé- 
naturé. On passe au travers d'un tamis en écrasant 
les parties non dissoutes, on rince à l'eau, puis on 
ajoute au bain, la soude et rhvdrosulfite. On remue 
énergiquement jusqu'à réduction complète du co- 
lorant, ce que l'on reconnaît à la coloration jaune 
du bain. 

Avant d'introduire le coton, on le mouille avec 
de l'eau très chaude contenant un peu de carbo- 
nate de sodium et d'huile pour rouge turc, en vue 
de faciliter la pénétration de la fibre. 

On teint, à 5o-6o" C, pendant une demi-heure 
à une heure, en manœuvrant comme d'habitude, 
puis on lave le coton, on l'essore si possible et on 
le laisse à l'air quelque temps pour oxvder le colo- 
rant, puis on rince bien. 

Traitement après teinture. — L'o.xydation à l'air 
peut être remplacée par une oxvdation au perbo- 
rate de sodium après rinçage. Il suffit pour cela 
d'ajouter, au dernier bain de rinçage o,5 à 0,75 
perborate et chaufler à 40-50' C. pendant dix à 
quinze minutes. 

Un traitement plus énergique au perborate per- 
met d'augmenter sensiblement la vivacité des 
teintes. 

Pour cela, on emploie i à 2 p. 100 de perborate 
que l'on ajoute au bain chaulTé à 5o-6o° C on 
entre le coton, monte au bouillon que l'on main- 
tient environ une demi-heure. 

Un traitement de 20 à 3o minutes en bain très 
chaud de 3 à 4 p. 100 sulfate de cuivre et 3 à 5 
p. 100 acétique augmente encore la solidité de la 
teinture à la luniière et à l'eau bouillante. On rince 
à fond après le traitement. 

Teinture en appareil mécanique. — On se sert 
exclusivement d'appareils à empaquetage. Le co- 
ton est mouillé et débouilli avec un peu d'huile et 
de carbonate pour faciliter l'imprégnation. On 
rince à l'eau froide. Pour les teintes claires, il est 
bon de blanchir le coton en employant l'hypochlo- 
rite de sodium neutralisé par le chlorhydrique. Le 
chlore doit être complètement éliminé et le coton 
bien neutralisé. 

Le bain de teinture doit renfermer, pour une 
mise de 5o kilogrammes et un volume normal : 



TON CLAIR ET MOYEN 

I" bain 2' bain 

Colorant poudre . . o ^; 2 à 1 's 5 o''?2 à i' 

— pâte ... 1 à 7 5 I à 6 

Hydrosulùte poudre . 1 25 à 3 75 1 à 3 

Soude caustique 4aB. i 25 à 3 70 i à 2 

TON FONCÉ 







1" bain 






a' bain 


Colorant poudre . . 


2 ^5 


à S' 




I '' 


= 5 à 2 '5 2 


— pâte. . . . 


10 


ài5 




7 


5 à II 


HvdrosulCte .... 


j 


à 7 


D 


3 


75 à 5 5 


Soude caustique ^o» B. 


j 


a 7 


D 


3 


à 4 



La réduction se fait à 5o-6o" C: quand le bain 
est bien jaune, on commence la teinture qui dure 
une demi-heure à une heure, en maintenant la 
température à bo-bo' C. 

Pendant toute l'opération, le bain doit conser- 
ver une coloration jaune d'or, s'il devenait bleu ou 



verdàtre.il faudrait lui ajouter un peu d'hydrosul- 
fite et s'il y a lieu, un peu de soude. 

La teinture terminée, l'appareil est vidé par une 
pompe qui refoule le bain dans un réservoir. Le 
coton est débarrassé le plus possible du bain par 
essorage dans l'appareil si possible, puis on le 
rince à froid et ensuite à chaud. 

Le colon est enfin laissé exposé à l'air ou traité 
par le perborate (0,75 à i p. 100, quinze à vingt 
minutes à 40-45" C. ou le bichromate de potasse 
12 à 3 p. 100) et acétique i3 à 5 p. 100 , pendant 
quinze à *ingt minutes, ou encore bichromate 
iO,5 à 1 p. 100) auquel on ajoute après qu'il a agi 
quelques minutes, du bisulfite > 4 centimètres cubes 
par litre : après quelques instants, on rince. 

Comme précédemment, un traitement énergique 
au perborate augmente considérablement la viva- 
cité des teintures. 

2° TEINTLKE DL COTON" EX RUB.^XS DE CARDES 
ET EX MÈCHES 

On peut les teindre dans les appareils à empa- 
quetage comme le coton en bourre, ou à la con- 
tinue, comme il sera indiqué pour les chaînes. 

Le coton en mèches est teint sur bobines « Flyer- 
SliAing » dans les appareils à broches, la prépara- 
tion du bain est la même que pour la teinture du 
coton en bourre. 

3" TEIXTLBE DU COTON EX FILS 

a) Chaînes. 

On les teint souvent sur des arbres perforés, 
dans lesquels le bain circule de la même façon que 
dans les cannettes ou les bobines croisées ; souvent 
aussi, on teint les chaînes, à la continue, dans des 
machines spéciales pourvues de rouleaux pres- 
seurs, et d'une disposition permettant l'oxydation 
à l'air. 

L'appareil comprend donc une cuve à teindre, 
une course pour l'oxydation et ensuite deux cuves 
pour le rinçage. 

Le bain est monté de la façon suivante : 



Colorant poudre. . là 3 gr. » 

— pâte. . . 5à i5gr. » 

Hydrosulfite poudre. 3 à 7gr. 5 

Soude 40" B . . . 3 à 7 gr. 5 



IBES ET .MOYENNES 

Alimentation. 

= 0,7 à2,4p. 100 \ 

.i 3,5 à II - / 

I 1,75 à 4 — 1 



NUANCES FONCEES 

Alimentation. 

Colorant poudre. . 4a 6gr. »\ = 3 à 4 p. ioo\ s . 

— pâte. . .2oà3ogr. »f,.'5 à 6 — fSl-S 

Hydrosultite poudre, lor, i5gr. j»^"^"^ 7,5 à 10 — (' ==2 

Soude 40° B. . . .icài5gr. »] s 5 à 6 — }'^s" 

Le bain est chauffé à 5o-6o"C.,on y ajoute de la 
soude puis le colorant dissous comme il a été dit 
plus haut, et enfin l'hydrosulfite. La réduction 
finie, le bain est jaune, on y introduit la chaîne dé- 
bouillie et bien mouillée, et teint à So-ôo" C. 

Onexprime régulièrement, oxyde et rince à fond. 

Si l'appareil dont on dispose n'a pas de course 
à oxyder à l'air, les chaînes rincées et exprimées 



SUR L'APPLICATION DES BLEUS HYDRONE EN TEINTURE ET EN IMPRESSION 



i 



sont abandonnées à l'air pendant quelques heures, 
ou traitées par le perborate, comme il a été dit au 
sujet du coton en bourre. 

bi Colon en éclieveaux. 

Le coton, avant d'être teint, sera bien débouilli 
dans des barques, avec 3 à 5 p. loo carbonate de 
sodium et un peu d'huile pour ro_u^_,tu.rç pu 2 à 
3 p. 100 de soude caustique. L'opération dure plu- 
sieurs heures à l'ébullition à l'air libre sous pres- 
sion. 

Pour les nuances claires le coton sera blanchi. 

Le bain sera monté comme il a été indiqué pour 
la teinture.du coton en bourre, son volume repré- 
sentera environ vingt fois le poids du coton à 
teindre. 

L'addition d'un peu d'huile pour rouge turc re- 
tardera la teinture et la fera mieux pénétrer dans 
les fils très tordus. 

Si l'on désire un bon unisson on teindra sous le 
bain, sur bâtons coudés. En teignant de cette 
façon on réalisera une économie d hydrosulfite. 

Bien observer que le bain et le coton doivent 
avoir une teinte jaune clair, une teinte bleue ou 
verdâtre indiquerait un manque de réducteur. 

\'ers la fin de la teinture, on donne coup sur 
coup deux ou trois lisses, exprime bâton par bâton, 
tord et suspend à l'air pendant une heure puis rince. 

Les traitements après teinture sont les mêmes 
que pour le coton en bourre. 

Quand on teint du coton mercerisé \\ est bon de 
diminuer son affinité pour le colorant. en ajoutant 



un peu d'huile pour rouge, on commence la tein- 
ture à une température peu élevée et on chauffera 
lentement. Dans les nuances claires, on augmen- 
tera la quantité d'hydrosulfite. 

c) Coton en cannettes et en bobines. 

Les cannettes seront teintes dans des appareils à 
broches, le bain sera préparé comme pour les appa- 
reils à empaquetage (voir coton en bourre). Après 
teinture, le bain sera éliminé par le vide puis on 
rince. Si le bain n'est pas éliminé assez complète- 
ment, on noiera le coton sous l'eau avec la pompe 
pour éviter l'oxydation des couches extérieures, et 
on rincera jusqu'à ce que l'eau sorte claire. L'eau 
chaude facilite le rinçage. On laissera à l'air 
quelque temps: on emploiera l'un des traitements 
qui ont été indiqués pour le coton en bourre teint 
en appareils. 

Les bobines croisées se teindront soit dans les 
appareils à empaquetages soit dans les appareils à 
broches. 

4" TEINTURE DU COTON EN PIÈCES 

Cette teinture peut s'effectuer soit au jigger, au 
foulard, à la continue ou à la cuve. 

a] Teinture au jigger. — Le jigger ordinaire con- 
vient s'il est muni de rouleaux presseurs et de rou- 
leaux pour oxyder. Si les tissus sont de pénétration 
difficile, il est préférable d'avoir recours au jigger 
à immersion. 

Le bain est préparé avec : 



Colorant poudre. . . 

— pâte. . . . 

Hydrosulfite poudre . 

Soude caustique 40" B 



La dissolution du colorant et la préparation du 
bain se font comme il a été indiqué au paragraphe: 
teinture du coton en bourre. 

Pour les tissus de pénétration difficile, on ajou- 
tera 2 à 3 grammes, par litre d'eau, d'huile pour 
rouge turc. 

Les pièces bien désapprêtée_s seront passées X à 
10 fois dans le bain, à la température de bo à 70" C., 
que l'on portera à 80" C. vers la fin de l'opération. 
On exprime, puis fait passer le tissu par une série 
de rouleaux pour oxyder le colorant, et rince à 
fond dans un deuxième jigger. 

Pendant la teinture, si les lisières deviennent 
plus foncées il faut ajouter un peu d'hydrosulfite. 

b) Teinture au fou/ard. — Elle s'efiectue comme 
la précédente, avec les mêmes quantités de drogues. 

Pour fixer les idées voici ce que l'on prendra, par 
litre de bain. 

Colorant poudre ou 2 à 8 grammes. 

— pâte. I o à 40 — 

Soude caustique 40' B. 5 à 20 — 
Huile pour rouge. 3 — 





cr baiii 

2 '■ „ 
10 " „ 

6" „ 

5 " ,. 




Vieux bain 

0,1") à 1,6 "'. 
3 à 8 » 'O 
3 à 5 » » 
3 à 4-'.. 


NKANCl 


s MO 


•F.NNES 


NUANCES 

Premier bain 

4 à 6"'„ 
20 à 3o "/" 
12 à 18 » „ 

10 à i5 •■ „ 


FONCÉES 


Prcmi 

0.6 à 
3 à 
3 à 

3 à 


Premier bain 

2 à 4 o/,, 
10 à 20 " „ 

6 à 12 ■■'„ 
b à 10 " ',. 




Vieux bain 

i.fià 3 "/„ 
8 à i5 ■>,'. 
5 à 9 °/o 
4 à 6 " '.. 


Vieux bain 

3 à 44 " „ 
l5 à 22 ", „ 
9 à 14 "/„ 
6 à 8 ■> „ 



Le bac sera choisi aussi grand que possible. 
On donnera un ou plusieurs tours selon l'inten- 



sité de la nuance; le bac sera alimenté continuelle- 
ment par une solution du colorant continu dans 
un réservoir surélevé. 

Le bain est maintenu à fio-So" C, par un ser- 
pentin à vapeur fermé. 

Après teinture, le tissu exprimé est oxydé par un 
passage à l'air, puis il est rincé à fond. 

ci Teinture à la continue. — Ce procédé ne con- 
vient qu'aux tissus légers et pour nuances 
moyennes. 

On prendra par litre de bain : 



Bleu liydrone poudre . 
Hvdrosullite poudre . 
Soude caustique 40" B. 
Huile pour rouge . . 



i" bain 


alimentation 


2 a 4 gr. 


1 a 2 gr 


i3 à 2b 


6 a 12 


11 à 22 


4,5 .i 8 


2 à 3 


0,5 à I 



On teint à 60-70° C, exprime, oxyde à l'air et 
rince. 

d) Teinture à la cuve. — Elle se fait exactement 
comme pour l'indigo, mais quelle que soit l'inten- 
sité de la nuance : un seul passage suffit. 

Le chaufi'age de la cuve accélère la marche de la 
teinture. Les quantités de drogues à employer sont 
les mêmes que pour la teinture au jigger. 



L-INDL-STRIE CHIMIQUE EN ITALIE DE i8(3i A 1910 



Les tissus mercerisés se teignent comme les tis- 
sus non mercerisés, en diminuant du quart la quan- 
tité du colorant et augmentant rhvdrosuHlte. 

Quel que soit le procédé de teinture empiové. si 
l'on désire obtenir des nuances particulièrement 
vives, on ajoutera, au dernier bain de rinçage. o.5 
à I p. 1 00 de perborate et on le portera lentement 
à 1 ebullition. 

Les bleus hvdrone peuvent être mélangés dans le 
même bain à l'indigo ou à des colorants pour cuve. 

Quand on emploie une forte quantité d'indigo, 
on teindra seulement à 40" C, en tenant compte 
qu'il reste dans le bain, les trois quarts de l'indigo 
employé tandis que le bleu hydrone est absorbé en 
totalité par le tissu. 

On peut ainsi soubaser en bleu hydrone et re- 
monter en indigo comme cela se fait couramment. 



Le remontage peut se faire comme avec les cou- 
leurs basiques, à froid, en présence de 3 à 5 p. 100 
d'acétique. Le colorant est ajouté en plusieurs fois, 
finalement on chauffe à 40-5o°C. et rince pour ter- 
miner. 

Les couleurs directes et les couleurs au soufre 
peuvent aussi être mélangées au.\ bleus hvdrone: 
s'il s'agit d'une faible quantité, on ajoutera la cou- 
leur au dernier bain de rinçage, ou dans un bain 
de savon très chaud. 

TEI.NTLRE l)f LIN 

1° Fils de lin. — Ces tils se teignent exactement 
comme ceu.x de coton, en ajoutant au bain un peu 
d'huile pour rouge. La quantité du colorant peut 
être diminuée légèrement. t. v. 



L'INDUSTRIE CHI.MIQUE EN ITALIE DE 1861 A 1910(1) 
Par M. le professeur G. KORNER. 



L'exposition italienne de Londres en 18Ô2 a dé- 
montré la rapidité des progrès faits par l'Italie dans 
les industries manufacturières: il n'en a pas été de 
même pour les industries chimiques, représentées 
seulement alors par le soufre, l'acide borique et la 
teinture. 

Entenantcompteque les produits chimiques sont 
généralement consommés par les autres industries 
et que la plupart d'entre eux ne peuvent être fabri- 
qués à des conditions avantageuses qu'en grandes 
quantités, ii faut convenir que. pour l'industrie 
chimique, le moment n'était pas encore venu de se 
développer. 

En outre, il y avait un obstacle qui dure encore : 
l'Italie n'a pas de charbon de terre, il était donc 
impossible de produire la soude. .Mais aujourd'hui 
cette difficulté n'est pas absolument insurmon- 
table, surtout si l'on veut utiliser rationnellement 
les dépôts de tourbe et de lignite, comme cela se 
pratique dans la grande usine de Dudley-Port, où 
l'on applique l'utilisation svstématique des com- 
bustibles qui coûtent le moins, pour fabriquer du 
sulfate d'ammoniaque que l'on distribue à plus de 
cent établissements industriels de tout genre, ainsi 
que tout le gaz pour force motrice comme pour le 
chauffage de fours de toute espèce. 

Outre cela, on peut prévoir dans un avenir pro- 
chain un moyen d'une puissance efficace qui lèvera 
toutes les difficultés. Dans ces dernières années, 
on a commencé dans l'Emilie l'extraction du pé- 
trole: en 1909 on en a extrait 58.q5o quintaux, 
et bien que la production obtenue jusqu'à présent 
ne puisse être utilisée que pour certaines indus- 
tries, il parait qu'on s'attend à trouver d'autres 
gisements plus riches et plus profonds. 

Mais, dans l'industrie chimique, on ne saurait 
trop le répéter, le facteur le plus important est 

r Extrait de l'étude du professeur ROrner, publiée par 
la R. Académie des Lincei de Rome, sous les auspices du 
Gouvernement italien, traduction de la Chambre de Com- 
merce française de Milan. 



l'esprit de direction assisté par l'expérience et sur- 
tout par la possession complète de la théorie scien- 
tifique. Le capital et le travail, qui, dans les autres 
industries, sont considérés comme facteurs princi- 
paux, ne viennent ici qu'en seconde ligne. 

Le point le plus important de tous est encore 
l'esprit éclairé de l'entreprise, afin d'être en mesure 
de créer une parfaite organisation industrielle, 
non seulement au point de vue théorique, mais 
encore et plus spécialement au point de vue ad- 
ministratif, capable d'adopter de suite toute amé- 
lioration technique apte à produire une diminu- 
tion iserait-elle minime dans les dépenses de pro- 
duction. 

.\ défaut de cela, aucune entreprise, même par- 
faite techniquemenc, ne saurait se maintenir. 

Un exemple en a été donné par la Fabbrica 
Lombarda pour la production de la quinine : cette 
fabrique qui. par son installation, par sa potentia- 
lité, par ses méthodes d'analyse, par la pureté de 
ses produits, était considérée comme une des pre- 
mières, a dû disparaître, faute d'une parfaite con- 
ception administrative. 

Chaque branche de l'industrie chimique doit 
viser nécessairement à un développement progres- 
sif et continuel dans le champ d'action qui lui est 
propre, sans quoi son existence serait certaine- 
ment menacée par l'évolution de toutes les autres 
industries analogues avec lesquelles elle doit tou- 
jours être en rapport. 

.Aujourd'hui, il n'est plus possible, comme au- 
trefois, d'installer une fabrique de produits chi- 
miques pour exploiter quelques recettes connues 
et de continuer à les exploiter pendant longtemps, 
sans songer à v apporter aucune modification. 

Une grande partie du capital investi aujourd'hui 
dans l'industrie chimique a eu. sans aucun doute, 
cette origine; mais les progrès scientifiques et 
l'augmentation continuelle de produits des fabri- 
ques chimiques ainsi que l'accroissement ininter- 
rompu des connaissances chimiques ont multiplié 



L'INDUSTRIE CHIMIQUE EN ITALIE DE 1861 A 1910 



9' 



les moyens et les conditions de l'industrie au 
point qu'on peut arriver au môme résultat par des 
moyens absolument diyers et en employant des 
matières tout à t'ait dillérentes. 

Et, en outre, il arrive souvent qu'on trouve la 
possibilité de substituer un produit monopolisé 
par d'autres produits équivalents comme proprié- 
tés et comme action. 

L'auteur du rapport conclut en disant qu'il 
reste encore beaucoup à faire et, surtout, deux 
voies à suivre qui peuvent aider l'Italie à sortir des 
conditions d'infériorité dans lesquelles elle se 
trouve vis-à-yis de l'étranger : d'abord perfection- 
ner l'industrie chimique professionnelle, en four- 
nissant de plus i,'rands moyens aux laboratoires de 
chimie, et étendre de beaucoup l'obligation et la 
durée des études pratiques, de façon à mettre les 
lauréats en mesure de résoudre, d'eux-mêmes, les 
problèmes chimiques; ensuite, faciliter aux étran- 
gers, par tous les moyens possibles, l'installation 
et l'exploitation de nouvelles branches de l'indus- 
trie chimique. 

En peu de temps ces établissements devien- 
draient nationaux et, après avoir formé des chefs 
pour l'enseignement, le personnel étranger serait 
remplacé totalement par des Italiens. Cela s'est 
déjàproduit dans les fabriques de sucre. 

On devrait aussi étudier un moyen de garantir, 
pendant un certain nombre d'années au moins la 
stabilité des tarifs douaniers et des ta.xes de fabrica- 
tion, attendu que l'obstacle le plus grand qui s'oppose 
à l'installation de nouvelles branches de l'industrie 
chimique, c'est précisément l'extraordinaire va- 
riation des tarifs soit par lois, soit par décrets 
royaux. 11 est évident que personne n'osera risquer 
son capital ou son travail sans s'être assuré de ces 
conditions, qui sont la base de tout calcul écono- 
mique. 

Les rapports des jurys des Expositions interna- 
tionales de Londres (1862), Paris ( 1S67) et Vienne 
(1873) démontrent l'absence presque totale d'ex- 
posants italiens dans le champ des véritables in- 
dustries chimiques: à côté de quelques produits 
pharmaceutiques sans importance spéciale, figu- 
raient au premier rang le soufre de la Sicile et de 
la Romagne, l'acide borique de la Toscane et l'alun 
de la Tolfa. Les industries chimiques qui tiraient 
leur origine de ces matières premières paraissaient 
devoir être pour toujours le monopole assuré de 
l'Italie, car on n'avait pas encore découvert les 
mines de soufre de la Louisiane, les lacs boraci- 
fères de la Californie, les dépôts de borax du Chili 
et du Pérou; on ne savait pas encore préparer 
l'alun avec d'autres matières comme on le fait ac- 
tuellement, ni le substituer par le sulfate d'alumi- 
nium. 

L'auteur passe ensuite en revue les principales 
industries chimiques italiennes. 

SouJ're. — .\près quelques données sur la ma- 
nière dont se présentent les gisements sol/are et 
solfatare, il parle des mines (calcaroni) dont le 
rendement atteint actuellement yS p. 100 de 
soufre contenu dans le minerai employé. 



Les procédés d'extraction du soufre par la va- 
peur d'eau n'ont pas donné de résultats à cause de 
la cherté du combustible; les tentatives par le 
sulfure de carbone sont restées sans succès; 
quant à son grand emploi d'autrefois dans la 
fabrication de l'acide sulfuriquc dans les poudres 
pyriques, il se réduit aujourd'hui à bien peu de 
chose. On l'utilise seulement pour combattre l'o'i- 
dium et pour fabriquer le C-8- dont la production 
fut de 2.3oG tonnes en i()o5, sur laquelle produc- 
tion 317 tonnes furent exportées; en 1909 on en 
produisit 2.o5o tonnes, dont 125,7 quintaux lurent 
exportés. 

D'ailleurs, le soufre, aujourd'hui, n'est pas retiré 
seulement des minerais qui le contiennent à l'état 
naturel, mais encore des sulfures métalliques, ré- 
sidus de la dépuration des gaz d'éclairage, de la 
fabrication de la soude, etc. 

Tous ces faits démontrent la situation critique 
de la production italienne du soufre. 

Acide borique. — Étant donné que sa consom- 
mation et celle de ses dérivés sont grandement 
augmentées, surtout dans la médecine, dans l'in- 
dustrie textile, dans celle des matières colorantes, 
dans la verrerie, etc., la production peut se soute- 
nir encore. 

Alun. — Pour différentes raisons et, surtout, à 
cause de la concurrence produite par le sulfate 
d'aluminium, la fabrication de l'alun est limitée à 
Civita-Vecchia et offre économiquement de piètres 
bénéfices. 

Produits tnindraux et métallurgiques. — En 
1860, la valeur de la production des mines et mé- 
tallurgique de l'Italie était inférieure à 60.000 
lire; par la suite, il y eut augmentation pour le 
mercure, au point d'en faire une large exportation, 
pour le cuivre qui à présent dépasse les 20.000 ton- 
nes, et pour le plomb, atteignant 25.000 tonnes. 

Quant à la sidérurgie, il suffit de rappeler qu'ac- 
tuellement il sort, des hauts fourneaux italiens, 
un demi- million de tonnes de fonte et que la pro- 
ductionde l'acier dépasse 600.000 tonnesàrannée. 
A cela, on doit ajouter le travail des forges, des 
chantiers dont on connaît l'activité. Comme con- 
séquence, la fabrication du coke métallurgique 
s'est développée avec la mise en valeur relative des 
produits secondaires : ammoniaque, goudron et 
cyanures. 

Explosifs. — Lesprogrès de l'industrie minière, 
les grandes entreprises de constructions, de ports, 
de chemins de fer, d'aqueducs, etc., ont aug- 
menté la consommation des explosifs; on peut 
s'en rendre compte par les chiffres de la produc- 
tion annuelle : 24.000 quintaux de poudres pyri- 
ques, 11.000 quintaux balistite, solenite, silurite, 
fulminate de coton et 8.5oo de dynamite. En 
1909 on a préparées quintaux de fulmicoton et 
2.828 quintaux de coton collodium. 

Même la fabrication des allumettes phosphori- 

ques largement exploitée en Italie, a pris un tel 

développement dans ces dernières années, qu'en 

iQoc) l'exportation en est montée à 36.7ooquintaux. 

Engrais chimiques. — .\vec les progrès de 



L'INDUSTRIE CHIMIQUE EN ITALIE DE 1861 A 1910 



l'agriculture, cette industrie ne pouvait que deve- 
nir florissante. En Italie, l'importation du guano 
naturel commença en 1841. 

Déjà le comte de Cavour essaya de favoriser 
l'industrie des engraisartilkielsen Italie, etpoussa 
l'industriel Fino, de Turin, à en fabriquer avec 
des os, des sels ammoniacaux et de la potasse, 
mais le résultat ne répondit pas à l'attente. Même 
l'industriel Curletti qui installa, à Milan, en 1867, 
la première fabrique de superphosphates d'os, ne 
trouvant pas d'acheteurs, fut obligé de placer sa 
production à Marseille. 

Mais les conditions changèrent bien vite : au- 
jourd'hui on compte 117 fabriques produisant 
environ dix millions de quintaux de superphos- 
phates. 

La fabrication de la colle n'a pas beaucoup pro- 
gressé à cause du peu de protection que les os 
trouvent en Italie, et de la concurrence de l'étran- 
ger dans cet article. 

Les fabriques de gélatines ou colles de première 
qualité sont dans un état prospère et cela compense 
la faiblesse de l'industrie des colles communes. 

Eng?-ais azotés. - La fabrication des eaux 
ammoniacales du gaz pour la préparation du sul- 
fate d'ammoniaque est toujours en augmentation. 
Ce produit est retiré de l'industrie de l'acide bo- 
rique, de la distillation des charbons de terre et 
des schistes bitumeux pour la production du 
gaz, etc. 

Plus importante est l'industrie de la calciocya- 
namide jointe à celle du carbure de calcium. 

A Legnano on prépare à l'électrolyse l'acide 
nitrique et les nitrates. 

Ga:;^ comprimés. — On relire une grande quan- 
tité d'oxygène de la préparation de la calciocyana- 
mide. On trouve encore d'importantes installa- 
tions pour la décomposition électrolytique de 
l'eau pour produire l'oxygène et l'hydrogène. 

On prépare en grandes quantités l'anhydride 
carbonique et le chlore liquide, produit secondaire 
de la soude électrolytique. 

Soude électrolytique. — Il existe deux établis- 
sements qui en fabriquent au total 82.000 quin- 
taux, obtenant, en outre, Goo quintaux de chlore 
liquéfié, g5. 000 quintaux d'hypochloritede calcium 
comme produit accessoire qui suttit aux besoins 
journaliers de l'industrie italienne. 

La consommation de ce produit règle et limite 
la production de la soude électrolytique laquelle 
ne peut être augmentée tant qu'on ne trouvera pas 
l'emploi pour le chlore, soit libre, soit à l'état com- 
biné. 

La fabrication du chlorate de potasse est assez 
florissante en Italie. 

Sucre et glycose. — L'industrie du sucre de 
betteraves a fait de tels progrès, dans ces der- 
nières années que désormais l'Italie peut se passer 
de l'importation étrangère. La première fabrique 
installée, en 1882, tut celle de S. Martino Buonal- 
bergo ; elle fut favorisée par la loi de i883 qui 
fixait à L. 28,85 la protection apparente de l'indus- 
trie italienne pour le raffinage du sucre et ajoutait 



une prime pour contre-balancer les primes qu'ac 
cordent les pays étrangers, consistant dans la dé- 
termination de la taxe avec la méthode inductive 
des densimètres; au moven de cette méthode une 
partie du sucre reste également exempte de la 
taxe. 

Cette loi, comme on sait, fut modifiée en 1899, 
et en 1910, ce qui fait qu'outre la suppression de 
toute prime, la suppression se réduira à L. 22,85, 
dans sept ans. 

Les fabriques de sucre italiennes sont actuelle- 
ment au nombre de 35, atteignant une production 
d'un million et demi de quintaux, et mettant en 
culture 5o. 000 hectares desquels on retire i5 mil- 
lions de quintaux de betteraves contenant le lo- 
10,5 p. 100 de sucre. La direction technique com- 
mencée avec des éléments étrangers est aujour- 
d'hui entièrement italienne. 

La fabrication du sucre de betteraves a apporté 
au pavs d'incalculables bienfaits, outre ceux déri- 
vant d'une industrie nationale: en effet, l'agricul- 
ture, d'après l'obligation absolue faite aux culti- 
vateurs, d'opérer selon le mode prescrit pour la 
culture de la betterave, en employant une quan- 
tité et une qualité d'engrais déterminées, l'agricul- 
ture, disons-nous, a fait en ,très peu de temps 
d'immenses progrès, ainsi que cela avait eu lieu 
auparavant en France, en Allemagne, et en 
Autriche. 

II y a en Italie 14 fabriques de glycose donnant 
une production annuelle d'environ 55. 000 quin- 
taux, tandis que dans la période i86o-i8go la 
moyenne de fabrication n'était quede 28.oooquin- 
taux. 

Sucre de lait, acide lactique, caséine. — Les 
grandes laiteries qui existent en Italie ont donné 
naissance à la production du sucre de lait dont 
l'exportation est très active. 

Des mélasses on retire l'acide lactique, tellement 
en usage dans la tannerie et dans la teinture. 

On produit également une grande quantité de 
caséine qui est employée dans la fabrication du 
papier, dans l'apprêt des tissus et dans la produc- 
tion de l'ivoire artificiel. 

Alcool. — La première fabrique d'alcool, ins- 
tallée à Milan, en i85o, progressa lentement jus- 
qu'en 1879; elle prit alors un grand développe- 
ment, par suite del'applicationde la taxe intérieure 
de fabrication qui, appliquée entière aux fron- 
tières, était perçue en Italie avec des bonifica- 
tions. Cette taxe qui était de L. 3o en 1880 a été 
portée successivement jusqu'à atteindre actuelle- 
ment L. 270. 

La loi réglant le régime fiscal des alcools sépare 
les fabriques en deux grandes catégories : les 
fabriques qui travaillent les substances amylacées, 
les résidus de la fabrication du sucre de betteraves, 
les raisins secs, etc., et les distilleries qui retirent 
de l'alcool des fruits, du vin, du miel et des 
vinasses. 

Les établissements de la première catégorie ont 
à leur disposition des installations grandioses avec 
tous les perfectionnements de la technique mo- 



L'INDUSTRIE CHIMIQUE EN ITALIE DE 1861 A 1910 



93 



derne ; ceux de la seconde comprennent naturel- 
lement de nombreuses et petites installations de 
caractère essentiellement ai^ricole. 

La consommation de l'Italie, depuis iqo3, an- 
née où fut introduit l'alcool dénaturé, dépasse 
'•îoo.ooo hectolitres d'alcool anhydre, retirés, pour 
un tiers, des résidus des mélasses de betteraves, 
pour un autre tiers, des substances amylacées, et 
le reste, du vin et des vinasses. 

On fabrique yS.ooo hectolitres d'alcool déna- 
turé dont un tiers sert pour le chauffage et l'éclai- 
rage, tandis que le reste est en grande partie con- 
sommé pour la fabrication de l'éther et pour l'in- 
dustrie de la soie artificielle. 

Acide tartriqiie. — Il a fallu du tempspour que 
ce produit prît une place importante en Italie, 
surtout à cause du manque d'experts techniques. 
Aujourd'hui, cependant, elle est très florissante : 
YAppula, dans les Fouilles, est un des plus grands 
établissements qui existent avec sa potentialité de 
3o.ooo quintaux par an. L'année dernière la pro- 
duction d'acide tartrique a dépassé 30. 000 quin- 
taux, et la presque totalité a été exportée. 

Acide citrique. — L'industrie de l'acide citrique 
ne s'est jamais développée en Italie, pour plusieurs 
raisons : manque de personnel technique, prix du 
combustible, concurrence étrangère trop forte, etc. ; 
tandis que la fabrication du citrate de chaux a 
pris une grande importance. 

La réussite de l'industrie de l'acide tartrique 
laisse espérer que l'acide citrique aura aussi son 
moment favorable. 

Essences naturelles. — • La consommation de la 
parfumerie augmente de plus en plus, mais l'Italie 
est très arriérée dans cette industrie. Quand on 
songe que la France exporte annuellement pour 
dix millions de lires de parfums naturels, l'Alle- 
magne pour huit millions, il n'est pas possible que 
l'Italie n'arrive pas à égaler cette production, avec 
l'industrie de Ja culture des fleurs. 

Près de Leipsick. on cultive depuis dix ans la 
rose rouge de Damas, sur une étendue de 35 hec- 
tares, et on y recueille en moyenne 260.000 kilo- 
grammes de fleurs avec lesquelles on produit 
100 kilogrammes d'essence de roses fort appré- 
ciée. 

Or, il serait sans doute possible, sur le littoral 
italien, de cultiver les fleurs odorantes, surtout la 
rose de Bulgarie ; et l'on pourrait v créer des éta- 
blissements comme ceux de France et d'.'Mle- 
magne pour y développer l'industrie des essences. 
Huiles grasses, ste'arinc, savons, glycérine. — 
L'industrie des huiles et des corps gras a fait dans 
ces dernières années d'immenses progrès, en Italie, 
surtout celle des huiles au sulfure, ainsi que celle 
des savons qui est devenue on ne peut plus floris- 
sante, au point de compter iSoo fabriques. 

Il faut mentionner V École pour les industries 
des tnatières grasses créée à Milan, qui a bcau- 
coupcontribuéà favoriser le progrès de cette indus- 
trie; en efl^ei, d'importantes fabriques de bougies 
stéariques. de glycérine et autres analogues ont 
été installées dans une période récente. 



Le papier. — L'Italie qui, la première, exploita 
l'industrie du papier de chift'ons, ne put prendre 
une place importante dans cette fabrication 
qu'après son unité; elle a aujourd'hui une produc- 
tion de deux millions de quintaux à l'année et 
une exportation toujours en progrès. 

La culture du peuplier, que l'on commence ac- 
tuellement, permettra de donner encore plus 
d'extension à la fabrication de ce produit indis- 
pensable. 

Soie artificielle, cuirs. — On compte, en Italie, 
trois fabriques de cette intéressante application de 
la cellulose fPavie, Padoue et Venaria Reale) avec 
une production de 400 à 600 kilogrammes par 
jour. 

Fort importante, également, est la fabrication 
du coUodium, des pellicules cinématographiques, 
du cuir artificiel ou pégamo'id. 

Une première place est réservée à l'industrie des 
peaux; la production des cuirs tannés qui, en 1868, 
était de 143.000 quintaux, est montée en 1910 à 
Soo.ooo quintaux pour une valeur de 35o millions 
de lire. 

Extraits tannants, colorants. — Cette indus- 
trie, due aux nouveaux procédés qu'emploie la 
tannerie pour les peaux, a atteint, en Italie, un 
développement fort important, en employant 
comme matières premières les écorces de châtai- 
gnier, de chêne, de quebracho et de sumac 

De grands progrès ont été faits aussi dans l'in- 
dustrie des extraits colorants pour teindre et 
imprimer les tissus. 

Ciments. — Aujourd'hui l'Italie n'est plus tri- 
butaire de l'Etranger pour les chaux hydrauliques ; 
elle possède d'excellentes matières premières et 
sa production se monte à 600.000 tonnes an- 
nuelles avec une exportation et une consommation 
toujours croissantes. 

Produits chimiques divers. — Les établisse- 
ments préparant les produits chimiques méritent 
une mention toute spéciale à cause du grand déve- 
loppement qu'ils ont su donner à cette industriel 
on peut citer les Maisons Erba à Milan, Imbert à 
Naples, Pegna à Florence, etc. 

On peut citer également des fabriques de chrome, 
de ferrocyanure, de bleu d'outremer, d'hyposul- 
flte, de couleurs minérales, d'acide acétique, etc. 

Gomme élastique, caoutchouc. — Cette indus- 
trie, malgré les conditions peu favorables dans 
lesquelles se trouvait le pays, représente une véri- 
table conquête technique et économique, car non 
seulement l'Italie s'est affranchie de l'importation 
étrangère, mais encore elle s'est affirmée hauie- 
ment dans le monde entier par l'indiscutable supé- 
riorité de certains de ses produits. La Maison 
Pirelli, à Milan, est une des premières spéciale- 
ment pour les câbles, pour le transport de l'élec- 
tricité et pour tous les travaux où le caoutchouc 
joue le rôle principal. 

Le professeur Kiirncr termine son rapport, sur 

les industries chimiques italiennes, par cespnroles : 

« Il est évident que le Pays a fait d'immenses 

progrès dans ces cinquante ans qui viennent de 



94 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



s'écouler; et, si l'on pense que c'est surtout dans 
ces dix dernières années que les progrès ont été le 
plus marqués, il n'est pas téméraire d'affirmer que 



l'Italie, dans un délai très court, pourra rivaliser 
avec les autres nations, dans cette branche de 
l'industrie. » 



NOUVELLES COULEURS 



BLELS HVDBONE G ET R (L. Cassella et Manufac- 
ture Lyonnaise de mat. color. 

\Éch. ;i"'4i à 48.J 
(Voir ce numéro, p. 86.) 

Noir Colombie solide D extra 
{Act. gesellf. Anilin Jabrik.) 

[Éch. n°'49 et bo.) 

Le principal caractère de ce noir substantif est 
de devenir solide au lavage et au foulon par un 
traitement à la formaldéhvde; la résistance à la 
lumière est satisfaisante, ainsi que celle aux di- 
vers agents chimiques, sauf le chlore. 

La teinture directe fournit un noir verdàtre, 
qu'un traitement à la formaldéhyde fait bleuir, 
la nuance ressemble alors à celle du Noir Colombie 
solide F extra 

La rongéalite C ronge en blanc les teintures 
directes du noir Colombie solide D extra. Eln 
développant avec la diazoparanitraniline on a un 
brun olive foncé. 



Le noir Colombie solide D extra convient aussi 
à la teinture des autres fibres végétales, jute, lin, 
ramie, il n'est pas indiqué pour la soie artificielle 
ou la mi-laine. La teinture s'effectue comme pour 
les colorants substantifs, en présence de 20 à 
3o p. 100 de sulfate de soude cale, et 2 p. 100 de 
soude cale. On fait bouillir trois quarts d'heure à 
I heure au bouillon : ensuite on rince. 

Si l'on teint avec un volume de bain plus con- 
sidérable qu'habituellement, il faut ajouter un peu 
plus de soude, et une quantité plus forte de sul- 
fate de soude. 

Le colorant n'est pas sensible à la chaux, on 
peut le teindre sans difficulté en eau dure, les 
récipients métalliques n'ont pas d'infîuence sensi- 
ble. Le traitement à la formaldéhyde suit la tein- 
ture, il se fait en bain ;neuf, avec environ 2,5 p. 100 
de formaldéhyde (à 40 p. 100), pour des nuances 
foncées, on reste une demi-heure à la température 
de 5o" C. La nuance bleuit. 

Le développement à la diazoparanitraniline se 
fait en bain froid d'acétate de soude. La parani- 
traniiine employée représente un tiers du poids du 
colorant utilisé. 



SUR LE FORM.ALDÉHYDE SULFOXYLATE DE ZINC 



La « décroline » du commerce est le sel dizincique 
du formaldéhydesulfoxylique (Ber.deut. chem. GeseL, 
igog, p. 4687, ZnSO-CH-0. Ce corps qui forme une 
poudre peu soluble, existe à l'état anhydre ou à l'état 
hydraté. Si l'on évapore par contre des solutions ren- 
fermant le sel monozincique, qui correspond au for- 
maldéhyde sulfoxylate de soude ordinaire, on obtient, 
peu importe que ce sel se trouve seul dans la solution 
ou mélangé à d'autres sels tels que le formaldéhyde- 
bisulfne de zinc, un sirop épais qui se prend souvent, 
en se refroidissant, en une masse vitreuse. 

D'après un récent brevet (b. f. 435260) la Badische 
Anilin & Sod.\-Fabr[k, obtient ce formol. Or, on a 
trouvé, d'après la présente invention qu'on peut obtenir 
ce formaldéhyde-sullbxylate monozincique de ses solu- 
tions aqueuses à l'état crislallisé, en évaporant lesdites 
solutions, de préférence sous pression réduite, en ayant 
soin de les mettre en contact, après que l'état de satu- 
ration est atteint, avec des cristaux de formaldéhvde- 
sulfoxylate monozincique. On peut obtenir les premiers 
cristaux devant servir à amorcer la cristallisation par 
exemple en ajoutant à une solution très fortement 
concentrée de formaldéhyde-hydrosulfite de zinc de 
l'alcool, qui précipite le formaldéhyde-sulfoxvlate mo- 
nozincique à l'état cristallisé, tandis que le formaldé- 
hyde-bisulfiie de zinc reste en solution. Par la suite, 
les cristaux obtenus d'après le présent procédé peuvent 
servir à provoquer la cristallisation ; souvent les cris- 
taux qui sont introduits dans le vase d'évaporation 
renfermant la solution saturée par les outils, les vête- 
ments ou l'air chargé de poussière de cristaux, suffisent 
à produire cet effet. Il est avantageux, une fois que les 



cristaux ont commencé à se séparer de la solution 
aqueuse par suite de l'ensemencement, de continuer 
l'évaporation jusqu'à ce que la quantité des cristaux 
n'augmente plus sensiblement. On essore ou centri- 
fuge, on lave éventuellement à l'alcool et on fait sécher 
dans le vide. 

Les cristaux de formaldéhyde-sulfoxylate monozin- 
cique ainsi obtenus sont exempts d'eau de cristallisation, 
ils répondent à la formule Zn(HS0^.CII80)- et se con- 
servent très bien à l'état sec. Ils sont presque insolubles 
dans l'alcool. Leur solution saturée dans l'eau de 20", 
qui en renferme environ 70 parties sur 100 parties 
deau, laisse déposer peu à peu une abondante cristalli- 
sation de feuillets rhomboédriques d'un sel monozinci- 
que hydraté répundantà la formule Zn(HSO-.CH-O)- -r 
4H-O. Si l'on fait dissoudre par contre dans 100 cen- 
timètres cubes d'eau à 60° 100 grammes de selzincique 
anhvdre, il cristallise un sel à 3 molécules d'eau, 
Zn(i4SO-.CH-0)- -h 3 H-0,en paillettes nacrées. Toute- 
fois, ces deux sels hydratés se conservent moins bien 
que le sel anhydre. 

On peut prendre comme point de départ pour le pré- 
sent procédé soit des solutions pures du sel monozin- 
cique, soit des solutions qui renferment en même temps 
d'autres sels. Une méthode simple consiste par exemple 
à utiliser les solutions, faciles à obtenir, de formaldé- 
hvde-hydrosulfite de zinc, soit du mélange de formal- 
déhvde-sulfû.iiylate monozincique et de formaldéhvde- 
bisulfite de zmc; les eaux-mères, qui renferment le 
formaldéhvde-bisulfite de zinc, peuvent être utilisées 
pour d'autres buts. On peut aussi se servir par exemple 
de solutions obtenues à partir du sel de zinc mal so- 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



lubie par l'addition de la quantité équivalente d'acide 
ou bien à partir du formaldéhvdesuH'oxylate de sodium 
par double décomposition avec un sel de zinc en solu- 
tion aqueuse ; si l'on emploie par exemple le sultate 
de zinc, il se formera lors de l'évaporation. d'abord un 
dépôt de sulfate de soude peu soluble, qu'on éliminera; 



SI l'on se sert de chlorure de zinc, on obtiendra direc- 
tement le formaldéhyde-sulfoxylate monozincique. 

Le formaldéhyde-sulfoxylate monozincique ainsi ob- 
tenu, par sa solubilité dans l'eau, oliVe, pour certains 
omplois, des avantages sur le sel de zinc se dissolvant 
mal dans l'eau. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



I. — ANALYSE 

L — PHKXOLS (Le dosage colorométrique 

des — ), par M. II. BACH (Zcit. anal. Chem., t. 50, 
p. 736, 1911). 

Le procédé repose sur la réaction colorée que don- 
nent les phénols avec le réactif de Millon. On opère de 
la façon suivante : 

10 centimètres cubes de la liqueur à essayer sont 
traités, dans un tube à essai, par o cmc. 2 du réactif de 
Millon et 3 gouttes d'acide nitrique concentré, puis on 
porte à l'ébullition, et examine la coloration ; si celle-ci 
est trop foncée on dilue convenablement, si elle est 
trop pâle, il suffit d'enrichir préalablement la sub- 
stance à essayer par distillation ou entraînement à la 
vapeur d'eau, après l'avoir acidulée si elle est alcaline. 

p. CARRÉ. 

l. — UÉSOUCIXE llosage colorimétriqiie 

de la — ), par M. C. M. l'K.VCK (./. Ind. Eng. Chem. 
X. 3, p. 820, 191 1;. 

L'auteur a recherché les meilleures conditions de 
détermination de la résorcine au moyen du brome et 
de l'iodure de potassium. Il trouve que les méthodes 
de Degener (J.f. Praht. Chem. 2), t. 20, p. 322' et de 
Richard (Chem. Ind., p. 423, 1902), ne sont pas suffi- 
samment exactes. Il recommande d'opérer de la façon 
suivante : 

I gr. 4563 sont dissous dans 5oo centimètres cubes 
d'eau: 25 centimètres cubes de cette solution sont 
additionnés de 3o centimètres cubes d'une solution 
N iode brome, de 5o centimètres cubes d'eau et 5 centi- 
mètres cubes d'acide chlorhydrique concentré, le tout en 
vase clos, on agite, laisse reposer i minute, puis ajoute 
200 centimètres cubes d'eau et 5 centimètres cubes 
d'une solution à 20 p. 100 d'iodure de potassium et 
agite pendant 5 minutes. L'iode mis en liberté est en- 
suite titré avec une liqueur N/io d'hyposulfite en pré- 
sence d'amidon comme indicateur. Le nombre de cen- 
timètres cubes de la solution N^ 10 de brome disparu, 
multiplié par 2.5 donne le p. 100 de résorcine. 

p. C.\BRÉ. 

L — TRK:0L0KI.MKIKE I Appareil pour la 
mesure des couleurs), par .M. K. .MAYElt [Ftirber 

Zeit., t. 23, p. 25, 1912). 

Cet appareil comprend 4 burettes graduées et un 
vase à réaction. Dans ces burettes on introduit respec- 
tivement ; 1° une solution de 54 grammes de rhoda- 
mine G dans 100 centimètres cubes d'alcool et 900 cen- 
timètres cubes d'eau; 2» une solution de thiotlavine T 
dans I. 000 centimètres cubes d'eau; 3° une solution 
de bleu de méthylène HFJdans 1.000 centimètres cubes 
d'eau ; 4° de l'eau pure. On dispose ainsi de trois cou- 
leurs fondamentales : rouge, jaune et bleu, dont les 
solutions sont mélangées ou diluées jusqu'à obtenir 
la couleur qu'il s'agit d'apprécier, lorsque l'égalité de 
teinte est obtenue on exprime la couleur à déterminer 



par les nombres de centimètres cubes relatifs qu'il a 
fallu mélanger. C'est ainsi que le noir, s'obtenant par 
le mélange de volumes égaux des trois solutions pré- 
cédentes, s'exprimera par R,,,, Gi.jg B„j|) fR = rouge, 
G =; jaune, B ^ bleu). p. cabbé. 

I. — MATIKIÎES COLORANTES (.Mesure de lat-- 
tion de la lumière sur les — , remarques sur la 
communioaliou de P. Krais relative à cette me- 
sure), par M. K. (iEBDILVRI) [Zeit.f. angew. Chem., 
t. 24, p. 2420, 191 1 1. 

K.rais a proposé {Zeit f. angew. Chem., t. 24, 
pp. 1S09, i85tj, 191 1) d'exprimer la solidité des matières 
colorantes en heures-décoloration, c'est-à-dire en dé- 
terminant le temps nécessaire à leur décoloration dans 
des conditions bien déterminées. L'auteur fait remar- 
quer que l'on ne peut baser sur cette mesure une ap- 
préciation de la solidité des matières colorantes à la 
lumière, car les radiations qui décomposent les colo- 
rants varient avec la nalure de ces colorants. On peut, 
à ce point de vue, diviser les matières colorantes en 
trois groupes principaux : i" celles qui sont décompo- 
sées par des radiations de faible longueur d'onde; 
2" celles qui sont décomposées par des radiations de 
grande longueur d'onde; 3° celles qui sont détruites à 
la fois par des radiations de faible et de grande lon- 
gueur d'onde. La sensibilité des matières colorantes 
est donc variable avec l'éclairage et la méthode de Krais 
ne peut donner une idée exacte de la solidité à la lu- 
mière. 



L — IIUILE ROUGE TURC (Composition et 
analyse de 1'—, par i\L\L F. W. RICIIARDSO.X 

etW.'-.M. KEIGHLEY WALTOiX 1 C'/iem. /;h/., t. 31, 

p. io5. 1912). 

Les recherches des auteurs ont porté sur une huile 
rouge turc préparée de la façon suivante : 

L'huiledecasior a été chauffée à 30-40" avec l'acidesul- 
furique concentré. L'excès de ce dernier a éiééliminé par 
des lavages avec des solutions concentrées de sulfate 
soudeou de sel marin, et enfin le produit obtenu, par- 
tiellement neutralisé par la soude ou l'ammoniaque 
ou par un mélange de ces deux alcalis. 

Le dosage de l'eau par la méthode de Stein ne donne 
pas dans ce cas des résultats très exacts. Il est préfé- 
rable d'employer la méthode d'L'bbelohde (distillation 
avec le xvléne). L'acide sulfurique, le chlorure de so- 
dium, la soude totale et les matières non saponifiables 
ont été déterminées à la manière ordinaire. Les matières 
grasses ont été dosés par la méthode de Lewkowitsch, 
dont l'application est ici assez difficile par suite de la 
formation d'émulsions avec l'èther. Les acides gras 
libres ont été obtenus par extraction à l'èther et dosage 
alcalimètrique en présence de phtaléine; des dosages 
alcalimétriques en présence d'hélianthine et de phta- 
léine permettent de connaître la proportion de radi- 
caux gras combinés à l'acide sulfurique. La glycérine 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



totale s'obtient par un dosage au bichromate, la glycé- 
rine libre, par extraction au moyen d'une s<îlution satu- 
rée de sulfate d'ammoniaque pur, la glycérine se trou- 
vant à l'état d'éthers facilement .saponifiables, d'une 
manière analogue après hydrolyse par l'acide sulfurique 
dilué, la différence entre ces dernières déterminations et 
la première donne la quantité de glycérine se trouvant 
à l'état de glycérides stables. 

La discussion des résultats obtenus conduit les 
auteurs à admettre pour l'huile rouge turc la composi- 
tion suivante : 

Sel de Na de l'acide riciiioléique combiné 

à SO''H- 14,73 p. 100 

Sel de Na du monoglycéride ricinoléique 

combiné à SO* H- 4,40 — 

Acide ricino-ricinoléique 3,33 — 

Acide ricinoléique 8.gi — 

Ricinoléatc de sodium 10,47 — 

Partie non saponifiable pliytostérine) . . . 0,17 — 

Diricinoléine 4,21 — 

Triricinoléine i ,o5 — 

Glycérine . . 0,82 — 

Chlorure de sodium 0,24 — 

Sulfate de sodium 0,16 — 

Eau 5o,go — 

99,39 p. 100 

Les diverses transformations que subit l'huile de 
castor quand on la traite par l'acide sulfurique con- 
centré, et qu'on soumet les produits formés à l'ébulli- 
tion avec les acides dilués, paraissent être les sui- 
vantes : 

Triglycéride ricinoléique 



Diglvcéride Monoglycéride Acide ricinoléique libre 

Sulfoglycérides (demi-stables) Acide sullo-ricinoléique 

I I 

(Ébullition avec les acides dilués) Acide ricino-ricinoléique 

Glycérine et acide sulforicinoléique 

I 
Lactide de l'acide ricinoléique 

I 
Acide ricinoléique normal 

p. CABRÉ. 

L — HUILE ROL'GE TURC (Formation et coiii- 
position de 1'—), par M. E. KOHNFELD [Chem. 
Zeit., t. 36, pp. 29, 42, 58, 1912). 

Il résulte des recherches de l'auteur que la fixation 
d'une laque sur fibre est la plus solide pour la compo- 
sition : 

rit H'''0>rfl A|2 (*-'*-' *-• ■' CH \ ç.\ 
^ " u ua Al ^^cO^C^H^iCH / ^J 

Le tannin et les sels d'étain souvent employés dans 
la teinture en rouge turc ne paraissent pas faire partie 
intégrale de la laque; ils peuvent cependant être fixés 
par les valences non saturées de l'aluminium. L'exis- 
tence de liaisons non saturées de l'aluminium est 
démontrée par ce fait que dans la laque ci-dessus, la 
proportion de calcium peut être doublée sans altérer les 
caractères généraux de cette laque; cette dernière con- 
serve sa solidité, elle prend seulement un ton un peu 
moins vif. Ces résultats sont en désaccord avec la 
théorie de Werner sur les couleurs à mordants. 

Il y a plusieurs années l'auteur a proposé de rempla- 
cer par le saccharate de calcium, la chaux que l'on 



ajoute au bain pendant la teinture afin deprécipiter la 
matière colorante. Ce procédé est applicable àun certain 
nombre de nouveaux colorants, mais il ne semble pas 
que ces derniers puissent concurrencer l'alizarine. 

L'alizarine a été décelée par l'auteur dans la coquille 
du crabe; la coloration rouge qui se produit par 
l'ébullition est due à la formation de rouge turc, les 
éléments essentiels de la laque étant tous présents. 

p. CARRÉ. 

II. — PRODUITS CHIMIQUES 

§ b). — Minéraux. 

II b). — SULFOXYLATE DE L'ALDÉHYDE FOR- 
MIQUE (Perfectionnements dans la Tabrlca- 
tion du sel de zinc du — ) {Bad. Anilin u. Soda- 
Fabrik, Brev. angl. n" 12157, 191 1). 

Le sel monozincique du sulfoxylate de l'aldéhyde 
formique (CH^O.SO'-Hy^Zn, peut être obtenu cristallisé 
de ses solutions, par évaporation et amorçage au moyen 
d'un cristal déjà formé. Le cristal amorceur peuts'obtenir 
en agitant la combinaison d'hydrosulfite de zinc et 
d'aldéhyde formique avec l'alcool. Une fois amorcée 
la cristallisation se poursuit régulièrement. Les cris- 
taux sont séparés, lavés à l'alcool et sèches dans le 
vide. Ils ne renferment pas d'eau de cristallisation; il 
est possible de préparer deux hydrates l'un à 4, l'autre 
à 3 molécules d'eau, mais ces derniers sont moins 
stables que le produit anhydre qui, lorsqu'il est bien 
sec, se conserve très bien. En raison de sa solubilité 
ce sel monozincique peut être utilisé là où le sel dizin- 
cique ne peut être employé. p. carré. 

II b). — HYDROSULFITES ANHYDRES (Per- 
rectionneuient dans la fabrication des — ) 

(Chem. Fabrik l'on Heyden A. G., Brev. angl. 26765, 
191 o). 

La même firme a récemment breveté la production 
d'hydrosulfiles anhydres par l'action des bisulfites sur 
les sulfoxylates d'acétone en présence des sels étran- 
gers, comme le chlorure de sodium. Ils ont mainte- 
nant trouvé que la présence de ce dernier n'est pas 
indispensable, et aussi qu'il suffit de faire réagir des 
proportions équimoléculaires de bisulfite et de sul- 
foxylate, sans mettre un excès de bisulfite. Dans le 
premier cas la réaction était la suivante : 

/OH ,0H 

(CH^)2C/ + 2S03NaH = (CH^) ''€( 

"OSONa \ OSO^Na 

-f S^O^NaS + WO 
Dans la nouvelle méthode elle devient : 
,0H 
(CH7^C( + SO^Na H = (CH^j^CO 

\OSONa 

-f S-0> Na° -j- H^O 

E.xemple. — Cent quatre-vingt parties d'acétone- 
sulfoxylate de sodium sont additionnées d'un mélange 
de 25o parties d'une solution de bisulfite de soude à 
77" Tw, de 100 parties d'eau et 60 parties d'acétone, 
à la température de 70°. L'acétone mise en liberté est 
distillée dans le vide et le précipité d'hydrosulfite de 
soude est séparé à la manière ordinaire. 

p. CARRÉ. 

11 b). — EAU OXYGÉNÉE. (Conservation des 
solutions aqueuses de — ), par .MM. SCIILAUGK 
(8. F. 435572). — Les solutions aqueuses du bioxyde 
d'hydrogène se décomposent rapidement. L'addition 



REVUE DES JOURNAUX HT DES BREVETS 



97 



d'un acide minéral ou organique, empêche partielle- 
ment cette décomposition, mais elle empêche l'utilisa- 
tion de l'eau oxygénée. 

Un meilleur procédé est d'ajouter une petite quantité 
d'acvlamides ou imidés, ou d'acide urique. 

La conservation est encore augmentée par l'emploi 
du /i-acétylaminophénol. 

L'addition de paraacétylaminophénol présente le 
grand avantage qu'en même temps que d'exercer une 
action conservatrice, il donne au bioxyde d'hydrogène 
une propriété désinfectante supérieure, ce qui rend les 
solutions particulièrement propres à être utilisées 
comme dentifrices et comme cosmétiques. Le paraacé- 
tylaminophénol présente également un avantage sur 
l'iconogène (sel de sodium de l'acide amido p-naphto 
p-sulfoniquej qui dans son action s'en rapproche le 
plus, savoir de ne pas colorer la solution de bioxyde 
d'hydrogène comme le fait l'iconogène. 

Des essais comparatifs faits avec un certain nombre 
des substances connues, jusqu'ici généralement utili- 
sées pour la conservation de solutions de bioxyde 
d'hydrogène, ont mis en évidence la supériorité de 
l'action du paraacétylaminophénol. 

Généralement il suffira d'ajouter un gramme de 
paraacétylaminophénol pour un litre de solution de 
bioxyde d'hydrogène à lo p. loo i^en volume i. 

111. — i\L\TIKKF.S COLORANTES 
§ a . — Théories et généralilés. 

\\\ a . — M.VTIÈUES «lOLOU.VXTKS (.\bs«>i-|>- 
tioii relative îles — par le sable et par les 
liln-es na(iirelles), par MM. W. P. DHK.VI'EK et 

W. A. DWIS (Chem.Ind. t. 31, p. loo, 1912). 

Les auteurs ont déjà montré (Chem. Ind., p. 700, 
iQ(>9) qu'une solution de bleu de nuit se comporte 
de manière anormale lorsqu'elle traverse une colonne 
de sable. Ils montrent maintenant que la quantité de 
colorant absorbé dépend de la nature du solvant. C'est 
ainsi que l'absorption est beaucoup plus prononcée en 
solution aqueuse qu'en solution dans l'alcool aqueux, 
l'absorption cesse même complètement pour une 
teneur en alcool supérieure à 3S p. 100. La présence 
de l'alcool dimmue également l'absorption par le coton 
et par la soie du bleu de nuit dans ses solutions 
aqueuses; dans le cas du coton l'absorption devient 
nulle pour une proportion de 46 p. 100 d'alcool; celte 
proportion est un "peu plus élevée dans le cas de la 
soie. 

Dans le cas d'une solution aqueuse pure si l'on re- 
présente par I la quantité de colorant absorbée par le 
sable, on trouve que les quantités de colorant absor- 
bées par le coton et par la soie sont respectivement de 
41,83 et de 43,40. il est curieux de remarquer que les 
facteurs d'absorption de la soie et du coton sont sensi- 
blement les mêmes, ce colorant n'étant pas un colo- 
rant direct pour coton. 

Dans le cas du coton le colorant parait former un 
sel basique pour les raisons suivantes : Le colorant 
absorbé par le coton est complètement insoluble dans 
l'eau bouillante ; sa couleur est bleu foncé; la solution 
ayant traversé une colonne de sable ou de coton est 
acide au tournesol; quand on extrait ce colorant par 
l'alcool et qu'on évapore à sec la solution alcoolique 
on obtient un résidu insoluble dans l'eau. 

Dans le cas de la soie, la matière colorante parait se 
trouver sous la forme de base, car la teinture se pro- 
duit en liqueur neutre et est d'un très beau bleu, alors 
>iu'en liqueur acétique elle est plus foncée. 



Il était également intéressant d'étudier l'absorption 
du bleu de nuit par une colonne de sable paraffiné; 
dans ce cas l'absorption est nulle, le sable étant en- 
touré d'une couche protectrice de paraffine. Cependan 
lorsque la solution de la matière colorante est addi- 
tionnée de 5 grammes de chlorure de sodium par 
litre l'absorption se produit. 

p. CARRÉ. 



111 (7). — M.VTIKUKS COLOK.VXTKSdnniiencc 
<le divers i;roiipeiiieiils sur la redissulution 
«les — après teinlure), par M. W. V. DUEArEIJ 

(Chem. Ind., t. 31, p. io3, 1912). 

Les résultats obtenus antérieurement (C/u-»!. /ni. , 
t. 13, p. 96, J. Soc. Dyers and Col. t. 27, p. 170, 191 1) 
avec la primuline ont été étendus à diverses matières 
colorantes de poids moléculaire plus faible et de cons- 
titutions différentes. 

Lorsqu'on traite par une solution à 5 p. 100 d'oléate 
de soude à 100° ou par l'alcool bouillant, une teinlure 
sur soie de p-naphlylamine diazolée et copulêe avec le 
p-naphlol, ou avec la j3-naphtylamine, on constate que 
la redissolution du colorant est assez rapide et est pres- 
que totale après 10 ou 20 minutes, la teinture résiste 
un peu mieux à l'oléate de soude qu'à l'alcool, l'azoïque 
formé avec la p-naphtylamine est redissous un peu 
plus leniement que l'azoïque formé avec le [3-naphtol. 
Le groupement aminé paraît dflnc communiquer au co- 
lorant une résistance pi us grande que le groupement OH. 
Le groupementSO-'H est plus efficace encore ; c'est ainsi 
que le colorant résultant de la copulation de la ,'3-naphty- 
lamine avec l'acide naphtylamine-disulfonique-i.5 se re- 
dissout plus lentement que le précédent ; de plus la tein- 
ture se montre plus résistante lorsque l'on copule la 
■ii-napht) I ami ne a vécu ne teinture de l'acide nap h tylamine- 
disulfonique que lorsqu'on copule une teinture de |i- 
naphtylamine avec l'acide naphtylamine-disulfonique. 
La copulation de la primuline diazotée avec la p-naphty- 
lamine augmente aussi dans une proportion notable la 
résistance de la primuline à la redissolulion. 11 semble 
donc que la solidité de la teinture dépende non seule- 
ment de la constitution de la matière colorante, mais 
aussi de la nature des combinaisons que forme la fibre 
avec le colorant, combinaison qui peut dépendre elle- 
même de l'ordre dans lequel on réalise les réactions 
sur la fibre. 

p. CABRÉ. 



III i7i. — l.\l)l(iO (L'iallueiiee des alealis sur 
l'absorplioii par le eotoii), par MM. E. KRfEClIT 

et V. G. i\.VIU {Journ. Soc. Dyers and Col., t. 28, 

p. 28,1912). 

Les pertes en indigo, qui se produisent toujours lors 
de la teinture en cuve, ont été attribuées à dirterentes 
causes, réduction trop avancée de l'indigo, infiuence 
du réducteur employé, etc. Il ne semble pas que l'on 
se soit beaucoup préoccupé jusqu'à présent du rôle d'un 
excès d'alcali dans le bain. On sait bien qu'un excès 
d'alcali est défavorable, mais son influence n'avait 
pas encore été étudiée de façon systématique. C'est 
cette étude qui a été entreprise par les auteurs. 

Ils ont trouvé que l'absorption de l'indigo blanc par 
le coton diminue quand l'alcalinité du bain augmente. 
L'absorption est maximum lorsque le bain renferme la 
quantité de soude caustique juste nécessaire à la disso- 
lution de l'indigo blanc. 

Ils font en outre remarquer que l'indigo blanc 



98 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



absorbé par la fibre peut en être éliminé dans une 
large proportion par lavage prolongé à froid, avec une 
eau privée d'air: et que l'absorption de l'indigo blanc 
diminue quand la température du bain s'élève. 

Il est intéressant de rappeler que Meister, Lucius 
Brùning avaient déjà conseillé, pour la teinture en 
indigo, l'emploi de cuves neutres et même acides, par 
des acides faibles comme l'acide sulfureu.x, l'acide lac- 
tique ou l'acide acétique. La B. A. S. F. (brevet alle- 
mand 137SS4, mars 1902) ajoute à la cuve de l'acide 
borique, et obtient ainsi une meilleure absorption.de 
l'indigo blanc. 

Il semble que la diminution d'absorption de l'indigo 
par la fibre soit due à une suro.xydation de l'indigo 
blanc; Herzog et .Manchot (Lieb. Aiin. t. 316, p. 3i8) 
ont en effet mis en évidence la production d'eau oxy- 
génée durant l'oxydation de l'indigo blanc, eau oxy- 
génée qui se formerait suivant l'équation : 

C'6H'-N'-0^ + O* = C'«H"'.N"-0- -L H'^O''. 

En présence d'un excès de soude il se formerait alors 
du peroxvde de sodium soluble, agent oxydant éner- 
gique, qui pourrait oxyder l'indigo jusqu'à la produc- 
tion d'isatine. 

p. CABRÉ. 

m a). — M.\TIÈRES COLORAXTES .Vctioii «le 
racûlesiiirureiixet dessullites sur diverses — ), 
par MM. H. WEIL, K. OIKROHSX.VBEL et P. LAX- 

DAUER (Be;7. Ber. t. 44, p. 3172, 1911}. 

Lorsqu'on fait passer un courant de gaz sulfureux 
dans une solution aqueuse de bleu de méthylène, l'alté- 
ration du colorant ne parait pas immédiate, ce n'est 
qu'au bout de plusieurs jours qu'il se dépose des cris- 
taux jaunes. Le produit fermé semble renfermer deux 
résidus de bleu de méthylène et trois groupes sulfo- 
niques, mais sa constitution exacte n'a pu être déter- 
minée. 

Les sulfites neutres réduisent le bleu de méthylène 
dans le dérivé leuco correspondant, et les bisulfites le 
transforment en un acide sulfonique leuco. Dans celte 
réaction il paraît se produire un acide sulfonique inter- 
médiaire. 

,N(S03N<j), 



(CH3)-.\-C6H3. 



Nc«H^N CH^ 



Le bleu de méthylène nitré (vert de méthylène est 
transformé par le gaz sulfuré dans l'acide sulfonique 
du dérivé leuco. qui, par réduction donne le dérivé 
aminé correspondant. 

Le bleu de .Meldola est rapidement décoloré par le 
gaz sulfureux, avec formation d'un acide monosulfo- 
nique du dérivé leuco. Les indamines donnent avec le 
gaz sulfureux ou le bisulfite des acides leuco-disulfo- 
niques. L'indamine létraméthylée donne un acide 
monosulfonique. Les safranines, les indulines et les 
rhodamines ne sont pas décolorées par le gaz sulfu- 
reux. 

p. CARRÉ. 



S./1. 



Organiques artificielles. 



m d). — A-XTHRAQUIXOXE'rmOXAXTIIOXES, 
par .\LM. F. ULLMAXX el E. KXECIIT {Berl. Ber., 
t. 44, p. 3i25, 191 1). 

La condensation des dérives chlorés de l'anthraqui- 
none avec l'acide thiosalicylique fournit des acides 
anthraquinone-thiosalicyliques, qui, traités par le pen- 



tachlorure de phosphore ou par le chlorure de /^-tolué- 
nesulfonyle sonttransformésen anthraquinone-thioxan- 
thones. 

L'a!ithraqui)ione-2.\-thio.xaiithone 



/\^CO^/\ 

I I 
\/^C0' 



s- 
— co- 



./\ 



\/ 



donne avec la soude et l'hvdrosulfite une cuve bleue 
qui teint le coton dans la même teinte, laquelle devient 
orangé clair par exposition à l'air. 
L'aiithraquinone-i .2-lhio.\jnthone. 

/ CC) . CO 

^ CO / \ S / 

cristallise en aiguilles jaunes fusibles à 278°, l'anlhra- 
quinone-2.i.6.5-bis-thioxanthone 

/CO /CO. ,S. 

0'\V( ycm-(^ )C<=H«( )C'H' 

^s/ \co/ \co/ 

donne une cuve bleu violet qui teint le coton dans la 
même teinte, laquelle devient rouge à l'air, l.'anlhra- 
quirioiie-2.i.j.S.-bis-lhioxanthone donne une cuve 
bleue; celle-ci teint le coton en un bleu qui devient 
bleu rougeâtre par exposition à l'air. 

p. C.\RBÉ. 



III d). — MÉTHYLBEXZAXTIIRAQUIXOXES- 

1.2 (Recherches clans la série des — ), par 
MM. R.SCHOLL et W. TRITSCII Mon. f. Chenu, 
t. 32, p. 997, i9'")- 

Le sel d'ammonium de l'acide méthyl-4-naphtyl-i- 
phénylcétone-carbonique-2, traité par l'acide sulfurique 
concentré, à lalempéralure de 60-62.°, fournit la mélhyl- 
"i-benyanthraquinone-i .2 

/\ 

I I 
/\^C0^/\/ 

Il II 

X/^CO-'X/CH^ 

qui forme des aiguilles jaunes fusibles à 176-177°. Elle 
donne avec la soude et l'hydrosulfite une cuve rouge 
qui ne possède qu'une faible affinité pour les fibres 
végétales non mordancées. Chauffée à 160°, avec la 
potasse, l'alcool éthylique et une petite quantité d'acé- 
tate de soude elle est transformée en diben\antlira- 
/lai'one-i.2.j'.2' 



/\ 




aiguilles orangées donnant avec l'hydrosulfite une cuve 
jaune rougeâtre qui teint le coton en jaune, teinte qui, 
par oxvdation à l'air ou par l'hypochlorite de soude 
devient jaune rouge clair avec un ton rouge saumon 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



9'J 



caracléristiquc. Lorsqu'on chaulTe la mcthyl-3-benzan- 
lhraquinone-1.2 à 320-340" avec la potasse seule oir 
obtient un colorant qui teint en gris d'argent. La bro- 
muration de la méthyl-3-benzanthraquinone-i .2 fournit 
un dérivé pentsbromé donnant une cuve rouge qui 
possède peu d'aflinité pour les fibres végétales; après 
exposition à l'air et lavage les teintures deviennent 
jaune brun. La nitration donne un dérivé nitré, qui, par 
ébullition avec la phénylhvdrazine est tranformé en 
méthvl-'i-O.N-dihyi.iro-indolcanthronc 




/CH-' 



La solution alcaline de cette dernière est brune et 
teint le coton en un brun qui devient vert olive par le 
lavage et brun violet par exposition à l'air. Lorsqu'on 
fait passer un courant d'air dans sa solution alcaline ce 
composé est oxydé en méthyl-3-indoleanthrone corres- 
pondante qui peut être réduite par la phényihydrazine 
à la température ordinaire. 



111 d). — OMMXM.. I.XnOXYl.K KT OWTIIIO- 
\.\1'TI1È.\K (Aldôlivdcs déiivôos <lo — ), par 
M,\L l\ I IUK1»LA.\I)KU ci S. KIL:Llt.V8l.\8KI 

(Beii. Bcr., t. 44, p. SotjS, 1911). 

Les auteurs ont préparé quelques dérivés nouveaux 
de l'aldéhyde indoxvliquc et de l'aldéhyde oi:indolique. 
L'écarlate N-méthylthio-indigo traite par la potasse, 
fournit le dérivé S-méthylé de l'aldéhyde oxindoliqut. 



C'II' 



\ 



. C (COH) 
M (CH3) 



\c.HO 



L'aldéhyde indoxylique, chauffée avec l'acide chlor- 
hydrique à 20 p. 100 est transformée en une matière 
colorante violette de formule : 



CHV<^ 



C (OH) ,, / ^0 . 

>C. CH:C( >C=H' 

NH / ^NR/ 



L'indol-2-thionaphténc-2-indigo, chauffé avec la po- 
tasse alcoolique concentrée donne une aldéhyde déri- 
vée de ro.xy-3-thionaphtène, de formule : 



C«ll' 



C (CHO) . 



/ 



COH 



La solution alcoolique de cette aldéhyde, traitée par 
l'acide sulfurique dilué ou par des quantités équimolé- 
culaires d'oxy-3-lhionaphtène et d'aldéhyde ()xy-3-thio- 
naphlénique, en présence d'acide chlorhydriquc, donne 
une matière colorante rouge, de constitution : 



/C(Oll) 



\ / co 

>C. CH = c < ) C^H 

S — / \ S / 



L'aldéhyde oxindolique-3 et l'aldéhyde oxy-2-thiona- 
phténique-3 (préparée au moyen de l'indol-2-thiona- 
phténc-3-indigol donnent des produits de condensa- 
lion jaune rougeâtres, goudronneux, par l'action de 
de l'acide chlorhydrique. 

1". CARRÉ. 



m./. — TIIIOIXDKiO fS.viith«-sc <lii — ), par 
^\\\. \\. <;. IM«i:s<:oiT ol s. S.MII.KS {Chcm. Soc. 

Proc, t. 27, p. 317, i(|i 1). 

1.0 thioindigo se ft)rme par l'acticjn de l'acide sulfu- 
rique concentré et chaud sur un mélange d'éther ma- 
lonique et d'acide thiobenzoïque ou d'acide o-dithio- 
benzoïque. Il n'a été effectué que des expériences préli- 
minaires ayant montré que le rendement peut atteindre 
85 p. 100 du rendement théorique ; il se forme en même 
temps de l'acide thioindigosulfonique et une trace 
d'oxythiophéne. 

Il est très probable qu'il se forme d'abord un acide 
sulfoxylique qui réagit ensuite selon l'équation : 



O'H 



/ 



CO-H 
SO H 



+ CH- (co'^aipf ^ 

/CO, 
C"l P ( ) c (CO'-C-H"')' + 2 H-O 

\ S / 



Ces thio-acides peuvent aussi être condensés avec les 
acides acétylacéiique et malonique substitués. 

p. CARRÉ. 



IV. — FIBRES TE.XTILE.S 

IV a). — i)K(;o.M.M.v<;i; incs iihkes te.\- 

TILES, par M. L. l'EUFAILLIT 1 11. k., 431988). — 
Les méthodes habituellement employées pour cette 
opération, qu'il s'agisse de procédés de fermentation, 
de macération ou de rouissage, soit qu'il s'agisse de 
procédés purement chimiques, lessivage sous pression 
ou non, à la soude, ou au bisulfite, ou au sulfate pour 
les pâtes à papier et tous les différents lessivages em- 
ployés pour les fibres textiles, l'action des bactéries, 
ferments ou autres matières qui opèrent la translbrma- 
tion des substances incrustantes ne se limite jamais à 
ces substances même, mais elle s'étend à la cellulose 
de la (îbre. 

Etant donnée l'athnité chimique qui existe entre 
lesdiles bactéries ou lesdites matières et la cellulose, 
il en résulte que les fibres sont attaquées et le sont 
d'autant plus que la durée des opérations est plus 
longue et que l'énergie ou la quantité des bactéries ou 
des réactifs est plus forte, de là un empêchement à 
obtenir la dèsincrustaticn complète sans affaiblir la 
libre et la nécessité d'une surveillance et de soins atten- 
tifs pour obtenir le minimum de dommage sur la fibre 
même. 

L'auteur évite ces inconvénients en utilisant la pro- 
priété que possèdent les hydro-carbures en agissant 
dans des conditions particulières de haute température 
et pression, d'englober, d'émulsionner ou de dissoudre 
les substances incrustantes qui accompagnent les fibres 
cellulosiques dans les végétaux. 

Voici comment on peut opérer: 

Dans un autoclave qui peut être disposé de façon à 
éviter le retour des vapeurs des hydrocarbures dans la 
chaudière, on introduit la matière première à traiter 
avec les précautions et les procédés habituels. On fait 
arriver dans le lessiveur soit de l'eau mélangée de pé- 
trole, soit de l'eau et du pétrole, soil des vapeurs de 
pétrole suivies ou précédées de vapeurs d'eau ou d'eau 
liquide, etc., en vue de l'accomplissemenl du phéno- 
mène physique en question. On cuit sous pression à 
des températures et pendant des durées variables selon 
la matière première à traiter, et on vide le lessiveur au 
moyen des procédés et opérations habituels. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



Cette seule et unique opération terminée, les matières 
n'en ont pas d'autres à subir pour être prêtes aux divers 
usages industriels spéciaux auxquels t>n les destine ; il 
ressort du précédent que ce procédé permet de com- 
mencer, d'exécuter et de terminer hi désincrustalion 
complète et entière des libres respectives dans un seul 
et unique récipient. 



H) 



Sciturelles. 



]V b). —CELLULOSE (Fabrication «le la —à la 

soude) par M. C. G. SCIIWALBE [Papierfabrikant, 
t. 9, p. i522, 191 1). 

La préparation de la cellulose par digestion du bois 
avec la soude donne un rendement un peu moins élevé 
que le procédé au bisulfite. La modification connue 
sous le nom de procédé au sulfate et à la soude a per- 
mis d'améliorer la première de ces préparations, mais 
elle présente encore l'inconvénient de dégager des 
odeurs fort désagréables. 

Christiansen a fait une étude systématique de l'action 
de la soude caustique sur le bois, à différentes tempé- 
ratures et pour diverses concentrations. Il a constaté 
qu'après 4 heures à 4 heures et demie, l'alcali cesse 
d'être neutralisé. Cette limite est atteinte d'autant plus 
rapidement que la température de digestion est plus 
élevée; elle coïncide avec le nioinent où la séparation 
des fibres est suffisante. On ne peut obtenir une bonne 
digestion avec des lessives de soude d'une concentra- 
lion inférieure à 4 p. 100. La dissolution de la lignite 
paraît commencer à 160": il est plus avantageux de 
l'effectuer à 170", température qu'il faut atteindre aussi 
rapidement que possible et maintenir aussi longtemps 
qu'il est nécessaire. Pour suivre les progrès de la diges- 
tion on prélève une portion de la lessive et on la neutra- 
lise par l'acide sulfurique à l'ébullition; lorsque le pré- 
cipité formé n'augmente plus en prolongeant la digestion, 
c'est que celle-ci est suffisante. 

Une nouvelle modification du procédé à la soude a 
été imaginée par Rinman qui ajoute du chlorure de 
sodium à la lessive de digestion. Le sel marin se 
montre aussi efficace que le sulfate de soude pour la 
protection de la fibre et par conséquent améliore le 
rendement, de plus il a l'avantage de ne pas dégager de 
produits malodorants. Dans ce procédé les lessives 
usagées, après une concentration convenable, sont 
saturées par le gaz carbonique qui précipite les matières 
humiques dissoutes sous une forme convenant très 
bien pour la filtration. Lors de lacalcination du carbo- 
nate de soude on évite ainsi la plupart des substances 
nuisibles en présence desquelles on se trouve dans la 
méthode au sulfate. Les produits secondaires présen- 
tant une certaine valeur, comme l'alcool méthylique, 
l'acétone et le goudron peuvent également être recueillis 
par la distillation sèche des résidus trouvés dans le 
filtre-presse. 

p. CARRÉ. 



« CELLULASE » (Contribution ;V l'étude de la) 

— par H.EULER {Zeitschrift fur angewandtc Chenue 
1912.) La cellulase, appelée aussi cvtase, est régulière- 
ment classée parmi les enzymes qui agissent sur les hy- 
dratesde carbone supérieurs. Conformémentà son nom, 
cette cellulase doit dédoubler la cellulose. En préparant 
mon ouvrage sur la chiyyiie générale des enzymes : 1) 

(1) Viesbaden, Bergmam, 1910. 



j'ai pu constater qu'il n'y avait aucunes preuves suffi- 
santes d'une observation d'hydrolyse de la cellulose 
par les enzvmes. 

D'après une série d'observations, les parois des cel- 
lules de nombreuses graines et plantes sont attaquées 
et dissoutes par des champignons. De Bary entreprit 
les premières éludes sur la cellulase des champignons, 
et trouva qu'un champignon « Boirvlis vulgaris», pos- 
sède la propriété d'attaquer les racines et même les 
liges de plantes vivantes; on constate au microscope la 
destruction des lamelles médianes, et l'affaiblissement 
des parois des cellules. 

Du mycélium du champignon comme du suc extrait 
par compression des racines attaquées par lui, on peut 
retirer une substance, qui produit aussi la même des- 
truction et qui est une enzyme, puisque la chaleur lui 
enlève toute action. 

IVlarshall Ward déclare avoir trouvé une enzyme ana- 
logue dans un champignon du genre Botrytis, qui 
pousse sur des lys. L'enzyme se sépare goutte à goutte 
des spores ; elle attaque aussi de préférence les lamelles 
séparant les cellules. 

Le travail de Schcllenbcrg est très important. 11 
estime qu'il faut faire soigneusement la différence entre 
la dissolution de la cellulose vraie et de l'hémicellulose. 
11 trouve que l'on a pris l'une pour l'autre dans beau- 
coup de cas. Même à l'égard de l'hémicellulose, le pou- 
voir dissolvant des champignons est très variable. Il est 
amené à distinguer quatre ferments différents au moins 
dans la dissolution des différentes hémicelluloses. 

Un second groupe de cellulases ou cytases a été 
trouvé dans des plantes supérieures. Les premières 
recherches sur ce sujet sont dues à Brown, Morris et 
Escombes — Brown et Morris signalent de pareilles 
enzymes dans des grains d'orge en germination. Ils 
trouvent que dans cette germination les parois des cel- 
lules disparaissent plus vite que l'amidon. Ils sont ainsi 
amenés à placer dans un extrait de malt, des coupes 
de grains d'orge ou de pommes de terre; le tissu 
parenchymateux est détruit en un jour à peu prés et 
par suite les parois des cellules disparaissent ou subis- 
sent des modifications profondes. La cvtase de Brown 
et Morris est sans action sur les parties ligneuses des 
plantes. 

Des recherches analogues ont été entreprises par 
Green, Gardiner, Elfving, Grûn, Schulze, etc. ; on a 
pu ainsi admettre que la destruction de l'édifice de la 
cellulose donne du mannose, du galactose, du glucose, 
de l'arabinose, du xylose et des acides pectiques. 
Schulze a trouvé du galactose et probablement aussi 
de l'arabinose dans les parois épaisses des cellules des 
cotylédons du « lupinus luteus ». En gros, on peut 
dire que les réserves d'hydrates de carbone, décrites, à 
tort d'ailleurs, comme réserves de cellulose, se compo- 
sent de mannose et de galactose, et un peu aussi de 
pjntosanes. 

On cherche actuellement k définir la cellulose ; tantôt 
on la représente comme produit de condensation de la 
cellose; tantôt, et c'est P. klason qui le déclare, (m 
admet que les pentosesont pu contribuera l'édification 
de sa molécule; et on considère comme caractéristique 
son insolubilité dans certaines solutions de sulfite de 
calcium. Il faut alors poser en principe qu'il n'a été 
constaté jusqu'ici aucun cas de destruction de cellulose 
pure par les enzymes, pas plus par celles des champi- 
gnons que par celles de plantes supérieures. 

D'autre part les observations botaniques et physio- 
logiques précédentes indiquent que de la cellulose pure 
peut être attaquée par des bactéries et des champi- 
gnons. 



kkVUË DÈS JOURNAUX Et DES IBF^EVETS 



Remarquons que pour de pareilles recherches les 
hémi-celluloses, tout comme les oxy et hydro-celluloses 
constituent une base de travail bien peu indiquée, du 
fait de leur composition incertaine et de leur défini- 
tion encore insuffisantes, malgré les progrés considé- 
rables dus aux travaux de Schwalbe. [.'insolubilité de 
tous ces produits dans l'eau, complique encore leur 
étude. 

Il est bien plus indiqué de s'adresser, pourunc étude 
sysléinatique des ccllulases, au.x produits de dédouble- 
ment de la cellulose désignés sous le nom de de.xtrines 
de cellulose, et obtenus par traitement de cette der- 
nière à l'acide sulfurique concentre. Ils forment un 
groupe, tout comme les amylases un groupe des 
enzvmes. C'est sur ces matières que j'ai entrepris depuis 
deux ans quelques recherches dont voici les résultats. 

On fait digérer pendant 6 heures à 3o" du papier à 
filtre de Suède avec de l'acide sulfurique à yS p. loo. 
On décante, on refroidit à la glace, on sature l'acide à 
la chaux ou à la baryte, et on soumet à la dialyse 
pendant une semaine avec de l'eau courante. Le hui- 
tième jour, le sucre est presque complètement enlevé. 
On concentre la solution dans le vide ; elle contient 
alors 7 p. loo d'extrait sec, qui ne donne que peu de 
cendres au chauffage. On peut admettre que le résidu 
était composé d'un mélange de dextrines de cellulose. 

Le pouvoir réducteur est déterminé par la méthode 
de Bertrand, trois e.xpériences donnent les chiffres de 
o gr. H), o gr. i5 et o gr. i6 de (-u-0 pour un gramme 
d'extrait sec. 

Vingt centimètres cubes d'une solution à 7 p. 100 
de dextrine sont additionnés de 5 centimètres cubes de 
suc, exprimé directement du mycélium du champignon 
« .Merulius Lacrimans ». Ce mélange maintenu 3 jours 
à 25", abandonne quelques flocons dont on ne tient 
pas compte. 

On fait des prises d'e«sai après 20, 38 et 52 heures. 
On obtient les valeurs de réduction suivantes : 



Heures. Corrige. Corrige. Corrigé. 

o o,o6o5 o.o5:io 0,0640 o,o555 o,o53o 

20 o,o558 0,0471 — — — 

38 — ■ — 0,0485 0,0400 — 

52 0,0481 0,0396 — — o,o5i9 

La correction consiste à retrancher ce qu'a pu réduire 
le suc employé ; on la détermine en ajoutant 5 centi- 
mètres cubes du suc à 20 centimètres cubes d'eau; 
5 centimètres cubes de ce mélange réduisent o,oo85 g. 
de Cu-O. 

Il est regrettable qu'il ait été impossible d'obtenir 
une solution assez claire de suc et de dextrine pour 
pouvoir suivre la variation du pouvoir rotatoire. 

Il est incontestable que, sous l'action du suc du me- 
rulius, le pouvoir réducteur de la solution a augmenté; 
il est aussi certain que l'action est due à une enzyme; 
l'expérience 111 faite avec un suc préalablement chauffé 
le prouve nettement. 11 n'y a donc presque pas de 
doute sur la présence dans le suc de merulius d'une 
enzyme active sur la cellulo-dextrine. Il reste à chercher 
comment s'effectue la transformation de celle-ci en 
amidon. Il faudrait tout d'abord réaliser un fractionne- 
ment de ces dextrines. C'est ce que l'auteur se réserve 
d'essayer (1;. 

p. HUCHET. 

(i) Nous croyons devoir faire remarquer que les conclu- 
sions de l'auteur sont contraires aux chiffres du pouvoir 
réducteur indiqués dans le tableau ci-dessus. 

(Note du tkadictelr.) 



V. — BLA.NCHIMENT 
%a) . — Théorie et Gcncralilés. 

V a). — HL.WCHIMEIVT KLECTROLYTIQl'E (l,a 

|ir«-|iiii-a(i<>ii des liqueurs de — ) [Fârberei und 
Apprelur, p. 757, 191 1). 

On sait que l'un des principaux obstacles rencontrés 
dans la préparation des hypochlorites par électrolvse 
des solutions de chlorures alcalins est la réduction qui 
se produit à la cathode. Cette difficulté a été tournée 
ou plus exactement diminuée de différentes façons, par 
exemple en ajoutant au bain d'électrolyse une certaine 
quantité d'un agent oxydant comme le bichromate de 
potasse. Le rendement en hypochlorite dépend en 
outre dans une large mesure du dispositif emplové. 
L'un des appareils les meilleurs est celui de Kellner. 
.Avec une solution à 10 p. 100 de sel marin, il permet 
d'obtenir une liqueur d'hypochlorite à 10 grammes de 
chlore actif par litre ; l'énergie électrique se trouve uti- 
lisée avec un rendement de 66 p. 100; la production 
de I kilogramme de chlore consomme 6 k. \v. heures. 

K.ellner construit d'autres appareils dans lesquels les 
pertes dues à la réduction sont diminuées par l'addi- 
tion de chlorure de calcium et d'huile rouge turc; il se 
forme un composé calcaire qui empêche la diffusion 
de l'hypochlorile jusqu'à la cathode. Avec une solu- 
tion à i5 p. 100 de sel marin, cet appareil fournit des 
liqueurs à 5o grammes de chlore par litre, avec une 
consommation de 9 k. w. heure par kilogramme de 
chlore. 

Afin d'éviter la décomposition de l'hypochlorite par 
le gaz carbonique de l'air la société Schuckert et Cie 
remplace les appareils à électrodes bipolaires par une 
série de cellules dans lesquelles se fait la décomposition. 
Ces appareils ont été introduits sur le marché par la 
Konsortium Eleklrotechiiische Industrie, in Niirnberg. 
Le bain de sel marin est additionné de chlorure de cal- 
cium, de chaux et d'un savon de résine. On fait passer 
dans cet appareil, avec une vitesse de 160 litres à 
l'heure environ une solution à 1 1 p. 100 de sel marin, 
et on électrolyse avec 200 ampères sur 1 10 volts. L'ob- 
tention de 1.600 litres de liqueur de blanchiment à 
18 grammes de chlore actif par litre, consomme envi- 
ron 7, 1 k. w. heure et 6 kilogrammes de chlorure de 
sodium par kilogramme de chlore. 

Haas et Œttel {D. R. P., i3o345) ont construit un 
électrolyseur bipolaire avec électrodes de charbon. Il 
est sensiblement équivalent au premier appareil de 
Kellner. 



^ ";• 



Vil. — TELNTUKE 



Théorie et Généralité 



Vllti .-CATALYSEliUSfSui- l'einploi dc!s~ en 
«eiiilure), par M. .1. IIAAGEK (Fdrbcr Zeit., t. 23. 
p. 21, 1912). 

Les principaux moyens permettant d'activer une 
réaction chimique sont l'élévation de la température 
ou l'accroissement de la concentration des substances 
réagissantes et l'emploi des catalyseurs. Tandis que les 
deux premiers de ces procédés sont généraux, le der- 
nier est spécifique de telle ou telle réaction. Il existe 
des catalyseurs activant et des catalyseurs ralentissant 
les réactions chimiques. 

Parmi les exemples bien connus de catalyses rela- 
tives à la préparation des matières colorantes, l'auteur 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



rappelle la formation du noir d'aniline en présence de 
sels de fer, d'urane, de cuivre ou de vanadium ; c'est 
ainsi que d'après Witz (Bull. Soc. Ind. de Rouen, 
1876) une partie de vanadium peut provoquer la trans- 
formation de 270.000 parties de chlorhydrate d'aniline 
en noir, après addition de la quantité nécessaire de 
chlorate. La production du noir de diphénylamine 
(Meister, Lucius & Bruning, D. R. P., i3455q) est 
analogue. 

L'emploi de la combinaison formée par l'hydrosul- 
fite et l'aldéhvde formique a permis de résoudre beau- 
coup de problèmes importante, dans lesquels intervien- 
nent également des agents catalyseurs. Tandis que le 
rouge de /i-nilranilineet le bordeau.x de /7-nilro-a-naph- 
tylamine se laissent facilement ronger en hianc par 
cette combinaison, les bordeaux à l'a-naphtylamine et 
au p-naphtol ne sont rongés qu'à chaud et par un va- 
porisage prolongé. Cette difficulté a été tournée d'une 
manière élégante par l'adjonction d'un catalyseur qui 
accélère la décomposition, on peut employer comme 
catalyseur un sel de fer, de nickel ou d'étain en milieu 
alcalin; c'est ainsi que le bordeaux d'a-naphtylamine, 
l'orangé de chloranisidine, le brun benzidine, le noir 
dianisidine, l'écarlate d'o-nitrophénétidine et le bistre 
chysoïdine peuvent alors être facilement rongés. La 
plupart des autres métaux, comme le chrome, le man- 
ganèse, le vanadium, le cérium, etc., n'ont aucune 
influence. Le rongeage par la combinaison d'hydrosul- 
fite et d'aldéhvde formique peut être accéléré par bien 
d'autres produits, la setopaline de Geigy, ou encore 
l'écarlate induline (B. A. S. F.) et le bleu patenté (Farè- 
werken HOchst). L'anthraquinone est également un ac- 
tivant énergique; N. Planowsky (Zeit. f. Farb. Ind., 
p. 109, 1907) a montré que l'action de cette substance 
est due à sa réduction par l'hydrosulfite en oxanthra- 
nol : 

CO. _ / C^OH 

\ co / \ co -^ 

qui est lui-même un réducteur énergique et provoque 
le scission des azoïques en se réoxydant en anthraqui- 
none. 

Le rongeage des colorants indigoïdes et thioindigoïdes 
qui présente souvent une certaine difficulté est activé 
d'une manière analogue par la présence de l'anthra- 
quinone. D'après les observations de la B. A. S. F., il 
suffit de o gr. 1 de catalyseur par kilogramme de ma- 
tière colorante à ronger, c'est-à-dire i p. 10.000. 

Les catalyseurs peuvent encore être utilisés pour 
accélérer la réduction et la dissolution des colorants 
pour cuve lors de la préparation des cuves de teinture. 
On peut dans ce cas se servir de l'anthraquinone, de 
ses dérivés sulfoniques, nitrés ou aminés ou encore des 
oxyanthraquinones. Les quinones de la série du benzène 
et du naphtalène peuvent dans ce cas jouer un rôle 
analogue à l'anthraquinone; telles sont la quinone or- 
dinaire, les naphto-quinones 1-2 et 1-4 et leurs dérivés 
mono-et disulfoniques, la phénanthrène-quinone, etc. 
Cette catalyse n'est pas spéciale aux colorants indi- 
goïdes, elle se produit aussi dans le cas des couleurs 
hélindones, du rouge thioindigo B,de l'écarlate thioin- 
digo,du rouge ciba,de l'écarlate ciba des B. A. S. F., etc., 
et aussi dans le cas des colorants pour cuve dérivés de 
l'anthracène, de la benzanthrone et de la benzanlhro- 
quinoléine, parmi lesquels il faut citer le jaune hélin- 
done 3 GN, le brun hélindone 3 ON, le jaune algol 
3 GR, le rose algol R, le rouge algol 5 GB, le brun 
leucol B, le bleu indanthréne SC, le rouge indanthrène, 
le bordeaux indanthrène. le violet indanthrène RR 



extra, le mélanthrène B, le violanthrène R extra, le fus- 
canthrène B en pâte, l'anthraflavone, le brun cibanone 
VB. Elle peut encore s'adresser aux colorants sulfurés 
qui présentent beaucoup d'analogie avec les colorants 
pour cuve. Cet emploi d'agents catalyseurs pour la 
réduction des colorants en cuve a été breveté par les 
Farbwerken v. Meister, Lucius & Bruning (D. R. P., 
240266, ]" mars 1910). 

On peut encore citer, parmi les catalyseurs qui in- 
terviennent en teinture, l'influence d'un sel de cuivre 
sur le développement du cachou. Le sel de cuivre agit 
ici de deux façons, il accélère l'oxydation et augmente 
la solidité à la lumière. Les sels de cuivre augmentent 
également la solidité à la lumière d'autres colorants 
comme l'indigo, le bleu diamine pur FF., etc. La sac- 
charification de l'amidon par le diastaphor pourrait 
aussi se ranger parmi les réactions catalytiques. 

On voit par ce qui précède que la catalyse a reçu de 
nombreuses applications en teinture et permet de ré- 
soudre un certain nombre de problèmes des plus inté- 
ressants. 

p. CABRÉ. 



VII a}.— TEINTURE EN CUVE (Théorie de la — ). 

par M. K. GEBHARD {J. f. prakt. Chem. t. 84, 
p. 625, 1 9 1 1). 

Lorsqu'on traite par un alcali une fibre teinte en jaune 
hélindone 3 GN (dianthraquinonylurée; ou bien le 
colorant obtenu par l'action de l'air sur la cuve corres- 
pondante, on constate que celui-ci devient d'abord 
brun, puis violet si la concentration de l'alcali augmente, 
alors que le colorant primitif, même finement divisé 
n'est pas altéré par les alcalis. Lorsque la fibre est teinte 
avec le dérivé benzylé de la même matière colorante, 
il ne se produit aucune altération par les alcalis. Ce fait 
semble indiquer que l'atome d'hydrogène du groupe 
NU est relié moins solidement à l'azote dans le cas du 
colorant fixé sur la fibre que dans le cas du colorant libre. 
Le changement de coloration serait donc dû à une dimi- 
nution de l'affinité de l'azote et de l'hydrogène et aussi 
du carbone et de l'oxygène qui se trouvent reliés dans 
le composé en question ; cette explication est conforme 
à l'explication que l'auteur a donnée (J. f. prakt Chem., 
t. 84, p. 56i, igi i) des relations existant entre la cons- 
titution des matières colorantes et la sensibilité de ces 
dernières à la lumière. Le caractère non saturé du 
groupement CO est nécessaire à la fixation de la ma- 
tière colorante sur la fibre ; l'oxime de l'indigo en effet 
n'est plus fixée par la fibre. 

p. C.\RRÉ. 



VIU). — TEIXTUKE DE LA LAINE EN BAIN 
ACIDE, par M. II. OEWLEH [Ftirberei und Appre- 
tur, p. 772, 191 1). 

La teinture en bain acide constitue, dans le cas de la 
laine, l'un des procédés les plus importants et les plus 
répandus. C'est en eff'et en milieu acide que les qua- 
lités de la laine, son brillant, sa solidité et son toucher 
sont le moins altérés. Un bain normal de teinture est 
composé de la manière suivante : 

10 p. 100 de sel de Glauber et 4 p. 100 d'acide sulfu- 
rique, ou bien 10 p. 100 de tartrate acide de potassium 
(dont la quantité équivaut sensiblement à 10 p. 100 de 
sel de Glauber et 4 p. 100 d'acide sulturique), et une 
quantité suffisante de matière colorante. Le tissu est 
maintenu dans ce bain une heure à une heure et demie 
à i'èbullition. Ce procédé subit naturellement des modi- 
fications de détail selon la nature du tissu à teindre et 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



io3 



aussi selon la nature du colorant employé, modifica- 
tions que la pratique seule peut indiquer. 

L'unisson dépend en premier lieu de la nature de la 
matière colorante, et en second lieu de la façon de 
conduire la teinture. L'ne teinture mal conduite peut 
présenter des taches et des parties plus ou moins fon- 
cées. Les taches et les inégalités de teinte proviennent 
i»énéralcment d'une pureté insuffisante de la matière 
colorante; un travail soigné peut alors les atténuer mais 
non les éviter. Il est généralement préférable de prépa- 
rer à l'avance sa solution' de matière colorante et de la 
filtrer ou de la décanter avant de l'ajouter au bain de 
teinture, plutôt que d'ajouter au bain le colorant en 
poudre. L'n e.xcellent procédé pour éviter la produc- 
tion des taches consiste à traiter d'abord le tissu par 
une solution bouillante du colorant seul ou en pré- 
sence de sel de Glauber, pendant un quart d'heure à 
une demi-heure, et à n'ajouter qu'ensuite l'acide sulfu- 
rique par petites portions. Ce mode opératoire est à 
recommander dans le cas du bleu de Lyon, du bleu 
alcalin, des violets acides N, 5 BF, 7 BN, 6 BJN, 
R conc, IRA, du bleu solide, du noir bleu solide, des 
violets acides solides, de quelques azofuchsines acides, 
des bleus patentés, des marques J, des jaunes azo, etc. ; 
tous ces colorants donnent un bon unisson. La pro- 
duction détaches peut tenir encore à ce que la tempé- 
rature du bain de teinture n'est pas suffisamment éle- 
vée, car il peut dans certains cas se produire une préci- 
pitation de la matière colorante, sans doute sous 
l'influence du gaz carbonique qui est éliminé par l'ébul- 
lilion. On sait depuis longtemps que l'unisson est de 
beaucoup meilleur avec un vieu.x bain de teinture 
qu'avec un bain frais. Ce phénomène n'a pas encore 
reçu d'e.xplication satisfaisante, il semble qu'il soit dû 
en partie à l'accumulation du sulfate de soude mais ce 
n'est certainement pas la seule raison, et il doit inter- 
venir d'autres facteurs encore inconnus. Le sulfate de 
soude joue dans le bain de teinture, un rôle très im- 
portant, il régularise la fixation du colorant par la 
fibre, il provoque en eflfet la rèdissolution de la matière 
colorante au.\ endroits du tissu où elle s'est fi.xèe plus 
rapidement et en plus grande proportion et permet 
ainsi au.x parties moins colorées d'absorber ensuite une 
quantité suffisante de colorant; on conçoit donc qu'il 
soit favorable à l'unisson. On augmente toujours la 
quantité de sulfate de soude pour les bains frais, pour 
les tons clairs et pour les colorants dont l'unisson est 
mauvais, et dans tous les cas où la teinture parait iné- 
gale. 

Quant à l'acide sulfurique il met le colorant en li- 
berté, et lui permet de réagir sur la fibre. Lorsque le 
colorant possède pour la fibre une grande affinité il est 
bon de diminuer la proportion d'acide sulfurique afin 
d'éviter une fixation trop rapide; on ajoutera par 
exemple 2 p. 100 seulement au lieu de 3 à 4 p. 100, ou 
bien on le remplacera par un acide faible comme l'acide 
formique ou l'acide acétique, il est bon aussi de 
n'ajouter l'acide que peu à peu et par petites portions. 
Souvent aussi on teint en bain d'acétate, d'o.xalate ou 
de sulfate d'ammonium, qui, pendant l'ébullition perd 
peu à peu de l'ammoniaque, de sorte que l'acide cor- 
respondant n'agit que progressivement, on réalise 
ainsi un épuisement lent du bain. 

La combinaison de la fibre et des colorants acides est 
d'autant plus rapide que la température du bain est 
plus voisine de l'ébullition. Dans le cas où le colorant 
est sujet à donner de inégalités, il est préférable de 
teindre à température peu élevée ou même à froid. Il 
est toujours préférable de n'élever la température que 
progressivement. Il est cependant des colorants comme 



les violets Victoria 4 BS et 8 BS, le bleu acide B, les 
noirs azo acides G, B, R et le jaune azo conc, qui don- 
nent un meilleur unisson lorsqu'on plonge directement 
le tissu dans le bain à l'ébullition. 

On peut enfin remarquer qu'il est d'autant plus diffi- 
cile d'obtenir un bon unisson que l'on fixe sur la fibre 
une quantité plus faible de matière colorante, c'est-à- 
dire que la teinte est plus claire. 

p. CARRii. 



VII a). — SOIE ARTIFICIELLE (Blancbimcnt 

et teiiiliire de la — ), par M. W. FRANK (Zeit. f. 
Farb. Ind.. t. 11, p. i, 1912). 

Il n'est généralement pas nécessaire de blanchir lasoie 
artificielle, sauf pour les meilleures qualités, qui exi- 
gent un brillant spécial. Ce blanchiment peut se faire 
par l'un quelconque des procédés employés pour le 
blanchiment du coton, en y apportant naturellement 
les soins nécessaires à l'obtention d'un bon produit 
commercial; il doit être conduit rapidement de façon à 
ne pas affaiblir la fibre ; il faut en outre opérer avec des 
liqueurs de blanchiment diluées afin d'éviter la forma- 
tion de l'oxycellulose et de l'hydrocellulose. On peut se 
servir d'hypochlorite de soude ou de chaux, ou du 
chlore électrolytique, mais c'est l'eau o.xygénée ou le 
peroxyde de sodium qui convient le mieux. 

Comme la solidité de la soie artificielle est inférieure 
à celle de la soie naturelle, toutes les opérations par 
voie humide doivent être conduites avec la plus grande 
précaution. Lors de la teinture il faudrait surveiller 
attentivement la température du bain que l'on main- 
tiendra aussi basse que possible, et réduire au mini- 
mum le passage de la fibre dans le bain. Les cuves 
dans lesquelles se fait la teinture seront de préférence 
en cuivre, car avec la surface rugueuse du bois on peut 
craindre de déchirer les tissus; leur chauffage à la 
vapeur sera indirect, car il pourrait résulter du chauf- 
fage direct des inégalités de température qui seraient 
nuisibles. 

On remarque très souvent lors de la teinture de la 
soie artificielle des inégalités de nuance. Dans le cas de 
la soie à la nitrocellulose elles tiennent généralement à 
une dénitration incomplète; on les évite en passant 
avant teinturedans un bain de sulfhvdrate de magné- 
sium. Dans le cas delà soie préparée avec les solutions 
de cellulose dans la liqueur de Schweitzer, elles provien- 
nent d'une élimination imparfaite du cuivre qui agit 
comme mordant; il faut alors les traiter par une li- 
queur légèrement acide avant teinture. 

La teinture de la soie artificielle se fait en général en 
liqueur plus diluée que la teinture du coton. Pour les 
ions clairs il est recommandé d'ajouter la solution de 
matière colorante en plusieurs portions, en ayant soin 
d'agiter après chaque addition. On emploie pour cette 
teinture des colorants basiques, acides, directs, sulfurés 
et des colorants pour cave. 

Les colorants basiques conviennent particulièrement 
bien pour la teinture de la soie à la nitrocellulose; ils 
sont fixés sans mordant, en liqueur acétique, à la tem- 
pérature de 40-50", en une demie à une heure. Si l'on 
veut obtenir des teintures solides à l'eau on emploiera 
des couleurs sombres avec mordançage préalable. Dans 
le cas de la soie à la liqueur cupro-ammonique le mor- 
dançage est toujours à conseiller. Ce mordançage se 
fait au tannin et à l'èmètique; on plonge une à deux 
heures, à la température de So", dans une solution de 
à 2 ou 5 p. 100 de tannin et à i p. 100 d'acide chlorhy- 
drique. Il faut éviter un mordançage trop prolongé. 
Ensuite on agite di.x minutes dans le bain d'émétique 



104 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



froid. Il faut éviter après teinture par les colorants ba- 
siques la présence d'huile ou de savon qui pourrait 
précipiter le colorant. 

Les colorants acides peuvent être utilisés aussi bien 
pour la teinture de la soie à la nitrocellulose que de 
la soie à la liqueur cupro-ammonique, mais ils ne don- 
nent que des tons clairs, car ils possèdent peu d'affi- 
nité pour la fibre. On teint en bain acétique, avec alun 
ou acétate d'alumine pendant une demie à une heure, 
à la température de io». Les bains s'épuisent mal et 
peuvent servira nouveau. 

Les colorants directs conviennent beaucoup mieu.x 
pour la teinture des soies artificielles à la nitrocellulose 
et à la liqueur cupro-ammonique. Pour toutes les 
nuances on ajoute au bain de teinture i à 2 p. loo de 
soude, 2 à 4 p. 100 de savon monopole, porte à 3o°, 
laisse la fibre en contact une demi-heure, et ajoute 
selon les besoins 5 à 10 p. 100 de sel de Glauber. L'ad- 
dition de soude et de savon monopole, est favorable à 
l'unisson. Pour les nuances moyennes on porte la 
quantité de sel de Glauber à i5 p. 100, et élève gra- 
duellement la température à Se que l'on maintient 
une demi-heure. Pour les nuances foncées on ajoute 
jusqu'à 20 p. 100 de sel de Glauber, et porte la tempé- 
rature à 60° durant 45 minutes. 

Les colorants sulfurés sont employés en liqueur alca- 
line, additionnée de sulfure de sodium et d'une petite 
quantité de sel de Glauber, et à froid lorsqu'on veut 
obtenir une teinture solide. On peut teindre en tons 
clairs et moyens, mais les bleus foncés et les noirs ne 
sont pas à recommander, car le toucher et le brillant 
de la soie sont fortement altérés par les liqueurs trop 
alcalines. 

Les colorants pour cuve conviennent mieux pour la 
teinture de la soie viscose que pour la teinture de la 
soie à la nitrocellulose. La cuve se prépare à la manière 
habituelle. Il ne faut pas oublier qu'à chaque colorant 
correspond une température optima particulière. 

Les tissus teints et lavés ne doivent pas être laissés 
humides; il faut les sécher à une température modérée, 
car une température trop élevée rend la couleur plus 
foncée, on peut d'ailleurs remédier à cet inconvénient 
par un léger vaporisage. 

Le toucher de la soie artificielle présente aussi une 
certaine importance et peut être modifié par divers 
réactifs chimiques. L'addition de savon au bain de 
teinture rend le toucher plus mou. En remplaçant 
l'acide acétique du bain par l'acide tartrique ou par 
l'acide citrique, le toucher est meilleur, mais ces der- 
niers acides sont plus coûteux. 

p. CABRÉ. 

^ b). — Procédés. 

VII 6).— TEI\TUUE DES FOURRURES, par .\L E. 

SCHLOTTHAUER [Fàrber Zeit., t. 22, p. 897, 1911). 

Les procédés modernes employés pour la teinture 
des fourrures peuvent se rapporter à l'un des quatre 
types suivants : 

1° Pour la teinture en tons solides (principalement 
en noir) on plonge la peau entière dans le bain de 
teinture. Ce dernier est ordinairement à base de cam- 
péche et de tannin pour les noirs, ou encore à base de 
campèche et de safran. 

2° Lorsque la couleur du poil doit être différente de 
celle de la peau, on commence par teindre cette der- 
nière par immersion, et ensuite on applique à la brosse 
une nouvelle teinture sur les poils. 

3° Dans le cas où les poils seuls doivent être teints 
on applique la teinture à la brosse. 



4° 11 est souvent nécessaire de foncer la teinte des 
extrémités des poils. Dans ce cas les fourrures sont 
préalablement traitées par une solution diluée de soude 
caustique ou par un lait de chaux additionné d'une 
petite quantité de soude; elles subissent en outre diffé- 
rentes préparations parmi lesquelles les traitements à 
l'alun, au bichromate, à l'acide sulfurique, au sel marin, 
le chamoisage et le corroyage sont les plus importantes. 

Les fourrures qui ont été traitées par l'acide sulfu- 
rique et par le sel marin se montrent plus altérables 
lorsqu'on les plonge dans un bain de teinture chaud 
que les fourrures ayant subi le chamoisage. Cependant, 
même avec ce dernier il est bon que la température du 
bain ne dépasse pas 45'. Cet effet nuisible peut être 
atténué par un traitement préalable à l'aldéhvde for- 
mique qui permet aux poils de la fourrure de se tenir 
beaucoup mieux. 

p. CARKÉ. 

VII b;. — RO.N'GEAGE en blanc ou en bleu 
sur fond azoïque, par .M.M. W. KIELBASIXSKI 

et W. SLOSARSKl iChem. Zeit., t. 35, p. 1282, 
1911). 

Le tissu teint avec le rouge paranitraniline ou i-na- 
phtylamine est imprimé avec une pâte à base de ron- 
galite CL (B. A. S. F.) ou de sulfoxylate, séché puis 
imprégné d'une décharge contenant un colorant bleu 
pour cuve. Il est ensuite vaporisé pendant 3 minutes, 
lavé à l'eau courante, et, après que le dérivé leuco du 
colorant pour cuve a été réoxydé, savonné à la tempé- 
rature de 50-60». Les mélanges employés sont : pour la 
décharge en blanc : 400 grammes de rongalite CL, 
160 grammes d'eau, 400 grammes d'un mélange à 
parties égales de kaolin et de gomme adragante, [et 
40 grammes d'une pâte d'antraquinone à 3o p. 100; 
pour la décharge en bleu: 35 grammes d'indigo brillant 
LB en poudre, 5o grammes de glycérine, 600 grammes 
d'un épaississant alcalin, i5o grammes de rongalite C 
et 1/5 grammes d'eau. L'épaississant alcalin se com- 
pose de 60 grammes de carbonate de soude Solvay, 
140 grammes d'eau et 800 grammes de gomme (i : 1 . 

p. CARRÉ. 

VII b . — EFFETS DÉCORATIFS SUR TOUS TIS- 
SUS PAR LA SOCIÉTÉ DE TEIXTURES&APPRÊTS 

B. F. 432864). — Cette invention est relative à un pro- 
cédé pour l'obtention d'effets décoratifs, monochromes, 
ou polychromes sur tous genres d'étoffes, tissus ou 
autres analogues, soit en produisant des motifs sur des 
étoffes en pièces, conduisant alors à une fabrication 
continue, soit sur des étoffes d'une longueur détermi- 
née, comme l'oulards, fichus, châles, mouchoirs, etc. 
L'invention peut aussi être étendue aux vêlements con- 
fectionnés, tels que corsages, blouses, chemisettes et 
autres. 

Chaque motif est obtenu en coiffant des gabarits à 
l'aide de l'étoffe à traiter et en fixant celle-ci au moyen 
de liens ou ligatures appropriés. Les gabarits sont ou 
cvlindriques, sphériques, hémisphériques, coniques ou 
cylindro-coniques, cylindro-hémisphériques, etc., ou 
encore ils peuvent affecter toute autre forme conve- 
nable, être côtelés, rainés, molletés, quadrillés, présen- 
ter des figures, signes, dessins, en creux, ou en relief; 
ils peuvent également être percés d'une ouverture ou 
munis de trous, etc. 

Si le gabarit employé comporte un trou ou une ou- 
verture, on peut y introduire l'étoffé qui y est ensuite 
maintenue à l'aide, par exemple, d'un bouchon ou 
tampon pour obtenir une réserve. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



io5 



L'étolïe étant alors ainsi montée sur le gabarit, on la 
prend par les quatre coins réunis, puis on trempe la 
partie intérieure dans une teinture de couleur appro- 
priée, en teif;nant suivant la manière dite « dégradée 
ou ombrée ». 

La partie prend alors, sur toutes les parties restant visi- 
bles, alors que celles qui se Irouventsous les ligatures et 
dans les ouvertures ne sont recouvertes que peu ou pas 
du tout ; et les parties se trouvant dans les plis ne sont 
donc teintées que d'une façon irrégulière. 

On combinera de préférence, les effets de teintures^ 
de couleurs différentes, pour obtenir des dégradés des 
teintes employées, voire même des nuances nouvelles. 

Une fois l'opération de teinture terminée, on enlève 
les gabarits, l'étoffe est tendue, et les effets de coloris 
obtenus sont très variés. 

Kn effet les parties de l'étoffe serrées contre les ga- 
barits, soit par les tampons, soit par les ligatures, ont 
conservé l'aspect et la couleur qu'elles avaient avant 
cette opération, n'avant été que peu ou pas du tout 
touchées par la teinture. 

VII b . — KCIIEVEAl'.X Prot-étlé pour teiii<li-e 
les — dans un bain «•iroulanf ), par la TE.XTILMAS- 
(:ill.\l-:iV-KABI«SK B. (;OII.\E.\ (b. k. 4348 iô). — 
Les écheveaux sont placés sous forme de nappe, de 




Appareil pour teindre les éclievcau.x dans un bain 

circulant. 
Fig. 1, coupe verticale; fig. 2. coupe liorizont.ile. 

maillet ou de rouleau autour d'un tube perforé S. On 
enfile un nombre arbitraire de ces maillets d'écheveaux 
sur ce tube l'un sur l'autre et on les comprime ensuite 
au moyen d'un chapeau e. Le nombre d'écheveaux 
comprimés constitue une sorte de rouleau similaire aux 
rouleaux de bandes de cardes, de traits ou peignées ou 
de marchandises similaires. 

Les différents tubes perforés S portant les fils com- 



primés sont introduits dans une cuve à teindre K. et y 
sont reliés avec la conduite d'aspiration ou de refoule- 
ment )(' de la pompe circulatoire n pour le bain tincto- 
rial. Suivant que cette pompe est mise en rotation vers 
la droite ou vers la gauche, elle aspire ou refoule le 
liquide tinctorial à travers la marchandise. Or, comme 
par suite de l'uniformité de la masse entière le fil tant 
en ce qui concerne l'épaisseur des couches ou nappes 
qu'au point de vue de leur compression autour du tube 
perforé, le bain de teinture doit traverser la marchan- 
dise d'une manière absolument uniforme, on évite 
complètement l'inconvénient précité de voir sortir de 
l'appareil des marchandises teintes irrégulièrement. C'est 
cette nouvelle méthode d'enrouler les écheveaux de fil 
de la façon que l'on peut les enfiler sur un tube perforé 
et de les teindre ensuite qui constitue l'objet de la pré- 
sente invention. 



Vil b'. — vELorns et peluche de soie 

(IM-otlncMons <le filés ou «le scliappe de soie 
ehar^rés et teints pouvant servir à la falirica- 

( ion du —I. par MM . 8CIL\lil> FRÈRES (b. k. 435 1 55). 
— Jusqu'ici le velours et la peluche de soie à fils de 
poils teints autrement qu'en noir n'ont été fabriqués 
qu'en employant des fils de soie retors non chargés ou 
des fils de schappe à deux bouts ou brins non chaa-gés, 
parce que l'on craignait que le couteau nécessaire au 
coupage desdils fils de poils se détériorerait très rapide- 
ment à la coupe de fils de poils chargés exclusivement 
de composés métalliques et que le velours ou la peluche 
fourni par le métier serait par suite invendable. 

Les demandeurs ont reconnu qu'il était cependant 
possible d'utiliser à la production du velours et de la 
peluche de soie des fils, en soie ou en schappe, char- 
gée et teinte en couleur (c'est-à-dire en une nuance 
autre que le noir qui s'applique avec une charge en 
majeure partie végétale), si l'on a soin de faire subir 
aux filés de soie ou aux déchets de soie soit à la ma- 
tière brute des filés de schappe, ainsi qu'aux filés de 
schappe un décreusage suffisamment régulier pour que 
la charge métallique s'y applique partout d'une façon 
uniforme. Ceci s'obtient en faisant subir aux fils de 
soie écrue retors, destinés à être employés comme 
fils de poils dans la fabrication du velours ou de la 
peluche, avant ou après avoir été chargés, un décreu— 
sage au moven d'un bain de mousse de savon, ib. f. 
34.'^i73, voir Rev. gén. des mat. color., igo5 p. 58l. 

Vil b). — TEINTURES sur libres véjjtétales 
et animales, par M. F. A. BERXIIARUT (b. f. 

435252). — On a constaté que les colorants substan- 
tifs possèdent la propriété, à l'état He gèle neutre, de 
se combiner complètement, par simple vaporisation, 
avec les fibres végétales et animales. 

La préparation de ces gèles des matières colorantes 
a lieu en dissolvant le colorant dans l'eau tout en l'ad- 
ditionnant d'alcali, en agitant alors la solution dans un 
gèle résistant aux alcalis comme par exemple l'amidon 
de froment et en provoquant l'état de gèle neutre par 
addition d'acides ou de sels acides, de préférence à 
base volatile. 

Lnfin, ce qui est nouveau, c'est que les gèles colo- 
rantes suhstantives neutres, c'est-à-dire les corps sans 
pouvoir de diffusion qui se trouvent à l'étal de ne 
pouvoir pénétrer les membranes sont absorbées et 
fixées par les fibres végétales et animales à un degré 
impossible à atteindre jusqu'ici d'après aucun autre 
procédé. Kn etlet, déjà en imprégnant le tissu une 
tais entie des cylindres et en le passant rapidement à la 



io6 



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vapeur, on arrive à une véritable fixation complète 
jusqu'aux nuances les plus sombres avec 3 p. looet 
plus de colorant calculé d'après le poids de la mar- 
chandise : 

Exemple I : 

3o grammes bleu de para, 
3oo grammes eau chaude, 
5 centimètres cubes de lessive de soude à 41° B. 

Exetnple II : 

20 grammes amidon de froment, 

200 grammes eau froide, 

5 centimètres cubes de lessive de soude à 41° B. 

Ces solutions I et II sont intimement mélangées 
entre elles, puis sont diluées avec 435 centimètres cubes 
d'eau chaude, et sont enfin additionnées de 11,8 cen- 
timètres cubes d'acide chlorhydrique à 21" B. 

Par l'addition, à la lessive de soude, d'une quantité 
équimolèculaire d'acide chlorhydrique, d'acide sulfu- 
rique, de sels acides ou autres substances semblables 
à base volatile, comme le chlorure d'ammonium, on 
arrive à obtenir l'état de gèle neutre complètement 
résistant. Le tissu à teindre est imprégné au foulard 
d'apprêt, est pressé entre des cylindres compresseurs, 
puis est traité pendant 2-3 minutes a la vapeur, est 
ensuite calandre à chaud et laissé au repos à l'état 
calandre pendant une demi-heure à i heure pour être 
ultérieurement traité par une solution de paranitrani- 
line diazotée. 

Ce procédé possède, sur les procédés de foulardage 
connus jusqu'ici, les avantages très essentiels qui rési- 
dent dans la fixation parfaite du colorant de même que 
dans l'économie de vapeur et de main-d'œuvre et dans 
une augmentation de production. 



VIII. 



IMPRESSION 



§«)• 



Théorie et Généralités. 



VIII a). — COLORANTS POUR CUVE (La lixa- 
tion des — par impression et vaporisante), par 

M. V. GALLOIS (Fiirber, Zeit., t. 22, p. 3oi, 191 1). 

Après avoir rappelé que ce groupe de colorants com- 
prend : l'indigo, le ihio-indigo et leurs dérivés, les 
colorants sulfurés, et les colorants pour cuve dérivés 
de l'anthraquinone, l'auteur en examine la fixation par 
impression et vaporisage. 

Il rappelle d'abord le procédé de A. Schlieper qui 
consiste à imprimer sur tissu préalablement imprégné 
d'une solution concentrée de glucose, une pâte formée 
d'indigo, d'un épaississant et d'une lessive de soude 
concentrée. On vaporise ensuite pendant une minute 
avec de la vapeur d'eau ne renfermant pas d'air; sous 
l'influence de la soude la glucose se transforme alors 
en acide lactique en même temps que l'indigo est ré- 
duit ; cet indigo réduit sera réoxydé par l'eau aérée. Lors- 
qu'on applique ce procédé avec soin on réalise une très 
bonne utilisation de l'indigo; on obtient des impres- 
sions solides au lavage et au savonnage, qui, malgré la 
mercerisation produite par la lessive de soude sont sou- 
vent meilleures que les teintures en cuve. 

Comme la lessive de soude peut réagir sur le glucose 
pendant le vaporisage, et diminuer le pouvoir réducteur 
de ce glucose, et aussi provoquer la destruction d'une 
partie de l'indigo, il est bon d'opérer dans des condi- 
tions bien déterminées. La pâte doit renfermer de l'in- 
digo ne présentant pas trace de réduction, car la 



réduction de l'indigo avant le vaporisage est mauvaise. 
Comme les gommes renferment toujours un peu de 
sucre, il sera bon de les chauft'er d'abord à 60-80" 
avec la lessive de soude, de façon à détruire ce sucre, 
et de n ajouter l'indigo qu'ensuite. Le tissu imprimé 
sera d'abord séché et laissé dans un état d'humidité 
convenable, indiqué par la pratique, avant le vapori- 
sage par de la vapeur d'eau absolument privée d'air; 
il faut en effet que le tissu présente une humidité 
déterminée pour que la réduction de l'indigo soit quan- 
titative et pour que le sel de sodium de l'indigo blanc 
pénètre bien la fibre. L'addition de 5 à 10 p. 100 
d'huile rouge turc à la préparation de glucose se montre 
très avantageuse pour l'unisson et favorise l'élimina- 
tion de la soude pendant le lavage. 

Il a été proposé différentes modifications du procédé 
Schlieper; celle indiquée par Dathe donne des tons 
plus verts. On a essayé de remplacer la glucose par la 
maltose, la glycérine ou la dextrine, et même de sup- 
primer l'agent réducteur, en demandant à la fibre elle- 
même de réaliser la réduction, à une température supé- 
rieure à 100°. 

Lorsque les sels de l'acide hydrosulfureux firent leur 
apparition dans le commerce on chercha aussi à les 
utiliser dans l'impression en indigo. Les résultats obte- 
nus avec l'hydrosulfite de zinc ne furent pas très satis- 
faisants. L'emploi du sulfoxylate de l'aldéhyde formique 
fut plus encourageant; lorsqu'on prépare une pâte 
d'indigo avec ce composé et avec de la soude concen- 
trée la réaction est trop violente, et l'on détruit une 
assez grande quantité d'indigo par suite d'une réduc- 
tion trop avancée, mais si l'on prend de la soude suffi- 
samment diluée la réaction devient beaucoup plus 
facile à conduire. Le prix relativement élevé des pâtes 
à l'hydrosulfite est compensé par les avantages qu'elles 
présentent, il est en effet bien préférable d'imprimer 
avec une pâte préparée avec un alcali dilué, plutôt 
qu'avec une pâte préparée au moyen d'une lessive alca- 
line concentrée ainsi qu'il est nécessaire dans le cas du 
glucose. 

Ce procédé est applicable à tous les colorants qui se 
se laissent facilement réduire, et dont les dérivés leuco 
sont fixés par la fibre. 

Afin de réaliser, avec une liqueur faiblement alca- 
line, une bonne utilisation du colorant, il est à recom- 
mander l'emploi d'un épaississant fort, par exemple 
la gomme adragante. On améliore l'unisson de l'im- 
pression par l'incorporation à la pâte d'une substance 
inditterente comme l'argile. Dans le cas où l'on emploie 
des pâtes à base de soude moins hygroscopiques que 
celles à base de potasse, il est avantageux d'ajouter de 
la glycérine. 

L'addition aux cuves d'indigo, de substances facile- 
ment réductibles exerçant une action favorable on 
pouvait se demander s'il n'en serait pas de même pour 
les pâtes servant à l'impression. L'emploi de l'anthraqui- 
none a montré que l'addition de cette substance était 
particulièrement intéressante, lorsqu'on désirait rendre 
le temps du vaporisage aussi court que possible. 

Le vaporisage doit se faire avec une vapeur absolu- 
ment privée d'air, d'une humidiié déterminée, et dont 
la température soit de 100 à 102", un léijer excès de 
pression de o cm. 5 à 1 centimètre d'eau est également 
nécessaire. Il est en outre important de veiller à Ih qua- 
lité de l'eau servant à alimenter la chaudière qui pro- 
duit cette vapeur. Il faut éviter les eaux froides et aérées, 
comme les eaux de puits, et les eaux ayant séjourné 
dans des bacs. On doit préférer les chaudières à grande 
surface d'évaporation, car elles donnent un courant de 
vapeur plus régulier que les chaudières tubulaire:. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



107 



Il est intéressant de rappeler aussi la facilité plus ou 
moins grande avec laquelle les colorants pour cuve 
sont réduits, il faut en effet en tenir compte dans la 
préparation de la pâte d'impression. C'est ainsi que les 
dérivés halogènes de l'indigo se réduisent plus facile- 
ment que l'indigo lui-même. La présence de l'halo- 
gène e.\erce également une influence sur la facilité avec 
laquelle les dérivés leuco se combinent au.x alcalis ou 
aux carbonates alcalins les dérivés leuco-halogénés sont 
en général moins sulubles que les dérivés leuco non 
halogènes. En outre, l'introduction des halogènes dans 
la molécule des colorants du groupe du l'indigo aug- 
mente lavivacitéde la nuance et l'affinité pour la fibre du 
coton : on sait que cette substitution permet d'obtenir 
des nuances très variées dans les groupes de l'indigo et 
du thioindigo. 

Selon les propriétés du colorant employé la pâte 
d'impression est préparée avec un hydrosulfite forte- 
ment alcalin par une base alcaline ou par un carbo- 
nate alcalin, avec un hydrosulfite faiblement alcalin, 
ou encore avec de l'oxyde stanneux. 

La plupart des colorants indigoïdes peuvent être 
imprimés sur laine et sursoie, mais comme ces fibres 
sont sensibles aux alcalis il faudra se servir d'une pâte 
à l'hydrosulfite et faiblement alcaline par un carbonate 
alcalin. 

La solidité et la fixation rapide et facile des colorants 
pour cuve leur assurent un emploi de plus en plus 
grand dans la teinture en impression, spécialement 
pour l'obtention d'enlevages en blanc sur colorant 
direct, on sait en etfet que la plupart des colorants 
indigoïdes se laissent facilement enlever en un blanc 
pur. Malheureusement le prix élevé de ces colorants 
vient souvent en restreindre l'usage et leur mode de 
préparation ne permet pas d'espérer une diminution 
sensible de leur prix de revient. 

p. CARRÉ 

b). — Procédés. 

VIII b). — I.MPKESSIO.\ (Procédé pour pi-o- 
duireeii — oiieii teiiiliire dcsiiuanee»!» obtenues 
liiibitucllenient avec- le j~::-uaplitol. F. It.VYEK|. 

(b. F. 433350,. — Il s'agit de l'emploi de l'acide 2.1- 
naphtolcarboniquc dans l'impression des tissus et dans 
la teinture. 

D'après les publications de Nietzki et Guitermann 
(Berichte 20, 1274), on sait que sous l'mfluence de 
combinaisons diazoïques, cet acide perd son groupe 
carbonyle et se transforme en division du |s-naphtol. 
Les auteurs ont trouvé avantage à fixer de cette façon 
le ,ï-napht()l en impression pour les motifs suivants. 

Stabilité et non volatilité absolue des sels alcalins 
lors du séchage, comme lors du vaporisage; propriété 
de former des sels mono-alcalins, d'être soluble dans 
les carbonates alcalins aussi bien que dans l'ammo- 
niaque, de produire avec les sels de métaux lourds, 
tels que par exemple sels de zinc, de plomb, de ba- 
ryum, etc., des précipités insolubles et malgré cela, 
lors du parachèvement de la teinture, de s'unir sous 
toutes ces for. nés aux sels diazoniqucs, avec la même 
facilité que le [i-naphtol non substitué. 

On sait, par contre que le ,';-naphtol a l'inconvénient 
d'être volatil aussi bien sous forme de combinaison 
libre que sous forme de sel, et de créer, dans toutes 
les applications demandant un séchage ou un vapori- 
sage intensif, des difficultés qu'on ne peut guère sur- 
monter. 

Le brevet allemand n" 204.702, du 8 novembre 1907, 
a fait connaître un procédé consistant à produire au 
moyen de l'acide 2 naphto!-i-sulfonique des colorants 



,;-naphtol-azo!ques, grâce à ce fait que ses sels sont 
appliqués sur la fibre conjointement avec les nitrosa- 
mines de bases primaires, puis soumis au séchage et 
au vaporisage, ou bien uniquement au séchage seul. 

Or, c'est à cette application spéciale que racide-2- 
naph toi- 1 -su Ifonique, difficile à préparer techniquement 
à l'état pur, se trouve limité, parce que cet acide ne 
forme, pour l'industrie textile, des colorants |5-naphtol- 
azoïques que lorsqu'il est employé dans une solution 
concentrée alcalino-sodique du sel de soude. 

En effet, si l'on opère en solution neutre ou acide, 
les combinaisons de diazoniques avec l'acide 2-naphtol- 
i-sulfonique ne donnent pas de colorant p-naphtola- 
zoïque, mais, au contraire, des sels diazoïques diffici- 
lement solubles et relativement stables, ainsi qu'on 
peut le voir dans le brevet allemand n" g3.3o5, du 
21 avril iSgS. 

Mais la couleur pour impression, préparée même 
avec l'emploi de sels magnésiques, d'après le procédé 
visé par le brevet allemand n" 204.702, du 8 novembre 
1907, a le grave inconvénient d'être peu durable, ce qui 
est déjà énoncé dans le brevet en ce qui concerne les 
sels alcalins, et cette couleur entraîne un travail très 
long. Ces inconvénients disparaissent lors de l'emploi 
de colorants préparés avec l'acide 2.1-naphtolcarbo- 
nique. 

En outre, l'acide 2.1-naphtolcarbonique présente cet 
avantage considérable que, dans tous les cas entrant 
en ligne de compte pour l'impression et la teinture, il 
forme en solution neutre, acide et alcaline, avec les 
sels diazoïques, des colorants p-naphtolazoïques. 

L'emploi de l'acide 2.1-naphtolcarbonique a donné 
de bons résultats pratiques dans les cas ci-après; 

1° Dans T'application de colorants cuvés sur des 
tissus préparés avec l'acide 2.1-naphtolcarbonique, en 
vue de la production d'effets polychromes sur fond 
rouge. Pour la fixation du colorant cuvé, un vapori- 
sage de quelques minutes en vapeur humide est abso- 
lument nécessaire. Or, on sait que le fi-naphtol ne sup- 
porte pas cela ; 

2° Dans l'application de couleurs renfermant du tan- 
nin sur du tissu foulardé avec de l'acide 2.1-naphtol- 
carbonique, avec vaporisage subséquent et séchage 
intensif pour la fixation de la couleur, et avec para- 
chèvement de la teinture dans le bain diazo'ique usuel ; 

3" Dans l'application par impression de colorants- 
chromes ileuco-combinaisons de colorants à la gallo- 
cvanine, au triphénylméthane, etc.), sur articles fou- 
lardés avec de l'acide 2.i-naphtolcarbonique, opération 
dans laquelle, en vue du développement de la laque de 
chrome, il est nécessaire de procéder à un vaporisage 
relativement long; puis vient le parachèvement dans le 
bain diazoïque ; 

4" Dans la fabrication de l'article rouge-bleu au 
moyen de dianisidine, opération dans laquelle il est 
avantageux de procéder à un court vaporisage pour 
détruire par du per-sulfate l'acide 2.-1 naphtolcarbo- 
nique en excès, qui est encore susceptible de se com- 
biner; 

5" Dans la production de rouge nitrosarrine d'après 
le procédé au bain simple sur tissu écru non préparé. 
Grâce à la combinaisonde l'acide 2. i-naphtolcarbonique 
avec les différents nitrosamines (p-nitraniline, p-nitroa- 
nisidine, etc.), ce procédé au bain simple peut s'exécuter 
facilement et se caractérise parla remarquable stabilité 
de la couleur d'impression et par l'uniformité du pro- 
duit; 

6° Dans l'application par impression de noir d'ani- 
line ordinaire sur un article foulardé avec de l'acide 
2.1-naphtolcarbonique 'sel monosodique ou sel d'am- 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



monium), par exemple en vue de la production de 
l'article rouge-noir. On sait que l'article p-naphtolisé 
exige des noirs d'aniline de composition spéciale. 

Les exemples ci-après feront comprendre ces appli- 
cations de l'acide 2. i-naphtolcarbonique dans l'impres- 
sion des tissus et dans la teinture. 

Foiilardage A. — Faireunbain avec 17 a 20 grammes 
d'acide 2.1-naphtolcarbonique, 24 à 27 grammes de 
lessive de soude à 36° B., (io grammes de savon rici- 
nique à 45 p. 100, 200 grammes d'eau chaude, 
avec eau froide pour un litre de bain. 

Foulardage B. — Faire un mélange en prenant pour 
un litre de bain 17 à 20 grammes d'acide 2.1-naphtol- 
carbonique, 24 à 27 grammes de lessive de soude à 
Si")" b., 60 grammes de savon ricinique à 45 p. 100, 
200 grammes d'eau chaude, i grammes de tartre émé- 
tique, 100 grammes d'eau, 3 grammes de lessive de 
soude à 36° B., avec eau froide. 

Foulardage C. — Faire un bain avec 20 grammes 
d'acide 2.1-naphtolcarbonique, 6 grammes de soude 
calcique, 200 grammes d'eau, 35 grammes de savon 
ricinique à 45 p. 100, avec eau froide, pour un litre de 
bain. 

Exemple i. — 200 grammes de pâte indigo brillant 
B à 20 p. 100 (B. A. S. F.), 75 grammes de ronga- 
lite C, 5o grammes de glycérine, 675 grammes d'épais- 
sissant alcalin. 

Cette couleur d'impression est imprimée sur l'article 
traité préalablement avec le bain A; on vaporise ensuite 
pendant 4 à 5 minutes à vapeur humide dans le Mather- 
Plattà air libre, puis on parachève la teinture en rouge 
dans le bain usuel de diazo-p-nitrobenzol, auquel on 
ajoute 10 grammes de bichromate de soude. 

Exemple 2. — Sur l'article foulardé avec le bain B 
on imprime la couleur composée comme suit : 

35 grammes de violet moderne en poudre (Durand 
et Huguenin, Bâle), i5o grammes d'eau chaude, 
5o grammes d'acétine I p. i, 10 grammes de rongalite C, 
5oo grammes d'épaississant acide froid à l'amidon et la 
gommeadragante, 100 grammes de tannin, 120 grammes 
d'eau, 20 grammes d'acétate de chrome a ig" B. 

.Après séchage, on vaporise pendant 4 à 5 minutes et 
on parachève l'article comme dans le premier exemple. 

Exemple 3. — On fait une couleur composée comme 
suit : 

85 grammes de nitrosamine B en pâte (B. A. S. F.), 
6 grammes de lessive de soude à 36° B., 525 grammes 
de gomme adraganie i p. 10 ou d'épaississant à l'ami- 
don et à la gomme adragante, 25 grammes de savon 
ricinique à 40 p. 100, 20 grammes d'acide 2. i-naphtol- 
carbonique. 56 grammes de lessive de soude à 21" B. 
(à i5 p. 100), 8 grammes d'aluminate de sodium à 
36» B. 

Après application sur du tissu écru, on sèche, on 
laisse reposer quelques heures ou bien on fait passer 
pendant une minute par le Mather-Platt, on acidulé 
avec 5 grammes d'acide chlorhydrique à 18° B par litre 
d'eau, on dégorge bien, on savonne, on lave et on 
sèche. 

ExRMPLE. — Sur le tissu foulardé avec la prépara- 
tion C, on applique le noir suivant : 

1 I kilogrammes de fécule de maïs, 7 kilogrammes et 
deini d'amidon calciné, 96 litres d'eau, 4 kilogrammes 
de chlorate de soude, 720 grammes d'huile d'aniline; 
on fait bouillir le mélange et on ajoute alors 12 kilo- 
grammes de sel d'aniline et, par litre de couleur, 
3o grammes de sulfure de cuivre en pâte. 

On sèche et vaporise dans le Mather-Platt et on pa- 
rachève comme indiqué dans l'exemple i ; ou bien ce 
noir est imprimé à côté du rouge à la glace et certaines 



autres couleurs; on vaporise, on lave, on savonne et on 
sèche. 

VIII b). — LISIÈRES (Machine à imprimer les 

— ),par M. I{. BAIItD (b. f. 482974). — Cette machine 
comporte essentiellement une vignette constituée par 
une bande sans fin pourvue d'ouvertures ou de perfo- 
rations appropriées en coopération avec des moyens 
pour amener la quantité voulue d'encre à la vignette, 
de manière à éviter tout encrassement des orifices ou 
perforations de la vignette et assurer une impression 
nette de la lisière. 

Les autres caractéristiques qui sont : 

a) Un réservoir à encre, ou encrier, dont la paroi 
qui est en contact direct avec le côté de la vignette qui 
reçoit l'encre présente un orifice ou passage de sortie 
d'encre, en coopération avec un dispositif obturateur 



c^i^.J 




Machine à imprimer les lisières. 

qui permet d'intercepter le débit de l'encre, lorsqu'on 
le désire. 

b) Lin moyen assurant la même vitesse de mouve- 
ment de la vignette et de l'étoffe lorsqu'elles sont 
en contact l'une avec l'autre pendant l'impression. 

c) Des moyens pour entraîner l'étoffe, d'une façon 
positive, à travers la machine. 

d) LIne courroie montée sur les poulies de support 
de la vignette et dont un brin est en contact avec 
l'étoffe, et des moyens pour ajuster la pression de cette 
courroie sur l'étoffe indépendamment de celle sur la 
vignette. 

e) Un dispositif pour supporter, d'une manière ajus- 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



109 



table, le mécanisme imprimeur afin de lui permettre 
d'être facilement déplacé ou ajusté pour suivre toute 
irrégularité que présenterait le chemin de mouvement 
de la lisière dans son passage à travers la machine et 
des moyens de contrôle actionnés à la [nain pour ajus- 
ter le mécanisme imprimeur. 

/) lîn moyen pour refouler, avec pression, l'encre du 
réservoir à encre à travers les ouvertures de la vignette 
et empêcher l'encre de s'accumuler et de durcir sur les 
parois du réservoir consistant en une brosse circulaire 
rotative montée, à l'intérieur du réservoir, pour pou- 
voir tourner dans la même direction que le brin coo- 
pérant de la vignette mais à une vitesse moindre que 
cette dernière. 

g) In indicateur situé en avant du mécanisme im- 
primeur et relié avec ce dernier avec lequel il est dé- 
plaçable. 

VIII 6). — CHEMISES Impression uniforme 

des — ), par MM. J. IIAYE.M et Cie (b. f. 435ri2\ 
— Le procédé a pour but d'obtenir des tissus imprimés 
destinés notamment à la confection de chemises du 
genre dans lequel le plastron est d'un tissu différent 
comme nature ou qualité de celui du corps, mais dont 
l'impression générale doit être uniforme afin que l'ob- 
jet semble formé d'un seul et même tissu, ce qui cons- 
titue un produit industriel caractérisé par cette égalité 
d'aspect de toutes les parties de l'objet, malgré sa cons- 
titution complexe comme qualité de tissus. 

Jusqu'ici de telles chemises ont été confectionnées 
au moven de deux tissus difl'érents. Les désirs de la 
clientèle ont conduit à fabriquer des chemises ayant 
une impression générale uniforme et qui semblent être 
confectionnées en un seul et même tissu, alors que le 
plastron est généralement en tissu supérieur au tissu du 
corps. 

Si l'on veut avoir ces deux tissus de qualité différente 
avec une même impression parfaitement uniforme, on 
éprouve de grandes difficultés, l'obtention d'une im- 
pression uniforme n'étant possible économiquement 
que sur une même pièce de tissu et en une opération. 

Comme l'impression économique, surtout quand on 
la fait au rouleau, ne peut être pratiquée que pour une 
grande quantité de tissu, on se trouve oblige d'imprimer 
une quantité minimum du tissu qui se trouve toujours 
trop importante pour le tissu destiné au plastron; celui-ci 
est, en effet, généralement d'une qualité supérieure au 
tissu du corps et la quantité nécessaire pour la fabrica- 
tion d'un nombre de chemises déterminé est toujours 
inférieure à la quantité de tissu pour le corps ; même 
si cette quantité, vu l'impression d'une très grande 
quantité de tissu, devient suffisante pour pratiquer une 
opération d'impression, on n'est jamais certain que 
celle-ci sera identique à celle pratiquée pour le tissu de 
l'autre qualité et, dans tous les cas, cette nécessité 
d'identité nécessite des soins et des précautions toutes 
particulières. 

Pour arriver au but. on compose une pièce de tissu 
formée d'une longueur de tissu de l'un des deux genres 
désirés, par exemple, et d'une longueur de tissu de l'au- 
tre genre, ces deux longueurs réunies bout à bout, dans 
la proportion convenable, constituant une pièce unique 
que l'on imprime en une seule opération comme si elle 
consistait en un seul tissu. Avec une pièce de tissu 
ainsi composée, on dispose de la longueur nécessaire 
pour entreprendre industriellement une opération d'im- 
pression au rouleau, on est certain d'avoir une impres- 
sion uniforme sur les deux genres de tissu, et on ob- 
tient ces deux genres de tissu dans la proportion con- 
venable pour la confection d'un nombre déterminé de 



chemises sans qu'il reste une certaine quantité non uti- 
lisée du tissu employé dans la proportion la plus fai- 
ble. 

VIII b'.— IMI>Hi:SSIO\aveolcs colorants «les 
«■arl>azol-in(loi>liénois, par MAL L. CASSEIXA & 

<:''■ (b. F. 4'35537'). — Exemple d'impression. — On fait 
digérer pendant une nuit 3o grammes du colorant du 
brevet n" 412012, sous forme d'une pâte à 20 p. 100, 
avec i5o grammes de bisulfite de soude à 35" B.; on y 
mélange aussi à froid : 

5o grammes d'eau : 

60 grammes de glycérine; 

40 grammes d'acide acétique 6° B. ; 

80 grammes d'acétate de chrome 20° B. : 

470 grammes d'épaississant neutre d'amidon de blé 
et de British-gum. 

On imprime sur le tissu de coton et vaporise sans 
pression. Après vaporisage, il suffit d'un simple la- 
vage. 

B F. 412012 (voir Rev. gén. mal. col., 1910). 

IX. — APPRÊTS 
§ a). — Théorie et Généralités. 

IX a). —SOIES (Traitement protecteur des — 
cliarffées), par M. O. .MEISTEK {Zeit. f. angew. 
Chem., t. 24, p. sSgi, 1911). 

Les soies fortement chargées peuvent subir deux 
sortes principales d'altération • le développement de 
taches, qui paraissent dues à la présence des chlo- 
rures, et une diminution de la solidité qui se produit 
après exposition à la lumière solaire et aux agents 
atmosphériques. L'influence nuisible des chlorures est 
due, probablement à la formation de chlore libre 
par l'action catalytique des oxydes de fer ou de cuivre, 
tandis que l'effet de la lumière solaire a été attribué 
à une sorte d'action électrolytique dont le résultat 
serait de provoquer des réactions oxydantes et réduc- 
trices. Certaines substances notamment les thiocya- 
nates, exercent une influence protectrice marquée, sans 
doute par ce qu'elles empêchent l'oxydation, la thio- 
urée, les hyposulfites et l'hydroxylamine exercent une 
influence analogue. L'auteur recommande particulière- 
ment la combinaison de l'aldéhyde formique avec le 
bisulfite, sous sa forme la plus stable, c'est-à-dire 
l'acide méthylène-glvcolsulfonique qui réunit les pro- 
priétés réductrices de l'aldéhyde formique avec celles 
du gaz sulfureux. Une soie chargée à So-yo p. 100 fut 
traitée par 1, i, 5 et 3 p. 100 de formol bisulfitique 
et exposé pendant2 1 jours à une lumière solaire intense^ 
ce qui suffit à provoquer l'altération des matières colo- 
rantes les plus solides. La diminution moyenne de la 
solidité de la soie fut extrêmement faible, bien que 
l'élasticité du tissu se soit fortement altérée. L'élasticité 
ne constitue d'ailleurs un facteur imoortant que pour 
les soies devant être tissées, sa diminution est moins 
grave pour une soie déjà tissée. Il semble que la tension 
de la soie sous l'influence de la lumière soit le résul- 
tat d'une modification semi-physique de l'état colloïdal 
de la soie ou de la substance qui constitue la charge; 
on peut en diminuer l'effet par l'extraction de la charge 
au moyen de l'acide fluorhydrique. 

p. CABRÉ 

;; b). — Procédés. 

IX b). — IMPERMÉABILISATIO.X des flbres 
vést^taies. par M. G. BURET (b. f. 435577). — 
Ce procédé consiste essentiellement à préparer une 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



solution à chaud de gélose (agar-agar) — ou au- 
tres végétaux similaires à corps gélatineux — seul ou 
avec gélatine, colle forte, gommes, dextrines, sucre, 
saccharose, glucose, dans de l'eau contenant de la gly- 
cérine. On plonge les fibres que l'on veut imperméabi- 
liser dans cette solution, jusqu'à absorption; on les 
trempe ensuite dans un bain froid de bichromate de 
potasse et de formaldéhyde avec de l'alun, ayant pour 
but le tannage des fibres. 

IX b). —CUVE A APPRÊTER, par MM. GROSZ- 

MARflV (b. F. 435229). — Les douves en bois usuelles 
sont remplacées par de forts fers plats 3 que l'on passe 



dans les mortaises 2 des douves i, et sur lesquels fers 
on enfile librement les douves. Ces fers plats, qui rem- 
plissent les fonctions de plaques d'ancrage, sont reliés 
aux cercles 5 que l'on peut tendre de la manière con- 
nue à l'aide de vis 4 à filetages contraires, par des 
écrous 6 dont les tiges ou boulons 10 traversent libre- 
ment des trous 7 et 8 allongés dans le sens de la lon- 
gueur, des cercles et des douves, ces tiges ou boulons 
se fixant dans des trous taraudés 9 des plaques d'an- 
crage 3, pour relier ainsi rigidement les douves aux 
cercles, en sorte que la paroi tout entière forme un en- 
semble rigide et résiste parfaitement par lui-même aux 
fortes pressions latérales. On peut réaliser une solidité 



Fig. 1 



G 


1 






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(^-s— « c 0'- .< oji-»i)u« - » ■„ „-„--i,:.vrm 












1 




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^ 










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P 



Fiô.2 




Fiô.3 





.^0 




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m 





Cuve à apprêter. 
Fig. I, élévation; fig. 2, coupe 2,2. 



encore plus grande en disposant, conformément à la 
figure 4, entre le cercle 5 et la paroi latérale, un fer 
en U 1 1, qui s'étend sur toute la longueur de la paroi, 
lequel fer est évidemment muni aussi de trous allongés 
pour les tiges 10 des écrous 6. 

IX b). — AVIATIOX (Apprêt pour tissu des 
tîué aux appareils d' — ), par M.\l. GAICHER et 
C. GE-\ROT (b. F. 433808).'— D'après les auteurs, la 
toile caoutchoutée pour les appareils d'aviation offre de 
nombreux inconvénients. Sous l'action de la pression 
de l'air, elle s'allonge, se déforme et se plisse ; dans les 
appareils à gauchissement des ailes, la toile caoutchoutée 
ne revient pas à sa forme primitive après qu'elle a été 
distendue par une manœuvre de gauchissement, mais 
elle reste allongée et gode, ce qui est un grand défaut. 
De plus, cette toile caoutchoutée n'est pas complète- 
ment imperméable ; elle a un coefficient de frottement 
sur l'air assez important; enfin elle est sensible à l'ac- 
tion de la lumière solaire, de la chaleur et de l'humi- 
dité, qui la désagrègent et la rendent cassante. 



Le nouveau tissu ne présente aucun des inconvé- 
nients précédents, mais possède, au contraire, les qua- 
lités opposées à ces inconvénients. 

Ce nouveau tissu est constitué, en principe, par une 
toile de coton, de lin, de soie, ou autre textile, sur le- 
quel on a appliqué une dissolution d'acétate de cellu- 
lose, qui, après séchage, laisse sur cette toile une pelli- 
cule adhérente, résistante, très lisse et très brillante, 
faisant corps avec le textile lui-même. 

De préférence, l'acétate de cellulose est dissous dans 
le chloroforme et l'acétone. On peut indiquer, à titre 
d'exemple, les proportions suivantes d'un mélange, qui 
donne de bons résultats : 

Acétate de cellulose 10 parties. 

Chloroforme 80 — 

Acétone 10 — 

Cette solution est appliquée sur la toile, à la main ou 
mécaniquement. 

Une partie de la solution pénètre dans les fibres des 
fils de la toile et dans les interstices entre ces fils ; une 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



autre partie reste à la surface. Après séchage, le pro- 
duit appliqué fait corps avec la toile, ce qui s'explique 
par l'affinité qui existe entre les dérivés de la cellulose 
et les corps naturels à base de cellulose; il forrrie sur 
la toile une surface absolument unie et glacée. 

L'application de la solution d'acétate de cellulose sur 
le tissu a pour résultat de modifier notablement les pro- 
priétés physiques de ce dernier. On constate, en etîcl, 
que, pendant le séchage, les libres des fils de chaîne et 
de trame se raccourcissent et que le tissu se resserre. 
En même temps, sa résistance mécanique est augmen- 
tée, comme on peut le vérifier par des essais dynamo- 
métriques. L'augmentation de la résistance du tissu 
comparativement aux tissus ordinaires et aux tissus 
caoutchoutés, dont la solidité est moindre que celle 
des tissus ordinaires, rend l'application du nouveau 
tissu très intéressante dans les appareils d'aviation où 
les surfaces sont parfois soumises à des pressions con- 
sidérables. 

D'autre part, le nouveau tissu présente des qualités 
élastiques, que ne possèdent ni le tissu ordinaire, ni la 
toile caoutchoutée. Lors des manœuvres de gauchisse- 
ment, dans les appareils qui emploient ce moyen d'é- 
quilibrage, le tissu est soumis à des extensions, après 
lesquelles le tissu ordinaire et la toile caoutchoutée 
restent allongés et font des plis, ce qui est très préjudi- 
ciable au bon fonctionnement des appareils d'aviation. 
Au contraire, le nouveau tissu reprend sa forme primi- 
tive après la manœuvre de gauchissement, sans allon- 
gement et sans déformation. 

La surface du nouveau tissu est absolument lisse ; 
par suite, le frottement entre le tissu et l'air est considé- 
rablement diminué. 

Enfin, le nouveau genre de tissu ne s'altère pas par 
les variations de température, la chaleur, l'humidité et 
les autres causes qui détériorent la toile caoutchoutée. 

Les mêmes qualités rendent le nouveau tissu appli- 
cable à la constitution des aéronats, soit pour former la 
partie extérieure de l'enveloppe, soit l'enveloppe entière, 
et aux cerfs-volants. 

Le nouveau tissu peut être rendu opaque ou coloré 
à l'aide des produits généralement usités mélangés à la 
solution. 

L\ b). — .MERCEUISAGE fPurincation et clari- 
fication, par la chaux, des lessives de soude 
avant servi au — ), par M. M. PETZOLD (b. f. 

435685). — Le procédé repose sur la remarque qu'en 
ajoutant de l'argile à la masse de réaction il se forme 
vraisemblablement une combinaison mécanique ou 
mécanico-chimique de l'argile avec l'apprêt contenu 
dans la lessive usée. La quantité de chaux nécessaire 
pour l'élimination de l'apprêt ou la macération peut 
être notablement amoindrie. On emploie de préférence 
de l'argile séchée à l'air, sous forme de poudre qui soit 
aussi peu soluble que possible dans la lessive de soude. 

Grâce à cette addition d'argile, on réussit, par exem- 
ple, à macérer une lessive usée qui exigeait, pour 
5.000 litres, t>2o kilogrammes de chaux caustique et 
i5o kilogrammes de soude (ou, par conséquent, quand 
on compte pour la caustification de la soude 120 kilo- 
grammes de chaux caustique, 5oo kilogrammes de 
chaux caustique étaient nécessaires pour éliminer l'ap- 
prêt) avec une addition de 125 kilogrammes d'argile et 
123 kilogrammes de chaux caustique, suffisamment 
pour pouvoir réduire par évaporation la lessive purifiée 
et obtenir le plein effet de mercerisage lurs de la réuti- 
lisation. 

Par conséquent, au lieu de 5oo, on n'ajoute encore 
que 25o kilogrammes de substance solide. 

L'addition d'argile agit déjà également à une chaleur 



de beaucoup au-dessous de la température d'ébulli- 
tion. 

Dans quelques cas, on peut réaliser d'une manière 
suffisante l'épuration à la température à laquelle la 
lessive usée vient de la machine à merceriser, par con- 
séquent à une température d'environ 3o à 5o" C, une 
plus grande économie de temps et d'argent étant ainsi 
réalisée. La pratique a démontré qu'il est préférable 
d'ajouter à la lessive à régénérer une faible quantité 
d'un agent dit de floconnemerit, le précipité extrême- 
ment fin et souvent difficilement filtrable affectant 
ainsi une forme fioconneuse, se déposant en se clari- 
fiant et pouvant se filtrer beaucoup plus facilement. On 
utilise comme tel de préférence un sel de plomb solu- 
ble, par exemple du sel de saturne (acétate de plomb;, 
qui est introduit, en remuant, sous forme de solution 
dans le mélange, après quoi il se produit aussitôt une 
sorte de coagulation du précipité. 

Mais, tandis qu'en employant de la chaux seule (ou 
respectivement de la chaux et de la soude) on doit 
effectuer cette addition avec une prudence extrême, 
parce que autrement du plomb, probablement du plom- 
hate de sodium, entre en dissolution et s'introduit dans 
le procédé de mercerisage, ce qui produit facilement 
des perturbations lors de la teinture ultérieure; on 
peut, grâce au procédé suivant l'invention, avec l'addi- 
tion de sel de saturne (acétate de plomb) en ajouter 
sans inconvénients jusqu'à 2 3 2 kgr. 5oo par 5. 000 
litres de lessive usée, quantité qui correspond au 
maximum d'effet de floconnement. 

l.\ b). — TISSUS IWIS (Transformation des 
— ou fa<;onnés , par MM. RATIGMER et 

11. l'ERVILHAC (b. F. 43218.=)). — Pour donner à 
l'endroit des tissus unis ou façonnés un aspect 
mousseux dû à une légère détension des brides for- 
mées par la chaîne, sans déformation apparente de l'en- 
vers, on fait adhérer le tissu à la surface d'une feuille de 




caoutchouc ou autre matière élastique préalablement 
tendue; on laisse revenir celte feuille à son état 
normal, elle entraine le tissu dans son retrait et pro- 
duit l'effet cherché. 

La figure représente le si.héma d'un dispositif à 
marche continue, remplissant ce but, et dont l'organe 
essentiel est un tablier sans fin a en caoutchouc d'une 
certaine épaisseur, environ un centimètre, passant d'un 
côté sur un cylindre creux b pouvant être refroidi à 
l'intérieur, et d'un autre coté sur un rouleau c de dia- 
mètre plus petit, pourvu de moyens de tension. 

Le tissu t venant d'un rouleau ou autre support, 
l'envers tourné en dessus, passe d'abord sur un rou- 
leau d situé au-dessus du rouleau c, puis redescend 
pour s'engager entre le tablier en caoutchouc et un 
rouleau presseur e suit la surface inférieure du tablier 
et s'en détache en/, après avoir contourné le cylindre 
b sur la moitié environ de sa circonférence. 

.A la partie supérieure du rouleau d est disposée une 
racle ^ s'appuyant sur l'envers du tissu au moyen de 
ressorts ou de contrepoids ; à l'arriére de cette racle on 
fait arriver une certaine quantité de matière sirupeuse, 



BREVKTS FRANÇAIS 



qui recouvre l'envers du tissu d"une légère couche dont 
le superflu est retenu par la racle; le tissu ainsi englué 
vient s'appliquer sur le tablier en caoutchouc a, à la 
surface duquel il reste adhérent, jusqu'au point/. 

Au moment où le tissu vient adhérer à la surface 
extérieure du tablier, celle-ci. par suite de sa courbure 
prononcée et de l'épaisseur du caoutchouc, se trouve 
sensiblement plus tendue que la surface intérieure, 
mais l'équilibre se rétablit dés que le tablier reprend 
sa marche en ligne droite: la surface extérieure subit 
alors un léger retrait dans lequel elle entraine le tissu 
qui lui est adhérent. Ce retrait a pour effet de détendre 
les brides de la chaîne et de donner au tissu l'aspect 
mousseux cherché. Le tissu est fixé à cette forme par 
un vaporisage, puis séché et ensuite refroidi sur le 
cylindre b traversé par un courant d'eau ou d'air 
froids, et finalement séparé du tablier en /. 

Le tablier est ensuite nettoyé par une racle h avant 
de revenir en contact avec le tissu. 

IX 6 . — TISSl'S(.\pprètethuiiieo(ationdes— I, 
par .\1.\L RICHARD frères ib. f. 435ooq . — Le liquide 
servant à l'humectation est contenu dans une bas- 
sine a, disposée pour être chauffée au besoin; cette 
bassine porte un rouleau p plongeant dans le liquide 
et est surmontée des rouleaux exprimeurs/ et c, pres- 
sés l'un contre l'autre par une bascule à contrepoids / 
qui soulève le rouleau inférieur/. Ce dernier est recou- 
vert d'une garniture souple, caoutchouc ou autre ma- 
tière, tandis que le rouleau fixe e est recouvert en 
toile. 

A la partie supérieure sont montés deux rouleaux 
semblables c et d, le rouleau mobile c à garniture souple 
étant placé en dessus et pressé par la bascule à con- 
trepoids q, qui peut être relevée au besoin par les 
cames n. .Au-dessous du rouleau fixe d est placée une 
bassine /, destinée à recevoir le liquide en excès. 

La toile sans fin ou doublier m marchant dans le 
sens des flèches, passe sur le rouleau inférieur^ plon- 
geant dans le liquide, puis entre les rouleaux expri- 
meurs/et e. desquels il sort convenablement impré- 



gné; il passe ensuite sur le rouleau de renvoi o, puis 
entre les rouleaux c et d, et enfin sur le rouleau de 
renvoi r, d'oij il retourne à la bassine ff. 

Le tissu / se déroulant du rouleau a, prend contact 
avec le doublier en o, passe avec lui. entre les rouleaux 
presseurs c et d et le suit jusqu'en r. d'où il se rend 
au rouleau enrouleur b. Le tissu est ainsi humecté 



J^' 




régulièrement par le doublier sans avoir traversé le 
liquide humecteur. 

On pourrait aussi enrouler le tissu sur un rouleau 
tel que le rouleau k, figuré en pointillé, mis en mou- 
vement par simple contact avec le rouleau c. 

Dans le cas où l'on emploierait comme doublier une 
toile en grande longueur, cette toile i serait enroulée 
sur un rouleau h, passerait, suivant le tracé pointillé, 
sur les rouleaux p. f. e pour se charger de liquide, 
puis viendrait en contact avec le tissu comme ci-des- 
sus et s'enroulerait sur le rouleau i. 



BREVETS FRANÇAIS PUBLIÉS JUSQU'AU loMARS 1912(1) 



11. — PRODUITS CHIMIQLE.S 

§ b). — Minéraux. 
Agent de cliloruratinn et son procédé d'obten- 
tion ' Fab. de prod. de Laire' (b. f. 4340)07, du gdéc. 
1910-16 fév. 191 2 . 

Procédé pour la conservation des solutions 
aqueuses 'Au bîoxyde d'hydrogène [A/. 

Schlangh] (b. f. 435572, du 28 déc. igio-D mars 

1912 :. (.-Vnalysé p. c6). 

.S c). — Organiques. 
Procédé pour la production d'un composé sul- 
Tureux et alcalin avec du formaldéhyde G. 

Le.ï)'/^ (B. F. 434914, du 5 cet. lon-iôlev. 1912). 

Procédé pour la production de l'isoprène \Ba- 
dische] (b. f. 4353i2, du 14 oct. iQii-27 fév. 1912). 

.Vgent de chloruration et son procédé d'obten- 
tion [Fabrique de Laire b. f. 434907, du 9 déc. 
1910-16 fév. 1912). 

(îi Pour se procurer l'un quelconque de ces brevets, il 
sulfit d'envoyer à la Revue i fr. 5o en mandai-poste, en 
timbres français, ou timbres-coupons internationaux. 



Emploi de la monochloro-urée à l'état pur. 

Procédé pour préparer des Torniiates de chrome 
ou d'aluminium '.A. Wolff] s. f. 435446, du 
19 août 191 1-29 fév. iqi2 . 

PcrTectionnements à l'extraction et à la fabri- 
cation de la crème de tartre et de l'acide 
tartrlque[f/. Cornette & L. Fancheu.x s. f. 43591 5, 
du 9 janvier 1911-13 mars 1912). 

CELLULOSE. — Procédé pour la récupération 
des dissolvants volatils des étiiers cellulo- 
siques [.4. W'o/i/] (B. F. 435742, du 27 octobre 191 1- 
8 mars 1912). 

111. -MATliCBES COI.OK.WTES 

.5 c). — Organiques artificielles. 

.AZOIQL'ES. — Perfectionnements dans la fabri- 
cation des laques | Wulfing, Dahl]. (b. f. 435705 
du 16 août 191 1-8 mars 1912.) 
Les colorants : 

.Aniline azo ; naphtol 4 sulfo 
o toluidine azo / napthol 4 sulfo 



Revue Qémérrle des Mrtières CoiORniiTEs. 
ÇOLORRMTS ClBR ET ÇlBRNOME 



(BREV. S. Q. D. Q.) 




Gris: Gris Ciba B en pâte 



il! 



Vert clair: Bleu Cibanone 3 G en pâte 
Brun Cibanone B en paie 

Vert foncé: Bleu Cibanone 3 G en pâte 
Jaune Cibanone R en pâte 

Bleu: Bleu Ciba 2BD en pâte 



Violet: Violet Ciba 3 B en pâte 
Bronze: Bleu Cibanone 3 G en pâte 
Brun Cibanone B en pâte 









Héliotrope Ciba B en pâte 



Société pour l'Imdustrie Chimique r BAle 

USINE-SCJCCURSBLE ?» ST. FONS PRÈS LYOM. 



BREVETS FRANÇAIS 



ii3 



forment des laques de calcium ou de baryum solides à 
la lumière et à l'huile. 

l'rooéilé (le rahricutiuii «le «•«•loraiits iiiuiioaxoï 
«lues uuirsiS de propriétés lin»>si<|iies | A/t'i-î/erJ 
(B. F. 435789 du 28 cet. 1911-9 mars 1912. 
Ces colorants : 

Safranine dialkvléestymétrique -f 
/ aryl 3 méthyl 5 pyrazoline 

teignent en noir le coton mordancé ou non. 

Procédé pour la préparation des ooloranls 
pour coton diazotables[Z-. Cas.îe//a](B. F. 4358o5 
du 6 janvier 191 1-1 1 mars 1912). 
Les dérivés diminazol oblenuspar lacondensalion de 
phenvlène ou naphtvlène diamino sulfo avec l'amino- 
bcnzaldéhyde bisultité (ou l'aldéhyde nitrée et réduc- 
tion I diazotés et copules avec une aminé ayant une po- 
sition libre en para fournissent des colorants solubles 
qu'un diazotage sur fibre rend solides aux acides et au 
lavage. 

Procédé de fabrication de colorants substan- 
tif» résistants aux acides ;.\/fi,s-/t'r; (b. f. 433932 
du 3 nov. 191 i-i3 mars 1912 '. 

Combinaison de : 

p. aminobenzyl sulfo -•- pi amino-benzyl 2. 3. 7. 
aminonaphtol sulfo ■+- Ji naphtol. 

Le colorant teint le coton en orangé pur et intense. 

Procédé de fabrication de colorants azoïques 
de la série de l'autliraquiniiue [Meister] (b. f. 
434464, du 20 sept. 1911-3 févr. 1912). 

Combinaison des diazo-amino-anthraquinones sul- 
foniques avec des arylamides acéto-acétiques. 

Les colorants teignent, en jaune très vit, la laine et la 
soie. 

Procédé de fabrication de matières colorantes 
ortlioxy-azoïques [Kalle\ (b. f. 434403, du 2 sept. 
191 1-2 févr. 1912). 

Combinaison des chloro 1-2 ou 2-1 diazo-oxynaphlalène 
sulfoniquesavecdes composantsde matières colorantes: 
phénols, a ou |5 naphtol, aminés, pyrazolones. 

Les colorants, après chromatage, donnent des 
nuances allant du noir bleuté jusqu'au noir verdàtre, 
solides à la lumière et au potiing. 

INDIGO. — lndi$;;os halogènes et leurs procé- 
dés d'obtention [E. kun{\ (b. k. 435798 du 3o août 
191 1-9 mars 1912). 

L'indigo est halogène par l'électrolyse des sels halo- 
gènes de pyridine en solution dans le nitrobenzène. 

Le sel est décomposé en pvridine et halogène qui se 
fixe sur l'indigo. 

Production de dérivés lialu;;<'Miés de rindijt;o 

[Ind. Chim.] (8° add. 14827. du 3 déc. 1910-19 fév. 
1912, au B. F. 375514. 

On fait agir le bromhydrique sur l'indigo ou ses 
dérivés déjà halogènes en présence de sulfurique mo- 
nohvdralé fumant ou de chlorosulfurique. 

COLOR.ANTS SOUFRÉS. - Production de colo- 
rants lialo$;énés teignant en cuve à la ma- 
nière de l'indijro 7jic/. Clum.](2° add. 14390, du 
28oct.-ii janv. 1912, au b. f. 392627). 

Condensation des amino-oxythionaphténe carboxyli- 
cjues avec l'acènaphtène-quinone ou ses dérivés et ha- 



logénation des produits formés. Les colorants teignent 
la laine en nuances allant de l'orangé au brun. 

Procédé pour la préparation de produits de la 
série des indopliéiiuls dérivés du /)-nitros«»- 
pliénol et de l'acid*^ carbazol carbonique et 
de matières colorantes qui en dérivent 

'L. Cassclla ^a. f. 434139, du 16 nov. 1910-23 janv. 
1912). 

L'indophénol formé est plus soluble dans les liquides 
alcalins que celui dérivé du carbazol non carboxylé. 

Chaufté avec une solution aqueuse ou alcoolique de 
polvsulfure alcalin, on obtient des colorants soufrés tei- 
gnant du bleu au noir. 

Production de colorants de la série antlira- 
cénique tci$;nant sur cuve [Badischc] (b. f. 
434831, du 25 sept. 1911-14 fév. 1912). 

La méthyl-benzanthrone (p. f. 199° C. du d. p 20o335), 
par nitration fournit un dérivé mononitré fondant à 
243"C. Ce dernier, chauffé à 2 20-240''C. avec du soufre, 
se transforme en un colorant teignant le coton en bleu 
passant au vert bleu par lavage et séchage. 

OX.\ZI.\LS. — Procédé de production de cou- 
leurs de la série des oxazines tei^^uant sur 
mordant [Bayer] (i''"= add. 14665, du 10 aoùt- 
29 janvier au b. f. 429965). 

.Action du /'-amino-phénol sur le gallamique. 

Le colorant est analogue à celui obtenu en parlant du 
benzène azophénol. La laque de chrome est violette. 

12'^add. I4683du ibaoùt i9ii-29Janv. 19121. Action du 
bisulfite sur les oxazines. Le colorant formé donne une 
laque violet brun solide au chlore et au lavage. 

.ANTHHACÈNL. — .\ouveaux produits de con- 
densation de la série antliraquinonique \Ba- 
dische] (b. f. 434999, du 7 octobre 191 1-17 fév. 1912). 

Condensation, avec l'urée ou la thio-urée des aldéhy- 
des ou dérivés tu dihalogénométhylés de la série anthra- 
quinonique, à 1 20-1 5o"C., en présence d'un solvant, py- 
ridine, quinoléine, etc. 

Les colorants formés, teignent le coton sur cuve à 
l'hydrosulrite en jaune brun passant au jaune franc, 
par un savonnage bouillant. 

Procédé de production d'alizarine ou doxj-an- 
tbraquinones [F. Bayer] (B. f. 435 11 8, du 10 octobre 
191 1-22 février 1912. 

On chauffe 3 à 4 jours, à i8o-200''C. de l'anthraqui- 
none avec un oxydant (nitrite), une lessive de soude et 
du sulfite de soude cristallisé. 

La nuance dissoute dans l'eau est oxydée par un cou- 
rant d'air et filtrée. L'alizarine isolée est très pure. 

IV. — FIBRES TE.VTILES 

§ c). — Artificielles. 

ÉTHERS DL CELLULOSL. — Procédé pour la 
fabrication de nouveaux étliers <le la cellu- 
lose et de leurs produits de transformation 

IH. Dreyfus] (3'- add. 147S3 du i3 sept. 1911-12 fév. 

1912 au B. F. 432046). 

La réaction du brevet principal doit s'elfectuer de 
préférence à la température ordinaire et même en re- 
froidissant au-dessous. 

Procédé de fabrication d'acétate de cellulose 



114 



BREVETS FRANÇAIS 



et de malières plastiquetîi k base d'acétate 

[L'Oyonnaxienne] (b. k. 432751, du 29 juillct-i5 déc. 

191 1). 

La cellulose est acétylée par l'anhydride formé directe- 
ment par l'action de l'anhydride sulfurique sur le tétra- 
chlorure de carbone en présence d'acétique. 

Procédé pour la production d'esters de la cel- 
lulose [Act. Gesell.] (b. k. 435507, du 20 oct. 1911- 
4 mars 1912). 

L'hydrocellulose, l'oxycellulose ou leur mélange sont 
traités par un anhydride d'acide en présence de chlore 
ou de brome. 

Procédé permettant de rendre imperméables 
les lllms, pellicules, fils, etc., en soie arti- 
ficielle du genre Chardonnet [J. Bourgeois, 
E. Nieuviarts et Vve Ch. de Clcrcq,née Vaudepitle\ 
(b. F. 434602, du 3o nov. igio-Sfév. 1912). 

On fait circuler les films, pellicules ou fils dans un 
bain de pétrole et sèche ensuite, ou on incorpore dans 
la composition elle-même, une quantitéappropriée de 
pétrole. 

Masse plastique pouvant s'étirer en fils inso- 
lubles dans l'eau ayant l'apparence de la 
soie et du crin artificiels, et son procédé de 
fabrication. [Fuchy A. C] (b. k. 433956 du,io mars 
1910.) 

Il s'agit d'un mélange de gélatine et de sulfate d'am- 
moniaque. 



VII. — TEIKTURE 



b). 



Procédés. 



Teinture des fibres animales \H. R. Vidal\ (b. f. 

431971 du 24 sept. 1910-24 nov. 1911). 

On obtient des nuances plus vives en introduisant 
dans les solutions du b. f. 391465 (voir Rev.gén. Mat. 
color., avril 1909, p. 64) des fibres imprégnées d'o.xy- 
dants. En introduisant dans la solution 1 o à 20 p. 1 00 
de sulfite du poids de la matière à teindre; le poil des 
pcau.\ seul se teint, le cuir reste blanc. 

Procédé pour l'obtention d'elTets décoratifs 
sur tous tissus [Société anonyme de teinture et 
d'apprêls\(a. F. 432864 du i3 oct. 1910-18 déc. 1911) 
(Analysé p. 104). 

Procédé de teinture sur fibresvé<;élales et ani- 
males [F. A. Bernhardt] (b. f. 435252 du 7 août 
191 1-26 fév. 1912) (Analysé, p. io5). 

§ c. — Machines et appareils. 

Procédé et appareil pour teindre, laver, dc- 
Sorjçcr et effectuer tout autre traitement 
analogue des filés en écheveaux [J. SchlumpJ] 
([" add. 14575, du 21 juin. 1911-11 janv. 1912, au 
B. F. 421183) (Analysé p. 77). 

Métbodes et appareils pour la teinture des fils 
en écheveaux [H. Giesler] (b. f. 433709, du 
29 août 191 1-1 5 janv. 1912) (Analysé p. 77). 

Perfectionnement dans les appareils pour la 
teinture des matières textiles par circula- 



tion, sous pression, du bain de teinture 

[H. Giesler] (b. f. 434317, du 18 sept. 1911-31 janv. 
1912) (Analysé p. 79). 

.^lachine à teindre en cuve [.4. Ashworth] (b. f. 
434254, du i5 sept. 1911-30 janv. 1912) (Analysé 
p. 80). 

VllI. — IMPRESSION 



§*)■ 



Procédés. 



Flammé cama'i'eu obtenu par c binage et tein- 
ture en pièces [Emile Roussel et fils] (b. f. 434394, 
du 24 août 191 i-i'='' fév. 1912) (Analysé p. 80). 

Brosse à imprimer les étoffes [J. Zoher] (b. f. 

433388 du 16 août 191 1-5 janv. 191 2) (Analysé p. 81). 

Procédé d'obtention de tissus à impression 
uniforme et produit industriel qui en ré- 
sulte [J. Hayem et O"] (b. f. 435 i 12, du i5 déc. 1910- 
22 fév. 1912) (Analysé p. 109). 

Procédé pour produire, lors de l'impression 
et de la teinture des tissus, les nuances 
obtenues habituellement avec le naphtol 

[F. Bayer] (b. f.43535o, du 16 octobre 1911-27 fév. 
1912). 

Machines à imprimer les lisières [R. Baird 
(B, F. 432974, du 4 août-21 déc. 191 1) (Analysé 
p. 114). 

Procédé pour la préparation de composés bi- 
sulfites des colorants dérivant des carbazol- 
indophénols [/^. Ca.ssella] (b. f. 435537, du 27 déc. 
1910-4 mars 1912) (Analysé p. 109). 



*)• 



Procédés. 



Xouveau procédé de tissu applicable particu- 
lièrement aux appareils d'aviation et son 
procédé de fabrication [M. Gaucher & C. Genrot\ 
(b. F. 435808, du 7 janvier 191 1-1 1 mars 1912) (Ana- 
lysé p. 1 10). 

Perfectionnement au savonnage des matières 
textiles [Schmid frères] (b. f. 434450, du 26 nov. 
19 10-2 févr. 1912) (Analysé p. 62). 

Perles cristal ou gouttes d'eau pour applica- 
tions sur mousseline ou autres tissus [J.-F. 
T/'idoif/e/] (b. F. 434569, du 21 sept. 191 1-7 fév. 1912). 
(Analysé p. 81). 

Procédé de préparation des tissus pour ailes 
d'aéroplanes dirigeables et autres applica- 
tions [l.educ, Heit^Jf C"] {1''" add. 14580, du 22 juill. 
191 1-1 1 janvier 1912, au b. f. 431692'). 

Procédé concernant l'obtention d'amidons so- 
lubles nouveaux de pouvoir adhésif et char- 
geant très élevé pour l'industrie des apprêts 

[G. Rival] (b. F. 433726, du 3 nov. 1910-15 janv. 1912) 
(voir Rev. du blanchissage, du blanchiment et des 
apprêts, févr. 1912). 

IMPERMÉABILISATION. — Procédé permettant 
d'obtenir rapidement l'imperméabilité des 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



ii5 



(issus [G. Rirat] (b. f. 433727, du 3 nov. 1910- 
i5 janv. ign) (Analysé p. 81). 

Procédé pour riniperniéabilisafioii e( le (mi- 
nage «le libres véfjélales ou animales (elles 
i|ue jute, chanvre, lin, raniie, alTa, colon, 
laine, soie e( feulre, sons Tornie de semelles, 
(issus, sacs, noiamment, ou sous (oiiteaulre 
forme [G. [iurel]{B. F. 435577, du 23 oct. igii-5 
mars 1912) (,'\nalysé p. log). 

MERCERISAGE. — Procédé pour purilier e( 
clariiler par un (rai(emen( avec de la cliaiix 
les lessives de son<lc ayani servi au nierce- 
risage [M. Pet^oUi]. (b. k. 435683 du 26 octobre 
1911-7 mars 1912) (yVnalysé p. 111). 

§ c). — Machines et appareils. 

.MERCERISAGE. — Procédé et dispositif pour le 
merccrisase du coton en éclieveaux [P. Hahn ^ 
(B. F. 433516, du 23 sept. 191 1-6 février 1912). 

EXCOLLEUSE. — Perfectionnements appor(cs 
aux encollenses pour (]!•« de chaîne [C. //. 

Vandamme\ 1 b. f. 433782, du 3 août 1911-16 janv. 
1912). 

.Machine à molletonner ( i "' add. 14577 du 19 juill. 
1911-11 janv. 1912, au B. F. 422393) (Analysé p. 82). 

Cuve 8» apprêter [M. Gros^mann\ (b. f. 435229, du 
14 oct. 191 1-24 fév. 1912). (Analysé p. 1 10). 

Genre d'étolTe fantaisie, avec dessins en creux 
et machine propre à son ol>(ention [F. ^^'. 

Moore] (b. f. 434850, du 3 oct. 1911-14 fév. 1912). 

Transformation des tissus unis ou façonnés 

[A/. Ratignter et H. Pervilhac et C'°] (b. f. 432185. 
du 28 sept. 1910-30 nov. 191 1). (Analysé p. m). 

.^tacliine à biaiser les tissus [M. Ratignter et 
H. Pervilhac et C"] (b. f. 435612, du 29 déc. 1910- 
6 mars 1912). 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



MULHOUSE. 



Séance du -] février 1912. 



Comité de chimie. 

La séance est ouverte à 6 heures. 

Présents : MM. Albert Schcurer, secrétaire, E. .Noel- 
ling, E. Wild, M. Battegay, L. Bloch, F. Weber. 
G. Wvss, E. Bourcart, G. Jseglé, G. Schœn, F. Binder, 
L. Zuber, .-V. Lipp; total : i3 membres. 

Excusés : MM. Oowald et X Wehrlin. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

Mines de potasse de la Haute-Alsace. Rapport de la 
commission. — La Société industrielle a chargé di- 
verses commissions compétentes de faire une enquête 
sur l'état actuel des mines de potasse établies dans la 
Haute-Alsace. Les rapports de ces commissions com- 
prennent : 

1. Partie historique, géologique et minéralogique, 
par MM. Félix Binder et E. Bourcart. 

2. .Manutentions mécaniques et chimiques des pro- 



duits e.xtraits de la mine, par MM. E. Wild et G. Wyss. 

3. Emploi des sels de potasse dans l'industrie, par 
M. E. Nœlting. 

4. Applications agricoles des engrais de potasse, par 
M. G. Wyss. 

5. Machines d'extraction, par MM. Burgert et Vena- 
bles. 

6. Forage et fonçage des puits, par M. Guy de Place. 

7. Prod uclion du courant électrique, par M. E.Schlum- 
berger. 

8. Partie économique, par M. Meunier-Dollfus. 

Le comité de chimie, appelé à se prononcer sur les 
parties n"' 2, 3 et 4, en demande l'impression au Bulle- 
tin et remercie les auteurs des etforts qu'ils ont faits 
pour présenter à la Société industrielle une étude aussi 
intéressante, aussi consciencieuse et aussi complète 
que celle qu'ils ont élaborée. 

La séance est levée à 7 heures. 



PARTIE COMMERCIALE 



SOCIETES 
La soie artificielle. 

On parle toujours des négociations entamées entre 
les fabricants de soie artificielle par le procédé à la 
viscose et ceux qui travaillent par le procédé à l'oxyde 
de cuivre. Ces pourparlers tendent à compléter l'en- 
tente existant dé)à entre eux pour régler les prix et les 
conditions de vente. 

Il serait question aussi de délimiter les zones d'ac- 
tion. Les fabricants par le procédé Chardonnet restent, 
comme auparavant, en dehors de cette combinaison. 

.■V propos de la soie Chardonnet, on dit que les ré- 
sultats de la Société allemande pour l'exploitation des 
procédés Chardonnet sont encore plus mauvais que 
ceux de la soie deTubize. 

On attend avec curiosité les résultats de la Société 
de Besanconf. On parle aussi de la fusion des fabriques 
de Glanzsloffd'Elberfeld avec la fabrique Donnersmark. 
qui travaille avec l'acétvl-cellulose. La raison sociale 
serait Internationale-Cellulose ester Gesellschaft. 



LA TEINTURE, LE BLANCHIMENT ET L'IMPRES- 
SION SUR ÉTOFFES DANS LA RÉGION DE 
CHEMNITZ. 

1" Teinturerie et apprêt. 

Les affaires déjà mauvaises en 1909 ne se sont guère 
améliorées en 1910. Les cours élevés des matières pie- 
miéres charbon, graisses et huiles, et la tendance con- 
tinuelle des salaires à monter par suite surtout du 
manque d'ouvriers habiles, diminuèrent très sensible- 
ment les bénéfices. Avec cela les commandes impor- 
tantes pour la teinturerie provenant de l'Angleterre, de 
la France et notamment de r.\mérique, furent très 
rares. 

La situation défavorable de la ganterie et de la bon- 
neterie ne lut pas sans porter préjudice à la teinture 
des fils et des pièces. Pour les tissus de laine et de co- 
ton, l'activité fut. en général, satisfaisante. 

En ce qui concerne la teinture des soies, la situation 
fut normale. 

La vente des (ils mercerisés fut en général bonne, 
mais les bénéfices dans certains cas furent insuffisants. 



lié 



BIBLIOGRAPHIE 



2° Blanchiment. 

Par suiie de la mauvaise situation du marché du co- 
ton les affaires en blanchiment furent languissantes. 
Les matières premières montèrent sans cesse en valeur, 
tandis qu'il fut impossible d'obtenir des pri.x plus éle- 
vés pour l'apprêt. 

Les conditions du travail furent normales et les sa- 
laires haussèrent également dans cette branche. 

3'^ Impression sur étoffes. 

Les indiennes ne trouvèrent pas l'écoulement désiré. 
La mode, la situation précaire des classes laborieuses et 
non moins le mauvais temps, e.\ercèrent une influence 
fâcheuse sur cette branche. 

L'élévation des pri.v des articles finis, provoquée par 
le renchéiissement du colon, ne put être réalisée qu'en 
partie. 

Avec l'étranger les affaires furent meilleures qu'en 
1909. 

Les conditions du travail, des salaires et des paie- 
ments furent ordinaires. 

(Rapport de M. Lai rent Cochelet, 
Consul général de France.) 



BIBLIOGR.XPHIE 

Die Schwefel farbstoffe ihre Herstellung und Ver- 
wendung. von Dr., Otto Lange, i vol. cartonné de 
497 p., 170 X 235, avec 26 figures dans le te.xte. 
Leipzig, 1912. Librairie Otto Spamer. 

Un volume de 5oo pages pour une seule classe de 
matières colorantes, voilà qui donne u.ne idée du déve- 
loppement de cette industrie. Et cette classe, celle des 
colorants soufrés, type noir Vidal, ne date pas de vingt 
ims 11893). 

L'ouvrage de M. Ottto Lange, est très documenté, il 
forme une monographie des plus complètes jusqu'à 
l'année iqoq pour les brevets allemands (233 104) et 
1907 pour les brevets français (385o87j. 

La constitution des colorants soufrés — les thiazines 1 
étant mis à part — n'est pas encore établie d'une faron 
sûre, elle ne permet donc pas une classification ration- 
nelle des nombreux corps de cette classe. L'ordre suivi 
par .M. Otto Lange dans son étude est méthodique. 

Après l'historique (t à 3;) et un exposé très déve- 
loppé de ce que l'on sait sur la constitution des colo- 
rants soufrés (38 à 104), l'auteur étudie ceux-ci (106 à 
178). D'abord les couleurs dérivées des produits mono, 
di, tri, substitués du benzène, du naphtalène, de la di- 
phénylamine, etc. 

La technique delà préparation des colorants soufrés 
est étudiée longuement ipp. 197 à 2^2), puis vient la 
teinture (pp. 255 à 338|, et en dernier une bibliographie 
complète des brevets (pp. 33 1 à 497). 

Le livre de M. Otto Lange, très consciencieusement 
fait, lui fait le plus grand honneur. Il constitue un ou- 
til de travail très utile pour tous les chimistes s'occu- 
pant de l'industrie des matières colorantes ou des appli- 
cations de celles-ci. 

En refermant le livre de M . Longe je songe avec mé- 
lancolie au peu d'importance qu'occupe, dans cet ou- 
vrage, la littérature franraise. Et cependant, c'est une 
maison française qui exploita, en 1873, le cachou de 
Laval de Croissant et Bretonniére. la première couleur 
soufrée; c'est à la même maison, que vingt ans plus 
tard, Vidal apporta son noir. Bien maigres furent les 



résultats qu'elle lira de ces découvertes, si on les com- 
pare à la riche moisson que surent faire, à côté, les 
fabriques allemandes. 

J'aurais aimé voir l'ouvrage de M. Otto Lange illus- 
tré par des échantillons teints avec les principales cou- 
leurs du groupe. Rien ne grave mieux dans l'esprit 
une couleur que de faire 'voir l'aspect quelle a fixée 
sur une fibre textile. 

L. L. 

Le Canada et la France 1880-1911), i vol. de 2 56 pages : 
23o X 3oo avec de nombreuses illustrations. Publié 
par la Chambre de Commerce française de .Montréal 
à l'occasion du 25^ anniversaire de sa fondalion. 

L'initiative prise par la Chambre de Commerce de 
.Montréal, de publier à l'occasion du 25' anniversaire, 
un volume sur le Canada et la France, mérite d'être 
signalée, et pour notre pan nous l'approuvons entière- 
ment en souhaitant qu'elle ne reste pas isolée. 

La première partie du volume est consacrée au Ca- 
nada ; elle s'adresse aux Français, son but est d'aug- 
menter et de resserrer les relations franco-canadiennes. 
La seconde partie de l'ouvrage parle de la France et de 
ses colonies, elle est destinée aux Canadiens. L'une et 
l'autre renferment de nombreux renseignements et sta- 
tistiques du plus haut intérêt, qui feront mieux con- 
naître les deux pavs. 

Farbstoff tabellen, von D'' Glstav Schi ltz, professor 
der chemischen technolologie an der K.. technischen 
hochschule zu .Munchen. 5" éd. taisant suite aux Ta- 
bellarischen ûbersicht etc.,de Gustav Schuitz & Paul 
Julius, 2'=et 3° livraison. Berlin, librairie Weidmanns- 
che, 1912. 

Badische .^NiLiN & Soda-Fabhik. Nuances mode sur 
pièce coton obtenues par foulardage ou par pla- 
quage au moyen de couleurs indanthrène. Brochure 
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Teintures solides à l'usage sur tissus de confection 
lourde. — Tragechte Farben auf Herrenstoffen. 

Broch. n" 829 avec 36 échanlillons. 

— Rongeants blancs et colorés à l'hydrosulfite sur 
mousseline de laine. Brochure 834, avec 18 échan- 
lillons. 

Couleurs pour effets de laine. Etfektfarben fiir 
WoUe. Brochure 835, avec 3o échantillons. 

Sor.iÉTÉ anonyme des Prodiits Fréd. Bayer «S C"'. 
Nnances mode sur tissu de coton. Brochure 1941, 
avec 216 échantillons (sans date). 



Le Directeur-Gérant : Léon Lefèvre. 



Tours. — Imprimerie E. Arrault et C'\ 



REVUE GÉNÉRALE 



MATIÈRES COLORANTES 

DE LA TEINTURE, DE L'IMPRESSION ET DES APPRÊTS 



16* Année 



N" i85. — Tome XVI 



1" Mai 1912 



ABSORPTION DES MATIERES COLORANTES PAR LES OCRES 
Par M. A. BOUGHONNET, régisseur de l'Institut de Chimie appliquée. 



Considérations générales. — Plusieurs explica- 
tions ont été données des phénomènes d'adsorp- 
tion. Certains prétendent qu'il y a simple adhé- 
rence physique. D'autres pensent, comme nous 
le verrons plus loin, que l'adsorption est due à la 
formation d'hydrates colloïdaux. 

Un certain nombre de travaux ont été publiés 
sur l'adsorption des matières colorantes par les 
silicates (i), les hydrates d'alumine et de fer, 
les argiles (2). Rohland [Zeit. anorg. Chem., t. 
VI, pp. 46-48, 1907) pense que la fixation des ma- 
tières colorantes complexes (bleu d'aniline, bleu 
de Berlin, vert malachite) sur l'argile est possible 
par suite de la formation d'hydrates colloïdaux 
(silice hydratée, oxyde de fer, alumine). Ashley (3; 
a classé toute une série d'argiles américaine, 
d'après l'adsorption des matières colorantes, c'est- 
à-dire d'après leur plasticité. Les grains qui cons- 
tituent l'argile seraient enveloppés d'une cou- 
che de colloïde (silicate, hydrate de Si, Fe, Mn, 
Al) L'union des grains et des colloïdes serait en 
outre dans une proportion telle qu'en amenant la 
substance à un grand état de finesse, puis en la 
renouvelant, on obtient une matière plastique. Or, 
d'après l'auteur, les colloïdes absorbent, attirent 
en eux les substances qui se trouvent extérieure- 
ment en solution ou en suspension. Les argiles 
absorberaient ainsi les matières colorantes. 

La nature du colorant doit influer aussi nota- 
blement sur les résultats obtenus. D'après le nom- 
bre de micelles contenues dans les solutions de 
matières colorantes, Pelet-Joliveiet Wild [B. Soc. 
Cil. (41 .t. III, p. logo, 1908] ont classé ces solutions 
en colloïdales, peu colloïdales et non colloïdales, 
mais en réalité la présence du nombre plus ou 
moins grand de micelles est de peu d'importance, 
car sous l'action des absorbants ou des électroh- 
tes, les matières colorantes en solution passent 
facilement à l'état colloïdal. Cette coagulation col- 
loïdale doit aussi vraisemblablement favoriser 
l'adsorption. 

,1) Suida, Mon. f. (Ihem., t. XW, p. 1 107, 1904. 

(2) Rohland, Zeit., f. Chem., und Ind. Kolloïd, t. II. 
p. 177, 1907. Zeit. anorg. Ch., t. L\V, p. 108, 190g. 

(3) ASHLF-Y, Chem. Soc, p. ."io, 190g. 



Pour interpréter l'adsorption des matières colo- 
rantes par les ocres, on doit se demander si la 
réaction, qui se produit entre le colorant et l'ocre, 
est unique ou multiple et chercher quel est le rôle 
joué par l'eau dans les transpositions possibles. II 
est difficile d'être fixé nettement : on constate que 
le corps insoluble (ocre) et le corps soluble(maticre 
colorante) s'unissent de manière que le lavage ne 
peut plus les séparer. La matière colorante en per- 
dant sa solubilité a acquis l'adhérence au corps in- 
soluble ; mais les deux corps ont gardé toutes leurs 
propriétés physiques et chimiques.' Un nouveau 
dissolvant peut de nouveau les séparer sans altéra- 
tion. Rosensthiel \Bull. Soc. ch. (4), 5, p. 802, 
1909] a montré que, parmi les facteurs entrant en 
jeu, l'al'finité intervient et que souvent même il y 
a combinaison « superficielle » en proportions 
définies. La couche colorée enveloppe la substance 
comme d'une gaine et y est adhérente ; l'ensemble 
conserve la cohésion primitive. 

Dans le cas qui nous occupe, la teinturede l'ocre 
serait donc due à une simple cohésion. L'adhé- 
rence est une forme de la cohésion ; or, M. Bary ( i ) 
a en quelque sorte défini tout récemment l'ad-. 
sorption comme le résultat du contraste entre les 
forces adliésives et la force d'affinité. Bien qu'il y 
ait des circonstances où la distinction de l'ailinité 
avec la cohésion devient délicate, dans le cas de 
la teinture des ocres, il semblerait qu'aucune affi- 
nité ne saurait en efl'et être invoquée. 

Choix des colorants. — Dans l'industrie, on a 
déjà cherché à colorer les ocres par simple mé- 
lange : on les additionne surtout de couleursd'ani- 
line, mais la niatière colorante incorporée sous 
cette forme est généralement peu solide et les 
nuances produites, d'abord belles et vives, s'efia- 
cent lentement sous l'action de la lumière. On 
remonte quelquefois la couleur de certaines ocres 
naturelles d'un ton trop terne, en ajoutant ur.c 
faible quantité de jaune ou de rouge d'aniline. 

Pour me guider au cours de ce travail dans le 
choix des colorants, j'ai d'abord faitdes effets com- 
paratifs en tenant compte des recherches déjà pu- 



Procès-verbal de la Soc. de clii 



pli\-sigue. 14 icv. 



BOUCHONNET. — ADSORPTIOX DES MATIERES COLORANTES PAR LES OCRES 



bliées sur l'adsorption par diverses substances. 
telle que le charbon, le kaolin, l'argile, le sable, 
l'amiante [Justin-Mueller ( 1 1, Le Vignon 2)]. 

Les matières colorantes expérimentées sont les 
suivantes : 



Matières colorantes 

Nitrées : Jaune naphtol S. 

A^oîques: Orangé II. noir diamine BH. écarlate 
double brillant, brun acide, rouge de Saint- 
Denis. 

Dérivées du di- et du iriphénylméthane: \en ma- 
lachite, fuchsine, violet cristallisé, parafuchsine, 
bleu de nuit, violet au chrome, vert diamant G. 

Pyronique : Eosine. 

Dérivées de la quinone imide : thiaziniquc : bleu de 
méthvlène : safranique : safranine G. 

Dérivée de iindigotine : carmin d'indigo. 

Conditions d'adsorption des matières colorantes 
par les ocres. 

Les ocres absorbent bien entendu les matières 
colorantes d'autant plus facilement qu'elles ont 
été amenées à un plus grand état de division. 

Les conditions d'adsorption varient non seule- 
ment avec le degré de finesse de la substance, mais 
avec sa composition, avec la durée de contact de 
l'ocre dans la solution colorée, avec la tempéra- 
ture et avec la concentration du bain. Il y a donc 
lieu de tenir compte de tous ces facteurs. Pour 
avoir des résultats comparables, tous les essais 
d'une même série devront être exécutés dans les 
mêmes conditions de durée, de volume du bain 
et de température. 

La forme sous laquelle se fait le mieux l'adsorp- 
tion consistée procéder de la façon suivante: On di- 
lue dans 5oo grammes d'eau 20 grammes d'ocre : 
d'autre part, on verse sur cette ocre en suspension 
une solution de matière colorante à i p. 1000 
jusqu'à ce qu'il n'v ait plus d'adsorption. ce que 
l'on constate par l'auréole légèrement colorée que 
donne une goutte ds la solution surnageante sur 
du papier filtre. Cette manière d'opérer permet en 
même temps de doser la quantité de matière colo- 
ra nteadsorbée.llvaplusieursprécautions à prendre, 
en particulier pour les ocres impalpables, telles que 
les ocres « Leiranc » dont je me suis servi. Ainsi 
il est bon d'agiter souvent la substance au début 
pour que l'adsorption se fasse régulièrement. D'au- 
tre part, on doit laisser reposer le mélange pendant 
plusieurs heures avant de prélever une goutte de la 
solution surnageante qui contient toujours des 
particules d'ocre en suspension. Pour les ocres im- 
palpables (firme Lefranc quatre ou cinq heures 
au moins sont nécessaires. 11 en résulte qu'il est 
assez difficile de saisir exactement le moment où 
cesse l'adsorption ; en outre, ces opérations sont 

;i) Bill. Soc. Cit.. t. V, p. 474, 190Ç). 

(2). Bill. Soc. Ch.. t. \ll, P.7S1, 1910. «(.■)■. .\/.i(. color.. 
t. XIV, p. 25i, sept. 1910. 



longues. Néanmoins comme les ocres de la même 
origine et du même tvpe ont des coefficients d'ad- 
sorption relativement voisins, les essais en sont 
simplifiés. 

La méthode la plus rapide consiste à verser 
d'abord une quantité de colorant voisine de celle 
qu'on suppose nécessaire (^ce premier rcsultatappro- 
ché s'obtiendra à la suite d'essais préliminaires ; 
on laisse reposer quatre heures en agitant fréquem- 
ment pendant la première heure, puis on ajoute avec 
une burette graduée une nouvelle quantité de ma- 
tière colorante jusqu'à ce que la liqueur tenant 
l'ocre reste colorée. Il est bon de faire successive- 
ment trois essais avec le même échantillon et d'a- 
jouter par petites quantités la solution colorée : de 
cette façon, si on dépasse le terme de coloration 
pour l'un des essais, on peut faire la correction 
avec l'un des autres. 

Pour que l'on adsorbe une quantité de matière 
colorante voisine du maximum, il faut laisser les 
matières en contact pendant au moins vingt-quatre 
heures : en regardant la liqueur par transparence, 
celle-ci sera incolore. 

Cette méthode donne des chi fifres suffisamment 
rigoureux surtout pour les ocres commercialesJCLS 
et JFLS. Si l'on a afl'aire à des ocres impalpables, 
genre Lefranc IS, ou à des terres d'une très grande 
ténuité, il vaut mieux contrôler les résultats en 
opérant comme il suit : Dans une des expériences 
précédentes, on dépasse légèrement le terme d'ad- 
sorption ; on décante 200 centimètres cubes envi- 
ron du liquide eî on l'abandonne en suspension : 
au repos pour laisser déposer les particules docre, 
on prélève un volume déterminé (70 c. c. envi- 
ron que l'on filtre et que l'on recueille dans une 
capsule tarée). Comme le filtre retient un peu de 
matière colorante, on lave avec l'alcool pour entraî- 
ner le colorant. On évapore au bain-marie et 
on pèse. Par différence on a le poids du colorant 
contenu dans les 70 centimètres cubes prélevés. 
Par le calcul, on trouve la teneur pour 100 de 
colorant retenu par l'ocre. On peut encore effec- 
tuer ce dosage par comparaison colorimétrique. 

Remarquons que la méthode employée par 
L. Vignon (Revue des Matières colorantes, p. 25 1 , 
sept, iqio pour étudier l'adsorption par le sable et 
l'amiante ne convient nullement aux ocres. Ce 
dernier se sert en effet d'un tube vertical elfilé à 
une extrémité, dans lequel il place un poids connu 
de substance : il verse sur cette substance une solu- 
tion aqueuse de matière colorante jusqu'à ce que 
la liqueur recueillie au bas du tube commence à 
se colorer assez nettement pour permettre le do- 
sage par comparaison colorimétrique avec la so- 
lution initiale. 

Cette expérience donne de mauvais résultats 
avec les ocres qui s'agglomèrent, se tassent et em- 
pêchent la solution de traverser le tube. 

C/ioix des ocres. — J'ai étudié parallèlement : 

i' Des ocres du tvpe commercial JCLS et 
JFLS t'A;. 

2° Des ocres impalpables du type IS : ocres de 
Lefranc etCie (B\ 



BOUCHONNET. — ADSORPTION DKS MATIERES COLORANTES PAR LES OCRES ;iQ 



3° Des ocres lévigées et classées au moyen de 
l'appareil de Nobel, comme je l'ai indiqué dansune 
note précédente fî.^oc.c/i. 4 ,t. IX,p.245, igii C]. 

Non seulement l'adsorption varie avec le degré 
de finesse, mais encore avec la composition et 



l'origine. Aussi pour tirer des conclusions de mes 
expériences, j'ai dû opérer sur des terres préalable- 
ment analvsées. 

Le tableau ci-contre donne la composition des 
ocres étudiées. 



Analyses. 



Ocre de Bmir- 

goeos is. 

Lefrancet C. 



Ocre it Boar- 

gogne JPLS. 

J&cqaes 

et Sauce. 



Ocre dj Vau- 
cluseJCLS. 
Jacques 
it Sauce. 



Terre 
de Sienne IS. 
LefrancetC*. 




Fe«0« . 
A1203 . 
Si02 . 
CaO . 
W-O . 



3o,o8 
i6.9<5 

1.40 
q,04 



22,40 
• 7,b2 

0.58 
10,49 



20.6;/ 
20, 36 
49.05 
0,48 
q,i3 



33,04 
.3,27 
40.08 
2.18 
io,o5 



55,6q 
7,8i 

14.30 
0.57 

11,42 



'7:^3 
12.17 
0,90 
10,45 



23,48 
■ 7,62 
32,04 
0,55 
19.79 



34.20 
16,64 
25.08 
0,60 
16,32 



2j,og 
i5,2q 
44.7S 
0,53 



59.72 
9,23 

ii.3o 
0,55 

10,1 1 



57.25 
9,15 

lb.20 

0.55 
0,81 



.8,72 
19,80 
5ô,8o 

o.5o ! 

9,33 



A. — Ocres du type commercial JCLS et JFLS. 

.Mes expériences ont porté sur quatre échantil- 
lons : 

I" Ocre de \'aucluse, firme Jacques et Sauce. 
JCLS; 

2" Ocre de Bourgogne, firme Jacques et Sauce, 
JFLS; 

3° Ocre rouge de l'Oise, firme Société des ocres 
de l'Oise, RSL; 

4° Ocre de Bourgogne (Auxerre , JCLS. 

L'adsorpiion varie suivant les matières colo- 
rantes en présence. Tandis qu'avec le bleu de 
méthylène, le vert malachite, le vert diamant G, 
le violet cristallisé, le violet au chrome, la sa- 
franine G, la matière colorante fixée par 100 gr. 
d'ocre oscille entre o gr. 8 et 1 gr. 92 ; avec d'au- 
tres colorants, tels quele jaune naphtol. l'orangé 11, 
le noir diamant BH ; le bleu diamine, l'écarlate 
double brillant, le brun acide, le rouge de Saint- 
Denis, l'éosine, le carmin d'indigo, le poids de 
couleur adsorbé est compris entre o gr. i et 
o gr. 67, et dans ce cas la couleur de l'ocre est à 
peine altérée. 

B. — Ocres impalpables du type IS. 
Ocres Lefranc et C". 

Mes essais ont porté sur les variétés suivantes : 

1° Ocre jaune IS: 

2° Ocre de Ru IS; 

3° Ocre transparente IS ; 

4° Terre de Sienne IS. 

Dans ces quatre échantillons, le pouvoir d'ad- 
sorption croit du premier au quatrième. Il est 
assez voisin pour l'ocre transparente cl la terre de 
Sienne. .Aussi, pour ces deux dernières terres, j'ai 
procédé à des mesures exactes avec tous les colo- 
rants, en employant la méthode que j'ai décrite 
précédemment. Il y a lieu de remarquer qu'avec 
certaines matières colorantes le pouvoir adsor- 
bant est très grand, et les ocres ainsi modifiées 
sont susceptibles de nombreuses applications. 

Jaune nap/itol S. Orangé IL — Avec le jaune 



naphtol S, l'adsorption est de i gr. 41 pour 100 gr. 
d'ocre transparente n" 3) à la température ordi- 
naire et de I gr. 93 pour la terre de Sienne (n"4), les 
nuances ne diffèrent guère de la coloration primi- 
tive. 

L'orangé II est adsorbé dans les proportions de 
I gr. 17 pour l'ocre n" 3 et de i gr. 65 pour l'ocre 
n"4. 

Noir diamine BH. — Avec ce colorant, l'ocre 
n" 3 adsorbé i gr. 17 et l'ocre n° 4, i gr. 47. Avec 
l'ocre n° 3, la nuance obtenue est jaune havane 
clair; avec l'ocre n" 4, brun havane foncé. 

Sous l'action des acides étendus, la nuance 
n'est pas altérée. Les alcalis détruisent le colorant, 
la liqueur surnageante est violette. 

Chauffées vers 400°, les ocres teintes « noir dia- 
mine » donnent une nuance rouge brun, plus 
foncée que les terres naturelles portées à la même 
température et d'une plus grande vivacité de ton. 

Bleu diamine 3 R. — Le pouvoir colorant est 
très faible : l'adsorpiion est de o gr. 97 pour la 
terre de Sienne et de gr. 93 pour l'ocre dite trans- 
parente. 

Écarlate double brillant G. Rouge de Saint- 
Denis. — Ces maiières colorantes ne donnent pas 
de résultat intéressant, l'écarlate est adsorbée dans 
la proportion de i gr. 02 pour l'ocre n" 3 et de 
1 gr. 22 pour l'ocre n" 4. 

.Avec le rouge Saint-Denis, l'adsorption est de 
I gr. 32 pour l'ocre n° 3 et i gr. 33 pour l'ocre 
n»4. 

Pour l'ocre n» 3 la teinte est chamois clair avec 
l'écarlate double brillant G et le rouge de Saint- 
Denis. Pour l'ocre n" 4, la teinte estchamois foncé. 

Les acides étendus n'ont pas d'action sur ces 
terres, mais les alcalis dissolvent partiellement la 
matière colorante, en rouge sang avec lécarlate 
double brillant ; en orangé avec le rouge Saint- 
Denis : avec ce dernier colorant, l'action est 
faible. 

Vert m.Tlachiij. — Les ocres ont un grand pou- 
voir adsorbant pour le vert malachite; c'est ainsi 
que l'ocre n" 3 en retient 3 gr. 07, et l'ocre n" 4, 
3 gr. 01. 



120 BOUCHONNE!. ~ ADSORPTION DES MATIERES COLORANTES PAR LES OCRES 



Les nuances obtenues sont d'un beau vert mala- 
chite. Il est inutile de pousser l'adsorplion à son 
maximum pour avoir des teintes vertes intenses 
et d'un bel effet ; on peut ainsi obtenir des nuances 
plus ou moins foncées. 

On peut aussi mélanger les ocres - malachite » 
à leur maximum d'absorption avec les ocres na- 
turelles ou d'autres ocres teintes par adsorption ; 
on augmentera encore de cette façon la gamme 
des nuances. 

SO 'H- ne modifie pas la nuance des ocres 
« malachite » : la liqueur devient jaune brunâtre. 
Les alcalis détruisent complètement le colorant. 

Chauffées entre 3oo» et 400", les ocres « mala- 
chite » deviennent « terre d'Ombre brûlée»; le 
passage de la couleur verte à la nuance « terre 
d'Ombre » se fait brusquement et sans transition. 

Fuchsine. Parafuchsine. — La fuchsine et la 
parafuchsine donnent de belles teintes rouge de 
\'enise et rouge de Perse, d'un grand pouvoir co- 
lorant, ainsi qu'on le constate en mélangeant les 
terres avec du blanc. 

Amenée à son ma.ximum, locre n" 3 adsorbe 
2 gr. 10 de fuchsine et i gr. 92 de parafuchsine ; 
l'ocre n° 4 retient 2 gr. 16 de fuchsine et i gr. gS 
de parafuchsine. 

On peut augmenter la gamme des nuances, 
comme il a été expliqué précédemment. 

Sous l'action des acides, l'ocre passe au rouge 
brique, puis au marron; les alcalis enlèvent une 
partie de la matière colorante et la terre devient 
havane clair. 

Chauffées entre 3oo et 400", les ocres teintes par 
adsorption de la fuchsine prennent une belle 
nuance marron. 



Violet cristallisé. — Les ocres ont une grande 
affinité pour le violet cristallisé; c'est ainsi que 
l'ocre n" 3 retient .j gr. 10 et l'ocre n" 4, 3 gr. 82 
de celte matière colorante. Les ocres ainsi teintes 
sont violet très foncé. La nuance sera, bien en- 
tendu, plus claire et aussi d'un meilleur ton, si on 
ne pousse pas l'adsorption à son maximum. 

Chauffées, ces terres deviennent marron foncé. 
D'une façon générale, la matière colorante est dé- 
truite au-dessus de ioo" et la teinte finale est d'au- 
tant plus sombre que la terre primitive était plus 
foncée et que la quantité de colorant adsorbée est 
plus grande. 

Les acides font passer les ocres teintes « violet 
cristallisé y au vert romain moyen ; les alcalis 
leur donnent une couleur bois. 

Bleu de nuit. — Les ocres teintes avec le bleu de 
nuit donnent une gamme très riche de tons. Ici, 
la nuance dépend à la fois de la nature de l'ocre et 
de la quantité de colorant adsorbée : avec les ocres 
n "* 1 et 2, la teinte passe rapidement du vert au 
bleu ; a\ec l'ocre n " 3, dite « transparente », 
l'ocre reste très longtemps verte : quand l'adsorp- 
tion est voisine du maximum, la nuance vire au 
« bleu de nuit»; avec l'ocre n" 4. la substance se 
colore directement en bleu gris foncé. 

Broyées à l'huile, ces terres donnent toutes des 
tons verdàtres. 

La quantité de matière colorante adsorbée est de 
3 gr. 62 avec l'ocre n" 3 et 3 gr. 71 avec l'ocre n"4. 

Les acides font rapidement passer les ocres au 
vert romain foncé, les alcalis au brun noirâtre. 

Violet au chrome. — Comme pour le violet 
cristallisé, les ocres adsorbent une grande quantité 
de violet au chrome. 



Adsorption des matières colorantes par les ocres. 







OCBE TRASSr.\RENTE IS 


Terre de 


s_.s II 






Lefranc & C" 


Lefranc & ۥ' \\ 






.^—^ 




^.^ 


^ ■ . - 


MATIERES COLOR.\NTES 


F I R JI E 


Pourcentage de 


^oïds de couieui 


Pourcentage de 


Poids de couleur 






couleur ad^or- 


adsorbée par 


couleur adsor- 


adsorbée par 






lieepar20gT, 


100 grammes 


bée parZOgr. 


100 grammes 






d'o:re. 


d'ocre. 


d'ocre. 


docre. 






ce. 


GR. 


ce. 


GR. 


Jaune naphtol S 

Orangé II 


A. Poirrier et Dalsace. 


2,S2 


1,41 


386 


i,q3 


» 


234 


1,17 


33o 


1,65 


Noir diamine BH 


jManulacture lyonnaise de Matières colorantes. 


234 


1,17 


2c^ 


'.47 


Écarlate double brillant G. 


Actien-Gesellscliaft fiir Anilin-Fabrikation, Berlin. 


204 


1,02 


244 




Rouge de Saint-Denis. . . 


A. Poirrier et Dalsace. 


264 


1,32 


21)0 


1,33 


Bleu diamine 3 B 


Manulacture lyonnaise de Matières colorantes. 


1H6 


o.q3 


'fH 


0,07 


Vert malachite 


A. Poirrier et Dalsace. 


6.4 


3,07 


t-,02 


3,61 


Fuchsme 


— 


420 


2,10 


432 


2,16 


Violet cristallisé 


— 


S20 


4,10 


7b4 


3,82 


Parafuchsine 


Farbwerke vorm. Meister. Lucius & Briining. 


3X4 


i,q2 


390 


i,n5 


Bleu de nuit 


Badische Anilin & Soda-fabrik. 


7-4 


3,62 


742 


3.7' 


Vert diamant G 


A. Poirrier et Dalsace. 


bi4 


3,07 


610 


3,o5 


Bleu de méthvlêne. . . . 


— 


760 


3,80 


676 


3.38 




Manufacture lyonnaise de Matières colorantes. 


846 


4,23 


1 «54 


4-27 






Brun acide .... 












Rhodamine B . . 


1 












Éosine 














Ponceau cristallisé 


f 












Carmin d'indigo . 


. Adsorption faible 


ou nulle. 










Jaune de quinoléine 


i 












Violet à r.acide 6 B 


\ 












Bleu soluble 2 RS. 


] 












Bleu alcalin 4 R. 













BOUCHONNET. ADSORPTION DES MATIÈ[U^:S COLORANTKS PAR LES OCRES 



Les nuances produites varient sensiblement 
suivant le poids de colorant retenu. A son maxi- 
mum d'adsorption, l'ocre est rouge brique. 

Vert diamant G. — Le vert diamant G, qui est 
très employé dans l'industrie pour colorer la ser- 
pentine, donne avec les ocres des tons plus beau.\ 
et plus agréables à l'œil que le vert malachite. Les 
ocres ont encore pour cette matière colorante un 
grand pouvoir adsorbant : 3 gr. 07 pour l'ocre trans- 
parente et 3 gr. o5 pour la terre de Sienne. Avec 
l'ocre n" 3, on a un vert irlandais clair ; avec 
l'ocre n"4, un vert irlandais foncé. 

Les acides donnent un vert jaundlre et les al- 
calis un ton de bois ou havane clair. 

Bleu de méthylène. — La quantité de bleu 
de méthylène retenue par les'ocres est un peu supé- 
rieure à celles du bleu de nuit et du vert dia- 
mant G :3 gr. iSo pour l'ocre transparente et 3 gr. 38 
pour la terre de Sienne. 

Les premières portions de bleu de méthylène 
donnent une nuance vert clair: finalement l'ocre 
devient vert sombre. 

Avec les acides, ces ocres prennent une couleur 
vert russe; les alcalis donnent des tons gris noi- 
râtres. 

Safranine. — La safranine est un des colorants 
le plus tacilemenl adsorbés par les ocres. Les ré- 
sultats obtenus sont : 4 gr. 23 pour l'ocre transpa- 
rente et 4 gr. 27 pour la terre de Sienne. L'ocre n" 3 
donne une teinte corail; l'ocre n" 4, du « rouge 
de Venise ». 

Les acides communiquent aux ocres safranine 
des teintes brun acajou; les alcalis, des nuances 
marron. 

G. — Ocres lévigées et classées au moyen 
de l'appareil de Nobel. 

J'ai traité trois terres brutes : 

1" Ocre de l'île d'Elbe, firme D'' Krantz ; 

2" Ocre de Bilbao (Espagne), id. 

3° Ocre du iNivernais (Argenou.xi, Dupuis et 
Te.xier. 

Ges ocres ont été lévigées et classées avec un 
courant d'eau de vitesse déterminée ; à la suite de 
l'appareil de Nobel se trouvait une cuve avec 
trop-plein ; le tube d'arrivée d'eau plongeait au 
fond de cette cuve. Les terres déposées dans les 
trois derniers vases et dans la cuve finale ont été 
recueillies séparément et soumises à l'adsorption. 

Les essais ont été répétés avec trois matières 
colorantes : bleu de nuit, fuchsine, vert malachite, 
dans les conditions indiquées précédemment. 

Les résultats obtenus sont consignés dans les 
tableaux ci-dessous. 



1. — Ocre de l'ile d'Elbe 








POIDS DE COLOR.\NT ADSORBÉ 
PAR 100 GRAMMES DOCRE 




Terre 
brute. 


1" dépôt. 


2 dépôt. 


3- dépôt. 


4' diplt. 


Bleu de nuit . . . 

Fuchsine 

Vert malachite. . . 


o,8q 
0,3y 
0,71 


••43 
o.JS 
1.12 


i,q8 
0,811 

1,41 


2.60 
I.2H 
1,82 


2.74 
'■-■'7 
2,01 



II. — Ocre de Bilbao [Espagne] 





POIDS DE COLORANT ADSORBK 
PAR ino GRAMMES DOCRE 




Terre 

brute. 


1" dépôt. 


2' dépôt. 


3" dépôt. 


4- dépôt. 


Bk'u de nuit . . . 

Fuchsine 

\'ert malachite. . . 


o;Î8 

o,ii3 


1,14 
0,60 
o.gtj 


1,28 


1,84 
1,01 
.,64 


1,09 

i,7fi 



III. — Ocre du Nivernais Gisement Argenou.x) 





POIDS DE COLORA.NT AnSORBÉ 
PAR 100 GRAMMES DOCRE 




Terre 
broie. 


V dépôt. 


2' dépôt. 


3' dépôt. 


4- dspôt. 


Bleu de nuit . . . 

Fuchsine 

Vert malachite. . . 


I,5l 


2,01 
0.78 

i,3o 


2,f.5 


3,02 

1,70 

2,0g 


3,3i 

1 .8h 
2,21 



Gomme il fallait s'y attendre, le pouvoir adsor- 
bant de l'ocre croît au fur et à mesure que la sub- 
stance devient plus impalpable. 

Les nuances obtenues avec l'ocre de Bilbao se 
rapprochent de celles qui ont été produites avec la 
, terre de Sienne Lefranc ; celles de l'île d'Elbe et 
du Nivernais rappellent les teintes décrites pour 
l'ocre transparente Lefranc. 

Influence de la composition chimique des ocres 
sur leur pouvoir adsorbant. — De l'étude précé- 
dente il ressort que, pour les ocres des séries A et 
B, le pouvoir adsorbant varie, dans la plupart des 
cas, proportionnellement à la teneur en fer et alu- 
mine. Le fait n'est cependant pas général, car 
certaines terres, commel'ocreduNivernaisi série G), 
riche en silice ^5i p. loo'i et pauvre en fer (19 
p. 100 !, ont un pouvoir adsorbant beaucoupsupé- 
rieur à celui des ocres d'une égale ténuité et conte- 
nant un poids plus élevé de fer et d'alumine. Il 
faut donc en conclure que l'état physique molécu- 
laire et l'origine de la matière jouent également . 
un grand rôle dans les phénomènes d'adsorp- 
tion. 

Emploi des ocres colorées par adsorption. — 
Les ocres colorées par adsorption sont suscepti- 
bles d'être emplovées, soit broyées avec de l'eau 
gommée, soit avec de l'huile de lin ou avec de 
l'huile dœillette. Plus exactement, elles peuvent 
remplacer les couleurs minérales utilisées aujour- 
d'hui dans le commerce et dans les arts. 

Solidiiéà la lumière. — D'après Valenta \Cliem. 
Ze//., t. XXXIII, p. 1 165, igogl.lacroyance suivant 
laquelle les matières colorantes artificiel les sont plus 
fugaces à la lumière que les matières colorantes 
naturelles, ne repose sur aucun fondement. En 
outre des couleurs d'alizarine qui permettent d'ob- 
tenir des teintes belles et solides, il exisie mainte- 
nant un grand nombre de colorantsqui possèdent 
toutes les conditions requises pour la fabrication 
des laques colorées (couleurs azophor, azarine, 
rouge lithol, écarlate pigment). II est intéressant 



ERCOLE SANTUCCI. — FILS RÉSERVES DANS LES LISIERES DES TISSUS COTON 



par exemple de signaler le vert cthyle, ou vert dia- 
mant G, couleur fugace. qui fournit cependant une 
laque beaucoup plus solide que tous les autres verts 
essayés. 

Ainsi que l'ont fait remarquer Knecht et Geb- 
hardt \J. Soc. Dyers and Color. t. XXVI, p. 173, 
1910), le terme de solidilé à la lumière n'est pas 
très exact et devrait être remplacé par solidité à la 
lumière et à l'air. 

Les principaux facteurs à considérer dans l'essai 
de solidité des teintures à la lumière sont: l'at- 
mosphère et la source de lumière. Parmi les cons- 
tituants de l'atmosphère, les plus importants sont 
l'oxvgène et l'humidité. On doit aussi tenir compte 
de l'alcalinité et de l'acidité de l'atmosphère, qui 
jouent un rôle important dans l'oxydation descou- 
leurs : les vapeurs alcalines paraissent produire 
une altération plus rapide que les vapeurs acides. 

Pour avoir des termes précis de comparaison, 
l'ai opéré de la façon suivante : l'ocre à étudier a 



été d'abord broyée avec de l'huile de lin décolorée; 
deux planchettes de bois blanc identiques ont été 
recouvertes de trois couches de la couleur ainsi 
obtenue. L'une de ces planchettes a été conservée 
dans l'obscurité, pendant que l'autre a été exposée 
aux variations atmosphériques pendant deux mois 
(du i5 février au 1 5 avril). Pour activer le séchage 
de la couleur, j'ai parallèlement recouvert une 
planchette de tulipier, portant une couche d'apprêt 
gris, de deux couches d'ocre à laquelle j'avais 
préalablement ajoutéun peude siccatifde Courtray 
blanc. 

Les couleurs étudiées sont : la fuchsine, la para- 
fuchsine, le bleu de méthylène, le violet cristal- 
lisé, le bleu de nuit, le vert malachite et le vert 
diamant G. 

Aucune des peintures contenant ces colorants 
n'a été altérée, ainsi qu'il résulte de la comparaison 
faite avec les planchettes « témoins », tenues dans 
l'obscurité. 



FILS RESERVES DANS LES LISIÈRES DES TISSUS COTON 
TEINTS EN NOIR D'OXYDATION UNI 

Par M. ERCOLE SANTUCCI. 



Dans plusieurs pays de l'Extrême-Orient, on de- 
mande que certains tissus teints en noir d'oxyda- 
tion aient, dans les lisières, des tlls blancs (satin, 
diagonales laines à l'envers, etc.), et aussi en 
Europe certains tissus pour dame (satins brochés, 
armures, etc.) auraient un cachet très élégant avec 
des fils blancs le long des lisières lorsqu'ils sont 
teints en noir d'oxydation uni. 

D'abo.-d on ne connaissait aucune méthode 
pour obteni." quelque chose de semblable et on 
tranchait tout court la question, en faisant avec 
une machine spéi. iale deux chaînettes parfaitement 
parallèles fune par chaque lisière) en coton blanc; 
mais l'imitation étai: trop grossière et alors on eut 
recours aux fibres textiles de nature différente de 
celle du coton, c'est-à-dire la laine et la soie. Avec 
la laine, on ajoute au bain d'aniline de petites 
quantités de tannin (3 à 4 grammes par litre de 
bain), mais si les fils blancs de laine ne sont pas 
de cette façon couverts par le noir d'aniline, ils sont 
salis par l'action du bicromate de soude qui donne 
aux lisières une couleur jaunâtre. 

Par contre, avec la soie, on obtient des effets très 
beaux, mais il faut teindre avec les noirs au soufre 
(noir immédiat, etc.'), en ajoutant à la fîotte une 
forte quantité de gélatine. Ce procédé est d'abord 
cher, soit à cause du prix de la soie et de la géla- 
tine, soit parce qu'on doit teindre le filéà une tem- 
pérature très basse et par conséquent avec une 
quantité de couleur beaucoup plus grande que 
celle employée dans la teinture ordinaire. Et après 
s'il s'agit de satins, satins brochés, etc., qui sont 
maintenant presque toujours mercerisés, la sub- 
stitution de la teinture en noir au soufre à 
celle en noir d'oxydation peut être tolérée, mais 
cette substitution n'est plus possible s'il s'agit de 
tissus qui ne sont pas mercerisés (comme les 



tissus lainés'i car le noir qu'on obtient sur le coton 
non mercerisé n'est pas aussi brillant que le noir 
d'oxydation. 

On peut obtenir des résultats très beaux avec 
le procédé suivant. Dans la cuve d'une machine 
quelconque pour coller les écheveaux de coton qui 
sont destinés au tissage (machines à cheville C. 
J. Haubold de Chemnitzet machines similaires, 
machine rotative Cohnen de Grevenbroi'ch, etc.), 
réchauffée avec de l'eau chaude à une température 
de 25 à3o°C., on met un mélange de 200 gram- 
mes de benzine de pétrole ayant un point d'ébuUi- 
tion très élevé, 400 à 5oo grammes de paraffine 
fondant à 72-75" litres et 400 à 5oo grammes 
d'hydrate de chaux (ou de baryum) en poudre im- 
palpable, la benzine sert seulement à rendre fluide 
la masse. On travaille les écheveaux dans ce 
mélange exactement comme s'il s'agissait de les 
coller. Si la broche de la machine à coller est en 
bonne condition de manutention, les fils de l'é- 
cheveau seront détachés les uns des autres; sinon il 
faudra les détacher aux bobinoirs. 

Les fils traités de cette façon sont réservés contre 
l'action oxydante du bain d'aniline, parce que la 
paraffine empêche l'imprégnation des lîls réservés 
par le bain d'aniline en le faisantglisser,aulieu de 
pénétrer dans l'intérieur, et si pendant l'opération 
d'imprégnation des tissus dansles foulards, quelque 
peu du bain d'aniline arrive à s'introduire àtravers 
la couche de paraffine, il est détruit par la chaux, 
qui, comme tous les alcalis, est une réserve puis- 
sante. 

Naturellement on doit soigner toutes les opéra- 
tions qui précèdent la teinture, de façon que la tem- 
pérature de fusion de la paraffine ne soit jamais 
surpassée. Dans le grillage, on n'a presque jamais 
de dommage, pourvu qu'on emploie le grillage au 



NOUVELLES COULEURS 



123 



gaz ; par contre ; dans le décreusat^e il est très facile 
d'ajouter la paraftine si on le fait au jif^ger ou bien 
à la continue; mais si on emploie le malt, dont 
l'usage est maintenant très répandu dans les tein- 
tureries, la couche de paratfine reste intacte. Après 
la teinture en noir, on donne le bichromate bouil- 
lant, qui enlève, la paraffine et les lils paraffinés 
redeviennent souples comme les autres fils de la 
lisière. Naturellement, si les (ils réservés étaient 
coloréspréalablement, on peut avoir les lisières co- 
lorées. 



Cette réserve résiste aussi aux manipulations 
de lamercerisation, pourvu que le lavage et la neu- 
tralisation ne soient pas faits à une température 
supcrieureàcellede fusion delà paraftine. La chaux 
qu'on emploie doit être parfaitement impalpable 
(et pour cela il faut mieux employer de la chaux 
précipitée au lieu de la chaux moulue;, parce que, 
s'il y a de petits grumeaux dans les fils de la li- 
sière, il y a souvent des dommages pendant le tis- 
sase. 



TELNTURE DES TISSUS DE LAINE AVEC EFFETS DE SOIE ARTIFICIELLE 

[Echantillons «'" 53 et 54.) 



Selon l'effet que l'on veut obtenir, on procède 
d'une façon ou d'une autre. 

D'une manière générale, les teintes claires se 
teignent en un seul bain, tandis que les teintes 
moyennes et foncées sont obtenues en deux bains, 
l'un acide pour couvrir la laine, le second neutre 
pour couvrir la soie arlificielle. 

Quant au choix des couleurs, il est subordonné 
au résultat que l'on désire. Si l'on veut que la soie 
reste blanche, on prendra un colorant acide ne tei- 
gnant pas la cellulose, et on traitera la marchan- 
dise en un seul bain ; si au contraire on désire co- 
lorer la soie artificielle, on prendra un colorant 
tirant sur coton ; dans tous les cas, il faut ménager 
les etVets de soie artificielle pour qu'ils restent bien 
apparents. 

Teintures en un bain unique. — Le bain doit 
renfermer : 



Sulfate du sodi 
Acétique . . . 



cristallisé . . 5 à 10 p. loo 
I p. 100 



On entre la marchandise dans le bain, vers 3o à 
40° Cet on monte progressivement à 70-80" C. La 
teinture doit durer 3o 1140 minutes. Pour nuancer 



la laine, on ajoutera au bain un colorant pour 
laine ; au contraire si l'on veut nuancer la soie on 
laissera refroidir le bain jusqu'à 3o-35'' C. et on 
ajoutera alors un colorant pour coton : diamine 
ou autre; on maintiendra le tissu dans le bain 
quelque temps. 

Teinture en deux bains. — Elle s'effectuera au 
bouillon avec des colorants acides. Le bain sera 
monté avec : 



.Sulfate de sodium cristallisé. 
.Sulfurique 



i5p. 
-1 P- 



Après teinture, on rince bien, puis on teint la 
soie artificielle, à froid, avec une couleur directe 
pour coton. Le bain sera court et contiendra par 
litre : 



Sulfate de sodium cristalli: 
Carbonate de sodium . 



20 gr 



?r. 5 



Après 40 à 60 minutes, la teinture sera terminée, 
on rince et termine par un acidulage avec l'acé- 
tique. 

Le bain ne s'épuise pas, il peut servir à nou- 
veau. 



NOUVELLES COULEURS 



Ulthacyanine RR et SC. \Fab. de prod. c/iim. ci- 
dev. Sando^. 

{Ech. n°^ 5i et 52.) 

Ces deux colorants au chrome s'emploient pour 
l'impression directe, seuls ou mélanges à d'au- 
tres couleurs au chrome. Ils peuvent aussi être 
imprimés sur [i-naphtol. Les nuances obtenues 
par foulardage se rongent facilement. 

Procédé par imprcssimi iiirccle. 

\ 37 gr. L'Itracyanine RR. 
( 80 gr. Eau froide distillée. 
t'K) gr. Formique 85 p. 100. 
691 gr. .Vdragante 1 : 10 = épaississant acide aniidon-adra- 

gante à parties égales. 
) 20 gr. Acétique 40 p. 100. 
( 20 gr. Tannin. 
92 gr. Acétate de chrome vert 20' B. 

I 000 gr. 



Après impression, on vaporise pendant une 
heure etdemie, foulardcen tartreémétique 5, i.ooo, 
à 5o" C . , lave, savonne au large et chlore sur tam- 
bours. 

La couleur ci-dessus, peut être imprimée sur 
tissu préparé au [i-naphtol; on vaporise ensuite au 
Mather-Platt pendant cinq minutes, foularde en 
tartre émétique 5/ 1 .000, à 5o° C, lave, savonne au 
large et chlore sur tambours. 

Le vert de l'échantillon n" 52 a été obtenu 
comme suit : 

Bleu 3 G Jaune G 



Bleu dauphin brillant .î G 3o gr. 
Jaune d'ali^arine G (Sandoz) 

Eau chaude distillée 3oo gr. 

Épaississant acide amidon-adragante 570 gr. 

Acétate de chrome violet 20° B. 100 gr. 



70 gr. \ 
270 gr. \ 
55o gr. 
1 10 gr. 



1.000 gr. i.ooo gr. 

Vert : Bleu 3 G 400 ) 40 gr. Bleu méthylène BBJ (Sandoz 
Jaune G Ooo j 40/1000 acide acétique. 



124 



NOUVELLES COULEURS 



Procédé par foulardage et rongeage. 



dissoudre au bain-marie. 



825 gr. Vltracyanine SC 
1.800 gr. Eau distillée 
i.35ogr. Formique 85 p. 100 ) 
23.258 gr. Eau distillée froide 
2.5oo gr. .\cétate de chrome vert 20". 
Foulardèr à deux rouleau.'î. sécher à la hot-flue. impri- 
mer avec la couleur suivante : 
i.îoo gr. Kaolin, empâtés avec : 

i.5oo gr. Eau distillée chaude; ajouter la solution de : 
3.400 gr. Chlorate de soude 

85o gr. Prussiate jaune de soude 
3.000 gr. Eau distillée. 
Complétera 10 kilogrammes avec de l'eau et ajouter en- 
suite 11.000 grammes épaississant T. 

/ 2.600 gr. .amidon blanc 

c ■ ■ , -r ' •'iooo gr- Eau 

tpaississant 1 . ^^^ cmc. acétique 40 p. 100, cuire et 

' ajouter à froid : 

2.000 gr. Tartrique. 

Après impression, vaporiser au Mather-Platt 2 à 
5 minutes, laver et savonner au large. 

Vert Violet 

Pâte d'oxvde de chrome 26.4 p. 100 240 gr. 240 gr. 
Acétique 40 p. 100 200 ce. 125 ce. 

Chauffer au bain-marie jusqu'à dissolution et 
mettre à 20° B. 

Brin thioxine G2R et 3BV Chem. Fab. 

Griesheim-Elektron ii>. Œhkr.) 

Ech. n°" 55 et 56.) 

Ces deux nouvelles marques font suite aux pré- 
cédentes (voir Rev. gén. des Mat. color., t. 12. 
p. 23i, t. 13, p. Siqi ;elles possèdent les mêmes 
qualités de solidité aux divers agents. 

Le brun G2R perd un peu à un foulon fort; 
le brun 3BV résiste moins bien aux acides que le 
brun G2R. Les deux marques ne résistent pas au 
chlore. Un traitement au sulfate de cuivre fonce 
beaucoup la nuance du brun G2R : par contre, la 
nuance du brun jBVest peu changée. 

Les deux bruns deviennent plus jaunâtres par 
l'action simultanée du cuivre et du bichromate. 
La solidité au lavage est un peu augmentée parce 
traitement. 

La dissolution des colorants se fait pour le 
brun G2R avec une fois son poids de sulfure de 
sodium cristallisé : avec le brun 3BV, le quart 
suffit. 

On teint comme d'habitude en présence de car- 
bonate et de sulfate de sodium. 

Si Ion teint du coton mercerisé, on ajoutera 
2 p. 100 de savon monopole. 

Noir triton M et R (Chem. Fab. Griesheim. 

Elektron w. Œhler . 

{Ech. n-'^Syef 58.) 

La nuance de ces noirs est plus corsée que celle 
des noirs triazol voir Rev. gén. Mat. color., t. H, 
p. 18 et 391 , de la même fabrique. La solidité 
aux acides est meilleure, ce qui les rend plus in- 
téressants. Le coton est teint à tous .ses états de 



préparation, en barque ou en appareil. La mi- 
laine est teinte en bain neutre, la laine reste un 
peu plus noire que le coton, la soie reste aussi 
moins noire et plus rougeàtre. 

Le noir RX traité au sulfate de cui\re et au 
bichromate, devient plus violacé, mais sa solidité 
au lavage est considérablement augmentée. 

Avec le noir B, ces mêmes agents n'augmentent 
pas sa solidité au lavage. 

Les deux noirs traités par la formaldéhyde 
deviennent plus bleuâtres et leur solidité au lavage 
est augmentée. 

Pour teindre le coton, on ajoute de 3 à 5 p. 100 
de soude, de 10 à 20 p. 100 de sulfate de soude 
ou de sel marin ou seulement 10 à 20 p. 100 de 
sulfate de soude. Les colorants montent aussi en 
bain tiède. 

Pour teindre la mi-laine, on l'entrera à environ 
60" C. dans le bain contenant le colorant et 20 p. 
100 de sulfate de soude; on remue pendant 20 à 
25 minutes, puis monte lentement au bouillon et 
fait bouillir jusqu'à ce qu'on obtienne la nuance 
désirée. On arrête alors la vapeur et laisse tirer 
encore environ un quart d'heure dans le bain. Le 
coton se conserve mieux de cette façon. 

Enfin, la mi-soie sera teinte en présence de 2 à 
3 p. 100 de savon de Marseille et 5 à 10 p. 100 de 
phosphate de soude. 

Les deux noirs sont rongés en blanc par les 
méthodes ordinaires. 

NoiR.\iRONAL 5G EXTRA (Chem. Fah. v. Weiler-ter 

Meer . 

Ech. n" 59.' 

L'intérêt de ce noir au soufre en poudre est de 
n'exiger pour sa solution qu'environ o kgr. 750 
de sulfure concentré au lieu de i kilogramme qui 
est nécessaire pour les anciens noir auronal. 

La nuance d'un noir verdâtre résiste très bien 
aux divers agents chimiques ainsi qu'à la lumière. 
Sa bonne solubilité permet de le teindre en 
appareils. 

La teinture se fait comme d'habitude voir Rev. 
gén. Mai. color., t. 15, p. 137). 

Noir polr chapellerie 3G • Badische Anilin 
und SodafahrikK 

Ce nouveau colorant acide pour feutres laine et 
poil, a une nuance plus verdâtre que celle du noir 
agalma ou celle du noir Palatin SF (voir Rev. 
gén. Mal. color., t. 9, p. 275) Le noir noir est 
obtenu par mélange avec le Jaune solide pour 
laine G. 

La solidité à l'essorage et au lavage est bonne, 
l'unisson, le tranchage. la résistance au décatis- 
sage sont satisfaisants. La solidité à la lumière est 
très bonne. 

Pour obtenir une teinture bien tranchée, on 
ajoute au bain : 

10 kilogrammes sulfate de soude cristallisé. 



NOUVELLES COULEURS 



125 



et teint tout d'abord, ; cndant une demi-heure au 1 .Muillon et on t'ait ensuit ■ .le demi-heure en demi- 




N" 51. — Ultracyanine KR [S. 



N" 52. — Ultracyanine SC [S.]. 





i\«53. — Tissu de laine avec effets de soie artificielle fC.]. N'5l. - Tissu de laine avec effets de soie artificielle [C. 





Brun thioxine G2K [" |. 



Brun thioxine 3BV [0.]. 





N" 57. — Noir Triton R [0 



N- 5K. — Noir Triton M [0.]. 



heure des additions 
successives d'acétique et 
plus tard de sulfurique. 
Les quantités d'acide 
nécessaires varient beau- 
coup suivant la qualité 
de la marchandise et 
les conditions de tra 
vail ; on emploie en 
movenne : 



6 kilogrammes acétique 6° B (3o p. loo). 
ou 2 — f'ormique 8o p. loo. 

plus (■) — sulfurique hCv B. 

La marchandise carbonisée devra être neutra- 
lisée avant teinture. 




Noir auronal 5G extra [U'.]. 



Si le tranchage n'est 
pas exigé on prendra 
seulement le tiers des 
quantités de colorant 
indiquéesci-dessuspour 
obtenir des noirs cor- 
sés; on pourra dans ce 
cas, se passer de sulfate 
de soude et entrer la 
marchandise dans le 
bain déjà garni de bi- 
sulfate de soude ou de sulfurique. 

Si l'on traite de la marchandise carbonisée, une 
addition d'acide n'est généralement pas néces- 
saire. 



120 



REVUE Dr:S JOURNAUX ET DES BREVETS 



Jaune indanthhkne GN extra-pati: [Badische 
Anilin und Sodafabrik'. 

La nuance de ce jaune est plus vive que celles 
des marques R et G. Il se teint à froid comme le 
rouge tndanthrène BN, par le procédé 120 mo- 
difié 1 voir /?e)'. gén. mat. color., k)Ii). Le pro- 
cédé 120 fournit des nuances plus claires, (voir 
Rep. gén. mat. color., igi 1 1. 

La résistance du nouveau colorant au lavage et 
à la lumière est très bonne et supérieure à celle 
des anciennes marques. La solidité delà teinture 
au débouillissage est modérée: aux acides et aux 
alcalis ; au frottement et au repassage la couleur 
résiste bien. 

Les teintures se laissent ronger par la rongealite, 
ce qui n'est pas le cas des jaunes R et B. 

Brun neptune B [Badische Anilin und Sodafabrik). 

Ce colorant teint la laine en bain acide. Il se 
dissout bien et tire complètement; l'unisson est 



bon, surtout en tons foncés. Le coton est teint lé- 
gèrement. La solidité aux différents agents chimi- 
ques est assez boime. 

La teinture s'effectue en prévence de 10 à 20 p. 
100 sulfate de soude, et de 2 à 3 p. 100 sulfuri- 
que à 66" B. 

Noir thional G. Chem. Fab. v. Sando^). 

C'est un colorant sulfuré en pâte, qui se teint 
en appareil mécanique en présence de carbo- 
nate sec (5, 3 et 1 p. 100), de sulfate de sodium 
(40, 1 5 et 5 p. 100). et de sulfure de sodium (28, 18, 
i3 p. 100). 

Les quantités indiquées se rapportent au pre- 
mier, au deuxième etau troisième bain suivants. 

Bi,Eus xylène AG et t\K{Chem.Fab. v. Sando^.) 

Colorants pour laine se teignant au bouillon en 
présence de sulfatede soude (i5 à 20 p. looi et de 
sulfurique '2 a 3 p. loo'i. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



IV. — FIBRKS TEXTILES 



§*)• 



Naturelles. 



IV b). — SIMILI-CRIi\ (Obtention «l'un — j par 
M. L. M. SAi\LAVILLE(B. F. 435989). — Pour trans- 
former les tiges d'alfa ou d'agave en simili-crin, voici 
comment on procède : 

On place dans un autoclave 100 kilogrammes de 
tiges d'alfa séchées ou d'agave décortiquées, pour 
i.Soo litres d'eau environ dans laquelle on aura préa- 
lablement ajouté 23 litres de soude caustique à 36" B., 
puis on fait bouillir pendant six heures en mainte- 
nant la pression à trois atmosphères environ. 

Après avoir laissé tomber la pression, on évacue le 
bain et l'on rince à grande eau. 

Cette première partie du traitement a pour-but de 
dégommer les fibres et de les rendre aptes aux traite- 
ments ultérieurs qu'elles doivent subir. Ces traitements 
varient quelque peu suivant que l'on veut obtenir un 
simili-crin brut, blanchi ou frisé. 

IV b). — MATIÈRES FIBREUSES (Séparation 
des — de la cellulose dans les plantes) par M. 

SILBERRAD) [b. k. 434709]. — La paille de lin (séchée 
ou verte) qui doit être désagrégée, est plongée dans nu 
bain, chauffé de préférence de 60° à 100° C, pendant 
une période qui dépend de la nature de la paille. Un 
bain de ce genre consiste par exemple en un mélange 
d'environ : 



Eau jaussi douce que possible' 

Savon 

Soude brute 



4.500 litres. 
68 kilogr. 
45 kilogr. 



et acide sulforicinoléique 

(ou huile pour rouge turc) .... 23 kilogr. 

Après avoir été submergé dans ce bain, le lin est 
enlevé et bien lavé. 

La paille de lin traitée de cette façon est soumise à 
l'état sec ou humide à un des procédés mécaniques 
habituels pour séparer les fibres du bois ou autres 
matières. Elle donnera un produit qui est égal sous 



tous les rapports aux fibres de meilleure qualité obte- 
nues par l'ancien procédé de désagrégation. 

On peut employer des dispositifs mécaniques quel- 
conques pour augmenter le contact entre la solution 
et le lin ou le rendre plus rapide, ainsi que pour la 
manipulation et le lavage de la matière. 

On peut aussi, si utile, couper la paille de lin en 
longueurs appropriées afin de faciliter sa manipulation 
en grandes quantités et produire de cette façon une 
fibre qu'on peut traiter d'une manière semblable à la 
façon de traiter le coton, tout en produisant un article 
qui a les propriétés précieuses de la toile. 

Bien qu'il n'a été question que de lin dans la descrip- 
tion donnée ci-dessus, cette invention est applicable 
aussi à la préparation de fibres d'autres plantes, telles 
que la ramie, les tiges de fève, l'agave, la banane, le 
chanvre etc. 

IV b) SIMlH-L.VIi\E obtenue par un traite- 
ment cbiniique tic la rauiie brute décortiquée. 
par M. I. BIRKEIVSTOCK (b. f. 434416). — Voici 
comment on procède: 

A. Prendre 100 kilogrammes de ramie brute décorti- 
quée, en nattes, et découper ces nattes en loquettes de 
3o, 40, 5o, 60, 70 ou 80 millimètres de longueur, selon 
l'emploi auquel on destine la bourre. Il se cunstruit 
des machines à découper réglables pouvant découper 
3.000 kilogrammes par jour. 

B. Dans un autoclave ou cuve à débouillir, on met 
1. 000 litres d'eau additionnés de 25 kilogrammes de sel 
de soude carbonate Solvay, on brasse pour mélanger, 
puis on met dans ce bain les 100 kilogrammes de 
ramie découpée. On fait bouillir pendant deux heures, 
puis on ouvre le robinet de vidange et on laisse cou- 
ier le bain pour le vider entièrement. La lessive étant 
évacuée, on ferme le robinet et on verse de nouveau, 
par-dessus la ramie, i.ooo litres d'eau additionnée de 
20 litres de soude caustique à 36" B. 

On fait bouillir pendant six heures, puis on ouvre le 
robinet de vidange et on laisse vider cette lessive en 
même temps que l'on fait couler par-dessus de l'eau 
pure et froide jusqu'à ce que la lessive sorte claire. 



FIBRES TEXTILES 



127 



Remuer la ramie et la passer à l'essoreuse, puis la faire 
sécher à la machine à sécher. 

C. La ramie étant sèche, on la passe au loup-carde 
pour ouvrir et désagréger les parties agglutinées ensem- 
ble. 

D. Bain de frisage. — Dans le récipient d'une ma- 
chine à laver les matières te.xtiles, on met i.ooo litres 
d'eau froide additionnés de i.ooo litres de soLide caus- 
tique à 36° B., on brasse pour bien mélanger et on 
met dans ce bain les 100 kilogrammes de ramie sor- 
tant du loup-carde. La ramie doit être constamment 
remuée par des fourches dont la machine à laver doit 
être munie, de façon à ce que le dessous de la matière 
passe dessus et inversement. Lorsque la ramie est res- 
tée dans ce bain pendant une heure, et qu'elle aura été 
constamment remuée pendant ce temps, on la passera 
dans une essoreuse disposée à pro.ximité des bain et 
matière. 

On aura soin de récupérer là soude provenant de 
l'essorage et de la remettre dans la machine à laver 
pour servir de bain à trois autres lots de ramie pour 
lesquels on récupérera jusqu'au dernier, tant que la 
quantité de liquide sera suffisante. En un mot, ne pas 
laisser perdre une goutte de ce bain de soude. 

E. La ramie étant essorée à fond, on la mettra dans 
un bain acidulé composé de 2.000 litres d'eau froide 
additionnés de 20 litres d'acide sulfurique. Ce bam 
acidulé doit se faire dans la machine à laver et la ra- 
mie constamment remuée pendant une demi-heure. 
Ensuite on rincera énergiquement la ramie à l'eau 
froide pure et courante pour dégager toute trace d'a- 
cide. Ensuite on essore et on fait sécher à la machine 
à sécher. 

F. La ramie étant sèche, on la passe à la carde soit 
pure, soit mélangée avec de la laine, selon qu'elle sera 
emplovée pour produire du fil, du feutre, de la laine à 
matelas, etc. S'il s'agit de fils, la filature se fait avec la 
matière pure ou mélangée avec le même matériel que 
celui employé pour la filature de laines. 

De prime abord, on pourra être surpris de la quan- 
tité relativement élevée de soude caustique employée 
pour le bain de frisage et on sera porté à en déduire 
que le pri.x de revient de ce traitement atteindra un 
chiffre trop élevé. Ce serait une erreur de le croire 
puisque ce bain servira à traiter quatre lots de 100 ki- 
logrammes de ramie. Le prix de ce bain ne correspond 
donc pas à une quantité de 100 kilogrammes, mais 
bien à 400 kilogrammes. Naturellement, il faut soi- 
gneusement récupérer le bain de soude pour le faire 
servir jusqu'au quatrième lot de ramie à friser. 



§ c). — Artificielles. 

IV c). — SOIE (Fabrication de fils, crins, pelli- 
cules, rubans, tissus etc. eu — pure ou addi- 
tionnée de cellulose) par M. I). LA.\CK (b. f. 

435 1 56). — Cette invention est relative à un procédé 
de fabrication de fils, tissus et objets de toute forme, 
consistant à filer ou à employer de façon appropriée à 
la nature de l'objet à fabriquer ou à imprégner, un li- 
quide contenant en solution de la soie brute ou dé- 
creusée ou des mélanges de soie brute ou décreusée 
avec de la cellulose, la soie étant employée neuve ou 
provenant de vieux tissus, et la solution obtenue au 
moyen de liqueurs ammoniacales ou mèthvlamihiques 
ou le mélange des deux contenant du zinc, du nickel, 
du cuivre, les métaux étant pris plus particulièrement 
sous forme de carbonates en vue de dissoudre la séri- 
cine ou la fibroïne ou les deux à la fois, la solution de 



soie étant employée pure ou mélangée en tiUte pro- 
portion à de la cellulose. 

IV c) VISCOSE (Fabrication de Hls, Hia- 
mcnts, bandes, avec la cellulose de — ), par 

.\L S. COUUT.\ri/r | b. k. 43450 1 ]. La régénération d'hy- 
drate de cellulose sous forme de fils, filaments, bandes 
ou films en partant de la viscose, a été ert'cctuée en 
faisant passer sous pression une viscose appropriée à 
travers des orifices ou ouvertures dans des bains dits 
coagulants. On emploie particulièrement pour cet 
usage les bains de coagulation appartenant aux deux 
classes, suivantes : 

Classe I. — Bain tel qu'une solution aqueuse de 
sulfate d'ammoniaque dans lequel la viscose est préci- 
pitée à l'état de xanthate. 

Classe II. — Bain dans lequel l'hydrate de cellulose 
provenant de la viscose est régénéré de la viscose par 
l'action du bain. 

Un certain nombre de bains de cette classe 11, de 
compositions différentes, ont été employés : ces bains 
peuvent par exemple être constitués par de l'acide sul- 
furique dilué seul ou additionné de matières associées 
ou non, par exemple de sels de l'acide sulfurique, de 
glucose et autres corps analogues à une température 
convenable. 

La présente invention consiste dans un perfection- 
nement des bains appartenant à la classe H indiquée 
ci-dessus, et a pour résultat de donner des produits de 
qualité supérieure en même temps qu'une économie 
de travail. Le perfectionnement consiste à ajouter à un 
bain tel que ceux de cette classe II une petite quantité 
d'un sel de zinc, de préférence le sulfate de zinc, ou 
bien de zinc ou d'un composé du zinc qui, par l'ac- 
tion de l'acide dans le bain, sera transformé en un 
sel de zinc, et à employer un tel bain pour régénérer 
de l'hydrate de cellulose en partant de la viscose. 

A titre d'exemple, ce nouveau bain peut être préparé 
des deux façons indiquées ci-dessous; les parties sont 
indiquées en poids : 

/='' exemple. 

Acide sulfurique 8,5 

Glucose 9 

Sulfate d'ammoniaque 4 

Sulfate de soude 12 

Sulfate de zinc 1 

2' exemple. 

Acide sulfurique S 

Glucose 10 

Sulfate de soude 12 

Sulfate de zinc 1 

Eau fil) 

Le mode opératoire pour régénérer de l'hydrate de 
cellulose en partant de la viscose au moyen d'un tel 
bain peut être celui qui est employé couramment et 
bien connu. 

Bien qu'on ait trouvé que la quantité de sel de zinc 
indiquée dans les exemples ci-dessus donne de bons 
résultats, l'invention n'est pas limitée à ces chifl'res ; 
on a toutefois constaté que la quantité de sel de zinc 
ajouté ou formé dans le bain ne doit pas dépasser envi- 
ron 3 p. 100 du poids de ce bain. 

IV c). — SOIE ARTIFICIELLE iFilag^e sans 
pression et à lair libre de la — ) par .NL G. 

CAHEi\ (B. b\ 434869). — Le fonctionnement de cet 



128 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



appareil est très simple : la solution visqueuse conte- 
nue dans le récipient .1 remplit le tube C. les tube»: D, 
F, (j et s'écoule par son seul poids à travers les filières 
A.', au sortir desquelles elle se coagule immédiatement. 
Les différents brins se réunissent à une certaine dis- 




Appareil pour le filage de la soie artilicielle. 

tance et subissent une torsion plus ou moins grande 
suivant la vitesse de rotation des tubes porte-filières. 

On obtient donc, en une seule opération, le fil tordu 
qui, après dénitrirication, pourra être mis en flotte et 
utilisé de la façon habituelle. 

IV c). —PAILLE ARTIFI<:iELLE à base de cel- 
lulose, parM.J. E. BRAIVDE\'BE1{(;e«(b. f. 436186). 
— Une solution aqueuse de cellulose est versée dans 
une trémie pour être coagulée immédiatement à sa 
sortie en lame de ladite trémie, par l'action, sur ses 
deux faces, d'un bain de sels coagulants. La pellicule 
solide ainsi formée se déplace alors sur des rouleaux 
de commande et de guidage, en vue de passer succes- 
sivement dans des bains d'insolubilisation et de lavage 
pour arriver finalement sur des rouleaux sécheurs sur 
lesquels la pellicule est maintenue en tous ses points 
par des rouleaux libres. 

La pellicule qui se présente alors sous une largeur 
variable, et sous une longueur quelconque, est ensuite 
gaufrée et ornementée. Puis, la bande est découpée en 
lanières, soit dans le sens de la longueur, soit trans- 
versalement. Finalement, les lanières sont découpées 
en filcis. 

Pourréaliserle produitd'une autre façon on prendune 
bande d'un tissu uni, façonné ou ajouré, de largeur et 
de longueur quelconques et on l'incorpore entre deux 
pellicules de cellulose de même largeur et de même 
longueur, obtenues par le procédé spécial précédem- 
ment rappelé ou par tout autre procédé. Pour obtenir 
l'adhérence de la cellulose sur le tissu, on fait passer 



100 parties en poids. 
20 — — 



par exemple le tissu placé entre les deux pellicules 
avec couches de colle convenable entre des rouleaux 
presseurs. 

IV c). — FILAME.XTS ARTIFICIELS, par M.CA- 

HE>I (b. F. 434868). — On fait un mélange, à la tem- 
pérature ordinaire de : 

Collodion 

Chorure d'aluminium. . . . 

Formiate de soude 4 à 10 — — 

Acide azotique à 40" B. . . . 6 — — 

Eau 40 à 80 — — 

On agite fortement pendant plusieursheures, jusqu'à 
ce que la masse visqueuse soit devenue parfaitement 
homogène et suffisamment fluide pour s'écouler à la 
façon de la glycérine ou d'une huile un peu épaisse. 

Après avoir laissé reposer pendant quelque temps, 
on décante et on filtre. 

Le produit est alors prêt à l'emploi. Il présente cette 
particularité qu'on peut le filer sans pression au tra- 
vers des filières, d'où il s'écoule par simple gravité, se 
coagulant à l'air presque au sortir des filières. 

Les fils ainsi obtenus, après avoir été dénitrifiés, par 
exemple par passage dans un bain de sulfhydrate 
d'ammoniaque, sont souples, élastiques et tenaces, et 
leur résistance à l'eau est plus grande que celle des fils 
fabriqués par d'autres procédés. Ils doivent ces qua- 
lités à l'action combinée du formiate de soude, du 
chlorure d'aluminium et de l'acide azotique. 

IV c). —CELLULOSE (Production de flU de —). 

par M. .1. IIUBiXER (a. F. 431 11 2). — L'ensemble de 
l'appareil est monté sur un bâti convenable, comme 
il est montré en X, .\, par exemple. En A est dis- 
posé le tuyau qui fournit sa solution, et dans celui- 
ci on peut introduire un filtre a d'une construction 
quelconque convenable. Le tuyau A alimente le réci- 
pient B ouvert en haut, de sorte qu'aucune pression 
n'y est transmise par le tuyau A. La « tête » est main- 
tenue constante dans ce récipient pendant l'opéra- 
tion ; mais on peut recourir à des moyens quelcon- 
ques convenables pour permettre à cette « tête » d'être 
modifiée, si on le désire, b est un réservoirde trop-plein 
qui reçoit l'excès de liquide qui coule de A à B. Du 
récipient B le tuyau C conduit la solution à l'ajutage de 
filage. Lin robinet ou valve D permet de régler l'écou- 
lement de C à l'ajutage de filage. E est l'ajutage de 
filage, et les fils nouvellement formés e passent de 
celui-ci dans l'entonnoir F. G est un tuyau qui fournit 
le liquide coagulant qui passe dans l'entonnoir, g' étant 
un robinet de réglage à cet effet. Un tuyau de trop-plein 
H reçoit l'excès de liquide coagulant et le conduit au 
tuyau /; d'oij il s'éloigne comme on le voit présente- 
ment. En quittant l'enionnoir F, les fils arrivent dans 
une cuvette I qu'il est préférable de monter sur une 
articulation / pour faciliter la visite ou le nettoyage de la 
cuvette. Tout le liquide perdu provenant du tuyau h 
passe dans une auge de vidange K où il se rassemble 
et est conduit à un endroit déterminé pour un usage 
ultérieur en même temps que celui qui vient de l'en- 
tonnoir. Les fils passent alors sur des tiges ou rouleaux 
de tension L, L, dans la cuvette M où a lieu une coa- 
gulation ultérieure ; de là, ils passent dans la cuvette 
N contenant soit du liquide coagulant, soit de l'eau, 
comme il est besoin, suivant la nature de l'opération. 
Le rouleau O guide les fils dans la cuvette N et le rou- 
leau P les guide dans celle-ci sans le liquide. En Q est 
V disposée une raclette pour enlever l'excès de liquide 
des fils qui passent sur la raclette pour se rendre au 



MORDANTS 



12g 



rouleau R dans la cuvette T qui contient par exemple, 
de l'acide et où les fils sont entourés sur la bobine U. 
Dans certains cas on peut aussi disposer une bobine 
séparée. 

On voit que la solution s'écoule du récipient B à 
l'ajutage de filage E par la pesanteur seulement sans 
aucune pression extérieure. L'ajutage de filage forme 
les fils et le liquide coagulant entrant dans l'entonnoir 




Appareil pour la production de lils de cellulose. 

par o' les etirs en même temps qu'il durcit partielle- 
ment les fils. On comprend facilement que les dimen- 
sions de la sortie de l'entonnoir au bas par rapport à 
l'écoulement par le tuyau g déterminent la rapidité 
avec laquelle le liquide passe par l'entonnoir et par 
suite la traction qu'il exerce sur les fils. On voit aussi 
que si l'écoulement est trop grand par rapport à la 
surface extérieure, l'excès sera évacué par le tuyau 11. 

IVc).— FILS ARTIFICIKLS RETORDUS (Filière 

pour — ),par .M. C.-C. LECL.VIRE (b. k. 431681). 

Ce dispositif consiste à faire tourner, à la même vi- 
tesse et dans le même sens, la filière amenant laviscose 
ou autre liquide capable d'être filé et le bac plein du 
liquide coagulant que les fils sortant de la filière doi- 
vent traverser. De cette façon le liquide coagulant, im- 
mobile par rapport aux jets liquides sortant de la 
filière, atteint sûrement toutes les parties des jets li- 
quides au fur et à mesure de leur sortie par les trous de 
la filière et agit sur tous les fils avec autant d'intensité 
et d'efficacité que si la filière était fixe. 

Une particularité de ce dispositif réside dans ce fait 
que le liquide coagulant est alimenté constamment et 
se rend dans le bac en cheminant du centre de la 
filière vers sa périphérie, de telle sorte que chassé par 
la force centrifuge il atteint sûrement les jets de liquide 
dés lasortie de la filière. 

Le dispositif est utilisé comme suit : 



La filière et le bac ne tournant pas, on envoie de la 
viscose par les trous 14 de la tuyère 5 pendant qu'on 
chasse du liquide coagulant par le trou 12 dans le ré- 
servoir 6 pour le remplir, il se forme alors un faisceau 
de fils dans le bac 6, ayant alors enlevé le couvercle 21 
l'ouvrier peut tirer à lui ce faisceau, le faire passer par 
le trou 22 du couvercle et l'enrouler sur la bobine ré- 
ceptrice ordinaire, il pose alors le couvercle 21 contre 
ses garnitures 24,1e liquide coagulant passant par le 
trou 22 déborde dans le réservoir fixe extérieur 26 et 




retourne au réservoir de liquide coagulant ; à ce mo- 
ment on ramène le cône 3 sur la noix 1 et la filière 
ainsi que le bac se mettent à tourner à la même vitesse, 
de sorte que le liquide coagulant se trouve être immo- 
bile par rapport aux filets de viscose sortant par les 
trous 14 et qu'il les atteint uniformément pendant to4Jl 
son parcours du centre de la filière à sa périphérie et 
du niveau de la filière au niveau de l'ouverture 22 
percée dans le couvei-cle par lequel il s'échappe dans le 
réservoir fixe 26. Ce contact du liquide coagulant avec 
les jets de viscose est très utile pour assurer la forma- 
tion des fils avant leur arrivée à la hauteur du trou 22 
du couvercle. 



VI. 



.MORDANTS 



^ b). — Procédés. 

E.VrRAlTS T.\XXAXTS( Procédé (le décolora- 
tion ou clarilioation d'extraits pour teinture 
par MM. LEPETIT, DOLLFUS et GAXSSER (pli 

cacheté du 3i janvier 1912. Bull. Soc. liai. Mulhouxe. 
(1912, p. 6g). 

Pour faire valoir les droits d'antériorité inhérents à 
un pli cacheté, nous décrivons ici un nouveau procédé 
de décoloration et purification d'extraits tannants et 
colorants, inventé par AL Ernesto Tagliani, de Lugano 
Suisse), notre chimiste, appliqué et fonctionnant en 
grand depuis le mois de septembre 1900, dans notre 
usine à Suse. 

Ce procédé de clarification et décoloration diffère 



i3o 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



essentiellement de tous ceux connus jusqu'à aujour- 
d'hui en ce qu'il est basé sur l'emploi d'un savon de 
colophane ou de résine, ajouté à l'extrait ou à la décoc- 
tion à traiter, mélangé ou non avec une substance 
lourde insoluble finement divisée qui a pour but d'ac- 
célérer le dépôt d'impuretés et de résine. Telles sont 
parmi ces substances le sulfate de baryte ou le sulfate 
de plomb précipités ou très finement broyés. 

En employant un jus à clarifier, par exemple une 
décoction de bois de châtaignier à 2°, 5 ou 30,5 8., nous 
opérons de la façon suivante : 

Le jus est refroidi à 25» ou Bo" B., on y ajoute en 
remuant, pour 1000 litres : 
Un mélange de 20 litres ( i5 kg. de soude caustiqueà 20° B' 

de solution de colo- < i5 » de colophane 
phane faite avec ( zSo » d'eau 

et de 1.700 grammes de sulfate de baryum en pâte à 
80 p. 100. 

Le liquide trouble est laissé au repos pendant une 
heure, le dépôt se tasse complètement au fond et le 
liquide reste absolument limpide, la partie claire si- 
phonnée est concentrée dans le vide, le dépôt passé au 
filtre-presse. 

Pour le jus de campêche. de quebracho, de chêne, 
etc., nous opérons absolument de la même façon. Les 
extraits obtenus sont parfaitement solubles à l'eau 
froide; l'extrait de châtaignier ainsi piêparé est en 
même temps mieux décoloré que par les procédés en 
usage au sang, à la colle, aux sels de plomb et autres. 

Nous obtenons une décoloration tout à fait excep- 
tionnelle en ajoutant d'abord au jus une très petite 
quantité d'une solution de nitrate ou de chlorure de 
plomb et ensuite les trois quarts des proportions indi- 
quées du mélange de colophane et de blanc fixe. 

Nous appliquons le même procédé à la purification 
d'extraits de châtaignier ordinaire. Pour i.ooo kilo- 
grammes de cet extrait à 28" B., nous ajoutons 66 kilo- 
grammes de sulfate de baryte en pâte, 170 litres d'eau, 
(4 litres de soude caustique à 20° B ; ensuite, pour 
rétablir l'acidité primitive 2 kilogrammes d'acide sulfu- 
rique à 66° mêlés avec 2 litres d'eau. Après 24 heures, 
le dépôt est complètement tassé et l'on tire le jus cla- 
rifié, ou plutôt l'extrait clarifié et décoloré marquant 
25" B., soluble à froid et ayant les mêmes propriétés 
quecelui obtenu en traitant les jus dilués, à très peu 
de dilTérence près. 

Itapport sur le pli cacheté «le MM. LEPETIT, 
DOLLFUS et GAIVSSER, par M. UodolplieGEIGY. 

Les essais de clarification faits d'après les données 
du pli cacheté de MM. Lepetit, DoUfus et Gausser ont 
montré que ce procédé peut avoir un intérêt pour 
certains extraits tannants colorés tels que châtaignier, 
quebracho et autres ; seulement, pour avoir une bonne 
épuration, il faut employer des proportions plus fortes 
que ne l'indique le pli cacheté. 

Pour les extraits contenant des tannins donnant de 
l'acide gallique, le procédé en question n'est pas favo- 
rable. 

Aucune publication de ce genre n'ayant été faite, je 
vous propose. Messieurs, de voter l'impression du pli 
cacheté suivi du présent rapport. 

\ll. — TLINTUKL 

§ b]. — Procédés. 

Vil b). — TEINTURE jAoïiveau procédé de — ), 
par l'ACTlEIV GESELLSCIIAFT FUR ANILIX-FA- 

lUUKATIOIV) (B. F. 421564/14918). — Emploi d'al- 
déhydes autres que les substitués: 



Exemple i. — En se servant, par exemple, du dérivé 
leuco'ique obtenu par la condensation de la méthyl-p- 
benzylamidobenzaldéhyde avec l'acide ortho-crésotique 
on obtient des colorations résistant très bien au foulage 
et au « potting-process », en opérant comme suit : 
on prépare le bain de teinture en ajoutant, à une solu- 
tion de I 1/2 3 2 p. 100 (du poids de la laine à teindre) 
du composé jeuco'ique, 10 p. 100 de sulfate de soude 
anhydre et 6 p. 100 d'acide acétique. On introduit la 
laine à une température de 60° environ, on chaufie 
progressivement, pendant une demi-heure, jusqu'à 
l'ébullition et on fait bouillir ensuite une demi-heure. 
Puis on ajoute 6 p. 100 d'acide acétique en deux por- 
tions, chacune de 3 p. loo, en faisant bouillir encore 
une demi-heure. On rince bien et on fait ensuite déve- 
lopper dans un bain frais renfermant 2 p. 100 de bi- 
chromate de potasse et i p. 100 d'acide sulfurique, en 
faisant bouillir de nouveau pendant une demi-heure ; 
puis on rince bien et on sèche. On obtient ainsi un vio- 
let rouge, possédant un refiet bien nourri ; les teintu- 
res résissent bien au lavage, foulage et au « potting- 
process ». 

Exemple 2. — Pour opérer la teinture dans un seul 
bain, on peut procéder comme suit, en se servant, par 
exemple, du dérivé leucoïque, obtenu par condensa- 
tion de la diméthyl-jt? amidobenzaldéhyde avec l'acide 
ortho-créosotique. On prépare le bain de teinture en 
ajoutant, à une solution de 2 p. 100 (du poids de la 
laine à teindre) du dérivé leucoïque, 4 p. 100 de sul- 
fate d'ammonium et 2 p. 100 de chromate de soude; 
on introduit la laine à la température d'environ 60°, 
on porte lentement (pendant trois quarts d'heure) à 
l'ébullition et on fait bouillir durant deux heures envi- 
ron. Puis on rince et on sèche. La nuance obtenue est 
d'un rouge violet clairet intense, résistant bien au la- 
vage, foulage et au « potting-process ». 

§ c). — Machines et appareilx. 

VII c).— FOULARD .IIGGER à mai-che révorsi- 
l»le, par M.M. LE SACHE, VIRVAIRE et Cie (b. f. 

436340). — Cet appareil est muni d'un dispositif qui 
comporte essentiellement : 

1° Deux rouleaux A, B, à axe mobile, servant alter- 
nativement à l'enroulage ou au déroulage du tissu, sui- 
vant le sens de marche. Ces rouleaux sont actionnés, 
comme dans les jiggers, par un arbre longitudinal avec 
pignons et griffons permettant de les commander pour 
l'enroulage, avec une friction réglant leur vitesse, ou 
de les rendre fous au déroulage ; un frein, dans ce 
dernier cas, permettant de donner la tension nécessaire 
au tissu pendant le déroulage ; 

2" Deux rouleaux exprimeurs C,D, montés à leviers 
et contrepoids et venant alternativement, suivant le 
sens de la marche, exprimer le tissu en contact avec 
un rouleau d'entraînement E ; les leviers de pression 
de ces rouleaux sont conjugués de telle façon qu'il n'y 
en a jamais qu'un en contact dans le sens de l'entraî- 
nement du tissu, l'autre étant soulevé et agissantcomme 
simple rouleau de détour du tissu entraîné par lui ou 
par le rouleau entraîneur au moyen d'engrenages à 
longue denture, cet entraînement étant d'ailleurs faci- 
lité par un montage du rouleau sur coussinets à billes 
ou autres, donnant le minimum de frottement. 

i" Un rouleau entraîneur E, de plus gros diamètre 
que les rouleaux presseurs et recevant sa commande au 
moyen d'engrenages coniques avec griffons d'embrayage 
permettant de le faire tourner dans un sens ou dans 
l'autre ; 

4° Un rouleau plongeur F, forçant le tissu à s'im- 



TEINTURK 



merger dans le bain ; il est évident qu'au lieu d'un rou- 
leau unique, on pourrait avoir plusieurs rouleaux de 
détour dans une bassine plus grande, si l'on voulait 
immerger le tissu plus Icingtenips dans le bain ; 
3" Une bassine G contenant le bain de traitement et 



présentant la particularité de pouvoir se basculer 
autour du point H pour se nettoyer facilement. 

Les ligures montrent la marche du tissu dans les 
deux sens. 

Le tissu se déroulant de B (lig. 2) passe sur le rouleau 




Foulard Jigger. 
I, Élévation ; fig. 2, vue schématique. 



de détour D, plonge dans la bassine sous le rouleau F, 
vient s'exprimer entre les rouleaux E et G et vient s'en- 
rouler sur le rouleau A, lequel est muni d'une com- 
mande à friction permettant de régler la vitesse et la 
tension d'enroulage. 

Si on change le sens de la marche, le rouleau 
G se soulève, tandis que le rouleau D s'abaisse et le 
tissu se déroule de A à B. 

On peut donc obtenir autant de passages successifs 
du tissu dans le bain qu'il est nécessaire, par le simple 
renversement de marche, et tout en donnant un expri- 
mage à chaque passage. 

VII c). — .MACIIIXE \ TEIXDRE, par THE P.SAK- 

SKI DYEI.XG .MA(;iiI.\E C (b. k. 430936). — 1 re- 
présente le réservoir muni d'un fond 2 ayant une ouver- 
ture 3 pour recevoir un conduit 4 qui mène à l'échap- 
pement d'une pompe centrifuge 5. Gettc pompe est 
reliée par son admission, au moven d'un conduit 6, à 
un robinet à trois voies 7 qui est disposé entie un con- 
duit 8, lequel mène à une ouverture 9 dans le fond du 
réservoir, et un conduit 10 qui mène à une ouverture 
1 1 dans le coté du réservoir près du sommet. Ces con- 
duits et cette pompe répondent au but d'établir une 



circulation en tous sens, mais, pendant l'opération de 
la teinture, il est préférable d'établir une circulation par 
le conduit 4 à l'intérieur du centre du réservoir. 

Une conduite appropriée à vapeur 12 peut être dis- 
posée au-dessus du fond du réservoir dans le but de 
chauffer le liquide. La paroi interne du réservoir peut 
être pourvue d'ouvertures i3 qui reçoivent des tenailles 
14 dans un but qui sera décrit ci-après. 

Le réservoir est encore pourvu en son fond d'un 
épaulement i5. Sur l'épaulement i5 repose un organe 
distributeur comprenant une partie centrale lô à ouver- 
ture pour recevoir la tige 17 d'un boulon 18 qui dépasse 
le sommet de la machine. Ge boulon est maintenu en 
place par un écrou 19. Gette partie centrale est pourvue 
d'un rebord 20 qui se prolonge vers le bas et extérieu- 
reinent et qui, en sa partie inclinée, est bombé vers 
l'intérieur suivant un arc décrit autour du centre de la 
décharge, (^.etle partie 20 repose sur l'épaulement i5. 
Sur une rondelle 21 portée par le sommet de la partie 
centrale 16 repose un couvercle 22 ayant en son centre 
une ouverture 23 pour le passage du boulon 18, lequel 
couvercle est pourvu, prés de sa périphérie, de rangées 
d'ouvertures 24 qui constituent l'échappement, et c'est 
le point médian entre le cercle passant par les centres 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



de la rangée intérieure d'ouvertures et le cercle passant 
par les centres de la rangée extérieure d'ouvertures qui 
constitue le centre de l'arc décrit par la partie perforée 
20 de l'organe distributeur. Ce couvercle est pris par 
les tenailles 14 qui le maintiennent en place. Un ccrou 



approprié 23 sur le boulon 18 sert à maintenir ce cou- 
vercle de façon hermétique sur la partie centrale de 
l'organe distributeur. 

Pendant le fonctionnement, la matière est emmaga- 
sinée dans la chambre circulaire existant entre l'organe 




.Machine à teindre, 
élévation-coupe; tig. 2, plan partiel du couvercle; fig. 3, plan partiel de l'organe distributeur. 



distributeur et la paroi du résenoir, le couvercle est 
ensuite placé dans la machine et y est fixé, et la pompe 
est mise en marche, d'où résulte que la liqueur tincto- 
riale est obligée de pénétrer dans la chambre constituée 
par l'intérieur de l'organe distributeur, d'où la liqueur 
est dirigée vers l'extérieur à panir du centre et vers le 
haut à partir du fond jusqu'à l'échappement, les ouver- 
tures d'alimentation dans l'organe distributeur étant 



r,{,i 



toutes à une distance en substance équivalente du poin- 
central de l'échappement. De cette façon, toute la mat 
liére est teinte de façon uniforme à cause de la longueur 
égale du trajet du liquide dans le sens où il doit passer. 

VII c). — DEVIDOIR POrRriSSUS; applicable 
à la teinture, par .\1. J. PAYET b. f. 4462-5 . — Le 
fonctionnement de cet appareil consiste à placer le dé- 





^SL 



Dévidoir pour tissus. 



vidoir A sur ses paliers dans le bâti B et à munir le 
distributeur D des supports C. On attache alors le tissu 



F au premier support ou bien, si on le désire, à l'axe 
a-, ou de toute autre manière convenable, puis on 



TEINTURE 



i33 



communique le mouvement de rolalion au dévidoir 
Les supports C sont alors successivement et automa- 
tiquement introduits un par un dans les guides et se 
présentent périodiquement en dessous du tissu F, dans 
la rotation du dévidoir jusqu'à ce que la pièce entière 
de tissu soit finalement disposée sur les supports. 
Alors, le tissu étant convenablement fixé et les barres 
étant elles-mêmes assujetties sur le dévidoir au moyen 
des goupilles (î. on enlève le dévidoir avec sa charge de 
tissu hors du bâti B, on immer^;e le tout dans le 
liquide ou dans le fluide convenable qui pénètre faci- 
lement à travers les évidements h et les rainures dans 
toutes les parties du tissu. 

Le dévidoir est alors retiré et replacé sur son bâti et 
l'on peut dévider le tissu comme à l'ordinaire. 

Vil c). — TEIXTUKE A LA COXTIiMIE (Dispo- 
sitif iKHir — «les tissus de «'otoii au Iarjïe)> par 
M. S. M- IvROSXOWSlvl (b. k. 436697). — Le nou- 



vel appareil se compose de trois chambres \, 11, 111, 
qui, dans la description qui suit, seront appelées, la 
première, chambre de chargement ; celle du milieu, 
chambre de traitement, et la dernière, chambre de dé- 
chargement. La chambre de traitement qui, lorsqu'on 
l'emploie pour le blanchiment doit être maintenue 
constamment au-dessous de deux atmosphères, pos- 
sède plusieurs auges i, 2, 3, 4, 5, 6 dans lesquelles le 
tissu est emmagasiné pour être exposé à l'état lâche 
pendant longtemps à l'action de la vapeur. Dans le pas- 
sage d'une auge à une autre, le tissu contourne les 
templets ou extenseurs 7, 8, et passe entre les cylindres 
9. 11 subit une imprégnation dans les auges à lessive 10, 
dont trois sont représentées sur la figure, avec un li- 
quide approprié. Les auges 10 sont reliées entre elles 
par le tuyau 11 et l'on peut maintenir le liquide qu'elles 
renferment à un niveau déterminé au moyen d'un dis- 
positif de réglage automatique. 

Les chambres I et 111 servent à emmagasiner le tissu 




Machine à teindre les tissus au large, d'une manière continue. 
Fig. i, coupe en long; fig. 2, coupe de la chambre de traitement. 



lorsqu'on charge ou décharge l'appareil. Lorsqu'on ne 
fait pas entrer de tissu dans la chambre I et qu'on ne 
fait pas sortir de tissu dans la chambre III, les cham- 
bres 11 et m communiquent entre elles, La fente de 
passage 12 dans la paroi de séparation i3 entre les 
chambres II et 111 est alors ouverte et le tissu sortant 
de la chambre de traitement se déplace de gauche à' 
droite pour étrepliésur la table i5 parleplieur i4dans 
la chambre de déchargement. Pendant ce temps on 
prépare un nouveau chargement dans la chambre 1 qui 
peut être isolée de la chambre 11 par la coulisse ;6. On 
introduit la nappe de tissu par la fente 17 qui est ou- 
verte temporairement à cet effet, et on l'empile sur la 
table 19 au moyen du plicur 18 d'un tvpe connu. Une 
quantité suffisante de tissu ayant été emmagasinée dans 
les chambres I et III, le passage du tissu de la chambre 
I dans la chambre II et hors de la chambre 111 vers 
l'extérieur a lieu de la manière suivante : 

On f'erme simultanément les fentes de passage 12 et 



17 au moyen des coulisses 20 et 21, On peut voir 
litre d'exemple bur la figure 3 une forme de réalisation 
de ces coulisses. Les plaques coulissantes 20 sont levées 
et abaissées au moyen des tiges 22 et glissent dans un 
guide 23. Le tissu est pressé par les plaques 20 contre 
un liteau de fermeture 24, de préférence élastique, de 
telle sorte qu'on obtient une fermeture étanche à la va- 
peur de la fente de passage lorsque le tissu est immo- 
bile. On met ensuite la chambre 1 en communication 
avec la chaudière à vapeur au moyen d'une soupape 
appropriée de sone qu'elle peut se remplir de vapeur 
tandis que la chambre 111 communique avec l'atmo- 
sphère par l'ouverture d'une soupape de vapeur d'échap- 
pement. Lorsque la pression, réglable au moyen de la 
soupape 25, des deux côtés de la coulisse 16, est de- 
venue équivalente à la pression de la chambre II et 
lorsque la pression des deux côtés de la coulisse 26 est 
égale à la pre>sion atmosphérique, on ferme la sou- 
pape d'arrivée de vapeur de la chambre 1 et la .soupape 



.54 



REVIE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



d'évacualion de vapeur de la chambre 11. on soulève 
les coulisses 16 et 26. on lait basculer les tables 19 et i3 
autour des axes 27 et 28 au moyen du système du le- 
vier 29, 3o, relié aux coulisses 16 et 26 et le tissu entre 
par l'un des côtés de la machine dans l'auge i et sort 
de l'autre côté. On ferme ensuite les coulisses 16 et 2O. 
on ramène les tables 19 et i5 dans leur position primi- 
tive, on ouvre la soupape qui établit la communication 
de la chambre III avec la chaudière à vapeur ainsi que 
la soupape qui permet de taire communiquer la cham- 
bre I avec l'atmosphère. Lorsque la pression de la 
chambre III est égale à celle de la chambre 11 et que la 
pression de la chambre I est équivalente à la pression 
atmosphérique, on étrangle la soupape de sortie de va- 
peur de la chambre I et on soulève les coulisses 20 et 
21. 3i représente une soupape de jonction entre les 
chambres 11 et III semblable à la soupape de réglage. 
Les auges 32 et 33 ont pour objet de recevoir le tissu 
qui continue d'arriver après la fermeture des coulisses 
20 et 21. Si, après le soulèvement des coulisses 20 et 
21, les cylindres d'appel des appareils plieurs, qui ne 
transportent pas pendant la fermeture des coulisses, se 
remettent à travailler, les auges d'approvisionnements 
32 et 33 sont vidées pendant l'intervalle entre deux 
chargements. Les plis doivent donc avoir dans celte 
période des dimensions telles que non seulement le 
tissu emmagasiné dans les auges 32. 33, mais aussi 
celui qui arrive constamment se trouve transporté. Les 
pliants se meuvent constamment, toutefois le tissu n'est 
pas plié au moment du chargement de la chambre I et 
du déchargement de la chambre III. On y arrive en re- 
liant les cvlindres d'appel rotatifs 34, 35 du plieur aux 
coulisses 20 et 21 par des leviers 36, 3;, de manière 
qu'ils soient séparés des cylindres d'appel inférieurs 
lorsqu'on abaisse les coulisses et que par conséquent 
il ne puisse pas se produire un transport du tissu. 

Vlll. — I.MPRESSION 



i*)- 



Procédés. 



ROl'GE PAR.\XITRAIVILINE <l*rofédé(lc iinu- 
«lanoniïe par le iiaphtol volatilisé, pour la pro- 
(liiflioii du — avec verjet blou réserve), par .\l.\l. 
Camille S(:il(*;.\ et E. SCIIWEITZER (pli cacheté 

du i"' avril 1901. Bull. Soc. Ind. Mulhouse. U112, p. 
70- 

Le présent pli a pour but de prendre date au sujet 
de l'emploi que nous avons fait, dans l'industrie, de la 
volatilisation de certains corps dans la vapeur d'eau ou 
l'air chaud, et de la fixation de leurs vapeurs sur le 
tissu. 

En vaporisant un tissu quelconque dans une pièce 
préparée en g-naphtolate de soude, par exemple, nous 
avons remarqué qu'une partie de naphtol est entraînée 
par la vapeur, et condensée sur le tissu. Ce tissu, passé 
ensuite dans un bain de diazo de paranitraniline. 
donne la coloration rouge bien connue du paranitro- 
benzèneazo-J-naphiol. 

Nous avons observé, en outre, qu'il n'est pas néces- 
saire d'employer la naphtolate de soude, mais qu'une 
solution du [3-naphiol. soit dans l'acétine, soit dans 
l'alcool dénaturé, donne une volatilisation bien plus 
prononcée, et enfin que. sur un tissu huilé, la conden- 
sation est beaucoup plus forte que sur un tissu non 
traité, et proportionnelle à la quantité d'huile emplovée. 

Enfin, nous avons trouvé qu'un article enluminé 
s'obtient aisément dans les conditions indiquées ci- 
haut, n'importe quelle couleur-vapeur formant réserve 



par son épaississant, sans qu'il soit nécessaire d'agir 
chimiquement sur le naphtol. 

Les échantillons ci-joints ont été obtenus de la façon 
suivante : 

Imprimer sur tissu préparé en sulforicinate, à 
40 grammes par litre, un bleu ou un vert au tannin — 
sans excès de tannin — vaporiser, revaporiser quelques 
minutes dans une atmosphère contenant la vapeur 
d'eau saturée de ^-naphtol. développer en diazo, laver, 
savonner, laver. 

.Au lieu d'employer un doublier préparé en naphtol, 
il est aussi possible de se servir de vapeur d'eau pas- 
sant dans un récipient contenant le naphtol en mor- 
ceaux, avant d'arriver dans l'appareil à vaporiser. 

La durée de vaporisage varie selon la qualité du tissu 
et est de quatre à cinq minutes pour les tissus légers 
salins, calicots). 

L'article noir et rouge s'obtient en imprimant le noir 
aniline légèrement plus acide qu'à l'ordinaire, sur tissu 
huile, puis en vaporisant cinq minutes en vapeurs satu- 
rées de naphtol ; de cette façon, le noir se développe 
en même temps que le .i-naphtol se condense sur le 
tissu ;on passe ensuite en diazo, etc. 

L'article noir, rouge et blanc, s'obtient de même, en 
imprimant outre le noir aniline, une réserve au sel 
d'étain, ou au sulfite, ou enfin à la soude caustique ; 
ou bien encore, en traitant le tissu huilé en vapeurs de 
g-naphtol et en imprimant ensuite, outre le noir ani- 
line, une couleur-diazoïque épaissie et en développant 
le noir ensuite au petit .Mather-Platt. 

Rapport sur le pli cacheté de JIM. Camille 
SCIIOEX et Etienne SCHWEITZER, par M. 
Henri SCHMID. 

Si dans l'âge des hydrosulfiles stables qui nous per- 
mettent d'opérer l'enluminage du rouge paranitraniline 
sur les teintes finies, la fabrication, imaginée par notre 
regretté collègue et son collaborateur, n'offre peut-être 
plus de valeur pratique, elle n'en est pas moins inté- 
ressante et curieuse et fait preuve d'un talent observa- 
teur marqué. — Dans la bibliographie, je n'ai trouvé 
aucune communication antérieure se rapprochant de 
celle faite parles auteurs, et, par conséquent, j'ai l'hon- 
neur, messieurs, de vous proposer la publication du 
pli cacheté n» 1242. accompagné du présent rapport. 

ROlGE.\ITRnS.\MI\Ede la paranitroorthoa- 
nisidine réservé sous noir d'aniline par les 
FARRIOIES DE PRODlll S Clil.MHJlES 1>E 
TIIAX.X ET l»E .MIEIIOISE pli cacheté du 2 3 dé- 
cembre 1910. Bull. Soc. .Mulhouse, 1912, p. 73). 

Le carbonate de chaux s'emploie généralement 
comme réserve sous noir d'aniline. 

Cette propriété peut être utilisée'pour une fabrica- 
tion de rouge réserve sous noir d'aniline foulardé. A 
cet effet, on incorpore le carbonate de chaux à une 
couleur composée de nitrosamine de la paranitroor- 
thoanisidine. de ,;-naphtolate de soude, d'aluminate de 
soude et de sulforicinate de soude. 

Outre son pouvoir réservant tant chimique que 
mécanique, le GaCO"" a le grand avantage d'empêcher 
la couleur de couler dans le noir pendant l'opération 
du foulardage en noir et pendant le vaporisage. 

Couleur d'impression 

■jb gr. nitrosamine de la paranitroorthoanisidine (20 

p. 100) 
123 gr. eau tiède 



IMPRESSION. —APPRÊTS 



i35 



aiouler a 
43o » eau de gomme adragante 6 p. loo neutralisée. 
5o > aluminate de soude lo» B. 

à froid 
20 » p-naphtol 
20 » soude caustique à 38" B. 
3o » sulforicinate de soude 40 p. 100 
5o •» eau 
200 » carbonate de chau.v poudre fine 

1000 grammes. 

Imprimer sur tissu blanc, puis développer le rouge 
dans un local chaud pendant quelques heures, passer 
en noir d'aniline au foulard, le côté imprimé en haut, 
le rouleau inférieur plongeant en partie dans le bain. 

On développe le noir comme d'habitude au petit 
Mather-Platt, on lave et on savonne bien. 

Le blanc est obtenu par : 

700 gr. eau de gomme 
aSo » carbonate de chau.x 
5o » o.xyde de zinc 

1000 grammes. 

On peut procéder de la même manière avec la nitro- 
samine de la paranitraniline, en opérant avec les pro- 
portions voulues et en tenant compte des conditions 
nécessaires au développement du rouge. 



Rapport sur le pli cacheté des Fabriques 
(le produits cliiiuiques de Tliann et de Mul- 
house, par .\1. Henri SCII.MID. 

En 1907, M. Dziewonski a produit le rouge de para- 
nitroorthoanisidine sur tissu en partant de la nitrosa- 
mme. La couleur d'impression se composait de nitro- 
samine, d'acétate, de sulforicinate et d'aluminate de 
soude. 

La même couleur pouvait, d'après .M. Dziewonski, 
servir de réserve sous des soubassements de noir d'a- 
niline, si elle était additionnée d'une quantité suffi- 
sante d'acétate de soude. 

-NL A. Brand, désireu.x de réaliser le même article 
sous noir d'aniline uni plaqué, est encore parti de la 
formule de M. Dziewonski ; seulement, comme l'acétate 
de soude, à cause de sa grande solubilité, ne paraissait 
guère applicable comme réserve, en présence d'un bain 
plein comme le noir Prud'homme, .\L Brand eut l'idée 
de le remplacer par un agent de réserve insoluble et 
s'est arrêté à la craie. Ce corps a eu l'effet prévu et a 
fourni, d'une façon analogue à l'o.xyd* de zinc dans 
l'article réserve multicolore connu, de contours nets et 
e.xempts de coulage. 

La production du beau rouge bleuâtre de paranitro- 
orthoanisidine sous noir Prud'homme devientainsi une 
fabrication pratique et facile à e.xécuter. 

Cependant, elle ne réussirait plus si l'on voulait im- 
primer la couleur réserve au carbonate de chaux sur la 
préparation déjà finie en noir Prud'homme comme on 
a l'habitude de le faire pour les réserves ordinaires. 
C'est qu'il faut, comme indiqué plus haut, que le rouge 
soit développé avant qu'il vienne en contact avec le 
noir. 

Le procédé du pli cacheté est devenu depuis l'objet 
d'un D.R.P. 

A ma connaissance, il n'y arien de publié au sujet 
du procédé en question, avant la date du dépôt du pli 
2o58, et je vous propose, par conséquent, .Messieurs, 



d'insérer dans le Bulletin ce pli, accompagné du pré- 
sent rapport. 

Vlll 6 . — RÉSERVES BRUXES sur tissus de co- 
ton imprimés, par .M. C. PILZ b.f 436504). — Lors- 
qu'on imprime des aminés aromatiques, très o.xvdables, 
sur fond (mordancé, imprimé) de noir d'aniline non 
développé, elles empêchent l'aniline de s'oxyder et de 
passer au noir, tandis qu'elles donnent elles-mêmes des 
couleurs solides brunes en se développant. Si l'on im- 
prime par exemple le tissu de coton, comme à l'ordi- 
naire, avec du sel d'aniline, du ferrocyanure de potas- 
sium, du chlorate de sodium, et si l'on sèche ensuite et 
donne une seconde impression avec une aminé aroma- 
tique, du w-amido-phénol par exemple, il se forme 
pendant la vaporisation suivante et aux endroits cou- 
verts par la seconde impression, non pas du noir, mais 
du brun olive, tandis que le fond se présente en noir. 

L'effet de réserve produit par les aminés très oxy- 
dables, aminophénols. diamines, tri-amines, etc., est 
tellement énergique que même lorsqu'on imprime un 
mélange d'aniline avec l'un des aminophénols. etc., 
en présence des agents oxydants nécessaires, l'aniline 
conserve sa couleur et rien que la couleur brune de 
l'amidophénol se forme. 

On peut utiliser pour le procédé tous les aminés, 
diamines, aminophénols, diamido-phénols et triamines 
très oxydables de la série des benzols, naphtols, etc., 
certaines de ces a.-nines donnent de très grandes diffé- 
rences de nuances; ainsi par exemple, le «i-amidophé- 
nol donne du brun-olive, l'o-amidophénol donne du 
brun-rouge, la m-phényldiamine et la «i-toluolènedia- 
mine donne de l'olive, l'o-amidocrésol donne du brun- 
jaune; d'autres composés présentent au contraire des 
nuances moins prononcées, ainsi par exemple la ;>-phé- 
nyldiamine, la benzidine, etc., qui donnent des nuances 
brunes très foncées. 

Il est plus particulièrement important que ces ré- 
serves brunes peuvent être réservées très facilement 
avec les réserves blanches et de couleurs variées, ordi- 
naires avec le noir d'aniline, et l'on obtient ainsi par le 
nouveau procédé un très grand nombre decombinaisons 
nouvelles que l'on ne pouvait plus obtenir jusqu'ici. 

\'oici un exemple d'exécution du procédé : 

Sur le tissu imprimé de noir d'aniline sur fond mor- 
dancé, comme à l'ordinaire, et séché ensuite, on ap- 
plique une couleur d'impression qui, outre l'épaissis- 
sant ou autre réserve ordinaire, contient par litre de 40 
à 60 grammes d'o-amidophénol ou bien de m-amido- 
phénol ou encore du muriate de /n-toluylinediamine. 
.Après une courte vaporisation on obtient un beau brun 
aux endroits imprimés. 



I.\. 



APPRLTS 



S II). — Théorie et généralités. 

-VPPRÈTS Du « danger » du chlorure de 
magnésium dans les — ), par E. RISTE.X- 
P.VRT II . 

La presse a récemment signalé et de façon si fré- 
quente et si inconsidérée, les dangers de l'emploi du 
chlorure de magnésium dans les apprêts qu'il importe 
de remettre les choses au point. Les apprêteurs se sont 
émus de voir attaquer un produit pourtant employé 
avec succès depuis longtemps: ils ont cherché dans 

Ml y.eitschrifl fiir angewandte Chenue, X.W, 7. 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



l'emploi du chlorure de calcium le moven d'éviter 
toutes critiques. C'est le droit de l'Industrie d'en appe- 
ler à la Science, et d'écouter ses conseils autorisés. 

La préparation industrielle du chlorure de magné- 
sium, MgCI- -I- 6H-0, consiste à concentrer à 40° B. 
les dernières eaux mères de la fabrication du chlorure 
de potassium. Le chlorure de magnésium obtenu p.ir 
cristallisation de ces eaux est fondu et par suite séché 
en partie. Il se produit alors, mais en très petite pro- 
portion 

Mg C|2 -r H-O = .Mg Cl OH - HCI. 

On s'est efforcé d'enlever au sel sans le décomposer 
les 6 molécules d'eau qui en forment les 53,2 p. loo- 

La maison « Das Kaliwerk Ascherslehen v> prit en 
i885 un brevet, d'après lequel on élève la température 
jusqu'à 100° dans le vide, si lentement que le sel ne 
fond pas. L'ne étude ultérieure prouva que l'on n'enle- 
vait par ce moyen que 2 molécules d'eau: le pourcen- 
tage en Mg Cl- montant à 57,2; il monte à 60. 56 si 
l'on chaufi'e 6 heures à iiS", et à 77,0 si l'on s'élève à 
175°. .\u-dessus. une décomposition se produit avec 
dégagement d'acide chlorhydrique. 

Cette propriété du chlorure de magnésium, de déga- 
ger de l'acide chlorhydrique en se décomposant joue 
un rôle important dans la fabrication. Les opinions 
différent sur la température à laquelle se produit cette 
réaction. Brandès dit 105°, Grimshaw, 117°, et prétend 
qu'il y a déjà départ d'acide chlorhydrique à des tem- 
pératures plus basses. Casaseca déclare qu'il n'y a 
départ que quand il v a moins de ô molécules d'eau 
pour I molécule de chlorure de magnésium. 

L'auteur a repris cette expérience. Il dissout dans 
240 centimètres cubes d'eau 60 grammes de MgCI- 
neutreetpur; il fractionne le tout au bain d'huile. 11 

titre avec une solution de soude à — , en présence de 

10 '^ 

méthylorange, les fractions passées. 11 obtient ainsi : 

Distillé HCl p. 100 

rapporté au 
MgCli 4-6 H=0. 



102 
102 
io5 
106 
108 



171 
i83 



0.0009 
0,0123 
o,o5q7 



Il constate que l'assertion de Casaseca est fausse, 
comme aussi celle de Brandès. 

Une objection se présente alors : l'acide chlorhy- 
drique a pu se former à io5° et ne se dégager qu'en- 
suite, lorsqu'une certaine quantité d'eau est passée. 
C'est un fait connu qu'une solution d'acide chlorhy- 
drique se concentre jusqu'à une certaine teneur, avant 
de dégager de l'acide chlorhvdrique. L'auteur a pu en- 
lever à une solution à 2 p. 100 les deux tiers de son 
eau sans avoir de dégagement d'acide. Mais il estime 
que les faits sont tout différents si à une solution à 
2 p. 100 d'acide chlorhydrique il ajoute 60 grammes 
de chlorure de magnésium chimiquement pur. Dés le 
début de la distillation, il passe de l'acide chlorhy- 
drique. 

On peut du reste se convaincre facilement, de ma- 
nière purement qualitative, de la faible décomposition 
du chlorure de magnésium, même à de hautes tempé- 
ratures, en en chauffant une solution additionnée de 



Température du 
produit fondu. 


Disii 
ce 


i3o-i86 


9 


210 


9.5 


220 


11 


225 


12 


227 
237 


•4 

16 


249 


16 

88 



méthylorange. La coloration rouge n'apparait. et très 
faiblement, qu'après 120°. 

L'expérience a été reprise dans un autre sens. 
200 grammes de chlorure de magnésium sec chimique- 
ment pur furent placés dans un ballon à fractionner et 
chauffés très lentement: les fractions distillées étaient 
neutralisées comme précédemment. 



HCl p. 100 

rapporté au 

MgCfî -r 6 H-'O 

0,011 
0,001 
o.o3 

0,07 
0,101 

o,5o4 
■•433 
2.16 



La distillation dura deux jours pleins. 

On voit qu'il ne se produisit que fort peu d'acide, et 
à des températures pratiquement inusitées. 

11 fut vérifié aussi que la présence de l'air ne change 
rien à la réaction. Une distillation faite dans un cou- 
rant d'air donna des chiffres d'acide analogues. 

Il fallait encore s'assurer que le coton n'avait pas 
d'action de présence, bien que cela parut probable. 

L'expérience suivante fut faite : 41 gr. 5 de coton 
purifié mis en ballon à fractionner avec une solution 
de 200 grammes de chlorure de magnésium dans 
3 16 centimètres cubes d'eau, furent lentement chauf- 
fés. 

Température. Distillée. 



ioô,5 
1 10 
114 



L'acide n'apparut donc qu'à I2i*. 

Et encore peut-on penser que cette température est 
à élever, car le thermomètre ne plongeait plus dans le 
liquide, mais était entouré de coton, peu conducteur 
de la chaleur: en l'enfonçant soigneusement, la tempé- 
rature montait à izçi". Dans les 45 minutes suivantes, 
il passa encore 3i centimètres cubes donnant 0,3- 
p. 100 d'acide. La destruction du coton arrêta l'expé- 
rience. 

Il est donc bien établi qu'il n'y a pas de décomposi- 
tion à craindre' avant 121° ou 106° suivant que l'on 
chauffe le sel ou ses solutions. L'auteur a voulu encore 
s'assurer qu'il n'v a pas de décomposition à craindre 
dans le cas du vaporisage, auquel on soumet parfois 
des tissus apprêtés. 

En distillant du chlorure de magnésium dans uii 
courant de vapeur d'eau, en présence ou non de cellu- 
lose, il n'a pas constaté de passage d'acide chlorhy- 
drique. 

II estime par suite que l'emploi dans l'industrie 
des apprêts de chlorure de magnésium basique est par- 
faitement licite, tant que la température reste dans les 
limites ordinaires. 

Il a cherché du reste àdéterminer la limite supérieure 
de sûreté. Des fils de coton furent imprégnés, les uns 
de chlorure de magnésium, les autres d'acide chlorhy- 
drique étendu, chauffés quatre heures à io5° sans 
dommages visibles. La charge de rupture ne variait 



100 


HCl. 


Durée du 






chauffage. 







6ù minutes 









123 — 

160 — 
io5 — 







2l5 — 


0,0002 


245 - 



APPRKTS 



1^7 



pas ou peu. L'allongement p. loo augmentait sensi- 
ijlement, du fait de l'humidité des fils probablement. 

Quatre autres fils de coton furent imprégnés de chlo- 
rure de magnésium de la même façon et chauffés quatre 
heures à 128°. L'altération fut très nette. Mais il faut 
remarquer que de pareilles températures sont incon- 
nues en travail normal et qu'elles sont déjà préjudicia- 
bles à la cellulose, sans intervention d'acide. L'expé- 
rience en fut faite. 

L'expérience fut faite alors sur un coton imprégné 
en outre du chlorure de magnésium, des apprêts ha- 
bituels, fécule, sel de Zediitz, glycérine, dextrine, etc. 
La teneur du coton en .\lg Cl- était d'environ 2 p. 100. 
Il résistait parfaitement à un séjour d'une minute en 
chaudière, d'une minute sur une conduite de cuivre 
percée de trous et remplie de vapeur (c'est le décatis- 
sage), à un chauffage final d'une heure à io3°. .Mais 
dés que la température dépassait 106°, la limite de sij- 
reté était atteinte, et le même échantillon subissait 
de façon indiscutable l'effet destructeur du chlorure 
de magnésium, s'il était chauffé une heure à 1 1 r% 
une heure à i lô" et finalement une heure à 120°. 

Les mesures de charge de rupture faites sur des 
bandes de 10 centimètres de large, donnèrent les résul- 
tats suivants : 

.\vant le chauffage 38 kgr. 7: après deux heures à 
65°, 36 kgr. 4; à 80", 36 kilogrammes; à 100", 35 kilo- 
grammes; à iio", 35 kilogrammes; à 120°, 29 kgr. 2 
seulement. 

Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux qu'une tempé- 
rature de 120" ne doit pas être atteinte dans un travail 
soigneux de tissus en coton. Hoffmann a établi que de 
pareils tissus ne doivent pas être chauffés à plus de 
100", et qu'à 90» la cellulose subit déjà une transfor- 
mation chimique. Des recherche? personnelles ont con- 
firmé l'auteur dans cette idée. 

Il résume son article en disant : 

1° Qu'une solution aqueuse de .\ig CI- ne se décom- 
pose pas avant 106°, même en présence d'un excès 
d'air, ni en présence de cellulose, ni au contact des 
apprêts habituels. 

2° La quantité d'acide dégagée par un chauffage at- 
teignant 249" n'est que les 2 p. 100 du chlorure de 
magnésium total. 

3° Des tissus apprêtés avec du chlorurede magnésium 
ne sont altérés que si la température dépasse 106°. Ils 
peuvent par suite parfaitement être décatis à la vapeur 
sans pression. 

4° De hautes températures, surtout si elles sont sup- 
portées longtemps, détériorent le coton. Il ne faudrait 
pas sécher le coton à plus de 100°. 

5° On peut employer sans inquiétude le chlorure de 
magnésium aux apprêts, tant que la méthode actuelle 
de traitement ultérieur n'aura pas été modifiée. 



§ c). — Machines et appareils. 

IX c). — .MERCERIS.VGE DU COTO.\ EX 
ÉCIIEVEAIW, par \\. V. II.VIIX (b. f. 434516. du 
23 sept. 191 1-6 t'évr. 1912 . — Les dispositifs ou ma- 
chines utilisés jusqu'ici pour merceriser le coton en 
écheveaux peuvent se diviser en deu.x groupes princi- 
paux. Dans l'un des genres, le plus souvent utilisé, 
l'immersion des écheveaux de fil placés autour des cv- 
lindres de tension a lieu dans la position horizontale, 
c'est-à-dire que les deux cylindres porte-fil se trouvent 
dans le même plan horizontal ; de plus, ils ne plongent, 
avec l'écheveau de fil placé autour deux, dans la les- 
sive ou dans l'eau servant au rinçage, que d'une ampli- 



tude suffisante pour recouvrir par le liquide, approxi- 
mativement jusqu'à la hauteur du point périphérique, 
inférieur du moyeu de l'axe decvlindre, uniquement le 
tronçon inférieur (la longueur inférieure pendante! de 
l'écheveau de fil tournant autour des cylindres. Dans le 
second genre de dispositifs à merceriser l'opération de 
l'immersion s'effectue, dans l'une des positions des deu.x 
cylindres, dans le plan vertical : en outre l'écheveau de 
fil tournant placé autour de ces derniers plonge avec le 
cylindre inférieur, non coulissant, dans le liquide jus- 
qu'au-dessus de son point périphérique supérieur. 

Les deux genres de mouvements d'immersion souf- 
frent des mêmes inconvénients : le fil placé sur les cy- 
lindres, considéré d'après les portions distinctes de sa 
longueur de spire, vient en contact avec la lessive ou 
avec le liquide servant au rinçage à des moments si va- 
riables que l'on peut observer une diversité sensible 
dans les effets ou les influences des liquides aux divers 
endroits de la longueur totale des spires de fil, diver- 
sité qui doit aussi se produire tout naturellement. Car 
le déplacement de l'écheveau de fil autourdes cylindres 
en vue de bien l'imprégner des liquides, s'accomplissant 
d'une manière relativement lente, il est évident que les 
portions de spires de fil y plongeant commencent im- 
médiatement à se resserrer sous l'influence de la les- 
sive ; par contre, les portions de fil suivantes, c'est-à- 
dire non encore imprégnées de liquide, subissent une 
tension lors du raccourcissement de la longueur totale 
de chaque spire de fil provoqué par l'effet du rétrécis- 
sement, cette tension devant se produire le plus forte- 
ment sur l'étendue de la spire de fil entrant en contact 
en dernier lieu avec la lessive. La portion de la spire 
de fil plongeant la première dans la , lessive, toutes les 
conditions étant autrement égales, recevra par consé- 
quent davantage de lessive et se rétrécira plus fortement 
que la portion plongeant la dernière; il en résulte alors 
une distribution absolument irrègulière de l'éclat de la 
soie produit dans et sur le fil par l'effet de la lessive. 
Des opérations tout à fait analogues ont lieu lors de 
l'immersion du fil dans le liquide servant au rinçage, 
par exemple dans l'eau chaude ou encore lors de l'ar- 
rosement de la couche de fil avec cette dernière. Lors- 
que l'imprégnation est effectuée tout d'abord, ou que 
les gouttes d'eau chaude sont appliquées en premier 
lieu, l'effet de la lessive est le plus souvent et le plus 
énergiquement interrompu et renversé ;des différences 
se font alors remarquer dans le résultat final; différen- 
ces qui sont d'une grande influence pour les phases 
suivantes du traitement du fil par exemple pour le pro-' 
cédé de teinture. 

Or, le présent procédé consiste à mettre en contact 
avec les liquides servant au traitement (lessive, eau des- 
tinée au rinçage) le fil en écheveau situé sur les cylin- 
dres de tension, de façon que le moment de l'imprégna- 
tion reste le même sur toute la longueur de spire, 
c'est-à-dire que l'écheveau de fil est recouvert d'un seul 
coup complètement et régulièrement par la lessive ou 
le liquide servant au rinçage sur tous les points de sa 
longueur totale. 

Ce procédé peut être réalisé de la manière la plus 
variée. 

On introduit par exemple le fil placé, suivant les 
figures I et 2 des dessins annexés, autour des cylindres 
de tension a. b disposés amoviblement par rapport aux 
axes respectifs, conjointement avec les cvhndres de 
tension dans l'ouverture d'un récipient en forme d'O 
et à double paroi c; la paroi intérieure c' de ce récipient 
est munie de nombreuses petites perforations d'arro- 
sage rf qui, d'ordinaire, sont fermées par un registres 
en forme de caisse; mais, après le déplacement de ce 



i38 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



dernier, ces ouvertures sont dégagées ; si l'on ouvre un 
robinet g' raccordé par une conduite sous pression à un 
réservoir/ ou à une pompe, le liquide servant au trai- 
tement et soumis à une pression, par exemple la les- 
sive, sort en même temps par tous les trous d'arrosage 
d ; ce liquide imprègne alors l'écheveau de fil animé 
d'un mouvement de rotation sur toutes les portions de 
sa longueur totale ; cette imprégnation est si intensive 
et si régulière que toutes diversités dans l'influence de 
la lessive sur les portions distinctes de la longueur 
totale de fil paraît impossible. 

La même opération peut être employée pour l'élimi- 
nation de la lessive en fermant le robinet g après un 
arrosage suffisamment long de l'écheveau ; par contre, 
on ouvre un robinet i disposé à la partie inférieure du 
récipient /e,on referme ce robinet après élimination 
complète de la lessive, on recouvre les ouvertures d'ar- 
rosage par une manœuvre de coulisseau : ensuite, on 




Fi^X 




ouvre le robinet k d'un conduit tubulaire / raccordé à 
un réservoir contenant l'eau servant au rinçage, une 
pompe de compression ou leur équivalent ; après rem- 
plissage du récipient c, on ouvre également les ouver- 
tures d'arrosage d en déplaçant le coulisseau ; de cette 
façon, l'eau sortant de ces ouvertures arrose de toutes 
parts l'écheveau passantautour des cylindres tournants 
el élimine la lessive en excès. Après avoir enlevé les 
cylindres et l'écheveau du récipient c, on peut alors ex- 
primer le liquide el effectuer de la manière connue le 
traitement ultérieur du fil. 

Au lieu d'introduire l'écheveau de fil dans le réci- 
pient c et de l'en sortir, on peut aussi inversement 
placer le récipient au-dessus de l'écheveau de fil et l'en 
retirer. 

Les deux genres de mouvements peuvent en outre 
s'accomplir aussi bien dans le sens horizontal que dans 
le sens vertical, en ligne droite ou au moyen d'un mou- 
vement de rotation. 



l\ c. — LAINEUSES (Support pour roulcauxde 

— planétaires', par M. H. S. GREEX (b. f. 436700). 

— Lorsque la machine travaille et que la tête B tourne, 
les tourillons c s'appuient d'abord sur la roue H et la 
font tourner sur son axe ; de cette façon, le Irottement 
est pour ainsi dire nul à l'origine du mouvement de 
rotation des rouleaux E autour de leurs axes. Quand 
la tète B atteint une certaine vitesse, les tourillons c 
quittent la roue H par l'action de la force centrifuge, 
et ils viennent s'appuver contre le cercle F, en le fai- 
sant tourner en sens contraire au mouvement de la 
tête B, à la condition que le mouvement de rotation 
des rouleaux E ait lieu en sens opposé à celui du mou- 
vement de la tète B. Dans ces conditions, les rouleaux 
tournent encore sur leurs axes, pour ainsi dire sans 
frottement. Lorsque le mouvement de la tête B se ra- 
lentit, et encore à d'autres moments, les tourillons dans 
le haut viendront en contact avec la roue H et la feront 




Support pour rouleaux de laineuses planétaires. 
Fip. 1 . vue de côté ; fig. 2. coupe de l'extrémité du tambour. 

tourner, tandis que les tourillons dans le bas repose- 
ront sur le cercle F; le frottement est donc constam- 
ment réduit à un minimum pendant que la tête B et 
les tourillons c tournent autour de leurs axes. Il n'y a 
pour ainsi dire pas d'usure, et la force motrice néces- 
saire est aussi faible que possible. 



X. 



DIVERS 



CO.MBIXAISOXS XITREES OU AMIXEES (Pres- 
criptions concernant les établissements tra- 
vaillant des — \ 

Le ministère allemand du Commerce et de l'Industrie 
vient d'édicter les règles d'installation et d'exploitation 
suivantes pour le cas des établissements, dans lesquels 
des composés aminés ou nitrés nocifs sont préparés 
ou régulièrement récupérés en grande quantité. Ces 
règles doivent fournir aux inspecteurs du travail la 



DIVERS 



i3f) 



base nécessaire à la délerminalion de ce qu'ils doivent 
réclamer de l'industriel dans un but de protection 
ouvrière; elles doivent aussi indiquer aux fabricants à 
quelles exigences ils doivent satisfaire, quand ils ne 
font que continuer le traitement de ces produits, ou 
que les transformer ou qu'ils ne les récupèrent qu'en 
petite quantité. 

Ces prescriptions ne doivent cependant pas être 
regardées comme absolues. Dans chaque cas, ce sera 
l'expérience de l'inspecteur qui lui fera décider, sous 
sa responsabilité, quelles prescriptions il convient de 
maintenir, de renforcer ou d'adoucir. 

Voici ces règles : 

I. Sont classés dans les combinaisons nitrées ou 
a.minées nocives dont la préparation et la récupération 
sont réglementées : 

a) Les benzènes, toluènes, xylènes, etc., mono ou 
polynitrés, ainsi que leurs dérivés chlorés. 

b) Les naphtalines mono et polynitrées. 

Cl Les phénols et naphtols di et polynitrés. 

d) L'aniline et ses homologues (Toluidine, xylidine, 
cumidine), l'anisidine, la phénétidine, ainsi que leurs 
dérivés chlorés nitrés, alkylés ou arylés idiméthylet 
diéthylaniline, diphénylamine, etc.) 

c) Phényléne diamine, tolvlène diamine. 
/) Benzidine, tolidine, dianisidine. 

g) a et [i-naphtylamines. 

h) Phényl et tolylhydrazinc. 

Cette liste ne doit être ni augmentée, ni diminuée. 
Remarques: i" Les exploitations travaillant la fuchsine, 
le bleu, le violet et le noir (nigrosine) comportent des 
récupérations importantes des produits en question. 

2° Les sels des bases signalées en a et g ne sont pas 
nocifs. La réglementation ultérieure ne leur est pas 
applicable. 

II. Les salles de travail doivent être hautes, spa- 
cieuses et aérées. Les constructions à plusieurs étages 
sont peu indiquées, leur aération étant difficile à as- 
surer. Il n'y a rien à dire contre l'installation d'écha- 
faudages s'il reste un espace libre d'au moins un quart 
de la superficie totale. La distance de la plus haute des 
plates-formes au sol doit atteindre 3 métrés si possible. 
On peut admettre moins dans le cas d'échafaudages plus 
petits, si la ventilation n'en est pas gênée. Il faut 
recommander de laisser entre eux et les murs exté- 
rieurs un espace libre de o m. 3o à i mètre de large, 
ce qui améliore beaucoup la ventilation. 

Il ne faut pas placer les plates-formes au-dessus de 
chaudières de fusion ou de distillation à moins qu'elles 
ne soient indispensables à l'emploi de ces appareils, 
qu'après s'être assuré qu'il ne peut s'en échapper ni 
gaz ni vapeurs. Le sol de la salle de travail et du 
magasin ne doit pas se surmonter de caves; il doit être 
imperméable, facile à nettoyer, et être incliné et des- 
servi par une rigole. (La couverture du sol doit natu- 
rellement varier avec les matières traitées. L'n cane- 
lage avec canaux de pierre ou de terre cuite réunis 
par du ciment est très bon et facile à tenir propre. Le 
béton ne réussit pas toujours; il ne faut pas qu'il soit 
poreux; sa surface doit être lisse. Il résiste mal aux 
acides et solutions chaudes; le mieux, dans ce cas, est 
un pavage en grés, arrosé de goudron chaud; mettre 
de l'asphalte sur les joints. Ces parquets, excellents 
pour les travaux acides, ne supportent pas le travail 
avec les composés nitrés ou aminés, qui se combinent 
à l'asphalte et au goudron.) 

Les phites-formes sur lesquelles on travaillera conti- 
nuellement des composés nitrés doivent être aussi im- 
perméables et faciles à nettoyer. 

Les murs de la salle de travail doivent être lisses. 



lavables ou enduits à la chaux. Dans ce cas, il faut en 
renouveler la couche au moins une fois par an. 

11 faut que l'aération soit assurée ; que le toit soit 
percé d'un nombre suffisant de bouches d'air ou de 
fenêtres pouvant être laissées ouvertes en cas de pluie 
sans dommage; elles doivent être maniables depuis le 
sol. 

Dans le cas de grandes salles comportant des écha- 
faudages, il devra y avoir une fenêtre tenue ouverte 
au moins sur un côté. 

Les bâtiments où l'on prépare des composés di ou 
polynitrés de la série de benzinique, ou di ou poly- 
nitrés de la série naphtalènique, devront être construits 
avec des matériaux ininflammables, afin d'éviter les 
explosions consécutives à un incendie. Tant que les 
établissements ressortissant au paragraphe I, n" 4, n'au- 
ront pas été étendus ou modifiés intégralement, ils ne 
mettront en pratique ces conditions qu'autant qu'elles 
n'entraîneront pas de changements de constructions. 

Les prescriptions relatives à l'emploi des dérivés 
dinitrés de la série benzénique ou trinitrés de la série 
naphtalènique devront être réalisées à la première re- 
construction et au plus tard d'ici cinq ans. 

III. Le mode de travail doit être règle de façon à 
éviter le plus possible aux ouvriers un contact perma- 
nent avec les composés nitrés ou aminés. Ceux qui 
sont liquides devront autant que possible être pompés, 
ou refoulés dans des conduites fermées. Ceux qui sont 
solides ou en poussières devront être maniés mécani- 
quement : vis d'.-Vrchiméde, agitateurs mécaniques, 
chemins roulants, ou par aspiration. Ils ne pourront 
être conservés et emmagasinés qu'en vases fermés. 

1. Les solutions aqueuses de phényléne et toluylènedia- 
mine sont toujours très vénéneuses: des solutions même 
très étendues semblent attaquer la peau. Il faut donc 
éviter leur contact. Par contre la phényléne et la toluyléne- 
diamine sont moins fluides que l'aniline; leurs solutions 
étendues et froides, ayant une teneur mférieure à 10 p. 100 
pourront continuer d'être traitées dans des appareils non 
entièrement clos, comme cela s'est tait jusqu'ici sans in- 
convénients. (La rédaction allemande aioute que l'asser- 
tion de la toxicité de la phényléne et de la toluylénedia- 
mine est fausse.) 

2. L'aspiration est préférable à la compression. L'air en 
provenant, comme aussi celui de la pompe à vide de l'ap- 
pareil à distiller, doivent être évacués au-dessus du toit 
et même purifiés au préalable dans certains cas. 

3. Les substances fondant facilement doivent être mani- 
pulées liquides. Pour éviter des engorgements, les con- 
duites doivent être chauffées. 

4. Tout travail pouvant donner naissance à des pous- 
sières, des gaz ou des vapeurs des corps en question devra 
être exécuté dans des appareils fermés, si c'est possible 
de même pour les récipients recevant les produits de dis- 
tillation. 

5. Il faudra apporter un grand soin à toutes ces opéra- 
tions ; éviter absolument par aspiration tout dégagement 
de gaz ou vapeurs dans l'atelier. Il faudra en particulier 
veiller à l'ouverture, au vidage, au remplissage sans dom- 
mages des autoclaves, des étuves, des chaudières de 
fusion, etc. 

Les chaudières dont l'eau contient de l'aniline sont par- 
ticulièrement à surveiller. 

6. On doit autant que possible éviter de salir les ateliers 
avec les composés dont il s'agit. S'il en tombe à terre, il 
faut l'éloigner. Le parquet doit être lavé une fois au moins 
par jour. 

7. Le contremaître doit rappeler souvent au cours de 
l'année aux ouvriers ayant à manipuler des produits nocifs 
les dangers de ce travail. Il doit insister aussi sur les in- 
convénients de l'alcoolisme. 

11 doit prendre soin de mettre à leur disposition tous 
vêtements, chemises. coilTures, nécessaires au travail quand 
celui-ci le.^ige; et même des chaussures si c'est nécessaire 



MO 



BREVETS FRANÇAIS 



Il tient la main à ce que les vêtements soient lavés chaque 
semaine par l'usine, mis en état et rangés à leur place. 
S'il (allait protéger les mains des ouvriers du contact de 
produits dan:;ereus, il leur fournirait des gants appropriés 
en nombre suffisant. 

8. Tous les vêtements, chemises, coilî-jres, espadrilles, 
chaussettes, gants, qui ont été imbibés de composés nitrés 
ou aminés, ou si fortement tachés qu'ils^ saliraient la peau, 
doivent être mis de côté. 

9. Tous lès changements aux appareils doivent être pré- 
cédés d'un lavage soigneux. Il faut apporter beaucoup de 
soin à l'exécution dans des appareils, chaudières, réci- 
pients, etc.. d'opérations sur les composés en question ou 
des gaz s'en dégageant. Ce travail doit être constamment 
dirigé par un chef ou un contremaître responsable, con- 
naissant bien son afiaire. L'opération finie, il faut enlever 
et éloigner au mieux les couvercles, remplir si possible 
d'eau l'appareil ; ou bien établir une circulation d'air frais 
jusqu'à disparition des gaz dangereux. 

Si on ne peut enle\er le couvercle, ou seulement en 
partie, on attachera les ouvriers avant leur descente: ils 
ne devront rester que dix minutes dans l'appareil et se 
reposer ensuite un temps au moins égal. Si ce n'est pas 
possible, il faudrait insuffler de l'air frais aussi longtemps 
que l'on travaillera. Le mieux serait de donner aux ou- 
vriers des masques respiratoires. Il faut alors en surveiller 
soigneusement l'alimentation. .\près le travail, les ouvriers 
doivent prendre un bain ou une douche tiède, et changer 
de vêtements et de chaussures. 

10. L'absorption d'alcool est rigoureusement interdite. 
même pendant le repos. Il sera au contraire loisible de 
fumer pendant ce moment. 

11. On ne doit pas apporter ni consommer de nourriture 
dans les salles de travail. Il faut affecter à cet usage une 
salle spécialement aménagée, complètement séparée des 
autres. Les ouvriers n'y doivent entrer qu'après s'être lavé 
les mains et le visage. Chaque installation doit donc com- 
porter un réfectoire et une salle de bains, de lavage et de 
déshabillage : ces salles doivent être isolées, tenues propres, 
chauffées en hiver. 

!2. Les ouvriers ne doivent absolument se déshabiller 
que dans la salle ad hoc . Chacun d'eux devra y posséder 
deux armoires, une pour ses vêtements de ville, la seconde 
pour ses vêtements de travail; ou bien une seule armoire 
à deux compartiments. Cependant d'autres dispositifs peu- 
vent être admis, s'ils assurent et la mise en sûreté et 



l'aération des vêtements. Les salles de lavage doivent com- 
porter un lavabo au moins pour trois ouvriers; il doit 
être fourni du savon et des linges gratuitement, et sufïisam- 
ment. 

i3. L'employeur doit s'arranger pour que les observa- 
tions des n°* 10, 11. 12 soient satisfaites. 11 doit faire ins- 
taller un service de bains afin que tout ouvrier pouvant 
avoir contact avec les matières du n" i. prenne un bain 
par jour avant de quitter la fabrique, à moins que le 
médecin s'y oppose. Le bain pourra n'être qu'hebdoma- 
daire dans les établissements où les ouvriers sont pro- 
tégés de façon sérieuse du contact des matières du n" 2. 

14. 11 est interdit d'emplover des femmes ou des enfants 
pour travailler ou empaqueter les composés nitrés ou ami- 
nés du TT 1 . 

i5. 11 ne peut être employé que des hommes adultes 
déclarés aptes à cet emploi par un médecin dûment auto- 
risé. Les attestations seront écrites et devront être conser- 
vées. 

L'n médecin sera chargé de surveiller l'état de santé des 
ouvriers. Il devra venir à l'usine une fois par mois el exa- 
miner à fond les suspects. 11 en profitera pour instruire 
les ouvriers des précautions qu'ils doivent prendre. 

Si un ouvrier est malade, et s'il est bien prouvé que 
c'est au contact des produits nitrés ou aminés qu'il le doit, 
il faut l'exclure jusqu'à guérison complète. 

16. L'n appareil à inhalation d'oxygène doit être toujours 
en état de servir. Le personnel doit être au courant de 
son emploi. 

17. L'employeur a le devoir de tenir ou défaire tenir un 
registre permettant le contrôle des changements, du nom- 
bre et de l'état de santé de ses ouvriers. 11 est responsable 
de l'exactitude des inscriptions, si ce n'est pas un médecin 
qui les fait. 

Ce registre doit contenir des indications sur : 

I" Les noms et prénoms, âge, lieu de naissance, date 
d'entrée et de sortie de chaque ouvrier; le genre de son 
travail : 

2" Le nom du teneur du livre; 

3° Le nom du médecin traitant: 

4' Des renseignements complets sur chaque maladie des 
ouvriers. 

Le registre peut être remplacé par des cartes, si l'admi- 
nistration ne s'y oppose pas. 



BREVETS FRANÇAIS PUBLIÉS JUSQU'AU loAVRlL 1912 



II. — PRODIITS CHIHIQIES 

§ c). — Organiques. 

Procédé de fabrication de composés sulfurés 
dérivant de la arlycérine [L. Lilienfeld" (b. f. 
4360S8, du 8 nov. 1911-16 mars 1912). 

Procédé de production d'une combinaison de 
peroxyde d'iivdroîîène et de carbamide 

[F. Bj\-er](B. F. 436oq5, du 8 nov. loi 1-16 mars IQ12 . 

Procédé de récupération de l'acide cyanhy- 
drique contenu dans des gaz [F. Guignard et 
A. M. Watrigant' a. F. 43ôiS5, du 16 janv. iqii- 
20 mars 19:2). 

Procédé perfectionné pour la conversion des 
acides gras non saturés, de leurs glycérides 
et autres éthers ou composés saturés cor- 
respondants [F. Bedford et E. 'Willianf b. f. 
436295, du II nov. 1911-23 mars 1912). 

(1) Pour se procurer l'un quelconque de ces brevets, il 
suffit d'envoyer à la Revue 1 fr. 3o en mandat-poste, en 
timbres français, ou timbres-coupons internationaux. 



C.VOUTCHOLC. — Procédé pour produire des 
substances ressemblant au caoutchouc 

[F. fîj>'fr](B. F. 434989. du 7 cet. i9ii-i7lév. 1912). 

Procédé pour produire du caoutchouc, ses 
homologues et analogues F. Bayer b. f. 
433076. du 9 oct. 1911-21 fév. 1912 . 

Procédé et dispositifs pour la fabrication de 
caoutchouc artificiel ou matière élastique 
analogue [R. Desouches. A. Russe et A. Duron] 
iB. F. 434523. du 28 nov. lùio-ô fév. 19121. 

Procédé de production de substance ayant les 
propriétés du caoutchouc [Badische] b. f. 

434587. du 26 sept. 191 1-7 fév. 1912). 

III. - «.ITIIlBES coloraxtes 

§ d). — Organiques artificielles. 

.\Z01QUES. — Procédé de production de ma- 
tières colorantes tirant sur le coton F. Ba\er 
(b. F. 43Ô174, du 10 nov. 1911-20 mars 1912J. 
On prépare le colorant : acid3-|-/>-phénylène diamine 



BREVETS FRANÇAIS 



141 



ou ju-nitraniline + i-amino-6-sullb-naphtalène i-2-oxy- 
7-sulfo-naphlalène. On saponifie, diazole et copule 
avec 4-8 di-oxy-4-sulfo-naphialènc. 
Le colorant teint le coton en bleu. 

Procédé de production d'une couleui' dis- 

azo'ique [F. Bayer] (b. k. 4363i4, du 11 nov. 191 1- 

2.S mars iqiii. 

Ce colorant est forme par : benzidine-o-o'-disult'o- 
nique -^- 2 mol. 5-.S'-dioxy-2-2'-dinaphlylamine-7-7'- 
disulfo. 

Il teint le coton en violet bleuâtre solide au repas- 
sage. 

Procédé de production d'une couleur axo'ique 

[F. Bayer] (b. f. 436576, du 20 nov. 19 1 i-3o mars 1 91 2). 
Combinaison du diazo du colorant : 



HO^Sl 



Cl 



\/ 

avec le 2-benzoylamino-5-naphtol sulfonique. l-e colo- 
rant formé teint le coton en rouge. 

TRIPHÉNYLMÉTHANE. —Procédé pour la pro- 
duction de colorants au chrome de la série 
du triptiénylniétliane [F. Bayer] (b. f. 436288, 
du 9 nov. 1911-23 mars 1912I. 

Condensation du méthylène disalicylique, avec les 
dérivés du salicylique, ayant une position libre en para 
et oxydation. 

Ex. : le méthylène-di-o-crésotique et le xylénol-o- 
carboxylique svmétrique, condensés en solution sul- 
furique en présence de nitrite, fournissent après oxyda- 
tion un colorant teignant la laine en violet bleuâtre, 
après chromaiage. 

COULEURS SOUFRÉES. — .\ouvcaux colorants 
au soufre et procédé pour leur rubricalion 

[Act. Gesell.) (b. f. 436373, du 14 nov. 1911- 

26 mars 1912). 

On fond 40 parties 4-ûxydiphénylamine, 40 parties 
soufre, puis on ajoute 10 parties chlorure d'aluminium 
à i5o" C, il se dégage H-S, la masse s'épaissit, on 
chauffe encore 5 heures, à 190" C. 

Le colorant formé teint le coton en brun rouge très 
solide au savon bouillant et résistant assez bien au 
chlore. 

Production de nouveaux produit»» de conden- 
sation au moyen de l'iudiufo ou de ses lio- 
■nolo$;ues et produits <le substitution et leur 
application A la teinture et à l'impression 
des fibres textiles Uiui. Chiin.] (b. k. 434828, 
du 7 déc. 1910-14 févr. 19121. 

En chauffant 2 à 3 heures, à i3o-i6o" C, 10 parties 
d'indigo, 100 parties nitrobenzène, 40 parties chlorure 
de benzoyie, et i partie poudre de cuivre, on a un pro- 
duit de condensation jaune verdàtre après purification 
et fondant à 270-272" C. Ce produit n'est pas un éther 
benzoyié, car il n'est pas ramené à l'état d'indigo par 
les agents saponifiants. 11 teint, sur cuve, le coton, en 
jaune verdàtre pur. 

IV. — FIBRES TEXTILES 

i b;. — Xaturelles. 

Procédé de fabrication de lils, crins, pellicules, 
rubans, tissus, ^azes, dentelles, etc., en soie 



pure ou adililionnée de cellulose [D. Lance] 
(b. F.43Si56,du 17 déc. 1910-23 févr. 1912) (Ana- 
Ivsé p. 126). 

Procédé de (lé$;<>niinau;e et de (lésin<-ruslation 
de plantes textiles et cellul<»sl(|iieM de tous 
genres et pour tous usages [L. Pctifaillit] 
(b. F. 431988, du 28 juin-24 nov. 191 1). l'.Analvsé 
p. 99). 

Procédé (roblenliond'un shiiili-<-rin [C.-M. San- 
laville] (B. F. 435989, du 3i oct. 191 1-14 mars 19121 
(.Analysé p. 126). 

Perfeclionnenients dans les pi-océdés pour sé- 
parer la cellulose e( les matières libreuses 
(les plantes \0. SilberraJ, (b. f. 434709, du 
29 sept. iQii-iofëvr. 1912) (.-\nalvsé p. 126). 

Procédé pour l'c^btention de bourre et de fils 
simill-lahie p:ii' un (raitenient chimique de 
la ramie brute décorUquée [P. Birkenslock] 
(b. F. 434416, du 5 sept. 1911-2 févr. 1912) (.analysé 
p. 126). 

§ c). — Artificielles. 

Perfectionnements apportés à la fabrication 
de lils, iilaments, bandes ou lilms de cellu- 
lose (; \S. Courtault et C"] (1:. f. 434601, du 
22 sept. 191 i-ô fevr. 1912) (.Analysé p. 127). 

Dispositif pour la lilature, sans pression et à 
l'air libre, des lilaments de soie artilicielle 

[G. Ccj/it'/i, (b. F. 434869, du 8 déc. 1910-16 févr. 1912) 
(^Analysé p. 127). 

Procédé et appareil pour la production de 
fils de <'.ellulose [J. Hubner]. (b. f. 431112, du 
i5 juin-3 nov. 1911.) (.Analysé p. 128.) 

Produit à base de cellulose, imitant la paille et 
autres matières employées dans la mode- 

\.l.-E. Brandenberger] (b. f. 436186, du 16 janv. 191 1. 
20 mars 1912) (.Analysé p. 128). 

Procédé pour elTectuer la coagulation de la 
viscose \J.-E. Brandenberger] (b. f. 436188, du 
16 janv. 191 1-20 mars 1912). 

Le sulfate d'ammoniaque est le meilleur agent de 
coagulation, mais son prix est élevé, l'auteur le rem- 
place par un hyposulfiie alcalin soluble. 



VII. 



b). 



TEl.^TURE 



Procédés. 



Xouveau procédé de teinture et «composés 
nouveaux servant à l'exécution de ce pro- 
cédé \.\ct. Gesell.] (i'" add. 14918, du 17 oct. 1911- 
18 mars 1912, au b. f. 42 1 564) lAnalysé p. i3o). 

Procédé pour loblcntion des effets décoratifs 
sur tous tissus [Société anonyme de teintures et 
apprêts]. (B. F. 432S64 du i3 ocl. 1910-18 déc. 191 1.) 
(Analysé p. 104,1. 

Procédé pour teindre ou imprégner les éclie- 
veaux de lil dans un bain circulant [Textil. 
A/a.ï. Fa6.e.CoA«e« I (b. F. 434S 16, du i5 sept. 1911- 
14 fév. 1912;. ^Analysé p. io5). 

Procédé de pr«»du<:(ion ûc filés de soie ou de 
schappe de soie chargés et Icinls en couleur 
destinés à servir de fils de p«»ils dans la fa- 



142 



BREVETS FRANÇAIS 



brication du velours et de la peluche de soie 

\Schmid frères (b. f. 433i55, du i6 déc. 1910-23 fév. 
1912 . (Analvsé p. io5). 

§ c). — Machines et appareils. 

Machlues à teindre [The Psarski Dyeing Ma- 
chine C"' B. F. 436q36. du 2? nov. 191 1-9 avril 1912) 
(Analysé p. i3i . 

Appareil pour la teinture en pièces A. Rutler 
(b. F. 43i5i4, du 23 juin-i3 nov. 191 1.) Analysé 
P- 79)- 

Dévidoir pour tis<>us applicable notamment 
pour la teinture et autres opérations [J Payer 
(B. F. 436275, du 4 nov. 19112-3 mars 1912) (.Ana- 
lysé p. i32 . 

Foulard à marche réversible ])our blanchi- 
ment, déarorgea^e. teinture et l'inçage au 
foulard jisger [Le S.iché, Virvaire et C''j (b. f. 
435340, du i9Janv. 191 1-25 mars 191 2^ (.Analysé p.i3o ■ 

Dispositif pour teindre, vaporiser, lessiver, 
blanchir et imprégner des tissus de coton 
en large par une suite d opérations ininter- 
rompues S.-M. Krosnowski] (b. f. 4.36697, du 
24 nov. 191 1-2 avril 1912 (.Analysé p. i33;. 

VII. — l)IPRESSIO^ 



îà 



Procédés. 



Procédé pour former des réserves brunes .sur 
des tissus de coton imprimés, et autres ar- 
ticles similaires C. Pi!^] (b. f. 430504, du 
17 nov. 191 1-29 mars 1912) .Analysé p. 1 35 >. 

Machine à imprimer les lisières [R. Baird]. (b. 
F. 432974 du 4 août-2i déc. 191 1. (Analysé p. luS). 



IX. 



.APPBETS 



Transformation des tissus unis on façonnés 

[.\/. Ratignier et H. Pervilhac]. (b. f. 432185, du 
28 sept.-3o nov. 1911.) .Analysé p. 1 1 1^. 

DIVERS. — Procédé et appareil pour l'apprêt 
et l'humectation des tissus [Richard frères 
(b. F. 435009, du 4 oct. iQii-îo fév. 1912). (.Analysé 

p. 112). 

.Machine avec appareil sccheur pour appli- 
quer de la couleur, de la colle ou leur équi- 
valent sur du papier sans fln T. Kirsch] (b. f. 
436009. du 6 nov. iQii-i5 mars 1912). 

Procédé pour coller ensemble les lés d"étoires 
lihreuses et pour recouvrir ces dernières de 
couches agglutinantes en employant des 
agglutinants pulvérulents F. Hesse] (B f. 
4363i8, du i3 nov. iqii-25 mars 1912J. 

Perfectionnements aux pareuses encolleuses 

[P. Honoenaghel] (b. f. 436120, du 9 nov. 191 1- 
19 mars 1912). 

Système de support à frottement réduit appli- 
cable aux rouleaux des laineuses plané- 
taires et à d'autres organes métalliques de 
disposition similaire H. -S. Greene] b. f. 
43Ô700, du 24 nov. 101 I 2 avril 1912) (.Analysé p. i38) 



.MERCERIS.AGE. — Procédé et dispositif pour 
le mercerisage du coton en écheveaux [P. 

Hahn] b. f. 434316, du 23 sep. 191 1-6 fév. 1912 . 
.Analysé p. 137). 

X. — DIVERS 

LINOLÉLM. — Procédé de fabrication de lino- 
léum de lincrusta [Reis et Handels Akt Gesell. 
(b. F. 436966, du 29 nov. 1911-10 avril 1912 . 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



MLLHOUSE. — Séance du 6 mars iyt2. 
Comité de chimie 

La séance est ouverte à 6 heures. 

Présents : .\1.\1. Alb. Scheurer, secrétaire, E. NœI- 
ting, Louis Zuber, Cam. Favre, E. Lang, Th. Stricker. 
-M. Battegay, Léon Bloch, Félix Weber, Ernest K.eller, 
.Alph. Wehriin, Féli.x Binder, Fard. Oswald ; total : 
i3 membres. 

Le procés-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

1. Pri.x Emile Doll fus. décerné à M. Joseph Vogt 
pour la découverte et la mise en valeur des gisements 
de potasse dans la Haute-.AIsace. — Le secrétaire an- 
nonce que la Société industrielle, dans sa dernière 
séance, a décerné à M. Joseph Vogt le pri.v Emile 
Dollfus. 

Le comité de chimie applaudit à cette décision. 

2. Optique physiologique. De l'harmonie des cou- 
leurs résultant de l'emploi des camaïeu.x complé.men- 
laires. de .M. .A. Rosentiehl. — Ce mémoire est le déve- 
loppement de la communication faite par l'auteur au 
comité de chimie dans sa séance du 4 octobre 1911. 

Le comité de chimie demande l'insertion de ceremar- 
quable travail au Bulletin. 

3. Blanchiment des tissus de coton. Taches d'huile 
minérale. Procédé de dégraissage au moven de trichlo- 
lure d'éthyléne, de .\1. René Fabre. — Ce procédé con- 
siste, d'après ce qu'on peut induire de la lettre adres- 
sée par l'auteur au président de la Société industrielle, 
dans un traitement donné en vase clos à la marchan- 
dise. 11 s'applique au dégraissage de laines ensimées, 
déchets gras divers, etc. Ce que demandent les blan- 
chisseurs, ce n'est pas un traitement de ce genre et qui 
trouverait difficilement sa place dans la série des opé- 
rations du blanchiment, c'est un dissolvant susceptible 
d'être introduit dans les lessives du blanchiment. 

Le procédé de .\1. Fabre ne répondrait donc pas au 
but. En conséquence, le comité vote le dépôt de sa 
communication aux archives. 

4. Bruns d'oxydation aux oxyphénols et diamines 
aromatiques de .M. Cari Pilz. — L'auteur fait des cou- 
leurs d'oxydation analogues au noir d'aniline et qui se 
développent également parfaitement sur tissu naphtolé 
et tissu préparé en tannin. Il obtient avec l'o-aminophé- 
nol un brun rouge, avec la w-toluylènediamine un brun 
olivâtre. On développe la couleur par un vaporisage de 
quatre minutes. 

.\l. Henri Schmid est chargé de l'examen de cette 
communication. 

5. Enlevages brun-rouge et brun olivâtre sur noir 
d'aniline avec blanc enlevage-réserve, de M. Cari 
Pilz. — L'auteur imprime sur noir d'aniline Prud'- 
homme non développé avec un enlevage blanc ou 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



143 



coloré les couleurs à base d'oxyphénols et diamines 
aromatiques et obtient, à côté de l'etVet blanc, des 
réserves brun-rouge et brun olivâtre. Le blanc enlève 
le noir et réserve le brun. 

Des échantillonsaccompagnent cette communication. 
Le procédé est breveté. 

L'e.vamen de cette note est renvoyé à M. llepri 
Schmid. 

6. Rouge d'ali^arine sur tissu non préparé en corps 
gras. Concours au prix N" 3o. Devise : « Elisol ». 
— L'auteur introduit dans les rouge, rose et orangé 
d'alizarine une huile ou un acide gras ou une combi- 
naison d'un corps gras avec la i'ormaldéhyde, etc., 
chauffés avec un persulfate à 200°. Le produit sulfoné 
est traité par le chlorate de soude. L'huile chlorée qui 
en résulte donne les meilleurs résultats. 

L'examen de ce mémoire est confié à M. Battegay. 

7. Coton. Modification de son affinité pour les 
matières colorantes après l'action d'une température 
élevée ou d'un vaporisage. Note de M. Camille Favre. 
— L'auteur a constaté sur tissu mercerisé les faits sui- 
vants : 

1" Colorants immédiats. — Un vaporisage de cinq 
minutes à un kilo de pression sur un échantillon sec 
diminue considérablement l'affinité du tissu pour les 
colorants immédiats; le même traitement pratiqué sur 
tissu mouillé n'a que légèrement atténué l'affinité. 

Une durée de vaporisage de cinq heures sur échan- 
tillon sec ne s'est pas mtintré beaucoup plus active 
qu'une durée de cinq minutes. 11 en est de même pour 
le tissu mouillé. 

Le vaporisage de cinq minutes sans pression marque 
une action qui va croissant avec le temps. 

Un étuvage d'une heure à 100" C. diminue l'intensité 
de la teinture environ de moitié; à 140" C. l'action est 
beaucoup plus fortement marquée. 

2° Indigo. — Le vaporisage de cinq minutes à un 
kilogramme de pression diminue l'intensité de la 
teinture de prés de moitié. 

3" Ali(;arine. — Le mémo phénomène se retrouve 
dans des échantillons \aporisés cinq minutes àun kilo- 
gramme et non vaporisés, puis mordancés en alumine 
et teints en alizarine. 

4" Couleurs basiques sur tannin. --- On constate le 
même phénomène. 

5° Action de la glycérine ou de la glucose. — La 
présence de glycérine ou de glucose met obstacle au 
phénomène. Un dessin imprimé sur tissu mercerisé 
avec une couleur renfermant moitié de son poids de 
glycérine et soumis à un vaporisage de cinq mmutes à 
un kilogramme est teint en un bleu immédiat. Les par- 
ties imprimées se teignent en bleu foncé, tandis que le 
fond n'a pris que le ton d'un bleu moyen. 

Le phénomène est beaucoup moins intense sur tissu 
non mercerisé. 

Tels sont les résultats que l'on tire de l'examen des 
échantillons qui accompagnent cet intéressant tr.ivail. 

Le comité demande l'insertion de la note de AL Fa- 
vre au Bulletin. 

8. Concours au pri.x pour l'introduction d'une nou- 
velle industrie dans la Maute-.Msace. — .M. Baradé fait 
valoir la fabrication des produits suivants : 

!■■ Huiles de goudron, telles que benzol et huiles 
lourdes, carbolineum, etc. 

2" Asphalte pour les roules, poix pour maréchaux- 
fcrranis, etc. 

3° Naphtaline idésinfectant). 

4° Anthracéne servant à la fabrication de couleurs. 

M. Gustave Schœn est chargé de l'e.xamcn de cette 
demande. 



9. Chlorométrie. Procédé recommandé par AL Grasz 
— Le dosage du chlorure de chaux par l'acide arsénieux 
recommandé aux blanchisseurs par M. Grasz [Farber- 
■;eitung, iqi !, p. 229) est pratiqué depuis i852 dans un 
grand nombre d'établissements. C'est la méthode bien 
connue de Penot, publiée par son auteur dans les Bul- 
letins de la Société industrielle de Mulhouse, i852, 
t. X.XIV, p. 24b. 

10. Jubilé industriel de M. Robert-E. Sclimidt. — 
M. Robert-E. Schmidt remercie lecomité de chimiedes 
marques de sympathie qui lui ont été adressées par ses 
compatriotes à l'occasion de son jubilé industriel et lui 
adresse son portrait à l'eau-forte exécuté pour la cir- 
constance. 

Le comité lui adresse des remerciements pour cet 
envoi. 

La séance est levée à 7 heures. 



Séance du 3 avril ly 12. 

Correction au procès-verbal du 6 mars 1912 : Dans 
le procès-verbal du 6 mars 1912 (communication de 
b\. Pilz) le mot oxyamines doit être substitué à celui 
à'oxyphénols. 

La séance est ouverte à 6 heures. 

Présents : MM. Albert Scheurer, secrétaire; F. Nœl- 
ting, Léon Bloch, Félix Weber, Georges Freyss, Gust. 
Schœn, Alph. Wehriin, Félix Binder, Louis Zuber, 
M. Battegay, Ferd. Oswald; total : 11 membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

I. .Apprêt. Dextrine obtenue par la cuisson sous 
pression de l'eau d'amidon avec difl'érents acides ou 
différents sels. Trois plis cachetés n"* 762, 753, 764, 
du 4 novembre i8g3, de M. Freiberger. — Corps 
essayés : chlorures de magnésium et de calcium, bisul- 
fite de soude; chlore, brome et iode; acides sulfurique, 
chlorhvdrique, sulfureux, borique, nitrique, chloriqiie, 
citrique et oxalique. .Action de la dextrine commer- 
ciale. 

L'auteur s'arrête au mélange suivant : 
10 gr. 2 acide nitrique 19". 

i.Soo fécule. 

2.25o eau, 

à 2 kilos et demi de pression. Marche : i5 à 20 _ 
minutes. 

Une lettre du 28 mars 1912 donne des explications 
supplémentaires. 

L'examen de ce pli est renvoyé à M. Butterlin. 

2. Apprêt. Beetles munies de plaques de métal gra- 
vées pour obtenir sur le tissu des effets particuliers. 
Pli cacheté n" 1157, du i3 janvier 1900, de M. J. Dé- 
pierre. 

L'examen de ce pli est renvoyé à M. .Michel. 

3. Photogravure. Écrans obtenus par photographie 
et rapetissement des clichés. Pli cacheté n" i3i2, du 
27 décembre 1901, de M. J. Dépierre. — L'auteur pho- 
tographie, soit du bristol perforé, soit un tissu de 
soie. 

.\L .'\lh. keller-Dorian est chargé de l'examen de ce 
pli. 

4. Photogravure. Fondus obtenus par 1 interlérencc 
de la lumière qui a traversé deux écrans à rayures 
pareils. Pli cacheté n" i3i3, du 27 décembre 1901, de 
.M. J. Dé|iierre. — L'auteur explique qu'on obtient 
ainsi des fondus d'une perfection absolue que l'on peut 
reporter en gravure par des moyens connus sur rou- 
leaux d'impression. 

L'examen de ce pli est confié à .\L .Mb. Leller- 
Dorian. 



144 



BIBLIOGRAPHIE 



5. Albumine du sang. Décoloration par l'eau oxygé- 
née. Pli cacheté n" 1697, du 11 janvier 1907, de 
M. J. Dépierre. 

M. L. Bloch est chargé de lex-amen de ce pli. 

6. Buées des ateliers de teinture. Théorie. Syslùme 
d'évacuation Fouché appliqué dans la maison Bœringer- 
Gulh, à Épinal, de M. Eugène Bœringer. — Lecture 
est donnée de ce travail, renvoyé par la société à l'e.xa- 
men du comité de mécanique. Les membres du comité 
de chimie espèrent le retrouver in extenso au Bulletin 
en raison de la quantité considérable de renseigne- 
ments qu'on y trouve et de son importance. 

7. 8. Bruns d'oxydation aux oxyamines et diamines 
aromatiques et enlemges brun rouge et brun olivâtre 
sur noir d'aniline avec blanc enlevage-réserve, de 
M. Cari Pilz. Rapport de M. Henri Schmid. — M. Henri 
Schmid conclut au dépôt de ce travail aux archives et 
à l'insertion, au Bulletin, de son rapport. — .\dopté. 

9. Damas. Effet obtenu par impression d'une cou- 
leur à la caséine sur uni de même teinte apprêté et 
gauffré. Pli cacheté n" 1218, de M. Neuwirth. Rapport de 
M. René Federmann. — Ce pli, renvoyé à l'examen de 
iVl. Vernet, a été rapporté par M. Federmann, qui con- 
clut au dépôt du pli aux archives en raison du man- 
que absolu de nouveauté du procédé. 

10. Rouge sur tissu non préparé. Concours au prix 
n" 3o. Devise : « Elisol ». — Le rapporteur demande 
que l'auteur veuille bien spécifier exactement le mode 
de préparation des corps gras dont il recommande 
l'emploi, faute de quoi il se trouverait dans l'impossi- 
bilité de se prononcer sur la valeur du procédé. 

11. Quarantenaire industriel de M. Maurice Prud'- 
homme. 

M. Félix Binder soumet au comité le projet du 
manifeste que se propose de lancer l'Association géné- 
rale des chimistes de l'industrie textile, à Paris, pour 
fêter, en 191 3, le quarantenaire industriel de M. Mau- 
rice Prud'homme. 

Le comité de chimie, approuvant pleinement l'œuvre 
entreprise en faveur du savant collègue qui lui a apporté 
tant de travaux intéressants, s'associe de tout cœur à 
cette manifestation et sera heureux de lui donner tout 
l'appui nécessaire pour en assurer la réussite. 

La séance est levée à 7 heures et quart. 



BIBLIOGRAPHIE 

Tests of the absorptive and perméable properties of 
Portland cernent mortars and concrètes together 
wite tests of clamp proofing and water proofing 
compounds andmaterials,by Hidolph Jwk, and P. H. 
Bâtes. 

Publication du Department of commerce and labor. 
Technologie papers of the bureau of Standards. 

Washington, 1912, 1 vol. de 127 pages, 180 x 25û. 

L'Acide formique ou méthanoïque, par M. André Du- 
Bosc; I vol. de 864 pages, i65 x 255, Librairie Du- 
nod et Pinat, 1912. Paris, quai des Grands-Augus- 
tins, 47. 

Les divisions de l'ouvrage sont ; généralités, pp. i 
à 3 ; l'état naturel, pp. 3 à 64 ; l'historique, pp. (iG à 6y ; 
la constitution et la structure, pp. 70 à 78; le mode de 
formation, pp. 78 à89;les modes de préparation, pp. c)5 
à 2 38 ; la concentration, pp 269 à 278; l'anhydride for- 
mique, pp. 279 ; les anhydrides formiques mixtes, 
pp. 280 à 284; les propriétés chimiques, pp. 285 à 3o6; 
les propriétés thermo-chimiques, pp. 3ii à 3i3; les 
propriétés physiques, pp. 314 à 32g; l'analyse, pp.33i à 
342; les produits d'addition, pp. 343; de substitution, 
pp. 34J à 352; acides formiques divers, pp. 352 à 354. 



Die Pyrazolfarbstoffe, par le docteur G. Cohn; i vol., 
174 pages, 1910. Enke, Stuttgart. 

Depuis les célèbres travaux de K.norr sur les pvra- 
zolones, nos connaissances sur ces composés ont subi 
un accroissement considérable. Ce développement est 
dû, sans nul doute, au succès de certains de ces pro- 
duits, tels l'antipyr.ne ou le pyramidon, comme agents 
thérapeutiques. Mais, surtout depuis une dizaine 
d'années, les recherches se sont systématiquement 
orientées vers les applications tinctoriales. Les colorants 
dérivant du pvrazol possèdent, en effet, une remarqua- 
ble résistance à la lumière et fournissent des nuances 
d'une grande variété. Aussi leur nombre est-il extrême- 
ment grand, 

M. Cohn a donc été bien inspiré, en rassemblant, 
dans une monographie, toute la littérature, tant scienti- 
fique qu'industrielle, relative à ces colorants. Des con- 
sidérations générales sur les pyrazols servent d'intro- 
duction. La préparation des matières premières est 
étudiée ensuite. La description des colorants azo'iques, 
qui possèdent seuls un intérêt technique, constitue 
naturellement la majeure partie de l'ouvrage, l'n para- 
graphe spécial est consacré à chaque groupe d'azo'i- 
ques dérivés d'une même pyrazolone. Cette façon de 
faire facilite les recherches, mais nuit un peu à la 
clarté de l'exposition, en obligeant à la répétition de 
méthodes déjà emplovées. 

Un index alphabétique, une table par noms d'au- 
teurs et un répertoire des brevets cités complètent par- 
ticulièrement l'ouvrage et rendent son usage com- 
mode. M. 

Die Mercerisation der Baumvolle und die Appretur 
der mercerisierten Gewebe von Paul Gardner, 
2<= édition, 1 vol. cart. de 196 pages : 140 x 210, 
avec 28 figures dans le texte. Berlin, librairie Julius 
Springcr, 1912. 

La deuxième édition de l'ouvrage de M. Paul Gard- 
ner constitue un document complet où l'on trouve 
l'indication des dernières innovations réalisées dans la 
technique du mercerisage. 

L'auteur n'a pas négligé la partie théorique et il passe 
en revue les divers travaux relatifs à l'action des alca- 
lis sur la cellulose. 

Cette édition aura certainement le même succès que 
la première. 

J.-R. Geigy, Couleurs à l'acide — Colori aU'acido. Bro- 
chure avec 240 échantillons en 22 planches, sans 
dates. 



CONGRÈS DES CHIMISTES COLORISTES 

L' .Association des chimistes coloristes {Verei7i dur 
Chemiker- Koloristen) tiendra son IV'^ Congrès à 
Vienne (Autriche) du 16 au 19 mai 1912, sous la pré- 
sidence de M. Giovanni Tagliani. Pour tous les ren- 
seignements, s'adresser à M. le docteur Wihelm von 
W'vmetal, VVien 1 Maria Theresienstrasse, 34. 



SOCIÉTÉS 



DaUb son assemblée extraordinaire du 3o mars der- 
nier, la Blanchisserie et teinturerie de Thaon a xoté 
l'émission de 20.000 obligations, 4,5p. loo. 

Sur la somme de lo.ooo.ooode francs, 8.5oo.ooo ser- 
viront à acquérir les actions d'un certain nombre d'éta- 
blissements avec lesquels existaient déjà des accords. 



11. CONGRÈS NATIONAL DU FROID 
Il aura lieu à Toulouse du 23 au 25 septembre pro- 
chain. Pour tousrenseignements, s'adressera \'.\ssocia- 
tion française du froid, à Paris, avenue Carnot, 9. 

Le Directeur-Gérant : Léon Lekèvre. 



— Imprimerie E. Arrault et C". 



REVUE GÉNÉHALE 

DES 

MATIÈRES COLORANTES 

DE LA TEINTURE, DE I/IMPRESSION ET DES APPRÊTS 



16" Année 



N° 186. — Tome XVI 



1" Juin 1912 



L'OFFICE ALLEMAND DES BREVETS ET L'INDUSTRIE 



Sous lasignaturede M. iMax Wohigemuth, on lit 
dans la Zeitsc/i.f. angew. Chimie. XXV, 12, 56i, 
ce qui suit : 

L'attention s'est portée depuis quelque temps 
sur le fonctionnement de l'Office allemand des 
brevets, et particulid'rement sur son organisation 
intérieure. De nomhreu.x bre\'etés se sont vivement 
plaints du recul de cet établissement, et ont rat- 
taché une suite de cas particuliers à une même 
inspiration générale. L'.Xssociation des chimistes 
allemands, au cours de sa dernière réunion géné- 
rale, tenue à Stettin le (> juin kji i, a pris position 
dans le débat : la discussion qui eut lieu à la com- 
mission de protection légale de l'industrie se ter- 
mina par cette déclaration : que l'industrie chimi- 
que est satisfaite, de façon générale, de la direction 
de rOffice des brevets et qu'elle ne peut s'associer 
aux critiques trop vives émises de divers côtés. 

L'auteur désirerait traiter un point, à sa con- 
naissance nouveau dans la discussion, et qui lui 
semble très important pour l'industrie. Une expé- 
rience déjà longue des questions de brevets lui a 
inspiré quelques idées touchant la formation ulté- 
rieure des membres de l'Office, par des vovages de 
service ou d'informations, afin d'assurer la liaison 
constante et nécessaire entre l'industrie et l'Office. 

Un jugement de la i" Chainbre civile du tribu- 
nal d'Empire, à la date du 25 mars 191 1, pros-o- 
quait récemment un étonnement considérable 
et taisait croire à une surprise de l'Office des bre- 
vets. Le tribunal s'était arrêté à celte idée que le 
breveté en cause savait que le procédé qui formait 
le sujet de sa note était employé ouvertement et 
depuis longtemps dans des usines allemandes; 
qu'il avait véritablement induit en erreur l'Office, 
en lui présentant comme nouvelle son invention 
et en lui faisant prendre pour vrai un tissu d'er- 
reurs. La Revue pour le Droit Industriel s'étonne 
très justement à ce sujet qu'un procédé emplové 
fréquemment, ouvertement et depuis longtemps 
en Allemagne, ne fût pas encore connu de l'Office 
des brevets. En admettant la véracité des faits sur 
lesquels s'appuie le jugement, nous devons nous 
poser la question suivante: Comment est-il possible 
que les fonctionnaires chargés de l'étude du brevet 
ne connussent point l'existence de ce procédé ? La 



seule réponse possible est qu'ils n'avaient eu au- 
cune occasion de rester en contact avec l'industrie 
et d'en connaître les progrès. 

Pour s'occuper avec fruit des questions de 
brevets, il faut joindre à la maîtrise théorique une 
expérience et une mise au courant constante de la 
pratique. L Office impérial s'efibrce de se main- 
tenir en contact étroit avec la vie pratique en recru- 
tant son personnel parmi les techniciens et faisant 
appel au.x autorités qui s'imposent pour les postes 
de conseillers. Par suite des progrès rapides de 
l'industrie et de l'absorption nécessaire de l'acti- 
vité de chaque employé par son travail même, ces 
garanties ne sont pas suffisantes. Des renseigne- 
ments fortuits sur les appareils ou les procédés 
introduits dans l'industrie ne permettent pas de 
modifier sérieusement une opinion. Depuis 1891, 
il a été organisé des voyages d'informations et des 
visites d'expositions, donnant au.x employés tech- 
niques et à leurs aides l'occasion de renouveler et 
d'étendre leurs connaissances pratiques. La valeur 
et l'importance données à ces voyages ne permet- 
tent pas d'atteindre ce but. Les occasions se pré- 
sentent souvent, dans ce cas, d'entrer en discus- 
sion avec les techniciens intéressés et de leur 
donner des e.xplications sur l'examen des brevets, 
leur législation et son emploi. Par la même oc- 
casion, les désirs et les instigations de l'industrie 
peuvent être entendus. » Ces renseignements sur 
les voyages d'informations ou d'affaires des mem- 
bres de l'Office sont puisés dans le Bulletin de 
l'Office impérial. Son activité de iSgi à igoo. 
S'il en était ainsi, il ne semblerait pas possible que 
des membres de l'Office aient pu être abusés sur 
des questions généralement connues dans l'indus- 
trie, comme l'exprime le jugement. 

Malheureusement, ces principes ne sont pas 
pratiquement appliqués, comme peut et doit le 
désirer l'industrie. C'est depuis longtemps un 
usage constant à l'Office, que les fonctionnaires 
chargés des examens de brevets ne prennent part 
que tous les trois ans à un voyage d'informations, 
et cela pendant six jours seulement. Une partie 
importante de ces six jours se perd en vovage. Il 
reste vraiment bien peu de temps pour visiter les 
installations notivelles et discuter avec les indus- 



140 



L'OFFICE ALLE.N\AND DES BREVETS ET L INDUSTRIE 



triels. Et comme il n'est pas rare, et ceci est très 
connu, qu'un examinateur soit compétent dans 
plusieurs sections, il n'a donc que tous les trois 
ans l'occasion de voir en œuvre une seule au plus 
de celles-ci. 

Le bulletin déjà cité apprend encore qu'en dix 
ans, de 1891 à 1900. i85 fonctionnaires ou aides 
techniques ont pris part à ces voyages, dont les 
frais ont atteint 75.370 marks. Cela fait donc 7.500 
marks par an. L'auteur regrette de ne pas avoir à ce 
sujet de renseignements plus nouveau.x. Mais 
quand bien même, on aurait dépensé une somme 
double pour les voyages de la période 1900-1910, 
elle ne lui semblerait pas en rapport avec les béné- 
ficesque réalise chaque année l'Office, (4,Smillions 
en u)o8 : 4.8 en 1909; 5,i en 19 10 . L'argent né- 
cessaire à des voyages plus complets ne devrait pas 
manquer dans ces conditions. La plus grosse part 
de ces bénéfices est prélevée sur l'industrie: elle 
est en droit d'e.xiger qu'une petite partie au moins 
en soit dépensée dans son intérêt. 

11 faut remarquer que les indemnités accordées 
à l'occasion de ces voyages sont minimes. En plus 
des frais de voyage en première ou deu.xièmeciasse, 
l'indemnité journalière est de i5 marks. Il est 
indiscutable que cette somme est insuftisante pour 
des gens qui ont un rang social à garder. 

lia été dit précédemment que les fonctionnaires 
de l'Office impérial n'ont que si.x jours de libres 
tous les trois ans pour leurs voyages d'informa- 
tions. Ceci n'est vrai que lorsque toute la tâche 
confiée à l'examen de l'agent est terminée, quand 
il n'v a plus — comme ils le disent — aucun 
Reste. 

Il a dû souvent arriver qu'un congé échu après 
trois années fût refusé du fait de l'existence d'un 
Reste. .Aussi est-il fréquent que les membres de 
l'Office ne fassent pas de demandes de congé, nc 
sentant trop surchargés et en retard. On voit appa- 
raître ici, ce qui est un vit sujet de plainte, la sur- 
charge des examinateurs. 

On a introduit dans quelques sections ce qu'on 
a appelé le Système radical. L'examinateur tra- 
vaille sans conseiller technique et conduit lui- 
même toute l'enquête. 

.\ la connaissance de l'auteur, le résultat n'est 
pas fameux. Des travaux secondaires, comme les 
recherches bibliographiques prennent beaucou p de 
temps. 

L'examen est fait de manière plus terre à terre ; 
les vues générales sur l'emploi du brevet disparais- 
sent. De même, il y a tout lieu d'être méfiant à 
l'égard de la nouvelle institution de secrétaires 
techniques. Après tout, ces gens n'ont pas fait leurs 
preuves ; aucun ne doit être encore titularisé. 

L'auteur espère que ces observations expriment 
bien son désir de voir les membres techniques de 
l'Office se rapprocher davantage, plus tréquem- 
ment de l'industrie, en renouveler et en appro- 
fondir leur connaissance. 11 leur faudrait des 
congés plus fréquents ou plus longs, des indem- 
nités de vovage plus élevées, autant que le permet- 
tent les règles en vigueur sur les voyages des fonc- 



tionnaires. 11 faudrait aussi décharger les exami- 
nateurs de toute la paperasserie inutile : ils valent 
mieux que cela. L'industrie verrait avec joie une 
pareille réforme. Les rapports entre l'industrie et 
l'Office n'en seraient que plus étroits, pour le plus 
grand bien de l'un et de l'autre. 

J'. H.) 



ÎS'uus avons reproduit l'article 1res madère de 
M. Max WoMgcmiûh parce ijiiil eut l'indice d'une 
silualion déjà ancienne, que personnellement j'ai 
déjà eu l'occasion d'apprécier il ij a une quinzaine 
d'années. Depuis, elle n'a fait qu'empirer, et il est 
nécessaire d'y insister vivement, parce que, en 
France et en d'autres pat/s. on attache une grande 
importance — beaucoup trop grande, à mon avis — 
à l'obtention d'un brevet allemand. 

Trois sgstèmes sont actuellement utili.'iés pour 
la délivrance des brevets d'invention. 

Le sgstème de liberté absolue est pratiqué en 
France; c'est le S. (}. D. G., il n'est pas sans dé- 
fauts. 

Le sgstème opposé, A. G. D. G., est celui de 
l'Allemagne, il comporte l'e.ramen préalable par 
des e.raminateurs techniques; ce qui ne va pas sans 
de sérieuses difficultés, ni sans arbitraire, car les 
e.raminateurs sont érigés en juges des inventions; 
or. le plus souvent, il faut avoir une connaissance 
approfondie du métier, pour apprécier le mérite 
et l'intérêt d'une nouveauté. Est-il possible que 
des fonctionnaires de cabinet aient de telles apti- 
tudes. Je ne le crois pas. D'un autre côté, est-il 
possible, au fur et à mesure du développement 
énorme de l'industrie et delà science de se tenir au 
courant de tout ce qui se fait et de tout ce qui 
se publie'? 

Le Iroisiènie système est apjdiqué au Patent 
office de Washington; il comporte un e.ramen 
préalable, mais sans aucune garantie, c'est beau- 
coup plus loyal et plus franc. 

Une ton me permette un souvenir personnel! 
Après la mort de mon ami regretté. Horace 
Koecidin, on nie demanda de m'occuper d'un brevet 
sur la teinture qu'il avait déposé peu de temps 
avant sa mort dans différents pays, et qui était 
encore soumis à l'e.ramen dans les contrées sou- 
mi.'ies à ce régime. 

Du Palenlanit de Berlin on me fit. pendant des 
mois, des objections que l'on pourrait qualifier de 
pas très sérieuses et, comme souvent tout à fait 
à côté de la question. Avec Vienne. qui a copié l'or- 
ganisation de Berlin, ce fut encore pis, les cri- 
tiques faites ne tenaient jias debout, elles frisaient 
l'absurdité. L'ar contre, du Paient oflice de 
Washington vint une objection des plus .sérieuses, 
que ie.raniinateur avait trouvée dans l'e.rcellent 
traité de teinture de Knecht et Bawson, ouvrage 
très connu et qui doit exister certainement dans 
la bibliothèque du Patentamt, d'autant plus que 
si je ne me trompe, il en existe une traduction alle- 
maiide. 

El le Patent office de Washington présenta 



SUU UN NOL'Via. KIWISSISSAN r KT APPRKT « LA BLANDOLA 



>4? 



l'ubjeclion décisirc 1res peu de teni/)s «/;;r,s /<■ 
dépôt du lircrel. 

Peut-être les e.vdiiiiiKileurs du Palenlaml ait- 
raienl-ils fini pur lu faire aussi, rc n'esl pas siir, 
et il aurait fallu deux ans, sinon plus. 

Il y a donc de très sérieuses difficullés à filre 
d'un esunien offnicl un critérium <lëfinilif pour la 
délivrance d'un hreret. Je sais liien que l'on peut 
en appeler des ilécisions du Palenlaml : mais 
celui-ci met deux et même Irois ans à ilélirrcr un 



lireret, plus particulièrement peut-être pour ceux 
déposés par les paijs étrant/ers. combien le re- 
cours deniandera-t il de temps, et à ijucis frais se 
voit exposé le malheureux inventeur? 

Le sijstème de \\ asliinfjlon aurait mes préfé- 
rences, il n'esl pas arhitraire, et il permet d'éli- 
miner un i/rand nombre de demandes itépour- 
vues de tiiutc nouveauté ipiienrombrent inulilemenl 
la litléralurc déjà bien vaste de la propriété in- 
(luslrielle. l. i.. 



SUR UN NOUVEL EPAISSISSANT ET APPRÊT « LA BLANDOLA » 



La. blandola est un produit naturel, une sorte de 
gélatine végétale que ses qualités remarquables 
rendent très intéressant pour répaississement des 
couleurs d'impression et l'apprêt des libres textiles 
à l'état de filés ou de tissus. 

Elle remplace avantageusement la gomme adra- 
ganthe dans tous ses emplois: sa bonne solubilité 
rend son enlèvement facile après impression; le 
bousage de ce fait est simplifié. 

La blandola s'unit parfaitement à la fécule, ou 
à la gomme Sénégal et, en général, à toute autre 
substance analogue. 

Le nouveau produit se trouve dans le commerce 
sous forme de feuilles ou de poudre, d'un pouvoir 
épaississant très uniforme. 

A l'état de mucilage, la conservation de la blan- 
dola demande quelques précautions; les tonneaux 
le contenant doivent être nettoyés soigneusement, 
car le mucilage entre dans les pores du bois et pro- 
duit une fermentation. 

Celle-ci est facilement évitée par l'addition de 
5o à 75 centimètres cubes de phénol liquide à 
100 litres de mucilage. 

Comme l'essai est, en toute chose, la meilleure 
fatj-on de se rendre compte de la valeur d'un pro- 
duit, nous donnons ci-dessous quelques formules 
qui permettront de contrôler les avantages de la 
blandola et de comparer son prix à celui des pro- 
duits habituellement employés. 

ÉPAISSISSANTS POUR I.M PRESSION 

Pour épaissir les couleurs, on emploiera la blan- 
dola seule ou mélangée à d'autres épaississants. 

A. Mucilage à 25 ou 5o grammes par litre. 

5 ou 10 kilogrammes blandula. 
200 litres eau. 

On laisse iremper quelques heures puis, fait 
bouillir, en remuant, jusqu'à partaite dissolution, 
laisser refroidir. 

B. Epaississant bien gummeux. 

2 lit. 5oo acétique à 5' B. 
200 litres mucilage blandula 5o grammes par litre. 

Faire bouillir une demi-heure, laisser refroidir. 

C. Epaississant pour gravure trèsjine. 
aoo litres mucilage blandola à a5 grammes. 



Laisser tremper une nuit et ajouter, le lendemain : 
20 kilogrammes amidon grillé. 
Faire bouillir en remuant, laisser refroidir. 

D. Epaississant pour couleur diazo (paranitra- 
niline, x-naphtvlamine, etc.). 

22 kgr. 500 amidon grille. 
20 kgr. 5oo tapioca. 
275 litres d'eau. 

Bien mélanger. 

12 kgr. 5oo blandola. 
i36 litres d'eau. 

Laisser tremper quelques heures et ajouter au 
mélange ci-dessus, bien remuer et ajouter alors 

2 lit. 230 huile d'olives 

puis eau pour faire 455 litres, faire bouillir et lais- 
ser refroidir. 

Cet épaississant rend mieux et coijle moins cher 
que celui à la gomme adraganthe. 

RECETTES D'IMPRESSION 
Couleurs dia^o-rouge para. 

3 lit. 750 couleur I. 

1) litres épaississant D. 
3 litres épaississant Vl. 



Bien mélanger. 



Couleur I. 



3 kgr. 400 paranitranilinc. 
1 kgr. 925 nitrite de sodium. 
3 lit. 700 eau de condensation. 

Après dissolution, ajouter : 

381il.5oo eau froide et 

12 litres chlorliydrique à 20' B. 

Laisser deux heures, en remuant de temps en 
temps. 

Epaississant E. 

4 lit. 5oo amidon grillé à 100 grammes par litre. 
10 kgr. 900 acétate de sodium. 



AlélaniJer. 



COULEURS DIRECTES 



10 à 25 grammes colorant selon intensité de la nuance. 

o I. 3oo eau bouillante. 

2 litres mucilage blandola à 35-40 grammes par litre. 



SUR UN NOUVEL ÉPAISSISSANT ET APPRÊT « LA BLANDOLA » 



COULEURS BASIQUES 

100 à i5o grammes colorant. 

25o à 3oo centimètres cubes acétique. 

Dissoudre et ajouter : 

Un demi-litre préparation de crésol (i). 
Puis mélangera chaud avec 

3 lit. 5oo à 4 litres mucilage de blandola à 5o grainmes 
par litre, à [oo" C. environ. 

Remuer jusqu'à ce qu'on obtienne une bonne 
consistance, puis y ajouter 

4 à 5oo centimètres cubes tannin-acétique i : i (ou un 
mordant d'alumine) 

et imprimer de la manière habituelle. 

Pour des nuances moins foncées, on coupe 
comme d'habitude. 

LAQUES 

La quantité de couleur selon la nuance est 
ajoutée à : 

3io centimètres cubes borax à 200 gramincs par litre. 
20 litres blandola à 3/ gr. 5 par litre. 

Après mélange, on incorpore : 
5 litres albumine à 600 grammes par litre. 

APPRÊTS 

FILÉS DE COTON EN CHAINES 

125 kilogrammes farine. 

25 kilogrammes kaolin. 

g litres chlorure de zinc 1 

de calcium ou de ma- / ii 37-40° B. 

gnésium ) 

5o litres blandola à 25 grammes par litre. 

On fait bouillir le kaolin avec le chlorure, puis 
ajoute la farine et la blandola et continue à faire 
bouillir. 

Si la présence de suif est nécessaire, on l'ajoute 
à chaud, après cuisson. 

Cet encollage donne un fil élasiique facile à 
tisser. 

TISSUS DE COTON 

Les tissus s'apprêtent avec la blandola seule ou 
mélangée à d'autres agents gommeux comme la 
dextrine, l'amidon, ou servant à la charge, comme 
le kaolin, etc. 

Pour [tsjlanelles coton, la blandola est particu- 
lièrement recommandée; l'ellet obtenu est excel- 
lent et le procédé est des plus simples, le lavage 
après apprêt est inutile. 

Apprêt I. 

2 kgr. 750 blandola. 
100 litres d'eau. 

On laisse tremper quelques heures, puis ajoute : 

II litres oléine à 5o p. [oo. 

1) Cette préparation est fournie gratuitement avec la 
blandola. 



Faire bouillir jusqu'à dissolution et laisser refroi- 
dir. 

Apprèl doux. 

25 litres apprêt 1. 
100 litres eau. 
10 kilogrammes dextrine. 

Bien mélanger et faire bouillir. 

Apprêt plus fer me. 

25 litres apprêt I. 
25o litres eau. 
37 kilogrammes de.xtrnie. 

Bien mélanger et faire bouillir. 

Apprêt pour tissus chargés. 

Le tissu est chargé à l'envers avec un mélange 
d'amidon et de kaolin, on le sèche et on le passe 
dans le bain suivant, renfermant : 

25 litres apprêt I. 
100 litres eau. 

et qui est préparé à chaud. 

Cet apprêt forme sur les tissus une pellicule qui 
lui donne un bon toucher et l'empêche de pou- 
drer. 

Apprél pour tissus « beetlès ». 

10 litres apprêt 1. 

10 litres eau. 

1 kilogramme amidon de riz. 

Bien mélanger avant de faire bouillir. 

Apprêt pour bonneterie. 

Ho litres chlorure de magnésium 38" B (ne doit pas être 

trop acide). 
6 litres glucose liquide ) 

12 litres et demi blandola ;i ': mélanger à cliaud. 

25 grammes par litre ) 
14 litres oléine à 5o p. loo, pas trop alcaline. 
3 kilogrammes tapioca. 

Mélanger le tout et faire bouillir peu de temps. 

11 faut éviter d'employer la blandola avec des 
acides minéraux forts ou chauds; par contre, elle 
se comporte bien eu présence d'acétique. 

APPRÊT DES CUIRS 

La blandola convient particulièrement pour 
apprêter les cuirs. 

Elle les nourrit bien, tout en les laissait souples 
et leur donnnat un bel aspect, net contrairement à 
la gélatine animale qui rend le cuir totijours un 
collant. 

Les cuirs auxquels convient particulièrement 
lapprêt à la blandola sont ceux destinés à la selle- 
rie, aux chapeaux, aux chaussures, etc. 

L'application de la blandola peut se faire de bien 
des façons, voici quelques recettes qui permettront 
de se faire une idée des procédés à employer. 

Apprêt pour cuir de chapeaux. 

5oo grammes blandola. 
20 litres d'eau. 



NUUVL:[.I.KS COULlilKS 



04' 



Laisser tremper quelques luures, laire bouillir 
jusqu'à dissolution, laisser refroidir. 



Apprêt pour cuir à chaussures en couleurs. 

faire dissoudre. 
/ 



125 grammes bliin^iola 

b litres d'eau 
1)2 gr. 5 savon noir. 
3o grammes cire d'abeilles ' dissoudre 
3oo centimètres cubes eau ' 



.Mélanjjer le tout, taire bouillir cinq minutes et 
laisser refroidir en remuant. 

Apprêt pour cuir de guêtres brunes. 

125 grammes blandola l faire bouillir jusqu'à 
i5 litres d'eau \ dissolution. 

Puis ajouter : 

125 grammes savon de suif / , , 

, P ., ûisso-.dre. 

5 litres d eau \ 



Mélani^er le tout et laisser refroidir. 

Apprêt pour cuir fort. 

I2.S L;rammes blaïulnUi / ,- • i , j.. 
; r^ i taire dissoudre 

5 litres eau 1 

puis ajouter, à chaud iSo centimètres cubes d"nuile 
de lin ou autre, remuer jusqu'au relroidisscment. 

Apprêls pour cuir .'iouplc. 

loo grammes graine de lin. 
loo grammes blandoUi. 
5 litres eau. 
i5 grammes bora.\. 

Laisser tremper quelques heures, faire bouillir 
filtrer et laisser refroidir. 



NOUVELLES COULEURS 



DiAzo j.\i NE Lf.\iif;RE G [Farboi f. i>. F. Bayer 

il C";. 

\Ech. 7!"- Go à ùi.) 

I-es qualités de ce nouveau jatine sont la pureté 
de sa nuance et sa bonne solidité au lavage, à la 
lumière et au.x alcalis. 

La résistance au repassage, à la surteinte et aux 
acides est bonne (même avec le sulfurique dilué). 
On teint en présence de 

10 à 40 p. 100 sulfate de soude crist. ou 
5.20 p. 100 sel marin et 
1 à 2 p. 100 carbonate de soude calciné. 

On rince à fond et. suivant l'intensité de la 
nuance, diazote une demi-heure, en bain froid, 
garni avec: 

1.5. à 2,5 p. 100 nitrite de soude. 

5 à 7,5 — chlorhydrique à 20' B. ou 

3 à 5 — sulfurique à 60" B. 

Rincer et développer encore en bain froid avec : 

0.5 à \.b p. 100 Développateur Z (Jissous dans l'eau . 

pendant un quart à une demi-heure, puis rincer et 
savonner au bouillon. 

Les métaux, cuivre ou 1er, n'ont aucune action 
sur la couleur. 

Le colorant est recommandé pour la teinture du 
coton à l'état de bourre ou de filés, et encore à la 
production d'eft'ets jaunes solides à la surteinie. 
sur tissus laine. 



Be\zobouge LUMiKRK 6 BL (Farbenf v. F. Bayer. 
(Ech. n-CS à 65. 1 

Si la solidité à la lumière de ce nouveau colo- 
rant directes! très bonne, par contre la solidité au 
lavage est moyenne : au repassage, la teinture 
bleuit passagèren.eni ; aux acides organiques et au 



sulfurique dilué elle résiste bien. Les alcalis ne 
l'altèrent pas. 

La teinture s'efteciue en présence de 5 à 20 
p. 100 sel marin ou 10 à 40 p. 100 sulfate de so- 
dium et t à 2 p. 100 carbonate de calcium anhy- 
dre. 

La nuance obtenue est plus pure et plus jaunâ- 
tre que celle donnée par le ben^orouge lumière 
8 BL. 



0ran(;k aujol hkillant FR en pâte {Farbenf. 
V. F. Bayer). 

[Ech. W^ 66 à 68.) 
\'oir Rev.gén. mal. color.. janvier 1912, p. 22. 

X'ioLKr ALGOL BRILLANT 2 B EN PATE {Farbenfab. V. 

F. Bayer éC"). 

[Ech. n"' 69 à 71.) 

La nuance de cette nouvelle marque est plus 
pure et plus bleutée que celle de la récente marque 
R (voir Rev. gén. mat. color., 1912, p. 23). Sa so- 
lidité au lavage, aux acides, à l'eau oxygénée et à 
la lumière est très bonne. Les alcalis ou le bouillon 
font bleuir la nuance, elle rougit par le repassage. 
Le chlore éclaircit légèrement le ton. 

Pour teindre, on empâte le colorant avec de 
l'iau chaude à 40-5o° C. et la quantité de soude 
caustique nécessaire au bain total, puis ajoute l'hy- 
drosullite.on laisse reposer quelque temps, jusqu'à 
ce que la solution .soit devenue claire. 

Pour I kilogramme de marchandises, on prend 
20 litres d'eau. 

Par litre de bain, on emploie pour une teinte 
de: 

violet .\lfriil brillant 2B 

pdtc. 5 p. 100 10 p. 100 20 p. 100 

soude caust. à 3o" B. 3 ce. 4,3 ce. 7 ce. 

iiydrosul. conc.B. A. s. F. i gr. 5 2 gr. 3 gr. 

sulfate de soude crist. 20 gr. 40 gr. 80 gr. 



i5o 



NOLVELLES COULELRS 



Le sulfate de soude peut être remplacé par la 
moitié de son poids de sulfate de soude calciné ou 
de sel marin : on dissout ce sel dans !e bain à peu 
près bouillant, avant d'ajouter la dissolution de 
colorant. 

Par 10 litres de bain de teinture, on ajoute 
préalablement : 

1 ce. 6 à 2 ce. ô soude caustique à So» B. 
12 gr. hydrosulfite conc. b. a. s. f. poudre. 

Ensuite on verse la dissolution de colorant dans 
le bain, on remue, laisse quelques minutes au re- 
pos et entre la marchandise. 

On teint sous le bain, pendant trois quarts à une 
heure, à froid, ou à 60" C on exprime, tord à la 
cheville, étend un quart d'heure environ, rince et 
acidulé avec i à 2 centimètres cubes sulfurique à 
66° B. par litre d'eau, .^près avoir acidulé, on rince 
à nouveau et savonne au bouillon. 

En traitant la marchandise, immédiatement 
après l'essorage, dans un bain tiède étendu, renfer- 
mant 1,5 à 2 p. 100 bichromate de potasse et 3 à 
4 p, 100 acétique calculés sur le poids de la mar- 
chandise, To-xydalion de la couleur s'opère rapide- 
ment ; la nuance en devient légèrement plus 
rouge. 

Après avoir chromé, rincer à fond et savonner 
au bouillon. 

Gris hélindone BR pâte Farbrw. v. Meister, 
Lucius « Brûning. 

[Eck. n° 78 et 79), 

Ce nouveau colorant à la cuve convient surtout 
à la teinture de la laine : la nuance grise obtenue, 
présente une bonne solidité à la lumière, au déca- 
tissage, au potting, au foulon, au lavage. 

Il se combine très bien aux autres couleurs hé- 
lindone. Au carbonisage la nuance rougit, un la- 
vage rétablit le ton primitif. 

On prépare la cuve mère avec : 

5 kgr. Gris Hélindone BR pâte. 
2 kgr. Soude caustique à 40' B. 
I kgr. Huile turcone. 
1 kgr. Hydrosulfite conc. poudre. 
1 kgr. Colle forte. 
5o litr. Eau. 

On chauffe une demi-heure à 63" C. Au bout 
de ce temps, la cuve-mère doit être d'un jaune 
verdàtre sale. Il est bon de ne pas la conserver 
trop longtemps, mais de l'ajouter directement à la 
cuve de teinture. 

Celle-ci se monte et se conduit à peu de chose 
près comme pour I'indigo MLB. L'eau calcaire doit 
être corrigée. La cuve d'une contenance d'environ 
3.000 litres est chauffée à 70" C. et garnie de gr. 3 
d'hydrosulfite conc. poudre, 1 kgr, 5 de colle forte, 
1 kilogramme de carbonate de soul^e calciné et 
1 1. d'huile turcone. 

Impression. 

Le gris hélindone BR pâte imprimé donne un 
gris bleuâtre très solide à Ja lumière et solide au 
lavage. Le chlore ternit la nuance cl la rend moins 



bleutée. Contrairement au gris hélinJone 2B qui 
s'imprime en milieu fortement alcalin, legris hé- 
lindone BR donne le meilleur résultat en présence 
d'alcalis faibles. 

Le gris hélindone BR convient à rimpression 
SUT laine et sur soie par fou lard âge et rongeage à 
l'hydrosulfite .\F conc. et à la base rongeante. Le 
gris hélindone BR peut en outre servir à colorer 
les rongeants à l'hydrosultiie, les rongeants sur tan- 
nin et les réserves sous noir Prud'homme. 

Enfin le gris hélindone BR se combine facile- 
ment avec les couleurs hélindone qui exigent peu 
d alcali, ainsi il donne un beau gris neutre en com- 
binaison avec le b)-un hélindone 2R. 



Gris Hélindone Bft pâte ôo gr. 

Brun Hélindone 2R pâte .... — 

Glycérine 5o gr. 

Britisb-gum en poudre 25o gr. 

Sel pour dissolution B ii: 1 . . . . 60 gr. 



Soude caustique à 40" B 
Hydrosulâte conc. poudre 
Eau 



ChautTer à 60" C. jusqu'à réduction 
et dissolution complètes, refroi- 
dir et ajouter à froid : 
Hvdrosuiflle NKconc. i;i . . . 



80 gr. 

40 gr- 

270 gr. 



3oo gr 
5o gr 
200 gr 
60 gr 
80 gr 
-JO gr 



' kg 



Coupage. 

700 gr. Gomme 1 : 1 1. 

5o gr. Glycérine. 

20 gr. Sel pour dissolution B ,1 : 1). 
220 gr. Eau. 

10 gr. Hydrosulfite NF conc. r: iV 
1 kgr. 

Après l'impression, on vaporise trois à cinq mi- 
nutes au Mather-PIatt exempt d'air, puis on rince 
et savonne. 

Le gris hélindone BR pâte peut également être 
imprimé sans réduction préalable, les nuances 
ainsi obtenues sont cependant un peu moins cor- 
sées. Dans ce cas on opère comme suit : 

Gris Hélindone BR pâte i3ogr. 

Glycérine 5o — 

Rritisbgum en poudre 200 — 

Sel pour di.s.'iolution B [i : i <>o — 

Carbon.aie de potasse ou carbonate de soude C3\c. ôo — 

Eau 3So — 

Hydrosulfite NFconc. |i : u 100 — 



1 kgr. 



Adragante 60 : i.ooo 5o gr. 

Eau chaude de condensation . . . 5oo ce. 

Colorant i5 gr. 

Soude caustique à 40' B i5 gr. 

.\nthraquinone pâte 1 ; loi . . . . 10 gr. 

Huile pour rouge sodique à5op.ioo. 3 gr. 

Hvdrosulfiie conc. poudre .... 12 gr. 

Réduire à ^o" C. et ajouter : 

Hvdrosulfite conc. 1:1 .... 1 2 pr. 



Porter avec de l'eau froide à . . . 1 hire 

Le tissu foulardé dans le bain i est enroulé, 
abandonné pendant une demi-heure puis passé à 



REVUE GÉNÉRALE DES MATIÈRES COLORANTES 
DE LA TEINTURE, DE L'IMPRESSION ET DES APPRÊTS 



Tome XVI. — N" 185. 



CARTE D'ÉCHANTILLONS N" 2 



^" Juin 1912. 





N- r.O. fil, 62. — Diazo jaune lumière G. N ■ o:,. i, ,. r, , — Benzo orange lunaière N- '>« '<', CSi — Orangé algol brillant 
avecdeï'eloppateurZ[%.Ji'0.7.i, 1,.3 0). 6 BL [Di/.] (0.5 1,5 el .3 a 0'. I-R en pâte [Zii/.] i5. 10 a iO On . 






N- 6a, -n. 71. — Violetal'ol brillant 2 B N" 7-2 à li. - Gallo-corinthe GD [fii/- ï^"' "'• '6' " — violet alcalin 10 B [Bi/.J 
en pâte [%.] i5, lu el » o Ui. 5, 15 0, u) el avec jaune alizarine UG. (0,51 et 2 0/0). 




y ■-'■' '-';""'"-■ . : - _ ;"__^_^_j 




Cyanine thiogène B fW N ' -^2 / Gros bleu thiogèna RL conc. 

-.MO ou. - « V ,.■./.] .0.1 lu (Ml. 





N Si. -Héliotrope méthylène OL .1/]. N» 85. — Indo-violet BF [.l.] 3 o u . N' sr,.-Violet métachrome B (.1 |(ïO/o 






N' S7, -Bleu dianile au chrome Bf.l/I N' ss. — Bleu n> 87 bichromate N s.i Bleu amido GGR ô n n |.V ]. 






N° 90. —Brun noir au soufre N ext. N '.M — Brun noir au soufre NR ext N° 0-2. — Brun solide au chrome R 
conc. loo;oi(.'l.|. conc. (10 0/0) [A.]. (3 0;[.-l.J. 

SUPPLÉ.MENT. 



NOllVKI.LES COULEURS 



froid dans un bain garni de 5 centiniclrcs cubes 
d'acide acétique à Cy B. et un demi p. loo de bi- 
chromate par litre; ensuite on rince et savonne. 

Le tissu foulardé dans le bain II est séché, va- 
porisé, pendant trois minutes au Mather Platt, à 
loi'C. en vapeur iiuniide, rincé et savonné. 

Britisli-f,'um (i : i| .Soc gr. 

Blanc de zinc (i ;i loo — 

Blanc lixe (1:1) ^00 — 

Antliraquinone pâte 4° — 

Hydrosullite NK conc. (1 : i| . . 100 — 

Base ronfîeantt; 1 20 — 

Eau . . . . ' 4 — 

1 k'j.r. 

Après l'impression, on vaporise, trois minutes à 
ICI" C, dans le Mather-Platt exempt d'air, passe 
en eau froide, savonne à chaud, rince et sèche. 



Cyanine TnioGKNE B {Farbw. v. Meister, Lucixts. 
tV Briining). 

{Ec/i. IV'- Ho elHi.j 

La nuance de ce nouveau colorant est intermé- 
diaire entre celles des cyamines thiogène G et O 
voir Rev.gén. mat. color., t. 10, p. iGy). La soli- 
dité au lavage, au foulon et aux acides est bonne, 
la solidité à la lumière, au carbonate de soude et 
au chlore est satisfaisante. On teint comme d'ha- 
bitude avec sulfure, carbonate et chlorure de so- 
dium. 



Gros ni.Kt rHrooÈNE RL conc. (Farbii'. v. Meisttcr, 
Lucius (V Briining). 

(Ech. n"' S 2 e/S3.) 

La solidité des teintures de ce nouveau colorant 
soufré est supérieure à celle de l'ancienne marque 
iRL (voir Rev. gén. mal. color.. t. 15, 33o), la 
nuance est intermédiaire entre celles de la marque 
BRconc. (Voir Hev. gén. mat. color., 1. 14, p. 35 1) 
et de la marque 2NL. Les autres qualités sont les 
mêmes. .Mode de teinture habituel. 



HÉLIOTROPE MÉTHYLÈNE OL {h'arbw. V. Mcixler, 
Lucius il Briining). 

[Éch. n" 84.) 

(>ette nouvelle couleur se distingue de l'ancienne 
marque O voir Rev. gén. Mat. color., 4, p. 3431 
par sa plus grande solubilité et son ton un peu 
plus vif et plus rougcàtre, en nuances movennes 
et foncées. Sa facile dissolution dans l'acétique 
dilué la rend intéressante pour les impressions en 
nuances claires. Dans l'eau non acidulée, le colo- 
rant se dissout incomplètement. Combiné au bleu 
ihionine GOO, il donne un bleu marine solide. 

.■\. Impression direcle. — On imprime selon les 
formules suivantes. 



Ilciuilnipe iiuniiviéne OL. . . . 20 gr. 5 gr. 

Acétique à û" B .' Ho — 3o — 

Acéline 3o — 10 — 

i:au 188 — 193 — 

("jlycérine 3o - 20 — 

Epaisissant T 55o — — 

Gomme du Sénégal (1:1).... — 700 — 

Tartrique crisl 2— 2 — 

lannin acétique (1:11 100 — 4° — 

Tk. 1 k' 

Epaississant T. 

Amidon de blé 1.200 grammes 

i;,.,,! 6.000 — 

Adiaganle (60 : 1000) i.Hoo — 

Acétique à 6° B 1 .000 — 

10 kilogr. 

Faire bouillir et refroidir. 

Après l'impression, on vaporise pendant une 
heure sans pression, passe à l'émétique, rince et 
saxonne. 

H. Teinture sur tannin rongé. — Cràce à sa 
bonne solidité au savon et à la lumière, V héliotrope 
méthylène OL, seul ou combiné avec d'autres 
colorants basiques solides, est intéressant pour la 
teinture sur tannin rongé. 

On dissout le colorant dans deux fois son poids 
d'acétique, et ajoute cette solution au bain garni 
de 3 p. 100 d'alun et, le cas échéant, un peu démé- 
tique. Si l'eau est calcaire on ajoutera i centi- 
mètre cube d'acide à 6" B. par litre de bain. Il ne 
faut pas mettre plus de o gr. i à o gr. 2 d'émé- 
tique par litre de bain, sans quoi le colorant peut 
être précipité, ce qui est nuisible à son rendement. 
On peut d'ailleurs supprimer complètement l'addi- 
tion d'émétique au bain de teinture. 

Le tissu blanchi est foulardé, à 40-50" C, sur un 
foulard à trois rouleaux dans un bain de tannin 
additionné de 20 grammes de chlorure d'ammo- 
niaque et de 5 grammes de formique par litre. 
Knsuite le tissu est séché à la hot-flue. On imprime 
le rongeant blanc, sèche bien, et vaporise pendant 
deux àtrois minutes au Mather-Platt à 100 102° C. 
Knsuite la marchar.dise est passée en émétique à 
(iu" C. (5 à i5 grammes par litre, rincée à fond et 
savonnée au large s'il y a lieu, et rincée une seconde 
fois. Enfin on teint dans 5o litres de bain par kilo- 
gramme de tissu. 

On entre à froid, fait tourner pendant une demi- 
heure, porte en une demi-heure au bouillon et lait 
encore bouillir un quart à une demi-heure jusqu'à 
épuisement du bain et épuration suflisante du 
blanc. Ensuite on lave à fond et chlore au tambour 
on savonne au besoin. 

lilanc niiigcant. 

100 grammes British-gum en poudre. 
(■)5o _ Soude caustique à 40" B 

cliauHer, refroidir et ajouier 
2.^5 — Bisulfite de soude à 3i")" B. 

S — Urun d'ali^arine en pâte 

1 kilogr. 



l32 



NOUVELLES COULEURS 



I.NDO-vioLET BF [Act. Gcsellschajt fur 
Anilin-fabrik.) 

[Éch. ?z"85.) 

C'est un colorant pour laine donnant, en bain 
faiblement acide, une nuance violet vif, bien 
unie et résistant bien à la lumière. La résistance 
au frottement, au repassage et à l'eau est bonne ; la 
solidité aux autres agents est modérée. 

Le cuivre n'altère pas la nuance, mais le fer la 
détruit 

Les effets de coton restent à peu près blancs, 
la soie n'est que légèrement colorée. L'emploi de 
Vindo-i>iolet BF est surtout recommandé en com- 
binaison avec les indo-cyaniiies. 

Pour obtenir un violet moyen, on teint avec 
2 p. 100 de colorant, en présence de : 

20 p. 100 environ sulfate de soude 
3 à 3 p. 100 acétique l3o p. 100). 

On entre la marchandise à 5o-Go" C, porte en 
trois quarts d'heure au bouillon, que l'on main- 
tient environ une demi-heure. 

On ajoute alors : 

i p. 100 acétique (3o p. roo); 
ou un demi à 1 p. [oo sulfurique, au préalable dilué. 

Et on fait bouillir encore une demi à trois 
quarts d'heure. 

Lorsqu'on teint Vindo-violel BF en combi- 
naison avec les indocyanines, on opère de la façon 
suivante : 

On tait bouillir le bain avec.- 

i5 p. 100 acétate d'ammoniaque liquide (3o p. 100) 
ou 5 p. 100 sulfate d'ammoniaque crist. 

verse dans l'eau bouillante le colorant préalable- 
ment dissous, abaisse la température jusqu'à 70" C, 
et on entre la marchandise. 

On porteau bouillon en une demi-heure, et on 
y reste une heure et demie. Le bain ne s'épuise pas 
complètement. Si le bain ne doit pas reservir, il 
est à recommander, en vue d'obtenir un meilleur 
épuisement, d';ijouter, après avoir laissé refroidir 
jusqu'à 70" environ, et vers la fin de l'opération 
de teinture, encore 2 à 3 p. 100 acétique (3o p. 100) 
bien dilué. On fait encore bouillir une demi-heure 
environ, rince et sèche. 



Violet méj'achrome B 'Acl. Gesell. fur anilin- 
fabrik). 

Éch. il" S6.) 

La teinture de ce colorant se fait sur laine en 
présence de chrome ; le mordançage préalable de 
la laine ne convient pas, ni la présence d'acide. La 
nuance obtenue est pure, elle est bien solide au 
lavage et au foulon, mais sa résistance à la lumière 
est inférieure à celle des autres colorants méta- 
chrome. La résistance au.\ autres agents est satis 
faisante, sauf à la surieinte acide. 



La solubilité est bonne, l'eau calcaire n'a que 
très peu d'influence. 

Pour teindre la laine en bourre, le colorant 
dissous est ajouté au bain bouillant; on ajoute 
ensuite deu.x fois autant de mordant métachrome 
que de colorant 'mais au moins 3 p. 100 . On 
porte au bouillon, que l'on maintient 2 heures à 
2 heures et demie sans autre addition. 

Pour la teinture de la laine peignée, des filés de 
laine et des pièces, le bain de teinture est préparé 
avec 10 p. joo de sulfate de soude cristallisé. I^c 
colorant est dissous dans l'eau bouillante avec 
addition de 1/2 p. 100 ammoniaque (D^;o,9 10) du 
poids de la marchandise, on filtre avant d'ajouter 
au bain. On introduit ensuite le mordant méta- 
chrome, également dissous dans l'eau bouillante. 
le double du poids du colorant, mais jamais moins 
de 3 p. 100 de mordant, même pour des tons très 
clairs. 

Il est bon d'ajouter en outre, au bain de teinture, 
2 à 3 p. 100 d'acétate d'ammoniaque liquide. 

On entre la marchandise à 35-40° C après di.\ 
à quinze minutes on monte en quarante-cinq à 
soi.xante minutes au bouillon, on le maintien! 
une heure et demie à 2 heures. Il est nécessaire de 
chauffer lentement, et d'une façon progressive, 
pour obtenir des teintures bien unies. 

Il est à remarquer que la solution de violet méta- 
chrome B n'est que très faiblement colorée en 
bleuâtre et que le ton violet ne se développe que 
peu à peu au bouillon, en présence du mordant 
métachrome. 



Bleu di.\nile au chrome B {Farbwerke i>. Meisler 
Lucius Vf Briining). 

KÈch. n"^ 876^88.;, 

C'est un colorant substantif pour coton donnant 
des bleus foncés d'une bonne résistance au lavage, 
aux acides, à la sueur et au frottement, surtout 
après traitementaubichromate et sulfate de cuivre. 
Ce traitement ternit la nuance (Comparez, éch. 87 
e/88i. La solidité à la lumière est modérée, même 
après bichromatage. 

Le bleu dianile au chrome B en bain neutre 
colore le coton plus que la laine et la soie, d'oij 
son emploi dans la teinture de la mi-laine et de la 
mi-soie. La teinture du coton s'effectue au bouillon 
en présence de 10320 p. 100 dechlorure de sodium 
ou sulfate de sodium calciné et 1 à 2 p. 100 de 
carbonate de sodium calciné. 

Les teintures sont ronuées en blanc par l'hvdro- 
sulfite NE. 



Bleu amido GGR iFarbir. y. Meisler /^ucius 
t|- Briining . 

(Éch. ;i" 8(_). 

Le bleu marine obtenu sur laine avec ce nou- 
veau colorant se rapproche comme solidité et bon 
marché, il se rapproche des bleus obtenus avec les 



NOUVELLES COULEURS 



i53 



anciennes marques GS, LE et BA (loc, cit., 
p. 35-2 et Rev. gén. mat. color., 15, p. 272). 

La solidité au frottement et à l'eau est très 
bonne: la résistance au soufre est mauvaise, celle 
au lavage est modérée ; aux autres agents le bleu 
amido GGR résiste bien, notamment au décatis- 
sage, au séchage et à la lumière. 

Les eflets de coton ne sont pas teints. 

L'unisson est bon ; par l'ensemble de ces pro- 
priétés, le bleu amido GGR convient à la teinture 
des tissus pour robe. 

Bkun noir au soufre N extra conc, NR extra conc. 
(.4 ctien-gesell. fiir A n iliii-Fabrik . } . 

(Ecli. ;;"' ()0 cl (ji .1 

Ces colorants permettent d'obtenir, sur coton, 
des nuances solides au lavage sans traitement sub- 
séquent. 

La solidité des teintures aux divers agents phy- 
siques ou chimiques est bonne, sauf au chlore et 
à la surteinte acide. 

Pour teindre, on emploie des récipients en bois, 
en fer, en plomb ou en nickel; on doit absolument 
éviter les récipients ou appareils en cuivre, en 
laiton ou en bronze, à cause de l'action du sulfure 
de sodium sur ces métaux. 

Premier bain : 

^volume 20 : 1. 

Colorant : 8 p. 100 pour intensité moyenne. 

Sulfure de sodium : même quantité que de co- 
lorant : un excédent n'est pas nuisible). 

Carbonate de sodium calciné : 5 p. 100 du poids 
de la marchandise. 

Sulfate de soude cristallisé : 60 grammes par 
litre de bam pour tons moyens et foncés; pour 
nuances claires, on réduit la proportion jusqu'à 3o 
et même 10 grammes par litre. Pour des nuances 
tout à fait claires, on supprime le sel, que l'on 
remplace par i centimètre cube par litre d'huile 
pour rouge turc. Quand le bain est court, comme 
par exemple sur jigger, il faut réduire en consé- 
qi:ence la proportion de sel. 

Bains suii>anls : 

Colorant: pour des teintures moyennes, environ 
les 4,5 de la quantité employée en premier bain. 

Sullure de sodium : la moitié du poids du colo- 
rant. 

Carbonate de sodium calciné : 2 gr. 5 par litre 
d'eau que l'on rajoute pour ramener le bain à son 
volume primitif. 

bullate de soude cristallisé : ne rajouter du sul- 



fate de soude que pour ramener le bain à sa den- 
sité primitive. 

On fait tout d'abord bouillir le bain avec la 
soude, ajoute le color.int dissous dans l'eau bouil- 
lante en présence des quantités indiquées de sul- 
fure de sodium, et fait encore bouillir un instant. 
On ajoute enfin le sel, et leiiu pendant une heure, 
à la température de go à gS" C. Après teinture, 
rincer soigneusement, jusqu'à ce que l'eau de 
rinçage soit incolore. 

Bkun solide au chrome R (Act. gesell./iir Anilin- 
Fabrik.). 

(Éch. n" ()2.) 

La nuance de ce nouveau colorant chromatable 
est plus jaunâtre et plus vive que celle de l'ancien 
brun solide au chrome V (voir Rev. gén. mat. 
color., Xlll, i35. 

La solidité à la lumière est très bonne, celle à 
l'eau bouillante, à la sur-teinte et au soufrage est 
modérée. Les acides forts rougissent la nuance, il 
en est de même au foulonacide et au carbonisage. 

Si l'on teint dans des appareils en cuivre ou en 
fer, il faut ajouter un quart de gramme par litre, 
de sulfocyanure d'ammonium. 

La teinture se fait en présence de sulfate de 
sodium cristallisé (20 p. 100) et de sulfuriquc 
(I à 2 p. 100). On commence à 5o-6o" C. et monte 
à l'ébullition en trois quarts d'heure, on la main- 
tient une demi-heure, puis on ajoute i à 2 p. 100 
sulfurique pour épuiser le bain, ce qui demande 
trente à quarante minutes. 

On termine par un chromaiage bouillant de 
trois quarts d'heure avec i gr. 5 de bichromate. On 
rince. 

On peut aussi teindre sur laine mordancée au 
chrome. 



\'ioi.ET cHLORAMi.NE FFB ( Farbenf v. F. Baver 

(Ech. n°' yS et 94.) 

Les teintures faites avec ce violet sont insensi- 
bles à la chaleur. Leur ton est plus pur que celui 
de 1 ancienne marque R (voir Rei'. gén. mat. col., 
t. 4, p. 290). 

La solidité aux acides organiques, au repassage 
et au frottement est bonne ; il en est de même de 
la solidité aux alcalis. 

Les tons clairs résistent bien au lavage. La soli- 
dité au chlore et à la lumière est modérée. 

La teinture s'opère en présence de 10 à 40 p. 100 
sulfate de sodium cristallisé et i à 2 p. 100 carbo- 
nate de sodium calciné. 



i54 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



II. — PRODUITS CHIMIQUES 

§ b). — Minéraux. 

II b). — l'ERIJOHATES (Sur les — et leur em- 
ploi dans le détacliag^e), par M. FrilRMAW (l.c 
Teinturier pratique, 1912, p. 43). 

CIILORIIHES DÉCOLORA.XTS l>osase «le lal- 
oaliuité dans les — ), par MM. KEXXKDY, OI{- 

TO\et JORME (R. B. B. A.. 1911, p. 4b). 

W b). — IIYPOCHLORITES (Le blanehinicnt 
électrique et la fabriealion des — par l'éleo- 

trieité),par M. EHXEST RECSS [R.B. B. A., iqii, 
p. 102). 

U b). — PEROXYDES (Fabrication de — des 

terres alcalines) {R. B. B. A., 191 1, p. 111). 

II b).— EAU OXYGÉXÉE (Préparation électro- 

l,vti(|ue de 1' — ) (R.B. B. A., 191 i,p. 1 12). 

II h). — EAU OXYGÉxXÉE (Fabrication de 1 -). 
par !V1M. V.-E.-.l. DURAFORT et A.-E.-G RERTIX 

(R. B. B. A., 191 I, p. 112). 

116).— PEROXYDE U'lIYl>RO(;ÈXE (Conser- 
valion du — ), par MM. A. PIETZSCll et ii. 

ADOLPII (R. B. B. A., 1911, p. i3o). 

II b). — PEROXYDE D IIYDROGÈXE (Produc- 
tion du — ) {R. B. B. A., 1.J12). 

II b. — EAUX (Sur la purification «les — au 
point de vue du fer et «lu manganèse), par 

.M. IIEXRI SCIHYERS (R. B. B. .1.. 1912 p. 25). 

116).— IIYPOCIIEORITES (Des projfrès ré- 
cents «lans la fabri<-ation et l'applit-alion des 
solutions d -- pour U' biaucliinicnl et la «lésiii- 
fectioni, par M. .lOIIX 15. <:. KERSII.VW {R. B. B. 

A.. 1912, p. 4()). 

Il b). — PERMUTITE (L'épuration des eaux 
par la —), par M.M. J.-F. SIEYER et A. IIERZ 

(.fourn. Soc. D\ers and Col., t. 28, p. 96, U|i2!. 

La permutile est un zéolithe artificiel : 2 SiO''^Al'^0'' 
Na-O, 6H-0 ou 



,(OH)2 
Si ■( . OH 

I \o..\i< 

I \ ONa 

O 4- 3H-0 

I , ONa 

i /O.Al/ 

si<; \oii 

^(0H)2 

obtenu par la fusion d'un mélange de kaolin, de quartz 
et de carbonate de soude, puis lavage à l'eau de la 



masse Tondue jusqu'à élimination de l'e.xcès d'alcali. 
Elle forme des grains foliacés à éclat nacré. A l'état 
sec, elle peut absorber jusqu'à 5o p. 100 d'eau, aussi 
est-il bon de la conserver humide après essorage. Il 
faut aussi la conserver à l'abri de la gelée. 

Ce produit s'emploie de plus en plus pour l'adoucis- 
sement des eaux industrielles et domestiques, il suffit 
en efiét de filtrer l'eau à épurer sur un filtre de permu- 
tile pour la priver de ses sels calcaires et magnésiens; 
si r(,)n désigne par P le radical silico-aluminique de la 
permutite, cette élimination peut se représenter par 
l'équation suivante : 

PNa2 -)- (CO^)2CaH3 = PCa -f 2 CO^^'aH 
PNa2 -f SO'Ca = PCa -|- SO^Na- 

C'est cette propriété qu'ont les zéolithes artificiels de 
faire permuter les bases entre elles qui leur ont fait 
donner le nom de permutite. 

La permutite n'abandonne à l'eau aucune substance 
soluble. P^lle offre l'avantage de ne pas nécessiter un 
essai préalable des eaux à purifier comme dans le cas 
du procédé au carbonate de soude et à la chaux, et de 
plus elle peut être régénérée par un simple lavage avec 
une solution aqueuse de chlorure de sodium. Ce der- 
nier régénère la permutite sodique en faisant passer le 
calcium ou le magnésium à l'étal de chlorure so- 
luble. 

PCa -t- 2 NaCI = PNa'^ + CaCI^. 

Pour une bonne régénération il faut employer trois à 
quatre fois plus de chlorure de sodium que ne l'exige 
la théorie; on se sert d'une solution à 10 p. 100. 

L'eau permutée paraît particulièrement précieuse 
pour les blanchisseries et pour l'industrie textile, car 
sa dureté est nulle, et l'on sait que les moindres quan- 
tités de chaux et de magnésie provoquent des précipita- 
tions de savon dont on débarrasse très difficilement la 
libre. 



t:HLORATES (Fabrication électrol.vtique «les 
— ), par M. M. COULERU (b. k. 437S31; i'« ad. 
1 5223). — On a trouvé que, pour neutraliser l'alcali qui 
se forme pendant la fabrication électrolytique des chlo- 
rates et perchlorates, il était bon d'ajouter un sel de 
l'acide chlorique ou de l'acide perchlorique au liquide 
d'électrolyse, cette opération pouvant se faire avant ou 
après l'électrolyse. 

l-^n prenant, par exemple, du chlorate de plomb pour 
neutraliser l'alcali formé dans la fabrication du chlo- 
rate de potasse, la réaction chimique correspondra à 
la formule suivante : 

PhfCIO-)-' + 2 ROH = 2 RCIO''-f Pb(OHV^ 

Vu la teneur en hypochlorite, l'hydroxyde de plomb 
sera transformé en peroxvde, selon la réaction sui- 
vante ; 

Pb(OH)'- -I- KCIO = Pb02 + KCl + H'^O 

Un exemple pratique fera mieux ressortir l'exposé ci- 
dessus. Si l'on élecirolvse, avec une électrode usuelle, 
une solution contenant 220 grammes de chlorure de 



matip:res colorantes 



i55 



potassium (K.CI)au litre et i à 2 {;rammesau litre de chro- 
mate neutre de potasse (K.-CrO'), les rendements, qui 
sont au début de 80 à 90 p. 100 théoriquement, 
tombent à (H) p. 100. Pendantce temps, l'alcali est monté 
à 2 {jr. 5 de potasse caustique fK.01l) au litre. Si l'on 
traite après èlectrolvse le liquide chaud avec du chlo- 
rate de plomb en ajoutant environ 3 j;rammes de 
chlorate de plomb Pb(l^lO' - pour i gramme de po- 
tasse caustique, on obtiendra un liquide contenant 
200 {grammes de chlorure de potassium au litre, 
plus I à 2 grammes de chromate neutre de potasse au 
litre, de très petites quantités de potasse caustique 
(moins de o pr. b au litre) et un peu d'hypochloritc 
(KClOl et de chlorate K.C10' . ces deux derniers pro- 
duits variant avec la température. 11 est entendu que le 
pero.xyde de plomb sera éliminé par décantation ou 
tout autre moyen convenable. Il est évident que, si 
l'on électrolyse à nouveau ce liquide après saturation 
par du chlorure de potassium, les rendements en chlo- 
rate seront d'environ 80 à 90 p. 100. 

On observe également que l'acide chlorique dilué 
employé avec précaution dans des conditions analo- 
gues donne le même résultat; la réaction peut se for- 
muler par l'équation suivante : 

K.OH + HC10'= K.C10-' -I- H^O. 

Ce système donne l'avantage de n'introduire aucun 
corps étranger à la fabrication. Dans l'e.xemple pratique 
donné ci-dessus, on ajoute donc une solution diluée 
d'acide chlorique dans la proportion de r gr. 4 
d'acide chlorique pur pour i gramme de poiasse caus- 
tique. 

§ c. — Organiques. 

Il Cl. — AtÉTYCELLULOSES, par .M. WILLIAM 

KMAIX (Le Teinturier pratique. 1912, p. 5i). 



III. ^ .\1.\TIERES COLORANTES 
^ a). — Théorie et généralités. 

III a).— MATIÈRES COLORAMES Iiiaiicn<-(> 
«le la pres»<<ion sur l'aKératioii «les — «laiis la 
partie visible du .'*peflre ,par .\1. I*. L.VS.VREFI' 

iZeit.f. physikal. Client., t. 78, p. 657, 1912). 

Des films de collodion teints avec la cvanine, le 
pinachrome et la lépidmecyanine ont été exposés à la 
umière, pendant un temps variant de cinq à sept mi- 
nutes, dans une chambre où la pression était variable 
et oscillait entre \i et 7^4 millimètres de mercure. Le 
changement de coloration était observé par la méihode 
spcctrophotométrique déjà décrite (.\nn. d. Phvs. 4). 
t. 24, p. 661, 1907). 11 résulte de ces expériences que le 
blanchiment et la décomposition du colorant sont 
d'autant plus prononcés que la pression de l'air est 
plus élevée, c'est-à-dire que la concentration de l'oxy- 
gène est plus grande. Si l'on trace la courbe représen- 
tant la vitesse de décomposition, on constate que celle- 
ci ne passe pas par l'origine des coordonnées, ce qui 
fait supposer que le blanchiment se proJuil aussi dans 
le vide absolu ,a>ec une vitesse appréciable ; les expé- 
riences ertectuées dans le vide de la pompe de Gaede 
confirment cette prévision. 

p. CARRÉ, 

m ai. — BLE! I>E MÉTIIYLÈ.NE I Alléiatioii 
du — dans la partie vislhle <lu speeli-e , par 

.M. P. LASAREFK (Zeit. f. physikal. Chem.. t. 78. 

p. 661. 1013). 

Tandis que l'altération de la plupart des matières 



colorantes est accompagnée d'une oxydation, le bleu 
de méthylène se décolore à la lumière, même en l'ab- 
sence de l'oxygène de l'air. Lorsqu'on expose à la 
partie visible du spectre d'une lampe Nernst un film 
de gélatine teint en bleu de méthylène, ce film se déco- 
lore; il reprend sa couleur primitive quand on le con- 
serve plusieurs jours au contact de l'air, et dans l'obs- 
curité. En l'absence de l'air, la décoloration est plus 
lapide, et les films décolorés ne reprennent pas leur 
couleur primitive tant qu'ils ne se retrouvent pas au 
c )ntact de l'oxygène. L'étude spectro-photomèlrique 
du phénomène montre qu'il ne s'agit pas là d'une réac- 
tion réversible : la substance colorée produite par oxv- 
dation de la substance incolore formée lors de la 
décoloration n'est en efi'et pas identique au bleu de 
méihylène; l'absorption de ces deux subsiances, bien 
qu'identique pour les radiations de faible longueur 
d'onde, est différente pour les rayons de grande lon- 
gueur d'onde. 



§ b). — Minérales. 

III b . 01 TKEMER (\ouvelle niéUiode «lu 

Ideii d'), par .\L AXDKEWS i«. B. B. .\.. 1911, 
p. 46). 

111 b\. — COLLEUR pour ciment, par la SOC, 

.\ISOTA B. F. 4370^0). — On sait que les compositions 
de couleurs à l'huile adhèrent très mal sur des enduits 
déciment lorsque ceux-ci ne sont pas absolument secs 
et que leur prise n'est pas complète. 

On obtient des couleurs tenant bien sur ciment t'rais 
en mélangeant l'huile ou le vernis à de la scorie d'ar- 
gent très finement pulvérisée et du ciment et en em- 
ployant ce mélange, avec ou sans addilicjn de matière 
colorante, C'>mme couleur pour la peinture. Par scorie 
d'argent, il faut entendre le produit obtenu par l'affi- 
nage de l'argent plombifère. du fait que la matière de 
la sole du foyer de coupellation, constituée de silicates 
d'aluminium et de magnésiu'ii. absorbe les métaux 
étrangers alliés à l'argent fondu, tels que le plomb, le 
zinc et le cuivre, en formant ainsi des silicatis métal- 
liques correspondants. Cette scorie d'argent, qui ren- 
l'ermeprincipaleinentde l'oxyde de plombctde l'oxyde de 
zinc combinés à de l'acide si li-ique, est déjà employée en 
mélange avec du vernis pour former une couleur pré- 
servatrice de la rouille; toutefois, cette couleur n'adhère 
pas non plus à un enduit de ciment frais, et cette adhé- 
rence n'est pas davantage obienue lorsqu'on emploie 
seulement du ciment mélangé avec de l'huile ou du 
vernis. Seul, le mélange des deux matières précitées 
avec l'huile ou le vernis produit l'effet désiré. 

Des proportions convenables du mélange sont les 
suivantes : 

123 parties en poids de poudre de scorie d'argent ; 

112. 3 parties en poids de ciment; 

23 parties en poids d'ocre; 
et pour 100 parties de ce mélange, 43 parties d'un 
vernis d'huile de lin. 

123 parties en poids de poudre de scorie d'argent; 

63 parties en poids de ciment ; 

12 parties en poids d'ocre; 

1 3 parties en poids de spath pesant ou baryte sul- 
fatée. 

et pour 100 parties de ce mélange. 45 parties de vernis 
d'huile de lin. 

100 parties en poids de poudre de scorie d'argent, 

5o parties en poids de ciment ; 



[ 56 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



200 parties en poids de blanc de ciment bianc de 
zinc sulfaté) ; 

et pour 100 parties de ce mélange. 5o parties d'un 
vernis d"huile de lin. 



m b). — COI'LEIR perfeclioniiéc. par .M. K.- 

W. EXEQL'IST B. F. 43-208). — Dans celte couleur, 
l'huile de lin est remplacée par un phénol e.virait du 
résidu cérumineux provenant de la distillation du pé- 
trole brut. Ce phénol est très pauvre en hydrogène et 
est différent de la cire de paraffine. 

On dissout ce produit dans son poids de benzine 
bouillant entre 70 et i5o° C. 

La solution est alors mise à refroidir ou est refroidie 
artificiellement, et pendant ce refroidissement un pré- 
cipité vert se forme. Ladite couleur ou pigment vert,' 
avant une composition chimique suivant la formule 
r.,f,H,:iO est alors traitée avec une nouvelle quantité 
d'hvdrogéne carburé et par ce moyen lavée et purifiée. 
.Après séchage elle peut avantageusement être employée 
à la peinture. 

La solution, dans laquelle se forme, après une cer- 
taine période de repos, en général plusieurs semaines, 
le précipité, est une huile claire, qui se laisse facilement 
séparer du précipité. Elle a à peu prés la même cou- 
leur que l'huile de lin bouillie et possède la qualité 
d'accoler les pigments ordinaires. En ajoutant une 
matière séchante convenable l'huile séchera en vingt- 
quatre heures environ. 

Lorsqu'elle est compléte.Tient sèche, elle résiste à 
l'action des alcalis, de l'ammoniaque, des acides 
étendus, de l'eau et de l'atmosphère ; elle forme par 
conséquent une matière imperméable. Elle peut être 
produite à bien meilleur marché que l'huile de lin, 
ne coûtant qu'un sixième du prix de celle-ci prix amé- 
ricains). 

§ c). — Organiques. 

III c). — .\LGARROBO (matière colorante 
«lérivée de 1' — ), par .M. J.-A. DO.MI.XGIEZ (b. f. 

437020). — Les propriétés colorantes des exsudais na- 
turels de la variété blanche el de la variété noire de 
l'algarrobo, aussi bien que du quebracho rouge sont 
connus depuis très longtemps et, même aujourd'hui, 
ils constituent, à l'étal brut, des produits que les indi- 
gènes de la République .Argentine emploient pour la 
teinture. 

Peu nombreuses sont les études qui ont été faites sur 
ces exsudais. Le docteur .Arata n'a étudié la caièchine 
du kino du quebracho qu'au point de vue chimique, 
tandis que celle de l'algarrobo a été étudiée par l'inven- 
teur du mode d'utilisation décrit ci-dessus. Les expé- 
riences auxquelles il s'est livré à cet effet lui ont indiqué 
que la caièchine de l'algorrobo (Prosopis alba et Pro- 
sopis nigrum) est susceptible de donner bien des va- 
riétés de couleurs lorsqu'on la soumet à l'action de 
certains agents chimiques et les nombreux essais pra- 
tiqués sur la laine, le colon et la soie, ont mis en évi- 
dence la valeurcoloranie des substances sus-indiquées ; 
ces résultats sont des plus importants pour l'industrie, 
en raison des grandes étendues de territoires occupées, 
en .Argentine, par les arbres forestiers susindiqués. 

Poursuivant ses recherches, l'inventeur a été à même 
d'établir que, non seulement les exsudais sont capa- 
bles de fournir les variétés de couleurs dont il est ques- 
tion ci-dessus, pour leur application à l'industrie de 
la teinture, mais que, avec l'extrait aqueux du bois de 
l'algarrobo, obtenu avec la aciure de ce bois, par 



exemple, on obtient des résultats similaires, en sorte 
que l'industrie se trouve mise à même d'utiliser de 
grandes quantités de cette matière qui, jusqu'à présent, 
n'a presque pas trouvé d'application pratique. 

La composition chimique de ce kino de l'algarrobo 
blanc, conformément à la communication que l'inven- 
teur a eu l'occasion de faire au Congrès de Chimie 
pratique tenu à Londres est la suivante : 

Eau I i,i4q p. 100 

Cendres 10,212 — 

Tannin 16,240 — 

Catéchine. matières colorantes et 

extractives 28,410 — 

Colophane 10,170 — 

Résidu insoluble 23,809 — 

Comme exemple de la variété de teintes ou couleurs 
que l'on peut obtenir en traitant chimiquement le kino 
et la sciure de l'algarrobo, on peut citer les suivants : 

1" .Avec une solution de chlorure ferrique el de car- 
bonate de sodium, on obtient une couleur rouge lie 
de vin ; 

2° -Avec du sulfate de cuivre, une couleur brun 
foncé : 

i" .Avec du bichromate de potasse, une couleur 
brune; 

4° .Avec une solution de sous-acétate de plomb, une 
couleur gris ardoise, et 

5" -Avec du bisulfate de potassium, une couleur brun 
rougeâtre. 

\'oici des exemples de la façon dont peut teindre la 
laine, la soie et le colon : 

I. On fait dissoudre le kino du bois de l'algorrobo 
dans de l'eau ou bien on prépare un extrait aqueux 
avec la sciure de ce bois. Dans cette solution, on im- 
merge la fibre à teindre (laine, soie ou coton; pendant 
quinze minutes, après quoi on la traite par une solii- 
tion chaude ;à une température de 70 à 80"' de bisul- 
fate de potassium et de perchlorure de fer, pendant 
quinze minutes. .Après cela, on retire la fibre du bain 
et on la rince. 

Le bain en question est composé de : 

Bisulfate de potassium . . i5 grammes 
Perchlorure de fer à 20 

p. 100 20 gouttes 

Kau 100 centimètres cubes 

II. On place la fibre à teindre (laine, soie ou coton) 
pendant quinze minutes dans une solution chaude 
d'alun (à une température d'environ 70 à 80") puis on 
retire la fibre et on la rince pendant environ quinze 
minutes, après quoi on la place, pendant quinze autres 
minutes, dans une solution aqueuse de kino, ou dans 
une autre solution de l'extrait aqueux de la sciure. On 
lave ensuite à nouveau la fibre, puis on la traite, pen- 
dant quinze minutes, dans un bain froid, de bichro- 
mate de potassium à 10 p. 100. 

Ceci fait, on lave la fibre et on la sèche au soleil. 

1''^ ad. i52o5. 

De même que l'acide tannique pur, ou les extraits 
astringents, comme ceux du chêne, du sapin, du châ- 
taignier, etc., le cachou, les kinos et le gambir, etc., 
que l'industrie connaît et utilise, le kino ou les 
extraits des algarrobos blanc et noir (Prosopis alba 
et nigrum), en raison de la grande proportion d'acides 
algarrobotannique i3o p. 100) et algarrobocatéchi- 
nique (28 p. 100) qu'ils contiennent, non seulement 
constituent une excellente matière colorante sus- 
ceptible de donner de multiples colorations par l'addi- 



MATIKRES COLORANTES 



,57 



tion d'agents chimiques, comme il a été expliqué 
dans le brevet principal, mais jouent également le rôle 
de mordants, ou de fixatifs, par rapport aux colo- 
rants artificiels basiques, comme la fuchsine, le vert 
de malachite, etc., tandis que, à [leur tour, leurs com- 
binaisons insolubles avec l'alumine, les oxydes de 
fer, d'étain, d'antimoine, etc., constituent des mor- 
dants ou fixatifs pour des colorants acides, comme 
l'alizarine, etc. Dans ces conditions, les extraits des al- 
garrobos, ou leurs kinos, jouent en même temps le 
r61e d'une couleur fondamentale et celui de mordants 
ou fi.xatifs. 

Ces réactions, dont la valeur industrielle n'échappera 
à personne, sont fondées sur la combinaison du colo- 
rant basique tant avec l'acide algarrobotannique qu'avec 
l'acide algarrobocatéchinique : dans le premier cas, 
elles donnent pour résultat une laque colorée et, dans 
le second cas, doivent leur effet à la combinaison du 
colorant acide avec l'oxvde métallique ou métalloïdique 
précipité dans la matière textile par sa combmaison 
avec l'acide algarrobotannique et l'acide algarrobocaté- 
chinique. 

A cela on peut ajouter que les textiles qui ont reçu 
auparavant un bain de ces extraits des algarrobos. ou 
de leurs kinos, arrivent au maximum de dépense de 
matière colorante, circonstance qui a fait recommander 
depuis longtemps déjà pour la teinture l'emploi du 
tannin et des extraits astringents, comme mordants ou 
fixatifs, spécialement pour la teinture du coton. 

Kn comparant la valeur de ces extraits à ceux qu'uti- 
lise l'industrie, spécialement celle de la soierie, dans le 
but d'augmenter la force du textile soumis à la teinture, 
l'inventeur est arrivé à des résultats supérieurs. C'est 
ainsi par exemple que, tandis qu'un échantillon d'un 
poids donné, soumis à l'action du cachou et, ensuite, 
des bains de sels de fer et de zinc, subit une augmenta- 
tion de poids de 19, 5o p. 100 et 18,71 p. 100, les 
échantillons soumis aux bains d'extraits des algarrobos 
blanc et noir, en opérant dans les mêmes conditions, 
subissent une augmentation de poids de 24,31 p. 100 
et de 24 p. 100. 

Voici quelques exemples de la façon de procéder: 

Exemple n" 1. 

Fixation de vert de malachite. — Submersion du 
textile dans le bain d'extrait ou solution de kino d'al- 
garrobo à 12 p. 1.000, exprimer et passer à un bain de 
pyrolignite de fer à 3" B., laver et teindre avec du 
vert de malachite, en le portant doucement à l'ébulli- 
tion. Laver dans de l'eau savonneuse faible. 

Exemple n" 2. 

Fixation du brun de phénylène. — Submersion du 
textile dans un bain qui contient la solution d'extrait 
ou kino d'algarrobo à 12 p. 1.000. Laisser égoutter et 
passer dans un bain d'émétique, ou d'acétate d'alumi- 
nium à 5 p. 1.000 ; exprimer et laver, puis teindre avec 
du brun de phénvléne à une température de 3o". 

K.VQl'ES colorées au moyen de matières 
premières végétales, par M. E. IIAtiEX (b. f. 

438563). — Les substances colorantes contenues dans 
les baies de nirprun I Baccae Rhamu.i) dans l'écorce du 
chêne tinctorial {(Juercus tinctorial et dans le bois de 
fustet [Rhus cotinus) ou autres matières premières vé- 
gétales analogues, étaient jusqu'ici séparées par extrac- 
tion de la façon connue, au moyen d'appareils appro- 
priés ou par ébuUition en présence de dissolvants con- 



venables. Les matières ainsi préparées étaient alors ou 
bien utilisées telles quelles à l'état de concentrés, ou 
travaillées de nouveau de manière à obtenir de la façon 
également connue des laques colorées, cette opération 
se faisant en ajoutante ces matières de l'alumine so- 
luble ou des sels d'étain, de chrome ou de fer, puis en 
précipitant la solution au moyen de soude, de craie 
ou de substances analogues. Ce procédé a pour effet, 
non seulement de conserver aux substances colorantes 
leurs propriétés, mais d'ajouter à l'extrait colorant 
toutes les autres substances solubles, telles que la pec- 
tine, la saponine, les tannins et autres. Ces substances 
non seulement chargent inutilement le produit obtenu, 
mais rendent le produit absolument inutilisable dans 
beaucoup de cas et réduisent son efficacité dans un 
grand nombre d'autres. 

Les couleurs ainsi préparées ne pouvaientparexemple 
pas être employées à la coloration des substances ali- 
mentaires ou des boissons, d'une part, à cause de 
leur mauvais goût et de l'action nuisible de la sapo- 
nine et du tannin, d'autre part à cause de l'instabilité 
de ces couleurs en présence des acides organiques, tels 
que l'acide malique. l'acide citrique et l'acide tartrique, 
étant donné qu'en présence de ces corps les couleurs 
ainsi obtenues se décolorent. 

En outre, la présence de pectine ou de corps dérivés 
dans les extraits liquides et les laques colorées dimi- 
nue leur durée, étant donné que les laques contenant 
de la pectine se pourrissent, ce qui détruit la substance 
colorante. 

On évite ces inconvénients en préparant, sous forme 
de glucosides des laques colorantes extrêmement pures 
ayant des propriétés remarquables. Ce procédé consiste 
à décomposer d'abord la glucoside, puis à traiter, par 
des solutions de sels d'oxydes alcalins, de sels métalli- 
ques ou autres, la partie ainsi décomposée qui contient 
la substance colorante. L'expérience a montré que les 
substances colorantes ainsi séparées sont capables de 
fixerles bases des sels en solution et par suite de former 
de la laque, sans qu'il soit nécessaire d'ajouter de la 
soude ou de la craie, comme dans les procédés anté- 
rieurs. La laque colorée ainsi obtenue est, contraire- 
ment aux laques tirées par les procédés connus des 
extraits contenant les glucosides, extrêmement résis- 
tants aux acides organiques, lorsqu'on traite la partie 
des produits décomposés contenant la substance colo- 
rante au moyen de sulfates alcalins ou métalliques 
quelconques ou de solutions de ces sels. 

Le procédé de fabrication lui-même, est extrême- 
ment simple et très rapide. 

Pour réaliser cette fabrication, on peut par exemple 
mélanger 10 kilogrammes de baies de nirprun fine- 
ment broyées à 5o litres d'une solution d'alun à 
2 p. 100 ou de sulfate ou acétate d'alumine, ou en- 
core de sulfate de magnésie, et laisser la réaction se 
produire à la température ordinaire des appartements, 
ou à une température supérieure. 11 se produit en 
quelques heures une laque jaune insoluble dans l'eau, 
qui peut être séparée par tamisage de la matière qui a 
servi à la produire et qui est épuisée par celte opéra- 
tion. On enlève ensuite l'excédent d'eau par filtrage ou 
décantage. 

!5 d). — Organiques arlificielles. 

\\\ d . — COUm.VM'S AZOÏQl ES (.Scission <lcs 
-par les halogènes), par M. I». SCHMIDT ,/. /. 

Prakt. Chem.,t. 85. p. 235, 1912). 

Les matières colorantes azoïques sont décomposées 
par le chlore, le brome et l'acide hypochloreux en sel 



i58 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



diazonium el compose halogène. C'est ainsi que, lors- 
qu'on dirige un courant de chlore dans une pâte formée 
de une partie d'oxy-azobenzène précipité et de dix par- 
tics d'eau, à o", l'oxy-azobenzène est décomposé, en 
une demi-heure environ, en chlorure de diazobenzéne 
. et trichloro-2-4-6-phénol. L'action de l'acide hypo- 
chloreux fournit les mêmes produits de décomposi- 
tion ; l'action du brome donne les dérives bromes cor- 
respondants. Le sel de potassium de l'acide diazoben 
zènesull'onique, traité par le chlore, fournit aussi du 
chlorure de diazobenzéne. Un certain nombre d'autres 
colorants azoïques ont été décomposés par le chlore 
d'une manière analogue. 

p. C.\RRÉ. 



IV. 



FIBRKS TE.XTILES 



§^)- 



Généralités. 



IV) a).— SOIE ARTIFICIELLE (Quelques eoii- 
stantcs physiques des filaments de — :, par 
M.W.-P. DRE.XPEIÎ et .I.-G. DAVIS [Chcm.' I nd., 
t. 31, p. i6i, 1912). 

La connaissance des propriétés physiques de la cel- 
lulose précipitée et d'autres colloïdes présente une cer- 
taine importance aux points de vue pratique et théo- 
rique. Elle permettrait en eff'et de comparer les fila- 
ments de cellulose, d'hydrocellulose ou de toute autre 
substance colloïdale avec des substances quelconques. 
Les auteurs ont déterminé : 

La ténacité, exprimée par; P 1(0,7854 do^N), Pétant 
la charge de rupture, do le diamètre de chacune des N 
fibres qui composent le fil. L'allongement et Vélasti- 

... r- AiA Ae , ,. ,, 

cite b = -!- T — , Af étant 1 allongement produit par 

une surcharge lp,l, la longueur du fil et a la section 
de ce fil exprimée en centimètres carrés. 

Il résulte des mesures effectuées que l'allongement 
total de fils composés est en raison inverse de la dimen- 
sion des filaments, le nombre de ces derniers restant le 
même. La diminution de cet allongement est d'autant 
plus prononcée que les filaments sont plus petits. La 
relation existant entre l'allongement p. 100 et les 
dimensions des filaments parait être de nature parabo- 
lique. 

La ténacité d'un tissu est d'autant plus grande que 
la dimension des filaments qui le composent est plus 
petite. L'accroissement de la ténacité est plus rapide 
que la diminution de la grosseur des filaments; la rela- 
tion qui existe entre ces deux facteurs parait être de na- 
ture hyperbolique. 

p. CARRÉ. 

IV a). — I OURIUIUES (Des bêtes à — dans les 
provinces russes d'Extrême-Orient) (Le Tein- 
turier pratique, 191 1, p. 116). 

IV a). — FOIICRURES (Le oummerce des — à 
la l'oirc d'Irbit en 1912) {Le Teinturier pratique, 
1912, p. 53). 

IV a). — FIBRES ANIMALES IJLA\CIIES (Les 

— ), par M. R.-A. GORT.\ER {Nature, p. 53, 191 1 i. 

L'étude des plumes et des poils blancs montre qu'il 
existe dans ces substances deux variétés de blanc, l'une 
de ces variétés l'emportant sur l'autre. On ne peut dis- 
tinguer à l'œil nu ces deux variétés, qui sont nettement 
différentes par leurs origines. Les blancs dominants ne 
renferment pas de mélanine, alors que celle-ci se trouve 



laquée dans l'autre variété de blanc. L'auteur attribue 
la production des blancs dominants à la présence d'un 
pigment. Ses expériences montrent que l'oxydation de 
la tyrosine par la t\rosinase ne se produit pas en pré- 
sence des phénols qui possèdent deux oxhydriles en 
meta l'un par rapport à l'autre, comme la résorcine, 
Porcine et la phloroglucine. Ces phénols ne stérilisent 
pas d'autres oxydases que la tyrosine. On peut donc 
supposer que les blancs dominants renferment un fac- 
teur stérilisant, tandis que l'autre variété de blanc ren- 
ferme une enzyme qui les attaque peu à peu. 

p. CARRÉ. 



V. — BLANCHl.MENT 

§ a). — Théorie et généralités. 

V a). — BLA!Vt:iILMENT 1)1 C.OTOX (Quelques 
remarques sur les opérations préliminaires 
du — ), par MM. G. TAGLIAiM et W. KROSTE- 

WlTZiFiïrber Zeit., t. 23. pp. 41 et 62, 1912). 

Il est de la plus grande importance, pour obtenir un 
bon résultat final, de veiller avec le plus grand soin aux 
opérations préliminaires du blanchiment. 

C'est ainsi que la ffambée du duvet doit se faire à une 
température suffisante et cependant pas trop élevée; il 
est donc bon de se rappeler à ce sujet que la perte du 
duvet commence à 170" pour le coton pur et à 240° 
pour le coton brut. Il est fncile d'apprécier la tempéra- 
ture atteinte en disposant un thermomètre au-dessus du 
tissu qui circule sur les brûleurs. L'examen des parti- 
cules ffambées montre que les produits de la combus- 
tion renferment des cendres, des parties charbonneuses, 
des fragments de libre déchirée, de l'amidon non dé- 
composé, de la dextrine, du glucose, peut-être de la gly- 
cérine, de l'acide oléique, des matières savonneuses et 
résineuses, différents sels et bases, etc. On remarque en 
outre que les émulsions grasses qui imprègnent seule- 
ment la surface du tissu pénètrent à l'intérieur sous 
l'influence de la chaleur; cette pénétration nécessitera 
une action énergique des lessives de blanchiment pour 
les saponifier et les éliminer. 

Après avoir été flambé, le tissu passe entre deux cy- 
lindres chauff"és à la vapeur, puis il est ordinairement 
lavé à l'eau froide. Celle-ci élimine difficilement les im- 
puretés; il serait préférable de laver à l'eau chaude, si 
l'emploi de cette dernière n'était pas souvent trop coû- 
teux. On peut songer à utiliser la chaleur perdue des 
machines à flamber pour la production économique de 
l'eau chaude nécessaire. Les auteurs ont imaginé un 
dispositif répondant à ce but; leurs essais montrent 
nettement que la proportion d'impuretés éliminées par 
l'eau chaude est bien supérieure à celle éliminée par 
l'eau froide. 

On sait que l'élimination de l'apprêt peut se faire de 
dilférentes façons, au moyen des enzymes de la levure 
ou des acides. Bien que l'emploi des acides dilués 
paraisse facile et commode, il n'est pas sans inconvé- 
nient pour la solidité de la fibre. L'action desdiastases 
du malt constitue certainement le meilleur procédé 
d'hydrolyse de l'amidon ; elle commence vers 60-70 ; 
elle est complète au bout de dix à trente minutes et ne 
produit aucune altération de la fibre. L'extrait connu 
sous le nom de diamalt permet d'éliminer l'amidon à 
un prix très faible qui est voisin de 2 centimes et demi 
par kilogramme d'amidon. Après traitement par le malt, 
il suffit de laver très soigneusement ; le tissu est alors 
prêt pour le blanchiment. 

p. CARRÉ. 



TElNTL'Rb: 



iSo 



V a). — OXYGKXK l)usa$;e «le 1' — a«-(ir dans 
les proiliiils à Itase «le persels pour blaïu-lii- 
ment et hiaiieliissage), par MM. BOSSIlAltl» cl 

ZWICKY \R. li. H. A., 191 I, p. 45V 

V II . — ltLAX«:HIMi:.\T La ilêtt-riiiiiialioii 

raUonncIle <lii ilea:i-ô «le — ) R- />'. />'. .1-. n.iii, 
p. 4fJI- 

\' II) — M.\. (Sur le lava^*" "'" - *'• ''" «•<><«>"". 
par MM. E.-J. KOHELL el J.-X. «iOI.DSMITIi (R. 

B. H. A.. 1911, p. 109). 

V cl . — BK.VXCIIIMEXT (La <|uc»i(ion «lu — , 

par M. H.-S. KE.MIXGTOX ^R. B. />. .1., 1912, 
p. 36). 

§ 6). — Procédés. 

V 6|. — BRODEKIES Blaneliimenl «les —, «lu 
colon et «lu Uni, par M. E. -STEIfiEB {R. B. B. A.. 

191 1, p. 73). 

V b\ — <:OTOX (Les perfe«'tiounonieu(s «lu 
blanchiment «lu — ), par M. W.-S. WILLI.VM {R. 

B. B. A., un I, p. 751. 

V 6 . — BLAXCHLMEXT (Les accl«lenls «lans 

le—', par M. S. -II. HiGGlX8 {R. B. B. A., 191 f, 

p. 71')- 

V b). — A.MIDOX (Histoire «le 1"— et «le la 
$j;lucose), par .M. B. IIEHXSTEIX (R. B. B. A.. 

1911, p. 7 . 

\' b). — COTOXlsur le «l«>v«'loppenieiit «les pr«»- 
cc«lés nio«lernes «le blanchiment «les articles 

«le —.par .M. FREIBEKGEK (R. B. B. A., iqii, 
p. 9»- 

V b). — TISSrs Blancllinient «les — par cir- 
culation . par MM. A.-E. BOBEBTS et .l.-B. 

rrUXElS R. B. B. A., 1911, p. 127 . 

VI. - MORD.WTS 

§ a). — Théorie el fréiiéralilés. 

VI a). — yiEBRACIIO Le bois «le — dans la 
ltêpubli(|ue .Vrfïcntine Le Teinturier pratique). 

VII. — TEI.NTIKK 

S a). — Théorie et généralités. 

Vil a).— TEIXTIKE (IIislori«|iie «le l'in«lustric 
«le la — à Koubaix). par M. II. LAtiAClIE i/.f 

Teinturier pratique, 1912, p. 38). 

Vil a). — BLÉES Les — en teinturerie), par 
M. P.VUL UAZOl'S (Le Teinturier pratique, i<»ii, 
p.iii.; 



Vil a). — AI)SOKPTIO.X(La nature trouble du 
phc-nomène U — ), par .\l. G-v. (^EOBGIEVICS 

(Slnn.f. Chem., p. 1075, 1911). 

Les expériences de Travers, Joulin, .\lc Bain cl 
d'autres auteurs sur l'adsorption des gaz par lecharbon 
indiquent, qu'à coté de l'adsorption il se produit aussi 
une solution qui, dans certaines conditions, suit la loi 
de Henry. L'auteur s'est proposé de rechercher si, dans 
le cas d'adsorption en solution, il ne se produit pas une 
solution solide en même temps qu'une ditiusion de la 
substance dissoute au sei'i de l'absorbant. Les expé- 
riences de Davies sur l'adsorption de l'iode de ses solu- 
tions par le charbon semblent indiquer qu'il en est 
bien ainsi, mais elles ne sont pas suffisamment con- 
cluantes. L'emploi du charbon comme absorbant est 
en etïet sujet à objections : la substance dissoute peut 
s'occlure dans les pores du charbon ; de plus le 
charbon, étant friable, peut se rompre et ofTrir une sur- 
face variable à l'adsorption. 

L'auteur a déjà moiitrè que l'adsorption des acides 
par la laine peut, à partir d'une certaine concentration 
de la solution, être représentée par la relation 



C,. 



.V lendimt à diminuer et à se rapprocher de l'unité' 
quand la dilution augmente. De nouvelles expériences, 
faites avec des solutions très diluées d'acides chlorhv- 
drique (0,01 à o,o5 gramme par aSo centimètres 
cubes et sulfurique ont donné A' = i, ce qui montre 
que dans ce cas le phénomène suit la loi de Henrv. 
Les acides absorbés de leurs dissolutions par la laine 
doivent donc être regardés comme partiellement ad- 
sorbés et partiellement dissous. C'est seulement avec 
une liqueur très diluée que la dissolution se produit. 

L'acide picrique se comporte de manière anormale. 
.Avec des solutions très diluées de cet acide, l'absorp- 
tion par la laine est bien une dissolution. Lorsque la 
concentration des solutions augmente, au lieu d'ob- 
server une diminution de la proportion relative d'acide 
picrique adsorbée ainsi que cela devrait se produire 
quand l'adsorption commence on observe, jusqu'à un 
certain point, un accroissement asse<; rapide de celi.e 
proportion. 

L'auteur pense, que dans tous les cas où l'on suppose 
qu'il s'agit simplement d'adsorption, il se produit en 
même temps une dissolution. 

Dans les teintures en colorants substantifs, en colo- 
rants pour cuve et en colorants sulfurés, l'adsorption 
est le facteur dominant, mais dans les teintures en 
solutions très diluées il se produit probablement en 
majeure partie une solution solide du colorant dans la 
fibre, conformément à la théorie de Witt. 

p. CARRÉ. , 

VII a). — TEIXTrRE Tht'oric «le la — ). Couleur 
et «jtat moh'M-ulaire «le r:>ci(l«> picri«|iif, par 

.M. \V.-IM»BEAI'EK [Chem. .Soc. Broc, t. 27, p. 244, 
1911). 

.\ l'état anhydre, l'acide picrique est probablement 
incol'jre ; il est jaune lorsqu'il est humide, et possède 
alors une structure quinonique. Cette manière de voir 
est confirmée par la fa. on dont se comporte le coton 
envers la olulion d'acide picr.que dans le toluène. 
Dans certaine? conditions, l'acide picrique jaune peut 
être absorbée de ses solutions toluèniques incolores par 
le coton. 



i6o 



REVLE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



t b . — Procédés. 

VII è . — CHAPEAUX (Teinture en noir des — 

«le poils et de laine), par M. L. V. {Le Teinturier 
pratique. 191 1, p. 1 10). 



VIII. — IMPRESSION 
5 èi. — Procédés. 

VII b). — ROUGE D'ALIZARIXE Son emploi 
dans l'impression multioolore), par M. M. FREI- 
BERGEK {Fiïrher Zeit.. i. 23. p. 85, 1012). 

Le rouge d'alizarine peut s'emplover seul, ou avec le 
rose d'alizarine. à côté de couleuis à mordants métal- 
liques ou de colorants basiques. La couleur est impri- 
mée sur le tissu huilé, ou bien on imprime d'abord et 
traite ensuite aux acides gras. Le procédé le plus ancien 
et le moins coûteux pour la préparation préliminaire 
des étoffes convient très bien pour les parties à teindre 
en rouge. On se sert d'une solution d'huile rouge turc 
qui. à la teneur de 3o grammes d'acides sulfo-gras par 
litre, donne un très bon rouge. Lors de la préparation 
de l'huile rouge turc, il faut avoir soin de veiller à ce 
que la température ne s'élève pas trop lors du traite- 
ment par l'acide sult'urique ; il faut en outre choisir 
une huile de ricin très pure et laver suffisamment à 
l'eau. Cependant il est difficile d'éviter un léger bru- 
nissement des étoffes durant le vaporisage. Lorsqu'on 
remplace l'huile de ricin par d'autres huiles, comme 
l'huile d'olive ou l'huile de coco, on obtient un blanc 
plus beau, mais le rouge est inférieur au précédent. Ce 
rouge est d'autant moins vif que l'huile est moins riche 
en produits sulfonés. 

Pour les blancs, on se servira avantageusement d'un 
savon akalin préparé avec les acides gras de l'huile de 
ricin et renfermant une molécule de soude pour cinq 
molécules d'ammoniaque ; ce ricinate sodico-ammo- 
nique se trouve dans le commerce sous des noms di- 
vers pour la préparation des fonds bien blancs; leur 
emploi évite le jaunissement après l'impression, et 
par conséquent le blanchiment ultérieur. Le iizarol par 
exemple donne d'excellents résultats. 

Le choix du mordant présente aussi, pour l'obten- 
tion d'un bon rouge, une grande importance. La tein- 
ture en rouge d'alizarine emploie, en outre de l'alumine, 
la chaux ou mieux l'étain, qui communique au rouge 
un brillant particulier. Les acides auxquels on combine 
ce^ bases sont généralement des acides faibles, comme 
les acides acétique, formique, lactique, tartrique. oxa- 
lique, sulfocvanique ; parmi les acides minéraux on se 
sert parfois aussi de l'acide nitrique, mais il faut éviter 
l'emploi de l'acide sulfurique. A côté de l'acide com- 
biné à la base, il faut encore ajouter un léger excès 
d'acide libre atîn d'éviter une précipitation avant le va- 
porisage, l'acide libre doit toujours être un acide faible 
pour éviter l'altération du tissu. Il est en outre impor- 
tant que le sel qui constitue le mordant soit facilement 
dissociable par le vaporisa.^e ; les acétates d'alumine et 
de chaux répondent très bien à cette condition : l'acé- 
tate d'alumine en particulier est facilement dissocié en 
acétate basique et acide acétique volatil. Cependant, on 
n'obtient pas un très bon rouge avec l'acétate d'alu- 
mine pur, ni avec l'acétate de chaux pur ; le sulfocya- 
nate d'alumine donne de meilleurs résultats. Les acides 
non volatils comme l'acide tartrique et l'acide oxalique, 
ont l'inconvénient de rester dans le rouge et de retarder 
la production de la laque. Lne bonne impression doit 
présenter l'aspect de la pâte d'alizarine. 

On employa d'abord, pour les tissus non huilés, un 



rouge fortement acide désigné par son inventeur sous 
le nom de rouge Havranek : celui-ci s'applique avec sel 
organique d'étain à teneur élevée en acide non volatil, 
comme l'acide tartrique avec du sulfoglycérale de 
chaux. Les sels de chaux sont plus stables au vapori- 
sage que les sels d'alumine et détain. On sait d'ailleurs 
que la présence d'une quantité déterminée de chaux est 
nécessaire à la production de la laque d'alizarine et 
que, d'autre part, il faut travailler avec des eaux peu 
calcaires, sous peine d'altérer le mordant d'alumine: 
une proportion trop élevée de chaux par rapport à l'alu- 
mine, donne un rouge brun. On sait également que 
la présence de l'étain favorise l'obtention d'un rouge 
plus vif et d'un ton plus bleu. 

Le choix d'une marque d'alizarine dépend du mor- 
dant employé pour la teinture. Les alizarines du com- 
merce sont en effet des mélanges de dioxy- et de iri- 
oxvanthraquinone. qui se différencient par un ton plus 
ou moins jaune ou plus ou moins bleu. Le praticien 
exercé choisira donc son alizarine d'après la couleur de 
la laque formée avec les mordants d'alumine, de chaux 
et d'étain. Il faut aussi tenir compte dans ce choix de 
l'épaississant; on est parfois obligé de changer les pro- 
portions du mordant, car la gomme par exemple peut 
empêcher ou diminuer la précipitation de l'alumine. 

On observe parfois que le rouge d'alizarine donne 
aux fonds blancs une teinte rosée. Cela peut tenir à 
une mauvaise préparation de l'huile employée, à la 
mauvaise qualité de l'épaississant ou aux particules in- 
solubles que renferme ce dernier. 

Le vaporisage des tissus imprimés joue un rôle par- 
ticulièrement important. Celui-ci se fait en vase clos 
sous pression ou bien en vase ouvert, à la température 
de q5 à 98°. L'expérience apprend que le vaporisage du 
rouge d'alizarine ne doit pas être trop court : un déve- 
loppement trop rapide de la couleur ne donne pas un 
bon rouge. 11 ne faut pas non plus élever trop rapide- 
ment la température. Pour expliquer l'effet nuisible 
d'une chauffe trop brusque, on admet qu'il se forme 
alors entre l'acide gras, l'alumine et la chaux une sorte 
de combinaison cyclique ne fixant plus l'alizarine. Il 
est également connu que le développement du roug; 
par vaporisage sur mordant d'alumine est toujours in- 
complet. Il est facile de comprendre que le résultat ob- 
tenu sera d'autant meilleur que l'on se rapprochera 
davantage des conditions de l'ormation de la combinai- 
son de l'alizarine avec le mordant alumino-calcaire. Si 
le mordant est trop rapidement décomposé pendant le 
vaporisage il ne peut plus fixer convenablement l'aliza- 
rine, ou bien il s'empare de la chaux et des acides gras 
avant de se combiner au colorant. Une fixation com- 
plète de l'acide gras sur le rouge exige un vaporisage 
de une à deux heures et parfois sous pression ; aussi 
termine-t-on parfois avec de la vapeur sous pres- 
sion. Les préparations d'huile muge turc sont d'au- 
tant plus efficaces que le vaporisage dure plus long- 
temps et se fait .sous une pression plus élevée. Les 
acides libres exercent une influence sur le jaunisse- 
ment : l'acide sulfocvanique, par suite de ses propriétés 
réductrices, protège les blancs, il convient très bien pour 
le vaporisage en vase clos. Les nitrates conviennent 
mieux pour le vaporisage en vase ouvert et avec la va- 
peur d'eau surchauffée que pour le vaporisage en vase 
clos. 

Le rouge obtenu dépend encore de la température de 
la vapeur et de son degré d'humidité. Une vapeur trop 
sèche pourra passer avantageusement dans l'appareil 
de \\alterCrum,quilui donnera Ihumidiléconvenable. 
.^près le vaporisage on élimine l'épaississant et les 
sels en excès par un lavage, et par un traitement au lail 



APPRETS 



i6i 



de carbonate de chaux, pour neutraliser les sels acides. 
Après lavage, on savonne une nu plusieurs fois. Un bon 
rouge d'alizarine ne doitpaschanger de teinte au savon- 
nage. Le bain employé pour le second savonnage est 
parfois additionné d'une petite quantité de sel d'étain et 
de soude : il se forme ainsi un savon d'étain soluble à 
chaud et qui se précipite directement sur le rouge, il 
faut dans ce cas éviter une eau dure. .Après lavage, les 
tissus sont incomplètement sèches et soumis au trai- 
tement parle chlore; on se servira de la solution d"hy- 
pochloritc de soude ou de chaux parfois légèrement 
acidulée. 

L'usage du chlore en solution est préférable à celui 
du chlore sec, qui brunit plus ou moins la teinture. 

La dessiccation du tissu ne doit pas être poussée trop 
loin sous peine de le voir brunir ; un rouge fortement 
stannique brunit davantagequ'un rouge pauvreenétain. 

Le rouge d'alizarine étant très sensible au fer, il fau- 
dra avoir soin, dans le cas des tissus mercerisés, de 
commencer par éliminer le fer qu'ils peuvent contenir. 

Dans l'impression multicolore, les colorants employés 
concurremment au rouge d'alizarine devront autant que 
possible se fixer dans des conditions voisines de ce der- 
nier. On sait que les colorants basiques exigent un va- 
porisage sous une faible pression, avec une vapeur peu 
humide et d'une durée assez faible ; il y a quelques ex- 
ceptions, comme le bleu acétine, dont la fixation com- 
plète exige l'emploi de vapeur surchauffée. Par contre, 
les couleurs à mordants de chrome et d'alumine se 
fixent dans des conditions voisines du rouge d'alizarine. 
Il ne faut pas oublier non plus que le rouge d'alizarine 
constitue lui-même un bon mordant pour les colorants 
basiques, qui viendraient par conséquent en altérer la 
couleur sans qu'il soit possible d'y remédier. 

Les colorants comme le cachou ou les couleurs leu- 
cos qui seraient facilement fixées par vaporisage, après 
traitement au chrome ne peuvent s'employer avec le 
rouge d'alizarine, dont le ton n'est plus assez beau. On 
se sert cependant parfois du rouge para. Pour amélio- 
rer la teinte du rouge d'alizarine, on additionne alors le 
bain de chromate d'une assez forte quantité de sel 
marin. Le choix des colorants emplovés en même 
temps que le rouge d'alizarine est toujours délicat et 
doit être fait avec la plus grande circonspection. 

p. CARRÉ. 

L\. — APPRLTS 
§ a). — Théorie et généralités. 

IX a). — APPRÊTS Aiial.vse des — et encolla- 

ges),par M. L. PIERRK (R. B. B. A., 1911, p. 27.) 

IX a). — La fraude des punîmes adragaii- 

Jes, par M. KUXXE «: B. B. A., 191 1, p. 47). 

.VxMIDO.X SOLUBLE (Quelques nouvelles va- 
riétés d'— (R. B. B. A., 191 r, p. 68), 

S b). — Procédés. 

IX h). — IMPEKMÉABILISATIOX et teinture 
des bâches et toiles pour saes. par .\L\L DE- 
L.\XXO"\' et BOl'TE i^Le Teinturier pratique, u)i2. 
p. 10). 

E.VDLIT résistant aux accents cliinii<|ues pour 
imprégner les tissus, le euir, le l»ois, etc. (Le 

Teinturier pratique, 1912, p. 22). 



SACS A E.VGIt.MS (Le kino et lapprèt des — 

[R. B. B. A., 191 r, p. 26). 

'X b). — LALVi; Procédé pour rendre la — 
irrétrécissable en lui conservant sa souplesse, 

par .\L G. LLMPP Le Teinturier pratique, 191 1, 
p. 127 . 

I.^IPEHMÉAHILISATIOX (Couipusitiou nou- 
velle pour 1'— des lils et des tissusi, par M. E.- 

V. DICivSOi\(«. B. B. A., 191 1, p. i3i;. 

l.\ b). — COLLE pour apprêt, par M.M. F. W. 
ItOGLEH et P. ISEI.MAX.X (b. f. 437541 j. — Les 
auteurs ajoutent aux enduits ordinaires, comme par 
exemple les solutions aqueuses ou les colles d'amidon 
ou de fécule de pomme de terre, d'amidon ou de fa- 
rine de froment, de dextrine, etc., une décoction ou 
un extrait d'oignons ordinaires ou autres plantes allia- 
cées (ail, civette, etc.). Suivant le besoin, les subs- 
tances ordinairement connues peuvent aussi être em- 
ployées pour ramollir et assouplir le fil à imprégner, 
par exemple l'huile, la glycérine, la cire, etc. 

Immédiatement ou peu de temps après l'addition, 
on remarque nettement les changements dans la con- 
stitution de l'enduit. Celui-ci est transparent et d'une 
constitution homogène et devient d'une dureté relati- 
vement grande, ce qui permet de le tréfiler. A l'em- 
ploi, on voit alors que l'enduit est absorbé facilemenl 
par toutes les matières fibreuses entrant en jeu et qu'il 
pénètre facilement aussi à l'intérieur des lils à impré- 
gner, ce qui a pour effet d'augmenter l'action et la 
durée de l'enduit. Le fil trnité par cet enduit acquiert 
une résistance extraordinaire à la rupture et ce même 
enduit ne tombe pas en poussière et ne se détache pas 
des fils de chaîne qui en sont imprégnés, c'est-à-dire 
ne devient « laineux » ou « friable » que dans une me- 
sure excessivement limitée. Des essais irréprochables 
ont démontré que le rendement des métiers à tisser 
augmente d'une façon remarquable et que le tissu 
obtenu a meilleur aspect et est exempt de tout défaut, 
f-^n outre, on a vu par les essais que l'enduit ainsi 
préparé n'exerce aucune influence néfaste, même sur 
les fils les plus délicats, et qu'aucune action défavo- 
rable n'est à remarquer pendant la teinture ou l'apprêt 
qui s'ensuit. .\u besoin, le fil imprégné de cet enduit, 
peut facilement et complètement en être débarrassé par 
lavage une fois tissé. D'autre part, un semblable en- 
duit convient même aussi comme apprêt rixe, tout en 
procédant du reste de la manière connue. Des essais 
ont également démontré qu'en opérant d'après le nou- 
veau procédé l'on obtient le rendement voulu avec des 
quantités de substance constituant la base de l'enduit 
(.ordinairement la fécule de pomme de terre), bien 
moins importantes qu'avec les autres procédés d'en- 
duit connus ou que par l'emploi d'autres adjuvants 
d'enduit. On a vu en outre que l'enduit, fabrique 
d'après le nouveau procédé, peut être employé pour 
différentes sortes et grosseurs de fil avec une compo- 
sition et une concentration unique. 

Les propriétés précieuses énumérées ci-dessus, de 
l'enduit fabriqué d'après le nouveau procédé, sont en- 
core augmentées par le fait que l'on peut employer 
l'enduit le meilleur marché (fécule de pomme de terre) 
et que l'on peut se procurer en tous temps, facilement 
et à peu de frais, la matière additionnelle. 

IX b). — SOIE Procédé pour charger lai, par 
.\L M. L.\XDAL' etCic et I. KKELDE) b. k. 415657, 



ib2 



REVUE DES JOURNAL'X ET DES BREVETS 



1" ad. i5o54). — Dans le brevet principal (voir Rev. 
gén. mat col., 191 1, pp. 02 et gS), on emploie les sels 
des terres rares qui ne s"o.\ydent pas à l'air, parce que 
la fibre souffre de cette o.xydation. 

Or, les sels des métaux terreu.x rares ont la pro- 
priété caractéristique, mélangés entre eux. de se com- 
porter autrement que le sel isolé. 

Si, par exemple, on prépare l'oxyde de cérium en 
partant d'un sel de cérium chimiquement pur, cet 
oxyde est presque blanc et présente la propriété d'être 
insoluble dans les acides. .Mais si l'on mélange le sel de 
cérium avec d'autres sels de ce groupe, par exemple 
avec des sels de didvme ou de lanthane et que l'on 
convertisse ce mélange en oxyde, cet oxyde est brun 
foncé et présente la propriété d'être soluble dans les 
acides, propriété qui n'existe pas si l'on se borne sim- 
plement à triturer ensemble les oxydes. 

L'hydrate formé à l'aide d'un sel de cérium pur, ou 
en provenant, s'oxyde à l'air, tandis qu'un hvdrate qui 
est préparé à l'aide d'un mélange composé de sel de 
cérium et d'autres sels des terres rares, spécialement 
des terres de cérite, ne s'oxyde que difficilement et 
même en général ne s'oxyde pas du tout à l'air. 

Cette façon de se comporter ainsi modifiée des mé- 
langes de sels des métaux terreux rares est utilisée sui- 
vant la présente invention pour rendre aptes à charger 
la soie, les sels dos métaux terreux rares qui, sous la 
forme hydratique, s'oxvdent facilement à l'air, en par- 
ticulier les sels du cérium : à cet effet, on mélange ces 
sels avec des sels de métaux terreux rares qui ne possè- 
dent pas cette propriété nuisible, la proportion de mé- 
lange étant calculée pour que le mélange, converti en 
hvdrate, ne s'oxyde pas à l'air. 

La proportion de mélange ou la proportion de con- 
centration des sels peut être facilement obtenue par 
voie empirique. 

Pour la pratique, le nouveau procédé présente cet 
avantage que de semblables mélanges des sels de 
cérium, avec les terres de cérite, sont obtenus comme 
produits secondaires dans la fabrication des corps 
éclairants par incandescence, et que ces mélanges sont 
déjà appropriés comme produits de départ pour la 
préparation du bain de chargement. 

Il convient de mentionner que l'emploi des sels de 
cérium, de didyme, de lanthane pour la teinture de la 
soie ou comme mordants est connu. Cependant, dans 
la teinture, on ne cherche pas une augmentation de 
poids, mais on veut obtenir les plus grands effets de 
teinture avec des quantités aussi faibles que possible 
de colorant. De même, la teinture a lieu seulement 
après que la fîbre a déjà été chargée. 

IX b). — I.\IPERMÉ.\BLE Tissu — pcrfec- 
tionné ,, par .\LM. MICH.VLT et ."WASSO.X b. f. 

437641 du 14 déc. 1911-25 avril 1912.J — Les auteurs 
se sont proposés d'empêcher que le côté du tissu en- 
duit de caoutchouc soit luisant comme cela existe ac- 
tuellement avec les tissus caoutchoutés de fabrication 
courante, mais encore que ce côté enduit ait avanta- 
geusement l'aspect d'un tissu de laine, d'un tissu de 
coton ou d'un tissu de soie avec la nuance désirée, 
uniforme ou non. 

Le tissu choisi est enduit, par les procédés habituels, 
de caoutchouc sur l'une de ses faces, puis il reçoit sur 
cette face, préférablemeni avant la vulcanisation du 
caoutchouc, une couche d'épaisseur appropriée de 
poudre, d'une finesse convenable, de laine, de coton 
ou de soie; cette poudre étant, si le côté du tissu traité 
doit être de teinte uniforme, coloriée comme désiré. 



Par ce nouveau procédé, on obtient un tissu très 
souple dont une face a l'aspect du tissu lui-même et 
dont l'autre face a l'aspect d'un autre tissu d'un coloris 
quelconque. 



W b']. — TISSU caoutchouté en fibre 
d'écorce pour ballons et machines volantes, 
par M.M. II.\BEREK frères b. f. 437153). — On 
sait que les surfaces portantes des machines vo- 
lantes sont pour la plupart recouvertes de tissus de 
fibre d'écorce, particulièrement de tissu de ramie, 
parce que ces tissus présentent, avec un poids relative- 
ment léger, une résistance à la déchirure ou à la rup- 
ture beaucoup plus grande que d'autres substances 
fibreuses. De même, on sait que ces tissus sont re- 
vêtus d'un enduit de caoutchouc. Mais, on a reconnu 
dans la pratique que le caoutchouc ne peut p.is péné- 
trer suffisamment dans la fibre de ces tissus de fibre 
d'écorce et spécialement de ramie, parce que la fibre 
d'écorce est trop dure et que, par suite, le caoutchouc 
se détache du tissu, le rendement d'un semblable tissu 
étant ainsi influencé très défavorablement et même 
généralement compromis. Le but de la présente inven- 
tion est d'éviter cet inconvénient en entourant le fil dur 
de fibre d'écorce du tissu avec un fil de coton fin et 
souple tordu autour. Lors du caoutchoutage, le caout- 
chouc pénètre dans le fil de coton souple et s'unit 
ainsi solidement avec le tissu de fibre d'écorce. De 
cette façon, on-éïite que le caoutchouc se détache pré- 
maturément du tissu de fibre d'écorce et on met à 
profit pour les applications citées les avantages du tissu 
de fibre d'écorce. 



§ c). — Machines et appareils. 

W Cl. — DÉCATISSAtiE (Cylindre pour le — \ 

par .\L\L KETTLI.\G et BR.\UX(Z,e Teinturier prati- 
que. 1911. p. i3o . 

IX c). — TISSUS A POILS, par .M. J. BOYET. 

(b. F. 438127). Pour obtenir ce genre d'étoffes, on en- 
duit le tissu uni auquel on veut donner l'aspect de la 
peluche, du velours, etc., d'une couche de colle, sur 
laquelle on fait tomber des fils de soie ou d'autre et à 
soumettre le tissu ainsi enduit à une série de chocs qui 
font relever les fils et les disposent perpendiculaire- 
ment sur celui-ci. Pour obtenir les cuirs artificiels, on 
procède de la même façon, mais en employant au lieu 
de tissu, de la peau de mouton ou autre, sur laquelle 
est répandue après encollage de la poudre de coton ou 
de laine. 

Sur des tambours a dont l'un peut être actionné de 
toute manière appropriée roule une toile sans fin b 
dont la tension est réglée par le rouleau 6' à contre- 
poids *^ cette toile est destinée à supporter le tissu c 
que l'on veut recouvrir de fils ou poils. Un rouleau en- 
colleur d enduit le tissu c d'une colle contenue dans un 
récipient convenablement disposé. Une boite e animée 
d'un mouvement d'oscillation répand sur le tissu en- 
duit de colle les fils ou poils / qu'elle contient. Une 
série de tiges g soumises à l'action de ressorts h et 
comportant des ergots ) sur lesquels viennent passer 
des maillons de chaînes à plans inclinés/, sont alter- 
nativement abaissés et élevés de manière à frapper sur 
la toile b supportant le tissu recouvert de fils ou poils, 
qui, sous l'action de ces chocs successifs, se redressent 
et se collent perpendiculairement au tissu. 

Une colle constituée de la façon suivante: 



DIVERS 



i63 



Gélatine i5o 

Acide acétique 5oo 



Glycérine 

Bichlorure de mercure 



' ^SKiSLj 




Appareil pour la fabrication de tissus à poiis 



peut être employée avantageusement pour réaliser le 
collage des fils sur le tissu. 



X. — DIVERS 

X. — UX JUGEMENT ANGLAIS SUR LA TEL\- 
TURE Ei\ IVOIR VIDAL 

Le Syndicat des teintures en noir Vidal avait intenté 
un procès en contrefaçon de brevet pour teinture en 
noir Vidal aux sociétés anglaises v. Levinstein et Read 
Holliday & Sons. Ces dernières ont contesté la validité 
du brevet, en faisant valoir que la description du pro- 
cédé de teinture n'y est pas suffisamment e.\plicite, et 
qu'en particulier l'action du soufre sur les diamino- 
phénols et les diaminonaphtols, qui fait plus spéciale- 
ment l'objet de la contestation, n'était pas connue à 
l'époque où le brevet fut pris. 

Par un jugement rendu le i""' février 1912, la Cour 
d'appel anglaise a donné gain de cause aux sociétés 
Levinstein et Holliday, trouvant aussi que le brevet 
n'est pas suffisamment explicite pour lui permettre de 
revendiquer le procédé employé par ces sociétés. 

p. CARRÉ. 

X. — LAVAGE mécanique des tissus, par M. T. 
LUTIIRIIVGER (B. F. 423549 !'■■■ ad. i5o83). — Les 




Appareil pour le lavage mécanique des tissus. 

modifications de cette addition au brevetprincipal (voir 
Rev. gén. mat, col., 191 1, p. 21 5-2 18) se rapportent au 



panier tournant, qui comprend une couronne circu- 
laire A formant le fond des compartiments, et dont le 
moyeu est rendu solidaire du pivot central B. La paroi 
latérale ajourée du panier est constituée par une tôle H 
assemblée au fond .4 et convenablement renforcée 
pour être indéformable. 

Le compartiment d'arrivée d'eau, dans lequel dé- 
bouche le tuyau d'amenée F, est formé par une simple 
enveloppe métallique ajourée C maintenue par une 
cornière ou de toute autre façon au fond .1, qui assure 
l'entraînement de tout le système. 

.\). — UNIFORMES (Les nouvelles couleurs 

des — des armées) \Le Teinturier pratique, 191 1, 

p. 123). 

TEINTURIER (Du jugement chez le), par 
M. WALTER-IIANGELL \Le Teinturier pratique, 
191 1, p. 16I. 

CALANDRE (Dispositif pour introduire dans 
les rouleaux à dérouler les pièces d'étolTes 
provenant de la — ), par M. J. KOHLEN (b. f. 

437479). — Le tissu est lissé ou lustré dans la calandrea, 
comme d'habitude, et il s'agit de le conduire du rou- 
leau b'a. l'appareil à dérouler connu. A cet effet, on a 
monté à une certaine distance les unes des autres des 
roues dentées c et d sur lesquelles passent des chaînes 
sans fin e. L'écartement des chaînes est égal à la lar- 
geur de la pièce de tissu, augmentée de l'espace néces- 
saire pour loger un dispositif de serrage spécial entre 
le tissu et la chaîne. En deux endroits situés rigoureu- 
sement en face l'un de l'autre, la chaîne porte des bou- 
lons/sur lesquels des leviers^ peuvent tourner libre- 
ment; ces leviers sont munis chacun d'un nez II, et ils 
portent sur un bras i, un contre-poids h. Les leviers 
placés en face l'un de l'autre sont reliés par une tringle /. 
Sur le bras de levier antérieur g, on a installé un rou- 
leau m, de préférence constitué par un tube et monté 
sur des tourillons excentriques» (fig.2 et 3). Le tube m 
porte une série de crochets ;j, placés les uns à côté des 
autres et passant à travers des entailles pratiquées dans 
la tringle / (fig. 3). Sur les boulons / on a suspendu 
librement des poids q reliés par une courroie r au rou- 
leau m. 

Pour conduire le tissu de la calandre au.x rouleaux 



i64 



REVUE DES JOURNAUX ET DES BREVETS 



à dérouler i', u' et au dispositif distributeur, on le fixe, 
ainsi que le montre la figure i, aiix crochets p: puis on 
met l'appareil de déroulement en mouvement, de sorte 
que le tissu arrive aux rouleaux i>, w. Le nez h du le- 
vier g rencontre une butée fixe s, et le levier exécute 
par conséquent un mouvement tournant; son extré- 
mité antérieure avec la baguette / est conduite enire 
les rouleaux de pression. La baguette / est disposée 



dans la largeur du tissu, et puisqu'elle est placée au- 
dessus, elle pousse le tissu entre les rouleaux à dérou- 
ler *', u>. Par suite du mouvement tournant du levier g, 
le poids g quitte sa position d'équilibre et prend une 
position inclinée, puisqu'il est relié par la courroie r 
au rouleau m qui prend part au mouvement du levier 
g. Sous l'action du poids q, le rouleau m tourne au- 
tour des tourillons ;i, de façon que les crochets p 



Tiœ.i 




l f \ 




Dispositit pour calandre 



lâchent la pièce de tissu qui est tirée sur la ba- 
guette t. 

Les opérations séparées ont lieu simultanément, de 
façon qu'au moment où la baguette / serre la pièce 
d'étoffe entre les rouleaux de pression, cette pièce se 
détache complètement des crochets. .Après avoir fait un 
trou, le dispositif d'introduction est débrayé automati- 
quement, et il est alors prêt à fonctionner de nou%-eau. 

X. — TISSl'S (Procédé de décoration des — ). 
par ALM. PE.MCAUD et AI.VL.VTRE (b. f. 437871). 
— Ce procédé de décoration s'applique aux tissus à 
poils et notamment aux velours frisés, et permet de 
produire sur ces tissus des dessins qualconques avec 



la plus grande facilité et dans des^conditions très éco- 
nomiques. Ce procédé consiste à recouvrir le tissu 
d'un pochoir, constitué de préférence par une feuille 
de papier découpée suivant le dessin à reproduire, et 
à présenter ce tissu en regard d'une tondeuse. Celle- 
ci coupe tous les poils du tissu laissés à découvert par 
les trous du pochoir et reproduit en velours à poils 
courts, le dessin considéré. Les parties pleines du po- 
choir font réserve et laissent le fond du tissu à poils 
frisés. On évite ainsi les complications résultant 
de la mise en carton et de la fabrication au Jacquard, 
en outre on peut fabriquer, à l'avance, des pièces de 
tissu en uni et les décorer instantanément suivant les 
exigences et le goût de chaque client. 



BREVETS FRANÇAIS 



i65 



BREVETS FRANÇAIS PUBLIÉS JUSQU'AU loMAl 1912 



11. — PKODIITS CHIHIQIES 

5 b). — Minéraux. 

Procédé de neutralisation de l'alcali dans la 
fabrication éicctrolvtique des chlorates et 
perolilorates ^.\/. Cotileru] b. k. jSjSSi du 27 fév. 
iç)i i-i"' mai 1912) !'■<' add. i522 3, du 14 mars 1911- 
22 mai 191 2) (Analysée p. i52). 

Procédé pour la fabrication d'iiydrosulfite 
double de sodium et de zinc diflicilenient so- 
luble à titre élevé et très stable [Chemische 
Fabrik Griesheim Elektron] b. f. 4345i i, du aSsept. 
191 1-6 fév. 1912) (Analysé p. 62. 

§ c). — Organiques. 

Procédé de transformation de l'oxyde de car- 
bone du gaz d'eau en méthane Léo Vignon] 
(3'' add. [5o45, du 6 février iqii-ii avril 1Q12, au 
B. F. 416699). 

Procédé de i>roduction de combinaisons di-et 
polyoxybenzéniques [F. Bayer~\. 

Action des oxydes ou hydroxydes de métaux alca- 
lino-terreux sur les phénols halogènes. 

L'o-chlorophénol fournit ainsi la pvrocatéchine et le 
chlorocrésol, l'homopyrocatéchine. 

Procédé pour la fabrication des aldéhydes 

[G. Lumbroso et J. Briders] . b. k. 437286 du i3 fé- 
vrier 191 1-17 avril 1912). 

Emploi de l'o.Kygènecu de l'air ozonisé et sec. 

Procédé pour obtenir la monochlorbydrine au 
moyen de la glycérine et de l'acide chlorhy- 
drique [Sprengstoff w. Dr R. Xahnsen i,- C"*] 
B. F. 437315 du i5 nov. 1911-18 avril 1912). 

Action dans le vide, à i5o-i6o° C, du gaz chlorhy- 
driquesur la glycérine. 

Procédé de production de l'érythrène [F. Baver 
(b. F. 437387 du 8 déc. '191 1-19 avril 1912). 

Action des fils de platine chauffé électriquement au 
rouge sombre sur le pétrole du Caucase bouillant de 
70 à 100° C. 

Procédé de production de formaldéliyde sul- 
foxylate de zinc [Badische (b. f. 435260. du 
16 août 1911-26 fév. 1912 . (Analysé p. 94). 

Procédé de fabrication des laques colorées 
au moyen de matières premières végétales 
contenant la substance colorante à l'état de 
glucosides. [£. Hagen] b. f. 438563. du 3o déc. 
1911-21 mai 1912) (.Analysé p. 157). 

il) Pour se procurer l'un quelconque de ces brevets, il 
sulfit d'envoyer à la Revue i fr. 5o en mandat-poste, en 
timbres français, ou timbres-coupons internationaux. 



CELLULOSE. — Procédé d'acétylation de la 
cellulose [Soc. chim. des usines du Rhône (b. f. 
4372.40 du 6 déc. 191 1-16 avril 4912 . 

Action à 5o° C. des vapeurs d'anhydride acétique, 
sous pression réduite, sur le coton. L'acétylcellulose 

conserve l'aspect et la solidité du coton. 

III. — MATIÈRES C0L0KA:\TES 

§ è). — Minérales. 

Procédé pour la fabrication du minium [./. M util- 
bauer] (b. f. 437076 du 1"' déc. 191 1-12 avril 1912). 

Emploi d'oxygène sous pression pour le grillage de 
l'oxyde ou du carbonate de plomb. 

f:omposition de couleurs à l'huile notamment 
pour enduits eu ciment [Arota g. m. b. h.] (b. f. 

437080.) .Analysé p. i55^. 

Procédé de fabrication d'une huile servant 
comme porte-pigment et d'un pigment ou 
couleur perfectionné [E.-\V. Enequist\ b. f. 
4372o8.du5déc. 1911-16 avril 19 12). i^Analysép. i55i. 

§ c). — Organiques. 

Mode, d'utilisation des exsudats naturels et de 
la sciure de l'algarrobo blanc et de l'algar- 
robo noir comme matière colorante ,J.-A. Do- 
mingue!{] ^b. f. 437020 du 10 cet. 1911-11 avril 191 j). 
(.Analysé p. i55). 
' 1''° add. i52o5, du j3 déc. 1911-22 mai 1912). (.Ana- 

Ivsé p. i55i. 

" ^ d). — Organiques artificielles. 

AZOIQL'ES. — Procédé pour la production de 
colorants pour laine teignant sur mordant 

[F. Bayer (a. f. 437939 du 20 déc. 191 1-3 mai 1912^ 

Le colorant • / "i-phénylénediamine sulfonique. 

benzidine \ ,. j- u' 1 • 

^ Mi-diamino-diphenyluree. 

teint directement le coton en rouge brun solide, après 
développement au jï-naphtol. 



TRIPHÉNYL.MÉTHANE. — Procédé pour la pro- 
duction de colorants au chrome de la série 
du triphénylméthane [F. Bayer] (b. f. 487667 
du 14 déc. 191 1-27 avril 1912). 

Condensation des OT-oxybenzaldéhydes substituées 
avec des oxycarbo.xyliques et oxydation. 



Ex : Cl 



NOS 

NOS Cl CHO 



Cl -{- O criésotique 



Le colorant teint la laine en bleu après chromatage. 
L'aldéhyde complexe est obtenu par condensation 



i66 



BRLVKTS FRANÇAIS 



de la m-oxybenzaldéhyde déichlorée avec le dichloro- 
nitrobenzène. 



COLORANTS SOUFRES. — Procédé de fabrica- 
tion de matières colorantes bleues au souTre 

[Chemikalien w, Griesheim]{B. r. 437701 du i3 déc. 
191 1-29 avril 1912). 

On condense l'indophénol : nitrosophénol + diphé- 
nylamine avec la résorcine en solution alcaline. 

Le leuco formé est fondu avec du soufre et du sul- 
fure à i28-i3o° C. Le colorant teint le coton en bleu 
verdâtre. 



Procédé de fabrication de dérivés leuco 

[Meister] (b. f. 487809 du 21 nov. 191 i-i'^'' mai 1912). 

Emploi de mélasse de glucose et de glycérine pour 
former, avec le leuco du bleu hydrone, un gâteau se 
conservant indéfiniment et d'un transport facile (voir 
B. F. 36o668). 

Procédé de fabrication de sulfures dianthra- 
quinonyliques [Meister] (b. f. 437632 du 12 déc. 
191 1-25 avril ly i 2). 

On traite 2 molécules anthraquinone halogénée, par 
I molécule sulfure alcalin. 
Le sulfure formé : 



/ 



00/"^ 

I I 
CO l J 



S — 



y\ 



CO 



/\ 



\; ^° KJ 



par la réduction alcaline, donne un leuco teignant la 
laine et le coton en jaune intense. 



ANTHRACÈNE. — Procédé de production de 
leucoquinizarine [F. Bayer] (b. f. 487970 du 
21 déc. 191 (-4 mai 1912). 

On réduit la purpurine en milieu sulfurique, à 25- 
30° C. par l'aluminium en poudre et en présence de 
borique. Le rendement est bon. 

Procédé de fabrication de colorants pour cuve 
de la série de l'anthraquinone [Meister] (a. F. 
437461 du II déc. 1911-22 avril 1912). 

INDIGO. — Procédé de production de nouveaux 
colorants halo$^énés teignant en cuve [Soc. 
ind. chimique] (b. f. 437181 du 11 février 1911. 
i5 avril 1912). 

Halogénation à froid, puis à chaud des colorants 
obtenus par l'action du chlorure de benzoyle sur 
l'indigo. Les nouveaux colorants teignent les fibres 
végétales en jaune pur, plus rougeâtre que les colo- 
rants primitifs servant de matière première. 

Procédé de fabrication de colorants pour cuve 
de la série de l'antliraquinone [Meister] (b. f. 
437461 du II déc. igii-22 avril 1912). 

On fond, à 170-180" C, avec un alcali caustique les 
acridones dérivant des dianthraquinonylamines. 



IV. — FIBRES TEXTILES 

§ c). — Artificielles. 

SOIE ARTIFICIELLE. — Masse plastique pou- 
vant s'étirer en fils insolubles dans l'eau, 
ayant l'apparence de la soie et du crin arti- 
flciel et son procédé de fabrication [A. C. 

Fuchs] B. F. 433956, du 10 nov. 1910-20 janv. 1912). 
(Analysé p. ). 

IVouveau produit pour l'obtention de filaments 
artificiel, pellicules et comprimés, et son 
procédé de fabrication [G. Cahen] (b. f. 434868, 
du 8 déc. 1910-15 févr. 1912) (Analysé p. 128). 

Produit à base de cellulose, imitant la paille et 
autres matières employées dans la mode 

[J.-E . Brandenberger] (b. f. 436 187, du i6janv. 191 i- 
20 mars 1912) (Analysé p. 128). 

Vil. — TEINTURE 
§c). — Machines et appareils. 

Appareil pour la teinture du drap [J.-A. Aitbrie 
et P. Chardon] (V" add. i5oSi, du 7 février 1911- 
20 avril 1912 au k. f. 4i3o3i). 

Emploi de l'appareil décrit au brevet principal au 
débouillissage; blanchiment ou teinture de tout tissu 
et à l'apprêt des tissus laine ou mélangés. 

Procédé de teinture à l'indijj^o avec l'hydro- 
suinte et machine à teindre à grande pro- 
duction pour l'application de ce procédé 

[C. Rachon et E. Chommat] (i'" add. i5o7q, du 8 fé 
vrier 1911-20 avril 1912, au b. f. 422414). 

Application du procédé à toute matière pouvant se 
teindre en cuve et à toute matière tinctoriale mise en 
œuvre par réduction et s'o.xydant ultérieurement à l'air. 

IX. — APPRÊTS 

% b. — Procédés. 

Procédé pour la fabrication d'une colle de pâte 
pouvant être utilisée comme enduit, etc. 

[F.-W. Rogler et P. Reimann] (b. f. 487541 du 
19 avril 191 1-23 avril 1912). (Analysé p. i5g). 

Procédé pour charger la soie [Landau et C" et 
J. Kreidl] [i" add. i5o54, du 18 nov. 1911-20 avril 
1912, au b. F. 415657). (Analysé p. 160). 

IMPERMÉABILISATION. — Tissu imperméable 

perfectionné [Michaut et Masson] (b. f. 437641.) 
du 14 déc. 1911-25 avril 1912). (Analysé p. 159). 

EtolTe en tissu de fibre d'écorce caoutchouté 
pour ballons et machines volantes [Ge6. Ha- 
bere)'] (b. f. 487158 du 4 déc. 1911-15 avril 1912). 
(Analysé p. 160). 

DIVERS. — Procédé de fabrication de tissus à 
poils [./. Bayet] (b. f. 488127 du 6 mars 191 1-8 mai 
1912). (Analysé p. 160). 



AVIS ET COMMUNICATIONS 



167 



DisposiUr pour injroduire dans les rouleaux 
à dérouler les pièces d'étoffe venant de la 
ealandre [J Kohleii] (b. k, 437479 du 12 déc. iqii- 
22 avril 1912.) (Analysé p. 162). 

Appareil pour le lavage mécanique des tissus 
et fibres textiles f T. Luthriiiger\ (i" add. i5o83, 
du i3 tev. 1911-20 avril 1912, au b. f. 423549.) 
(Analysé p. 161). 

Procédé de décoration des tissus [Penicaud et 
A/a/a7re] (b. F. 437871 du 28 fév. 1911-2 mai 1912). 
(Analysé p. i63). 

Article décoratif applicable plus particuliè- 
rement comme tenture et son procédé de 
fabrication \J . B. Labedan] (b. f. 433542, du 
28 octobre 1910I (Voir Le Teinturier pratique, iiU2, 
p. 33>. 

Agents chimiquement indifférents destinés à 
enduire et à imprégner les métaux, tissus, 
bois, cuirs, etc. [C. F. Boehringer ij- Sohne\. (b. 
F. 433u3 du 19 aoiii 1911-6 janv. 1912) (Voir Le 
Teinturier pratique, 1912, p. 22). 

Procédé et appareil pour l'application de des- 
sins en couleurs sur des étoffes ou des tissus 
tissés, feutrés, filés, tricotés, etc., et surles 
vêtements confectionnés avec ces tissus en 
employant des échantillons ou patrons 
^R. Gottlieb] (i" add. 14976, du 22 sept. 1911- 
22 mars 1912 au b. f. 399694). 

P.APIER. — Procédé et dispositif pour fabri- 
quer des papiers et des cartons marbrés, ta- 
chetésct autres \Herbert et Hugo Anders] (b. f. 
437945 du 20 déc. 1911-3 mai ioi2). 



AVIS ET COMMUNICATIONS 



QOARANTENAIRE INDDSTRIEL 
da chimiste Maurice PRUD'HOMME 

L'Association générale des chimistes de l'Industrie 
textile a formé le projet de célébrer, en igiS, par une 
fête solennelle, le quarantenaire industriel du chimiste 
Maurice Prud'homme. 

Cette manifestation est patronée par : 

MM. Albin Haller, membre de l'Institut. 

Kmilio Nœltino, directeur de l'École de Chimie de 
.Mulhouse. 

Présidents d'honneur de l'Association. 

M.M. A. BuisiNE, professeur de chimie à la Faculté des 

Sciences de Lille. 
Charles Laith, administrateur honoraire de la 

manufacture de Sèvres. 
Armand Lederlin père, manufacturier. 
Jules Persoz, directeur de la Condition des Soies 

et Laines, à Paris. 



MAL Apolpue Ren.ard, professeur de chimie à l'École 
Supérieure des sciences de Rouen. 

Frédéric Revebdin, professeur de chimie à l'Uni- 
versité de Genève. 

A. RosENSTiHEL, professeur de chimie au Con- 
servatoire National des Arts et Métiers à Paris. 

Albert Scheureb, manufacturier, secrétaire du 
Comité de Chimie de la Société Industrielle de 
Mulhouse. 

Léo ViGNON, professeur de chimie à l'Université 
de Lyon. 

A. Wahl, professeur de chimie industrielle, à la 
Faculté des Sciences de Nancy. 

Eugène Wild, professeur à l'École de Chimie de 
Mulhouse, 

Membres d'Honneur de l'Association. 

Les services éminents rendus par AL Alaurice Pru- 
d'homme aux industries de la coloration des tissus sont 
connus de tous les industriels et de tous les chimistes 
s'occupant de la fabrication des matières colorantes, 
de la teintureet de l'impression. Il nous suffira de rap- 
peler que jamais l'auteur n'a cherché à en tirer un pro- 
fit personnel, et a toujours, au contraire, dès leur ap- 
parition, livré ses découvertes au domaine public, fai- 
sant passer l'intérêt général avant le sien propre. 

En 1S73, !\L Maurice Prud'homme, ancien élève de 
l'École Polytechnique, après avoir passé quatre années 
dans le laboratoire de Paul Schutzenberger,entraitdans 
la maison Steinbach-Roechlin et Cie à Mulhouse, et, 
dès ce moment, se vouait à l'étude des colorants et de 
leurs applications. 

Parmi ses nombreux travaux, qui ont enrichi les 
Bulletins de la Société industrielle de Alulhouse, de la 
Société chimique de Paris, et les Revues spéciales, nous 
ne citerons que ceux qui ont trait au Bleu et Brun 
d'ali^arine, découverts, en 1877, à la solubilisation des 
matières colorantes par l'action des bisulfites alcalins, 
et le Noir d'aniline enluminé, universellement connu 
sous le nom d'article Prud'homme, qui duc de 1S84. 

Ces trois découvertes suffisent largement à assurer 
la renommée de leur auteur ; elles ont été, pour tous 
les industriels qui les ont appliquées, la source non en- 
core tarie d'importants bénéfices, sans que l'inventeur 
ait jamais perçu la moindre redevance sur les millions 
de pièces fabriquées par son procédé. 

Aussi notre proposition a-t-elle reçu de tous ceux à 
qui elle a été présentée l'accueil le plus cordial, il a été 
de l'avis de tous qu'il n'était pas nécessaire d'attendre 
qu'un inventeur eût disparu pour célébrer ses travaux, 
et le désir unanime est que celui que nous voulons 
fêter jouisse pendant de longues années encore de la 
sympathique reconnaissance qui s'attache à son nom. 

Le projet de l'Association comprend : la frappe d'une 
médaille à l'effigie de notre éminent collègue, la publi- 
cation d'une notice complète sur ses travaux et une 
grande fête à Paris, où seront conviés les représen- 
tants les plus autorisés des Pouvoirs publics, de l'En- 
seignement et de l'Industrie chimique tinctoriale. 

Nous sommes persuadés que vous penserez, comme 
nous, que c'est s'honorer soi-même que d'honorer dans 
son œuvre le savant modeste et désintéressé dont l'uni- 



i68 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



que souci a toujours été de consacrer toutes ses forces 
et toute sa science aux progrès de l'Industrie. 

Nous espérons que vous voudrez bien, vous aussi, 
nous aider à réaliser Tœuvre entreprise et à lui donner 
tout l'éclat qu'elle comporte. 

Veuillez agréer, Monsieur, l'e.xpression de nos senti- 
ments les plus distingués. 

Ed.-Jlstin Mvelleb, Président ; 

O. PiEQLET, Vice^Président ; 

Félix|Binder, — ; 

P. MoNTAvoN, Secrétaire général 

J.-.M. Galdit, — adjoint ; 

Ed. Sifferlen. Trésorier ; 

Paul Dosne. Archiviste-bibliothécaire. 
Léon Bloch ; Edouard Kopp ; 

Nestor Debiève ; Georg. Ovignel b : 

P. Biehler-Leroy ; Paul Sisley : 

A. Brylinski ; Th. Valette. 

F. Dupetit; 
Membres du Conseil d'Administration. 

« En publiant l'appel ci-dessus nous sommes heureux 
de nous associer à la célébration du quarantenaire in- 
dustriel de notre très distingué collègue qui fut quel- 
ques années directeur technique de cette Revue et dont 
le départ fut pour nous un regret. » 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



MULHOUSE. —Séance du i" mai 1912. 
Comité de chimie. 

La séance est ouverte à 5 heures trois quarts. 

Présents : M.M, Alb. Scheurer, secrétaire, Em. Noël- 
tino, Ch. Weiss, Bourcart, Henri Schmid, Stricker, 
.Alph. Wehrlin, Félix Weber. Wild, Léon Bloch, .\lart, 
Battegav, Trautmann, Zubelen. 

Le procès-verbal de la dernière séance est adopté. 

Correspondance. — Une lettre de AL Juslin-Mueller 
remercie le comité de l'adhésion chaleureuse qu'il a 
donnée au projet de célébration du quarantenaire in- 



dustriel de notre collègue S\. Maurice Prud'homme. 

Rei'ision du programme des pri.x. — Le prix n" 3o, 
concernant la fabrication du tétrachlorure de carbone, 
est supprimé, 

M. Freyss a chargé le secrétaire de proposer au co- 
mité l'établissement du prix suivant : 

« Médaille d'honneur pour un alliage métallique 
pouvant être fondu, coulé et travaillé comme la fonte 
ordinaire. 

<k Cet alliage devra résister aux acides dilués bouillants, 
tels que : acide acétique, chlorhydrique nitrique, 11 ne 
devra pas être cassant et les chaudières ou cuves fabri- 
quées avec ce métal, devront résister aux pressions et 
températures usuelles demandées aux appareils en tôle 
ou fonte, 

« Son prix devra en permettre l'application indus- 
trielle, » 

Le comité hésite sur le numéro et la place à désigner 
au prix proposé par .\L Freyss. 

L'introduction d'un prix nouveau soulève une ques- 
tion de classement du programme. 

Deux idées inconciliables sont en présence : 

1° Le maintien de chaque prix sous le numéro qui 
lui a été assigné dés sa création, et qui admet la néces- 
sité de l'inscription brutale des prix nouveaux à la suite 
les uns des autres sans ordre. 

2° Le maintien de la classification des prix par genre 
de sujet, admise depuis quelques années. 

Ces deux méthodes s'excluant. le comité estime que la 
classification par genre de sujet ne saurait être aban- 
donnée et le changement annuel de numéro d'un même 
prix, dut-il en être la conséquence. 

Il se présente une autre difficulté : 

Le dernier prix des arts chimiques porte le n» 5/. 
Le premier prix des arts mécaniques le n" 58. 

Sans la suppression du prix n° 3o, les prix des arts 
chimiques se seraient trouvés au nombre de 38. 

D'où nécessité de changer les numéros de tous les 
prix suivants du programme. 

Pour éviter cet inconvénient, le comité propose de 
numéroter, les prix de chaque section en commençant 
par le numéro i. 

•M. Alph. Wehriin est prié de transmettre ces pro. 
positions au Conseil d'administration et aux différents 
comités. 

La séance est levée à 6 heures trois quarts. 

Le Directeur-Gérant : Léon Lefévre. 
Tours. — Imprimerie E. -Arr.wlt et C''. 



PETITES ANNONCES 



rhiîni<sfp docteur es sciences. Alsacien. 27 ans, ancien pre- 
Vlllllliaïc^, j^jg^ préparateur à l'Ecole de chimie industrielle 
de .Mulhouse, possédant les meilleures références, avec quelques 
mois de pratique dans maison d'impression, très au courant de 
tous les travaux de laboratoire, connaissant également la synthèse 
organique à fond, cherche situation dans teinture ou impression 
ou dans fabrique de produits chimiques. Ecrire à la Revue. 

(.M.C. 680). 



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REVUE GÉNÉRALE 



MATIÈRES COLORANTES 

DE LA TEINTURE, DE L'IMPRESSION ET DES APPRÊTS 



16 Année 



N 187. — Tome XVI 



l""- Juillet 1912 



SUR LES INCONVENIENTS PROVogUÉS PENDANT LE CONDITIONNEMENT 
DES SOIES, PAR LA PRÉSENCE DE (QUELQUES MATIÈRES EMPLOYÉES COMME 

CHARGES (1) 

par MM GUIDO COLOMBO et GIOVANNI BARONI 



Notre laboratoire a eu l'occasion d'examiner 
quelques échantillons de soies grèges du Japon, 
qui, à la suite de l'opération de conditionne- 
ment, présentaient une coloration brunâtre. Le 
même inconvénient a été observé quelquefois 
après le conditionnement de soies d'Kurope, 
blanches ou blanchâtres. 

Il nous parut intéressant d'en étudier la cau- 
se, d'autant plus que des recherches ultérieures 
nous avaient permis d'établir que là où la colo- 
ration brunâtre qui f^ produisait à la suite du 
chauffagie à 140" C.., était plus foncée, la séricine 
avait iHM'du la propriété de se dissoudre dans 
les bains bouillants de savon, tels qu'on les em- 
ploie pour le décreusage des soies écnies. Cette 
iiisolubilisation s'oppose naturellement au tra- 
vail du teinturier, car aux endroits ou elle se 
manifeste les fils restent collés et ne présentent 
pas le brillant caractéristique de la soie décreu- 
sée. 

De plus, en ces points, le lilre du fil est plus 
élevé, à cause de la séricine qu'il contient en- 
core, et cette différence, dans le titre serait la 
cause de certains défauts iju'on rencontre dans 
les étoffes de soie. 



(Il D'aprè.s, un prograiimio tracé par M.\I. Corti Giiisop- 
l«. Directeur de la .Suciétc, et lo Prof. Gianoli Oiuseppc. 
DiMégiié Technique de la Commission de Surveillance du 
Labonilorio di Sludi al ICspericnzi; sitUa sein délia So- 
cielfi anonima cooperativn per la Silnçiionabira e l'Assaq- 
gio délie sete cd AUini in Milano. 



Nous nous sommes assurés d'abord que les 
flottes reçues à l'état écru ne contenaient ni sa- 
von, ni glycérine, ni matières grasses, ni vaseline, 
ni borax, etc., c'est-à-dire aucune des matières 
qu'on emploie le plus souvent pour faciliter la 
filature des cocons ou le dévidage des grèges ; 
puis, nous avons fait des recherches dans le 
but d'établir si la soie contenait au glucose ou 
quelques matière? similaires, puisqu'il nous était 
connu, que certaines matières amylacées s'em- 
ploient souvent pendant le dévidage des soies 
du Japon et qu'on trouve dans le commerce des 
produits composés de savon, glycérine et glu- 
cose, destinés à 1' " ouvraison » des soies grè- 
ges. 

Nos recherches analvtiques ont confirmé nos 
suppositions. En ieffet,en épuisant, plusieurs fois, 
avec de l'eau tiède, un échantillon de soie écrue 
du Japon, qui après le conditionnement présen- 
tait une large zone périphérique d'une couleur 
café, avec des fils fortement collés, nous avons 
retiré du glucose, dont la quantité se Irouva être 
de 0,40 "ô. Une flotte du même lot, conditionnée 
préalablement et soumise ensuite au décreusa 
ge, ne ressortit pas comiMètement décreusée, 
mais présenta, après l'ébullition dans le bain de 
savon, des traits encore brunâtres, avec des fils 
collés par suite de l'élimination incomplète de- 
là séricine. 

Des cas analogues s'ofïrirent par la suite. Ain- 
si dans une trame Japon, tachée après le con- 
ditionnement, nous avons rencontré, dans les. 



170 LES INCONVENIENTS PROVOQUES PENDANT LE CONDITIONNEMENT DES SOIES 



points avariés, une quantité notable de dextrine 
et de glucose. 

Après avoir établi, par l'analyse, qu'on de- 
vait attribuer à la présence du glucose, la cause 
des taches brunâtres ain^i que l'insôlubilisalion 
de la séricine. nous avons cru intéressant de re- 
produire le phénomène, en chargeant des éche- 
veaux de soie blanche de glucose, en quantité 
de plus en plus grande. Nous avons constaté 
ainsi la formation des taches brunes après le 
conditionnement à 140° C ainsi que la diminu- 
tion de la solubilité de la séricine dans les bains 
bouillants de savon, tels qu'on les emploie pour 
les essais officiels de décreusage, .\insi. tandis 
que la couleur de la soie conditionnée devenait 
toujours plus foncée, à mesure que la quantité 
de glucose appliquée sur la fibre augmentait la 
perte au décreusage diminuait graduellement 
jusqu'à devenir presque insignifiante comme il 
résulte des données du tableau suivant : 



Poidi absols 


Poids abu'.a 


Glneose 


Poids al^sola 


Perte au 


de la loie 


de U soie 


appliqoé o/o 


de U soie 


décreosage 


non cb«rgée 


chsFiîée de 


de soie 


après 


,. de s ne 




slncosA 


nuB chargée 


décrensage 


non chargée 


P- 


ST. 




gr- 




30.560 





— 


23.823 


22.at 


27.150 


27.2iXl 


0.18 


21.234 


21.79 


33.110 


33.6(:»i 


l.k> 


27.1S1 


17.90 


32.100 


33.4«i.i 


3.75 


27.823 


13.56 


30 690 


32.S0O 


6.87 


29.047 


5.35 


31.920 


36.000 


1278 


31.286 


1.98 



Nous avons encore fait des expériences pour 
voir si le glucose donne lieu à l'insolubilisation 
de la séricine, même à des températures infé- 
rieures à 140° C. : nous avons chargé des éche- 
vettes de soie pure avec du glucose, en quantité 
de plus en plus grande, de 1,84 "^o à 8.06 %, et 
nous les avons laissées ensuite.pendant une heu- 
re, dans une étuve chauffée à 110" C.Même dans 
ce cas, les soies traitées prirent une coloration 
café, bien que moins foncée que dans le cas 
des échantillons conditionnés à 140° C, mais la 
séricine n'en resta pas moins insoluble dans les 
bains de décreusage, ce qui est démontré par 
les données suivantes : 

Peids absoln Poids absola Glucose Poids abso'.n Perta au 

de la soie de la soie appliqué de la soie décreasage 

nos chargée chargée de o/o de soie après o o 

glacose non chargée décrensage de soie pore 



f 



gf- 



er. 



9.395 


0.395 


_ 


6.990 


25.59 


9.214 


9568 


3.a4 


6.8S8 


25.24 


9.151 


9.r>57 


5.52 


6.826 


25.40 


9.445 


10.093 


6.86 


7.014 


25.73 


9.693 


10.475 


8.06 


7.197 


25.75 



Nous croyons qua la cause de cette action 
curieuse du glucose de provoquer, à tempéra- 
ture élevée, l'insolubilisation de la séricine, doit 
être attribuée à la fonction aldéhydique de ce 
sucre, étant connu que les aldéhydes en géné- 
ral, à des tem.pératures plus ou moins élevées 
rendent insolubles, les albuminoïdes (1). 

(1) On sait qu'en traitant la colle animale par l'aldéhyde 
fonnique el en la faisant sécher à une température voi- 
sine de lOO» C, elle perd complètement la propriété de 



Nous nous sommes assurés d'abord que la 
gélatine animale devient insoluble quand on la 
chauffe à 140° C. en présence du glucose. 

Dans ce but, 2 grs 5 de colle forte ont été gon- 
flés, puis dissous dans 10 ce. d'eau distillée 
bouillante ; on a ajouté gr. 500 de glucose 
sec et, après le séchage, on a chauffé le mélange 
pendant i-ne heure à 140' C. Le produit ainsi 
obtenu a été lavé plusieurs fois a%"ec 350 ce. 
d'eau distillée bouillante, puis le résidu a été 
séché et pesé. 

On trouva 2 grs 1430, Ce produit ne se dissout 
pas non plus dans une solution bouillante de 
savon de Marseille à 0.7 %, telle qu'on l'emploie 
pour le décreusage officiel des soies. 

L'essai de comparaison fait avec la même 
quantité de colle forte, dans les mêmes condi- 
tions, mais sans ajouter le glucose, a donné un 
résidu insoluble de grs 3450. 

Dans le but de vérifier si la propriété du 
glucose d'insclubiliser la séricine dans les bains 
de décreusage est commune à d'autres sucres 
à fonction aldéhydique et non aldéhydique. 
nous avons traité des échevettes de soie écrue, 
avic du sucre de lait par comparaison avec des 
sucres non aldéhydiques er des autres hydrates 
qui n'ont pas de fonction aldéhydique, comme 
l'amidon soluble et la dextrine. 

Ces échevettes ont été soumises ensuite au 
conditionnement pendant une demi-heure, à 
140° C. et après au décreusage. 

Voici les résultats de ces expériences : 



— 9.780 9.780 — 7.272 25.64 

Sucre de lait .. 9.330 9.817 i.89 7.290 21.90 

Sucre de canne. 9.801 10.319 4.99 7.2*4 25.70 

Amidon soluble . 9.457 9.79;) 3.49 7.062 25.37 



Dextrine 



0.654 9.93^4 2.81 7.198 25.» 



Il résulte de ces données, que le sucre de lait 
a insolubilisé une partie de la séricine : les 
échevettes, traitées par ce sucre, ont pris après 
décreusage, une coloration brunâtre, et les fils 
étaient collés entre eux à cause de l'élimination 
incomplète de la séricine, tandis que tous les 
échantillons traités avec les autres hydrates de 
car'none ont été parfaitement décreusés. 

Les résultats de ces expériences démontrent 
que les sucres fonctionnant comme aldéhydes 
exercent une action insolubilisante vis-à-vis de 
la séricine, analogue à l'action des aldéhydes 
les plus simples de la série grasse comme l'al- 
déhvde acétique et l'aldéhyde formique. 

se sonlîer el de se dissoudre dans l'eau tiède. C'est pré- 
ciscmenl sur cette rénction et sur la formation d'un com- 
post- entre les substances protéiques et l'aldéhvde formi- 

N=CH= 
que. du tvpe t< { n =0 qu'est basée la préparation 
\ <- _0H 

[ industrielle des nombreu.x objets en colle forte rendue 
I insoluble par l'aldéhyde formique. 



PAR LA PRESENCE DE QUELQUES MATIEltKS EMPLOYEES COMME CHARGE 171 



Il n'est pas inutile de rappeler ici que l'emploi 
de cette dernière aldéhyde pour rendre insolu- 
ble la séricine dans les bains de décreusage a 
été breveté, en 1895, par M. His-Kummer, de 
Râle. Ce traitement des soies écrues par l'aldé- 
hyde foiniique doit être rangé parmi les nom- 
breux elïorts faits dans le but de comjienser la 
perte de la soie au décreusage (depuis 18 jus- 
qu'à 25 %) qui est nécessaire pour donner à la 
fibre son éclat maximum. 

Il faut noter que le glucose et le sucre de lait, 
de même que les aldéhydes moins complexes 
ne rendent insoluble la séricine dans les bains 
bouillants de savon, tels qu'on les emploie dans 
les essais officiels de décreusage, que si après la 
soie est chauffée à une température voisine de 
140" C. Ce fait est démontré par les résultats 
de quelques expériences que nous avons exécu- 
tées dans le but de contrôler la valeur pratique 
du brevet mentionné : on voit par les données 
qui suivent qu'à la température ordinaire, l'al- 
déhydo formique, même en solution concen- 
trée à 40 "a, ne modifie pas la solubilité de la 
séricine dan.- les bains bouillants de savon. 



chaulfage 



à l'air (15° C.) avant de les soumettre au dé- 
creusage à la mousse de savon. 



18.110 


— 


— 


1-4.0S0 


18.03 


17.7!lll 


formalinp 2 % lOil" 


2 ore 


14.410 


18.00 


17.4411 


.. 12(1" 


1 ora 


14.380 


17.54 


17.120 


» lin 


inezz ora 


Ij.jOii 


8.03 



Récemment ce traitement des soies écrues par 
l'aldéhyde formique en vue de diminuer la per- 
te au décreusage a été l'objet d'un autre brevet 
(1), L'auteur traite la soie par l'aldéhyde formi- 
que et la décreuse par le procédé à la mousse 
de savon, breveté par MM. Schmid Frères, de 
Râle, procédé que nous avons étudié dans cette 
Revue (2). 

Cette innovation a pour but de rendre par- 
tiellement insoluble la séricine au mpyen d'un 
traitement de la soie écrue par l'aldéhyde for- 
mique sans qu'il soit nécessaire de soumettre 
la soie ainsi traitée à l'action de la chaleur. 

On y arrive, en effet, si l'on emploie le procédé 
de décreusage à la mousse, qui est bien moins 
énergique que le procédé ordinaire au bain de 
savon bouillant, et que l'on eut soin de limiter 
la durée de l'action de la mousse de savon et 
sa concentration à ce qui est absolument néces- 
saire pour atteindre, dans les cas ordinaires, la 
complète élimination de la séricine. Cela est dé- 
montré par les résultats des expériences suivan- 
tes, dans lesquelles tous les échantillons de soie 
écrue, après l'immersion, pendant 3 jours, dans 
les solutions d'aldéhyde formique à des concen- 
trations variables, ont été séchés complètement 

(1) American Silk Journal. Décembre 1008. p. '.9. 
'2) Sur le procédé de décreusage de la soie par la mous- 
se. Revue générale des Matières colorantes, 1011, p. 342. 



>oids absolu 








Poids absolu 


Perle au 


de la suie 


T 


aiume 


m 


de la suie 


décreusage 


on cbargie 








«près 


0/0 






aTic 




décreaiage 


de soie 


pr. 








gr- 


non chargée 


8.995 


- 


_ 




6.730 


25.18 


8.806 


Forir 


aline 


1 % 


6.675 


24.19 


0.027 




„ 


2 .. 


6.929 


23.24 


8.888 




„ 


3 » 


6.845 


22.98 


8.854 




1, 


4 .. 


6.725 


22.04 


8.068 




,1 


5 » 


7.204 


19.66 


8.038 




II 


6 " 


8.092 


9.46 


8.034 




" 


7 " 


8.236 


7.81 



Le procédé du décreusage à la mousse étant 
employé actuellement dans certaines des plus 
importantes teintureries de soie et son applica- 
tion s'étendant de plus en plus, nous avons cru 
nécessaire de rechercher si les soies, traitées 
par le glucose et le sucre de lait se comjxi-rtent, 
au décreusage par la mousse de savon, d'une 
manière analogue à celles traitées par les aldé- 
hydes les plus simples ; en d'autres termes, si 
les soies écrues chargées avec le glucose ou le 
sucre de lait se décreusent complètement par le 
le procédé à la mousse même lorsqu'elles sont 
séchées à la température ordinaire. 

Dans le cas d'un décreusage incomplet, les 
inconvénients produits par l'application de ces 
substances sur la soie ne se borneraient pas au 
lot de conditionnement, mais s'tcendraient à 
toute la partie de la soie surchargée. 

Voici les résultats des essais que nous avons 
faites pour éclaicir ce point intéressant : 



Poidi 


Température 


Po 


ds absolu 


a 5:-S 


absolu Traitement 


à laquelle 


ô 


e la soie 


l'^" 


de la soie 


1. soie 


apr 


PI décron- 




non chargée avec 


non chargée 




âge à la 


° o a 




a «té soumise 


mousse, fr. 


0-;2^ 


9.037 — 


-_ 




6.849 


24.21 


9.028 Glucose 10 % 


ordinaire 




7.242 


23.26 


0.397 


950 c. 




7.001 


23.96 


9.530 Sucre de lait 10 % 


ordinaire 




7.359 


21.68 


9.438 


95» C. 




7.240 


24.02 



Ces résultats montrent que les sucres à fonc- 
tion d'aldéhyde, rendent partiellement insolu- 
ble la séricine au décreusage à la mousse seule- 
ment dans le cas où la soie chargée de ces subs- 
tances est exposée, après la charge et avant le 
décreusage, à l'action de la chaleur. Tandis que 
l'aldéhyde formique, bien plus énergique, a 
une action insolubilisante même si la soie trai- 
tée n'est pas soumise au chauffage, le glucose 
commence à agir seulement à une température 
de 95° C. au moins, et le sucre de lait, dont l'ac- 
tion d'aldéhyde est moins prononcée à cause 
de sa molécule plus complexe, n'insolubilise 
pas, à cette température, la séricine d'une ma- 
nière sensible, lorsque la soie est décreusée par 
le procédé à la mousse. 

On pouvait penser que l'altération de la cou- 
leur et l'insolubilisation de la séricine, dans les 
bains de savon, provoquée par le glucose, devait 
être accompagnées d'une altération dans les 
propriétés dynamométriques de la fîbre. Aussi 



172 



LES PRODUITS DIASTASE DANS L'INDUSTRIE TEXTILE 



avons-nous traité par du glucose chimiquement 
pur quelques échevettes de soie trrège jaune, 
qui ont été chauffées à 140" C. i^endant une de- 
mi-heure, dans les appai-eils de conditionne- 
ment ; après la reprise de l'humidité normale, 
nous les avons essayées au sérimèti-e. 

Les résultats moyens de iiO épreuves dynamo- 
métriques, pour chaque échantillon, furent les 
suivants : 



Immers'on 

Êcbo- dans nue Tenaciti 
vette soluttoft d9 

glucose a pr. 

A — 50.70 

B 3 % f,3.S0 

C 5 % 55. TO 

D 7 % 57.fi7 



Tilre des 
ossAyés 



d6ai( 



221.10 
229.GO 
202.90 
206.1)0 



l.'i.SI 3.77 

10.13 ^.93 

15.30 3.64 

16.26 3.54 



Ces données indiquent que le glucose chimi- 
quement pur ne modifie pas les propriétés dy- 
namométriques des soies écrues soumises au 
conditionnement ; mais le glucose du commer- 
ce, s'il est incomplètement neutralisé, agit d'une 



manière dangereuse sur la ténacité et sur l'élas- 
ticité de la fibre, comme nous avons eu l'occa- 
sion de constater sur quelques échantillons de 
soie que nous fûmes chargés d'examiner. 

Les expériences relatées confirment le fait, 
que nous avons constaté les premiers, que le 
glucose et le sucre de lait, par l'effet de leur 
fonction aldéhydique, réagissent à des tempéra- 
tures élevées avec quelques albuminoides,en mo- 
difiant la solubilité de ces substances, et rendent 
en conséquence plus ou moins insoluble dans les 
bains de décreusage, la séricine des flottes de 
soie, soumises au conditionnement, en même 
temps qu'ils brunissent la fibre. 

Ce fait montre combien il est utile pour les 
industriels, qui employent les nombreux pro- 
duits existant dans le commerce pour faciliter 
le dé'sidage des cocons ou l'ouvraison des soies 
grèges, de les faire analyser toujours avant de 
s'en servir. Ils éviteront ainsi de graves erreurs. 

D^ GuiDO Colombo et D' Giova.wi Raroni. 



LES PRODUITS » DIASTASE « DANS L'INDUSTRIE TEXTILE 



Depuis quelques années, les produits dias- 
tase sont employés, de plus en plus, dans l'in- 
dustrie textile ; leur valeur et les méthodes de 
leur application commençant à être mieux com- 
prises. 

Je ne me propose pas, dans cet article, d'eiu 
dier la composition chimique comolexe de ces 
corps, mais de les examiner au point de vue de 
leurs emplois dans la pratique. 

Il est connu que leur action est due à cer- 
tains corps appelés " enzymes " qui ont la pro- 
priété, dans des conditions propices, d'agir sur 
l'amidon et de le transformer, après différentes 
phases en amidon soluble, dextrine et enfin, si 
on laisse se prolonger l'action en maltose. 

Préparai ion et emplois des produits diastase. 
— Ces produits sont tirés principalement de 
l'orge. Après le malta^e, le malt d'orge est épui- 
sé par l'eau et cette solution, concentrée dans le 
vide, donne un extrait très riche en enzymes 
corps dont l'action sur toute matière amylacée 
est très puissante. 

En effet, un poids donné d'une enzyme trans- 
forme un grand nombre de fois son propre 
poids de la substance sur laquelle il agit. Actuel- 
lement, il n'y a sur le marché, à ma connais- 
sance : que deux principaux produits diastasi- 
ques, à savoir : le » Di.'^stafor » probablement 
le plus ancien produit fabriqué par la « Dii- 
riiiiU Geselhchaft » et le Rrim.\l, fal)riqué par 
la British Malt Productc C°, Bermondsey. Ce 
dernier extrait, que l'auteur de cet article a eu 
l'occasion d'essayer récemment, est un très bon 
produit d'une force constante (point très im 
portant) et de couleur claire. 

D'ailleurs les deux extraits diastafor et bri- 



mai, jîeuvent èti'e employés tous deux en toute 
confiance. Il existe encore une ou deux prépa- 
lations de diastase sous la forme de malt en 
poudre, mais ils n'ont pas une application aussi 
étendue que les extraits et semblent ti'ès peu 
employés actuellement. 

L'emploi des diastases vise toujours l'un des 
deux buts suivants : 

i" L'obtention, en partant d'une base amy- 
lacée, d'un amidon soluble qui iDeut être em- 
ployé pour l'encollage de chaînes et pour l'ap- 
13ièt de toutes sortes de mai'chandises de coton. 

2" L'inverse de ce qui précède, c'est-à-dire 
l'enlèvement, par l'action directe de la diastase, 
de l'amidon de l'empois, de la colle, des matiè- 
res pectiques et autres substances que le tissu 
))eut renfermer. 

Pour produire des mélanges d'amidon et de 
colles, les dextrines pures et les amidons mal- 
tés peuvent être employés avec succès pour 
l'apprêt. H.\STADEN, dans la Farber Zeilnng, dit: 

" Habituellement la dextrine commerciale ne 
contient pas seulement de l'amidon non trans- 
formé, mais aussi de l'amidon soluble et du 
sucre. 

L'amidon traité par le diastafor est simple- 
ment un mélange d'amidon non transformé, 
d'amidon soluble, de dextrine et de sucre en 
proportions variant, avec le temps d'action du 
ferment. 

Le diastafor est donc un agent qui donne des 
mélanges de ces corps dans la proportion que 
l'on désire. 

Néanmoins, pour obtenir l'uniformité dans 
l'encollage des chaînes et dans l'apprêt, l'action 
du diastafor demande à être réglée, très exac- 



LKS PRODUITS DIASTASK DANS L'INDUSTRIK TEXTILE 



173 



t«ment pour cet emploi : la cuve renfermant la 
colle devra pouvoir être chauffée à la tempéra- 
ture convcualile et permettre d'arrêter l'action 
diastasique au moment propice ». 

Pour l'apprêt des tissus de colon on emploie 
encore des amidons i>artieilcment grillés, ap- 
IHîlés gonmie lilanche, dextrine blanctie, ou au- 
trement, ces produits contieiment en moyeime : 
■'lO à 50 "/, de dextrine, 5 à 7 ?/o de malfose, 35 à 
i5 % d'amidon non transformé, et 10 % d'eau; 
le pourcentage de la dextrine existante déjx'n- 
dant du degré de grillage auquel l'amidon a 
été soumis. 

I^es avantages de ces corps gomnieux repusent 
sur le fait que leurs solutions complètement 
fluides et claires, doime ainsi un apprêt qui pé- 
nètre à fond et facilement le tissu ; on obtient 
ainsi un toucher meilleur et plus plein poui' les 
tissus apprêtés. Dans le cas de l'encollage et du 
parementage des filés, on retrouve évidemment 
les mêmes avantages, peut-être même à un de- 
gré supérieur. 

Les produits diastases peuvent être avanta- 
geusement emiiloyés pour l'obtention de c«s 
amidons solnbles ; leur action est plus écono- 
mique que le grillage et les solutions obtiennent 
une constitution tout à fait semblable à celle des 
amidons srillés. 

Pour les méthodes de préparation, recettes et 
modes d'emplois, le lecteur n'aura qu'à se re- 
(lorter aux brochures et aux instructions im- 
primées fournies par les fabricants de diastase 
il y trouvera toutes les explicatif --s nécessaires. 
Cependant, on peut dire qu'en règle générale, 
il faut de 120 à 200 gr. de diastase pour solubi- 
liser une quantité de 10 kgs de fécule de pom- 
mes de terre. 

I^es acides et les alcalis ont la propriété de 
détruire instant<inément toute action diastasi- 
que mais ces corps ne sont jamais ajoutés aux 
solutions d'apprêts : en pratique l'action dias- 
tasique est arrêtée, en portant la solution à l'é 
bullition, il a été constaté aue les enzymes liqué- 
fiants et saccbai'ifianfs sont détruits de cette fa- 
çon. Pour l'obtention des apprêts, épaississants, 
etc., à l'aide de diastase, on peut : soit chauffer 
l'amidon avec de l'eau à environ 65" C. fpoiiit 
de gélntinisation) et après addition de la dias- 
tase dissoute au préalable dans l'eau tiède, por- 
ter le tout au bouillon, ou encore ajouter la 
diastase préalablement dissoute à la solution 
froide d'amidon et porter le tour graduellement 
au point d'ébullition. 

Cette dernière méthode est préférable, et si 
la force de la diastase demeure égale, on i>eut 
obtenir des résultats absolument uniformes en 
apprêt. 

Déqom'mnqp. — Cette opération constitue un 
très vaste champ d'application pour les dias- 
tases. Le procédé est pratiquement l'inverse de 
celui que nous venons de décrire puisqu'il con- 
siste à enlever, de la fibre, l'amidon, les matières 
amylacées, etc... Tout praticien sait par expé- 



rience, que dans n'importe quelle usine il y a 
toujours de temiis à autre du travail à recom- 
mencer, des pièces à réapprêter ou arranger. 

Dans ces cas la diastase est précieuse, car il 
n'est pas facile d'enlever l'amidon des étoffes 
apprêtées, particulièrement si le tissus a été gom- 
mé H l'envers ou s'il est fortement apprêté. Ce- 
penJant cette opération devient très simple si 
on immerge les pièces dans une solution de 
distase, ce que l'on fait en les passant une fois 
dans une solution chaude et les laissant ensuite 
reposer, empilées, i>endant quelques heures. 
Pendant ce temps, la diastase agit sur l'amidon, 
le rend soluble, ce qui permet de l'éliminer fa- 
cilement et complètement par un passage, dans 
la laveuse, des étoffes ainsi traitées. 

Mercprisnçjc. — Les produits maltés sont aussi 
très intéressants pour la préparation des tissus 
en vue du mercerisage, particulièrement si ces 
tissus ont été fortement encollés au tissage ou 
au blanchiment, l'élimination de la colle, des 
matières amylacées et pectiques, rendent le tis- 
su beaucoup plus perméable et le résultat ob- 
tenu finalement est meilleur. De plus, dans le 
difficile blanchiment du lin et du jute, où 
l'on ne dispose pour enlever les impuretés de 
ces fibres, que d'un procédé très lent, souvent 
peu satisfaisant, les diastases seront très utiles, 
par la pectinase qu'ils contiennent, ils agissent 
sur les matières pectiques et résineuses, cause 
de la complication du blanchiment et les ren- 
dent facilement solubles. Si la d-fficulté n'est 
pas complètement aplanie, elle est du moins 
fort amoindrie. 

Imprpssion. — Dans l'industrie de l'impres- 
sion, la diastase peut être emplovée. pour la 
préparation d'apprêts très fluides et solubles, et 
|X)ur l'élimination des épaississants d'amidon, 
après l'impression. 

Ces produits conviennent admirablement 
quand on a à traiter des couleurs délicates. 

En résumé, les produits diastases peuvent 
être utilisés avantageusement dans : 

1° L'encollage des chaînes. 

2" La préparation des apprêts. 

3° I^e dégommage des étoffes apprêtées et im 
primées. 

4° Comme agents auxiliaires pour le merce- 
risage et le blanchiment. 

Il y a cependant encore un autre emploi de 
ces produits qui, mérite cependant d'être si- 
gnalé : c'est leur utilisation dans le blanchis- 
sage pour rompre et enlever l'amidon qui se 
trouve sur les articles en lin et en coton, étant 
donné, que dans ce cas. les étoffes sont forte- 
ment amidonnées, puis repassées. 

L'amidon n'est pas soluble, ni dans l'eau, ni 
dans le savon, il s'ensuit que. aussi soigneuse- 
ment que le lintre puisse être lavé et débouilli, 
l'ancien amidon n'est jamais complètement en- 
levé, et quand les objets seront de nouveau ap- 
prêtés on aura l'ennui des cols et des chemises 



174 



FOUR POUR LA PREPARATION DU BLEU D'OUTREMER 



mal blanchis, que nous connaissons tous, et qui 
se traduit par des reflets jaunes et un aspect 
général d'un gris sale. 

Si cei>endant l'amidon est dissous par un trai- 
tement à la diastase. l'emploi est rendu com 
plètement soluble et on s'en débarrasse rapi- 
dement par le lavage et le débouillissage ulté- 
rieurs. D'un autre côté, les extraits de malt sont 
aussi employés maintenant sur une grande 
échelle, pour la préparation des bains d'amidon 
destinés à l'empesage du linge. 

Pour terminer je dirais quelques mots sur 
la question de l'analyse des diastases. 11 est cer- 
tain qu'elle causera sûrement quelques ennuis 
au chimiste textile qui n'est pas familiarisé avec 
ce genre de produits, car cela sort du cadre or- 
dinaire du travail analytique d'une usine de 
teinture et d'impression. 

Cependant, comme pour tout produit, on de- 
vra surveiller de très près la force de l'extrait, 
surtout s'il est emplové à la confection de subs- 
tances d'apprêts dont le pouvoir doit être main- 
tenu constant. 



Le procédé le plus rapide et le plus précis 
est celui de Lang, basé sur le résultat obtenu 
par l'action d'un pourcentage d'extrait connu, 
sur une quantité déterminée d'une solution d'a- 
midon soluble à 20 %, cette action pouvant être 
arrêtée par l'addition de potasse caustique (so- 
lution deci-normale). Le liquide est ensuite ti- 
tré à l'aide de la liqueur de Fehung. 

La « Societi/ of Dyers <ind Colorists » a nom- 
mé un comité spécial pour établir une méthode 
tyiJe, pour l'analvse des extraits de malt, par 
rapport à leur application dans la teinture, dans 
l'impression et dans les industries du blanchi- 
ment et du blanchissage. 

De cette façon on peut espérer que tout ce qui 
a rapport aux produits diastases, sera étaûli 
sur une base scientifique qui mettra encore plus 
en valeur l'utilité de ces produits : actuellement 
leur emploi n'est qu'à ses débuts, on peut affir- 
mer sans crainte qu'il se généralisera de plus 
en plus, avec le temps. 

L. D. 



FOUR POUR LA PRÉPARATION DU BLEU D'OUTREMER (1) 



par MM. A.-E. PAIN et DAUDY 



Le bleu d'outi-emer minéral se fabrique en 
chauffant soit en creusets, soit sur sole unique, 
lui mélange assez complexe qui contient princi- 
palement du kaolin, de l'alumine, de la soude, 
du soufre et du charbon daas des proportions 
diverses. Le bleu obtenu est utilisé soit pour le 
blanchissage, soit en peinture. 

D'après les auteurs, les procédés 
actuels ont l'inconvénient d'exiger 
un temps relativement long et ne 
permettent d'obtenir qu'un rende- 
ment assez faible, car il se forint 
dans la matière des niasses grises ou 
brunes par suite de l'irrégularité de 
la chauffe et de l'oxydation. 

Ils ont donc cherché à éviter ces 
inconvénients par la préparation du 
bleu dans un four multiple, iiermet- 
tant d'obtenir du bleu minéral dans 
un temps relativement court et avec 
un coefficient de rendement bien 
supérieur. Ce résultat est obtenu par 
une chauffe très régulière et la dis- 
position de la matière à traiter en 
couches de faible éiMisseur. cette 
disix>sition ayant pour effet de faci- 
liter le chauffage et l'oxydation de f 
la matière à traiter. 

En coupe verticale figure 1 et horizontale 
figure 2. 

(I) \oir /.•CI. Gvn. Mal. col. 1910, p. 59. 1912 p. IS. 



Ce four multiple se compose de quatre fours 
élémentaires 1, '2, 3, 4. Chaque four élémentaire 
contient un espace complètement fermé 5, à 
l'extérieur duquel circulent les flammes du 
foyer 7. A l'intérieur de cet espace clos se trouve 
aménagé un système de soles multiples obtenu 
par la sui.ierposition de tablettes mobiles 6 dis- 




multiple pour la fabrication du bleu d'outremer 
FÎR.l Coupe verticale 

IX)sées en étagères. L'espace clos du four est 
muni d'un tube de désragement 8 pour les pro- 
duits de la réaction et de regards 9 qui i^ermet- 



FOURS POUR LA PREPARATION DU BLEU D'OUTREMER 



175 



t«nt de la surveiller. Il peut être aussi muni d'un 
pyromètre et d'un ou plusieurs tubes jjermet- 
tant l'introduction à un moment donné de cer- 
tains gaz appropriés, de nature à faciliter l'oxy- 




Four multipe pour la fabricalion du bleu d'outremer 
Fig, i Coupe horizontale 



dation des matières traitées. Les tablettes mobi- 
les faisant fonction de soles peuvent occuper 
toute la largeur de l'espace clos, comme en 6, 
ou être disposées eu deux ou plusieurs séries 
parallèles 10-10. Il pourra y avoir plusieurs de 
ces séries en profondeur, comme il est repré- 
senté en 10, 11. 12, 13, ou toute autre disposition 
analogue permettant d'obtenir, proportionnelle- 
ment aux dimensions de l'espace clos, la plus 
grande surface jxissible, pour la répartition en 
couches de faible épaisseur de la matière à 
traiter. Autour de l'espace clos 5 qui constitue la 
chambre de réaction se trouvent les doubles 
parois dans lesquelles circulent les flammes. 
Ges flammes, provenant d'un foyer allumé sur 
la grille 7, que l'on charge par la porte 14, 
montent le long des côtés 15, 16 et sur la face 
postérieure 17 du four, puis passent sur la face 
supérieure 18, et redescendent sur la face avant 
19 pour être ensuite dirigées soit vers la chemi- 
née d'appel, soit dans le four suivant. Les dou- 
bles parois sont formées de briques réfractaires 
qui ménagent entre elles des canaux 20 dans 
lesquels circulent les flammes. Des registres 21 
permettent d'établir les communications comme 
on le désire. 

Dans ce four, sur les tablettes mobiles faisant 
fonction de soles, on dispose la matière à trai- 
ter, en couches de faible épaisseur, ne dépassant 
pas 5 à 6 centimètres. On opère une chaulïe 
méthodique et rapide qui dure environ 14 heu- 
res au rouse et l'on obtient des produits uni- 
quement bleus et verts. Il est facile de séparer 
les parties bleues qui sont en grande quantité, 
avec un rendement supérieur à ceux obtenus 
précédemment. Suivant les proportions em- 
ployées et le traitement préliminaire on obtient. 



soit du bleu de blanchissage, soit un bleu pour 
la peinture très adhérent et très couvrant, soit 
un beau vert si on le désire. 



M. II. D.M'DY préconise d'autres 
dispositifs. 

Pour augmenter encore la produc- 
tion notablement en facilitant la pe- 
nétraliion des gaz oxydants, dans 
toutes les parties de la masse traitée 
et ce, au moyen de récipients ou cloi- 
sons perforées recouverts d'un ma- 
telas poreux sur lequel on dépose la 
matière première en couches de fai- 
ble éimisseur et ne dépassant pas 
quatre à cinq centimètres. 

Sur la cloispn perforée 1, pouvant 
servir de sole, on dispose un matelas 
en matière poreuse 2 sui' lequel on 
étale la masse pulvérulente à traiter. 
Le matelas 2 sera par exemple, un 
paillasson ou un tissu d'amiante qui 
laissera passer facilement les gaz 
oxydants ou bien ce sera encore une 
planchette de bois ou de carton qui, 
en se carbonisant, deviendra également poreuse. 
Le four clos dans lequel on opère la réaction 
pourra comporter simplement un certain nom- 
bre de soles de ce genre sur lesquelles sera ré- 
partie la matière. 

Si l'on préfère mettre la matière première 
dans des récipients, on pourra prendre soit des 
récipients bas tels que celui représenté fig. 1, 



fi(X.2 ^'^-3 




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y^^W'A 




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Dispositifs pour la préparation 'lu bleu doulremer 



176 



NOUVELLES COULEURS 



soit des récipients creux tels que ceux des figu- 
res suivantes. On disposera ces récipients sur 
les soles du four. Ils ont tous un fonds 3 percé 
de trous présentant des formes et des dimen- 
sions appropriées. Les récipients eux-mêmes 
peuvent avoir n'importe quelle forme : s'ils sont 
profonds, leurs parois seront percées de ran- 
gées horizontales de frous placées les unes des 
autres à une distance ne dépassant pas sept à 
huit centimètres. Sur le fond 3 percé de trous 
on dispose, comme il a été expliqué, un matelas 
poreux 2 pour retenir la matière pulvérulente ; 
si le récipient est profond, on dispose les uns 
au-dessus des autres plusieurs lits alternés de 
matelas poreux et de matière à traiter, de façon 



que les matelas poreux se trouvent à hauteur 
des rangées de trous iiercés dans les cloison.^ 
va^rticales 4, de cette façon on assure une circu- 
lation des gaz aussi parfaite que possible. 

Un autre dispositif (fig. 4, 5 et 6) consiste n 
percer dans les parois verticales 4 des trous 
dans lesquels on engage des barreaux 5 en ma- 
tière réfractaire qui supportent des tablettes B 
de même nature percées de trous. Sur chacun 
des étages ainsi déterminés, on dispose un ma- 
telas poreux et une couche de matière première. 

On peut encore (fig. 7 et 8) remplacer les bar- 
reaux 5 pai- des demi-cylinrlres 7 creux et percés 
de trous que l'on dispose par étages dans les 
parois verticales. 



NOUVELLES COULEURS 



Renzo écarmte lumière 5 B et 2 g (Farhenf. v. 
F. Bayer & C"). 

Œch. n"' 107 et 108). 
La nuance du brnzoécarlate Ivmièrr 5B est 
très voisine de celle du hevzoècnrlate .<;nlMe 5 ES 
(voir Rei:. qen. mat. cnlor.. t. 6, p. 276) ; celle du 
henzo écarlate lumihre 2 G est plus iaunâtre 
que celle de l'ancien henzo écarlnte solide GS ; 
la solidité à la lumière des nouveaux colorants 
est meilleure que celle des anciens. La solidité 
aux alcalis est également très bonne, la résis- 
tance au lavaffe est modérée. Les acides 
oreaninues et le sulfurirtue dilué sont sans 
action. On teint comme d'habitude en présence 
de carbonate et de sulfate de sodium. 

Benzo écarlate solide 4 FB [Fnrhenf. v. F. 
Bnyer à C"). 
[Eah. V 109). 
La nuance de ce colorant est plus iaunâtre 
aue celle du benzo écarjnle solide 8 FR (voir 
Rev. nén. mal. col., t. 5, p. 262). Sa solidité à 
l'eau et h l'encollaEre est meilleure, la solidité 
aux alcalis, aux acides et au frottement est 
bonne, la résistance h la lumière est satisfai- 
sante. Mode de teinture habituel aux colorants 
de benzidine. 

Bleu monochrome R et 5 R (Farhenf. ?'. F. 

Bayer ê C"). 

(Ech. 7?" 110 ei 112). 

Ces deux nouveaux colorants peuvent se 
teindre indifféremment en présence de bichro- 
mate, sur mordant de chrome ou par traitement 
au chrome après teinture. L'unisson, satisfaisant 
pour le bleu .5 B est moins bon pour le hleii B. 

La solidité aux alcalis, à la lumière, au lavage 
et au foulon est très bonne. Le décatissage. s'il 
est fort, modifie la nuance ; il en est de même 
pour l'épaillage, mais après neutralisation, le 
bleii R revient à sa nuance, le bleu 5 B reste 
plus rouge. 

Pour teindre, on fait bouillir le colorant dans 
le bain, laisse refroidir, ajoute le bichromate et 
entre la laine à 70° C. On monte lentement à 



l'ébullition qu'on maintient 3/4 d'heure, ajoute 
ensuite 1 à 2 % formique ou acétique et fait 
encore bouillir une heure. 

Bleu rhoduline G" 'Farbenfubiiken v. F. 
Bayer é C"). 

(Ech. n" 105). 

C'est un colorant basique genre bleu méthy- 
lène, s'imprima-nt sur coton avec tannin-éméti- 
que. La luiance l.)!eu verdâtre est relativement 
solide au chlore, au lavage et à la lumière. Le sel 
d'étain et la rongealite étant sans action sur ce 
bleu, il peut servir à la production d'enlevages 
bleu verdâtre ou de vert si on le combine avec 
le jin/ne rhoduline H G. Il présente un intérêt 
particulier pour les réserves bleues à l'oxyde de 
zinc |)nur noir d'aniline vapeur. 



Procédé d'impression 



(Bleu foncé) 



-Il ; 
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1000 



bleu rhoduline G O ili.ssous duiis 

eau 

acétique û U" Bc